Brèves (longues) cornusiennes du dimanche 31 mai 2026
J’ai pu constater depuis presque 24 ans que parmi les collègues avec lesquels j’échange le plus régulièrement, pas mal sont régulièrement invités à des mariages ou autres cérémonies équivalentes. Ce n’est pas tellement notre cas. Je pense que c’est lié au moins en partie avec l’importance de la famille (et de la proximité avec ses membres, sinon, Fromfrom serait concernée puisqu’elle avait environ 45 cousins germains), le cercle amical, au fait que ses enfants arrivent en âge de dire oui. Mais voilà l’exception qui confirme la règle : nous avons été invités à un mariage le samedi de Pentecôte. Une amie proche de Fromfrom qui avait été sa directrice pendant plusieurs mois lors de ses premières suppléances dans les écoles du coin. On l’avait d’ailleurs invitée, avec son compagnon d’alors, à notre mariage breton l’année suivante… Depuis, elle avait connu bien des déconvenues avec ses conjoints, mais elle pas passé un cap et les choses semblent bien stabilisées. Malgré la chaleur qui commençaient, nous avons passé un bel après-midi et une chouette soirée, avec quelques animations bon enfant et assez peu de danses, contrairement au mariage de ma cousine où je m’étais ennuyé ferme et où nous étions rentrés avant le dessert. On m’avait demandé de faire des photos après le départ du photographe professionnel après 19 heures. Ce n’est pas mon truc, mais je m’en suis quand même chargé. Le gâteau était une pièce montée à trois étages, c’était la première fois que j’en voyais une de cette catégorie (voir photo). D’habitude, c’étaient des montages en choux et nougatine ou un empilement de kouignoù-amann ou des gâteaux classiques pour notre mariage.
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En parlant de fête, j’ai été assez halluciné d’entendre une collègue, à peine trentenaire, dire à une autre qu’elle était débordée pendant son temps libre, car elle devait préparer son anniversaire qui avait lieu plus d’un mois plus tard. Je n’ai rien dit, mais je me suis dit que nous étions à des années-lumière par rapport à nos priorités. Enfin, cela ne fait de mal à personne.
Les deux phénomènes décrits ci-après n’ont absolument rien de nouveau, mais je pense qu’il se sont notablement aggravés ces dernières années, ce qui les rend préoccupants pour l’ensemble de l’humanité et le reste.
Le premier peut être nommé « dénialisme », une forme de dénégation des faits, de l’évidence, de rejet des acquis scientifiques... Il peut prendre plusieurs formes et est souvent motivé par des raisons politiques, idéologiques, religieuses, d’avidité, de cupidité... Cela peut engendrer la mise en avant de mensonges, de remises en cause de consensus scientifiques avec diverses manœuvres : les allégations sans preuve, les arguments d’autorité, le complotisme... Parmi les sujets qui font régulièrement l’objet de dénialisme : la rotondité de la Terre, les théories modernes de l’évolution, les changements climatiques, la vertu de la vaccination, la crise de la biodiversité... Les politiques en sont très adeptes en niant les réalités, en cassant le thermomètre (pour ne pas voir qu’on est malade ou à quel point il fait chaud), en intimidant les tenants des savoirs, en les faisant taire, en les assassinant. Le trumpisme apparaît donc comme une des formes les plus complètes et hallucinantes de ce que j’appellerai l’« hyperdénialisme ».
Le second peut être nommé « ultracrépidarianisme », la propension à donner des avis autorisés (comme disait Coluche) sur des sujets qui sortent de ses domaines de compétences. Encore une fois, cela a toujours existé, mais l’amplification du phénomène semble avoir suivi la multiplication des médias audiovisuels (années 1990-2000), le développement d’internet (un peu avant 2000), les réseaux sociaux (après 2010 surtout). Ce phénomène fait également appel aux arguments d’autorité (soi-même ou en convoquant des experts ou prétendus tels pour marteler des âneries). Ainsi, durant les différentes guerres du golf, d’Irak ou impliquant d’autres contrées du Moyen-Orient, on avait vu « fleurir » sur certaines chaines d’information (ou plutôt de propagande) quantité d’experts qui racontaient un peu n’importe quoi pour se faire mousser. Les exemples sont tellement nombreux qu’on a l’embarras du choix. J’avais cité il y a quelques années, Claude Allègre, non pas lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale (il y aurait sûrement à dire, mais je ne maîtrise pas), mais après, à propos des changements climatiques (il faisait clairement partie des climatosceptiques ou climatonégantionnistes) ainsi que d’autres arguments relatifs aux sciences environnementales et du vivant, ce qui avait démontré à mes yeux combien le « grand scientifique » (géochimiste) avait abandonné toute démarche scientifique, ce qui est un comble. J’en viens à un éditorial matinal de D*om*ini*que Se*u*x sur France inter il y a une dizaine de jours. Déjà, en temps normal, je ne le supporte pas. Déjà, en temps normal, j’estime que ce n’est qu’un simple journaliste qui a fait un peu d’études en économie (bac+3 il me semble) et a fait science-po. Bon, il n’y a pas que la question des diplômes ni le cursus, mais la façon dont il se comporte face à des ultra-spécialistes, des chercheurs, des experts en économie et qui ne vont pas dans son sens, souvent avec des arguments spécieux et orientés, m’énerve copieusement. Mais bien sûr, il ne s’arrête pas là, c’est maintenant un expert en écologie et biodiversité puisqu’il ne comprends pas pourquoi on fait des études d’impact sur le site d’une ancienne mine abandonnée pour y implanter une nouvelle usine, qu’on fait des inventaires dans les différents groupes biologiques et qu’il faille un an pour cela, parce que bien sûr, du haut de sa science implacable, il a décidé qu’il n’y avait rien. Et à faire son poujadiste habituel sur le trop de règles environnementales qui empêchent l’économie et autres fadaises. Un abruti qui ne vaut pas mieux qu’un vulgaire clampin de droite extrême. Car bien sûr, on sait d’expérience (je le vis tous les jours) que pas mal de sites industriels ou miniers, des carrières abandonnées peuvent accueillir des tas de choses intéressantes qu’il convient de préserver au mieux. Et le journaleux n’a pas entendu parler de la loi de 2016 et de non-perte nette de biodiversité. Je ne dis pas que tout va bien de ce côté, mais il y a quand même quelques progrès et on peut s’en réjouir, même si cela reste notoirement insuffisant.
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