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Cornus rex-populi
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12 juillet 2026

Vous avez dit canicule ?

Il me semble l’avoir déjà évoqué ici. Quand j’allais sur le terrain dans le cadre du travail, mes pires souvenirs remontent à 2003. Les gens ont peut-être oublié, mais au début de mois de juin, il y avait déjà eu des coups de chaud (pas une canicule, rien d’alarmant, mais tout de même). Je me souviens que j’avais animé à titre bénévole une formation de trois journées sur les bords de la Loire tourangelle et qu’ensuite j’étais remonté dans la vallée de la Seine normande dans le cadre de l’association de botanique. En juillet, pour le travail cette fois, j’avais passé plusieurs séjours encore dans la vallée de la Seine normande et il y avait  eu de belles chaleurs. Rien d’alarmant encore. Vers la fin juillet, le temps était incertain (orageux, menace de pluie) si bien que pour la sortie en hélicoptère (de plusieurs heures, toujours en vallée de la Seine) prévue depuis quelques semaines le vendredi 1er août, nous nous attendions à devoir reporter. Et puis non, il fit très beau et chaud. Cela avait en fait été le premier jour de l’épisode de chaleur qui allait muter en canicule. Les deux semaines suivantes, toujours appelé en Seine normande, allaient être les pires. Je logeais dans un hôtel économique, qui sans être tout à fait une bouilloire thermique, affichait des températures élevées pendant la nuit. J’aurais voulu partir tôt le matin pour aller sur le terrain, mais je n’arrivais pas à me lever suffisamment tôt car je m’endormais très tardivement. Les relevés que je réalisais à terrain découvert étaient une épreuve, car dès 10 heures, le soleil devenait extrêmement pesant. Mais par chance, j’avais toujours réussi à stationner la voiture à l’ombre durant toute cette période où je travaillais seul, d’autant qu’à l’époque, les voitures n’étaient pas du tout climatisées. En écrivant cela, je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières : j’avais 23 ans de moins et ma situation était très enviable par rapport à des couvreurs, des maçons, des ouvriers des travaux publics, des cuisiniers, des personnes qui travaillent dans des pressings… Mais cela m’avait marqué. Ce dont je me souviens bien également, cela avait été la stabilité incroyable de l’atmosphère durant cet épisode caniculaire : jamais le moindre vent et un ciel toujours parfaitement bleu. Depuis, je n’ai jamais revu une telle stabilité.

Bien entendu, il y a eu d’autres épisodes caniculaires depuis 2003, mais rien d’aussi long et intense, sans compter que je ne vais plus sur le terrain. Toutefois, sans préjuger de la suite, il s’avère quand même que nous en sommes au troisième épisode caniculaire cette année et la multiplication des ces périodes pose des problèmes pour les travailleurs, y compris ceux qui n’ont pas été exposés aux pires extrêmes. Depuis 2025, les entreprises sont soumises à des règles qu’elles doivent prendre en compte. Je m’étais attelé à définir l’an dernier des règles de bon sens et après échange avec la DAF, nous avions ouvert largement la porte aux discussions. Toutefois, cette année, après des échanges avec mes homologues d'autres régions, je me suis aperçu début juillet que nous n’étions pas allés assez loin en cas de vigilance rouge. Or, nous avons connu plusieurs jours de vigilance rouge fin juin et en repensant à ce que j’avais enduré, un peu seul, en 2003, qu’on pouvait faire mieux. C’est ce que j’ai fait la semaine dernière : plus de terrain en période rouge ou alors avec des conditions très strictes et très limitées. Sans le savoir avant, j’ai su que les salariés commençaient à en discuter avec leurs représentants, ce qui fait qu’ils ont obtenu satisfaction, je pense, sans avoir à demander, ce qui est une bonne chose.

Jusqu’à l’année dernière, les jours de plus ou moins fortes chaleurs, même si c’était dans mon idée d’être en télétravail, je ne m’y risquais pas car sauf à migrer dans le salon, mon bureau était soumis à de fortes températures de la fin de matinée jusqu’au soir. Il faut dire que l’extension de la maison où se trouve le bureau était réalisée sous un toit de tôles ondulées et de plaques transparentes de polycarbonate. Il y avait certes une forme d’isolation thermique malgré tout, mais néanmoins insuffisante. Les travaux ayant été réalisés en septembre 2025, la situation a changé. Pour la protection contre le froid, je ne me suis pas bien rendu compte du changement. En revanche, pour la protection contre la chaleur, l’évolution est assez spectaculaire puisqu’au minimum minimorum, on gagne 5°C et peut-être plutôt 7°C.

Vis-à-vis des seuils des vigilance, Météo France tient compte de la nature de l’habitat au sein des différents départements, mais aussi et surtout des habitudes de la population, sous-entendu, des réflexes que les gens ont pour se prémunir de la chaleur et qui varient énormément d’une région à l’autre. Bien sûr, je ne parle pas des personnes qui ne peuvent que subir au sein de leur appartement sous des toits surchauffés et sans en être à de tels extrêmes, toutes les personnes qui ne sont pas en mesure de mettre en œuvre des moyens efficaces. Ainsi, j’ai pu noter depuis quelques années que la duchesse mère n’avait pas les bons réflexes par rapport à la gestion des volets, des fenêtres et des courants d'air… Normal pour des personnes et des régions qui n’avaient pas l’habitude de subir de telles canicules avant le XXIe s. Il en va de même pour notre région : comportement inapproprié de certains collègues et dans notre quartier : pas de courant d’air, fenêtres jamais ouvertes à la fraiche (ou au moins quand il fait moins chaud).

De notre côté, on s’en tire bien. D’abord parce qu’il fait souvent quand moins chaud qu’ailleurs et que nous n’avons pas besoin de ventilateur. Mon père, lui, qui avait fortement été affecté par les conséquences cardiaques de la canicule de fin juin – début juillet 2025, arrive à s’en sortir pour l’instant avec sa climatisation mobile et son ventilateur. Sa maison est bien isolée, mais cela reste trop chaud. La température dans son couloir et sa chambre monte à 27,5°C avec le climatiseur en route, mais lorsqu’il s’installe au salon où se trouve le climatiseur, il arrive, porte fermée, à la descendre à 22°C. Et il arrête le climatiseur la nuit. L’ennui est que depuis la canicule de juin, il n’y a pas eu de vrai répit. A compter du 24 juillet, il doit subir une intervention chirurgicale par la veine fémorale pour mettre une sorte de clip près de la valve mitrale (qui fuit). Avec le stimulateur cardiaque et la valve aortique, cela lui fera trois « prothèses » cardiaques.

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Commentaires
C
Moi, la canicule dont je me souviens le plus est celle de 1976. Tiens-nous au courant (d'air ....) pour ton père.
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C
Calyste (bis)> Pour mon père, on devait être fixé assez vite à présent. Je dirai ce qu'il en est quand il y aura des nouvelles claires.
C
Calyste> Moi, je ne me souviens pas de la canicule de 1976 qui de toute évidence, à l'échelle nationale, était une petite rigolade (intensité et durée) si on en croit la figure de l'article mis en lien.Ce dont je me souviens en revanche, c'est de la sécheresse et de manière très précise du niveau d'eau atteint en août à l'étang du dragon terrassé. Depuis, on a connu pire en 2009 (plus très sûr si pire ou équivalent), 2015 et 2022.
K
Pour moi, la canicule qu’on vient de vivre (fin hier soir) ici n'a absolument rien de comparable avec celle de 2003.<br /> Parce que la canicule de 2003 c'est une canicule de l'ancien temps de celle qui sévissait quelques jours en Bretagne alors qu'elle durait 15 jour ailleurs.<br /> Et même quand elle sévissait en Bretagne, les températures, c'était 32 degrés 33 degrés ce qui était déjà exceptionnel pour ici avant 2022.<br /> On a des phénomènes qu'on a jamais connu ici, ça n'est pas l'intensification de quelque chose, ça n'est pas une évolution, c'est un saut quantique. <br /> Depuis le mois d'avril, à quelques reprises, Quimper a été l'endroit le plus chaud de France !!<br /> Il a fait 30 degrés en avril !! Il y a 15 ans, 15 degrés en avril on était content.<br /> J'ai eu une enfance parisienne et à Paris même il y a 40 ans ou 45 ans, il y avait de chaudes journées, il m'arrivait d'avoir du mal à dormir. C'était quelques jours de temps en temps et encore pas tous les ans, mais lors de ces jours de grosses chaleurs à Paris, si je devais aller en Bretagne le lendemain, je savais, je n'espérais pas, je savais et j'étais sûr à 100% que j'allais perdre 5/6 degrés et qu’il ferait « frais »en Bretagne.<br /> C'était une certitude absolue.<br /> Cette année il a fait 37 degrés chez moi à 800 mètres de la mer dans une situation qui est presque celle d'une île avec la mer à 4km au nord et à 10 km de l'Ouest.<br /> De plus, on a plus l'effet retard à l’allumage qu'on avait avant les canicules arrivaient tardivement Bretagne pour ne durer que quelques jours.<br /> Les sensations que j'ai depuis une semaine (et que j’ai eues en juin sont celles que j'avais quand j'allais Avignon ou dans le sud de la France.<br /> Des choses absolument inconnues ici, u volant, le sèche chevaux me soufflant par les fenêtres ouvertes, j'étais obligé de voir les maisons bretonnes pour savoir où j'étais.<br /> Donc déjà en 2022 et encore plus cette fois à cause de la répétition des événements caniculaires, je vis des choses complètement inédites.<br /> Je pense que si on n'a pas vécu en Bretagne, on ne se rend pas compte qu'on vit des choses absolument inconnues ici avant. Dans les autres régions de France, j'imagine que c'est l'intensification de choses plus ou moins connues.<br /> Ici, ce sont des phénomènes inconnus.<br /> Encore une fois, je le répète dans mon enfance, les plus chaudes journées en Bretagne.<br /> C'était 27 degrés.<br /> Je n'avais jamais connu 30.<br /> Quand je vous dis qu'il a fait jusqu'à 37 là où j'habite dans le Cap, ce signifie qu’à Quimper, on est monté à 40, parce qu'on est à 15 km de la mer « loin » dans les terres donc !!<br /> Tu vois ce que je veux dire. On ne sait plus où on est.<br /> Concernant la végétation, me sécheresse est très particulière.<br /> Cette année, les dernières pluies remontent peut-être à un mois.<br /> C'est à dire que j'ai connu des périodes sans pluie plus longues.<br /> Mais cette année le problème c'est que la végétation a subi des choses incroyables.<br /> Les plantes n’ont pas que soif, elles ont été brûlées, elles sont traumatisées et j'ai beau arrose, je n'ai que très peu d'effet sur leur état.<br /> Je suis très très inquiet.<br /> Encore une remarque : quand je suis allé à Avignon pour la première fois de ma vie, il y a 21 ans, j'ai enfin découvert que ce que c'était qu'un laurier rose.<br /> On en a en Bretagne qui poussent bien parce qu'il ne fait jamais froid, mais question floraison c'était maigrelet à cause du manque de chaleur et d'ensoleillement / leur pays d’origine et quand j'ai vu les lauriers roses à Avignon je m’étais dit : « Ah oui effectivement c'est une plante assez jolie » d'autant que là-bas, il y avait pratiquement que ça qui était en fleur <br /> 20 ans plus tard, ils sont aussi fleuris qu'à Avignon dans le Finistère ( où les étés étaient aux antipodes du climat méditerranéen) et les hortensias qui faisaient la gloire de la Bretagne en été et n’ont plus que des choses noirâtres en place de fleurs et des feuilles en berne. Ils sont cramés. Je ne parle pas des rhodos pour ne pas pleurer. Jardin breton = inadapté au nouveau climat breton ?<br /> Et enfin pour finir sur les floraisons : plumago, floraison ici début septembre, dans Quercy début août. Cette année début juillet ! (deux mois d’avance!)<br /> Lilas des Indes,les hibiscus juillet au lieu de fin août septembre également.
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C
J'ai oublié de mettre le lien de l'article de Météo France : https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/magazine/meteo-histoire/il-y-20-ans-la-canicule-2003
C
Karagar> J'ai parlé de la canicule de 2003 parce qu'elle m'avait été pénible, dans la partie la plus "continentale" de l'ex-Haute-Normandie et pour en avoir parlé souvent avec Fromfrom, je sais que cela n'avait pas été aussi traumatique en Bretagne, ni même dans le Nord. Il y a eu bien pire en effet depuis dont en 2022 et cette année.<br /> Par rapport à mon enfance, j'ai des référence dans le sud de la Loire et à Autun où c'était énormément monté déjà en 2003 comme cela n'était jamais arrivé auparavant. Jusque dans les années 1990 à RdG et dans les environs, il y avait des coups de chaud et tout ce que l'on veut, mais rien qui empêchait totalement des travaux physiques à l'extérieur. La chaleur n'empêchait pas de faire les foins, la moisson... Il faisait très chaud, très soif, mais personne ne succombait. Depuis la fin des années 1990 et plus encore depuis, ce n'est plus la même musique puisqu'on atteint voire on dépasse 40°C et dépasser les 30°C est le menu d'une grande partie de l'été. Depuis le plus haut de juin, chez mon père, ce n'est pas réellement redescendu.<br /> A Autun, c'est pareil. Autrefois, il faisait toujours bien plus frais qu'ailleurs. Je me souviens de l'été chaud de 1983, mais cette chaleur n'était pas préoccupante. A présent, cela est devenu infernal comme ailleurs, même si cela reste moins préoccupant qu'à RdG.<br /> L'autre jour, je suis tombé sur un article consacré aux 20 ans de la canicule de 2003 et qui retrace les vagues de chaleur à l'échelle nationale entre 1947 et 2023 (durée et intensité). Ce graphique efface les particularités locales, mais permet de bien constater l'ampleur du phénomène et son caractère récent puisque toutes les vagues qui dépassent 27°C de moyenne sont presque toutes du XXI° s. et avec une majorité postérieures à 2010 et encore il manque les trois dernières années...<br /> Je comprends aisément ton ahurissement car le phénomène est encore plus récent et violent en Bretagne.<br /> <br /> Par rapport aux coups de chaud sur les arbres et les arbustes en forêt, je me souviens bien des effets de la canicule de 2003 avec des mortalités de Chêne pédonculé dans le bois chez mon père notamment. On en s'en était pas rendu compte immédiatement, mais comme on avait coupé une bordure de bois en 2005 (bois de chauffage près de la route), on avait vu le nombre de sujets secs sur pied (de la vraie ferraille à tronçonner). Ce n'était pas un problème de sécheresse car si c'était très sec, cela n'avait rien d'exceptionnel, c'était une question d'embolie. Il y a eu des phénomènes analogues en 2022, en particulier dans le Nord où cela n'était sans doute jamais arrivé d'avoir l'automne au 15 août !<br /> Tout cela est très fortement inquiétant. On va assister à la "savanisation" d'un important nombre de forêts, notamment celles qui sont déjà sur des sols avec des réserves hydriques faibles ou celles qui sont installées sur des sols aux limons tassés. La question n'est plus de savoir si cela va arriver, c'est déjà en cours et cela va s'aggraver.<br /> Je comprends aisément ton inquiétude par rapport à ton jardin et tous tes efforts qui risquent d'être ruinés.<br /> <br /> Je n'ai volontairement pas parlé des alertes internationales et nationales par rapport aux changements climatiques, qui n'ont hélas jamais été totalement prises au sérieux par nombre de décideurs, voire scandaleusement combattues... Inutile de me demander ce que j'en pense. Ce n'est pas mieux voire pire du côté de la biodiversité...
P
Bon, on va me dire que je suis à côté de la plaque (chauffante) et que le but de ce long article n'était pas de faire rire, mais n'empêche j'ai raté de peu le pipi-culotte à cause de ton "sèche-chevaux".<br /> Pour le reste, j'avoue sans plus me sentir coupable, je ne regarde plus les températures, une seule chose m'occupe égoïstement l'esprit:: m'allonger en haut sous le toit pour la nuit ou en bas dans la journée. Et tenter de faire des courants d'air sans air. Et surveiller le chat dont j'ai bien cru que la chaleur allait le faire trépasser, mais ça va mieux, il redevient chiant.
P
Ah sur le thème bouilloire thermique je pourrais t'écrire un roman, mais j'en ai la main qui transpire sur la souris, alors basta ! Sais pas comment je tiens le coup... pour le moment.
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C
Plume> Je te crois aisément. Dans le genre, nous avons quelques exemples au travail où certains bureaux sont intenables, mais ils restent peu nombreux et comme il y a beaucoup de place, on peut provisoirement déménager dans d'autres espaces. Et il y a aussi la salle de classe de Fromfrom qui est un véritable scandale ; heureusement, elle y a échappé cette année, même si ce n'est pas une bonne nouvelle.<br /> Vivement que cela se termine. Bon courage à toi.
Cornus rex-populi
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