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Cornus rex-populi
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21 décembre 2013

A l'an que vient !

On n’est pas loin de partir. Comme nous ne serons pas reliés à la toile d’araignée, je resterai silencieux sur ces pages. Une fin d’année très bizarre pour moi qui finit avec beaucoup d’incertitudes professionnelles. Pas forcément une mauvaise année devant moi, mais encore plus de mal que d’habitude à se projeter, ce qui n’est pas toujours évident. J’ai néanmoins la chance de travailler avec des collègues globalement agréables, ce qui est déjà une chance rare.

Une petite photo montrant une certaine destination habituelle à cette période de l’année et pour vous souhaiter une très belle fin d’année festive ou au moins agréable. Merci à vous tous chers amis et commentateurs.

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18 décembre 2013

Zweig (2)

Calyste m’avait dit que le premier roman que je pouvais lire était Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, mais cela a été finalement le deuxième roman que j’ai lu de Stephan Zweig. Je dois dire que par rapport à La confusion des sentiments, il y a de sérieuses similitudes. Pas l’histoire : ici, une femme mariée qui tente en vain de sauver un joueur de casino invétéré et qui en tombe secrètement amoureuse. Les points communs sont à mon sens le début, assez laborieux où l’histoire bataille à se mettre en place (plus ici d’ailleurs à tel point que je m’ennuyais). Puis, tout s’accélère et devient intéressant. Le second point commun, ce sont les descriptions des sentiments, assez longues et complexes et surtout, les puissants et rapides revirements, passant de la haine ou de la peur à l’amour ou la fascination, revirements possibles dans les deux sens. Cela a été finalement agréable à lire. Mais si je continue de lire des choses de cet auteur, il faudra que cela change de style.

Zweig S., 1980. – Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Traduit de l’allemand avec une introduction, par Olivier Bournac et Alizir Hella. Bibliothèque cosmopolite, Stock, Paris, 179 p. [édition originale initiale de 1927]

15 décembre 2013

Le statut de mon travail

Voici une note que je voulais rédiger depuis un certain temps. L’actualité chaude du moment à mon travail où nous montons des dossiers en catastrophe pour tenter d’assurer notre avenir m’y pousse, mais également, une note lue chez Christophe.

Je travaille dans une structure privée, une association de quatre collectivités territoriales (Commune, deux Départements, la Région), ce qui est une bizarrerie assez rare et qui ne pourrait probablement plus se constituer à l’heure actuelle. Une association qui a reçu un agrément de l’État qui lui confère un statut particulier et officialisé dans le Code de l’Environnement. Cela prend la forme notamment de délégations de services publics. Nous sommes une cinquantaine de salariés, répartis sur trois régions.

A noter qu’il existe actuellement dix structures analogues à la mienne agréées en France métropolitaine, permettant de couvrir le territoire, à l’exception de l’Alsace et de la Lorraine qui n’ont pas encore complètement émergé. Ces structures sœurs ont des statuts divers : association, syndicat mixte, service de parc national, service d’établissement public de recherche. Or, il s’avère que pour les associations surtout, c’est particulièrement difficile financièrement, surtout certaines années, parce qu’elles sont soumises aux aléas budgétaires et avec un financement de l’État insuffisant et qui est resté bloqué depuis de nombreuses années. Ce qui nous oblige, les uns et les autres, à aller à la chasse aux financements, notamment européens, lesquels demandent beaucoup de ressources propres, des tonnes de justifications à la limite de l’inquisition. Je suis pour ma part persuadé qu’une bonne part du zèle actuel du contrôle des institutions européennes vient des malversations agricoles passées, qui n’ont jamais eu de conséquences sur ceux qui en ont bien profité et abusé durant des décennies. De plus, les règles changent d’une région à l’autre, d’un projet à l’autre, ce qui a de quoi rendre dingue nos comptables. Cela leur demande un travail considérable et mobilise beaucoup de ressources humaines, même lorsque les financements sont assez modestes. Pour illustrer cette inquisition, je prends l’exemple d’une collègue au début de l’année qui était allée à une réunion en voiture et qui, compte tenu des problèmes de neige, avait préféré passer par l’autoroute moyennant un très léger détour. Les contrôleurs européens ont estimé que nous avions abusé, car elle avait dû faire 10 kilomètres de trop : à peine quelques euros largement justifiés sur une subvention européenne de quelques dizaines de milliers d’euros sur plusieurs années. On n’ira sûrement pas demander des comptes à ceux qui engrangent de l’argent de façon indue à pleines brassées.

Qui plus est, aucune somme d’argent n’est versée à la « commande » (il n’y a pas que l’Europe qui procède ainsi, les collectivités le font régulièrement avec toutes les associations de France), ce qui est franchement dur pour les associations avec des salariés qui ne peuvent pas constituer de réserves, ce qui implique de contracter des emprunts et enrichit donc les banques, ce qui est un scandale de plus. Bref, on se fait avoir sur toute la ligne, mais on n’a pas le choix.

L’autre façon de s’en sortir, ce sont les commandes et appels d’offres, qui ont bien augmenté chez nous ces dernières années. Mais nous ne sommes pas un bureau d’études, ce qui ne nous facilite pas la tâche non plus. Du coup, les tâches administratives nous mobilisent plus que de raison, uniquement pour se donner la chance de récupérer du fric, jeu où nous ne gagnons pas à chaque fois. J’aimerais parfois avoir la sérénité de certains de mes homologues d’autres structures qui n’ont pas ces contraintes. Pour moi, chaque fois que je (ou mon équipe, ou quelqu’un de la structure) dois passer du temps sur une quelconque activité, je dois savoir comment cela va être rémunéré. Certaines personnes fonctionnaires ou titulaires d’établissements publics (attention, je ne généralise pas) nous regardent avec des yeux ronds quand on ose leur dire que nous ne travaillons pas à l’œil, que tout temps passé sur un projet doit être rémunéré. Ces mêmes personnes ne se posent pas ce genre de question car en général, quoiqu’ils fassent, ils auront toujours la garantie d’être payés à la fin du mois, et l’argent qu’ils récupèrent à droite ou à gauche, par exemple au sein d’un laboratoire de recherche universitaire, c’est « juste » pour acheter du matériel supplémentaire, des analyses à l’extérieur, gratifier un stagiaire, payer un thésard, embaucher un CDD. C’est très bien, mais on voit bien qu’on ne vit pas tout à fait dans le même monde. Et quand je les entends se plaindre, ça me dégoûte quelque peu. Il est vrai en revanche que la pesanteur de l’administration universitaire est absolument redoutable (j’y ai goûté). On passe pour des radins, des mal élevés, quand on ne veut (peut) plus participer à des réunions qui se multiplient. On ne veut pas comprendre que nous devons gagner notre salaire, comme une « vulgaire » boite privée, néanmoins interdite du moindre bénéfice.

Au niveau national se prépare la création d’une agence française qui rassemblera plusieurs organismes de la « biodiversité », surtout des établissements publics, mais aussi notre fédération qui est une association. Il s’agirait, sur le papier, d’une bonne nouvelle, permettant de pérenniser cette jeune structure au parcours chaotique sur le plan financier.

Au niveau (inter)régional, on parle de la création d’établis*sements pub*lics de coop*ération environ*nementale, sur la base des établis*sements pub*lics de coop*ération culturelle, que l’on rencontre notamment pour des théâtres ou des orchestres. Ces organismes, intègrent directement l’État, ce qui a au moins l’avantage de le rendre responsable sur le plan financier, ce qui n’est pas le cas pour nous en ce moment. Mais il n’intègre pas que l’État, mais aussi des collectivités territoriales ou leurs regroupements. Cela nous permettrait d’être moins sur la brèche pour aller à la recherche de subsides, de passer plus de temps à des tâches davantage scientifiques et non administratives et d’être un peu plus sereins sur notre devenir à court terme. Avec le risque toutefois d’une certaine perte d’indépendance dans les écrits ou les paroles, même si nous ne sommes pas totalement libres à ce niveau non plus. Mais rien n’est fait et de toute manière, il y a bien longtemps que j’ai appris à ne plus croire au Père Noël.

8 décembre 2013

Voici Gala France dimanche

Une autre note pour la soirée, pour ne pas rester sur certains aspects de la précédente. Vous y verrez Mister Karagar photographié dans un quotidien breton, à l’occasion d’un imposant article lui aussi en breton. Heureusement qu’on a notre espionne qui veille là-bas pour nous concocter une revue de presse digne de ce nom au sujet des faits et gestes de la jet set d’Armorique occidentale.

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8 décembre 2013

Brèves cornusiennes (15)

Mon collègue Normand supporte bien son traitement anticancéreux et la tumeur a régressé. Il se peut néanmoins que son affection demeure chronique.

En revanche, une autre personne que j’avais en quelque sorte remplacée quand je suis arrivé dans le Nord et qui travaillais désormais en Auvergne dans un organisme homologue, est très gravement atteinte d’un cancer du pancréas. Je savais depuis des mois qu’il était malade, mais j’ai appris que récemment la nature de sa maladie. Ce n’est ni un ami ni une personne particulièrement proche, mais il s’agit d’une personne que j’apprécie beaucoup, avec de réelles qualités tant professionnelles qu’humaines.


Bien que le fait de discuter d’histoire ne constitue pas un sujet de prédilection pour la plupart des mes collègues de travail, singulièrement les plus jeunes, il m’arrive avec eux de lancer des sujets sur la question. Et c’est ainsi que je me suis aperçu, non seulement que j’avais pris quelques années et surtout que je faisais partie des derniers représentants d’une génération. Quelle génération ? Celle qui a appris jusqu’en terminale au lycée, des choses bien ancrées, indéboulonnables, comme l’URSS et l’apartheid en Afrique du Sud. L’une comme l’autre se sont effondrées immédiatement après. Et des tas de choses ont suivi ces événements, qu’on a un peu du mal à délimiter. Des choses positives, certes, mais parfois beaucoup moins.

Tout cela pour dire, alors que je ne my attendais pas véritablement, que j’ai été fortement ému par la mort de Nelson Mandela, des témoignages dans les médias et autres reportages. Ce n’est bien sûr pas aujourd’hui que je découvre les immenses choses faites par cet homme. Cest idiot, mais je songe qu’il manque des tas de personnes comme lui. Pas que lui d’ailleurs. Il n’était pas seul, ni dans son camp, ni dans celui de ses adversaires. En 1988, j’ai vu en salle à sa sortie en France, le film Cry freedom, qui relate notamment le combat et la mort de Steve Biko, militant noir anti-apartheid. Encore à l’époque, on pensait que le régime raciste d’Afrique du Sud ne tomberait jamais. Il y avait bien eu des signes précurseurs que je n’avais pas captés à lépoque, mais l’arrivée de Frederik de Klerk au pouvoir puis l’ouverture de négociations avec l’ANC et la libération de Mandela en 1990 m’avaient bien entendu réjoui. Bien des murs étaient tombés en quelques années, ce qui laissait penser que bien des choses impossibles étaient devenues possibles. Bien sûr, il y a eu énormément de déceptions par la suite, mais je ne veux retenir que le positif aujourd’hui. Et si les meilleures actions de Mandela ou de certains de ses prédécesseurs comme Gandhi, Martin Luther-King et bien d’autres, nous inspiraient tous un peu plus tous les jours ?

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6 décembre 2013

Brèves cornusiennes (14)

Je l’ai dit je ne sais combien de fois, je n’aime pas beaucoup Paris, en particulier les longs couloirs du métro, le métro lui-même bondé voire carrément débordant de toutes parts, la foule anonyme, excitée, parfois violente, les rues bruyantes et encombrées. Tout cela me procure un fort sentiment d’étouffement, car en plus, je suis toujours pressé pour me rendre d’un endroit à un autre pour des réunions et autres séminaires. Et depuis quelques années, je suis souvent malade ou très fatigué en revenant de la capitale. Hier, cela a été encore le cas. Je suis revenu en pensant avoir récupéré une angine. Et finalement, non, tout allait mieux ce matin. A se demander si je ne serais pas la victime d’un syndrome cornuso-parisien. J’y retourne mardi. Cette fois, j’espère passer entre les gouttes.


Ce matin, la directrice administrative m’a « convoquée » pour un examen du contenu de la cave de la propriété du « patriarche » dans laquelle se trouvent encore de sacrées vieilles bouteilles (un patriarche qui est toujours du monde, mais qui n’a jamais récupéré ses flacons depuis qu’il vit dans la Somme depuis 12 ans). Nous avons déniché des blancs alsaciens de 1991 à 1998 et des rouges, la plupart des Bourgognes de haute extraction de 1988, mais qui sont un peu à marée basse dans les bouteilles. Le but est de les déguster au pot de Noël de lundi. Mais j’ai prévenu, si nous arrivons à en avoir en tout deux de bonnes sur douze, il faudra nous estimer heureux.

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