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Cornus rex-populi
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6 février 2016

Mon oncle, mon parrain

Hier matin, alors que j’arrivais à peine dans mon bureau et saluait un collègue au passage, mon téléphone portable a sonné. Quand j’ai vu qui me téléphonait, j’ai immédiatement songé au motif de l’appel. Mon père m’a annoncé le décès de mon oncle et parrain, le mari de la sœur de mon père. Ils habitent près de Valence dans la Drôme.

Ce n’était donc pas véritablement une surprise puisqu’il avait fait un nouveau séjour de quelques jours à l’hôpital, était rentré à la maison depuis une dizaine de jours dans le cadre d’une sorte de formule d’hospitalisation à domicile. Difficile de dire exactement de quoi il est mort, car c’est très certainement multifactoriel : le diabète de longue date, problèmes de régulation rénale, affection broncho-pulmonaire et sans doute d’autres choses. Il y a aussi un état général. Depuis des années, il avait pas mal maigri et était assez « éteint ». Dans la conversation, s’il était assez actif et pertinent au départ, il finissait par lâcher prise et sommeiller.

Depuis des années, il était devenu complètement aveugle, non pas à cause du diabète, mais à cause d’une maladie de la rétine qui a commencé à l’atteindre bien avant l’âge de 40 ans (il avait 81 ans). Sa cécité a été très progressive. Il était receveur à la poste, donc le patron, et si ma tante n’avait pas travaillé avec lui, il n’aurait pas été en mesure d’assumer son travail jusqu’au bout durant ses 15 dernières années d’exercice. Il y voyait encore, un peu comme dans un trou de serrure et arrivait à écrire en gros avec un marqueur. Il compensait par une mémoire extraordinaire, par la parole (dont le téléphone) et par un côté avenant, agréable, très apprécié par la clientèle.

Apprécié pas que par la clientèle d’ailleurs, par beaucoup de monde. Il avait aussi cette facilité de plaisanter avec tout le monde. Comme il avait une culture générale assez étendue, les plaisanteries étaient souvent assez fines, avec son air de ne pas y toucher. Cependant, cela dépendait parfois à plat, parce que ses interlocuteurs étaient parfois assez bas de plafond et comme il ne voyait pas bien clair (puis plus du tout), il ne pouvait pas bien se rendre compte de la réaction de ses interlocuteurs. Mais peu importe, je me souviens bien de fous rires avec des commerçants. Quand nous étions en famille, il arrivait qu’après une interruption, il poursuive une conversation avec moi, alors que j’avais quitté la pièce.

Il était natif du Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire et était de religion protestante. J’avais séjourné là-bas avec mes oncle, tante et cousins, avec ses parents et j’avais pu voir combien ils étaient inféodés à leur religion : pas question de commencer un repas sans certaines simagrées, pas question de passer sous silence la prière du soir. Sinon, ses parents étaient des personnes d’une grande gentillesse. Lui, en dehors du fait qu’il était agacé par les références à la Vierge Marie, je ne l’ai jamais entendu parler de religion.

Depuis une dizaine d’années, je voyais moins mon oncle et ma tante, car ma tante qui conduisait tout le temps, a désormais plus de mal à conduire. Auparavant, je les voyais assez régulièrement à Autun car ils venaient souvent voir ma grand-tante, jusqu’à son décès en 2007. Ils étaient néanmoins venus à notre mariage en Bretagne, avec mon cousin et sa compagne.

A la fin des années 1950 ou au tout début des années 1960, ma tante et son futur mari devaient débarquer en gare d’Autun. Mon grand-père et mon père devaient venir les chercher. Comme les deux compères étaient en avance, ils étaient allés boire un coup au bistrot faisant face à la place de la gare. Ils les ont donc vus débarquer avec des valises à travers les vitres. Avant de sortir du bistrot, mon grand-père avait déclaré un truc du genre : « Tiens, on dirait Gaston » en référence à l’un des personnages du fameux feuilleton radiophonique La famille Duraton qu’incarnait Jean Carmet. Pourtant prénommé en référence au saint patron des boulangers, mon père l’a régulièrement surnommé ainsi et répondait quand on il l’appelait ainsi. Je n’ai jamais entendu La famille Duraton (ni vu les films), mais je puis néanmoins témoigner que mon oncle n’avait ni la façon de parler, ni le vocabulaire supposés de Gaston et pas davantage le physique de Jean Carmet. Au contraire de ce dernier, mon oncle était un homme assez grand et élégant, et préférait le Bourgogne au Bourgueil. D’ailleurs, son élégance était globale : il était toujours aimable avec tous ses interlocuteurs et portait la même attention à tout le monde.

Je n’avais que deux oncles et deux tantes, tous proches, tous des gens bien. En voilà un de moins. Je suis triste parce qu’il va me manquer, je suis triste parce les autres, ainsi que mes parents, sont tous sensiblement du même âge et ne sont, comme tout le monde, pas éternels. Mais il reste aussi des souvenirs qui font que jai limpression de nêtre pas sorti de l'enfance, mais aussi que le temps a inexorablement passé, tant les choses ont bougé depuis.

Les obsèques ont lieu mardi, mais nous partons plus tôt (escale chez mes parents).

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1 février 2016

B comme... (5)

BILLE n. f.

Bâton ou levier en fer servant à actionner le treuil de la charrette pour serrer le chargement.

Remarque : souvent vu et entendu pour les chars de bottes de foin. Que de souvenirs de mon enfance quand on allait participer à la fenaison avec mon père chez mon oncle (de plus vieux avec mon grand-père qui participait de loin). Aussi le verbe BILLER.

 

BISENGOIN (DE) loc .adv.

De travers.

Remarque : plutôt prononcé DE BISENCOIN dans ma famille.

 

BOBE n. f.

  1. Lèvre.
  2. « faire la bobe » : faire la moue.

Remarque : une petite châtaigne (sauvage) est aussi une bobe.

 

BOCON n. m.

  1. Maladie contagieuse des hommes (comme la grippe) ou des animaux.
  2. Maladie des végétaux comme le mildiou.
  3. Poison.
  4. Personne désagréable.

Remarque : aussi entendu à la place de « merde » : « bocon de bocon ».

 

BOGE n. f.

  1. Grand sac en jute ou en toile.
  2. Grand sac en général.

Remarque : par exemple les sacs de pommes de terre ou de blé qui pesaient jusqu’à 100 kg et que mon grand-père, pour ces derniers, montait au grenier sur son dos sur une échelle. Mon grand-père n’était pas un grand baraqué, ce qui laisse imaginer la force. Mon père (et moi à sa suite) utilise le terme pour les grands sacs à main de ces dames qui pèsent une tonne à force d’y mettre des tas de merdouilles qui ne servent à rien ;-)

 

BOUBOU n. f.

Huppe.

Remarque : on parle bien ici de l’oiseau, la Huppe fasciée, que je ne connais que sous le nom de BOBOTTE non repris dans ce dictionnaire, nom qui évoque le cri de l’oiseau.

 

BOUCHARDE ou BOUCHARLE n. f.

Mal sur les lèvres.

Remarque : nom que donne ma mère à l’herpès labial.

 

BOURRU n. m.

Variété de pissenlit.

Remarque : en réalité, ce n’est pas une variété, ni même une espèce de pissenlit, mais bien une autre espèce de la famille des Composées (Asteraceae), reconnaissable à ses rosettes de feuilles couvertes de poils raides : Hypochaeris radicata L. (Porcelle enracinée).

 

BOUTASSE n. f.

Mare d’eau stagnante.

Remarque : servait à abreuver les animaux et à arroser le jardin (près de la ferme).

 

BOYE n. f.

Boyau.

 

BRATER v. tr.

Brasser.

Remarque : mélanger.

 

BROGER v. tr. ou intr.

  1. Penser.
  2. Réfléchir.
  3. Se livrer à des réflexions tristes.

Remarque : je l’ai entendu dans les trois sens.

 

BRONDE n. f.

Ensemble de branches coupées d’un arbre.

 

BRONQUER v. tr.

Butter, heurter.

 

BROUILLASSEUX adj.

Très brumeux (intermédiaire entre la brume et le brouillard.

 

BUCLER v. tr.

Brûler les soies (du cochon), flamber (une volaille).

 

BUGNE n. f.

Remarque : inutile que je donne la définition.

 

BUYE n. f.

  1. Ancienne lessive de cendres.
  2. Lessive (dans la locution « faire la buye ».

Remarque : dans le premier sens, grandes lessives à la belle saison que ma grand-mère faisait avec ses filles dans une énorme lessiveuse chauffée au bois avec du charbon de bois au fond, le savonnage n’intervenant que dans un second temps.

 

Bon sinon, on va faire une pause en attendant la lettre C.

31 janvier 2016

B comme... (4)

BAUCHE n. f.

Fâne de pommes de terre.

Remarque : terme tellement usuel chez moi que je l’ai longtemps considéré comme du « bon » français.

 

BEAUSEIGNE

Exclamation exprimant la sympathie ou tendresse à l’égard de quelqu’un.

Remarque : prétendument sans équivalent en français. Pour moi, ce terme n’exprime dans un premier sens que la compassion, comme à l’égard de quelqu’un qui est dans la douleur (deuil, accident, maladie…) et dans un second sens, parfois pour se moquer, comme un gamin qui aurait un bobo sans importance et qui se plaint uniquement pour attirer l’attention.

 

BENAISE adj.

Rassasié (se dit de quelqu’un qui a bien mangé, mais sans excès).

 

BENNE n. f.

  1. Récipient en bois d’une cinquantaine de litres servant au transport de la vendange.
  2. Expression « mettre quelqu’un huit jours sous une benne » : priver quelque temps une personne difficile afin de lui faire apprécier la nourriture.

Remarque : les récipients que j’ai connus faisaient bien plutôt 150 l environ ; je ne compte pas le nombre de fois où j’ai entendu la seconde expression, car j’étais assez long à manger quand j’étais jeune et j’avais du mal à manger certaines choses (rien à voir avec ce qui est arrivé depuis l’adolescence).

 

BENON, BENOT n. m.

Petite benne pour le transport à dos de la vendange.

Remarque : les benons que j’ai connus avaient la même forme que les bennes et faisaient une cinquantaine de litres. Au sein des rangs de vignes (= chaponnières [mot absent du dictionnaire dont il est question ici]), on y versait le contenu de plusieurs seaux ou paniers de grappes de raisins et on transportait le benon sur l’épaule (sur un tampon de feutre matelassé) jusqu’aux bennes disposées sur une remorque de tracteur. Outre les vignes de mon grand-père (puis la vigne de mon oncle), j’ai vu pratiquer la même chose dans le coin. Si le benon est pratique pour verser dans les bennes, le système avec hôte en osier (voire en plastique à présent) est quand même moins fatigante et moins usante pour le dos. J’imagine que les vendangeurs n’utilisent plus de système de benon dans la région (cela semblait être le cas à l’époque sur les Côtes rôties et à Condrieu).

 

BERCHU adj.

  1. Ébréché.
  2. Qui a perdu une dent.

Remarque : connu dans le sens 2.

 

BERTHE n. f.

Grand pot en grès pour le lait ou la crème.

Remarque : ma grand-mère en utilisait pour faire cailler le fromage blanc (puis ma tante, avant qu’elle n’utilise des récipients plus modernes. Cela servait aussi pour la conservation des haricots verts au sel.

 

BEURLE n. m.

  1. Meuglement.
  2. Cri d’une personne.

Remarque : sens 1 uniquement et verbe BEURLER.

 

BEZET (tomber dans le -) loc. verb.

Tomber dans l’enfance.

 

BICHE n. f.

Grand pot en grès pour le lait (à la différence de la berthe, la biche comporte un goulot).

Remarque : je n’ai connu des biches à lait que métalliques (alu, fer émaillé, inox). C’était pour le laitier qui passait récupérer le lait avec son camion, avant l’arrivée des « tanks à lait » réfrigérés et brassant régulièrement le lait.

 

BIGANCHE adj.

  1. Boiteux, déhanché.
  2. Mal marié.

Remarque : je connais le premier sens et le second en dehors de la notion de mariage. Aussi le verbe BIGANCHER.

31 janvier 2016

B comme... (3)

Je poursuis à la lettre B. Pour rappel, je connais très bien (j’utilise parfois) tous les mots dont je donne en premier lieu les définitions du dictionnaire (MARTIN, 1989). Et les remarques sont les miennes bien entendu.

 

BABET n. m.

Pomme de pin.

Remarque : ce mot semble assez largement répandu, puisque je le sais utilisé en Haute-Loire (Le Chambon-sur-Lignon) et largement en Ardèche.

 

BACHAS n. m.

  1. Bassin de la fontaine.
  2. Abreuvoir à vaches.
  3. Auge des cochons.

Remarque : on l’utilise aussi dans ma famille pour un baquet.

 

BACHOLE n. f.

  1. Caisse en bois rectangulaire (utilisée pour l’alimentation du bétail).
  2. Caisse en bois utilisée autrefois pour mettre le raisin que coupait le vendangeur.
  3. Coffin (support de pierre à aiguiser pour la faux).

Remarque : je ne connais que dans le sens 1, et uniquement avec un r, BARCHOLE. On l’utilise aussi pour se moquer pour une assiette.

 

BALAN n. m.

  1. Loc. verb. Avoir du balan. Être en équilibre instable.
  2. Loc. verb. Être en balan, être sur le balan. Être indécis.

Remarque : je ne connais que dans le sens 1. Et forcément, on reste bien éloigné du genêt breton.

 

BAMBANER (SE) v. pr.

Flâner (surtout dans les caves où l’on boit et discute).

Remarque : entendu sous forme non pronominale pour des personnes (hommes) indolentes peu fiables et également pour des chiens de chasse qui se promènent au lieu de rechercher le gibier.

 

BARABAN n. m.

Pissenlit.

Remarque : les salades de barabans au lard frit chaud, j’en adore l’odeur, même si j’ai du mal à digérer, raison pour laquelle j’appelais ça des barbelés.

 

BARANQUER v. intr.

Tituber. Syn. TRAMPALER.

 

BARICAUT n. m.

Tonnelet (contenant 50 l environ).

Remarque : mon grand-père produisant du vin, il en avait bien entendu.

 

BARJAQUE n. f.

Femme bavarde, jacasse.

Remarque : utilisé aussi pour des hommes (pipelet).

Verbe BARJAQUER.

 

BARME n. f.

  1. Talus (portant généralement des buissons ou des arbrisseaux).
  2. Butte de terrain.

Remarque : utilisé pour n’importe quel terrain à forte pente et EN BARME courant également.

 

BAROULER v. intr.

Tomber en roulant.

 

BASSOUILLER v. intr.

  1. Barboter.
  2. Parler pour ne rien dire.
30 janvier 2016

A comme... (2)

APINCHER v. tr.

Surveiller, guetter. Syn. GUINCHER. Ex : « Le chat apinche les souris ».

 

APONDRE v. tr.

  1. Rattacher.
  2. Ajouter.
  3. Atteindre.

Proche de rapondre.

 

ARPIONS n. m. pl.

  1. Griffes de la poule ou du coq.
  2. Orteils.

 

ARRAPÉ adj.

Attaché à ses intérêts (en parlant d’un individu).

Remarque : utilisé dans ma famille comme synonyme d’avare, de radin.

 

ARRAPER v. intr.

Attacher au fond d’un ustensile servant pour la cuisson.

Remarque : je pensais que ce mot était du français courant, tant il n’y a pas mieux à mon sens.

 

ARRÊTE adj.

Arrêté. Ex : « Cette horloge est arrête ».

Remarque : cela peut paraître idiot, mais ce mot a le pouvoir de m’émouvoir car il me rappelle des souvenirs.

 

ARSOUILLE n. m.

Personne très bavarde et parlant fort.

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30 janvier 2016

A comme... (1)

Pendant ces vacances, après notre passage à Condrieu, nous sommes rentrés par Pélussin, à la maison du parc du Pilat, installée dans un ancien moulin où l’on filait la soie. J’y étais déjà passé il y a 15-20 ans, mais cela a bien changé depuis. L’espace « musée » est assez limité, mais il y a quelques dépliants à emporter (le côté office de tourisme) et quelques livres en vente. Je suis tombé sur un livre qui se prétend dictionnaire du français local. Je l’avais à peine ouvert que j’ai découvert des tas mots que je connais. Des mots que je sais locaux, largement* employés dans la vallée moyenne du Gier ou dans ma famille maternelle. Mais aussi des mots que je pensais jusque-là appartenir au français académique. Cela faisait longtemps que je m’étais aperçu de cela, mais là, j’en ai vu énormément et en réalité, c’est assez réjouissant. J’ai donc acheté ce livre dont l’auteur (MARTIN, 1989) était professeur à l’Université Lumière-Lyon 2 et directeur du Centre de recherches et d’études anthropologiques.

J’ai donc décidé de dévoiler ici quelques mots au fil des jours (uniquement ceux que je connais, bien entendu). Voici le premier.

ABOUCHON (EN - ) loc. adv.

  1. face contre terre (en parlant d’une personne).
  2. à l’envers (en parlant d’un verre, d’un bol…).
  3. sens dessus dessous.

Remarques : je ne l’ai jamais entendu précédé de « en ».

MARTIN J.-B., 1989 [réédition 2014]. – Dictionnaire du français régional du Pilat. Éditions Christine Bonneton [réédité aux éditions Visages de notre Pilat, Pélussin], 169 p.

* Il semblerait que ce « largement » ne s’applique que chez les personnes plus âgées que moi, car d’après l’étude universitaire qui fait office d’introduction à ce livre, on pourrait considérer que ma connaissance de ce vocabulaire est largement au-dessus de la moyenne pour mon âge, c’est-à-dire moins de 20 ans à l’époque de la réalisation de l’étude (1989 au plus tard). Ces éléments sont néanmoins à relativiser car l’étude a essentiellement porté sur le canton de Pélussin dont je ne suis pas issu (mais n’en suis pas loin toutefois).

24 novembre 2015

La question du mois

Sur notre planète, quel est le type d’organisme terrestre (non marin) le plus long ? Je précise que je parle d’un organisme pluricellulaire non colonial, unique et non clonal, macroscopique dans toutes les phases de son développement et non souterrain (je ne parle donc que de la partie facilement visible).

Si quelqu’un trouve cela, il aura toute ma reconnaissance, et même bien davantage.

27 septembre 2015

Les conneries n'ont pas de limite

La première fois que je me suis exprimé de façon négative auprès de Fromfrom sur la situation de notre plus jeune nièce et sur ses parents, c’était au cours de l’automne 2006. Si je l’avais fait, c’était pour de bonnes raisons. J’avais été choqué que ses parents décident, pour de sombres raisons, de ne pas l’emmener chez le kiné en rééducation suite à une fracture du bras. Depuis, la situation ne s’est pas arrangée. Séparation et divorce des parents, la gamine pas soignée comme il le faudrait, père ayant moins de maturité qu’un adolescent sans cervelle (voir le premier vrai plantage de décor en 2010 ici et un exposé plus détaillé des faits en 2012 ici). Après cela, il y a eu le gros malaise de la mère pour Noël 2012 (voir ici), le fait que la mère voulait se débarrasser de sa fille (dont elle a la garde) pour l’envoyer chez son père (voir ici) et peu de temps après la grosse crise d’asthme pour le Noël 2014 (voir ici). Hélas, tout ce qui s’est passé et ce que je vais compter à présent, était prévisible.

Depuis la rentrée, notre nièce suit des études en pension dans un lycée de Quimper. Vendredi soir (il y a une dizaine de jours), ma belle-sœur va chercher sa fille au lycée avec sa voiture. Au retour, elle a un malaise au volant (elle ne prend pas la route expresse, ce n’est peut-être pas plus mal pour le coup). Voyant sa mère plus ou moins inconsciente, la fille appelle depuis son portable sa grand-mère (mais pas la bonne grand-mère, l’affreuse, la mère de son père). Cette femme tient plus des Thénardier que d’autre chose. Cette dernière ne trouve rien de mieux que d’appeler la gendarmerie, prétextant que sa belle-fille avait voulu tuer sa petite-fille et qu’elle était sous l’emprise de l’alcool. Pour le second argument, cela n’aurait pas été totalement impossible, mais j’ai l’impression que la belle-sœur arrivait quand même à s’abstenir de boire avant de conduire. Enfin, on voit le tableau infernal. Quand les secours sont arrivés (j’ignore au bout de combien de temps), on a pratiqué une analyse de l’alcool dans le sang, qui s’est révélé négative. Bravo l’ex belle-mère ! Il s’est avéré que la belle-sœur a probablement eu un AVC qui l’immobilise partiellement. Elle est partiellement paralysée et ne s’exprime pas bien, mais d’après les infos que nous en avons eues aujourd’hui, il semblerait que la situation n’est pas aussi grave qu’on aurait pu le penser, même si elle ne pourrait pas, à ce stade, se déplacer sans canne. Mais cela ne fait que dix jours que c’est arrivé. Elle délire un peu (dit des âneries épouvantables), mais probablement pour deux raisons : elle n’accepte pas qu’on la voie dans cette situation (c’est mon interprétation) et parce qu’elle est en manque (d’alcool et de tabac). Heureusement, l’aînée des filles a pris le relais (comme toujours), la grand-mère (la bonne), s’est occupée de sa petite fille le week-end dernier et cette semaine.

Cette semaine, la gamine était donc au lycée, et probablement secouée par ce qui venait de se passer, elle a eu un et même deux malaises jeudi tôt le matin. Les responsables ne pouvant appeler la mère (à l’hôpital), ils appellent le père, mais celui-ci ne peut pas se déplacer (ben voyons). Même s’il n’a pas de véhicule (je croyais que si ?), il a soi-disant des tas de bons copains qui auraient pu l’emmener. Mais non. On appelle donc la grand-mère (la bonne) à 7 h 30. Chez le médecin, on s’aperçoit que depuis le passage à l’hôpital pour le dernier Noël, la gamine a cessé depuis longtemps de prendre son traitement de fond et ne possède pas davantage de traitement d’urgence (bronchodilatateur).

Comme on le voit, toutes ces histoires sont impensables, tant pour Fromfrom que pour moi et une fois de plus, tout retombe un peu sur ma belle-mère, qui n’en a pourtant vraiment pas besoin. De notre côté, que faire ? Assurément pas grand-chose et personnellement, ce ne sont pas mes oignons. Et je pense que la situation reste assez inextricable et est largement la conséquence dune situation héritée depuis plus de vingt ans. A moins dun miracle (que jappelle de mes vœux), cela se terminera mal.

16 octobre 2015

Brèves cornusiennes (52)

Hier, j’ai reçu un appel sur mon portable puis un texto pour savoir si mon « 4s » était encore à vendre. En répondant à mes correspondants, j’ai su, après coup, qu’il s’agissait d’une petite annonce et qu’un étourdi avait donné mon numéro. Je n’ai pas demandé ce qu’était le « 4s », mais j’ai fini par supposer qu’il devait s’agir d’un « aïe-faune ». J’espère que cela n’ira pas plus loin.

 


Je suis toujours frappé quand dans la rue devant chez nous (ou ailleurs), les écoliers ou collégiens qui passent ne me saluent jamais et répondent que rarement à mes salutations. Bon, il faut dire que la majorité des adultes font de même.

 


Passant quotidiennement devant un collège privé de B., depuis des années, je suis frappé (encore, je suis plein de bosses ;-)) par le côté très « touristes » de nombreux gamins, par leur manque de sérieux et d’implication, au moins en apparence, et par l’aspect sophistiqué et hyperconnecté de certains élèves dans leur tenue ou leur maquillage et enfin par le dépôt à la porte en voiture par les parents. C’était déjà sûrement au moins en partie le cas à mon époque, mais je me souviens surtout de mon côté simple et surtout très austère. Il n’en reste pas moins que le fait de vouloir épater la galerie et de rire de n’importe quelle niaiserie internautique (ou autres), reste pour moi incompatible avec un travail sérieux. Qui a dit vieux schnock ? Il a sûrement raison.


Pour finir sur une note plus positive, Fromfrom avait fait un gâteau breton dimanche dernier. Je n’ai pas pensé à le photographier, d’autant qu’il avait eu un peu chaud. Il a fallu que je me prostitue pour avoir satisfaction car la belle considérait qu’elle ne savait pas faire, car elle avait raté celui qu’elle avait fait durant le Paléolithique supérieur. Eh bien, cela a été une réussite : très beau, même sur le tour ayant un peu trop bronzé. Et surtout pas sec, mais gourmand.

21 juin 2015

Brèves cornusiennes (45)

En parlant de jardinière, on nous a volé, il y a quelques semaines, celle qui subsistait devant chez nous. Le plus rageant, c’est que le récipient avait une certaine taille et un peu de valeur quand même, et que je venais d’y ajouter deux Pelargonium zonale afin de compléter les rescapés de l’an dernier. Comme cela fait quand même trois jardinières qu’on nous vole en six mois, je ne remettrai rien. Et ça m’a énervé quand même.

29 mai 2015

Se retourner sur son passé

J’ai trouvé la note « Se retourner » de Calyste un peu déstabilisante. Tout dépend ce que l’on entend par là. S’il s’agit de faire appel à ses souvenirs, de puiser des ressources dans son passé, son enfance ou je ne sais quoi, je pense qu’en ce qui me concerne, je le fais très souvent, même inconsciemment et j’imagine que je suis loin d’être le seul. Et ce passé est souvent un peu trop glorieux, puisqu’on monte en épingle les micro-événements et on passe à côté les côtés plats ou négatifs.

Il peut également s’agir de regretter son passé, non pas pour ce qui s’est passé de bien ou de mal, mais pour avoir fait des choix qui n’étaient pas judicieux, voire catastrophiques. Pour ce qui me concerne, pas de catastrophe, mais il m’arrive de penser (de moins en moins certes) à deux événements où eurent lieu de vrais choix et qui ont eu forcément des conséquences.

Le premier, c’était à la fin de l’année 1995. L’été précédent, j’avais terminé mon service militaire et j’avais été embauché aussitôt à Chinon pour réaliser des inventaires floristiques et à l’automne, pour donner mes premiers cours (à 25 ans). Mais je cherchais quand même du travail et j’avais répondu à une sollicitation en Alsace. En même temps, on me proposait d’autres contrats à Chinon pour envisager des poursuites d’études (pour lesquelles je n’étais pas chaud à l’époque). A cause des grèves de l’époque (gouvernement Juppé), le courrier de réponse qui venait d’Alsace m’est parvenu avec beaucoup de retard (15 jours environ) et j’avais déjà donné une réponse positive à Chinon plutôt qu’à l’Alsace. Quand j’ai appelé en Alsace pour m’excuser, on m’a affirmé que ma candidature aurait eu toutes les chances d’être retenue. A l’époque, c’était un emploi bien mieux payé et bien plus stable que l’on me proposait (dans le domaine de l’eau et des rivières). Que serait-il alors advenu ? On ne le saura jamais bien sûr. Mais assez rapidement, je me suis dit que l’Alsace aurait probablement été plus intéressante sur le plan matériel, mais par rapport au fait de « s’éclater » à faire des activités scientifiques de plein air, à dérouler ma passion pour la botanique, rencontrer des gens intéressants (…), cela n’aurait certainement pas été la même chose. Je ne sais pas pour autant si en Alsace les choses auraient été monotones ou peu intéressantes.

Le second choix a été fait en 2004 : décider de ne pas pousser plus loin mon investissement à devenir maître de conférences dans une université. Là encore, j’étais convoqué à un entretien à Lille que j’ai décliné parce que la date et l’heure ne m’arrangeaient pas, compte tenu de mon boulot. Il faut dire que ces convocations s’adressent généralement à des étudiants, ce que je n’étais plus, et n’avait probablement pas été mentalement étudiant au moins depuis mon service militaire puisque après ma reprise d’études en 1996, je ne m’étais plus jamais ressenti comme un étudiant, mais comme un professionnel qui fait des études. Mes condisciples  étudiants à Marseille m’apparaissaient comme des post-adolescents boutonneux. J’avais même culpabilisé de les voir bachoter comme des malades, alors que j’avais l’impression de ne rien faire, avant de me rendre compte que finalement, ils brassaient surtout de l’air. Pour revenir à 2004, j’aurais pu en réalité trouver facilement le moyen de me rendre à la convocation, mais dans mon esprit, j’étais déjà en pleine « compétition » pour obtenir un poste de chef de service là où je travaillais, et c’est d’ailleurs ce qui est arrivé. J’avais choisi le métier de botaniste plus ou moins « de terrain » (cela faisait moins de deux ans que j’étais dans le Nord) plutôt que de faire de la recherche dans une faculté de géographie (même s’il y aurait eu un peu beaucoup de botanique). Il faut dire que j’avais déjà expérimenté en modèle réduit le panier à crabes universitaire. Bien sûr, je n’aurais peut-être pas été pris à Lille, mais j’avais toutes mes chances de l’être dans une autre université française, d’autant que j’avais deux ans pour me retourner. Mais je n’ai pas voulu. Là encore, je n’avais pas choisi, et d’assez loin, le poste le plus intéressant sur le plan matériel. Et je ne regrette nullement ce qui s’est passé depuis.

Non seulement je ne regrette pas mes choix de 1995 et de 2004, mais j’en suis de surcroît très heureux. Sans cela, je ne serais sans doute pas en train d’écrire des âneries ici, de voir des gens intéressants, sympathiques, des amis me lire et commenter, d’avoir vécu d’autres épisodes essentiels auxquels certains de ces amis ont pris part et d’avoir rencontré Fromfrom. Impossible de regretter quelque chose qui s’apparente au meilleur. Je ne suis pas pour autant en train de raconter mon conte de fées personnel. Les choses auraient été différentes, elles auraient peut-être été tout aussi intéressantes et agréables, car c’est aussi une histoire de tempérament. Je suis volontiers râleur par rapport à des tas de détails de la vie, mais je suis aussi apte à saisir toutes les chances qui ont pu me sourire. En jouant à la belote (ce n’est pas souvent que j’y joue), je dis fréquemment « la chance sourit aux audacieux » quand je n’ai pas beaucoup de jeu et que je le « sens » bien. Cela ne marche pas à tous les coups bien sûr. Je ne sais pas si je suis audacieux. Je ne sais pas si je suis naïf. Je me demande finalement si à force de jouer au pessimiste, je n’en viendrais pas à être un crypto-optimiste.

10 juillet 2015

La star

Dans le quotidien local, comme il ne se passe jamais rien, Fromfrom fait la une de la partie locale et une page complète lui est ensuite consacrée. On voit bien où sont les priorités du journalisme d’investigation quand je compare avec l’article insignifiant dont nous avions été gratifiés suite à notre « colloque biodiversité » qui avait rassemblé près de 500 personnes, et ce pourtant après des campagnes annonçant l’événement et une longue conférence de presse lilloise.

Mais ne boudons pas cet événement planétaire. Il y a eu aussi une demi-page dans l’hebdomadaire local, mais cela n’apporte rien de plus.

5 avril 2015

Dix ans

Avant de passer à nouveau à des choses plus joyeuses, je reviens sur un épisode marquant de ma vie, qui a même été un peu obsessionnel à une époque. Demain, cela fera pile dix ans que j’ai retrouvé ma collègue pendue dans son bureau. Dit comme ça, c’est cru, direct. Les faits sont rappelés ici de manière sans doute très opaque, puis de façon plus claire ici et .

Je ne suis plus véritablement dans la douleur depuis un bon moment maintenant, mais je pense à ces « dix ans » depuis des mois, comme si je me devais de ne pas oublier de commémorer l’événement. C’est probablement un peu idiot de ma part, mais force est de constater que les conséquences de ce qui s’est passé il y a dix ans n’ont pas été anodines chez moi. Elles ont même été assez rapidement très positives. C’est aussi cela que je veux retenir.

27 mars 2015

Brèves cornusiennes (40)

Avec la grève sur les stations de Radio France, nous écoutons Air-Thé-Aile. Nous sommes parfois assez critiques avec France Inter, mais quand on compare, on se rend compte des différences majeures entre les radios. Ce qui m’agace sur Air-Thé-Aile : l’horoscope (tous les jours, un vrai supplice pour l’intelligence et la raison), Lent-Glet (l’ectoplasme du café du commerce de l’économie qui pense être un expert et encombre aussi très souvent l’antenne du journal télévisé de France 2), les appels d’auditeurs et rigoureusement sans intérêt à part pour se faire servir la soupe par des journalistes prostitués intellectuellement. Le faux sensationnalisme, le néopoujadisme bas de plafond sont fréquents. Je ne parle même pas de la publicité envahissante et agressive. Les auditeurs réguliers doivent s’habituer à toute cette misère, mais d’un autre côté, il ne faut pas trop attendre de la médiocrité intellectuelle de la population qui n’hésite pas à voter massivement pour la peste brune. C’est sûr que ce n’est pas cette radio qui va améliorer les choses.

15 avril 2015

Brèves cornusiennes (42)

J’ai enfin terminé mon déménagement de bureau aujourd’hui. Cela a été beaucoup plus pénible que je ne l’avais imaginé. J’ai aussi récupéré un ordinateur portable au lieu du fixe dont je disposais, compte tenu de mes déplacements fréquents. Je n’ai pas encore vraiment pris mes marques, mais cela me fait tout drôle d’être dans un nouveau bureau et d’abandonner le mien.


Hier, j’étais à Paris, pour l’assemblée générale de notre fédération dont ma présidente est la présidente. C’est le bordel, notamment sur le plan financier. L’État se désengage financièrement partout, mais le dit bien trop tard. C’est plus que lamentable. Et ils osent dire qu’ils nous soutiennent moralement ! Sinon, c’était un peu mon baptême du feu face à mes homologues directeurs. En définitive, je ne suis pas le plus jeune. J’en connaissais déjà plus de la moitié. Seuls ceux en poste depuis moins de 3 ans m’étaient inconnus. Et un en poste seulement depuis la mi-mars et qui nous vient du Massif central. Malgré son âge (plus de 55 ans à vue de nez), il est apparu bien plus novice que moi et plein d’illusions. Bon, ce n’est pas de sa faute, il n’était pas exactement dans le réseau auparavant.


Demain, rencontre normando-picardo-nordiste avec l’Angleterre méridionale pour un futur éventuel projet européen ensemble. Il y a beaucoup de partenaires, alors cela ne va pas être spécialement simple à gérer, mais on n’a pas le choix. Nous sommes aussi sur un autre projet européens avec les Wallons. Il n’y bien plus guère que l’Europe qui pourrait nous sauver du naufrage. Et pendant ce temps là, le gouvernement français fait des effets d’annonce trompeurs avec sa loi sur la biodiversité qui risque d’être bien faisandée quand elle sera passée au Sénat.


Sinon, cela fait trois jours de grand plein soleil et de chaleur. Je n’ai pas eu vraiment le temps d’en profiter, mais cela fait quand même du bien.

25 mars 2015

Hier, c’était concert (6)

Hier soir, nous étions de nouveau chez Casadesus à Lille, qui dirigeait plusieurs œuvres de Georges Bizet.

La première était la Symphonie en ut majeur qui comporte quatre mouvements. Il s’agit de sa première symphonie écrite à l’âge de 17 ans et n’avait jamais été jouée jusqu’à la redécouverte du manuscrit en 1933. Manifestement, cette œuvre prétendument inspirée d’une symphonie de Charles Gounot n’était ni une copie ni un brouillon, mais une œuvre formidable dont nous avons bien profité.

La seconde œuvre évoquée (extraits) est l’incontournable Carmen au cours de laquelle, Inva Mula (Soprano), Leonardo Caimi (Ténor) et Jacques-Greg Belobo (Basse) rejoignent l’orchestre pour interpréter respectivement Micaëla, Don José et Escamillo. Tous étaient très bons, mais Leonardo Caimi était peut-être parfois pas tout à fait comme on aurait pu attendre (manque parfois d’assise – parce qu’il faut bien critiquer) et pas facile à comprendre en français dans le texte. Inva Mula s’en est bien sortie, mais aussi pas facile à comprendre. En revanche, Jacques-Greg Belobo a été excellent : une très bonne diction (peut-être dû à son origine francophone car il est camerounais), mais aussi parce qu’il était tonitruant dans « l’air du Toréador » et faisait vraiment plaisir à voir.

Et après l’entracte, nous avons eu droit à Clovis et Clotilde avec les mêmes chanteurs. Peu importent les paroles pleines de bondieuseries et de patriotisme, car nous n’avons pas bien compris et c’était bien la musique qui était importante.

Au final, une très bonne soirée.

Sinon, j’ai un scoop avant qu’une bonne âme ne me dénonce de façon malveillante : avant le concert, je suis allé avec Fromfrom au Maque-Do, parce que nous n’avions rien à manger, nous n’avions pas le temps d’aller dans un établissement « normal » et il n’y avait plus de sandwichs. Bilan : c’est payer bien cher pour de la merdouille et alors qu’on a encore faim en sortant. Et en plus, c’est tout juste s’il ne faut pas faire la vaisselle en partant. Comme ça, je me sens encore plus le droit de crier haut et fort tout le mal que je pense de ces établissements. Le pire est que cela attire quand même beaucoup de monde : une clientèle majoritairement jeune et qui visiblement aime ça et c’est bien ça qui est abominable.

21 février 2015

Les seconds seront les premiers (3)

Si j’en crois Ouiquipédia, la chanson « C’est beau la vie » a été écrite par Michelle Senlis et composée par Jean Ferrat pour Isabelle Aubret. Cette dernière en est donc la première interprète dans les années 1960. A l’exception notable de l’une de ses interprétations particulièrement émouvante, que je n’ai pu retrouver sur l’internet, Jean Ferrat, faux second, reste incontournable. Vous pouvez me croire, j’ai écouté (ou tenté de le faire avec Fromfrom) une bonne dizaine d’autres interprètes sur Disert, et parmi eux, à part un qui s’en sort assez bien, c’est l’horreur.

15 février 2015

Hier, c’était concert (5)

Chose inhabituelle pour nous, le concert débutait à 18 h 30 et c’était un samedi (la seule représentation de ce concert qui plus est). Nous étions partis en avance, mais en arrivant à Lille, je suis pris d’un doute. Le samedi de la Saint-Valentin nous a pris au piège : le parking souterrain habituel était complet et cela coinçait de tous les côtés. Nous réussissons, non sans difficultés, à trouver une place dans un autre parking. On ce précipite et nous trouvons encore le moyen d’arriver avec cinq minutes d’avance.

L’Orchestre national de Lille ne donne jamais tous les détails du programme, ni la durée totale du concert, même de manière approximative. Je pensais donc qu’en une heure et demie, ce serait plié, mais en réalité avec l’entracte, cela a durée deux heures vingt, sans compter les applaudissements. Pourquoi, sans les applaudissements, parce que d’un part le parking fermait ses portes à 21 heures et je ne devais pas me prendre les puces aux côtes pour aller retirer la voiture et d’autre part parce que nous avions réservé dans un restaurant et là aussi, je m’étais fait avoir. Fromfrom au restaurant et moi à errer parmi les rues et parkings de la ville, tous complets. Tous sauf un et finalement pas trop éloignés. Je rejoins Fromfrom à qui on n’a pas encore pris la commande. Un repas très honnête dans l’ensemble. Il y avait du bar, mais je n’en ai pas pris, car j’aurais eu peur d’être déçu par rapport à celui de Vladimir que nous avions trop bien dégusté des yeux.

Mais qu’y avait-il donc au programme ? D’abord qui : pas la formation habituelle mais l’Orchestre national de Belgique où tous les hommes étaient vêtus d’une redingote queue de pie et arboraient un nœud papillon blanc. L’orchestre est dirigé par Andrey Boreyko, né à Leningrad. Quoi ensuite : en première partie, une création (eh oui) avec le Concerto pour violon et orchestre de Benoît Mernier (organiste et compositeur belge), en fait une œuvre issue d’un ensemble de commandes pour commémorer le centenaire de la Grande Guerre. Le violon soliste était assuré par un autre Belge, Lorenzo Gatto. Que dire de cette œuvre ? Des dissonances prononcées qui heurtent toujours, mais restent assez contenues, sans basculer dans les excès dont nous a gratifié Plume, enfin pas elle, mais ce qu’elle nous a donné à écouter il y a quelques temps. Et du violon dont j’ignorais que l’on pouvait en jouer ainsi (et pas que le soliste même si c’était surtout lui), comme si l’archet avait été par moments une scie ou un couteau que l’on aiguisait sur la pierre de manière frénétique. Mais de beaux résultats étonnants pendant 30 minutes. Des percussions aussi assez peu communes, un piano (très discret) et un instrument à clavier que nous n’avons pas pu identifier et auquel s’asseyait le pianiste en alternance avec le piano. Et puis la belle texture des instruments de l’orchestre. En définitive, ce n’est pas cela qui m’aurait fait venir mais l’entendre sous forme d’apéritif était finalement assez plaisant.

On l’aura compris, nous n’étions pas venus pour écouter cela, mais pour la Symphonie n° 7 en ut majeur, « Leniningrad », op. 60 de Dimitri Chostakovitch. Ni Fromfrom ni moi ne connaissions cette œuvre, mais d’autres morceaux du compositeur, si. Nous étions donc intéressés. Et nous n’avons pas été déçus. L’œuvre a été composée en 1941 à Leningrad, alors sous les bombes allemandes et créée l’année suivante. Elle est immédiatement très populaire et est jouée des dizaines de fois en Amérique du nord en 1942-43. Elle passe pour être une œuvre de résistance au nazisme, mais c’est sans doute un petit peu plus compliqué que cela.

Dans le premier mouvement, après une rapide introduction destinée à montrer ses muscles, l’orchestre s’éteint presque et redémarre sur un thème rythmé initié à la caisse claire et qui sera répété plein de fois en ajoutant des instruments peu à peu, jusqu’à la plénitude tonitruante de l’orchestre. J’ai été alors submergé par l’émotion et la vibrante texture des instruments. Cela comporte quelque chose du même ordre que le Boléro de Maurice Ravel, mais on n’y est pas habitué et on a l’impression de profiter encore plus de cette pépite. Le reste de l’œuvre (78 minutes en tout) est différente, avec quelques surprises et aussi un final d’une puissance hallucinante, entrecoupée par des arrêts un peu anxieux. Bref, un très bon moment.

13 février 2015

Fuite

Ce matin, j’avais rendez-vous à Lille pour une réunion. Je me dépêchais, car je devais aller prendre le train à B. Je prenais ma douche, et alors que je ne m’étais pas encore rincé, j’entendis un drôle de bruit sourd dont je n’identifiai pas immédiatement l’origine. Je remis l’eau pour me rincer, et là, plus de pression. Je dus me rendre à l’évidence, il y avait une fuite d’eau qui venais du dessous de la baignoire. Aucune fuite dans la salle de bain, mais après m’être tant bien que mal rincé et avoir coupé l’eau, je découvris avec Fromfrom une mare d’eau dans la pièce voisine. Je réussis à avoir accès aux tuyaux d’arrivée derrière une trappe et là je vis un flexible explosé : le tuyau a une hernie et le caoutchouc s’était rompu, à la manière d’une rupture d’anévrisme. Malgré une péripétie de dernière minute, j’ai réussi ce soir à changer la pièce et à tout réparer. Tout va bien. Tant mieux car je n’avais pas envie de revivre la fuite d’il y a quelques années qui avait duré plusieurs semaines et qui avait nécessité l’intervention de professionnels aguerris mais pas pressés du tout.

8 février 2015

Sciences participatives grand public

L’heure est aux « sciences participatives ». Ce n’est pas nouveau, cela fait une bonne quinzaine d’années que cela s’est développé grâce à l’internet. Très bien, cela permet à tout le monde d’apporter sa pierre à l’édifice. C’est le cas dans le domaine des sciences naturalistes, dont la botanique. J’y vois néanmoins plusieurs problèmes. Quelle validation des données apportées par les amateurs ou les professionnels qui font des erreurs ? Car le principe est généralement que les données recueillies soient directement visibles et consultables sur l’internet, même si ce sont des âneries. Bien sûr, on peut prévoir que les données soient validées par un vrai pro payé pour ça (et donc ça a un coût que personne ne veut prendre en compte). Cette validation est parfois prévue, mais ce n’est pas une généralité, loin s’en faut. La plupart du temps, on compte sur le fait que le « système » se corrige lui-même. On sous-entend qu’il y a suffisamment de contributeurs qui peuvent faire remonter les erreurs ou corriger directement eux-mêmes. Ouiquipédia repose sur ce principe. Sauf que la spécialisation demandée dans la discipline, la complexité de ce qui est analysé restreint considérablement le panel des correcteurs compétents potentiels. Cette croyance en l’autocorrection m’agace quelque peu, d’autant que le correcteur potentiel n’a pas forcément toujours le temps ou l’envie de corriger. Cela a des conséquences plus importantes que l’on croit. J’ai vu de mes propres yeux, dans un document présenté par un expert au tribunal, des textes et cartes issus du site internet participatif le plus connu en botanique. Du grand n’importe quoi. Il est exact que les sources plus fiables sont encore au format papier ou sur l’internet avec bien peu de publicité. Je ne parle pas des cartes de répartition du Muséhomme, qui elles-mêmes sont toutes pourries, mais faut pas le répéter – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il ne faut pas faire de publicité pour pas qu’on sache qu’on est obligé d’en faire d’autres. Comme quoi, y a pas que le participatif qui n’est pas validé par des personnes compétentes. De quoi faire se retourner les Jussieu dans leur tombe, mais c’est ainsi.

A mon travail, la Région a voulu lancer une opération de « sciences participatives » « grand public ». Qui dit flore sauvage dit erreurs fréquentes chez Monsieur Tout le Monde. On est un peu payé pour le savoir avec les personnes qui nous appellent ou nous écrivent. Il a été difficile de faire comprendre aux élus et aux techniciens qu’on ne voulait pas recueillir des tas de données entachées d’erreurs. Et du coup, la porte est étroite pour trouver des espèces dont l’inventaire, la cartographie revêt un réel intérêt scientifique (oui, parce que certains techniciens pensaient que c’était secondaire, faut quand même le faire) et la facilité de reconnaissance et la quasi-impossibilité de faire des confusions. Pour la première année, le choix s’est porté sur Viscum album L. (Gui) dont on explique mal l’absence en Flandre et qui n’est pas systématiquement inventorié par les botanistes professionnels ou amateurs parce qu’il peut rester relativement discret pendant la période de végétation, masqué par le feuillage des arbres. En hiver, c’est plus facile. L’opération est un succès.

Mais qu’est-ce que le « grand public » ? Personnellement, j’estime que cette acception ne rime pas à grand-chose dans le cadre de mon travail. Les personnes qui viennent aux conférences auxquelles nous participons, aux portes ouvertes que nous organisons dans nos jardins, qui regardent les émissions auxquelles nous sommes invités, ne sont pas le « grand public », mais un public déjà intéressé, sensibilisé ou qui pourrait le devenir. Il ne faut à mon avis pas l’oublier.

Mercredi soir, on m’a demandé d’intervenir, avec ce qui devait être en majeure partie du « grand public ». Personnellement, je ne suis pas spécialement à l’aise avec ça (mes collègues animateurs sont formés pour ça). Mais disons que le « commanditaire » de la soirée avait demandé aux scientifiques. C’est presque la première fois que je me livre à un tel exercice avec un tel public. Je ne sais pas si j’ai réussi, mais il n’y a pas eu beaucoup de questions.

De mon point de vue, « grand public » ne signifie pas « bas de gamme » ou des réalités simplifiées de façon excessive. Je m’en agace quand je le constate dans le discours de certains de mes collègues ou dans d’autres domaines à l’occasion d’un article du journal local, d’une émission de télévision, dans la bouche d’un guide lors de la visite d’un édifice, etc. Fromfrom en est parfois le témoin.

3 février 2015

Couples au travail

Au moment où j’écris ces lignes, on peut noter l’existence de trois couples au sein de mon travail : un dont les conjoints font le même métier, deux pour lesquels les professions et fonctions sont différentes. Personnellement, je ne trouve pas cela très évident qu’un couple travaille au sein de la même structure pour diverses raisons :

  • cela peut engendrer une certaine monotonie des expériences, réduire d’autant la diversité des sujets de conversation au sein du couple (je suis pour ma part très heureux que Fromfrom me fasse partager ses expériences, ses journées, qui sont très éloignées de l’univers dans lequel j’évolue) ;
  • cela peut aussi engendrer des formes de défiance de la part d’autres salariés jaloux (en supposant que le second conjoint a été préféré à l’embauche parce qu’il était époux(se) de…) ;
  • cela augmente le risque de déposer ses œufs dans le même panier en cas de difficultés avec l’employeur…

Mais ce n’était pas là où je voulais en venir. J’ai pu en effet constater qu’au moins pour l’un des couples :

  • ils ne mangent presque jamais ensemble ni en même temps (ils mangent dans le local prévu à cet effet), alors que rien ne leur impose cette « séparation ». Ils n’ont pas le même menu, ni de plat en commun. Cela m’a toujours laissé interdit ;
  • ils ne partagent presque jamais les mêmes moments de convivialité, que cela soit au travail ou un peu en dehors ;
  • on ne les voit jamais partager la moindre amorce de début de commencement d’un vague geste ou d’une esquisse de tendresse.

Cela fait plusieurs années que j’observe sans observer (et des collègues m’ont spontanément fait part des mêmes constats). On a l’impression que ce couple n’en a que le nom et qu’il s’agit plus d’une cohabitation qu’autre chose. Et pourtant, ils ont annoncé vouloir prochainement se reproduire, terminologie choisie à dessein. Ils peuvent très bien cacher leur jeu et à ce moment-là, ils le font admirablement bien, mais le doute est permis.

Pour le deuxième couple, je n’ai appris qu’hier qu’ils étaient ensemble (elle vient d’être embauchée et ils sont parents depuis un an environ). Ils mangent séparément, mais il semblerait qu’il y ait davantage d’interactions.

Pour le troisième couple, tout ce qu’il y a de plus « officiel », les interactions entre les deux ressemblent davantage à ce qui pourrait s’observer entre Fromfrom et moi, même s’ils ne travaillent pas du tout ensemble et mangent chez eux.

31 janvier 2015

Les seconds seront les premiers (1)

Comme je le disais hier à la suite de Calyste, je suis souvent déçu par les chanteurs qui reprennent les chansons des autres. Il y a de notoires exceptions qui confirment la règle. Voici donc Ma liberté de Georges Moustaki pour et par Serge Reggiani. C’est vrai, je triche, le second est le premier interprète.

 

30 janvier 2015

Désuet ? Non !

Calyste me donne l’occasion d’une note sans trop d’efforts puisque j’ai repris les mêmes thèmes pour évaluer combien nous sommes identiques (le plus souvent) ou divergents.

 

- Je ne suis pas sur touitterre, ni sur Fesse-bouc.

- Je ne lis que des livres en papier, mais je n’ai pas essayé les numériques (cela m’attire bien peu, il est vrai). Je lis peu les journaux sur l’internet.

- Je n’aime pas la publicité imposée sur l’internet, même si j’arrive à en faire en partie abstraction quand elle nest pas intrusive.

 - Je préfère nettement recevoir des factures papier et pas par courriel.

- J'envoie très peu de SMS. Mon téléphone portable me sert à téléphoner (pas énormément il est vrai). Je ne téléphone depuis la rue que pour régler un problème urgent, notamment pour le travail ou pour « mise au point géographique » avec Fromfrom .

- J'aime recevoir des cartes postales.

- J'aime certaines séries à la télé, mais je déplore l’aspect parfois décousu pour pouvoir les suivre. Certaines comportent bien trop d’épisodes découlant les uns des autres pour pouvoir comprendre quand on prend en cours de route.

- J'aime offrir des fleurs. Et quand j’en offre ou qu’on en offre à Fromfrom, j’en profite aussi à 100 %. Cependant, personne ne m’en a jamais offert directement.

- Je me déplace à pied, jamais à vélo et assez régulièrement en transports en commun (train, métro surtout).

 - Assez peu d’humoristes actuels me font réellement rire, mais il y en a qui y arrivent en partie.

- Nous ne consommons pas systématiquement bio parce que ce que l’on trouve est parfois trop cher ou peu accessible (AMAP ou autres fruits et légumes près de Lille). Le bio dans le sens que cela devrait être la norme dans un grand nombre de productions agricoles. Le bio a un sens très fort au niveau de la réduction de la pollution des sols et des eaux, plus faible ou presque inexistant (sauf exceptions notables) sur le plan de la santé des consommateurs.

- Je tiens la porte à celui qui entre après moi, homme ou femme.

- A de très rares exceptions près, je préfère une chanson interprétée par son créateur plutôt que reprise par quelquun d’autre, même sil a du talent.

 - Je dis bonjour en entrant dans un petit magasin et, quand on m'a servi, merci et au revoir.

 - Je ne jette jamais le pain qui reste de la veille, sauf les quignons trop secs au bout de plusieurs jours, ce qui reste rare. Le pain perdu, bof.

 - Je finis toujours mon assiette, sauf si c’est vraiment pas bon ou que je suis très malade.

27 février 2015

Le grand Cœur

Comme Plume et Calyste en avait parlé, j’ai eu envie de le lire. Je l’ai terminé cette nuit à l’occasion de la quatrième insomnie toussive et embrumée de la semaine. Et l’histoire m’a plu. Je connaissais l’existence de Jacques Cœur, pour avoir lu de longue date un article dans une encyclopédie, mais cela restait assez ténu. J’en avais entendu parler dans des émissions radiophoniques ou télévisuelles et bien sûr en son palais à Bourges fin décembre.

Ce roman repose sur des faits bien établis, mais le liant est imaginé, comme c’est le cas au sujet d’Agnès Sorel où l’auteur prétend qu’elle fût son amant, ce qui n’est ni vérifié ni impossible. Je ne vais pas raconter la vie de l’homme, mais simplement souligner un certain nombre des ses traits de caractère, qui trahissent très probablement davantage ceux de son auteur, lui aussi originaire de Bourges. Le héros narrateur paraît bien plus sympathique que ce qu’on l’imaginait, traversé par « les forces de l’esprit », la culture, l’art. Ce serait lui qui aurait rapporté de Florence la partie Renaissance de son palais.

L’écriture de Jean-Christophe Ruffin est d’une étonnante fluidité, particulièrement claire. Les phrases, sont assez courtes et vont rapidement à l’essentiel. Les effets de style sont pour ainsi dire pas flagrants ou pas visibles, ce que regrette souvent un peu. Le roman n’est pas poétique non plus. Mais c’est ainsi et sa qualité de narration est indéniable. On regrettera aussi la rareté globale des dialogues, assez laconiques de surcroit.

Il n’en demeure pas moins que j’ai passé de très bons moments. Merci de m’en avoir conseillé la lecture.

 

RUFIN J.-C., 2012. – Le grand Cœur. Éditions Gallimard, 498 p.

14 décembre 2014

Principe d'impunité

Verbatim. C’est le nom que lui donne mon père. Il ne l’aime pas, et ce depuis l’ère mitterrandienne. Moi non plus. L’homme est d’une rare suffisance, hautement conscient de sa valeur. De la valeur, il en a forcément un peu par un certain côté brillant qui avait dû plaire à l’ancien président. C’est surtout un arriviste, sans doute aussi un usurpateur. Je n’en dis pas plus. Du temps de Sarkozy, il avait été à la tête de la « Commission pour la libération de la croissance française », puis dans d’autres commissions en pointillés depuis et plus encore depuis que l’actuel ministre de l’économie est aux affaires. Tout n’était pas absolument mauvais dans le rapport qui avait été fait, mais même le président de l’époque n’avait pas osé mettre en œuvre les mesures les plus libérales ou de régressions sociales.

Ce vendredi à la radio, il était encore invité et il a remis ça avec, entre autres, sa volonté de supprimer le principe de précaution, qui selon lui, est un frein abominable. Ce principe, inscrit dans la Constitution depuis 2005, n’est dans les faits, pas pris en considération dans le domaine de l’environnement et des milieux naturels. Si l’on excepte les OGM et les « gaz de schistes », pour lesquels ce principe reste cependant extrêmement fragile, il n’y a presque rien, même si on est d’accord que ces deux exemples sont majeurs si on pense aux montagnes de fric supplémentaires que les multinationales pourraient se faire en nous empoisonnant.

Mais autrement, le principe de précaution ne s’applique pas. En voici quelques exemples : Notre-Dame des Landes (études bâclées, nombreuses violations du Code de l’environnement et du droit européen sous couvert de prétendu intérêt public). Il en va de même, pour ce qui est plus proche dans l’actualité, du barrage de Sivens dans le Tarn (manquements similaires à NDDL – même si c’est bien plus petit, cela reste particulièrement scandaleux quand on regarde l’affaire d’un peu plus près), du projet Center Parcs de la forêt de Chambaran du côté de Roybon en Isère (beaucoup de problèmes aussi). Je ne parle pas de tous les projets, petits ou plus grands, qui passent comme une lettre à la poste et dont personne ne parle et dont beaucoup pourtant mériteraient que l’on s’insurge…

Et puisque c’est aussi dans l’actualité, parlons aussi de la tempête Xynthia (53 morts). Le maire de La Faute-sur-Mer vient de se faire infliger 4 ans de prison en première instance du procès. D’autres élus ou responsables locaux ont aussi été condamnés à de la prison ferme. Je vois là un net progrès depuis les nombreuses années où je dis qu’il y a une parfaite impunité des élus qui accordent des permis de construire en zones submersibles ou inondables au soumises à d’autres aléas environnementaux connus. Néanmoins, pas de quoi crier victoire. Les services de l’État ne sont pas condamnés (alors qu’ils portent également de lourdes parts de responsabilité) et les élus risquent d’être condamnés à des peines beaucoup plus légères, voire d’être blanchis devant la Cour d’appel, alors que leurs responsabilités sont écrasantes. Et je ne dis rien des préfets qui sont aussi responsables en prenant tous les jours des arrêtés illégaux, toujours favorables aux intérêts économiques de court terme et défavorables à l’environnement.

Tout cela n’est pas nouveau, mais tout cela est toujours révoltant. Les « écolos » des « zones à défendre » sont parfois un peu à côté de la plaque, du moins c’est ce qu’on nous montre de croustillant dans les grands médias, ce qui n’est pas loin de la manipulation pure et simple. Mais nombreux sont ceux qui ont raison de s’attaquer à ce qui est avant tout illégal, avant même d’être écologiquement ou moralement scandaleux. Mais le « folklorique », le « spectaculaire » est systématiquement mis en avant, sans parler du fond, du scientifique qui est pourtant accablant.

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