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Cornus rex-populi
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9 août 2013

Brèves cornusiennes (7)

Le mois de juillet est maintenant plus que terminé, mais je voulais en parler alors que nous y étions encore, notamment pour expliquer l’adjectif « estival » dans le titre du compte rendu des dernières vacances. Et finalement, le temps est passé et ce n’est qu’à présent que je m’explique. Ainsi donc, depuis des années, nous n’avions pas eu un mois de juillet « normal », c’est-à-dire avec un vrai beau temps, de la vraie chaleur (même si des orages vont souvent avec). En fait, selon moi, cela n’était pas arrivé depuis 2006 (je parle du temps ressenti essentiellement en Bourgogne et dans le nord de la France) et je désespérais que cela n’arrive plus comme avant. Comme souvent, les journées de grandes chaleurs sont suivies d’orages, mais cette année, contrairement aux précédentes, ces orages n’ont pas détraqué le temps pour une semaine. Ces constats ne sont valables que pour le mois de juillet parce que si je reprends l’année 2006, le mois d’août de notre mariage civil et de notre premier déménagement, avait été plutôt pourri et l’an dernier, après un mois de juillet particulièrement moche, nous avions eu une bonne dizaine de beaux jours vers la mi-août.

Sinon, on ne va pas tarder de s’éclipser pour de nouvelles petites vacances bourguignonnes. A bientôt.

 

 

 

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25 juin 2013

Codirectrice

J’ai peu parlé de celle qui fut ma codirectrice de thèse (A.) et qui est pourtant une personnalité haut en couleur. D’abord son patronyme, assez peu courant, la rapproche d’un écrivain, accessoirement médecin autrichien. Mais ce patronyme est surtout celui de son mari, ancien organiste de la cathédrale de Strasbourg et un temps chef de l’orchestre de Rennes. Sinon, elle est apparentée à la reine d’Angleterre (enfin, c’est vite dit, je ne sais pas à quel degré éloigné). Alsacienne, elle n’a strictement aucun accent, ses parents s’étant évertués à ce qu’elle ne prenne pas l’accent étant jeune.

Alors que je cherchais une codirection de thèse spécialisée, son nom m’avait été indiqué par une connaissance d’une connaissance de mon directeur de DEA (lui-même ne pouvait assurer ce rôle car il devait prendre sa retraite). Il n’était d’ailleurs pas excessivement enthousiaste pour qu’elle assure la codirection, mais faute de mieux, on s’en contenterait. Et c’est ainsi que j’ai fait sa connaissance, d’abord à Jussieu (elle était et est toujours en poste à Metz), car c’était le meilleur endroit pour nous rencontrer. C’était en 1997. La même année, elle m’avait invité à un colloque à Strasbourg sur les forêts naturelles (son dada absolu et indépassable). Elle a d’ailleurs écrit plusieurs livres qui traitent peu ou prou du sujet.

Il s’agit d’une femme vaguement féministe, engagée scientifiquement en écologie et évidemment militante pour le retour vers un maximum de forêts spontanées à défaut d’être primaires. Elle n’est pas d’accord avec les positions des gestionnaires de milieux naturels qui veulent maintenir des pelouses ou des prairies maigres qui existaient depuis des siècles compte tenu du pastoralisme extensif ancestral. Je passe sur les justificatifs scientifiques qui se tiennent, mais uniquement en théorie, car au moins pour les régions fortement peuplées, le raisonnement peut difficilement être tenu. Néanmoins, c’est elle qui m’a donné une certaine culture scientifique de la forêt que je n’avais pas ou qui reste rare, en particulier la problématique des cycles sylvigénétiques et l’approche architecturale, riches d’enseignements.

D’un autre côté, c’est une femme qui a trois idées à la seconde, pose dix questions dans le même laps de temps et ne laisse pas répondre ses interlocuteurs. De fait, seules les questions comptent. Les réponses, qui demandent argumentations et développements lui paraissent visiblement ennuyeuses. On se doute dès lors que j’ai eu un peu de mal à suivre avec elle. Elle est très épuisante et surtout, elle m’a souvent laissé l’impression d’inachevé après les réunions que j’ai pu avoir avec elle. Ce que je n’ai pas non plus excessivement apprécié, c’est un certain manque de rigueur et de précision dans ce qu’elle peut considérer comme secondaire, comme par exemple l’identité précise des espèces ou certaines approches mathématiques qui lui échappent.

Elle n’est pas toujours non plus appréciée unanimement au sein de la communauté universitaire ou scientifique, car on lui reproche ses prises de position excessives ou apparemment péremptoires et en tout cas passionnées. Elle est aussi à mon avis mal comprise, la verdeur du propos empêchant parfois d’y voir et d’en comprendre le fond.

C’est avec elle que j’avais effectué le voyage dans le delta du Danube, ce qui fut une véritable petite aventure, de son aveu même, alors qu’elle est pourtant habituée à voyager un peu partout. Elle a même évoqué la chose dans les remerciements d’un de ses livres.

Que dire de plus ? Après l’avoir beaucoup aidé pour la bibliographie de l’un de ses derniers livres, je n’entends parler d’elle que de façon très épisodique.

En conclusion : une personnalité difficile à appréhender, mais intéressante quand on peut entrer dans son jeu (ou la contredire). En revanche, je constate que je naurais jamais pu lier de véritables liens amicaux.

11 mars 2013

Presque rien sur pas grand chose (33)

De la neige est tombée toute la journée aujourd’hui. Il y a davantage sur mon lieu de travail qu’ici, mais ce n’est pas fini. Certains de mes collègues en ont marre. Ce qu’il y a de bien dans l’histoire, c’est que la réunion prévue demain dans la capitale arrageoise avec des gens que je n’apprécie pas a été reportée et que cela va me laisser un peu plus de temps pour avancer sur certains dossiers…


Cela avait été annoncé depuis longtemps, mais mon collègue doit partir à la fin du mois. Seulement, avec les congés, RTT et jours fériés accumulés, son contrat ne se termine que fin mai. Quand il a posé ses congés, j’ai cru à une blague. Mais non. Du coup, je suis coincé et il va me falloir trouver un remplaçant sans attendre fin mai sinon je n’aurai un remplaçant qu’en juillet dans le meilleur des cas. En effet, les circonstances nous interdisent de lancer un recrutement officiel. Il va falloir trouver un candidat en sous-main. Pas simple, mais j’ai quelques idées… Pourquoi ne pas les débaucher ? (rire luciférien)


Certaines personnes, qui pour des raisons personnelles, n’ont pas de voiture, sous des prétextes environnementaux et de covoiturage, ont parfois un comportement que je trouve plus que limite. Ils estiment sans rire qu’on peut aisément faire un « crochet » de 150 km (voire davantage) pour passer les prendre sur la route du sud. Certains estiment aussi qu’il est normal de les véhiculer gratuitement. Personnellement, je n’irais jamais réclamer un centime à quelqu’un que je véhiculerais. Si j’étais dans leur situation, un minimum de savoir vivre m’imposerait naturellement de payer le plein, l’autoroute ou même un geste symbolique, peu importe. Mais je ne suis pas dans leur situation, car cela me paraît difficilement concevable. Je précise que cette attitude n’est pas celle qui pourrait s’instaurer entre des amis proches ou avec des personnes qui n’auraient pas les moyens, ce qui me rend la chose fort peu appréciable. Je suis peut-être doté d’une curieuse forme d’égoïsme tordue qui fait que j’apprécie ma voiture à moi, mais eux, qu’ont-ils donc dans la tête ?

22 mai 2013

Hier, c'était concert

Hier soir, nous sommes allés écouter l’orchestre symphonique de Lille qui officie depuis à peine quelques mois dans une salle refaite à neuf et qui est, selon les spécialistes, une très belle réussite. Depuis le début de l’année, j’avais proposé à Fromfrom d’aller à ce spectacle « must du classique » sans en connaître véritablement le programme. Seuls quelques compositeurs étaient vaguement cités, et cela nous avait suffi pour réserver nos places. Pour une première dans une salle de concert d’un orchestre symphonique, il me paraissait important de viser des « valeurs sûres » d’œuvres ou de compositeurs que j’étais à peu près certain d’apprécier. C’est sans doute un des aspects de mon caractère prudent, voire conservateur, mais le but était bien avant tout de se faire plaisir par l’écoute d’un véritable orchestre symphonique. De plus, j’avais la claire intention de réserver des places de premier choix dans le « carré d’or » s’il y avait encore de la place. Effectivement, il y avait de la place et je m’attendais à payer en conséquence. Eh bien non, au tarif normal, c’était moins cher qu’une place de cinéma à tarif réduit ! Quelle bonne surprise. Nul doute que ce genre de prestation est faite pour attirer du monde, en particulier des personnes a priori assez peu habituées à la musique « classique » ou des amateurs peu cultivés dans mon genre. A la nuance près que le prix n’était pas rentré dans mes critères.

Les musiciens qui n’étaient pas déjà en train d’accorder leurs instruments sont rentrés pile à l’heure prévue, suivis du premier violon, puis du chef, l’incontournable Case-à-dessus.

La première œuvre jouée, « Fanfare pour précéder La Péri » de Paul Dukas, assez courte, montrait déjà de belles choses, mais sollicitait essentiellement les cuivres. L’originalité de ce concert (quatre représentations en tout) était aussi que quatre des œuvres étaient choisies par les spectateurs internautes (il y a une quinzaine de jours nous avions voté).

Le deuxième morceau, « Bacarolle » (« Les Contes d'Hoffmann ») de Jacques Offenbach fut un ravissement pour moi puisque je n’ai pas pu retenir des larmes d’émotion. Les choses ne se sont pas beaucoup apaisées avec « La marche hongroise » (La damnation de Faust) d’Hector Berlioz, l’introduction de « La chauve-souris » de Johann II Strauss, « Tableaux d’une exposition » de Maurice Ravel d'après Modeste Moussorgski, le « Boléro » de Maurice Ravel.

Que dire en forme de conclusion provisoire ? Je n’ai pas d’éléments de comparaison, je n’ai pas l’oreille apte à entendre ce que peut capter une oreille experte, mais j’ai trouvé l’acoustique plus qu’excellente. La respiration d’un tel orchestre a une telle profondeur, un tel souffle, que l’on ne pouvait que succomber, d’être parcouru par des fourmillements de bonheur. Et puis les musiciens étaient particulièrement bons, le chef aussi. Ce n’était pas de la soupe. Avec Fromfrom, nous avons trouvé le concert bien trop court (une heure), mais ça a été si intense pour moi que j’en suis presque ressorti épuisé. Il me (nous) tarde de recommencer avec un programme qui nous conviendra. Pourquoi ny étions pas allés avant ?

18 mai 2013

Débat pour tous

Comme le disait le célèbre évêque d’Autun, tout ce qui est excessif est insignifiant. Mais cette insignifiance peut s’avérer sacrément emmerdante voire quasi criminelle dans certains cas. Ainsi en va-t-il, des formes aiguës de certaines oppositions excitées au mariage pour tous. Je me réjouis que la loi soit enfin promulguée et mise en application très prochainement.

Jusqu’à présent, les médias n’ont quasiment relayé les positions que des opposants politiques ou des opposants religieux ou dogmatiques caricaturaux, qui ont surtout montré les différentes facettes de leur homophobie, parfois inavouée, souvent exacerbée. Nous avons peu entendu ceux qui avaient véritablement des choses pas idiotes à dire (philosophes, chercheurs en sciences biologiques, médicales ou humaines). Pas des choses à dire sur le mariage en tant que tel, mais sur les conséquences sur l’adoption des enfants ou la procréation médicalement assistée. Évidemment, débattre intelligemment de cela dans les grands médias, c’était sans doute pas assez vendeur. Je ne dis pas que le débat n’a pas eu lieu, notamment dans les premières phases de consultation avant le premier examen de la loi, mais cela fait bien longtemps que ces aspects ont disparu de l’horizon politico-médiatique alors que ce sont les seuls qui auraient mérité que l’on en discute.

Encore une fois, j’étais pleinement favorable à cette loi, y compris la problématique de l’adoption. Cependant, jusqu’en 2004-2005, je m’interrogeais sur le devenir des enfants dans les couples homosexuels, mais la confrontation avec la réalité des faits et des témoignages avaient eu raison de ma frilosité qui n’était qu’un manque cruel de culture et de connaissances. On n’a jamais fini d’apprendre des autres…

Toutefois, je me pose toujours la question de la procréation médicalement assistée. Si elle paraît assez « aisée » (tout est relatif) pour les couples de femmes, elle est, sauf erreur, bien plus difficile pour les couples d’hommes. Il y a bien ici, sinon une inégalité, au moins une différence essentielle dont il faut bien tenir compte d’une manière ou d’une autre. Je suis loin d’avoir tout vu, lu, entendu, mais cette problématique n’est pas parvenue jusqu’à moi dans le cadre des discussions. Et pourtant, il faudrait bien en parler, non ?

La problématique de la « gestation pour autrui », pour ne pas dire de « mères porteuses » me pose un problème, qu’il s’agisse de l’arrivée d’enfants pour des célibataires, des couples hétérosexuels ou homosexuels. Le problème de la marchandisation du corps, implicite ou explicite ne me paraît pas acceptable en l’état, même si certains disent que tout va bien à ce sujet, que c’est un choix, un « contrat ». Moi, j’y vois surtout des dérives possibles, parfois inavouables, dans lesquelles c’est bien finalement le plus faible qui est lésé. Je ne vois pas comment aborder le problème surtout quand on constate que le recours aux « mères porteuses » est toléré voire légal dans certains pays. Je crains que là aussi les débats intelligents sur le sujet soient peu audibles.

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4 mai 2013

Faut quand même pas pousser !

Alors que nous n’avions rien demandé, nous avons été contactés il y a quelques semaines par un conseiller financier de la Ban*que pos*tale pour « faire le point ». Le rendez-vous était ce matin. C’est une nouvelle personne qui nous reçoit, un jeune visiblement de moins de trente ans. A la question sur ce que nous voulions évoquer, je pose directement la question des taux d’intérêt de nos prêts immobiliers. Il fait ses petits calculs et nous annonce le montant que nous pourrions « gagner ». Mais là, commence une forme de chantage que je n’ai vraiment pas appréciée. En gros, ils veulent bien faire un effort, mais il faut que de notre côté, on souscrive des produits supplémentaires comme des assurances (hors de question, on veut rester dans le cadre mutualiste), d’autres produits financiers et augmenter les versements sur d’autres systèmes d’épargne… Comme si on avait une planche à billets pour fabriquer l’oseille. Le ton est monté violemment. Je n’apprécie guère que l’on me prenne pour un gamin ou un abruti et c’est exactement ce qu’il a essayé de faire. Avant que l’entretien ne se termine, j’ai fini par être extrêmement désagréable, voire insultant vis-à-vis de lui (selon Fromfrom). Il ne faut quand même pas pousser mémé dans les orties, surtout quand elle n’a pas de culotte. Une Fromfrom d’ailleurs assez décomposée par la tournure des événements, elle qui a une sainte horreur des situations conflictuelles. Personnellement, je n’en avais rien à faire : je sais très bien que je me fais plumer, mais la décence est d’au moins pas trop me prendre ouvertement pour un con et de mettre les formes dans la façon de présenter les choses et non de faire du chantage ou du marchandage de tapis de bas étage. La conséquence sera probablement que nous allions voir ce que peuvent nous proposer d’autres crèmeries. Nous n’avons rien à perdre.

7 avril 2013

Presque rien sur pas grand chose (36)


Une grosse semaine en perspective avec notre conseil scientifique et énormément de choses à régler. La semaine suivante, ce sera semi-vacances et encore la suivante la Bretagne. Cela fera du bien.


Le jardin n’est pas très beau en ce moment. On est à des années lumière de Karagarden. Curieusement, il fait sec (plus de deux semaine sans pluie – certes, cela faisait une éternité que cela n’était pas arrivé). Et c’était encore gelé ce matin. Les rosiers, malgré les protections n’ont pas aimé le froid de cet hiver. J’espère qu’il n’y aura pas de mortalité comme l’an dernier. L’azalée sur tige n’est pas morte, mais est devenue très moche. Je l’ai donc transférée dans un grand pot et je l’ai remplacée par un Rhododendron yakushimanum ‘Tina Heinje’ sur tige. Nous ne savions pas que cela existait et Karagar ne manquera pas de dire qu’il s’agit d’une nouvelle hérésie, mais ce n’est a priori pas la plus mauvaise façon d’étager et de donner de la hauteur.

5 mars 2013

Début de semaine

Hier, parti de la maison à 7h30, j’étais, comme annoncé en Angleterre, à Folkestone (près du terminal Eurotunnel dans le Kent) pour la conférence de clôture du programme européen transfrontalier qui m’occupe depuis plus de quatre ans (eh oui, déjà) et qui n’est d’ailleurs pas complètement terminé puisqu’une ultime réunion de travail est prévue d’ici la fin du mois. Avec les services de la Région et de l’État chargés de l’environnement, j’étais aussi accompagné de ma présidente et de mon directeur. Je devais intervenir à deux reprises dans la matinée.

Je m’étais entendu avec les Anglais pour une communication commune mettant en avant les côtés transfrontaliers et les résultats communs. J’en avais suggéré l’idée et je pensais que c’était bien le moins que nous puissions faire dans le cadre d’un programme européen interrégional. J’avais donc proposé un plan précis de l’intervention avec mon homologue anglais, qu’il en avait accepté à 100 % le principe. Il devait me communiquer des éléments avant son départ en congés et je n’avais finalement rien eu. Je n’avais pu récupérer que des choses au compte goutte le lundi avant que je prenne moi-même des congés. Sinon, rien sur la façon dont nous présenterions les choses concrètement ou dont nous prendrions la parole.

Et ce lundi matin, avant de commencer la présentation, je pensais le retrouver pour enfin nous entendre. Hélas, j’apprends en arrivant que mon co-présentateur n’est pas là, qu’il est en arrêt maladie. On s’inquiète à mon sujet pour savoir comment je vais pouvoir me débrouiller. Je dis, fort justement que cela ne me pose pas de problème particulier, puisque je connais parfaitement le sujet, puisque concrètement, j’ai dû me débrouiller pour faire le boulot à 99,9 %. Après cette première présentation, il devait faire une présentation anglo-anglaise à lui tout seul. Seulement, il n’avait rien préparé non plus et personne dans le Kent n’était en mesure de le remplacer au pied levé : un peu du grand n’importe quoi. J’ai quand même été largement remercié et félicité pour ma présentation. On m’a aussi fini par m’avouer que mon homologue anglais était victime d’une forme de maladie diplomatique et que depuis le début du projet, cela avait été très difficile avec lui, alors que de notre côté, nous nous étions jamais rendu compte de quoi que ce soit à son sujet, estimant même pour ma part que c’était quelqu’un de solide scientifiquement, ce qui reste vrai. Et que Karagar n’aille pas dire qu’en plus de mes collègues directs ou régionaux, je rende chèvres à présent les Anglais !

Plus tard dans la matinée, j’ai fait une seconde communication où je ne devais compter cette fois que sur moi-même. Même si cela ne s’est pas vu de façon flagrante, ma présentation était à mon goût insuffisamment préparée puisque j’avais dû consacrer plus de temps que prévu à la première communication (et je n’avais pas envie de me gâcher mes vacances).

Je suis rentré à 22 heures à la maison, globalement satisfait de ma journée.

Et ce matin, lever à 5h30 pour aller à une réunion d’experts à Amiens. Retour à 20h30 à la maison. C’est bien pour commencer une semaine en revenant de congés à peine reposé. Demain, je ne pense pas tout à fait me reposer sur mes lauriers.

23 février 2013

Typologie des P

Mon directeur avait commencé à mettre au point une typologie pour caractériser les personnes en fonction de leur capacité à comprendre ce qu’on leur explique, singulièrement en matière d’environnement ou d’écologie, mais c’est valable pour tout le reste. J’ai proposé quelques compléments et amendements. C’est un peu calqué sur le système des valeurs de P (pour psychisme) du service militaire. Je me souviens avoir vu des réformés P4 qui n’étaient pourtant pas véritablement cinglés. Voilà ce que donne cette typologie :

  • P1 : type de personnes qui comprennent immédiatement (ou presque) les choses qu’on leur explique ;
  • P2 : type de personnes qui ne comprennent pas forcément dès la première fois ce qu’on leur explique (de façon intelligible), mais qui finissent toujours par comprendre quand on leur a bien expliqué ;
  • P3 : type de personnes qui ne comprennent pas quand on leur a tout bien expliqué en long, en large et en travers ;
  • P4 : type de personnes avec lesquelles il n’est définitivement pas la peine de leur expliquer, ils ne comprendront jamais rien à rien ;
  • P5 : type de personnes qui font exprès de ne pas comprendre, mais qui en réalité comprennent très bien.

Honnêtement, je dois osciller le plus souvent entre le P2 et le P3, mais il m’arrive d’être P4 et P5. Et le P1 ne me caractérise que de manière exceptionnelle.

Bon, ce n’était pas pour parler de mes inaptitudes que je parle de cela, mais pour médire et parler de celles des autres, sinon ce n’est pas drôle.

19 février 2013

Urgences

Une note chez Christophe qui relate un récent passage aux urgences m’a inspiré cette note sur mes expériences aux urgences, heureusement assez peu nombreuses. J’en ai déjà raconté, au moins partiellement certaines.

Quand j’étais adolescent, il m’est arrivé d’aller aux urgences de mon petit hôpital local (urgences qui n’existent plus aujourd’hui) et j’avais trouvé que c’était très long, mais en fait, c’était très court si on compare à ce qu’a vécu Christophe ou ce qui est régulièrement rapporté dans les émissions audiovisuelles.

En 2000, après ma sextuple piqûre de guêpe, j’étais allé à l’hôpital d’A. J’avais attendu moins de 5 minutes avant qu’on demande de m’installer sur la table d’examen. Il est vrai qu’il était temps. Je pense qu’à l’époque, si j’avais été dans la situation d’attente de Christophe, j’aurais eu un sérieux problème, car les chocs anaphylactiques de ce style ne préviennent pas, surtout quand on ne sait pas les tenants et les aboutissants de l’affaire (et les médecins probablement pas non plus). Après la très grosse frayeur où j’avais cru mourir d’étouffement, j’avais été casé dans une grande chambre (où on ne met généralement pas de malades) pour observation jusqu’au lendemain. Le soir, l’interne m’avait allumé la télévision et avait mis la série Urgences. Non, ce n’est pas une blague. Je ne me sentais plus malade, mais comme on m’avait branché de partout et mis sous perfusion et monitoring, ce n’était pas terrible. Le lendemain, voyant l’heure tourner et ne voyant pas de petit déjeuner arriver, j’avais crié famine. En fait, on m’avait oublié. Forcément, il n’y avait personne dans la chambre que j’occupais. Un bon souvenir toutefois du personnel.

En 2004, mon médecin qui avait « décidé » que j’avais la cheville cassée, m’avait envoyé un samedi matin aux urgences de l’hôpital d’H. aussitôt sorti de son cabinet, muni d’une lettre de « recommandation ». Et là, il n’y avait personne, j’étais seul. Comme tout le monde avait décidé que j’avais la cheville cassée et alors que je marchais sans même boiter, on m’a presque forcé à m’asseoir dans un fauteuil roulant. Avant de me faire la radio, on continuait de décider que c’était forcément cassé. Après la radio, on m’a dit que ce n’était pas cassé, mais que c’était forcément une sérieuse entorse. Résultat, plâtrage tout ce qu’il y a de plus sérieux et lourd. Et immobilisation et tout le tintouin. Six jours plus tard, à la visite de contrôle, la chirurgienne déclarait que je n’avais aucune entorse, mais juste un vilain hématome. Je l’avais bien dit. Je pense qu’ils ont voulu appliquer le principe de précaution ceinture + bretelles. Cela m’a énervé sur le coup, mais je dois dire que j’avais eu la chance d’être bien portant dans l’ensemble.

En 2011, suite à mon accident de la route, j’avais été emmené par les pompiers aux urgences du même hôpital d’H. Aucune attente, alors que je n’étais pas sérieusement atteint non plus.

Depuis 2006 que Fromfrom et moi vivons ensemble, elle a fait de multiples stages aux urgences (on n’ose plus les compter). Elle a même expérimenté plusieurs établissements, dont quatre fois à H. si je ne m’abuse, dont une fois un dimanche, où je l’avais emmenée et l’attente avait été un peu plus longue, il est vrai.

En conclusion, quitte à choisir, il y a des petites villes où il est plus simple d’aller aux urgences. Mais on ne choisit pas, forcément. Et la médaille a aussi forcément son revers : peut-être un personnel médical moins expérimenté ?

16 février 2013

Tics de langage

Il existe des mots ou des expressions, couramment utilisées, qui m’agacent particulièrement. Ce sont sûrement des agacements futiles, mais le problème est répétitif et il m’arrive parfois d’en faire la remarque. Mais je me bats sûrement contre les ailes des moulins. Voici une liste, bien évidemment non exhaustive.

Au jour d’aujourd’hui

Inutile de commenter, le ridicule de l’expression hyper-pléonastique est évident. Et pourtant de bons orateurs utilisent cette horrible expression.

 

Scénarii

Le mot revient souvent et il est parfois préféré à « scénarios », sans doute pour faire plus intellectuel. Rien de spécial à redire, à part la suffisance des personnes qui emploient le mot (ce n’est pas toujours le cas, mais là, j’ai des souvenirs précis en tête). Lors d’une réunion avec un bureau d’étude, je ne sais plus comment cela avait commencé, mais ce n’est pas moi qui avait lancé le débat, mais un des interlocuteurs, pris en défaut avait affirmé que scénario était un mot latin. J’étais intervenu pour réfuter cette idée, puisqu’il s’agit d’italien.

 

Versus, abrégé en vs

Il est devenu très courant d’utiliser ce mot ou son abréviation, à l’écrit et à l’oral dans le sens de « contre » ou « par opposition à » ou autres choses dans le genre. Sauf si les latinistes me contredisent, je ne pense pas que cela soit véritablement le sens donné en latin. Le mot est semble-t-il passé par l’anglais et nous revient maintenant chez les pseudo-intellos pour montrer qu’ils maîtrisent bien les locutions latines.

 

Juste

Depuis environ un an (ou un peu plus), ce mot est particulièrement à la mode et est utilisé massivement (à outrance, jusqu’au dégoût) dans les médias, notamment par les nombreux crétins qui prolifèrent sur les plateaux de radio et de télévision. Les jeunes et les moins jeunes, pourtant pas tous décérébrés, en sont arrivés à abuser de « c’est juste pas possible », « c’est juste bien » ou autres fadaises plates.

 

Trop

Insupportable quand il est utilisé à la place de « très » et qu’il ne s’agit pas d’une pointe d’humour pour faire jeune branché : « c’est juste trop bien ». Le trop, c’est pour les chevaux !

 

Voilà

Ce mot est une assez belle marque de fabrique d’une très grande majorité de sportifs que l’on interroge avant ou après une épreuve. Je peux concevoir que l’on n’ait pas toujours des choses très épatantes à dire, surtout quand les interviews se répètent à un rythme soutenu. Mais le « voilà » est devenu un mot systématique dans bien des conversations et qui tente de venir masquer les nombreuses lacunes de l’argumentaire.

12 janvier 2013

Presque rien sur pas grand chose (29)


Depuis lundi, France inter est en grève et aucune émission, aucune information n’est diffusée. Cette fois, j’ai essayé d’écouter France bleu Nord. L’avantage très important à mes yeux est que contrairement aux radios privées généralistes, il y a peu de publicité. En revanche, en dehors des informations « nationales », les programmes sont assez affligeants :

  • actualités sportives régionales interminables d’une bêtise sans nom (je ne parle pas des chiffres financiers des clubs sportifs qui me mettent malade) ;
  • opération « on fait la route ensemble » qui donne certes les conditions de circulation régionales très utiles, mais ces flashs sont très pénibles et surtout, ils sont accompagnés d’appels d’auditeurs qui sont sur la route (lamentable racolage) ;
  • discussion autour de films ou de chanteurs très (trop) connus qui n’ont pas besoin de publicité : c’est évidemment ringard et c’est une autre forme de racolage qui ne risque pas de faire découvrir des choses un tantinet nouvelles ;
  • horoscope en ch’ti : comme on le sait, je suis hautement allergique à l’astrologie, mais je pensais que c’était de l’humour et que cet horoscope était une blague. Eh bien non, pas vraiment, la chose est quotidienne et cela fait des années que ça dure, paraît-il. En plus, c’est du ch’ti bas de gamme qui met en valeur les tenants de la médiocrité régionale.

De fait, il faut reconnaître, d’après mes collègues de travail que cette radio est loin d’être la pire, c’est dire… Une fois dans la voiture, je me « branche » que France culture, cela contraste. Aux heures où je l’écoute, ce sont les infos ou le soir une émission plus ou moins liée à l’actualité avec des débats qui tiennent la route (il vaut mieux).


A propos de Nostre Damme landicole, voici une petite info que Nostre Plume n’a pas donnée : cliquer ici.



Fromfrom a aussi fait une semaine de boulot complète. Depuis six mois qu’elle n’avait pas travaillé, elle est fatiguée ce soir, mais satisfaite. Cela se passe plutôt bien avec sa classe de CM1/CM2, même si les CM2 n’ont parfois pas le niveau des CM1. Et son genou, s’il ne fait pas des flammes, tient à peu près le choc. Bonnes nouvelles, qui me font plaisir aussi.

[Entre parenthèses crochets, c’est quand même malheureux que ce soit moi qui me sente obligé de donner des nouvelles. ]

16 décembre 2012

Presque rien sur pas grand chose (28)


Qu’elles soient politiques ou autres, les idées de « Mi-s(h)el Sarre-doux », sont loin d’être ma tasse de thé, et plus encore mon tastevin de Chambertin. Toutefois, ce que le chanteur a pu dire à propos de l’exil fiscal de « J’ai-rare De Part-Dieu » en Belgique n’était pas une connerie. D’ailleurs, cet exilé, lui, n’a jamais cessé de descendre dans mon estime. Qu’il est loin de temps de l’acteur dans Fort Saganne, Jean de Florette ou Cyrano de Bergerac. Depuis des années déjà, combien de provocations, de vulgarités, de propos moisis pour ne pas dire complètement pourris ? Et l’acteur, pourrait être avantageusement remplacé par d’autres, meilleurs, et à qui on ne ferait pas de ponts d’or pour leur prestation.


Vendredi après-midi, réunion pour un site Na*tu*ra deux-mille à la lointaine extrémité du département. Malgré les autoroutes, une heure trois quarts de trajet à l’aller et une demi-heure de plus au retour à cause des bouchons lillois. Le président du comité de pilotage (maire du chef-lieu de canton et vice-président du Conseil général), qui n’a vraiment rien d’un écolo (c’est malheureusement le cas dans la quasi-totalité des sites Na*tu*ra deux-mille que je connais), m’a presque surpris en disant, au sujet de la présentation des résultats partiels des études écologiques, qu’il se disait intéressé, étonné par autant de choses qu’il ignorait jusqu’alors. Et bien qu’ayant un peu pris la présidence du comité par défaut, il voyait désormais les choses d’une manière différente, surtout depuis la naissance de sa petite-fille. Parole d’élu (donc suspecte) ou véritable évolution ? En tout cas, il n’a pas fini d’en entendre parler et je veux bien croire, cette fois, qu’il a évolué. Le monde agricole aussi, curieusement, s’est montré sensible à certains discours. Une toute petite pierre à l’édifice, mais c’est aussi comme cela que l’on peut croire que l’on sert encore à quelque chose, à la longue.


Autre bonne nouvelle, nous avons encore récupéré 80 000 € supplémentaires de l’État. Ce n’est pas encore tout à fait suffisant, mais cela vas nous permettre d’aborder 2013 avec plus de sérénité.

7 décembre 2012

Compte rendu de lecture et éclairage partiel sur l'auteur

GENEVOIX M., 1969. – Au cadran de mon clocher. Plon, Paris, 295 p.

Je viens de terminer la lecture de ce livre. Il ne s’agit pas d’un roman, mais d’un récit autobiographique. J’avais déjà lu des éléments autobiographiques de l’auteur dans la trilogie Tendre bestiaire, Bestiaire enchanté et Bestiaire sans oubli, mais ceux-ci n’étaient évidemment pas cohérents. J’avais trouvé plus de cohérence dans Trente mille jours, publié en 1980, année de sa mort.

Ce récit n’est assurément pas le meilleur livre de Maurice Genevoix, mais on y retrouve les ingrédients classiques de son œuvre. Quelques constructions de phrases peu classiques, un vocabulaire rare et précis invitant à ouvrir le dictionnaire (pas à chaque phrase bien sûr). Mais surtout l’enfance de l’auteur dans son village ligérien, l’indispensable recours à la poésie du fleuve. En clair, j’étais en terrain connu. Les éléments les plus intéressants, ce sont les descriptions des mœurs villageoises, des métiers de l’artisanat, du commerce, de la paysannerie (…) au début du XXe siècle. Certains aspects économiques sont également abordés et sont à mon avis mal connus : les prix agricoles très bas, surtout sur des terres solognotes peu productives, la misère des paysans et de leurs filles, les bûcherons qui se tuaient à la tâche alors que les tronçonneuses n’existaient pas encore… Et puis, la description des mœurs et querelles politiques locales, souvent hautes en couleurs, les confrontations entre Droite et Gauche, d’un autre temps (elles étaient déjà complètement dépassées lorsque le livre a été écrit). Je crois que c’est le seul livre où l’auteur parle de politique même s’il prend garde à ne jamais s’impliquer, s’engager. Il faut dire que le récit montre le ridicule des affrontements, d’un côté comme de l’autre et montre aussi le côté finalement bon enfant de ces querelles, à quelques exceptions près. En bref, pas un grand livre, mais quelques passages intéressants.

A l’occasion des cérémonies du 11 novembre, certains ont évoqué l’éventualité d’un transfert des cendres de Maurice Genevoix (une simple hypothèse à mon avis). Pourquoi cette idée ? L’écrivain a certes participé à la guerre, y a été grièvement blessé, puis a écrit plusieurs romans de guerre qui ont largement marqué leur temps et révélé l’auteur après 1918. Je dois dire pour ma part que je n’ai pas tout lu de cette première œuvre, d’autant que cela n’incite guère à la poésie. D’ailleurs, dès les années 1920, Maurice Genevoix n’a pour ainsi dire plus véritablement écrit sur la guerre. Sa seconde épouse est décédée en 2012, tout comme sa fille Sylvie, qui était mariée à Bernard Maris, économiste universitaire que les auditeurs de France inter doivent connaître. Est-ce que la disparition récente de ces personnes qui explique cette idée de transfert de cendres ?

Maurice Genevoix, issu d’une famille plutôt modeste est normalien, a obtenu le prix Goncourt en 1925 (Raboliot) et est devenu immortel en 1946, avant d’occuper longtemps le fauteuil de secrétaire perpétuel. Est-ce suffisant pour en faire un homme de droite ? C’est pourtant ce que j’ai entendu à la radio, où on l’opposait à Louis Aragon. Je ne suis néanmoins pas d’accord. Je ne connais pas bien les prises de position de Maurice Genevoix lorsqu’il était à la tête de l’académie française (on n’en trouve pas trace), mais ce que je puis dire, c’est que dans l’ensemble de son œuvre littéraire (je n’ai pas tout lu, mais j’en ai quand même beaucoup lu), rien ne permet de classer cet homme à droite. Certes, on ne trouve pas dans cette œuvre des positionnements clairs à gauche. Mais qui ne se positionne pas clairement, caricaturalement à gauche, à un respect des écrivains prétendus à droite, des institutions (…) serait-il automatiquement classé à droite ? Je ne suis pas l’avocat de Genevoix, mais je constate néanmoins que dans son œuvre, on observe des positionnements humanistes clairs et répétés (désintéressés), un refus de l’embrigadement, une liberté certaine, une sympathie pour la philosophie fouriériste (dans Rémi des Rauches il me semble)… Cela ne veut rien dire. Peut-être l’homme votait-il à droite, mais même si c’était le cas, est-ce que cela en fait un écrivain de droite ? Clairement non pour moi. Un homme de droite ? Pas davantage. Alors, Mesdames, Messieurs les journalistes, éclairez nos lanternes avant de mettre des gens dans des catégories qu’ils auraient eux-mêmes refusé. N’avait-il pas lui-même été qualifié d’écrivain régionaliste, ce qu’il avait refusé, à juste titre.

6 décembre 2012

Placard

Fromfrom a reçu une lettre aujourd’hui pour l’informer qu’après 3 mois d’arrêt, elle n’aurait plus droit à un salaire complet. Avant la signature et le nom de la signataire, il y avait le placard ci-dessous. En plus du « bon » usage de la majuscule, on n’ira pas me dire que le mammouth a été dégraissé. Combien y a-t-il encore de niveaux hiérarchiques au dessus avant le ministre lui-même ?

Pour le Directeur Académique
Des services de l’Education Nationale,
Directeur des services départementaux
De l’Education Nationale du Nord,
Par délégation, la Secrétaire Générale,
Par autorisation, le Chef de division,
Et par empêchement, l’Adjointe au Chef de division

17 novembre 2012

Avis de suppression de quelques notes

Aucun événement particulier ne l’a commandé, mais j’ai fait le ménage dans le blog et j’ai supprimé 30 à 40 notes sur ces quatre dernières années (dont certaines très récentes, fort peu cryptées et pas très nuancées) dans lesquels je parlais de choses très conjoncturelles liées à la sphère professionnelle sur lesquelles des yeux mal attentionnés auraient pu tomber et mal interpréter. S’il le faut, je ne me priverais pas de publier des notes analogues, mais pour une durée limitée.

Le plus embêtant dans cette histoire, ce sont les commentaires qui en ont fait les frais. Que l’on veuille bien me pardonner.

13 novembre 2012

Grand jeu de pourrissement

La marquise de Fromulus doit à la communauté bloguesque plusieurs recettes, et certaines depuis très longtemps. Comme rien ne vient alors que son genoux en compote lui autorise à batifoler sur la toile et qu’elle doit s’acquitter de cette obligation, je décrète, en tant que roi de Cornusie centrale et septentrionale et duc héritier par alliance de la Genêtière occidentale qu’il convient, pour tous les lecteurs de ce blog, de pourrir de commentaires le blog de la marquise de Fromulus, jusqu’à ce qu’elle dépose les armes et nous pondent une note. Voici le lieu le défoulement : http://fromfromgirl.canalblog.com/

11 novembre 2012

Novembre d'anniversaires

Ce début du mois de novembre est riche en fêtes et anniversaires.

Le 1er, c’était la Toussaint, la fête des chrysanthèmes et même mon anniversaire, mais aussi celui de mon directeur (nous ne nous sommes découverts nos dix ans d’écart il y a seulement deux ans) ;

Le 3, le cinquième anniversaire de notre mariage religieux ;

Le 5, la fête de la marquise de Fromulus, mais aussi l’anniversaire d’un collègue (je ne l’ai appris que le lendemain) ;

Le 7, l’anniversaire de Calyste (je n’en connaissais pas la date exacte) ;

Le 8, l’anniversaire d’un autre collègue trentenaire ;

Ce 11 novembre, pas seulement l’anniversaire de l’armistice de 1918, mais aussi et surtout le septième anniversaire de ma première rencontre physique historique avec la marquise de Fromulus. J’avais mis du temps à l’époque à me décider à aller la voir là-bas dans cette terre extrême-occidentale, lointaine et inconnue. Elle m’avait pourtant séduite depuis plusieurs semaines, mais je craignais des déceptions de chaque côté quand nous nous découvririons pour de vrai. Et puis n’avait-elle pas dit, sans détour, lors de nos premières conversations, qu’elle n’envisageait pas de quitter sa Bretagne. N’avais-je pas connu moi aussi des déceptions et des blessures ? Mais vers le 20 octobre, j’avais pris ma décision, mû par une confiance retrouvée. Une décision dont j’avais informé Maître Karagar, qui avait été, semble-t-il, presque étonné, mais qu’il avait encouragée avec enthousiasme. Mais dès ce soir du 11 novembre 2005, tout allait basculer pour de bon, pour le meilleur.

10 novembre 2012

Réplique au rouleau compresseur

Il y a quelques années, un propriétaire (un chef d’entreprise) s’est fait pincer pour avoir partiellement remblayé une zone humide en toute illégalité. Je ne sais pas comment a été géré ce dossier au début par l’administration chargée de la police de l’eau et de la nature, mais à l’automne 2011, le propriétaire a mandaté un ingénieur agronome, expert près la cour administrative d’appel, pour réaliser une expertise visant à démontrer que la zone humide n’en était pas une. Je n’ai lu qu’hier, en partie, ce premier rapport d’expertise de l’expert en question : il s’agit d’un épouvantable tissu d’âneries que même le plus mauvais des étudiants n’oserait pas écrire (des choses qui seraient à faire encadrer tant elles mériteraient plusieurs prix Nobel de botanique ou d’écologie). Un rare concentré de conneries qui méconnaît en outre complètement le droit dans lequel s’insère la réglementation sur l’eau et les zones humides.

Voyant cela, l’administration d’État, missionnée par le Préfet, nous demande ce printemps une contre-expertise afin de démontrer le caractère humide de la zone considérée. Bien qu’informé de la chose, je n’avais pas participé à ce travail. Mais après le rendu du rapport de notre expertise, le propriétaire a contre-attaqué, en demandant une nouvelle contre-contre-expertise au même ingénieur agronome expert. Cette fois, le rapport s’inscrit un peu mieux dans le cadre de la réglementation en vigueur, mais l’interprète librement à sa façon pour démontrer qu’il a raison. Ce nouveau rapport consiste notamment à démontrer que notre rapport rendu cet été n’était pas correct. Il démolit notre rapport sur de nombreux points, en utilisant des moyens malhonnêtes pour faire sa démonstration. Il y a certes quelques petites maladresses de présentation dans notre rapport que je n’aurais pas laissé passer si j’avais dû le relire, mais il n’en demeure pas moins que notre expertise était tout à fait correcte.

Je connais très bien la réglementation sur les zones humides puisqu’en 2008, j’ai activement participé au contenu et à la rédaction de l’arrêté ministériel et à la circulaire associée. Devant la gravité de la situation, j’ai pris le temps ce vendredi de tout éplucher dans le dernier rapport d’expertise de l’ingénieur agronome. Il n’est en effet pas question que l’on puisse laisser se développer de telles pratiques fourbes et véreuses. Il fallait donc répliquer de façon extrêmement ferme.

J’ai donc passé pratiquement ma journée de vendredi à démonter le dernier rapport ligne par ligne, mot par mot, en ne laissant rien passer. Ma charge type rouleau compresseur ne fait pas moins de 6 pages, mais je n’ai utilisé, à mon sens, aucun mot ou formule indiquant un jugement de valeur (ce n’est pas l’envie qui me manquait). Tous mes arguments sont neutres, juridiques, scientifiques, soigneusement référencés et contrôlés. Je n’avais jamais fait ce genre de travail, à la fois pesant (je ne m’autorise aucun droit à l’erreur ou à l’imprécision), mais également excitant car visant à faire triompher le droit envers des individus qui considèrent probablement qu’ils sont exonérés de respecter la loi et qui s’avèrent singulièrement malhonnêtes en ayant demandé deux expertises à un ingénieur agronome incompétent ou malhonnête, et certainement les deux à la fois. Après cela, j’étais un peu vidé. Nous enverrons cela la semaine prochaine.

15 octobre 2012

Rats des villes, rats des champs

J’ai parfois travaillé et vécu « à la ville ». Quand je parle de ville, je veux dire, une grande ville, une agglomération d’au moins 150 000 habitants. Je n’aimerais pas habiter durablement dans une grande ville. Cela me stresse rien que d’y penser.

Quand j’ai dû partir du cocon familial après le bac, je me suis retrouvé à Tours. Cela ne m’enchantait pas énormément de me retrouver là-bas. Hasard ou choix inconscient, j’ai logé dans un quartier de maisons individuelles avec jardins à Saint-Cyr-sur-Loire. La Loire n’était pas si loin, déjà… Lorsque les bancs des études se sont déplacés au sud de l’agglomération, je me suis retrouvé à la lisière d’un parc arboré, en réalité une ancienne forêt où trônait la faculté des sciences.

A Marseille, mes cours avaient lieu au nord-ouest de la ville et mon logement était plutôt dans le sud-est, dans des espaces ouverts à proximité de la plage du Prado. Je n’avais rien choisi, j’avais pris un des derniers logements que je pouvais prendre à la SONACOTRA.

Je me suis ensuite retrouvé à Orléans, mais au sud, à La Source, et mes trois adresses successives m’ont toujours placé à la périphérie de l’agglomération.

Et quand je suis arrivé dans le Nord, je ne me suis pas précipité à Lille. Par rapport à la ville où se trouve mon lieu de travail (où il était impossible de trouver un logement), je me suis éloigné un peu plus de la capitale régionale.

Du coup, par rapport à nombre de mes jeunes collègues, comment se fait-il que la plupart d’entre eux choisissent d’aller y habiter alors qu’ils travaillent à la campagne et qu’ils n’ont pas d’attache particulière à Lille ? Je comprends bien leur motivation, notamment celle d’être au plus près des événements culturels. Mais comment supportent-ils le bruit dans cette ville, le stress engendré par cette circulation incessante ? Car bien sûr, ils n’habitent pas forcément dans les beaux quartiers, ni dans des coins au cachet architectural ou paysager particulier. Je ne comprends pas bien cette attirance pour les grandes villes. Et pourtant qu’il me semble doux d’habiter dans de petites villes ou à la quasi-campagne, surtout quand on n’est pas trop loin des « services » et que l’on peut aisément se déplacer.

14 octobre 2012

Du chagrin d'amour au marteau

L’autre jour, a été diffusé, à l’occasion du journal télévisé, un reportage sur les chagrins d’amour des adolescents. Je ne l’ai pas regardé, mais j’en ai entendu quelques éléments. Bien sûr, ce n’est certainement pas la première fois que l’on parle de ces choses là qui sont certainement d’une très grande banalité. Cela m’a rappelé mon passé d’adolescent et même de post-adolescent très attardé. Comment envisager un chagrin d’amour quand on n’envisageait pas le début du commencement d’une rencontre amoureuse ? Depuis les années collège (et après), je voyais quelques-unes de ces amourettes se donner en spectacle à la sortie ou dans la rue. Et ce n’était pas un phénomène rare. Je trouvais cela assez curieux, à peine pensable. Je réservais cela aux adultes, mais pas forcément à ces jeunes de mon âge. D’une manière générale, il ne s’agissait pas de bons élèves et j’ai longtemps établi une corrélation évidente entre « amour » et échec scolaire. Le fait de ne pas être dans ce système ne m’a d’ailleurs pas mis à l’abri de l’échec scolaire. Mais de toute façon, mon éducation, ma manière d’être, mon environnement familial, mes goûts ne m’auraient pas permis d’être comme ces jeunes adolescents qui s’embrassaient en public et vivaient des choses dont j’ignorais à peu près tout. A cette époque, je ne me sentais pas concerné par ces choses là, et en définitive, cela n’avait rien de choquant, parce que je n’étais pas le seul dans ce cas. Pas le seul, même si au fil du temps, cela fut de moins en moins le cas au fur et à mesure que les années s’écoulaient, notamment après le bac.

Alors, que dire de ces adolescents interrogés sur leur chagrin d’amour ? Qu’aujourd’hui encore, ils me paraissent totalement superficiels. Outre les adolescents, on interrogeait les parents, les psys. On disait qu’il fallait prendre cela au sérieux, qu’il n’y a pas de petite souffrance. Certes. Et une fois encore, je me suis rendu compte qu’en plus d’avoir été un attardé immature, je suis un vieux schnock. Même si j’avais eu l’audace et la maturité suffisante à l’époque d’avoir une « copine », je pense que mes parents auraient mis leur véto, alors que dans nombre de reportages que je vois ou entends, l’existence du petit copain ou de la petite copine font partie des choses en général tout à fait naturelles à cet âge. Bon, je sais que cette « normalité » est en partie feinte, car à voir et à discuter avec les étudiants qui viennent faire leur stage au boulot, je les sens finalement moins éloignés que ça de nous. Mais peut-être qu’eux aussi à 23-25 ans, ils sont déjà largement « has been », car ils ne possèdent pas le dernier « smartphone » à la mode et ne passe pas le plus clair de leur temps (nuit comprise) à fessebouquer, comme le font nombre d’ados, fils et filles d’instits collègues de Fromfrom. J’imagine aisément comment aurait fini l’appareil dans une situation transposée dans le passé avec mon père : un coup de marteau, et en l’occurrence, il aurait eu raison. Je rêverais d’être prof ou instit pour faire la même chose aujourd’hui. Mériterais-je alors d’aller en prison ?

7 octobre 2012

Retour sur images : notre jeune nièce

Voici une note que j’aurais dû écrire et publier au mois d’août.

La plus jeune (environ 12 ans) de nos nièces (la dernière des filles de la sœur de Fromfrom) a fait sa rentrée en classe de cinquième en ce mois de septembre. Cet été, elle est venue passer une quinzaine de jours à la maison pour la quatrième année consécutive avec sa grand-mère (la Duchesse mère). Pourquoi je parle de ça ? Parce que le destin de cette gamine ne m’est pas complètement indifférent et parce que sa situation est particulièrement compliquée. Quand j’ai connu les parents et les trois filles, c’était le 31 décembre 2005, ils vivaient encore tous ensemble à la maison dans un charmant pavillon HLM de la « Lande à genêts ». Depuis, la fille aînée a quitté le domicile familial. Bac en poche, elle vit sa vie, de façon plus ou moins désordonnée, mais elle se débrouille a priori fort bien. La deuxième fille, elle, n’a aucun diplôme significatif et avait pris la suite de sa grande sœur comme serveuse dans un restaurant de Concarneau. Mais contrairement à la première, elle semble poursuivre dans ce métier. Au cours de l’été 2008, les parents se sont séparés (le divorce n’a été effectif qu’à l’automne 2011). La mère, après formations « pour s’occuper des vieux » fait des petits boulots dans ce domaine, mais semble désormais être plutôt au chômage. Elle est alcoolique même si elle essaye de le cacher. Caractéristique de la maison pour la petite demi-douzaine de fois où j’y suis passé : on n’a quasiment qu’un seul liquide à vous offrir (ce n’est pas le problème), mais on vous apporte individuellement à table le verre préalablement rempli (pas question de voir la tête de la bouteille). L’explication est évidente : on a probablement un peu honte du vin blanc pétillant servi qui est un liquide corrosif acheté probablement à moins d’un euro la bouteille. C’est surtout qu’on en fait une consommation non négligeable. Je précise que je n’ai jamais fait le moindre début de remarque ni jamais évoqué avec elle ou son ex-mari mes préférences ou que j’étais amateur de vins (je n’ai même jamais fait le moindre commentaire). Si des choses leur sont venues aux oreilles, je n’y suis pour rien.

Le père travaillait dans une usine de plats cuisinés de poissons à Concarneau. Pour des raisons qu’on a du mal à s’expliquer, il s’est retrouvé en arrêt maladie et n’a jamais repris le travail. Avant cela, il avait eu un retrait de permis (à vrai dire, pas le premier) pour conduite en état d’ivresse. Car lui aussi est alcoolique et cela se voit. Depuis longtemps, il faisait les bistrots en buvant et en jouant aux jeux de hasard, en y laissant une part très significative de son salaire. Après avoir habité dans divers endroits, il séjourne depuis environ deux ans dans une caravane à la campagne, dans un confort et une hygiène très relatifs. Il a globalement un comportement d’adolescent attardé et s’est longtemps complu à raconter monts et merveilles pour l’avenir de ses filles, suscitant des espoirs toujours déçus. Sa mère est quant à elle une personne particulièrement infecte d’après ce qu’on m’a rapporté.

Voici un portrait particulièrement peu flatteur, mais il est hélas en dessous de la réalité. Comment en est-on arrivé là ? Difficile à dire dans le détail, mais on peut émettre des hypothèses. Tout d’abord, la sœur de Fromfrom a voulu quitter le domicile parental le plus tôt possible, pour fuir son père essentiellement. En exagérant un peu, on peut dire qu’elle a presque pris le premier venu pour concrétiser cette « fuite ». On peut penser qu’il en allait un peu de même pour celui qu’elle avait épousé. Et puis, ils ont pris un restaurant près de Carhaix. Cela a été une erreur majeure. Ils se sont voilés la face et cela a été une catastrophe. Lui, devait se débrouiller à peu près en cuisine, mais il n’avait aucune formation pour tenir les affaires. Sa naïveté et ses aptitudes d’adulte inaccompli ont fait le reste (elle n’est sans doute pas innocente dans l’affaire non plus). Ils se sont donc enfoncés dans les difficultés et les dettes. Et ils sont revenus à la « Lande à genêts », très abîmés par cette mauvaise expérience. Elle, qui était titulaire d’un bac+2 n’a jamais pu retrouver du travail dans son domaine car entre temps, informatique oblige, tout avait évolué plus vite que la musique. Et peut-être aurait-il fallu s’éloigner. Et quand on deux puis trois filles… Les premières ont dû d’ailleurs pas mal se prendre en charge pendant ce temps-là, ce qui n’a peut-être pas eu que des effets négatifs (enfin, je l’espère car ce n’est pas une certitude).

Revenons donc à notre nièce de 12 ans. Elle vit donc chez sa mère et va voir son père au moins une partie des vacances. Elle va voir aussi son autre grand-mère (du moins elle y allait). Ces deux personnages ne sont malheureusement pas des références très palpitantes pour qu’une telle gamine puisse se construire.

La première année où elle est venue à la maison, elle ne voulait rien manger de ce qu’on lui servait car cela sortait largement de son quotidien monotone que l’on pourrait résumer en « jambon-purée » ou en « steak haché-nouilles ». Probablement jamais de légumes verts frais (et même en conserve ?), jamais de poisson non carrés, jamais de fromage en dehors des yaourts premier prix, très peu de fruits. Et surtout, elle mange toujours seule quand elle est chez elle, ses parents ayant pris l’habitude depuis le restaurant de manger en décalé. Mais cette habitude logique à l’époque est devenue détestable après. Le repas ne constitue pas ce moment de « socialisation » familiale. Un moment qui n’est pas forcément positif dans toutes les familles, mais qui l’est quand même dans la majorité des cas. Cependant, d’années en années et singulièrement cette année, notre nièce s’est mise à manger de tout ou presque de ce qu’on lui offrait, même si elle reste très dissipée à table. Elle reconnaît elle-même que c’est bon et varié et qu’elle mange très bien chez nous. Elle qui a un appétit d’oiseau (elle est très grande pour son âge et maigre comme un clou) mange bien à la maison. Au détour d’une phrase, elle nous a avoué que le soir chez elle, il lui arrive de dire à sa mère qu’elle a encore faim. Et sa mère de lui répondre qu’elle est fatiguée et qu’elle n’a qu’à se débrouiller. Je précise qu’on ne lui a jamais montré comment se faire cuire des choses simples.

Sur le plan de la santé, ce n’est pas toujours flamboyant : eczéma et asthme ont des conséquences fâcheuses. Elle n’est visiblement pas suivie correctement sur le plan médical (eh oui, cela a un coût de se faire soigner). Il en a été de même lorsqu’elle s’était cassé le bras : la rééducation chez le kiné avait été jugée superflue. Certes, cela peut être le cas, mais si cela se fait en général, c’est qu’il y a sans doute une raison. Bref, j’ai le sentiment très net que la santé de la gamine n’est pas considérée comme une vraie priorité par ses parents. Je vais être plus vache en disant que les vraies priorités sont clairement la cigarette et l’alcool. La mère n’avait-elle pas dit un jour à Fromfrom que la cigarette était son seul luxe. Que dire de cela sinon une absence de prise de conscience (apparente ou avouée du moins) que l’on est drogué et que l’on ne tente pas de faire quelque chose pour y remédier. Mais la prise de conscience ou faire quelque chose n’est peut-être plus possible pour la mère ? Ou tente-elle par là une sorte de lent suicide plus ou moins inconscient ? Je ne sais pas.

Si l’on tente d’observer le niveau scolaire de la gamine (ce que j’ai fait l’an dernier et cette année), j’ai pu constater qu’il est assez faible dans l’ensemble. Le plus déstabilisant pour moi est surtout qu’elle ne montre aucune curiosité. Par exemple, elle n’a ouvert aucun des livres que nous avons à la maison, et pourtant nous sommes bien pourvus en livres illustrés et de qualité dans tous les domaines (Fromfrom avait beaucoup gagné à Questions pour un champion). J’ai la fâcheuse tendance à comparer par rapport au gamin que j’étais au même âge. Comme me l’a fait remarquer Fromfrom, cette comparaison n’est pas raison dans la mesure où j’ai pu bénéficier d’une cellule familiale autrement plus stable, stimulante et interactive. Pourtant, je n’étais pas un élève brillant ni un grand lecteur. Par ailleurs, il s’avère que cette gamine n’a pas la mémoire de ce qu’elle fait en classe. Elle n’a quasiment rien pu me dire de son programme de l’année dans les différents domaines scientifiques. Je suis également surpris qu’elle ne connaisse pas à cet âge ses tables de multiplication (je me souviens que je les maîtrisais en fin de classe de CE2). Bon j’arrête de faire mon « ancien combattant » et mon vieux schnock, mais force est de constater que notre nièce est bien délaissée sur le plan scolaire et il serait étonnant qu’elle fasse des flammes au collège dans les années qui viennent. C’est vraiment dommage et quelque peu rageant, d’autant qu’on ne peut pas faire grand-chose.

24 août 2012

Presque rien sur pas grand chose (18)

Évidemment, le titre de la note est bien mal approprié pour comme souvent, mais il fallait que je le dise. Les années 2010 et 2011 avaient été totalement indemnes de fractures et autres entorses fromfromiennes. L’année 2012 ne sera pas un aussi bon cru même s’il est encore un peu tôt pour tirer une conclusion définitive. Mercredi vers 15 heures, la belle après avoir déposé dans le coffre de la voiture ses courses au supermarché du coin, fut renversée par une voiture qui reculait. C’est surtout un genou qui a pris dans la chute. Le fautif a conduit sa victime aux urgences (je n’ai appris la chose qu’après 18 heures). Résultat, plus de peur que de mal, pas de fracture, mais quand même une attelle et des cannes anglaises pour l’instant. Il faut attendre pour le diagnostic. Nous espérons que cela ne sera pas grave, mais c’est quand même douloureux. A suivre.

Cela ne tombe pas formidablement bien, mes parents sont à la maison presque deux et demi après leur précédente visite. Ceci dit, pas de travaux en perspective, juste du poisson et du crabe de Boulogne-sur-Mer et une visite dimanche dans l’un des hauts lieux des bas pays bourguignons.

28 juin 2012

Sandwich

Ce n’est pas nouveau, ni une prise de conscience récente, ni même quelque chose de grave ou de fondamental, mais ce n’est pas une raison pour ne pas cracher son venin. Seuls les sandwichs faits maison et les plus simples trouvent grâce à mes yeux. Mais il y a des cas où on n’a pas le choix. Une fois par mois, comme on nous « oblige » à « réunioner » en mangeant, la direction fait commander des sandwichs à un traiteur bio. Jusque là, le pain n’avait jamais été formidable, mais la dernière fois, c’était vraiment à la hauteur. Ce qui me dérange encore, comme c’est le cas dans nombre de sandwichs qui se veulent sophistiqués, c’est que l’on mélange allègrement divers ingrédients qui, à mon goût, ne vont pas bien ensemble. Je me passerais bien de salade, de tomate, de mayonnaise dans un sandwich. Quand l’ingrédient est simple et à mon goût (jambon, saucisson, rillettes…) le plus souvent, il se transforme en façon papier à cigarettes. Pourquoi diable ne peut-on pas concevoir de vrais bons sandwichs avec de la baguette toute simple mais bien cuite (et pas de la baguette pas cuite avec une mie façon polystyrène expansé) et une bonne tranche de jambon bien épaisse, avec ou sans beurre ? Ah ben oui, ça coûte trop cher à fabriquer et je me dis que les gens aiment manger des saloperies. Suis-je le seul à considérer que tous ces sandwichs différents ont tous le même goût quelque soit leur composition, la pseudo-mayonnaise masquant la misère des ingrédients de base ? Je dois faire partie de ces gens qui parfois se contentent de la médiocrité même si ce n’est pas grâce à moi que les vendeurs de saloperies fourrées vont faire fortune.

Ce midi, entre deux réunions lilloises, je ne suis pas allé prendre un sandwich. Je me suis accordé avec moi-même pour aller prendre une salade – très honnête – dans un « bistrot ». [Seul bémol, mes voisins de gauche n’ont pas cessé de parler de football, ce qui m’a pour le moins énervé. Je me dis que si par je ne sais quel miracle salutaire on supprimait un jour le football, il y aurait des suicides massifs. Faudrait-il le regretter ? Je suis méchant et intolérant, mais ça me fait du bien de le dire.] Je précise que la semaine en général, je ne mange pas des trucs épatants, je fais réchauffer au four à micro-ondes, un repas très simple préparé généralement le matin-même, constitué le plus souvent de poisson (sans sauce) et de légumes et d’un ou plusieurs fruits. Ce n’est pas gastronomique, mais ce n’est pas si mauvais, c’est plutôt sain, ce n’est pas cher et c’est moi qui l’ai fait. On a aussi la chance de pouvoir faire ça sur le lieu de travail dans une pièce dédiée.

17 juin 2012

Presque rien sur pas grand chose (16)

Thier*ry Rol*and est mort. Mon allergie vis-à-vis du football, en particulier professionnel, radiodiffusé ou télévisé, est bien connue. Je suis partisan d’envoyer balader tout cela en coupant (ou en réduisant drastiquement) toute subvention publique directe ou indirecte à ce sport professionnel (et à d’autres sports professionnels). Quant à l’homme mort hier au prénom funeste et au nom qui ne l’était guère moins, je ne verserai pas de larmes, tant je n’ai jamais apprécié l’individu qui s’accordait merveilleusement bien avec l’image que je me fais du supporteur de football. Heureusement, je sais bien que tous les supporteurs de foot ne votent pas à l’extrême droite. Bon, je caricature, mais on aura compris que je n’ai guère apprécié le montage en épingles du décès de cet individu moyen.


Le candidat de gauche, maire de notre bonne ville, après avoir battu la sortante au premier tour est désormais député. Cela n’est pas une très mauvaise nouvelle. Qu’ils soient de gauche ou de droite, et parce que je les connaissais quelque peu, je me suis aussi réjoui du fait que certains députés aient été battus ou non élus, dans notre région ou ailleurs. Hélas, mon plaisir n’est pas total à ce sujet.

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Cornus rex-populi
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