Août estival (4)
J’avais décidé (oui, encore moi, car si je ne décide pas, personne ne se mouille) d’aller à Moulins. Quelle horreur, en pays arverne ! Ainsi donc, le chemin devait passer par le Morvan méridional, puis mériodiono-occidental dont Bourbon-Lancy la ligérienne marque la frontière vers le Bourbonnais, celui de cette branche capétienne des rois de France, que l’on peut résumer en département de l’Allier, même si de mon côté, je trouve ce résumé bien excessif. Bourbon-Lancy est une ville d’eau, bien moins connue que Vichy (pas très loin finalement). J’avais dû y passer vaguement dans mon jeune âge, mais je n’y suis repassé véritablement que lorsque je faisais ma deuxième étude sur la Loire en 1996. Afin de procéder à mes investigations de terrain, j’étais venu là pour loger pour la nuit. Le prix des hôtels était bien trop élevé par rapport aux tarifs forfaitaires pas très élevés sur la base desquels j’étais remboursé (les mêmes que ceux de la fonction publique « ordinaire »). J’avais fini par trouver un hôtel-restaurant traditionnel un peu vieillot mais abordable. Un hôtel qui a ensuite fermé, mais cette année, nous y avons vu un nouveau restaurant (probablement sans hôtel). Cela n’a l’air de rien cette histoire d’hôtel, mais quand on n’a pas de grands moyens, on ne trouve pas des choses correctes et abordables partout, et en tout cas assez peu dans certaines petites villes touristiques, davantage fréquentées par des gens d’une relative aisance financière.
Voici donc l’ancienne église romane de Bourbon-Lancy, transformée en musée municipal dont l’entrée est gratuite, mais qui n’était pas encore ouvert en ce début d’après-midi.





Nous arrivons à Moulins. Le but premier était bien de voir la cathédrale. La partie la plus ancienne de l’édifice est le chœur, considéré comme gothique flamboyant (XIV-XVe s). Karagar en a déjà souligné l’originalité (chevet plat, coins carrés, déambulatoire sans chapelle rayonnantes). Les vitraux, sans être exceptionnels, ne sont pas moches non plus. Le reste de l’édifice est postérieur (XIXe s.). Le côté récent et probablement nouvellement restauré (façade) n’en fait pas, soi-disant, un édifice particulièrement attrayant. Le guide touristique va même jusqu’à dire qu’il faut oublier la façade. Eh bien moi, je ne suis pas d’accord, je trouve que la façade et ses tours en noir et blanc ont un certain charme. Attention, la première photo est un assemblage de trois vues, d’où la déformation induite.


























On n’oublie pas la « mise au tombeau » ou « déploration du christ » avec la Marie-Madeleine à cheveux bien bouclés.


La Vierge noire, XI et XVe s.

Et bien sûr, le triptyque du Maître de Moulins représentant une Vierge à l’enfant en son centre. Il est bien protégé dans la salle capitulaire et on ne pouvait pas faire de photos. Cette œuvre majeure est absolument extraordinaire par les couleurs et dans un état de conservation exceptionnel. Il n’y a eu aucune restauration et pourtant on dirait que cela vient d’être peint tant les couleurs sont éclatantes (ce que la photo Ouiqui n’arrive même pas à rendre). Il faut dire que le retable, dixit la guide, est resté deux siècles et demi fermé sans bouger dans le chœur de l’église). Nous avons vraiment beaucoup aimé voir ça pour de vrai.

Sinon, on notera la Tour de la « Mal-Coiffée », vestige de l’ancien château médiéval des ducs de Bourbon, et ancienne prison.

La rue de l’ancien palais et la Tour Jacquemart entre lesquelles nous avons pris un rafraichissement ombragé bien mérité.



Nous sommes ensuite allés faire un tour sur les bords de l’Allier en amont de Moulins.

Je voulais revoir le paysage et l’église romane Saint-Laurent de Châtel-de-Neuvre dont j’avais un vague souvenir (elle surplombe bien la vallée de l’Allier).




Puis, nous sommes revenus en partie par d’autres routes, ce qui a allongé le parcours, mais nous avons pu voir d’autres choses. En particulier le château de Montperroux (Grury, Saône-et-Loire), un ancien château fort du XIIe s.


Enfin, peu avant 18 heures, nous nous sommes arrêtés à Issy-l’Évêque, ancienne possession (entre autres) des évêques d’Autun probablement depuis le VIIIe s. L’église romane (XI-XIIe s.) dédiée à Saint-Jacques-le-Majeur, se situait au sein d’un système fortifié. Nous étions seuls, mais peu de temps après, un groupe d’une dizaine de personnes a ouvert les portes en grand : ils venaient visiblement préparer les lieux pour un mariage le lendemain.


































































































