Essai de début de tournant
Voici une note personnelle, comme je n’en avais pas fait depuis longtemps. Je me répète, mais tant pis, je marque moi aussi cette fin du mois de juin. Il est évident que je ne fête pas ici un quelconque anniversaire, mais je me souviens d’un événement qui a marqué un essai de début de tournant dans ma vie.
Il y a de ça quatre ans, je faisais la rencontre d’un homme (le premier être humain, tous sexes confondus). Il était nettement plus âgé que moi (il avait commencé par me mentir sur son âge). Cette rencontre à mon domicile d’alors faisait suite à de longs mois de fièvre et de souffrance (solitude subitement mal vécue, sentiment, l’âge avançant, de ne jamais trouver l’amour dont je n’avais encore aucune notion). Cependant, j’accueillais cet homme avec une « certaine » confiance (pour ne pas dire de la naïveté), mais aussi une certaine peur. Il avait fait plusieurs centaines de kilomètres pour venir me voir. J’avais parfaitement joué le jeu de mon côté et le type me trouvait une vraie « générosité ». Cette « générosité », c’était celle de celui qui se donne parce qu’il ne s’est jamais donné, parce qu’il tente quelque chose, une première expérience. Evidemment, je n’étais vraiment pas à l’aise. Je naviguais à vue sur une mer inconnue même si je ne méconnaissais pas toutes les tares de celui qui m’accompagnait. Ce vague sentiment de peur est toujours resté, jusqu’à ce qu’il s’en aille deux jours plus tard et plus encore après. Ce sentiment négatif n’était-il pas le signe de l’absence d’amour ? Car malgré cette « générosité », j’ai toujours eu la présence d’esprit de ne jamais dire « je t’aime » ou un truc du genre, parce que bien entendu, ce n’était absolument pas le cas. Malgré ses appels téléphoniques presque enflammés sur mon portable pendant mes 15 jours de vacances bourguignonnes, j’étais de plus en plus mal à l’aise. A mon retour de vacances, me rendant compte des nombreuses zones d’ombre du type, du manque de franchise et de l’absence de sentiments de ma part, j’écrivis un courriel de rupture qui resta sans réponse.
Par la suite, mes pérégrinations internautiques se sont poursuivies de plus belle, ma fièvre s’étant même sans doute renforcée, ne tirant finalement qu’assez peu d’enseignements de cette première expérience. Encore que je n’en sache rien car je n’ai pas fait d’autre rencontre désastreuse, me contentant de rencontres virtuelles pour la plupart inintéressantes.
Après quelques mois à peine (en fait sans doute une éternité), je faisais la rencontre, d’abord virtuelle (après néanmoins une première entrevue joyeusement et salutairement scélérate ;-)), de S. alias Fromfromgirl. Évidemment, ce ne fut pas du tout le même scénario puisque je dois le dire, je suis tombé sous son charme d’abord de façon virtuelle. Je dois vous dire combien je la trouvais extraordinaire avant même de l’avoir vue. Et c’est lors des vacances de Toussaint 2005 qu’elle me dit « je t’aime » par courriel (là-bas, je ne consultais mes messages qu’une fois par jour, bas débit sans abonnement oblige). Je n’eus aucune peine à répondre « je t’aime », tant cela semblait évident, naturel et même sous-entendu depuis plusieurs semaines (le jour où j’avais décidé d’aller la voir).
Et quand je suis allé la voir, c’était avec une vraie confiance, une certitude encore renforcée par les encouragements de Karagar. Et qu’est-il advenu ? Eh bien, nous sommes passés du virtuel au réel. Nous avons été pris dans un tourbillon extraordinaire qui fait que nous vivons tous nos jours en commun depuis bientôt trois ans. Quel bonheur : je l’aime.
















































