Cornus rex-populi

27 mars 2015

Brèves cornusiennes (40)

Mercredi, j’étais à Paris, enfin à côté dans les locaux de l’Igéhène pour une réunion d’un grand programme national de cartographie des habitats naturels et de la végétation. Ce programme initié depuis 4-5 ans est une véritable usine à gaz dont personne à mon avis n’arrive à voir tous les aspects, en partie parce que ceux qui le pilotent globalement sont de mauvais pilotes, font de petites bricoles parasites dans leur coin (le problème des parasites, c’est que c’est souvent incontrôlables et que ça coûte cher) et ont des exigences contradictoires. Ils veulent un couteau suisse, mais force est de constater que pour couper un gros arbre, une tronçonneuse c’est beaucoup plus pratique. On a besoin de passer à l’action, mais en même temps on fait de la recherche et les chercheurs ne sont pas des gens pragmatiques et efficaces pour produire de manière « industrielle ». Bref, c’est le bordel.

Un laboratoire de l’université de Saint-Etienne a travaillé sur une cartographie que j’avais supervisée sur le plan scientifique et rendait ses conclusions ce mercredi et c’est une des raisons majeures qui avaient motivé ma journée parisienne. Ne lui serait-il pas venu à l’idée de me contacter, de faire appel à mon expertise ? Ben non : pas un appel, pas un courriel sur le sujet et du coup beaucoup d’approximations dans les conclusions. Ce n’est pas comme si nous nous ne connaissions pas, nous nous sommes croisés à de multiples reprises. C’est en réalité typique de ce programme : le travail inter et pluridisciplinaire est vrai sur le papier, mais dans les faits, il y a encore beaucoup de monodisciplinaire que l’on juxtapose plutôt qu’un vrai travail d’équipe, même s’il y a heureusement des contre-exemples.


 

Ça y est, mes deux collègues sont licenciées pour faute. On a commencé à recevoir des candidats potentiels de façon non officielle. Uniquement des stagiaires ou assimilés pour l’instant. La semaine prochaine, on en reçoit d’autres. Je suis un peu rassuré, il y a pas mal de profils intéressants même si assez débutants. Seule crainte : de nombreuses procédures de recrutement sont en cours en même temps chez nos homologues d’autres régions. Cela nous oblige à recevoir davantage de candidats parce qu’il est certain que dans le tas, les territoires situés au sud de Paris nous en piqueront un certain nombre.


 

Il y a environ sept ans, les services de l’État et de la Région étaient venus nous chercher pour mettre en place un observatoire sur la biodiversité, avec la volonté d’une pérennité dans le temps. Dès le départ, innovation oblige, on a pu bénéficier de participations financières substantielles de la part de l’Union européenne, voire même exclusives en 2015. Les demandeurs se sont donc habitués à ce que cela ne leur coûte pas grand-chose ou carrément rien, sans compter que ce n’est pas cher (2,5 équivalents temps plein et quelques prestations extérieures pas chères). Et comme en 2016, on ne pourra plus bénéficier de crédits européens, plus personne ne veut payer. Le pire, c’est que jusqu’à présent, on avait même carrément interdiction d’aller chercher d’autres partenaires. Un véritable scandale. Tout le monde reconnaît la qualité et l’intérêt du travail réalisé, mais personne ne veut donner trois radis. Les grands chefs de ces services ne se rendent pas compte non plus des emplois et des compétences dans la balance. Ça a le don de m’agacer. Comme il y a réunion sur le sujet la semaine prochaine, je crois que je vais demander à mon directeur de jouer le méchant, d’autant que ce sera sa dernière réunion.


 

Avec la grève sur les stations de Radio France, nous écoutons Air-Thé-Aile. Nous sommes parfois assez critiques avec France Inter, mais quand on compare, on se rend compte des différences majeures entre les radios. Ce qui m’agace sur Air-Thé-Aile : l’horoscope (tous les jours, un vrai supplice pour l’intelligence et la raison), Lent-Glet (l’ectoplasme du café du commerce de l’économie qui pense être un expert et encombre aussi très souvent l’antenne du journal télévisé de France 2), les appels d’auditeurs et rigoureusement sans intérêt à part pour se faire servir la soupe par des journalistes prostitués intellectuellement. Le faux sensationnalisme, le néopoujadisme bas de plafond sont fréquents. Je ne parle même pas de la publicité envahissante et agressive. Les auditeurs réguliers doivent s’habituer à toute cette misère, mais d’un autre côté, il ne faut pas trop attendre de la médiocrité intellectuelle de la population qui n’hésite pas à voter massivement pour la peste brune. C’est sûr que ce n’est pas cette radio qui va améliorer les choses.

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26 mars 2015

Vendredi dunkerquois (2 et fin)

Puis, nous sommes allés au Musée des Beaux-arts de la ville, installé dans un bâtiment relativement moderne. Il va bientôt être en travaux (dont la fin n’est pas programmée !) et tout n’est pas visible, alors c’est gratuit jusqu’à fin mars.

Au rez-de-chaussée, on ne peut voir que la momie dorée d’Antinoé, du nom de la citée égyptienne, âgée de 1500 ans. Ce qui est intéressant, ce sont tous les aspects scientifiques qui tournent autour de cette momie.

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Ensuite on monte à l’étage où les tableaux sont accrochés de manière provisoire et pour lesquels on peine à retrouver des étiquettes.

David d’Angers (1843). Jean Bart. Statue et plâtre et épée en bois. Il se dit que durant la Seconde guerre mondiale, la statue de bronze de Jean Bart qui se trouve sur une place de la ville na pas été fondue par les Allemands à cause du geste symbolique de lépée défiant lAngleterre...

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Deux statues en bois non identifiées (nous navons pas pris la peine de chercher car cétait un peu compliqué).

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A défaut de crustacés, voici au moins des mollusques et un reptile. Non identifié.

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NEEFS Peeter le Jeune (XVIIe s.). Intérieur d’église. J’ai forcément pensé au contemporain Job Berkheyde avec son Intérieur de l’église Saint-Bavon à Haarlem au Musée de la Chartreuse de Douai qui avait interpelé Karagar.

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Anonyme (XVIe s.). La Résurrection de Lazare. Huile sur bois.

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Anonyme, école française (XVIIIe s.). Saint Sébastien. Bois polychrome. Un que Plume n’avait probablement pas en magasin.

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Abraham Janssens (1620). Noli me tangere.

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Jean Baptiste Camille Corot (avant 1868). Le Matin dans la prairie. Huile sur toile.

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Encore des choses non identifiées.

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Il y avait aussi une exposition temporaire qui aurait déjà dû être terminée. J’avoue ne pas avoir tout compris ce qu’on voulait exprimer là, en dehors de la problématique de l’esclavage ou de la soumission des états du « Sud » à la puissance du « Nord ». Peu importe : deux tableaux représentant des hommes noirs que j’ai trouvés émouvants. Il n’était rien dit que le personnage de gauche du premier ressemble quand même beaucoup au personnage du second. Évidemment, cela brillait énormément et mes photos rendent assez mal.

Victor Müller (1869). Deux Nègres - Étude. Huile sur toile.

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Maurice Duthoit (1887). Tête de nègre. Huile sur toile.

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Et puis pour montrer que je ne suis pas absolument rétif à l’art moderne… Ce n’est pas que cela soit transcendant, mais cela se laisse regarder.

Pei Zhang (2012). Le Monstre. Acrylique sur bois.

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25 mars 2015

Hier, c’était concert (6)

Hier soir, nous étions de nouveau chez Casadesus à Lille, qui dirigeait plusieurs œuvres de Georges Bizet.

La première était la Symphonie en ut majeur qui comporte quatre mouvements. Il s’agit de sa première symphonie écrite à l’âge de 17 ans et n’avait jamais été jouée jusqu’à la redécouverte du manuscrit en 1933. Manifestement, cette œuvre prétendument inspirée d’une symphonie de Charles Gounot n’était ni une copie ni un brouillon, mais une œuvre formidable dont nous avons bien profité.

La seconde œuvre évoquée (extraits) est l’incontournable Carmen au cours de laquelle, Inva Mula (Soprano), Leonardo Caimi (Ténor) et Jacques-Greg Belobo (Basse) rejoignent l’orchestre pour interpréter respectivement Micaëla, Don José et Escamillo. Tous étaient très bons, mais Leonardo Caimi était peut-être parfois pas tout à fait comme on aurait pu attendre (manque parfois d’assise – parce qu’il faut bien critiquer) et pas facile à comprendre en français dans le texte. Inva Mula s’en est bien sortie, mais aussi pas facile à comprendre. En revanche, Jacques-Greg Belobo a été excellent : une très bonne diction (peut-être dû à son origine francophone car il est camerounais), mais aussi parce qu’il était tonitruant dans « l’air du Toréador » et faisait vraiment plaisir à voir.

Et après l’entracte, nous avons eu droit à Clovis et Clotilde avec les mêmes chanteurs. Peu importent les paroles pleines de bondieuseries et de patriotisme, car nous n’avons pas bien compris et c’était bien la musique qui était importante.

Au final, une très bonne soirée.

Sinon, j’ai un scoop avant qu’une bonne âme ne me dénonce de façon malveillante : avant le concert, je suis allé avec Fromfrom au Maque-Do, parce que nous n’avions rien à manger, nous n’avions pas le temps d’aller dans un établissement « normal » et il n’y avait plus de sandwichs. Bilan : c’est payer bien cher pour de la merdouille et alors qu’on a encore faim en sortant. Et en plus, c’est tout juste s’il ne faut pas faire la vaisselle en partant. Comme ça, je me sens encore plus le droit de crier haut et fort tout le mal que je pense de ces établissements. Le pire est que cela attire quand même beaucoup de monde : une clientèle majoritairement jeune et qui visiblement aime ça et c’est bien ça qui est abominable.

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22 mars 2015

Vendredi dunkerquois (1)

Nous sommes encore pendant les vacances de début mars...

Nous allons peu souvent à Dunkerque et même pour le boulot, cela faisait plusieurs années que je n’y avais pas mis les pieds. Des choses particulièrement moches côtoient des choses plus sympas. Le phare du Risban n’est pas particulièrement enthousiasmant, mais il éclaire loin (premier ordre si j’en crois Ouiquipédia) et est le plus haut de France (63 m) de sa catégorie (mais quelle catégorie ?) en plus d’être le plus septentrional du pays. Je dois dire qu’il ne m’a pas enthousiasmé. L’environnement immédiat est assez moche (isolé au milieux des abords portuaires et des hangars sans intérêt), et l’édifice ne m’a pas impressionné. Le phare d’Eckmühl, de hauteur comparable est incroyablement plus intéressant à tous égards.

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Vu de plus loin, depuis le bassin près du centre historique, le phare ne paraît plus isolé et devient plus sympa.

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La Tour du Leughenaer (du Menteur) est une tour octogonale de 30 m datant du milieu du XVe s. Elle faisait partie des remparts de la ville et permettait de surveiller le port. Elle a aussi servi de phare.

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Et on confirme à nouveau que s’il n’y avait pas eu de Bourguignons, le Septentrion n’aurait jamais été civilisé.

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La Tour du Reuze (1974), je ne la trouve pas belle, mais pas laide non plus. Avec le temps que nous avions, les fenêtres apparaissaient dorées.

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L’Hôtel de la Communauté urbaine de Dunkerque (1988) donne sur le bassin.

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Et dans le bassin face au musée...

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... le Sandettié, le dernier bateau-feu ayant été mis en service (1947).

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Et bien sûr, la Duchesse Anne, trois-mâts navire école de 1901 dont la coque est en acier.

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Enfin, détails du beffroi (qui na plus grand-chose à voir avec le XVe s.) de la ville.

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19 mars 2015

Mercredi brugeois (4 et fin)

Le billet d’entrée au musée, nous offrait la possibilité d’en visiter un autre, axé sur des œuvres contemporaines. En dehors d’une série vaguement originale sur un chemin de croix, nous n’avons pas aimé. En sortant, il était temps d’aller prendre le dessert que nous avions sauté à midi. Direction le beffroi. Je ne vais pas refaire la visite en images, on pourra (re)lire mes 8 notes  parues entre le 17 et le 22 février 2008 (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8).

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Et la Grand’ Place.

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Puis retour au parking, en passant par la cathédrale Saint-Sauveur.

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Avec une Jaguar garée devant, pas très récente, mais dont je préfère la ligne à nombre de celles produites depuis une quinzaine d’années.

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Et l’église Notre-Dame, qui culmine à 122 m.

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Nous sommes finalement rentrés, sans néanmoins pouvoir photographier le magnifique coucher de soleil dont nous avons néanmoins fort bien profité.

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17 mars 2015

Mercredi brugeois (3)

On termine par des œuvres du XVIIe au XXe s.

Erasmus II Quellinus (1643). Achille parmi les filles de Lycomède. Huile sur toile.

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Jacob van Oost I (1645). Portrait d’une famille brugeoise. Huile sur toile.

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Jean-Bernard Duvivier (1790). Portrait de la famille Villers. Huile sur toile. Là, je dois dire que j’ai eu du mal à en croire mes yeux car le rendu de l’ensemble des tissus et de la soie des robes des femmes en particulier est absolument époustouflant. Les photos ne peuvent rendre cette impression extraordinaire. Le reste m’a moins intéressé.

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François Joseph Kinsoen (1835). Portrait de Marie Joséphine Lafont-Porcher. Huile sur toile. Là aussi, c’est pas mal, mais moins spectaculaire.

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Felix Cogen (fin XIXe – début XXe s. ?). La distribution de pain aux veuves et orphelins à Katwijk. Huile sur toile.

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Flori Van Acker (1893). Le Meebrug à Bruges sous la neige. Huile sur toile. Cela m’a plu.

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Gustave van de Woestyne (1927). La Dernière Cène. Huile sur toile. Je montre non pas parce que j’aime, mais parce qu’ils ont des gueules à faire peur.

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Jean Brusselmans (1939). Le grand intérieur. Huile sur toile. Je trouve que la dame ressemble à un personnage de Tintin.

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René Magritte (v. 1932). L’Attentat. Huile sur toile. Il me semble que c’était la première fois que je voyais une œuvre en vrai de lui.

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15 mars 2015

Mercredi brugeois (2)

La suite de la peinture flamande, essentiellement du XVIe s.

Pieter II Claeissens (1577). Allégorie de la Paix aux Pays-Bas en 1577. Huile sur panneau.

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Jan Provoost (1525). Le Jugement dernier. Huile sur panneau.

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Maître anonyme (v. 1500-1549). Naissance de Marie. Huile sur panneau.

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Lancelot Blondeel (v. 1535-1540). Légende de saint Georges. Huile sur panneau. Je ne suis pas fan de ce tableau, notamment de ces motifs envahissants à la peinture dorée qu’on croirait presque baroques, mais il s’agit de saint Georges et la marmite m’a fait sourire…

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Attribué à Frans Floris (v. 1500). Triptyque avec scènes de la vie du Christ. Huile sur panneau.

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Jan van Hemessen (v. 1500-1575). Saint Jérôme. Huile sur panneau.

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Jan van Hemessen (v. 1500-1575). La sainte famille. Huile sur panneau.

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Abel Grimmer (1593). Portement de croix. Huile sur panneau.

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Copie d’après Pieter Brueghel II (XVIIe s.). L’avocat des paysans. Huile sur panneau.

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Copie d’après Pieter Brueghel I (1601-1620 – œuvre originale du XVIe s.). La prédication de saint Jean-Baptiste. Huile sur panneau.

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Antonius Claeissens (1580). Portraits de Juan II Pardo et ses épouses Anna Ingenieulandt et Maria Anchemant. Huile sur toile.

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Antonius Claeissens (1605). Mars entouré des Arts et Sciences vainc l’Ignorance. Huile sur toile.

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Maître anonyme (v. 1501-1525). Adoration des Rois mages. Huile sur panneau.

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Pieter Pourbus (1548). La Cène. Huile sur panneau.

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Pieter Pourbus (1551). Le Jugement dernier. Huile sur panneau.

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Maître de l’Adoration brugeois (v. 1500-1524). Adoration des Rois mages. Huile sur panneau.

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13 mars 2015

Bruits de couloirs

Comme toujours, je suis surpris par la capacité de certains à être mieux informés et avant tout le monde. Je veux parler des choses plus ou moins personnelles ou qui doivent en principe rester discrètes (je n’ai pas dit confidentielles, mais cela arrive aussi que ces dernières soient disséminées) dans le cadre du travail.

Durant mes premières années professionnelles, j’ai travaillé au sein de très petites structures si bien qu’il n’y avait pas véritablement de clans, de commérages, de pipelet(te)s. Et s’il y avait des choses qui devaient rester discrètes, il y avait bien peu de possibilités de fuites. Je dois dire qu’en plus, en ce qui me concerne, ces élucubrations ne m’ont jamais intéressé. Je me suis néanmoins aperçu à mes dépens que peu de temps avant de quitter l’université du père de Gargantua (et durant les mois qui ont suivi), certaines personnes de bien peu de valeur s’étaient permises de m’habiller pour plusieurs hivers. Une façon de me remercier pour mon travail accompli au sein d’une structure de recherche embryonnaire à laquelle j’avais beaucoup contribué. D’une certaine manière, on m’a mis sur le dos leurs lacunes et leur incapacité à bosser correctement. Mais je m’égare, ce n’est pas là que je voulais en venir. C’était juste pour rappeler que le monde universitaire est un panier à crabes peuplé de requins qui veulent se faire passer pour des enfants de chœur, alors qu’en réalité, c’est chacun pour soi, hypocrisie et manipulation. Tout le monde n’est évidemment pas comme ça, mais le phénomène est à l’œuvre partout. Je le constate encore à Lille où on ne se contente pas de laver son linge sale en famille, on en fait profiter tout le monde. Lamentable.

Quand je suis arrivé dans le Nord, je n’avais pas l’habitude de travailler au quotidien avec autant de personnes, dans différents bureaux, différents bâtiments et deux antennes régionales, antennes avec une seule personne chacune au départ, mais qui se sont étoffées depuis. Nous sommes environ 50 en tout aujourd’hui. C’était il y a bientôt 13 ans. Entre parenthèses, une chose me fait presque sourire aujourd’hui quand je songe que j’avais manqué de peu de ne pas être embauché. Pour rappel à ceux qui auraient manqué certains épisodes précédents, après les entretiens d’embauche (j’avais dû passer deux fois sur le grill, ce qui est déjà exceptionnel), on m’avait annoncé qu’on m’embauchait. J’avais alors demandé 1-2 jours de réflexion, avant de me décider pour de bon. Lorsque j’avais rappelé pour confirmer ma venue, on ne voulait plus m’embaucher. C’est qu’entre temps, on avait médit de moi (ce on est définitivement une mauvaise personne, même s’il a disparu pour l’instant des écrans radar, mais reste extrêmement puissant et a potentiellement un pouvoir de nuisance très important) et je n’avais dû mon salut qu’à la bienveillance de mes anciens « patrons » et de l’intelligence de celui qui deviendrait mon premier directeur.

Pour en revenir à mon lieu de travail, naïf et peu habitué à la chose, j’ai été stupéfait de constater les tas de choses qui se disaient dans le dos des principaux intéressés et par les bruits de couloir. Mais bien entendu, j’ai souvent été le dernier au courant des ragots qui circulaient. Je n’y ai jamais prêté attention, avant d’apprendre, des années plus tard que parmi ces ragots, il y avait des choses tout à fait exactes. Mais comment faire le tri, notamment à une époque où la direction administrative avait la culture du secret, ce qui ne faisait que stimuler la rumeur.

Et puis est arrivée une nouvelle directrice administrative, qui a largement pratiqué la transparence (et qui la pratique encore). Une transparence qui m’est ainsi apparue, mais qui tranchait surtout avec l’opacité antérieure. Cela n’a pourtant pas empêché des fuites, des indiscrétions de la part de personnes qui ne savent pas tenir leur langue. Ceci dit, je me suis aperçu que certaines personnes sont douées pour être au courant de beaucoup de choses, généralement bien plus que moi. Et pourtant, en tant que cadre et délégué du personnel, je devrais être davantage informé que la moyenne. Mais non. Ces personnes doivent dépenser pas mal d’énergie à se renseigner ou sont douées pour capter et recouper les informations. Tant et si bien que mes « scoops » sont parfois des informations éventées…

Pour le départ de mon directeur, il en a aussi été ainsi. J’ai été une des dernières personnes « autorisées » à apprendre son départ imminent, ce qui peut paraître difficile à croire. Il a heureusement annoncé peu après officiellement son départ pour éviter le téléphone arabe. Je pensais néanmoins me rattraper un peu en étant le premier à savoir qui devrait lui succéder. Eh bien non, raté, certain le savait presque avant moi. C’est quand même fort de café. Ou alors, c’était tellement prévisible ?…

Depuis l’annonce officielle, j’ai recueilli quelques félicitations. D’autres se taisent, mais semblent en être heureux. D’autres encore s’en fichent royalement. C’est toujours beaucoup mieux que l’hostilité. La chose a davantage surpris ce matin en réunion externe lilloise. Il semble y avoir des heureux(ses), mais je pense que cela ne fait pas plaisir à tout le monde. Une personne en particulier qui a essayé de le cacher. Il faut dire que jétais venu lui piquer un de ses salariés il y a deux ans, quil est un peu jaloux de son ombre et nous fait peut-être un petit complexe dinfériorité. Mais bon, ça va lui passer et je travaillerai avec lui comme avec tout le monde.

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11 mars 2015

On y est, c'est presque officiel

La directrice « scientifique » s’était étonnée la semaine dernière du fait que j’étais invité à la réunion qui a eu lieu ce matin. Forcément, puisqu’elle n’était pas au courant de ce qui avait déjà été largement décidé dans son dos. La réponse évasive qui lui avait été fournie la semaine dernière a dû suffire pour qu’elle devine le reste.

La réunion de ce matin regroupait donc la présidente (conseillère régionale), les trois directeurs et moi. Après des nouvelles fraiches sur ce qui se passe au niveau national (car notre présidente est aussi présidente de notre fédération parisienne), après quelques autres annonces, elle en vient au sujet principal : l’avenir de la direction. Et là, ça n’a pas pinaillé. Pas d’hésitation. Elle souhaite quelqu’un qui connaisse bien le métier et la structure, le contexte, les acteurs… Elle estime que comme j’avais été candidat il y a six ans au poste, je conviens tout à fait et entérine la chose sans débat. L’actuel directeur général, la directrice administrative sont bien sûr à l’origine de la décision, mais je ne m’attendais pas forcément à une décision aussi ferme. La directrice « scientifique » ne saute pas de joie, mais ne s’en émeut pas non plus. J’en ai eu confirmation dans l’après-midi puisqu’elle est venue me parler de façon très détendue, certes pour évoquer autre chose (une mission bien précise), mais peut-être aussi pour montrer à son futur supérieur qu’elle suit les consignes que j’avais données sur ladite mission il y a plusieurs semaines de cela. Tant mieux d’un côté, mais je vais quand même me méfier.

En ce qui me concerne, je pense n’avoir montré aucune émotion ou joie particulière à l’annonce de la décision, d’une part parce que ce n’était plus un vrai scoop et d’autre part parce que ce n’est pas vraiment mon genre à sauter comme un cabri. Je pense avoir quand même esquissé un léger sourire. Et du coup, mes nouvelles fonctions seront avancées au premier avril (à moins que ce soit un poisson) pour assurer le « tuilage » de direction et surtout parce le mois prochain, on ne verra pratiquement plus notre futur ex directeur, pour cause d’engagements divers, de déménagements et de congés. Voilà, je vous le dis à vous : je suis content. Car en effet, quand on a franchi le cap, qu’on a pris une décision, qu’on est « intronisé », on a hâte d’y être et j’y suis déjà à moitié.

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10 mars 2015

Brèves cornusiennes (39)

Je ne suis plus en vacances, alors la suite de nos aventures de la semaine dernière risque de mettre un certain temps avant l’accouchement. Alors, comme j’avais annoncé, dépité, que mes crocus refusaient de s’ouvrir (cela est resté globalement vrai pour les jaunes), je montre qu’on n’a pu en profiter quand même en fin de semaine dernière.

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