Le paragraphe suivant en vert avait été écrit le 24 février et que je n’avais pas publié du fait d’une certaine lassitude.
La situation ne s’améliore pas au boulot. Je crains un effondrement. Mon directeur adjoint à Amiens avait été lourdement affecté par le départ de l’un de ses collaborateur et ancien ami. Pendant les vacances de fin d’année, il s’est fait aider par une béquille chimique, ce qui a été bénéfique, jusqu’au départ effectif dudit salarié. C’était sans compter sur les conséquences financières assez désastreuses des conneries en cours ni les tribulations d’un couple de salariés qui ne se rend pas compte de la vitesse du vent. Résultat, le directeur adjoint est en arrêt. Avant les épisodes de ces dernier mois, je ne pensais pas qu’il serait aussi sensible et « fragile ». Ensuite, ma directrice administrative et financière (DAF) qui n’en peut plus et fond régulièrement en larmes et qui arrive à tenir par je ne sais quoi (et heureusement). Pour ma part, je ne vais pas dire que tout va bien dans le meilleur des mondes, mais je vais dire que je tiens le coup. Est-ce dû au fait que je suis moins directement exposé, au fait que je me suis construit une forme de tour d’ivoire ?
Pour le 6 mars, avec la DAF, nous nous étions partagé les trois salariés que nous devions convoquer dans nos bureaux respectifs pour leur remettre une lettre de licenciement économique da manière assez synchrone. Stress maximum. J’arrive au bureau plus tôt que d’habitude pour ranger un peu et consulter mes messages en attendant l’heure fatidique. Je vois en particulier un message de retour d’un fonctionnaire d’État qui, après une des nombreuses bouteilles lancées à la mer, propose quelque chose qui permettrait de sauver un emploi. Un autre message des représentants du personnel qui sont au courant de la démarche en cours mais n’ont heureusement pas vendu la mèche, nous alerte sur une éventuelle difficulté de notre procédure. Nous arrêtons tout. La DAF retrouve la vie, l’optimisme. Moi, moins, car seul une personne sur trois est sauvée. C’est ce qui nous différencie : elle est tout feu tout flamme tout en haut ou tout en bas… et moi d’humeur plus égale, enfin au moins en apparence. Mais c’est un premier soulagement. Un soulagement qui va sombrer petit à petit vers un nouveau pessimisme que je ne détaille pas car c’est très technique… jusqu’à mercredi matin à l’occasion d’une visio sur les fonds européens… qui vont nous sauver la mise pour les deux autres personnes en 2025 voir au-delà. Là, heureusement que notre présidente s’est mobilisée et c’est chouette. Rien n’est fait, mais c’est un sacré soulagement, pour l’instant.
J’estime que nous sommes victimes d’une forme de maltraitance. De tels épisodes nous font vieillir plus vite. On parle souvent de pénibilité physique, mais ce type de choses est assez épouvantable… alors qu’on a bien travaillé, pas commis d’erreur. Et les personnes menacées, sont passées à un quart d’heure du pire, mais heureusement, n’en ont rien su. Je ne crie pas victoire, loin de là, car cela va engendrer d’autres soucis, mais il faut savourer.
J’ai pu constater via une réunion que j’ai provoquée que les salariés d’Amiens étaient en souffrance, du fait de l’état psychologique de leur chef (le directeur adjoint) qui n’a sans doute pas su communiquer de manière correcte ces derniers mois. J’ai pu expliquer certaines choses et, je l’espère, mettre un peu d’huile dans les rouages. En tout cas, ils m’ont copieusement remercié.
Vendredi, avait lieu au ministère à la Défense, notre audition pour le renouvellement de notre agrément devant une commission spécialisée de scientifiques faisant autorité dans notre domaine. Ma présidente, présente uniquement au début et en visioconférence a évoqué la maltraitance en lisant ce que je lui avais préparé… et j’y suis revenu à la fin. J’ai eu quelques remarques pertinentes (il est normal que notre dossier ne convienne pas à 100 % à tout le monde en fonction des spécialités ou obsessions), mais l’issue ne fait aucun doute nous concernant. Et j’ai eu une bonne écoute sur nos soucis financiers et une agréable écoute et bienveillance du président de la commission.
Lundi, mon directeur adjoint reprend le travail, uniquement en télétravail pour l’instant. J’espère qu’on va revenir à un fonctionnement plus serein.