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Cornus rex-populi
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26 juin 2023

Dompter les appréhensions

Mon commentaire hier soir sur la note de Plume au sujet de l’AVC de son frère m’a rappelé certaines choses qui montrent le besoin de se soigner pour ne pas risquer le pire, comme on le voit trop souvent. Et parce que quand on est mort, on n’a besoin de rien ! Cela étant, je ne néglige pas certaines difficultés et je n’en suis pas moi-même totalement exempt.

Avoir conscience de ses « problèmes » vis-à-vis de la maladie et de la fréquentation des établissements médicaux est déjà une première approche afin de tenter de dompter ses appréhensions. Pour ce qui me concerne, j’ai eu des souvenirs pas géniaux pour avoir fréquenté des hôpitaux ou maisons de retraite. Quand j’étais enfant, j’ai été impressionné négativement par les hôpitaux immenses et froids imprégnés d’une odeur mêlant le chlore, l’éther et un je ne sais quoi en plus, typique de l’ensemble des établissements... et que je retrouvais parfois imprégnée dans les vêtements de ma mère revenant de son infirmerie de l’usine. Cette odeur âcre, elle n’existe plus dans les hôpitaux depuis plus de 30 ans et c’est une bonne chose. Cette odeur à elle seule et le contexte de l’hôpital me suffisaient pour refuser d’accompagner mes parents dans ces lieux. Je me souviens aussi d’une visite épouvantable dans un hôpital de Dijon où mon grand-oncle resta quelques semaines à peine après la découverte de son cancer et la mort qui le terrassa en peu de temps. Je l’aimais beaucoup ce grand-oncle pour son originalité, sa douceur, son caractère enjoué. Le voir aussi subitement en mauvais état m’avait sidéré... c’était il y a 40 ans et l’odeur de mort était encore là.

Il y eut la maison de retraite où travaillait ma mère. J’avais esquivé le plus possible la section médicalisée, mais là aussi, une belle horreur (des vieux qui agonisaient très lentement pour certains), malgré un bâtiment assez récent (j’étais entré une seule fois).

Il y eut la maison de retraite (non médicalisée, donc un moindre mal) d’une grande amie de la famille (de mon grand-père maternel) et que j’appréciais beaucoup (elle avait passé plusieurs séjours à la maison). Quand je la vis entrer dans son petit studio dans un établissement à la campagne m’avait donné l’impression qu’elle entrait dans une cellule de prison dans l’attente de la mort.

Il y eut ma grand-tante morvandelle, dans une section de l’hôpital d’Autun où sa visite m’avait traumatisé et ça, c’était il n’y a pas si longtemps (2006-2007) car je l’avais vue comme figée, diminuée de sorte que bien qu’ayant eu l’occasion d’aller la voir une fois avant son décès, j’avais catégoriquement refusé (Fromfrom pourrait en témoigner) et j’ai une forme de culpabilité par rapport à ça.

D’un côté plus positif, j’avais vu ma grand-mère maternelle quelques semaines avant son décès (début 2001) dans un contexte beaucoup plus favorable car le bâtiment était neuf alors que l’hôpital d’Autun six ans plus tard était un vieux machin. Je pense que la modernité des locaux, au moins à l’intérieur est important pour moi pour que je me sente mieux.

En 2000, il y eut mon propre séjour aux urgences de l’hôpital post-piqûres de guêpes où j’avais apprécié être mis dans une chambre à plusieurs lits où j’étais seul. Cela n’avait pas empêché le lendemain matin d’entendre des râles / hurlements épouvantables d’une vieille qui avait perdu la tête.

En 2001, mes séjours pour la désensibilisation à l’hôpital de Tours où je fus agréablement surpris par la disponibilité et la gentillesse du personnel. Cela tient en partie aux personnes, mais c’était aussi une question liée au service mêlant l’allergologie et la pneumologie où l’on soigne pas mal de cancers... Je ne reviens pas sur le dévouement du personnel pressurisé.

En 2008, il y eut la polyclinique près de Dunkerque où séjourna Fromfrom. Là-bas, pas de problème : modernité et je n’avais croisé personne (mais c’est justement là que résidait probablement le vrai le problème).

En 2018, mon père en soins continus (intensifs) : pas de soucis car le côté « high tech » l’emportait et le personnel aux petits soins. En revanche, je ne cache pas le fait que nous avions pensé au pire en termes de survie, car la débauche de soins et d’appareils est à la fois inquiétant et rassurant.

En 2018 toujours, la grande rigueur rassurante de l’hôpital où se trouvait la duchesse mère à Rennes. En revanche, une impression d’usine à opérations du cœur à la chaine en voyant dans le service toutes ces personnes, parfois jeunes, avec un pansement typique en long sur le sternum.

Cette année, ma mère s’est retrouvée dans le même établissement que mon père mais en gériatrie. Je pensais y trouver des choses assez épouvantables car mon père qui y était passé un temps en 2018, avait dépeint une situation assez apocalyptique, à cause de vieux qui dans la majorité avaient perdu la tête et qui étaient dépendants. Pour lui, à l’époque, être changé de service avait contribué à ce qu’il se remette plus vite. Mais en réalité ce service de gériatrie est bien tenu, avec un personnel attentif et sympa, dans le service et au téléphone puisque j’appelais tous les matins.

En définitive, je ne vais pas dire que j’apprécie les établissements hospitaliers, mais que je commence à les apprivoiser. De là à dire ce qu’il en serait pour moi, je ne sais pas, car je n’y suis resté que deux fois moins de 24 heures d’affilée.

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25 juin 2023

Fin de printemps

Pour terminer le printemps floral 2023 (photos prises depuis les jardins de B. et de la maison).

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17 juin 2023

Week-end en chanson

Ce n’est pas un scoop, je poste les chansons en lien diffusées lors des obsèques de ma mère qui n’ont pas une tête d’enterrement. Il m’arrive de chanter la première, non pas parce que ce fut un tube avant Ioutube, mais parce que je l’aime bien.

 

 

 

Et pour rappel, à l’entrée de Fromfrom dans l’église de la Lande à genêt, il y avait eu ça.

 

Je pars, seul, en train de nouveau (voiture néanmoins réparée à prix d’or et soi-disant remisé) en tout début d’après-midi à RdG dans la perspective de voir le notaire lundi matin avec mon père. Fromfrom, elle, a kermesse ce dimanche.

13 juin 2023

Je m'amuse aussi

Depuis trois semaines, moi aussi, je m’amuse. Je teste la version beta de Photoshop. Même si l’intelligence artificielle était déjà présente depuis quelques années dans ce logiciel (ou son pendant, Lightroom) comme pour le détourage du ciel et son remplacement, la détection des visages, des personnes et plus récemment la détection des sujets, fonds, les détails de certaines parties physionomiques des personnes… Mais à présent, on passe à la vitesse supérieure puisque à présent, le logiciel est capable d’effacer des éléments dans une image et de reconstituer le fond en arrière de manière réaliste (avant, c’était aussi possible, mais c’était très grossier ou si on voulait que cela rende bien, c’était particulièrement fastidieux).

Voici un premier exemple avec cette photo du cloître de l’abbaye de Noirlac. Il s’agit dans l’ordre de la photo 2021 brute puis traitée selon mes habitudes puis après avoir effacé les éléments indésirables (barrières, goulotte, câble…). Effacer ces éléments avec les versions officielles des logiciels actuels aurait pris des heures et beaucoup de motivation. Ici, cela prend deux ou trois minutes, voire moins.

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Autre exemple, la maquette au château de Pierrefonds (visite il y a quelques semaines) où les personnes et barrières ont été retirées après avoir débruité l’image avec l’intelligence artificielle sous Lightroom (bien plus puissant que le débruitage classique).

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Mais on peut aller plus loin. De cette photo de Fromfrom prise au Hénan il y a quelques années, on peut changer de fond (ça c’était déjà facile en principe mais là, c’est de l’intelligence artificielle donc pas directement une photo existante mais un mélange reconstitué après que j’eusse demandé de générer une « tropical rain forest » (le logiciel ne comprend que l’anglais pour l’instant). Ensuite, j’ai demandé de changer la robe de Fromfrom (bras modifié au passage).

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Dernier exemple : je suis parti d’une page blanche et j’ai demandé un paysage de la Loire avec forêt alluviale de saules blancs et peupliers noirs et grèves de sable en été. J’ai ensuite demandé d’ajouter une barque en bois (pas celle que j’aurais voulu, je n’ai pas pu y arriver) et un cormoran dans le ciel.

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Tout cela est hallucinant car c’est désormais quasiment à portée de tout le monde. Les photomontages existent depuis le début de la photographie, mais là, cela devient un jeu d’enfants et ce n’est qu’un début. Accélération de la désinformation, de la manipulation ?

11 juin 2023

Suites

La cérémonie puis l’enterrement proprement dit avaient lieu mardi. Mon père n’avait pas voulu traîner et moi non plus. En lien avec mon oncle et ma tante, mon père avait décidé de certaines dispositions pour la cérémonie. On voulait que j’aille la veille au matin avec les personnes chargées de la cérémonie (des bénévoles, pas de curé). Moi, je n’en avais pas envie car pour moi, les références au « Seigneur », « Dieu » ou autres, c’est juste pour rire et en plus, j’avais deux réunions en visio avec des collègues. Alors c’est Fromfrom qui s’y est collée avec mon oncle et ma tante. Alors qu’ils devisaient, mon père a reçu un appel du marbrier disant que les étagères à l’intérieur du caveau familial (où se trouvent mon grand-père, décédé en 1983 et ma grand-mère, décédée en 2001) se sont effondrées du fait d’une piètre qualité de ciment. Bref, il faut réaliser des travaux en urgence et opérer une réduction des corps, non pas pour gagner de la place, mais pour pouvoir poser de nouvelles étagères. Mais cela nécessitait la signature d’un papier en urgence de la part de ma tante, seule survivante par rapport à ses parents. Ce qui fut fait.

Lundi après-midi, après les courses pour prévoir une petite collation pour les amis, voisins et une partie de la famille, mon père a voulu aller au salon funéraire avec mes oncle et tante. Je n’avais aucune envie de voir ça, mais c’est moi qui ai ouvert la porte (avec code) et j’ai entraperçu dans la pénombre le corps de ma mère. Le côté cocasse est que ce salon funéraire (il y en a trois en tout) porte le nom d’un célèbre compositeur et pianiste d’origine polonaise et c’est le nom de naissance de la duchesse mère. Le lendemain, les pompes funèbres nous attendaient à 14 heures et je n’ai pas voulu non plus assister à la « mise en boite » (sans doute le plus terrible à voir pour moi).

Je n’ai pas voulu lire pendant la cérémonie, ni mon oncle (qui a pourtant largement pratiqué l’exercice il y a quelques années) ni ma tante. Seule Fromfrom s’y est collée avec une certaine émotion. Mon père avait refusé tout éloge funèbre et il a eu bien raison. Il avait choisi le passer deux chansons de Jean Ferrat (une au début) et une à la fin, mais il a fallu en ajouter une troisième et on a retenu Isabelle Aubret comme interprète.

La cérémonie à l’église a finalement attiré beaucoup plus de monde que je ne l’aurais imaginé. Outre l’avis dans la presse, mon père avait prévenu quelques personnes et cela a essaimé parmi l’entourage familial et amical, mais aussi des anciens collègues de travail de mes parents, en particulier de l’usine. A vrai dire, j’ai été agréablement surpris et ému de voir autant de monde. Deux des amis de Saône-et-Loire (A.) étaient là.

Nous sommes rentrés jeudi après-midi. Le reste du temps, nous l’avons passé à commencer beaucoup de démarches pour les retraites, pour l’APA, pour le notaire, pour le fisc… C’est dingue.

De mon côté, la convention collective accorde trois jours à l’occasion du décès de ses parents ou beaux-parents. Pour Fromfrom, elle n’a droit à rien, alors que le code du travail accorde un jour minimum. La convention collective des personnels non enseignants de l’enseignement privé accorde trois jours et les fonctionnaires de l’Éducation nationale peuvent avoir aussi trois jours si c’est loin, mais cela semble à la tête du client. Fromfrom va faire intervenir le syndicat voire l’avocat du syndicat, parce qu’il est bien entendu inconcevable que même le code du travail ne soit pas respecté. Pour être néanmoins en règle, elle a pu avoir un arrêt maladie auprès du médecin de mon père. C’est une vraie histoire de fous !

Je retourne en train chez mon père le week-end prochain pour aller voir le notaire… le lundi.

Si nous sommes rentrés jeudi (il y avait moyen de rester jusqu’au week-end, c’est parce qu’il était prévu que l’on pose un stimulateur cardiaque à mon père vendredi. L’affaire est allée vite depuis la visite chez le cardiologue il y a moins d’un mois. Cela s’est bien goupillé par rapport aux obsèques de ma mère. L’intervention s’est bien passée, il a été libéré ce dimanche en fin de matinée. Seulement, il est prévu une autre intervention prochainement pour poser une valve (je ne sais pas encore). J’espère que mon père pourra passer un séjour avec nous à A. en juillet, mais la question reste posée.

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3 juin 2023

Ma mère (fin définitive)

Ma mère (Saint-Martin-la-Plaine, 25 mars 1935 – Saint-Chamond, 3 juin 2023)

Incontestablement une forme de soulagement car depuis dimanche, elle ne cessait de sombrer. Jusqu’à hier, elle n’avait pas souffert.

À l’âge de 80 ans, elle était encore bien. Photo prise à Saint-Prix (Saône-et-Loire) le 8 mai 2015.

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2 juin 2023

Devinette

Où étais-je donc entre mardi et jeudi ? Comme indices, voici ces trois photos et cette affirmation : « ce n’est pas dans le Nord ».

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