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Cornus rex-populi
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28 septembre 2025

Juillet 2025 (3)

Un après-midi, nous partons nous ravitailler en vin blanc de nos adresse la plus habituelle du Mâconnais, avec la ferme intention d’en profiter pour (re)visiter une église ou deux sur le chemin.

Commençons pas une église inédite : Notre-Dame-de-Lys (XIIe s.) à Chissey-les-Mâcon (il ne s’agit pas là de l’église du bourg dédiée à Saint-Pierre et également romane). Les peintures du chœur et du cul-de-four en particulier, sont du XIIIe s. Les peintures dans la nef sont du XVIIe s. (dernière photo).

 

Et puis nouvel arrêt devant l’église de Chapaize que je ne présente plus (voir ici).

 

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20 septembre 2025

Pensées en sursis

Voici une petite note documentaire (il y avait longtemps). Les photos ont été prises en jardin (conservatoire pour pour la plupart) entre 2005 et 2021, sauf celle de la planche d'herbier (ultra connue) prise début juin 2025 lors de ma visite à l'herbier national au Muséum national d'histoire naturel à Paris, début juin de cette année.

La Pensée (ou Violette) de Rouen (Viola hispida, de son ancien nom V. rothomagensis) est une petite plante herbacée vivace de la famille éponyme des Violaceae. Armée de puissantes racines, elle pousse sur des éboulis calcaires (craies) assez secs, pauvres en nutriments et à pH basique. Il s’agit d’une plante à caractère endémique, actuellement présente que dans de rares localités des coteaux crayeux de fortes pentes (falaises, pinacles) de la Seine en amont de Rouen (Seine-Maritime). Pour voir le milieu de vie de la plante, voir ici.

Historiquement, elle était plus abondante, dans les mêmes biotopes, le long de la Seine et de certains affluents comme la Marne à Château-Thierry ou encore du côté de Compiègne (Oise, Aisne ?) ou Beauvais (Thérain ?), probablement dans des biotopes similaires. La plante est aujourd’hui en danger critique d’extinction.

Comment en est-on arrivé là ? De mon point de vue, il faut remonter plusieurs siècles en arrière, ce qu’on oublie trop souvent de faire dans les documents spécialisés. Les premiers soucis pour les populations de cette espèce ont probablement été les premières actions importantes de stabilisation des rives de la Seine (routes terrestres, navigation). L’espèce a effet besoin de se développer sur des éboulis calcaires instables. Cette instabilité reste un handicap pour cette plante, notamment dans ses jeunes stades, mais l’est beaucoup moins que pour l’immense majorité des autres espèces végétales. Le fait que le milieu, pour diverses raisons, puisse se stabiliser, induit un petit avantage différentiel pour d’autres espèces plus compétitrices, qui à terme, l’éliminent. Par conséquent, des formes plus ou moins importantes d’instabilité, permettent le maintien de l’espèce à l’échelle des coteaux et falaises. Un des facteurs d’instabilité est le fait que le cours d’eau (la Seine ici) déstabilisait autrefois le coteaux crayeux dans les concavités de méandres notamment. Les constructions de chemins de halage, de routes, de protections de berges, ont été parmi les premières atteintes à l’espèce depuis les derniers 20 000 ans environ. Il faut bien sûr ajouter à cela les divers terrassements, les constructions de maisons et autres bâtiments, l’urbanisation, l’artificialisation du milieu qui n’a cessé de s’amplifier.

 

Le pastoralisme, qui s’était sans doute à peu près maintenu depuis le début de l’interglaciaire (environ 20 000 ans), a fini par s’éteindre au début du XXe s., du fait de l’exode rural et de la déprise agricole, accélérés par les conséquences de la Première Guerre mondiale. Or, le pastoralisme traditionnel par des moutons, permettait de garantir certaines conditions favorables à l’espèce : un peu de déstabilisation du substrat par le passage répété des animaux, lesquels consommant de fortes proportions de plantes à forte production de biomasse, en particulier des graminées sociales, parmi les espèces qui sont les plus en concurrence avec la Pensée de Rouen.

Outre l’érosion des pieds de berges, coteaux et falaises, l’autre facteur majeur de la déstabilisation des substrats pierreux crayeux est la gélifraction. Les alternances gel et dégel, notoirement sur les roches crayeuses des coteaux préférentiellement exposés au sud, provoquent des mouvements fréquents. Avec les changements climatiques à l’œuvre, surtout depuis la fin du XXe s., les gels se raréfient et sont moins puissants, ce qui permet un développement accru de plantes concurrentielles.

Parmi les mesures de gestion ou de restauration mises en œuvre surtout depuis 2001 sur certaines localités de l’espèce, on note des arrachages de graminées sociales, des déstabilisations ou des mises à nu du substrat ou encore la mise en place de pâturage ovin. On a aussi effectué pas mal de renforcements de populations de l’espèce voire des réintroductions. Malgré ces actions encore en cours, on peut noter une majorité de déceptions et quelques petites réussites. Il semblerait le « patient en soins intensifs », soit en train d’agoniser à petits feux. Je précise que plusieurs travaux de recherche académiques ont été menés depuis 2001 et sont encore en cours. Ils n’ont pas porté de fruits extraordinaires pour la conservation de cette espèce. Si des efforts importants sont maintenus en termes de gestion, l’agonie pourrait encore durer quelques années ou décennies, mais, il ne faut pas rêver, cela n’ira pas au-delà.

Cette espèce est une vicariante (même type de milieu de vie) de la Pensée de Cry (Viola cryana), une autre espèce endémique, bourguignonne cette fois, et probablement à aire de répartition encore plus restreinte. Elle poussait sur des falaises calcaires sur la commune de Cry (Yonne). Son extinction en 1930 est liée à l’extension d’une carrière, à la fermeture du milieu et… aux récoltes de botanistes collectionneurs !

 

14 septembre 2025

Handicap et directeur

Comme toutes les entreprises d’une certaine taille, nous sommes soumis à un quota minimal d’emplois de personnes handicapées ou assimilées avec des pourcentages éventuellement différents. Toutes ces dernières années, ça allait car nous avions deux femmes de ménage, chacune à mi-temps et en CDI qui répondaient à cela. Mais une des femmes est partie en retraite et l’autre, déjà difficile à gérer en temps normal, s’est enfoncée dans la maladie et a dû arrêter de travailler. Nous avons eu beaucoup de déboires avec des femmes de ménage handicapées, non pas par rapport à leur handicap supposé, mais par leur comportement ou au soin minimal apporté dans leur travail. Cela a été tellement pénible, que nous avons fini par renoncer. En effet, le personnel d’entretien n’est certes pas extraordinairement rémunéré (encore que chez nous, après quelques années, la convention collective dont nous relevons, n’est pas la plus maltraitante) et les personnes sont régulièrement assez défavorisées. Je précise immédiatement que je ne dénigre personne et que je parle d’une forme de moyenne, car les exceptions à cette caractérisation sont nombreuses car les parcours de vie peut être très disparates et des personnes très intéressantes peuvent exercer ce métier. J’ai connu de telles personnes d’ailleurs. Tout cela pour dire que pour recruter des hommes / femmes de ménage, nous avons finalement préféré les choisir sans handicap officiel, mais là encore, nous avons eu des difficultés avant de trouver les bonnes personnes. Entre temps, une personne effectuant des tâches administratives en poste depuis longtemps, a été reconnue partiellement handicapée, mais cela n’est pas suffisant en termes d’effectif total. Alors pour éviter de payer une « amende », nous avons décidé de recruter durant quelques semaines / mois deux personnes pour faire d’un côté de la peinture / lasure, de l’autre, de la pose de parquets, étagères… Le « peintre » est arrivé mi-août et il fait du bon boulot. Il est un peu plus âgé que moi et c’est une personne très calme et mesurée. Ce qui m’a amusé, c’est de le voir s’exprimer comme quelqu’un de la vieille école ou alors il a eu des chefs précédemment qui étaient pénibles sur la forme. En général, c’est la collègue directrice administrative qui le suit, mais comme elle a été en vacances durant trois semaines, j’ai pris le relais. Et voici à peu près comment se passe un échange quand je vais le voir :

Moi : Bonjour Jean-Pierre*

Lui : Bonjour Monsieur le directeur.

Moi : Tu as bien avancé sur les fenêtres de ce bâtiment, c’est bien.

Lui : Oui, j’ai réussi à tout poncé hier et là j’attaque la lasure.

Moi : La couleur rend bien finalement.

Lui : Oui, Geneviève* [la directrice administrative] a bien choisi.

Moi : Attention quand même à la pluie.

Lui : C’est bon, je suis à l’abri, Monsieur le directeur.

Moi : Très bien, bon après-midi, alors.

Lui : Merci, bon après-midi, Monsieur le directeur.

(* prénoms modifiés)

Dans mon entourage professionnel, presque personne n’appelle son directeur, « Monsieur le directeur » ou « Madame la directrice », sauf pour rire. On l’appelle éventuellement Monsieur ou Madame Untel, mais pas beaucoup plus. Je note cependant deux autres exceptions me concernant. La première, qui n’est plus d’actualité, était l’ancienne cofondatrice de la structure, qui avait déjà dépassé les 90 ans quand elle m’a appelé « Monsieur le directeur » et pour avoir le paix, j’ai toujours cherché à maintenir cette forme de distance (qui n’existait pas avec mes prédécesseurs). La seconde, ce sont quelques élus régionaux ou départementaux, avec lesquels je n’ai pas du tout envie d’avoir la moindre familiarité (et sans doute eux non plus). De mon côté, je ne donne quasiment jamais de Monsieur (Madame) le (la) directeur (trice) / président(e).

Cornus rex-populi
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