02 juillet 2009
Trop de pattes scient les pattes
L’hiver dernier, ON avait voulu recruter un mouton à 5 pattes. ON n’y était pas arrivé. Alors, ON a cherché un mouton normal, et J’ai récupéré un mouton à 3 pattes.
Depuis quatre ans, j’ai dans mon service un mouton à 3,5 pattes. Avec le temps et l’expérience, il aurait été raisonnable de penser que parti de 3 pattes, il atteigne le statut honorable de 4 pattes. Hélas, le garçon régresse et il me donne des sueurs froides. Non seulement, professionnellement, il s’entête dans l’erreur, s’engage dans des impasses qu’on lui avait maintes fois signalées, mais en plus, il a une vie privée très particulière (aussi une sorte d’impasse dans laquelle il butte à n’en plus finir), et du coup il ne serait pas loin de vouloir jeter son dévolu sur toute jeune brebis qui passe à sa portée. Seulement, il est maladroit, très très maladroit, 25 fois plus maladroit que moi à l’époque où je l’étais le plus. Je l’ai vu plus d’une fois foncer dans des murs, et même en le prévenant, il réédite à chaque fois le même scénario. Evidemment, cela ne me fait pas rire, j’aimerais tellement qu’il soit plus heureux et épanoui, ce qui se ressentirait nécessairement dans le travail…
Le chef du troupeau a décidé de nous quitter pour voguer vers d’autres horizons. Alors, ON a mis en place une procédure pour recruter un mouton à 6 pattes exogène. ON a reçu des candidatures de moutons bancals. D’autres moutons exogènes au nombre de pattes indéterminé se sont aussi manifestés, sans que l’on sache s’ils étaient vraiment décidés à rejoindre le troupeau. Alors, après avoir pas mal réfléchi, j’ai décidé de me porter candidat à la tête du troupeau. Il est vrai que je suis fou, d’autant que je ne revendique que 4 pattes.
Bon, à part ça, ne revenons pas à nos moutons mais à nos fleurs que nous allons quitter des yeux durant les 15 prochains jours, pour des vacances, forcément bien méritées.







28 juin 2009
Essai de début de tournant
Voici une note personnelle, comme je n’en avais pas fait depuis longtemps. Je me répète, mais tant pis, je marque moi aussi cette fin du mois de juin. Il est évident que je ne fête pas ici un quelconque anniversaire, mais je me souviens d’un événement qui a marqué un essai de début de tournant dans ma vie.
Il y a de ça quatre ans, je faisais la rencontre d’un homme (le premier être humain, tous sexes confondus). Il était nettement plus âgé que moi (il avait commencé par me mentir sur son âge). Cette rencontre à mon domicile d’alors faisait suite à de longs mois de fièvre et de souffrance (solitude subitement mal vécue, sentiment, l’âge avançant, de ne jamais trouver l’amour dont je n’avais encore aucune notion). Cependant, j’accueillais cet homme avec une « certaine » confiance (pour ne pas dire de la naïveté), mais aussi une certaine peur. Il avait fait plusieurs centaines de kilomètres pour venir me voir. J’avais parfaitement joué le jeu de mon côté et le type me trouvait une vraie « générosité ». Cette « générosité », c’était celle de celui qui se donne parce qu’il ne s’est jamais donné, parce qu’il tente quelque chose, une première expérience. Evidemment, je n’étais vraiment pas à l’aise. Je naviguais à vue sur une mer inconnue même si je ne méconnaissais pas toutes les tares de celui qui m’accompagnait. Ce vague sentiment de peur est toujours resté, jusqu’à ce qu’il s’en aille deux jours plus tard et plus encore après. Ce sentiment négatif n’était-il pas le signe de l’absence d’amour ? Car malgré cette « générosité », j’ai toujours eu la présence d’esprit de ne jamais dire « je t’aime » ou un truc du genre, parce que bien entendu, ce n’était absolument pas le cas. Malgré ses appels téléphoniques presque enflammés sur mon portable pendant mes 15 jours de vacances bourguignonnes, j’étais de plus en plus mal à l’aise. A mon retour de vacances, me rendant compte des nombreuses zones d’ombre du type, du manque de franchise et de l’absence de sentiments de ma part, j’écrivis un courriel de rupture qui resta sans réponse.
Par la suite, mes pérégrinations internautiques se sont poursuivies de plus belle, ma fièvre s’étant même sans doute renforcée, ne tirant finalement qu’assez peu d’enseignements de cette première expérience. Encore que je n’en sache rien car je n’ai pas fait d’autre rencontre désastreuse, me contentant de rencontres virtuelles pour la plupart inintéressantes.
Après quelques mois à peine (en fait sans doute une éternité), je faisais la rencontre, d’abord virtuelle (après néanmoins une première entrevue joyeusement et salutairement scélérate ;-)), de S. alias Fromfromgirl. Évidemment, ce ne fut pas du tout le même scénario puisque je dois le dire, je suis tombé sous son charme d’abord de façon virtuelle. Je dois vous dire combien je la trouvais extraordinaire avant même de l’avoir vue. Et c’est lors des vacances de Toussaint 2005 qu’elle me dit « je t’aime » par courriel (là-bas, je ne consultais mes messages qu’une fois par jour, bas débit sans abonnement oblige). Je n’eus aucune peine à répondre « je t’aime », tant cela semblait évident, naturel et même sous-entendu depuis plusieurs semaines (le jour où j’avais décidé d’aller la voir).
Et quand je suis allé la voir, c’était avec une vraie confiance, une certitude encore renforcée par les encouragements de Karagar. Et qu’est-il advenu ? Eh bien, nous sommes passés du virtuel au réel. Nous avons été pris dans un tourbillon extraordinaire qui fait que nous vivons tous nos jours en commun depuis bientôt trois ans. Quel bonheur : je l’aime.
24 juin 2009
Cathédrale de Chartres
Madame K a récemment évoqué sa visite de la cathédrale de Chartres, ce qui m’a fait repenser que j’avais découvert cet édifice il y a tout juste six ans, au cours d’une visite éclair. A l’époque, je n’étais pas équipé en numérique, alors j’ai scanné quelques photos papier. Si Madame K me le permet, je montre donc mes images, plus banales que les siennes ou que celles qu’elle aurait pu prendre. Les photos à l’intérieur ne ressemblent à rien, seules deux sont vaguement acceptables.














23 juin 2009
Juste comme ça, en passant
Je ne sais pas si c’est forcément une bonne nouvelle, mais ce soir je veux croire que ce n’en est pas une mauvaise : Madame Boue-Thym (pauvre thym) n’est plus ministre.
Plus intéressant, au jardin...



Et ce soir, jai cueilli nos deux premières tomates vérandicoles. Les photos, ce sera pour plus tard...
19 juin 2009
Parce que notre jardin ne suffit pas
Voilà quelques photos « volées » hier soir dans l’un de nos jardins du boulot. J’en ai profité pour tirer le portrait d’une espèce que je n’avais encore jamais vue physiquement.













17 juin 2009
Encore des bricoles
Les lys blancs poursuivent leur épanouissement.

Leur puissant parfum se mêle à celui des œillets. Mais même dans la tiédeur du soir, le nez sait remettre les choses en place.

Non loin de là, d’autres lys entrent dans la danse.


La Véronique en épis bleue n’a pas été émue de voir S. ou moi nus dans le jardin, elle avait tout simplement convoqué sa collègue rose.

Une bizarrerie dans la grande famille recomposée.

Et la première rose parmi celles que nous tolèrerons cette année (certains rosiers ont eu interdiction de fleurir cette année).

15 juin 2009
En attendant juillet
Il y aura bientôt un an, nous étions là.

Cette année, nous n'irons pas arpenter de tels espaces, alors nous avons pensé à des montagnes plus modestes, une annexe du duché que je connais finalement assez peu mais qui m'a tapé dans l'oeil à plusieurs resprises.
14 juin 2009
L'alcool et moi : quelques mots
Une note chez Kab-Aod m’avait d’abord inspiré un commentaire, mais comme c’était décidément trop long et que je parlais trop de moi, j’en ai fait cette note. Je précise tout de suite qu’il ne s’agit que de deux ou trois faits mis par écrit.
L’alcoolisme, je n’y ai pas été directement confronté, mais il faut dire que j’ai été durant toute mon enfance et mon adolescence extrêmement sensibilisé à la problématique, notamment par ma mère. Jeune, donc, je ne buvais pas une goutte d’alcool, ma mère me l’interdisant. Après 18 ans, on consentit à me verser quelques larmes de bons vins ou de certains apéritifs. Avant ça, même le café m’était rationné dans des fonds de tasse.
Après mon départ de la maison pour mes études à 500 km de là, j’avais une chambre chez des gens avec lesquels je m’entendais bien. Ils m’invitaient souvent le dimanche et on me faisait boire essentiellement des vins du Loir-et-Cher, de Touraine et d’Anjou, ce qui fut une vraie nouveauté pour moi (je n’avais goûté jusque là pratiquement qu’à des bourgognes). Je m’étonnais alors qu’on puisse ainsi me remplir mon verre. Je découvrais, j’appréciais. C’est à cette période que j’ai commencé à développer mon goût pour les vins.
Deux ans plus tard, j’ai vécu seul pendant deux ans dans un petit studio et c’est là que j’ai commencé à acheter du vin, mais je n’en buvais jamais seul. Je ne souffrais nullement de solitude à l’époque, mais elle était bien réelle.
Il y a un peu plus de dix ans, alors que je vivais à Chi*non, pour la première fois, j’ai commencé à boire seul ou presque. Cela se traduisait par un ou deux verres de bière deux à trois fois par semaine dans le bistrot du coin. J’y allais seul le soir avant de rentrer dîner chez moi, à 50 m de là. J’y allais surtout pour discuter, souvent pendant plus d’une heure avec le patron et la patronne avec lesquels je m’entendais bien et qui avaient une conversation autrement plus intéressante que celle, classique, du café du commerce. Chez moi, le week-end, je me buvais une bouteille de vin, alors même que je me préparais des plats un peu moins ordinaires qu’en semaine.
Arrivé dans le Nord, j’ai arrêté d’aller au bistrot seul et cela ne m’a pas manqué, en dehors d’une solitude plus marquée. Un sentiment de solitude qui allait pourtant s’amplifier début 2004, alors même que je ne sortais pour ainsi dire jamais.
Aujourd’hui, le week-end, nous aimons nous boire une bouteille, parfois avec gourmandise et c’est une joie de le faire.
Le fait que le père de S., que je n’ai pas connu, soit mort, pour une large part, à cause de l’alcoolisme, m’interroge. S., elle-même me dit souvent sa crainte d’y basculer un jour, même si les éléments favorables semblent être bien loin d’être réunis. Dans une partie de ma belle famille, je constate malheureusement que le mal fait son œuvre, sans qu’ils semblent en être conscients. Personnellement, je n’ai pas cette crainte. On pourra penser que je suis bien sûr de moi, mais j’ai l’impression qu’il y a chez moi une limite physiologique, mais bien sûr, je n’ai pas de certitude absolue.
Dans mon entourage de voisins amis quasi familiaux à Aut*un, un des jeunes (D.), sans emploi, en charge de la ferme suite à la mort de son oncle en 2000, mais néanmoins partiellement désoeuvré, s’est mis à boire vers l’âge de 25 ans. Boire à partir du lever (vers 11 heures) jusqu’à la nuit. Au moins un accident de voiture dû à l’alcool, heureusement sans gravité. Il faut dire que dans le coin, les gens, sans s’enivrer, boivent beaucoup, vraiment beaucoup d’alcool. C’est un fait, c’est une « culture » là-bas, on feint de ne pas avoir vraiment conscience des méfaits de l’alcool. Lors des fêtes et alors que je ne suis pas contraint par la nécessité de prendre le volant, il m’arrive de boire, en quantités non négligeables et je ne crois pas être du genre à rouler facilement sous la table, mais mes concurrents me battent haut la main. Et alors que je sature, eux paraissent frais comme des gardons. Je croyais que D. était un garçon qui s’était mis dans une situation inextricable, sa famille et lui ne semblant pas prendre la mesure de la situation, dans un aveuglement assez généralisé. Heureusement pour D., après le règlement de la succession de la ferme il y a un an, il ne s’occupe plus de la ferme, a trouvé un emploi et, me dit-on, ne boit plus. Il a par ailleurs retrouvé un certain punch qu’il avait complètement perdu. Comme quoi, des événements, des changements, des ruptures, même non traumatisantes, peuvent amener à boire et d’autres à s’en sortir.
13 juin 2009
Aujourd'hui au jardin
Quelques bricoles prises en photo aujourd'hui dans notre jardin. Deux des espèces sont sauvages dans nos régions.






10 juin 2009
Réponse à Big Sister
Comme Big Sister KarregWenn nous l’a demandé, je m’exécute. Je précise même que le Grand Inquisiteur s’est efforcé de ne pas mentir.
1 - Si je devais ne garder qu'un livre ce serait : le « Quid ».
2 - Si je devais m'exiler je partirais : en Irlande aussi.
3 - Si je devais changer de métier je serais : ichtyologue.
4 - Si je devais emporter trois objets sur une île lointaine ce serait : une canne à pêche et ses accessoires, un couteau suisse et des hectolitres de Chambertin (dans une énorme caisse comme ça, ça ne fait qu’un objet !).
5 - Si j'allais en prison à perpète j'emporterais : de quoi écrire.
6 - Si je gagnais 250 000 euros j'achèterais : un terrain non constructible dans un milieu naturel.
7 - Si je pouvais me transformer en animal magique ce serait : un oiseau palmipède de la famille des Anatidés ou des Anseridés et qui parle.
8 - Si je pouvais supprimer un jour nul ce serait : celui où je vais mourir.
9 - Mon juron le plus fréquent est : merde ?
10 - Ma couleur de vêtement préférée : aucune idée.
11 - Le mets que je préfère : le cuissot de sanglier.
12 - Les deux défauts que je supporte le plus mal : la méchanceté gratuite et la fausseté.
13 - Ce qui me fait rire le plus : les blagues nulles de ma femme.
14 - Ce que j'aime chez moi : ma capacité au dialogue.
15 - Ce que je déteste : ma lenteur de compréhension et de réaction et ma capacité d’analyse parfois déficiente.
16 - Si je rencontrais un tigre dans la rue : je le croiserai l’air de rien.
17 - Si je rencontrais un pape dans la rue : je lui proposerai (imposerai) de le remplacer.
18 - Les deux odeurs que je préfère : les Lys martagon dans le va*llon de Canada.
19 - Ce dont je ne pourrais me passer : ma femme.
20 - Si ma dernière heure était arrivée : boire un verre de tous les grands crus, y compris ceux dont je n’ai pas eu l’occasion ou les moyens de goûter avant.