Cornus rex-populi

14 avril 2014

Séjour nivernais (2 et fin)

La formation ne se déroulait pas à Nevers, mais débutait à une cinquantaine de kilomètres au nord-nord-est, dans un petit village. Le rendez-vous était donné dans un bistrot-restaurant. Après l’arrivée de tous les participants et le café d’accueil avalé, direction la salle des fêtes de la commune. Seule une femme était présente dans l’assemblée (le monde de la sylviculture semble très masculin dans l’ensemble). J’avais repéré un homme dont l’apparence me disait quelque chose, mais je ne voyais pas, alors je me suis dit qu’il devait ressembler à quelqu’un que je connaissais. En entrant dans la salle, cet homme m’interpelle, en me disant comme cela va à mon travail. Il a une veste avec le logo du Par*c nat*urel rég*ional d’Armo*rique. Je ne vois toujours pas, mais je lui dis que sa tête me disait quelque chose. En fait, nous avions fait du terrain ensemble à l’occasion d’une visite sur les falaises de Normandie (il travaillait pour le Conserv*atoire du lit*toral à l’époque). Le voir là paraissait tellement incongru, que mon cerveau a eu du mal à établir la connexion. Pas de véritable tour de table comme on le voit souvent et où chacun se présente et annonce les attentes du stage. Au lieu de cela, un questionnaire axé sur l’objet de la formation et rempli par petits groupes, ce qui a permis de faire un petit peu connaissance et de voir les sensibilités de chacun. Mon « armoricain », était aussi ici un peu en décalage (il était là pour savoir comment convertir une futaie résineuse sur lande dans les monts d’Arrée) puisque le reste du public était assez conforme à ce que je m’imaginais : techniciens et experts forestiers œuvrant principalement pour la forêt privée. Il y avait aussi un Danois.

Après les présentations théoriques, qui n’avaient rien de sorcier à mon niveau, même si je suis peu habitué à un certain vocabulaire ou à des sigles que j’étais le seul à oser réclamer le sens. Je me suis amusé par la suite sur le fait que certains venaient me demander si je comprenais le sens complet des exposés sur le terrain. Car évidemment, après avoir retenu quelques notions, la suite m’est apparue assez facile (je ne suis pas complètement néophyte en la matière). Il faut dire aussi que les intervenants ont été bons de mon point de vue.

Le repas fut pris dans le bistrot-restaurant, puis nous sommes partis sur le terrain, à plus d’une demi-heure de covoiturage de là. Le temps de discuter et de faire de la pédagogie avec un jeune forestier sur les peupleraies (oui, je connais quand même pas mal). Ce que nous avons vu sur le terrain était intéressant, mais on n’a fini une heure plus tard que prévu. Au revoir mon idée de passer par la cave de Pouilly-sur-Loire et me ravitailler en Pouilly-Fumé. Même punition le lendemain, alors que nous étions cette fois dans le sud de la Nièvre (près de Decize). Là aussi, j’ai été privé de Loire. Ce problème a été évoqué par la participante et je ne me suis pas gêné pour l’écrire dans l’appréciation du stage. C’était le seul point négatif, dû au fait que l’organisateur avait voulu trop en faire et les intervenants nous ont montré des choses un parfois carrément redondantes sur le terrain.

La matinée du jeudi était consacrée à un exercice au marteloscope. En fait, il s’agit d’une parcelle forestière où chaque arbre est numéroté (même les petits), mesuré et repéré sur plan. Le « jeu » consiste à opérer un martelage virtuel, autrement dit faire comme si on martelait les arbres qui « devaient » être abattus compte tenu de critères définis à l’avance et en faisant en sorte d’améliorer la qualité du peuplement et de favoriser le développement des arbres qui restent, petits et gros.

Quel bilan de ce stage ? Un public assez « haut de gamme » dans l’ensemble. Personnellement, je vais surtout en tirer le bénéfice d’une meilleure connaissance de la psychologie des forestiers et mieux comprendre leurs difficultés quand elles ne sont pas feintes. Je suis très satisfait de mon séjour.

Voici quelques images de ces chênaies acidiclines à acidiphiles. Cela commençait tout juste à débourrer dans le haut.

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J’ai péniblement eu le temps de dire bonjour à la cathédrale de Nevers, avant d’aller dans un restaurant recommandé par le Roue-tard le mercredi soir. A peine plus cher que les autres restaurants qui offre du tout venant, et autrement meilleur. Il s’agit du Gam*bri*nus.

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Après la formation, étape à Châlons-en-Champagne via Clamecy, Auxerre et Troyes (diable que c’était long) et arrivée le vendredi en fin de matinée à Lille où je devais intervenir en début d’après-midi sur les arbustes dans un colloque national.

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13 avril 2014

Séjour nivernais (1)

Comme je l’avais laissé entendre, j’ai donc passé une partie de la semaine dans le Nivernais occidental. Trois jours pleins pour une formation de sylviculture axée sur la futaie irrégulière de chênes. Une formation, non pas pour une reconversion professionnelle comme cultivateur d’arbres, mais pour mieux comprendre les arguments des sylviculteurs dans le cadre de mon travail. Je pense avoir évoqué à plusieurs reprises les soucis que l’on a avec certains représentants des forêts publique et privée (souvent malhonnêtes intellectuellement) et je suis souvent en première ligne.

Cette formation était axée sur un point particulier : le traitement irrégulier des forêts de chênes, autrement dit le fait d’avoir dans un peuplement forestier, presque en permanence, toutes les classes d’âges d’arbres, du jeune semis jusqu’au très gros bois susceptible d’être exploité. Cela signifie qu’en futaie irrégulière, il n’y a jamais de coupe rase, ni de grande trouée dans la matrice forestière. Il s’agit donc d’un mode d’exploitation qui ne génère pas de « catastrophe », de traumatisme à la forêt comme on l’observe en futaie régulière. Le problème n’est pas le traumatisme en lui-même, car il s’observe d’une manière ou d’une autre dans des forêts naturelles, mais c’est la fréquence de l’événement et la surface sur laquelle cela se produit, bien plus importantes.

Le traitement en futaie irrégulière est un peu plus proche de ce qui s’observe dans la nature, mais n’a néanmoins rien à voir avec une forêt naturelle. En effet, on recherche ici la qualité des bois, et on élimine les arbres brogneux ou mal fichus. On peut conserver des arbres mourants s’ils n’ont pas une grande valeur commerciale (sur pied ou à terre), mais on retire presque tout le bois coupé. On cloisonne le peuplement pour y accéder plus facilement (il vaut mieux cela plutôt que de ne passer jamais au même endroit, surtout sur des sols sensibles au tassement). Comme en futaie régulière, on exploite les arbres quand ils sont sains et de valeur, ce qui fait que l’on coupe rarement des arbres au-delà d’une certaine taille, mais ce mode d’exploitation autorise néanmoins de conserver de très gros bois bien au-delà de la taille d’exploitation. Enfin, ce mode d’exploitation nécessite de fréquents passages en forêt, pour la surveillance, mais aussi pour des interventions et des coupes (tous les 7-8 ans bien souvent), mais l’avantage de cette fréquence est que l’action est très peu traumatisante, y compris d’un point de vue paysager.

Je considère que ce mode de sylviculture reste « intensif », et à conditions environnementales équivalentes par ailleurs, très intéressante sur le plan économique : revenus bien moins importants que lors d’une coupe rase, mais ils sont réguliers et cela nécessite peu d’investissements en travaux car on laisse davantage faire la nature. Certains traitements en futaie irrégulière peuvent donc être assimilés à l’équivalent de l’agriculture biologique. Cela nécessite néanmoins des compétences différentes pour les gestionnaires forestiers (mais également chez les propriétaires et les bûcherons). Des compétences différentes et j’irai jusqu’à dire supérieures (ou oubliées), comme en agriculture biologique.

On l’aura deviné, même si cela ne représente pas l’idéal forestier absolu, je suis favorable depuis longtemps à la futaie irrégulière comme mode d’exploitation sylvicole, et je voulais en savoir plus. Car cette sylviculture reste très peu pratiquée, surtout dans certaines régions et avec certaines essences. Dans le nord de la France, lorsque j’ai osé prononcer les mots « futaie irrégulière » avec les responsables de la forêt publique ou privée, je me suis presque fait insulter, ces derniers n’hésitant pas, comble d’hypocrisie, à avancer un argumentaire de biodiversité. Évidemment, en futaie irrégulière, il y a peu (pas) d’espèces de milieux ouverts ou de coupes forestières : quel scoop, quelle mauvaise foi !

A suivre.

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06 avril 2014

Dessert du jour

La taille des fraises laisse penser qu’il s’agit là d’une tartelette améliorée. En fait, c’est une grande tarte avec de bonnes grosses fraises.

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La recette n’est pas ici. A la place, c’est régime ravioli.

Pour ma part, j’abandonne demain ma bien aimée Fromfrom pour la semaine. Comme déjà annoncé, je pars en forêt nivernaise où je pourrai, je l’espère, saluer la Loire en passant.

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05 avril 2014

Fleurs d'un 5 avril

Une semaine que les premières tulipes sont apparues, mais cette fois, cela commence à être du sérieux. Dans la rubrique « cela n’arrive pas qu’à Karagar », les premières ne sont pas celles qui figuraient sur le paquet que j’avais planté (pas la bonne couleur et pas le bon port).

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Les narcisses sont les derniers de la saison (pas encore totalement en fleurs). Multi-têtes (un seul pied sur le première photo), ils délivrent une bonne et puissante odeur.

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Des cerises ‘Burlat’ en devenir.

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04 avril 2014

Brèves cornusiennes (25)

Mardi, pour le conseil scientifique décentralisé, j’ai conduit à l’aller. J’appréhendais un peu le voyage, car outre deux autres collègues, nous devions emmener un des botanistes français les plus brillants, auteur principal d’une nouvelle flore de France à paraître cette année. Il logeait pour la nuit dans l’une des chambres au boulot. Il était à l’heure au rendez-vous fixé, propre et rasé de près. Je dis cela, parce qu’il lui est arrivé d’être beaucoup moins net que ça, pour ne pas dire crasseux. Il n’a pas non plus roté et pas pété durant le trajet ni le conseil. Encore une fois, cela lui est arrivé, sans qu’il trouve adéquat de s’en excuser. Ce n’est pas une rumeur, ce sont des propos fiables rapportés par mon collègue floristicien. Et miracle, il a répondu à mon bonjour du matin. Cet homme est pour le moins « spécial », pour ne pas dire qu’il s’agit d’un grossier personnage avec lequel on n’a pas envie de s’attarder. Cependant, le voyage s’est bien passé. Ce type est un botaniste « amateur », car vétérinaire de métier, même s’il ne vétérinairise plus beaucoup ces dernières années. C’est vrai que c’est un as, un champion, mais cela n’excuse pas tout, y compris le fait de monopoliser la parole pendant deux heures et demie dans une présentation du conseil scientifique quand on sait avoir une heure de parole maximum et en obligeant l’intervenant suivant à zapper la moitié de sa présentation pour finir la journée à une heure convenable. Beaucoup de mes collègues n’ont pas follement apprécié son ton condescendant, son manque de clarté et de pédagogie.


Tout le monde n’avait pas forcément vu la dernière note fromfromienne où elle annonçait sa prochaine inspection. Elle a stressé tout le week-end dernier dont nous n’avons pas beaucoup profité (surtout elle). Depuis une semaine, elle a préparé des choses improbables, se couchant parfois fort tard, d’autant que l’inspecteur a eu la mauvaise idée de ne se pointer que ce vendredi matin (il pouvait venir dès lundi matin). A croire Fromfrom, le drame était imminent. Et bien sûr, comme d’habitude, il s’est passé ce que j’avais imaginé : l’inspection s’est très bien passée. Elle s’est si bien passée que faire mieux était inenvisageable. L’inspecteur a considéré qu’elle « avait tout compris », qu’elle était « une excellente enseignante » (ça, ce n’est pas un scoop), et qu’il la plaçait parmi les 30 meilleurs enseignants qu’il avait inspectés depuis 10 ans (soit environ 1000 inspections). Elle est soulagée (moi aussi quelque part) et heureuse (moi aussi, je suis content), d’autant qu’on n’est jamais à l’abri de tomber sur un crétin d’inspecteur. Elle retourne demain à une porte ouverte, mais le week-end va paraître bien doux.

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01 avril 2014

Ceci n’est pas un poisson d’avril

Aujourd’hui, nous avons fait notre Conseil scientifique annuel, décentralisé près d’Amiens dans les locaux du centre de formation de l’Of*fice nat*ion*al de l’e*au et des mil*ieux aqua*tiques, autrement dit l’ex Con*seil sup*érieur de la pê*che, autrement dit, un des temples incontournable du poisson d’eau douce. Eh oui, cela est parfaitement exact, mais en même temps un peu dégradant de faire nager des botanistes au milieu des poissons.

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29 mars 2014

Brèves cornusiennes (24)

Notre système de représentation des délégués du personnel n’est pas conforme à la législation : nous sommes trop nombreux. Donc, à l’occasion de notre renouvellement, il n’y aura plus de collège spécifique pour les cadres. Je risque fort de sauter. J’ai l’intention de me présenter dans tous les cas de figure, mais je ne suis pas sûr du tout de l’emporter face à la majorité de non cadre de mon nouveau collège très élargi. Pourquoi je veux continuer à exercer cette fonction ? Parce que l’on va probablement changer de statut, peut-être fusionner avec d’autres structures et que cela risque d’être le bordel. Et parce que je ne fais pas forcément confiance à l’actuel représentant de l’actuel collège dominant qui se représentera sûrement. J’ai envisagé de me syndiquer, mais je ne sais lequel choisir. J’ai lu sur l’internet, des choses invraisemblables qui me laissent penser qu’il y a une profonde méconnaissance de certains de la réalité et juste de l’idéologie à bon marché, mettant dans le même sac un patron du CAC 40 qui rémunère grassement ses actionnaires et licencie ses salariés et les dirigeants d’une association non lucrative soumise aux aléas des subventions en période de disette budgétaire. A suivre.


Cette semaine, une petite incursion dans le bois au boulot, pour enfin photographier Lathraea clandestina L. (Lathrée clandestine), une plante parasite des racines de plusieurs espèces d’arbres, dans des milieux humides à frais. Il y a ce qu’il faut ici, mais c’était presque un peu tard pour la floraison. Il n’apparaît à l’air libre pratiquement que les fleurs et les fruits. Il s’agit d’une espèce atlantique, mais néanmoins absente du Finistère (en principe).

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Une abeille aux pattes chargées sur une Viorne tin.

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L’incontournable Anemone nemorosa L. (Anémone des bois), autrement appelée Anémone sylvie.

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Le Muscari cf. neglectum Guss. ex Ten. (Muscari négligé).

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Et pour les campanulophiles, la Fritillaria meleagris L. (Fritillaire pintade).

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23 mars 2014

Un jour de printemps

Intérieurement, les fleurs sont là.

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Quand Fromfrom se lance dans les raviolis (costauds, mais excellents)

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Extérieurement, les fleurs sont là aussi.

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Quand Fromfrom nous fait des îles flottantes quand il flotte dehors.

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22 mars 2014

Revue des troupes en présence

Contrairerement aux élections municipales précédentes où il n’y avait que deux listes concourant pour le poste de maire, il y en a quatre cette fois. Et surtout, si la campagne avait été presque silencieuse, sans grand enthousiasme en 2008, les tracts pleuvent cette année, s’enchainent à une fréquence incroyable. Et des dépliants détaillés.

Il y a un candidat qui s’est trompé d’élection puisque sa propagande ne parle que d’enjeux nationaux, comme le front dont il est issu. Je pense que le nom de la commune n’est jamais cité dans aucun de ses torchons (oui, j’ai eu le courage de parcourir les âneries de ce jeune tête à baffes qui doit avoir un cerveau bien plus insignifiant que celui d’une linotte pas mélodieuse du tout).

Un autre candidat qui se présente comme d’opposition municipale, comme si sa vocation était effectivement de rester dans l’opposition. C’est effectivement le bord divers droite du maire d’avant 2008, qui avait fait s’endormir la ville. Rien de bien enthousiasmant ni d’original.

Le troisième candidat se dit sans étiquette. Et effectivement, il n’y a rien de clairement et bêtement partisan. Il ne s’agit pas d’une candidature fantaisiste et comporte des éléments intéressants. Et chose rare, on n’y a lu aucune critique de l’équipe sortante ou de ses actions.

Le maire sortant, élu pour la première fois en 2008 et devenu député depuis 2012, ne se représente pas comme maire, mais restera élu municipal. J’ai appris hier que son fils ne m’était pas inconnu puisque je travaille un peu avec lui, car il est fonctionnaire à la Région. Il faut dire que son patronyme n’est pas rare dans le coin. Bien que pas complètement à mon goût, il s’agit bien de la candidature la plus intéressante et la plus crédible.

Aux élections présidentielles de 2012, l’extrême droite avait fait des scores assez considérables dans les villages de Flandre et était parfois en tête. C’est bien entendu extrêmement inquiétant de connaître le taux global d’abrutis qui peuple le coin. En ville, c’est moins clair, mais le parti de l’intolérance avait néanmoins fait des scores très importants. Certes, les élections locales ne résonnent pas de la même manière que les scrutins nationaux. En France, il y a seulement 600 communes (sur 36 000) où l’extrême droite présente des candidats, dont chez nous et dans la commune où je travaille. En tout 56 communes dans les deux seuls départements de la région, principalement dans le bassin minier (ce qui est plus « compréhensible », même si cela reste tout autant inquiétant). Ce n’est certainement pas par hasard.

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20 mars 2014

Brèves cornusiennes (23)

Lundi, peu avant l’heure à laquelle il aurait fallu que je parte pour être à l’heure à mon rendez-vous médical, un collègue débarque dans mon bureau, l’air décomposé. Je savais pourquoi. Depuis les environs du 20 janvier, il m’avait annoncé que son père, gravement atteint d’un cancer, ne passerait pas l’année. Il était malade depuis un an et demi et avait caché jusque là la gravité de sa maladie, ne voulant pas affoler la famille et espérant probablement une rémission. On lui avait annoncé une survie de 9 mois. Il aura tenu le double. Je m’attendais à la triste nouvelle, car dès le matin, mon collègue m’avait annoncé que c’était la fin. Son père, 59 ans, séparé de sa première femme, s’était installé en Ardèche avec une autre compagne et il était hospitalisé à Lyon. On est toujours démuni quand on nous fait une telle annonce, et je n’ai probablement pas su trouver les mots. Mais existe-t-il de bons mots ?

Je suis parti un peu en retard pour mon rendez-vous, mais peu importe. Et j’apprends dans la voiture que l’ancien chef du syndicat Force ouvrière était décédé. Je suis resté un instant dans le vague : mon collègue a le même patronyme. Il s’exprime fort peu sur des choses personnelles, mais comment aurait-il pu me cacher que son père était cet homme ? Je suis très rapidement revenu à la raison car l’âge ne collait pas. Et pas que l’âge, bien entendu, rien ne collait.Curieuse coïncidence en tout cas.


 J’ai conscience de passer un peu du coq à l’âne, de la gravité à l’anecdote.

Hier soir, c’était donc l’extraction de l’une de mes dents de sagesse, cariée sous un ancien plombage, mais qui heureusement jusque là, ne me faisait pas du tout souffrir. L’intervention n’a pas duré plus d’une demi-heure en tout, bien qu’il y ait eu une difficulté imprévue. En effet, cette dent avait trois racines (au lieu de deux habituellement), ce qui n’était pas visible sur la radiographie. Les bruits ont été assez terribles et la lutte assez acharnée. Une fraise a dû être remplacée durant l’intervention et cela a duré plus longtemps que prévu à cause de cette racine supplémentaire qui bloquait une partie de la dent récalcitrante. Du coup, le trou d’extraction a été plus important qu’à l’accoutumée. Mais je dois dire que contrairement à ce que je redoutais, je n’ai pas eu du tout mal. Un très léger picotement à un instant qui a été calmé immédiatement par une giclée d’anesthésiant. De ce côté-là, bravo. En revanche, je n’ai guère dormi de la nuit. Le stomatologue m’avait conseillé de ne pas travailler aujourd’hui et en effet, c’était une bonne idée. En revanche, demain, ce sera autre chose. L’après-midi, je pense qu’en réunion (extérieure), il ne faudra pas me chatouiller plus que de raison.

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