Un autre jour, nous allons jusqu’à Bénodet où je n’étais jamais allé. Une journée de belle chaleur. A noter, la présence, à distance, d’un voilier à trois mâts russe, une réplique d’une frégate du XVIII° s. (voir ici).
Quelques jours plus tard, rendez-vous dans le cap. Nous réussissons à capter tous les protagonistes pour une réunion estivale des personnages Yann-Marc’hkar, Volaskell, Torzh (eh oui !), la marquise de Fromulus et le comte Pornus ! Une belle tranche de rigolade par un bel après-midi et une belle soirée dans un restaurant-moulin à marée à Pont-Croix !
Lors de notre séjour breton aoutien, j’avais oublié mon appareil photo reflex à la maison. Je ne disposais que de mon smartphone, qui sans être spécialement bas de gamme, ne brille pas par sa qualité photographique. Il ne produit que des fichiers JPEG et pas de fichiers bruts (RAW), ce que ne permet pas de les « développer » grâce à un logiciel et de mieux l’exploiter. J’ai quand même pu faire quelques photos, mais je n’y ai pas retrouvé le plaisir habituel.
Le voyage aller, le samedi précédent la semaine du 15 août, a tenu ses promesses en termes de ralentissements, même si cela fut moins pénible qu’à la même période de 2023. Encore beaucoup de monde cette année en Bretagne !
Premier arrêt à la chapelle Notre-Dame de Kerdévot à Ergué-Gabéric, édifice s’essence gothique des XV-XVIII° siècles. Deux précédentes visites en 2009 ici et 2020 ici. Cette fois, un guide étudiant employé durant l’été par la commune. Sans que je ne demande quoi que ce soit, il m’a ouvert pour que je puisse accéder à la tribune (dernière photo). Très sympa de sa part.
Comme son nom l’indique, Rive-de-Gier est une ville qui borde une rivière, le Gier, né dans le haut Pilat. Une rivière avec une forte pente, avec un écoulement presque perpétuellement torrentiel. Je précise qu’un écoulement torrentiel signifie que si on découpe la section mouillée (tranche d’eau), en de multiples surfaces, on s’aperçoit qu’aucune de ces petites zones s’écoulent à la même vitesse. Lorsque toute la section mouillée s’écoule à la même vitesse (phénomène plutôt rare dans la nature), on parle d’écoulement laminaire (exemple d’un robinet s’écoulant à très faible débit ou de l’eau dans un canal à l’étiage et sans vidange importante).
Photos du Progrès, France info et du Parisien et cartes postales anciennes des débuts du XXe s.
De nos jours (place principale de la ville, photo prise depuis l’hôtel de ville).
Au début du XXe s. (le Gier à gauche couvert ici dans les années 1930 et canal à droite remblayé).
Pour des raisons d’aménagement de l’espace (routes, parkings…) et surtout des raisons sanitaires (rivière fortement polluée par les eaux usées domestiques qui se déversaient dedans directement et par les eaux usées industrielles autrefois d’importance majeure et diversifiée), le Gier avait été recouvert en plusieurs sections depuis les années 1930 jusqu’au début des années 1980. En dehors de la rivière totalement invisible sur plusieurs kilomètres, il existe encore la marque de l’ancien canal du Gier, partiellement comblé, mais occupé depuis par des rues en contrebas et beaucoup de garages et quelques habitations donnent sur ces rues basses. Cela n’a pas été dit, mais la quasi-totalité des voitures sinistrées se trouvaient dans ces espaces. Il est notoire que la crue des 1-2 novembre 2008, un peu plus faible que celle de ce 17 octobre 2024, n’a pas suffisamment servi de leçon. En 2008, il y avait pas beaucoup d’expérience d’une aussi forte crue et le pic s’était produit en pleine nuit, mais cette fois, c’était en journée et on savait où se localisaient les aléas les plus forts.
Cet endroit correspond à une portion de l’ancien canal, le plus vu dans les médias, mais dans l’autre sens.
Le même endroit mais en s'approchant au début su XXe s. (canal à gauche, rivière couverte sur cette portion à la fin des années 1950 à droite).
Là aussi, l’ancien canal à gauche et au fond, l'actuel hôtel de ville, ancienne maison du canal de Givors construite à la fin du XVIIIe s. Le canal passait autrefois sous une arche en plein milieu de l’imposant édifice (arche rouverte dans les années 1990 que l'on devine à l'extrême droit de l’image).
Vue générale du début du XXe s. avec le Gier à droite et le canal à gauche où se localisent à peu près les véhicules les la photo précédente.
Et là, en amont du centre-ville, juste avant l'entrée sur la partie recouverte du Gier (à gauche). A droite du Gier (rive gauche), une zone commerciale où se trouvait la grande usine (image historique suivante) où travaillèrent mes parents (surtout mon père) ; l’usine n'avait jamais été inondée (là seule une petite partie l’est). On note ici qu’une partie du débit (en bas à droite) est déviée vers le centre-ville, ce qui n’a pas aidé, en plus des refoulements de la partie couvertes et de l’apport d’un affluent qui d’après moi et le témoignage de mon père, a joué aussi un rôle déterminant. En bas à droite, le seul vestige de l’usine, la statue de saint Éloi de 1865.
L’usine en question, qui a subsisté de manière à peu près complète jusqu’en 1992 (il en manque un morceau en haut à droite). Le Gier, bordé d’arbres et d’arbustes riverains, passe entre l'usine et l’ensemble routes + voies ferrées. Je ne sais pas de quand précisément date la photo, mais je pense vers la fin des années 1960 au début des années 1970. Voir ici (mon père participe, modestement à ce projet par son témoignage car il est le plus vieux de l'ancienne usine encore à peu près valide, y compris sur le plan cognitif).
Cela m’énerve de constater ce manque de précaution et d’alerte. En 2008, outre le débit intrinsèque du cours d’eau, un des problèmes était venu de l’obstruction totale ou partielle des « conduits » dans certaines parties souterraines et je sais de témoignages directs lors de mon stage de 1994, que personne ne s’affolait à l’époque. Depuis 2008, le nettoyage est devenu régulier et là, le dernier était récent. Toutefois, sans connaître le sujet jusqu’au bout, il est évident que cela ne suffit pas car on sait très bien que plus une crue est importante, plus elle charrie des sédiments, quantité de bois et divers objets, surtout que Rive-de-Gier se localise à une vingtaine de kilomètres de la source. En vrai, il faudrait une grille grossière à l’entrée de la section couverte, avec une grue de dégrillage fixe qui entrerait en fonction à chaque alerte. Personne ne semble y avoir songé. Et qu’on n’aille pas me dire que cela coûte cher ! Alors évidemment, cela ne réglerait pas le problème, cela ne supprimerait pas les inondations, mais cela limiterait les problèmes de surcotes. Même si les connaissances sur les crues sont peu documentées de manière fiable avant le XXe s., le Gier est connu pour son caractère impétueux et dangereux, au moins pour le bétail, à l’instar de ce témoignage entendu par mon père dans sa jeunesse de la part de la vieille propriétaire de leur logement en ville : « n’oublions pas que le Gier est un torrent et qu’il a déjà emporté cochons et vaches ». Nul doute que les changements climatiques ont rendu plus fréquents, plus intenses et beaucoup plus étendus, surtout vers le nord, les épisodes « cévenols » ou « méditerranéens ». Un hydrologue, polonais d’origine, spécialiste de la Loire, que j’ai connu à Orléans et avec lequel j’ai travaillé quelques temps à la fin des années 1990, disait que sur le haut bassin de la Loire et le territoire « cévenol » d’alors, les intensités de pluie maximale étaient de 600 mm / 24 heures. Ces dernières années, je note que l’on dépasse à présent un peu ces valeurs, y compris lors de ce dernier épisode, ce qui est bien sûr préoccupant. Ce qui l’est encore bien davantage, c’est que dans notre pays, la population et plus particulières les élus ont fait preuve depuis des décennies de beaucoup d’irresponsabilité, avec la complicité, parfois coupable de l’administration et certains techniciens en ne dimensionnant pas correctement les ouvrages à l’instar des ponts, des canalisations. Il n’y a pas si longtemps, on dimensionnait ces dernières pour la crue décennale, tout en raccordant plus de surface imperméabilisée. Cela ne fait pas si longtemps que pour les ouvrages on se base sur la crue centennale. Pour rappel, une crue décennale, une crue centennale sont des niveaux / débits qui ont statistiquement une chance sur dix ou sur cent de se produire une année considérée. Or, avec les aménagements urbains, l’artificialisation des bassins versants, leur imperméabilisation des sols, on augmente considérablement les pointe de crue… et avec les changements climatiques, toutes les statistiques anciennes, déjà peu respectées, sont mises à mal. La situation est donc extrêmement grave. C’est une question de moyens. Depuis quelques années, l’État a permis la mise en place des PAPI (Plans d’actions de prévention des inondations) dans le cadre de la compétence GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations) à fiscalité propre. Seulement, nombre d’élus ont décidé une fiscalité minimaliste sur ce point, par dogmatisme et idéologie pseudolibérale. Devons-nous nous en étonner ? Je ne suis pas pour l’explosion des impôts, mais à un moment donné, il faut y aller et arrêter de faire la politique de l’autruche.
1) Pour l'avion (on ne peut pas aller en Corse par voie terrestre).
2) Le monogramme N surmonté d'une couronne impériale dans une chambre d'hôtel (il y a peut-être des hôtels Napoléon ailleurs qu'à Ajaccio, mais...).
3) Le président du Conseil exécutif de Corse, qui s'est pointé à notre congrès (il n'était pas attendu) pour l'honneur qui était fait à la fille d'une grande botaniste corse, décédée depuis une trentaine d'années et qui remettait officiellement son herbier à l'organisme spécialisé de Corse.
4) Des bustes de la famille Bonaparte au musée Fesch des beaux-arts à Ajaccio (Napoléon est le quatrième du côté droit).
5) Au centre, la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption d'Ajaccio, édifice du XVI° s., assez petit et, disons-le, sans grand attrait.
Vous l'aurez compris, j'étais à Ajaccio depuis lundi soir pour un congrès de tous les organismes similaires au mien de France métropolitaine et ultra-marine (300 personnes environ). Nous devions rentrer jeudi soir, mais grève oblige (ports et aéroports corses), je ne suis rentré que 24 heures plus tard (seulement si j'ose dire), d'autres bien plus tard. Beaucoup de stress et de fatigue. C'était seulement la deuxième fois que je prenais un avion de ligne (Airbus A 320) et je dois dire que je n'ai pas été enthousiasmé par le confort des sièges trop serrés. Quand j'étais allé en Roumanie avec un Boeing 737, c'était bien mieux, même si c'était un peu plus bruyant.