Gothiques
Nous avions entendu parler de l’exposition temporaire « Gothiques » au Louvre-Lens. Nous y sommes allés en janvier, une semaine avant la clôture. On trouvera ici un descriptif de cette exposition. Je n’étais pas tellement attiré par nombre d’aspects du « mouvement gothique » né vers la fin du XXe s., même si ce dernier peut puiser certaines inspirations dans certaines irradiations néogothiques et le fantastique du XIXe s., qui ne sont pas sans intérêt. Bien entendu, notre intérêt principal venait de l’art gothique lui-même (né au XIIe s.) dont les œuvres occupaient la majorité de l’espace. Beaucoup d’œuvres sculptées et des moulages et copies. Parmi les copies, l’extraordinaire Vierge d’Autun (voir l’originale du musée Rolin ici). Nombreuses copies, donc, parfois récentes, ce qui a fait que je suis tombé sur la plus célèbre (pour moi en tout cas, mais qu’en pensera Calyste ?) Annonciation de van der Weyden, en pensant d’abord que c’était une copie. Mais non, c’était bien la vraie, celle du Louvre, que je n’avais pas vue quand nous y étions allés… D’ailleurs, l’examen de près n’a laissé aucun doute sur le caractère authentique et exceptionnel de l’œuvre.
Attribué à Rogier van der Weyden (Tournai [Belgique], 1399 ou 1400 – Bruxelles, 1464). L’Annonciation. Vers 1440. Huile sur bois.
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Je n’ai pas forcément rephotographié des œuvres graphiques que nous connaissons bien, venant du musée de la Chartreuse de Douai, mais qui étaient bien mises en valeur.
Une autre curiosité : une peinture apparemment du XVe s. mais peinte en 2024. On aurait pu s’y laisser prendre.
Malo Chapuy (Lyon, 1995). Retable de la Nativité. 2024. Huile sur bois de chêne.
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On poursuit la visite, dans le désordre.
Jean Pouzadoux (Rom, 1829 – Viroflay, 1893), mouleur. Ange au seau d’eau bénite de la cathédrale Notre-Dame à Reims. Vers 1230-1240 (reproduction). 1881. Moulage en plâtre.
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Paris (abbaye Saint-Germain-des-Prés). Statue rétrospective du rois mérovingien Childebert. Entre 1239 et 1244. Pierre calcaire anciennement polychromée.
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Attribué à Jacob Cornelisz Van Oostsanen (Oostzaan [Pays-Bas], 1470 – Amsterdam, 1553) ou à son fils, Dirck Jacobsz (Amsterdam, 1497-1567). Portrait de Jan Gerritsz an Egmond tenant une sculpture en buis. Verse 1520-1530. Huile sur bois.
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Sainte Élisabeth et la Vierge de la Visitation, détail du tympan du portail de droite du « portail royal » de la cathédrale de Chartres, vers 1140 (reproduction). Moulage en plâtre.
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Saint-Denis (Île-de-France). Panneau de vitrail de l’abbatiale de Saint-Denis : le signe du Tau. Vers 1140-11444. Verre teint dans la masse, grisaille, plomb.
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Atelier de moulage de Musée des Monuments français. Statue de sainte Marie Madeleine d’Écouis (Normandie). Vers 1311 (reproduction). XXe s. Plâtre patiné.
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Atelier du moulage du musée des Monuments français. Statue de sainte Véronique de la collégiale d’Écouis (Normandie), vers 1311 (reproduction). XXe s. Plâtre patiné par Bouton (Mouleur).
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Attribué à Évrard d’Orléans (vers 1270-1357). La communion de saint Denis. Vers 1340. Marbre avec traces de polychromie.
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Bruxelles. Relief de l’Annonciation. Vers 1500-1510. Chêne avec polychromie originale.
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Paris, artiste proche de Jean de Liège (1330-1381). Présentation au Temple. Vers 1370-1380. Marbre.
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Île-de-France. Vierge à l’Enfant des collections Spitzer et Arconati-Visconti. Vers 1325-1350. Marbre.
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Jean Pouzadoux (Riom, 1829 – Viroflay, 1893), mouleur. Le Tentateur de la façade de la cathédrale de Bâle du XIVe siècle (reproduction). 1883. Moulage en plâtre. A noter, la tête est plus grosse que les proportions « normales », ce qui est souvent le cas pour les statues placées en hauteur et donc vues d’en bas.
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Joseph-Noël Sylvestre (Béziers, 1847 – Paris, 1926). Le sac de Rome par les barbares en 410. 1890. Huile sur toile.
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Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). D11 [bulldozer gothique]. 2009. Acier inoxydable.
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Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). Camion-benne tordu (dans le sens des aiguilles d’une montre). 2013. Acier inoxydable.
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Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). Suppo (Karmanyaka). 2012. Bronze. Karmanyaka est un monde fantastique et divin du contre « Les frères cœur-de-lion » de l’autrice suédoise Astrid Lindgen (1907-2002).
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Jacopo Bellini (Venise, 1400-1470). La Vierge d’humilité adorée par un prince de la maison d’Este. Avant 1450. Huile sur bois.
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Paris. Gargouille ornée d’une femme accroupie et d’un monstre. Vers 1500. Pierre.
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France (Sainte-Chapelle de Paris ?). Statue de saint Louis. Vers 1300. Bois d’if polychromé.
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Bourges (Cher). Le Christ entouré de chérubins portant l’âme de sa mère. Vers 1400-1415. Marbre.
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Il y avait vraiment beaucoup de monde ce jour-là pour visiter cette exposition, sans doute parce qu’elle touchait à sa fin (des collègues, qui y étaient allés la semaine précédente ont eu l’air de dire qu’il y avait bien moins de monde). Je ne connais rien à la contre-culture gothique, mais j’ai pu constater qu’une part significative de visiteurs (5 % ?) en étaient issus ou au moins en avaient certaines apparences : tout de noir vêtu ou presque (ce jour-là, sans que je l’ai voulu, je l’étais presque également), des vêtements longs, un teint blanc(les femmes surtout, moins pour les hommes), des chaussures à semelle épaisse ou « perchées-compensées » (femmes surtout), des tatouages apparents, des piercings divers, des cheveux noirs ou presque… Certains n’arboraient qu’une partie de ces caractéristiques, mais c’était quand même assez frappant (selon mes collègues, c’était moins frappant la semaine précédente).
L’exposition était intéressante et bien réalisée d’un point de vue muséographique (c’est toujours bien fait au Louvre-Lens). Même si l’art gothique (architecture) et ses évolutions étaient assez bien expliquées, j’ai quand même trouvé que cela restait assez superficiel, que cela manquait de précision, de détails. Peu de choses en effet sur les différenciations régionales ou au contraire les convergences, les exports. Bref, assez peu de choses sur ce que Karagar nous explique depuis tant d’années et qui me paraissent toujours très intéressantes. J’imagine que cela aurait nécessité plus de « matériel » et sans doute plus d’experts parmi les concepteurs ? Et sans doute plus d’espace, sauf à retirer d’autres choses. L’exposition était sans doute trop « grand public » pour cela. Il n’en reste pas moins que c’était agréable dans l’ensemble.