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Cornus rex-populi

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12 mars 2026

Gothiques

Nous avions entendu parler de l’exposition temporaire « Gothiques » au Louvre-Lens. Nous y sommes allés en janvier, une semaine avant la clôture. On trouvera ici un descriptif de cette exposition. Je n’étais pas tellement attiré par nombre d’aspects du « mouvement gothique » né vers la fin du XXe s., même si ce dernier peut puiser certaines inspirations dans certaines irradiations néogothiques et le fantastique du XIXe s., qui ne sont pas sans intérêt. Bien entendu, notre intérêt principal venait de l’art gothique lui-même (né au XIIe s.) dont les œuvres occupaient la majorité de l’espace. Beaucoup d’œuvres sculptées et des moulages et copies. Parmi les copies, l’extraordinaire Vierge d’Autun (voir l’originale du musée Rolin ici). Nombreuses copies, donc, parfois récentes, ce qui a fait que je suis tombé sur la plus célèbre (pour moi en tout cas, mais qu’en pensera Calyste ?) Annonciation de van der Weyden, en pensant d’abord que c’était une copie. Mais non, c’était bien la vraie, celle du Louvre, que je n’avais pas vue quand nous y étions allés… D’ailleurs, l’examen de près n’a laissé aucun doute sur le caractère authentique et exceptionnel de l’œuvre.

Attribué à Rogier van der Weyden (Tournai [Belgique], 1399 ou 1400 – Bruxelles, 1464). L’Annonciation. Vers 1440. Huile sur bois.

 

Je n’ai pas forcément rephotographié des œuvres graphiques que nous connaissons bien, venant du musée de la Chartreuse de Douai, mais qui étaient bien mises en valeur.

Une autre curiosité : une peinture apparemment du XVe s. mais peinte en 2024. On aurait pu s’y laisser prendre.

Malo Chapuy (Lyon, 1995). Retable de la Nativité. 2024. Huile sur bois de chêne.

 

On poursuit la visite, dans le désordre.

Jean Pouzadoux (Rom, 1829 – Viroflay, 1893), mouleur. Ange au seau d’eau bénite de la cathédrale Notre-Dame à Reims. Vers 1230-1240 (reproduction). 1881. Moulage en plâtre.

 

Paris (abbaye Saint-Germain-des-Prés). Statue rétrospective du rois mérovingien Childebert. Entre 1239 et 1244. Pierre calcaire anciennement polychromée.

 

Attribué à Jacob Cornelisz Van Oostsanen (Oostzaan [Pays-Bas], 1470 – Amsterdam, 1553) ou à son fils, Dirck Jacobsz (Amsterdam, 1497-1567). Portrait de Jan Gerritsz an Egmond tenant une sculpture en buis. Verse 1520-1530. Huile sur bois.

 

Sainte Élisabeth et la Vierge de la Visitation, détail du tympan du portail de droite du « portail royal » de la cathédrale de Chartres, vers 1140 (reproduction). Moulage en plâtre.

 

Saint-Denis (Île-de-France). Panneau de vitrail de l’abbatiale de Saint-Denis : le signe du Tau. Vers 1140-11444. Verre teint dans la masse, grisaille, plomb.

 

Atelier de moulage de Musée des Monuments français. Statue de sainte Marie Madeleine d’Écouis (Normandie). Vers 1311 (reproduction). XXe s. Plâtre patiné.

 

Atelier du moulage du musée des Monuments français. Statue de sainte Véronique de la collégiale d’Écouis (Normandie), vers 1311 (reproduction). XXe s. Plâtre patiné par Bouton (Mouleur).

 

Attribué à Évrard d’Orléans (vers 1270-1357). La communion de saint Denis. Vers 1340. Marbre avec traces de polychromie.

 

Bruxelles. Relief de l’Annonciation. Vers 1500-1510. Chêne avec polychromie originale.

 

Paris, artiste proche de Jean de Liège (1330-1381). Présentation au Temple. Vers 1370-1380. Marbre.

 

Île-de-France. Vierge à l’Enfant des collections Spitzer et Arconati-Visconti. Vers 1325-1350. Marbre.

 

Jean Pouzadoux (Riom, 1829 – Viroflay, 1893), mouleur. Le Tentateur de la façade de la cathédrale de Bâle du XIVe siècle (reproduction). 1883. Moulage en plâtre. A noter, la tête est plus grosse que les proportions « normales », ce qui est souvent le cas pour les statues placées en hauteur et donc vues d’en bas.

 

Joseph-Noël Sylvestre (Béziers, 1847 – Paris, 1926). Le sac de Rome par les barbares en 410. 1890. Huile sur toile.

 

Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). D11 [bulldozer gothique]. 2009. Acier inoxydable.

 

Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). Camion-benne tordu (dans le sens des aiguilles d’une montre). 2013. Acier inoxydable.

 

Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). Suppo (Karmanyaka). 2012. Bronze. Karmanyaka est un monde fantastique et divin du contre « Les frères cœur-de-lion » de l’autrice suédoise Astrid Lindgen (1907-2002).

Jacopo Bellini (Venise, 1400-1470). La Vierge d’humilité adorée par un prince de la maison d’Este. Avant 1450. Huile sur bois.

 

Paris. Gargouille ornée d’une femme accroupie et d’un monstre. Vers 1500. Pierre.

 

France (Sainte-Chapelle de Paris ?). Statue de saint Louis. Vers 1300. Bois d’if polychromé.

 

Bourges (Cher). Le Christ entouré de chérubins portant l’âme de sa mère. Vers 1400-1415. Marbre.

 

Il y avait vraiment beaucoup de monde ce jour-là pour visiter cette exposition, sans doute parce qu’elle touchait à sa fin (des collègues, qui y étaient allés la semaine précédente ont eu l’air de dire qu’il y avait bien moins de monde). Je ne connais rien à la contre-culture gothique, mais j’ai pu constater qu’une part significative de visiteurs (5 % ?) en étaient issus ou au moins en avaient certaines apparences : tout de noir vêtu ou presque (ce jour-là, sans que je l’ai voulu, je l’étais presque également), des vêtements longs, un teint blanc(les femmes surtout, moins pour les hommes), des chaussures à semelle épaisse ou « perchées-compensées » (femmes surtout), des tatouages apparents, des piercings divers, des cheveux noirs ou presque… Certains n’arboraient qu’une partie de ces caractéristiques, mais c’était quand même assez frappant (selon mes collègues, c’était moins frappant la semaine précédente).

L’exposition était intéressante et bien réalisée d’un point de vue muséographique (c’est toujours bien fait au Louvre-Lens). Même si l’art gothique (architecture) et ses évolutions étaient assez bien expliquées, j’ai quand même trouvé que cela restait assez superficiel, que cela manquait de précision, de détails. Peu de choses en effet sur les différenciations régionales ou au contraire les convergences, les exports. Bref, assez peu de choses sur ce que Karagar nous explique depuis tant d’années et qui me paraissent toujours très intéressantes. J’imagine que cela aurait nécessité plus de « matériel » et sans doute plus d’experts parmi les concepteurs ? Et sans doute plus d’espace, sauf à retirer d’autres choses. L’exposition était sans doute trop « grand public » pour cela. Il n’en reste pas moins que c’était agréable dans l’ensemble.

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6 mars 2026

Brèves cornusiennes du vendredi 6 mars 2026

Les jours, voire les heures du frère aîné de Fromfrom sont désormais comptés. En effet, sa situation était déjà considérablement dégradée et là le corps médical, après accord, a arrêté de l’alimenter et il est sédaté pour éviter qu’il souffre.

 

Depuis septembre, la seconde toiture de notre maison a été refaite (bac-acier isolé et vraies fenêtres de toit), ce qui avait nécessité des travaux importants. Et depuis, nous avons des fuites à deux endroits sur le toit, qui ne sont toujours pas résolues après déjà un grand nombre de tentatives de réparations. Les fuites ne nous font pas / plus de dégâts, mais cela reste pénible. L’entreprise doit encore revenir…

 

Fromfrom a entamé depuis une petite quinzaine un traitement par médicament biologique dans un hôpital de Lille pour son asthme. Pourvu que cela soit efficace (cela peut prendre plusieurs mois).

 

Fin janvier, un matin, alors que je rejoignais la gare de B. par une petite route que j’emprunte peu souvent, j’ai dérapé sur une plaque de verglas et je me suis retrouvé au fossé. Je précise que j’ai des pneus neige, mais le verglas est traître. Par excès de confiance, j’allais peut-être trop vite. Pas un fossé ordinaire, mais de ceux où on peut y mettre une voiture sans que cela ne déborde. Résultat : la voiture renversée sur le côté à 45°. J’essaye de m’extraire, mais je n’y parviens pas car je n’arrive pas à maintenir la porte ouverte, qui se referme sur son propre poids. Deux voitures passent sans s’arrêter (les conducteurs ne pouvaient pas ignorer ce qui se passait). Les deux suivants furent les bons et purent me tirer par les deux mains. Sans eux, je n’aurais pas pu y arriver, sauf à ouvrir la fenêtre ou ramper. La voiture extraite par la dépanneuse, elle pouvait rouler sans problème. Seul le pare-chocs a été partiellement abîmé et un pneu blessé (mais non percé). Il y a eu un loupé entre l’assureur et l’expert, mais cela ne m’a pas handicapé, car on m’avait mis à disposition une voiture pendant 15 jours.

 

Le dimanche précédent le Mardi gras pendant lequel nous avions fait les bugnes, nous nous sommes aperçus d’une fuite, cette fois-ci des eaux d’évacuation sous l’évier. Ce n’était bien sûr pas le siphon qui était bouché, mais le tuyau noyé dans le sol entre l’évier et un regard. J’ai essayé la soude, l’acide chlorhydrique, puis un premier petit furet, puis un second plus grand furet, le débouchage par jet à pression depuis le regard et de nouveau la soude et l’acide. Rien n’y a fait. Nous avons fait appel à un déboucheur qui a fini de déboucher, mais surtout qui a permis de voir grâce à des caméra qu’une partie du tuyau d’évacuation était en acier et qu’il fuyait. C’est peut-être l’eau de condensation de la chaudière qui a provoqué le souci (eau très acide constatée chez mon père). Sur les conseils du déboucheur, au demeurant sympa, nous avons constaté la possibilité d’aller se raccorder à l’évacuation de la salle de bain, en passant sous les meubles de la cuisine, pourvu que je mette une pente suffisante. Le chantier n’était pas si simple, mais infiniment plus que s’il avait fallu casser la dalle dans la cuisine et au-delà. Je suis donc allé acheter ce qui fallait dont une scie sabre, seule façon correcte de découper une fenêtre dans le fond du placard, dans le placo et pour couper le tuyau à l’arrière, noyé dans la laine de verre. J’ai cru devenir fou lorsque pour percer la cloison entre salle de bain et cuisine, je me suis rendu compte du mille feuilles et de son épaisseur. Dans l’ordre, depuis la salle de bain : carreau de faïence, plâtre, membrane synthétique, brique pleine, placo, une première plinthe en faïence, une seconde plinthe en faïence et le tout sous les meubles de la cuisine et en évitant des tuyaux de cuivre de chauffage… J’ai dû faire un trou bien plus gros que les 45 mm de départ… Bref, une grosse galère et une autre pour étancher le raccord avec l’évacuation du lave-linge que j’ai été obligé d’abîmer en faisant la jonction. Mais finalement petite victoire et gros soulagement, ça marche après une grosse quinzaine de jours sans pouvoir verser de l’eau dans l’évier…

 

J’ai conscience que ce « catalogue » de nouvelles est assez négatif, mais je vous assure que l’on ne se porte pas mal dans l’ensemble !

24 février 2026

De 2025 à 2026 (6 et fin)

Depuis plusieurs années, mon père fait refleurir un Phalaenopsis, dont les fleurs s’épanouissent à l’occasion de la nouvelle année.

 

Le 2 janvier, nous partons nous balader autour de la retenue du barrage de Grangent, barrage hydroélectrique sur la Loire dans le département du même nom. La retenue se fait sur 21 km et 365 ha.

 

Tout près d’ici, le château et la chapelle de Grangent (Saint-Just-Saint-Rambert) semblent remonter au XIe siècle. Ils sont à présent situés sur une île depuis la construction du barrage. Auparavant, ils surplombaient le fleuve à la confluence du ruisseau de Grangent. Tout cela ne se visite pas, du moins en temps ordinaire.

 

Après avoir emprunté la route du barrage, nous remontons sur la rive gauche jusqu’à Chambles où se dresse une tour médiévale du XIe s. et l’église Saint-Pierre (le premier édifice remonterait à la même époque).

 

Du haut de Chambles, on surplombe la retenue et en face, on aperçoit Saint-Victor-sur-Loire que nous étions allés visiter ici.

 

Puis nous remontons un peu plus en amont et retrouvons la rive droite du fleuve au niveau du pont du Pertuiset à Unieux.

Comme il n’était pas trop tard et que nous étions tout près, nous décidons d’aller voir quelques édifices de Le Corbusier à Firminy, second plus grand ensemble de l’architecte dans le monde, appelé Firminy-Vert. D’emblée, nous délaissons l’unité d’habitation (1965-67) qui est un peu à part et me déprime. Nous nous intéressons à la maison de la culture et de la jeunesse (1965).

Le stade dessiné par Le Corbusier et construit par ses continuateurs (1966-68) et la piscine (1970) à peine visible à droite sur la photo.

Et enfin l’église Saint-Pierre (1970-2006) là aussi commencée cinq après la mort de Le Corbusier. Tout était fermé et j’avoue que je n’avais jamais vu tout cela. Il y a une certaine monumentalité de certains édifices, mais si je peux trouver parfois une partie des « démarches » intéressante, globalement je trouve cela assez oppressant voire assez moche. J’aurais quand même bien voulu voir l’intérieur de l’église.

Et puis nous sommes rentrés dans le Nord le surlendemain.

22 février 2026

De 2025 à 2026 (5)

Nous gagnons ensuite les terres ligériennes. Le dimanche, nous étions invités chez ma cousine (repas de famille de Noël qui a souvent lieu quelques jours après). Traditionnellement, nous sommes chargés de l’entrée qui est généralement du brochet (congelé) cuit au court-bouillon et accommodé de mayonnaise à ma façon. Seulement, cette année, je n’avais pas de brochet. Nous y avions goûté cet été, mais je n’en avais pas suffisamment pêché pour que cela convienne. J’avais donc demandé à mon père de trouver des grosses truites car je savais qu’un pisciculteur altiligérien vient vendre ses poissons (beaucoup de vivants) au village voisin une fois par mois. Je précise pour les éventuels puristes que je défie qui que ce soit de faire la différence entre des poissons frais ou congelés (et précision de la précision, qu’ils soient à congeler ou à manger le lendemain, mes poissons sont parés alors qu’ils sont encore frétillants). Je craignais que la truite soit plus « sèche » que le brochet, mais il n’en a rien été ; j’ai juste dû adapter le temps de cuisson. Deux jours plu tard, j’ai quand même cuit un brochet emmené chez ma tante près de Valence (nous étions bien moins nombreux).

Le jour de la Saint-Sylvestre, nous décidons d’aller voir le cloître Saint-André-le-Bas de Vienne qui a été restauré. J’avais bien vérifié sur les sites internet que c’était ouvert et arrivé sur place, tout était fermé. Premier appel à un numéro qui ne répond pas. Second appel à l’office de tourisme et après un bon moment, on finit par me dire que les personnes qui s’en occupent sont grippées, sans s’en excuser, ce qui me met hors de moi. Je leur dis qu’ils auraient pu mettre une info sur le site ou sur la porte pour dire que c’était fermé à titre exceptionnel, mais la dame me dit qu’elle n’est pas responsable et qu’elle a un autre appel. Manque de professionnalisme et de savoir-vivre patent. J’avais très envie de m’en plaindre après coup, mais j’ai laissé tomber. Quelle idée aussi d’aller faire une visite le dernier jour de l’année ! A la place, les ruines du château fort de la Bâtie (XIIIe s.), toujours à Vienne.

 

Puis nous rentrons en faisant quelques détours. Nous franchissons le Rhône au barrage de Vaugris (que je n’avais jamais traversé depuis que je conduis). Nous avalons jusqu’à Condrieu et là, nous remontons le coteau en direction du Pilat, en passant à la Vieille Chapelle de La Chapelle-Villars, déjà découverte ici et vue chez Calyste il y a quelques mois ou années. Sur ma première photo, j’ai gommé les panneaux de signalisation routière.

 

Peu de neige au sommet de Pilat (je n’ai même pas fait de photos). Juste une photo prise depuis le panorama au-dessous du col de l’Œillon.

 

15 février 2026

De 2025 à 2026 (4)

Le lendemain, nous sommes invités tels des rois chez Karagar et Vladimir, Plume n’ayant hélas pas pu se joindre à nous. Le repas était splendide avec des choses inédites. Bien qu’ayant passés un après-midi complet sur place, nous ne sentons pas passer le temps, c’est à chaque fois un plaisir, sur tous les sujets évoqués. Un tour du jardin est pour moi un vrai plaisir, même si je ne connais finalement que peu de choses. Et une photo à Park Pontig. Merci pour ce moment magique.

Le lendemain matin, 25 décembre, nous nous réveillons sous la neige. Les journaux annoncent qu’il n’y avait pas eu de neige en Bretagne un jour de Noël depuis 1996 (depuis 2010 dans la Loire et le Lyonnais). La duchesse mère nous commande de trouver du pain frais, mais après parcouru plusieurs communes, pas moyen de trouver une boulangerie ouverte. Nous finissons par trouver un distributeur de baguettes… et contre toute attente, elles n’étaient pas mal.

Après le bon repas, à quatre (en présence du plus jeune frère de Fromfrom), la duchesse mère reçoit pour le dessert ses trois petites filles, le plus âgé de ses arrière-petit-fils (une vraie vedette) et la sœur de Fromfrom. Cette dernière a, pour rappel, eu un AVC il y a une dizaine d’années et ne travaille plus. Elle marche très mal (plus mal que sa mère ou que mon père) et on a un mal fou à la comprendre quand elle s’exprime, conséquences de l’AVC et nombreuses dents manquantes (précisons qu’elle aurait pu se faire refaire le râtelier sans frais). Contrairement à ce que Fromfrom craignait, il n’y a pas eu de couac avec sa sœur. Précédemment, elle faisait tout pour nous éviter, de sorte que nous ne l’avions pas vue depuis 6-7 ans). Alors évidemment, cela ne vole pas bien haut. Autre ombre au tableau, le frère aîné de Fromfrom, victime lui aussi d’un AVC est dans un établissement de rééducation à Concarneau et ne va pas bien du tout (NDLR : il a fait une crise épilepsie au début de cette semaine et affaibli parce qu’il ne mange pas, il est à l’hôpital de Quimper où il a encore fait une crise d’épilepsie ce matin). Durant l’après-midi, son autre frère, est allé luis faire une courte visite. Fromfrom, elle, ne souhaite pas aller le voir et elle a certainement raison, d’autant que cela ne servirait à rien dans l’état où il se trouve.

Pour revenir à ces choses plus amusantes et « rassurantes », une partie de la fournée 2026 des bugnes !

 

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8 février 2026

De 2025 à 2026 (3)

Le lendemain, l’idée de me prend à nouveau d’aller à Doëlan (Clohars-Carnoët), baie étroite correspondant à l’embouchure du ruisseau du Sénéchal. On trouve là, une embarcation de la SNSM. Et justement, il y avait un groupe qui a embarqué sur le bateau, sans doute pour un exercice pédagogique. Les « stagiaires » étaient âgés d’une bonne soixante d’années en moyenne.

 

Nous poursuivons à Kerfany-les-Pins à Moëlan-sur-Mer, que nous connaissons bien. Voir ici, , par ici et par là.

Et avant que nous quittions les lieux, deux jeunes hommes se lancent à l’eau (il neigera 36 heures plus tard).

 

7 février 2026

De 2025 à 2026 (2)

Le même jour, nous poussons jusqu’aux environs de l’Anse de Pouldohan (Trégunc en limite de Concarneau), mais le temps n’est pas extra, contrairement à l’année précédente (voir ici).

 

Le lendemain, nous voulons voir les églises et chapelles du coin. Hélas, une des plus intéressantes, la chapelle de la Trinité de Melgven est en travaux. La plupart des édifices dans campagnes sont fermés (c’est déjà le cas en été, alors en pareille saison…). Nous nous rendons à l’église du bourg, Saint-Pierre-Saint-et-Saint-Paul de Melgven (XVIe s.)… et celle-ci est assez plaisante.

Et, chose étonnante, plus dune douzaine de crèches différentes positionnées près du chœur. 

 

Nous nous rendons ensuite auprès de la chapelle isolée de Cadol (même commune de Melgven), sorte de mini-bourg célèbre par ailleurs pour sa salle de restaurant d’un certain 3 novembre 2007, aujourd’hui transformé en garage.

 

25 janvier 2026

De 2025 à 2026 (1)

Dès les vacances arrivées, nous partons en Bretagne le samedi. Nous arrivons dans un nouveau gîte fort sympathique, cette fois à Melgven. Le chauffage est assuré par un poêle à granulés de bois dont je n’ai pas compris immédiatement le fonctionnement. Il faut dire que le propriétaire (qui le possédait depuis peu), n’était pas plus doué que moi et la notice claire comme du jus de chique. Mais après, c’est allé tout seul. Le dimanche, après avoir déjeuné chez la duchesse mère, nous allons faire un tour traditionnel du côté de Névez (île Raguenez et ses abords), puis à Trégunc (pointe de Trévignon).

 

11 janvier 2026

Mon père acteur

Durant l’été 2023, peu après le décès de ma mère, mon père avait été contacté par un ami, ancien collègue, ancien responsable syndical, plus jeune que lui et très actif dans une association locale de recherches historiques au sujet de la réalisation d’un film sur l’histoire de l’entreprise dans laquelle ils avaient fait la plus grande partie de leur carrière. L’ami en question avait d’ailleurs en son temps permis la conservation de nombreuses archives de l’entreprise, avant qu’il ne les confie aux archives municipales et départementales. Ces archives ont joué un rôle majeur pour l’histoire et ce film. Cette entreprise avait compté à son apogée, environ 800 salariés dans différents domaines parmi lesquels la réalisation de bouteilles de gaz à haute pression, de corps d’accumulateur (de style de ceux qui se trouvent sur les conduites d’eau pour empêcher les coups de bélier et la destruction des pompes), de grands réservoirs d’air comprimé à très haute pression pour la marine, en particulier pour les sous-marins nucléaires, des munitions telles que les obus (entre autres), notamment pendant la Première Guerre mondiale, mais aussi lorsque la France était l’amie de la Lybie dans les années 1980… Et des éviers en inox et pas mal d’autres « bricoles ». Mais le savoir-faire unique concernait les bouteilles de gaz à haute pression dont le mode de fabrication était unique en France et dans une bonne partie de l’Europe car entièrement forgées d’un seul bloc d’acier et sans soudure… d’où le nom du film retenu : « SanSoudure ». Les autres fabricants de bouteilles de gaz utilisaient des pièces différentes soudées. Certains clients exigeants comme les plongeurs de la Comex de Marseille ne voulaient entendre parler que de bouteilles forgées, misant tout sur la sécurité maximale, même après la fiabilisation des soudures. Mon père a travaillé dans cette entreprise de 1961 à 1992 (ma mère de 1963 à 1983). D’une entreprise familiale et innovante créée au début du XIXe siècle, elle a fini dans le giron de grands groupes industriels dont le but était avant tout le profit voire le détournement massif et frauduleux d’argent (le principal coupable à la fin des années 1970 avait été lourdement condamné mais le mal avait été fait). Je ne m’étends pas sur le sujet, ce serait trop long. Après beaucoup de péripéties, l’entreprise fut reprise par une petite partie des salariés dans le cadre d’une SCOP de 1984 à 1989. Elle fut rachetée pour une poignée de petits sous par un grand groupe métallurgique du Nord. A compter de la fin des années 1980, les ateliers ont commencé à être démantelés, ceux-ci s’étendant sur plusieurs hectares. Il ne reste presque plus rien des ateliers. Mon père a été le dernier salarié non-cadre à quitter l’entreprise en 1992 dans le cadre d’un dispositif de pré-retraite.

Le film a été réalisé par une association d’artistes locaux. Il met en scène des images d’archives, en particulier des films d’actualité ou amateurs et retrace l’histoire de la ville et de l’entreprise de sa naissance jusqu’à son extinction, avec un cadre historique sérieux et la participation d’un historien émérite (Université de Saint-Etienne) et de témoignages de cadres et surtout d’ouvriers de l’entreprise. Parmi ses derniers, mon père est le plus âgé encore en vie et intellectuellement valide. De fait, il ponctue les 90 min du film du début à la fin, parfois en voix off. Il a été filmé à 3-4 occasions. Il apparaît un peu comme une forme hybride d’ancien combattant et de vieux sage et il contribue à donner une teinte pessimiste, assez noire et fataliste au film. D’ailleurs ce ton très sombre du film convient bien à la réalité tragique vécue par l’entreprise et ses ouvriers. Je pense aussi qu’à mon sens, cela a conféré au film un vrai intérêt artistique. Cela a aussi été un vrai succès lorsqu’il a été diffusé et rediffusé dans certaines salles de cinéma durant toute l’année 2025 à proximité de RDG mais également dans une partie du département de la Loire et certains départements limitrophes. Je sais qu’une personne a vu ce film à trois reprises et qu’il a suscité pas mal d’émotion à certains. Pour ma part, je n’ai pu le voir qu’en cette fin d’année car j’ai pu l’avoir sur support numérique via l’initiateur du film et mon père. Bien entendu, si j’étais loin de tout connaître, je ne méconnaissais pas l’histoire et je connaissais un tout petit peu l’usine pour avoir rendu visite à mes parents sur place de manière ponctuelle et effectué une visite assez complète lors d’une porte ouverte dans les années 1980. Une forme de réalité concrète de l’enfer de la chaleur extrême (forge), du froid hivernal (ateliers immenses difficiles à chauffer et trop anciens), du bruit (presses, marteaux-pilons même si rarement utilisés), crasse… La sécurité au travail était parfois précaire… et il y a eu de nombreux accidents, du plus bénin à des blessures très graves à mortelles. Ma mère y travaillait à temps plein, tant que l’entreprise possédait un nombre important de salariés (plus de 300). Elle soignait les blessés, faisait de la prévention et assurait les visites médicales préventives ou non. Un médecin de ville venait tous les jours pour des visites et ce n’était pas un luxe. Seulement, tous les médecins n’étaient pas à la hauteur. Mon père avait eu vaguement l’idée que je fasse un « stage » estivale dans l’usine, mais ma mère s’y était catégoriquement opposée ; elle avait trop vu d’accidents qui arrivaient à des débutants, y compris à des professionnels, mais également à des personnes aguerries. Il faut dire que les sécurités sur les machines, quand il y en avait, étaient dépassées ou enlevées car mal faites. Et tout ce qui tape, tourne, tape ou brûle (métal en quasi-fusion, frottements, acides forts) est potentiellement dangereux.

Au-delà de l’intérêt historique et artistique du film, je trouve néanmoins que la tristesse qui en émane ne traduit pas toute la réalité. En effet, malgré les conditions de travail parfois extrêmes au sein de cette entreprise, beaucoup d’ouvriers étaient profondément attachés à leur travail et pouvaient vivre de belles choses à côté. J’ai quand même vécu ce bon côté avec mes parents et les amis et collègues de l’entreprise.

Enfin, si le film fait bien mention à la pollution de l’air. On y parle du développement de l’industrie minière dès le XVIIIe s. par l’extraction locale du charbon et de la sidérurgie et de la métallurgie depuis le début du XIXe s. et du parallèle en termes de « maltraitance » de l’atmosphère et des ouvriers qui y travaillent et y vivent localement. En revanche, le film n’évoque pas la pollution de l’eau du Gier, pollutions majeures depuis Saint-Chamond jusqu’à sa confluence avec le Rhône à Givors. Des pollutions par les eaux usées domestiques en rejet direct (jusqu’au début des années 1990 et même 1996 pour l’agglomération de Saint-Chamond), au total plus de 100 000 équivalents-habitants, mais aussi des pollutions industrielles diverses : teintureries, puissant tissu (importance, variété) de l’industrie métallurgique jusqu’à la fin des années 1970. Dans l’usine dont il est question, on se servait de l’eau comme matière première des puissant circuits hydrauliques, mais on rejetait l’eau de trempage des pièces forgées et surtout des acides forts (décapage) directement dans la rivière, sans le moindre traitement. Les huiles hydrauliques ou de trempage devaient suivre le même chemin. Pas de contrôles, pas de souci. Il faut dire que la rivière était extrêmement pauvre du point de vue de la faune et de la flore aquatique, sans poissons la plupart du temps sur la plus grande partie du cours. La loi sur l’eau renforçant la lutte contre la pollution de l’eau ne date que de 1992… et avec la régression industrielle majeure dans la vallée et les stations d’épuration, la qualité de l’eau s’est améliorée de manière assez extraordinaire (on y pêche des truites).

Mon père « ouvre le bal ». Il était ici dans le musée de la Forge de Saint-Martin-la-Plaine. Cette commune rurale a de longue date possédé un artisanat de forge, notamment des chaines et une toute petite industrie dans le domaine, qui n’a rien à voir avec l’industrie « lourde » de RDG. Une toute petite partie de cet artisanat s’est maintenu.

Dans un local communal de RDG avec certains de des anciens collègues un peu plus jeunes. On notera l’autorité, la conviction, voire la bombe dégoupillée qui peuvent impressionner certains qui n’ont pas les clés de décodage. Les réalisateurs ont joué là-dessus, c’est sûr.

Et une forme d’humour et de sourire reviennent.

Des images d’archives dont j’ignorais totalement l’existence. En 1983 (ou début 1984) lors de l’occupation de l’usine (ou maintien de l’outil de production) pendant plus de huit mois avec ma mère (qui ira travailler ailleurs) et mon père qui investira ses indemnités de licenciement, avec 142 autres salariés, dans la SCOP qui sera lancée en 1984. L’État avait promis d’investir la même somme que les ouvriers – 4 MF – promesse qu’il n’a jamais tenue. Il n’a rien fait pour que le principal concurrent et ses alliés coule l’entreprise quelques années plus tard.

Durant la même période.

24 décembre 2025

Noël 2025

Même si comme moi, vous en avez marre des âneries commerciales ou du matraquage autour de Noël, je vous souhaite le meilleur pour bien ou mieux finir l'année ! La photo date de la fin d'après-midi du 23 décembre à Kerfany, Moëlan-sur-Mer (Finistère).

 

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Cornus rex-populi
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