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Cornus rex-populi

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24 juillet 2026

Brèves cornusiennes du vendredi 24 juillet 2026

Mon père a subi son intervention jeudi matin à Saint-Étienne. Il s’agissait de la pose d’un clip au niveau de la valve mitrale (située entre l’oreillette et le ventricule du côté gauche) via la veine fémorale. Il s’agissait de limiter fortement la fuite de sang dans l’oreillette lors de la contraction du ventricule gauche (qui propulse le sang dans l’aorte). Le clip pince les deux feuillets de la valve mitrale, limitant beaucoup les fuites (voire les annulant ?). L’intervention a duré une heure (durée normale) et s’est bien passée et le contrôle vendredi matin confirme le succès de l’intervention. Il avait été envisagé de manière un peu trop optimiste, de le libérer vendredi, mais comme il vit seul, cela se fera plus tard pour prévenir d’éventuels soucis post-intervention. Lundi ? Bref, ça va bien.

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12 juillet 2026

Vous avez dit canicule ?

Il me semble l’avoir déjà évoqué ici. Quand j’allais sur le terrain dans le cadre du travail, mes pires souvenirs remontent à 2003. Les gens ont peut-être oublié, mais au début de mois de juin, il y avait déjà eu des coups de chaud (pas une canicule, rien d’alarmant, mais tout de même). Je me souviens que j’avais animé à titre bénévole une formation de trois journées sur les bords de la Loire tourangelle et qu’ensuite j’étais remonté dans la vallée de la Seine normande dans le cadre de l’association de botanique. En juillet, pour le travail cette fois, j’avais passé plusieurs séjours encore dans la vallée de la Seine normande et il y avait  eu de belles chaleurs. Rien d’alarmant encore. Vers la fin juillet, le temps était incertain (orageux, menace de pluie) si bien que pour la sortie en hélicoptère (de plusieurs heures, toujours en vallée de la Seine) prévue depuis quelques semaines le vendredi 1er août, nous nous attendions à devoir reporter. Et puis non, il fit très beau et chaud. Cela avait en fait été le premier jour de l’épisode de chaleur qui allait muter en canicule. Les deux semaines suivantes, toujours appelé en Seine normande, allaient être les pires. Je logeais dans un hôtel économique, qui sans être tout à fait une bouilloire thermique, affichait des températures élevées pendant la nuit. J’aurais voulu partir tôt le matin pour aller sur le terrain, mais je n’arrivais pas à me lever suffisamment tôt car je m’endormais très tardivement. Les relevés que je réalisais à terrain découvert étaient une épreuve, car dès 10 heures, le soleil devenait extrêmement pesant. Mais par chance, j’avais toujours réussi à stationner la voiture à l’ombre durant toute cette période où je travaillais seul, d’autant qu’à l’époque, les voitures n’étaient pas du tout climatisées. En écrivant cela, je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières : j’avais 23 ans de moins et ma situation était très enviable par rapport à des couvreurs, des maçons, des ouvriers des travaux publics, des cuisiniers, des personnes qui travaillent dans des pressings… Mais cela m’avait marqué. Ce dont je me souviens bien également, cela avait été la stabilité incroyable de l’atmosphère durant cet épisode caniculaire : jamais le moindre vent et un ciel toujours parfaitement bleu. Depuis, je n’ai jamais revu une telle stabilité.

Bien entendu, il y a eu d’autres épisodes caniculaires depuis 2003, mais rien d’aussi long et intense, sans compter que je ne vais plus sur le terrain. Toutefois, sans préjuger de la suite, il s’avère quand même que nous en sommes au troisième épisode caniculaire cette année et la multiplication des ces périodes pose des problèmes pour les travailleurs, y compris ceux qui n’ont pas été exposés aux pires extrêmes. Depuis 2025, les entreprises sont soumises à des règles qu’elles doivent prendre en compte. Je m’étais attelé à définir l’an dernier des règles de bon sens et après échange avec la DAF, nous avions ouvert largement la porte aux discussions. Toutefois, cette année, après des échanges avec mes homologues d'autres régions, je me suis aperçu début juillet que nous n’étions pas allés assez loin en cas de vigilance rouge. Or, nous avons connu plusieurs jours de vigilance rouge fin juin et en repensant à ce que j’avais enduré, un peu seul, en 2003, qu’on pouvait faire mieux. C’est ce que j’ai fait la semaine dernière : plus de terrain en période rouge ou alors avec des conditions très strictes et très limitées. Sans le savoir avant, j’ai su que les salariés commençaient à en discuter avec leurs représentants, ce qui fait qu’ils ont obtenu satisfaction, je pense, sans avoir à demander, ce qui est une bonne chose.

Jusqu’à l’année dernière, les jours de plus ou moins fortes chaleurs, même si c’était dans mon idée d’être en télétravail, je ne m’y risquais pas car sauf à migrer dans le salon, mon bureau était soumis à de fortes températures de la fin de matinée jusqu’au soir. Il faut dire que l’extension de la maison où se trouve le bureau était réalisée sous un toit de tôles ondulées et de plaques transparentes de polycarbonate. Il y avait certes une forme d’isolation thermique malgré tout, mais néanmoins insuffisante. Les travaux ayant été réalisés en septembre 2025, la situation a changé. Pour la protection contre le froid, je ne me suis pas bien rendu compte du changement. En revanche, pour la protection contre la chaleur, l’évolution est assez spectaculaire puisqu’au minimum minimorum, on gagne 5°C et peut-être plutôt 7°C.

Vis-à-vis des seuils des vigilance, Météo France tient compte de la nature de l’habitat au sein des différents départements, mais aussi et surtout des habitudes de la population, sous-entendu, des réflexes que les gens ont pour se prémunir de la chaleur et qui varient énormément d’une région à l’autre. Bien sûr, je ne parle pas des personnes qui ne peuvent que subir au sein de leur appartement sous des toits surchauffés et sans en être à de tels extrêmes, toutes les personnes qui ne sont pas en mesure de mettre en œuvre des moyens efficaces. Ainsi, j’ai pu noter depuis quelques années que la duchesse mère n’avait pas les bons réflexes par rapport à la gestion des volets, des fenêtres et des courants d'air… Normal pour des personnes et des régions qui n’avaient pas l’habitude de subir de telles canicules avant le XXIe s. Il en va de même pour notre région : comportement inapproprié de certains collègues et dans notre quartier : pas de courant d’air, fenêtres jamais ouvertes à la fraiche (ou au moins quand il fait moins chaud).

De notre côté, on s’en tire bien. D’abord parce qu’il fait souvent quand moins chaud qu’ailleurs et que nous n’avons pas besoin de ventilateur. Mon père, lui, qui avait fortement été affecté par les conséquences cardiaques de la canicule de fin juin – début juillet 2025, arrive à s’en sortir pour l’instant avec sa climatisation mobile et son ventilateur. Sa maison est bien isolée, mais cela reste trop chaud. La température dans son couloir et sa chambre monte à 27,5°C avec le climatiseur en route, mais lorsqu’il s’installe au salon où se trouve le climatiseur, il arrive, porte fermée, à la descendre à 22°C. Et il arrête le climatiseur la nuit. L’ennui est que depuis la canicule de juin, il n’y a pas eu de vrai répit. A compter du 24 juillet, il doit subir une intervention chirurgicale par la veine fémorale pour mettre une sorte de clip près de la valve mitrale (qui fuit). Avec le stimulateur cardiaque et la valve aortique, cela lui fera trois « prothèses » cardiaques.

3 juillet 2026

Qui c'est ? C'est le plombier !

Jeudi de la semaine dernière, je reçois, vers 20 heures, un appel de la DAF, partie en vacances à Oléron depuis peu, me disant qu’elle a reçu un coup de fil d’une stagiaire indiquant qu’il y a une fuite importante dans la salle de bain en me demandant de régler le problème (et elle débute une fête pré-mariage de sa fille). Je n’ai pas le téléphone des stagiaires, j’appelle le jardinier qui habite plus près et qui a accès aux outils, mais il ne répond pas, d’autant que j’étais sur son portable pro et qu’on n’était plus à une heure pro. Je pars donc un peu en trombe avec ma caisse à outils et je fais quelques excès de vitesse sur la route car j’ai peu de trouver un geyser, d’autant que sous la salle de bain, il y a des bureaux. J’arrive là-bas et je crie. La stagiaire arrive et me guide. Il s’agit du robinet d’alimentation des WC qui fuit, il est mort. Rien de catastrophique toutefois, il faut juste jeter l’eau du seau qui recueille l’eau de temps en temps. Mais toute la nuit, me dit-on, ça va déborder ! J’indique alors où et comment couper l’eau pendant la nuit. La stagiaire en question était très débrouillarde, les autres stagiaires, beaucoup moins et une jeune femme en CDD (qui fut en son temps en CDI avant qu’elle ne démissionne puis ne revienne), semblait complètement passive. Cela m’a bien énervé que l’on laisse des stagiaires se démerder totalement eux-mêmes. Le lendemain (vendredi) matin, comme il n’y avait pas de personnel technique, je suis revenu changer le robinet et les joints. Le comptable, lui, s’est amusé de me voir débarquer tel SOS plombier.

Le même jeudi, plus tôt dans l’après-midi, alors que j’étais en visioconférence à la maison, un tremblement de terre arrive de la salle de bain (la nôtre). La machine à laver en essorage fait un bruit effroyable et se déplace dans la salle de bain. Fromfom tentera de la maintenir tant bien que mal pour qu’elle finisse quand même une partie du cycle et un essorage. Le soir venu, je crains le pire, mais je démonte le dessus de la machine (sans savoir comment faire, car je n’ai rien trouvé sur l’internet) et je vois assez rapidement que la cuve est « effondrée » d’un côté, car un des deux gros ressorts supérieurs de suspension est cassé. Vendredi matin, j’en commande un et miracle, il est livré samedi midi et remis en place dans la foulée (avec une certaine facilité, ce dont je doutais).

Bref, quelques petits soucis quasiment en même temps, mais finalement facilement résolus, ce qui n’est pas toujours aussi simple, surtout pour le lave-linge.

24 juin 2026

Le plus âgé de mes cousins

Le plus âgé de mes cousins est décédé samedi. Il aurait eu 63 ans en septembre. Homme de lettre (facteur) du côté de Valence, il avait bénéficié, avec sa compagne, d’une forme de retraite anticipée. En septembre 2020, redoutant de se faire soigner « normalement », il avait dû être admis aux urgences pour une hernie hiatale (le fait que l’estomac ou autres organes digestifs passent dans le thorax). (Je précise que de la même taille que moi, alors que je suis plus que passablement en surpoids, il faisait bien près de deux fois mon épaisseur à cette époque). Il avait fait l’objet d’une opération en urgence pour cette hernie, mais elle s’était mal passée ; à l’occasion de l’intervention, il avait eu une forme de spasme et une partie du contenu gastrique s’était retrouvé dans les poumons, générant une grave infection, obligeant à le plonger dans le coma pendant 8-10 jours. Il avait subi le même « traitement » que les personnes les plus gravement atteintes de la COVID-19. Il avait clairement failli mourir à cette occasion ; il s’en était remis après plusieurs semaines d’hôpital. Après ça, sa situation s’était normalisée et il avait repris le travail.

Il y a à peine plus de trois semaines, il avait été admis aux urgences durant la nuit, cette fois pour une hernie inguinale (aine) ayant entrainé un début de nécrose intestinale. Après plus de quinze jours d’hôpital, il avait été renvoyé chez lui au début de la semaine dernière. Mon père l’avait eu vendredi soir au téléphone : il avait mal et déprimait quelque peu. Je devais l’appeler durant le week-end, mais je n’en ai pas eu le temps, car il a succombé à un arrêt cardiaque. Je soupçonne le fait qu’il ne se soignait pas correctement (diabète, affections cardiovasculaires). Sa compagne depuis plus de 37 ans a fait plusieurs malaises ce samedi… Ils n’avaient pas d’enfants et n’étaient ni mariés ni pacsés. Ils avaient acheté une maison ensemble. Bel imbroglio en perspective. Après le décès de ma mère, Fromfrom et moi avons pris des dispositions pour ne pas subir de semblables désagréments car si le mariage aide, il ne protège pas de tout.

Ce n’était pas le cousin dont j’étais le plus proche, c’était même celui avec lequel je me sentais le plus éloigné, du fait notamment qu’il était plus âgé que moi et de son frère de sept ans. Mais je le voyais presque tous les ans pour les fêtes de fin d’année et il était venu à notre mariage breton ; je lui avais même confié la gestion des disques à l’église et la réalisation de photos et il s’était acquitté des tâches avec succès. Je dois dire que cela n’était pas forcément gagné d’avance tant il se montrait souvent maladroit. Il était assez faible de caractère (au contraire de son frère et de ses parents), mais extrêmement gentil. A une époque, il s’occupait de l’entrainement des jeunes au club de football de la commune, de manière totalement désintéressée. Je suis triste aussi parce que je n’entendrai plus son rire si caractéristique et si bon enfant. Oui, c’est vraiment triste.

13 juin 2026

Brèves cornusiennes du samedi 13 juin 2026

J’ai appris vendredi qu’E*tie*nne K*le*in, scientifique vulgarisateur notamment dans le domaine de la physique, s’est revu retirer son doctorat en philosophie des sciences, obtenu en 1999, considérant que sa thèse comportait environ deux tiers de pages plagiées (sur 429 pages) issues de nombreux auteurs, dont certains célèbres, comme Albert Camus, Stefan Zweig, Louis de Broglie… Les auteurs sont cités une fois et plus du tout ensuite, sans préciser la paternité des écrits ni guillemets. Et l’homme a déjà été épinglé plusieurs fois pour plagiat dans des écrits postérieurs à sa thèse. Apprenant cela, je me suis aussi dit que l’on pourrait aussi voir quelques éléments « plagiés » (guillemets importants) dans ma thèse car il existe peut-être 4-5 pages maximum (sur un peu moins de 480, annexes comprises) dans lesquelles je reprends des idées, quelques formulations, en récupérant ou modifiant des figures (parfois pour montrer autre chose), mais bien sûr en citant abondamment et systématiquement les auteurs. Quand on est honnête, d’abord avec soi-même, avant de l’être avec les autres, on ne s’attribue pas le travail d’autrui. J’ai été moi-même victime d’une forme de plagiat, hors cadre strictement universitaire ; on avait « pompé » intégralement mon travail en y ajoutant quelques fioritures et en vendant le tout sans la moindre citation. De la littérature grise que je n’aurais jamais dû voir, mais j’y avais eu accès un peu par hasard, 5-6 ans plus tard. Dans un premier temps, je n’avais pas immédiatement compris que l’écrit et les figures étaient issus de mon travail. Hors contexte, on n’y pense pas forcément.

Donc, d’accord pour citer, compléter, reprendre, contredire... c’est un peu l’un des objectifs de l’argumentation scientifique appuyant son propre travail. Mais deux tiers de la thèse consacrés à ce que les autres ont fait, pas seulement dans les idées, mais également dans les formulations, sans vraiment citer les auteurs, apparemment, cela me semble très curieux. Est-ce quelque chose de courant dans les thèses de philosophie (des sciences), je l’ignore. Mais à mon avis, c’est totalement inconcevable en sciences « dures ». J’en conclus, un peu méchamment, que la philosophie, même des sciences, manque de rigueur... scientifique. Au-delà de la blague, j’avoue ne pas bien comprendre. Faut-il pour autant livrer aux chiens l’ex-docteur ? Je ne pense pas, mais alors pas du tout.

Je cite mes sources : France inter au départ ; tout est parti en 2024 d’un travail d’Arrêt sur images https://www.arretsurimages.net/articles/these-plagiee-etienne-klein-perd-son-doctorat ; https://www.franceinfo.fr/sciences/l-universite-paris-cite-retire-le-doctorat-du-physicien-etienne-klein-en-raison-de-plagiats-constates-dans-sa-these_8057555.html ; https://actualitte.com/article/131901/scolarite/plagiat-d-etienne-klein-des-excuses-au-reglement-de-comptes ; https://actualitte.com/article/131872/scolarite/etienne-klein-perd-son-doctorat-apres-une-enquete-sur-le-plagiat-de-sa-these

 

 

Où étais-je début juin ? Quatre indices.

Une forme de provocation.

 

Une autre provocation.

 

Ça, ce n’est pas une provocation.

 

Et ça, c’est un petit peu plus loin.

 

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31 mai 2026

Brèves (longues) cornusiennes du dimanche 31 mai 2026

J’ai pu constater depuis presque 24 ans que parmi les collègues avec lesquels j’échange le plus régulièrement, pas mal sont régulièrement invités à des mariages ou autres cérémonies équivalentes. Ce n’est pas tellement notre cas. Je pense que c’est lié au moins en partie avec l’importance de la famille (et de la proximité avec ses membres, sinon, Fromfrom serait concernée puisqu’elle avait environ 45 cousins germains), le cercle amical, au fait que ses enfants arrivent en âge de dire oui. Mais voilà l’exception qui confirme la règle : nous avons été invités à un mariage le samedi de Pentecôte. Une amie proche de Fromfrom qui avait été sa directrice pendant plusieurs mois lors de ses premières suppléances dans les écoles du coin. On l’avait d’ailleurs invitée, avec son compagnon d’alors, à notre mariage breton l’année suivante… Depuis, elle avait connu bien des déconvenues avec ses conjoints, mais elle pas passé un cap et les choses semblent bien stabilisées. Malgré la chaleur qui commençaient, nous avons passé un bel après-midi et une chouette soirée, avec quelques animations bon enfant et assez peu de danses, contrairement au mariage de ma cousine où je m’étais ennuyé ferme et où nous étions rentrés avant le dessert. On m’avait demandé de faire des photos après le départ du photographe professionnel après 19 heures. Ce n’est pas mon truc, mais je m’en suis quand même chargé. Le gâteau était une pièce montée à trois étages, c’était la première fois que j’en voyais une de cette catégorie (voir photo). D’habitude, c’étaient des montages en choux et nougatine ou un empilement de kouignoù-amann ou des gâteaux classiques pour notre mariage.

 

 

En parlant de fête, j’ai été assez halluciné d’entendre une collègue, à peine trentenaire, dire à une autre qu’elle était débordée pendant son temps libre, car elle devait préparer son anniversaire qui avait lieu plus d’un mois plus tard. Je n’ai rien dit, mais je me suis dit que nous étions à des années-lumière par rapport à nos priorités. Enfin, cela ne fait de mal à personne.

 

Les deux phénomènes décrits ci-après n’ont absolument rien de nouveau, mais je pense qu’il se sont notablement aggravés ces dernières années, ce qui les rend préoccupants pour l’ensemble de l’humanité et le reste.

Le premier peut être nommé « dénialisme », une forme de dénégation des faits, de l’évidence, de rejet des acquis scientifiques... Il peut prendre plusieurs formes et est souvent motivé par des raisons politiques, idéologiques, religieuses, d’avidité, de cupidité... Cela peut engendrer la mise en avant de mensonges, de remises en cause de consensus scientifiques avec diverses manœuvres : les allégations sans preuve, les arguments d’autorité, le complotisme... Parmi les sujets qui font régulièrement l’objet de dénialisme : la rotondité de la Terre, les théories modernes de l’évolution, les changements climatiques, la vertu de la vaccination, la crise de la biodiversité... Les politiques en sont très adeptes en niant les réalités, en cassant le thermomètre (pour ne pas voir qu’on est malade ou à quel point il fait chaud), en intimidant les tenants des savoirs, en les faisant taire, en les assassinant. Le trumpisme apparaît donc comme une des formes les plus complètes et hallucinantes de ce que j’appellerai l’« hyperdénialisme ».

Le second peut être nommé « ultracrépidarianisme », la propension à donner des avis autorisés (comme disait Coluche) sur des sujets qui sortent de ses domaines de compétences. Encore une fois, cela a toujours existé, mais l’amplification du phénomène semble avoir suivi la multiplication des médias audiovisuels (années 1990-2000), le développement d’internet (un peu avant 2000), les réseaux sociaux (après 2010 surtout). Ce phénomène fait également appel aux arguments d’autorité (soi-même ou en convoquant des experts ou prétendus tels pour marteler des âneries). Ainsi, durant les différentes guerres du golf, d’Irak ou impliquant d’autres contrées du Moyen-Orient, on avait vu « fleurir » sur certaines chaines d’information (ou plutôt de propagande) quantité d’experts qui racontaient un peu n’importe quoi pour se faire mousser. Les exemples sont tellement nombreux qu’on a l’embarras du choix. J’avais cité il y a quelques années, Claude Allègre, non pas lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale (il y aurait sûrement à dire, mais je ne maîtrise pas), mais après, à propos des changements climatiques (il faisait clairement partie des climatosceptiques ou climatonégantionnistes) ainsi que d’autres arguments relatifs aux sciences environnementales et du vivant, ce qui avait démontré à mes yeux combien le « grand scientifique » (géochimiste) avait abandonné toute démarche scientifique, ce qui est un comble. J’en viens à un éditorial matinal de D*om*ini*que Se*u*x sur France inter il y a une dizaine de jours. Déjà, en temps normal, je ne le supporte pas. Déjà, en temps normal, j’estime que ce n’est qu’un simple journaliste qui a fait un peu d’études en économie (bac+3 il me semble) et a fait science-po. Bon, il n’y a pas que la question des diplômes ni le cursus, mais la façon dont il se comporte face à des ultra-spécialistes, des chercheurs, des experts en économie et qui ne vont pas dans son sens, souvent avec des arguments spécieux et orientés, m’énerve copieusement. Mais bien sûr, il ne s’arrête pas là, c’est maintenant un expert en écologie et biodiversité puisqu’il ne comprends pas pourquoi on fait des études d’impact sur le site d’une ancienne mine abandonnée pour y implanter une nouvelle usine, qu’on fait des inventaires dans les différents groupes biologiques et qu’il faille un an pour cela, parce que bien sûr, du haut de sa science implacable, il a décidé qu’il n’y avait rien. Et à faire son poujadiste habituel sur le trop de règles environnementales qui empêchent l’économie et autres fadaises. Un abruti qui ne vaut pas mieux qu’un vulgaire clampin de droite extrême. Car bien sûr, on sait d’expérience (je le vis tous les jours) que pas mal de sites industriels ou miniers, des carrières abandonnées peuvent accueillir des tas de choses intéressantes qu’il convient de préserver au mieux. Et le journaleux n’a pas entendu parler de la loi de 2016 et de non-perte nette de biodiversité. Je ne dis pas que tout va bien de ce côté, mais il y a quand même quelques progrès et on peut s’en réjouir, même si cela reste notoirement insuffisant.

2 mai 2026

Lys de la vallée de mai 2026

Le Muguet de mai (ou littéralement, selon la traduction du nom scientifique, Convallaria majalis, Lys de la vallée de mai) est une espèce herbacée vivace à rhizome de la famille des Asparagaceae (famille des asperges, proche de la famille des lys). Il s’agit d’une espèce de sous-bois ou de lisières forestières se développant sur des sols modérément secs à frais, ni trop acides, ni calcaires. La plante est présente en Europe, en Asie occidentale et boréale et en Amérique septentrionale. En France, elle est assez fréquente, sauf dans l’ouest où elle est moins abondante et est absente du pourtour méditerranéen et de la Corse. Il s’agit d’une plante abondamment cultivée à des fins médicinales (historiquement), de parfumerie, et bien sûr ornementales. Toute la plante est extrêmement toxique. Il existe divers cultivars, y compris à fleurs roses.

Presque tous les ans, des personnes s'empoisonnent avec cette plante, la confondant généralement avec l'Ail des ours. Pourtant, quand on a un peu de jugeote, on ne devrait pas confondre : consistance des feuilles différentes, pas les mêmes fleurs différemment parfumées et odeur des feuilles très prononcées chez l'Ail des ours et inodore chez le muguet.

 

Photos prises hier matin de brins issus du jardin (cultivar). La floraison est très avancée cette année, ce qui m'avait fait craindre le fait que Calyste n'en trouve pas aisément, car dans les bois du Dragon terrassé, ils étaient bien en fleur déjà, alors que ci on exclut les 25 dernières années, une année sur deux, on peinait à avoir du muguet fleuri le 1er mai une année sur deux.

 

Hier, près de chez nous à H., avait lieu la brocante habituelle dans les rues (ce qui nous agace fortement dans le principe) et on y vendait du muguet et je peux vous dire que tous les brins n'avaient pas une fraicheur exceptionnelle, avec pas mal de fleurs qui viraient au jaune...

 

 

16 avril 2026

D'un anniversaire à l'autre

Cette année, l’anniversaire fromfromien a été bien attristé par le décès et les obsèques de son frère aîné. La cérémonie religieuse a eu lieu dans l’église où nous nous étions passés pour notre mariage il y aura dix-neuf ans cette année. J’ai vu l’église avec un autre œil et je l’ai même redécouverte. J’ai revu aussi pas mal de personnes que je n’avais vu qu’à ce moment là et je dois dire que si j’en ai reconnu plusieurs, ils ont parfois bien vieilli, comme moi, comme nous. J’ai été assez étonné par le nombre assez important de personnes présentes et en particulier par les cercles amicaux du défunt (dont le club de pétanque). J’ai même repéré dans les personnes venues faire une dernière salutation au défunt, une personne qui lui ressemblait beaucoup par le physique et l’attitude. Une autre « cérémonie » en cercle très restreint (mère, fratrie, nièces et moi) avait lieu ensuite à Lorient au crématorium. Très triste, mais sobre et pas question de succomber dans la sinistrose, puisque nous nous sommes retrouvés ensuite à la maison de la duchesse mère pour un apéritif dinatoire qui a été finalement assez joyeux.

La veille (le dimanche), malgré les circonstances, nous avions quand même fêté dignement l’anniversaire de Fromfrom chez la duchesse mère.

 

Et du coup, un mois et un jour plus tard, il est temps de souhaiter l’anniversaire karagarien !

 

4 avril 2026

Brèves cornusiennes du samedi 4 avril 2026

« Toi, tu as de la chance, tu peux licencier ! » C’est la phrase prononcée par le président d’un établissement public (syndicat mixte) à ma présidente (d’association principalement de collectivités territoriales). Il faisait référence au fait que la Région prévoyait de diminuer de 15 % sa contribution. Or, la quasi-totalité des agents de l’établissement public en question sont des fonctionnaires territoriaux, ce qui fait qu’on ne peut pas les licencier. Je précise que l’établissement en question n’avait pas subi de baisse l’an dernier et que je sais de source fiable qu’il a un bas de laine anciennement hérité et jamais consommé. Cette phrase prononcée par un « ami » politique (même parti) a tout de même choqué ma présidente, qui elle, comme nous, est passée de justesse à côté de trois licenciements économiques l’an dernier. Les manques à gagner cumulés qui se profilent obligeraient à un plan de licenciement assez massif (pas moins de dix personnes) en 2028 et nous n’aurions pas les moyens de payer les primes légales… Il y des claques qui se perdent devant de tels propos d’enfants gâtés qui ont autant d’humanité et de conscience qu’une moule. Je ne suis hélas pas très étonné, mais pour un politique prétendument modéré, cela montre une immense médiocrité moyenne de la classe politique.

Un rendez-vous en visio jeudi soir avec nos correspondants régionaux de l’État m’a beaucoup ému et soulagé. Le responsable a dit qu’ils ne pourraient rien faire sans nous en région et que nous sommes absolument indispensables et qu’ils ne nous laisseraient pas tomber (car le licenciement « assez massif ») dont je parlais plus haut conduirait à une grave impasse : pertes de compétences, impossibilité de réaliser des tas de tâches, non-respect de plusieurs pans de notre agrément et sans nul doute les personnes restantes seraient démotivées et quitteraient le navire… d’où un effondrement. Je suis personnellement très attaché à maintenir au mieux une bonne ambiance, même quand des nouvelles inquiétantes surviennent. Et jusqu’à présent, les salariés ont globalement confiance en la direction, ce qui reste essentiel à mes yeux. Nous faisons preuve au mieux de transparence, même si nous gardons pour nous le plus anxiogène. C’est d’ailleurs moi qui me charge de cette forme de communication, pas si simple, mais qui semble appréciée. Donc, le fonctionnaire de l’État nous a donné quelques nouvelles pistes pour l’avenir, ce qui va engager beaucoup de travail et cela pourrait nous sauver la mise pendant quelques années supplémentaires. Bien trop tôt pour crier victoire, mais cela fait retomber la pression. Et puis, si ces services de l’État nous ont toujours soutenus, ont toujours été attentifs, je ne m’attendais pas forcément à une telle déclaration. Certes, cela s’explique par notre agrément ministériel, au fait aussi que nous nous efforçons toujours de leur donner satisfaction lorsqu’ils nous sollicitent (parfois à la dernière minute). Mais c’est aussi une question de personnes (côté fonctionnaires de l’État et côté direction) car je sais aussi que tous les organismes homologues au nôtre n’ont pas de relations aussi fortes. D’excellentes relation, donc, qui tranchent avec certaines formes d’irrespect, de maltraitance d’une trop grande part des élus et fonctionnaires de la Région.

25 mars 2026

Les cons, ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnaît !

Être taxé d’incompétence peut énerver, si on est réellement incompétent dans certains domaines. Je me déclare d’ailleurs incompétent dans de nombreux domaines. Être taxé d’incompétent par un énergumène qui ne maîtrise pas le dixième des connaissances de son interlocuteur énerve aussi.

Depuis quelques années, je fréquente deux à trois fois par an un tel énergumène. Il est le con*seiller, l’att*aché de la vi*ce-*pré*si*den*te de R*é/gi*on chargée de la biodiversité, laquelle est aussi membre « ordinaire » de notre CA. Et lors des réunions bilatérales à la R*é/gi*on ou les grand-messes régionales, il est présent. Pas le reste du temps (c’est important d’ailleurs, car s’il était un peu plus présent sur le « terrain », l’énergumène aurait un peu plus d’épaisseur). En février 2025, lorsque la VP nous annonça une très forte diminution de de notre subvention et que je brandissais au moins trois emplois menacés, il était là pour argumenter sur des dispositifs de retours à l’emploi, sans le moindre commencement d’empathie pour les personnes potentiellement concernées (je précise qu’on n’a licencié personne, mais cela s’est joué à rien). Il m’avait fait penser à nombre de témoignages lus ou aux films vus çà et là, impliquant ces personnes que l’on envoie comme DRH dans certaines grandes entreprises pour procéder à des licenciements massifs, sans le moindre état d’âme. J’avais appris que cet énaergumène d’environ 35 ans était déjà un ancien militaire, toujours réserviste et qu’il était Bourguignon. Il a dû hériter du pire des deux catégories.

Au début du mois de mars 2026, nouvelle convocation avec la vi*ce-*pré*si*den*te de R*é/gi*on. Avant de m’annoncer une nouvelle baisse de subvention (non chiffrée), elle nous demande (à ma pré*si*den*te et à moi) comment ça va et j’évoque notre situation et les perspectives financières d’ici 2028. L’énergumène se permet de contester ou au moins de commenter tous mes propos. La vi*ce-*pré*si*den*te fait preuve d’écoute et les deux autres fonctionnaires (cadres supérieures) ne disent pratiquement rien. Et il ne fait pas qu’ouvrir son clapet, il dit d’énormes conneries que je suis le seul à démentir ou à nuancer fortement. Ma présidente le fait un peu aussi, mais elle ne se sent pas à l’aise sur le fond. Bref, une vraie tête à claque, un « repetaret » (Calyste connait sans doute le mot que l’auteur du dictionnaire du parler du Pilat traduit par grincheux, rouspéteur, définition à laquelle j’ajoute la notion de contradicteur invétéré et le fait de ramener sa fraise à tout bout de champ). Encore une fois, se vérifie l’idée selon laquelle ce sont ceux qui s’y connaissent le moins qui en parlent le mieux. Je n’étais pas en position pour l’attaquer frontalement pour lui dire que c’était un âne : j’étais en position de faiblesse.

Quelques jours après, ma présidente l’a recontacté pour tenter de reprendre la température. Toutefois, la vi*ce-*pré*si*den*te ne sait pas grand-chose sur ce qui nous est réservé et en plus, elle n’a pratiquement aucun pouvoir. Et elle m’a révélé que l’énergumène s’est permis de lui dire qu’il fallait me virer parce que je ne comprenais rien aux aspects économiques et financiers de la R*é/gi*on. Elle nous (mon collègue picard et moi) a annoncé cela la semaine dernière dans le cadre d’un repas de travail amiénois précédent une réunion beauvaisienne. Elle nous a dit qu’elle avait fait mine de ne pas comprendre. Le type vient de changer de crèmerie : il est parti dans le privé dans une société s’occupant d’environnement. C’est un peu ma chance, il va arrêter de me nuire. J’en ai profité pour dire ce que je pensais de cet imbécile toxique et qu’il ne comprenait rien à rien à ce qu’est une association et sa gestion financière. Je ne suis ni un spécialiste de de la question ni juriste en droit financier de l’économie sociale et solidaire, mais je nage dans le bain depuis onze ans avec ma directrice spécialisée.

Cela m’a bien énervé. C’est la première fois qu’on me rapporte le fait qu’on voulait me virer. Sachant d’où cela vient, cela ne m’a pas complètement déprimé, mais cela montre le pouvoir de nuisance de certaines personnes car il a peut-être quand même semé des bombes à retardement chez les esprits faibles ou mal équipés. Quelque part, cela démontre que je dérange malgré mon côté relativement mesuré sur la forme. Mais il reste le fond : la vérité dérange toujours quand elle ne plaît pas.

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Cornus rex-populi
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