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Cornus rex-populi
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19 mars 2012

19 mars 1962

Le 19 mars 1962, mon père tient à cette date du cesser le feu en Algérie. Une date revendiquée pour la commémoration par les anciens combattants en Afrique du Nord, au moins par les associations les plus classées à gauche (j’ignore pour les autres). Je dis cela car je sais que les dirigeants de notre pays ont souvent voulu retenir une ou plusieurs autres dates pour la mémoire. Je suis donc presque surpris qu’on en ait autant parlé cette année à cette date, même si cela fait tout juste 50 ans. On remarquera néanmoins que les célébrations officielles de la part de l’État ont été bien discrètes, pour ne pas dire inexistantes. Cela en dit long sur ce que les gouvernants de gauche ou de droite n’assument toujours pas ces « événements ». Ils n’assument pas les abandons, les crimes. Certes, ce ne sont pas les héritiers actuels ou les prétendants au trône qui étaient aux commandes à l’époque, mais c’est toujours révélateur du malaise profond qui subsiste et que l’on ne veut pas regarder en face. Evidemment, certains, sans doute nombreux, ont une grande facilité à oublier ce qui dérange, mais beaucoup d’acteurs de l’époque n’ont pas oublié.

Mon père était dans l’armée de l’air, armurier sur une base aérienne près d’Oran pendant près de 2,5 ans entre 1956 et 1958. Cette position était presque privilégiée car il a été très peu directement confronté ou même pas du tout aux combattants du camp adverse. Il a juste été mobilisé à de nombreuses reprises pour faire des opérations de maintien de l’ordre en ville, notamment après des attentats à la bombe ou autres. Il a rasé les murs à quelques reprises. Il a « échappé » à un attentat qui aurait pu lui coûter la vie s’il était resté (beaucoup trop longtemps) à un endroit donné. Il a écrasé les doigts de pieds des hommes et des femmes à coup de crosse parce qu’ils ne voulaient pas dégager de la rue. Il a ouï dire que des poseurs de bombes avaient été interrogés de façon musclée par des sous-officiers ou des officiers engagés, mais n’a jamais été le témoin direct de tels agissements. Il ne voyait pas forcément d’un mauvais œil ses « interrogatoires musclés », parce que c’était la seule façon d’éviter que ses copains se fassent tuer dans un attentat. Mon père est agacé, selon lui, par les trop nombreux témoignages qui font état de la torture *. Soit il a tendance à penser que ce qu’il a « cotoyé » n’en était pas, soit il a été pour ainsi dire quelque peu épargné, compte tenu de l’arme et de l’endroit où il était affecté. Mais il a aussi discuté au fil des décennies avec ses nombreux congénères (collègues d’usine, amis), et rien ne montre que la torture ait été une pratique courante et généralisée en Algérie. Bien sûr, je crois mon père, mais je ne doute pas aussi que beaucoup aient occulté.

Mon père n’a pas tué directement, mais sans doute beaucoup de façon indirecte. Il a monté des tonnes de bombes dans des avions. Des bombes conventionnelles, des bombes à fragmentation (ces machins terribles pas fiables à sous munitions qui ne pètent pas forcément dans le sable et qui ont encore été utilisés par les Américains en Irak et qui pètent après au passage des bergers), des bombes à fléchettes (de redoutables pointes qui tombent du ciel pour décimer les troupeaux pour affamer les rebelles planqués dans le désert et les montagnes, et que l’on utilise aussi sur les hommes, il n’y a pas de raison) et peut-être des bombes plus « chimiques » comme le napalm, mais mon père certifie qu’il ne pouvait pas forcément faire la différence avec d’autres plus conventionnelles. Là aussi, il est agacé d’avoir entendu, à de multiples reprises, des témoignages faisant état de l’emploi massif de napalm. Lui, n’a aucune forme de certitude par rapport à sa base aérienne et il se peut tout bêtement qu’aucune bombe de la sorte ait été utilisée à ce moment là. Certaines bombes conventionnelles n’explosaient pas dans le sable (elles ne percutaient pas) et les Algériens du camp adverse les faisaient resservir dans des attentats contre les soldats ou plus généralement les civils français ou pieds noirs en général. Il a donc participé à piéger des bombes qui étaient larguées et n’explosaient pas à dessein et explosaient donc plus tard à la figure de ceux qui voulaient les réutiliser.

Fin 1958, le FLN était à genoux. Bien sûr que la guerre n’était pas gagnée et qu’elle ne le serait pas dans ces conditions. Mon père, compte tenu de son engagement politique n’a jamais été pour l’Algérie française, mais il a entendu les discours politiques et les trahisons, qu’elles viennent de droite ou de gauche. Mitterrand y a pris toute sa part d’horreur, pleinement assumée comme ministre de la justice à l’époque de la IVe république, faisant parfaitement fonctionner la « bascule à charlot », ce qu’il regrettera peut-être en prônant l’abolition en 1981 ? C’est sans doute en partie à cause de cela que mon père n’a jamais été déçu par Mitterrand, parce qu’il savait qu’il trahirait. Le cynisme meurtrier a souvent gouverné pendant la guerre. L’abandon des harkis par De Gaulle et sa clique n’en est pas l’exemple le moins épouvantable. Sans doute des centaines de milliers de personnes exécutées. Mon père n’a jamais été gaulliste, mais cet irréparable crime, comment peut-il l’oublier ? Et comment se dire gaulliste en occultant ça ?

Mon père n’a pas un très bon a priori – c’est le moins que l’on puisse dire – vis-à-vis pieds noirs car là-bas, il s’est fait traité de sale français. En revenant en France, certains postes importants dans les usines ont été donnés à des pieds noirs. A côté de ça, il n’a guère apprécié que des immigrés italiens (notamment) aient eu de l’avancement à l’usine pendant que sa génération combattait en Afrique du Nord et aient attendu que la guerre d’Algérie soit terminée pour se faire naturaliser, échappant ainsi à la guerre, au service militaire et bénéficiant de meilleurs postes. Et cerise sur le gâteau, mon père a dû subir un procès dans les années 1960-70 avec un pied noir nanti qui voulait annexer ses terres après avoir trafiqué avec un autre pied noir du cadastre.

En définitive, même si cela s’est un peu apaisé ces dernières années, mon père est toujours à vif pour tout ce qui concerne l’Algérie, même si par ailleurs, il garde la nostalgie des paysages. Il a été profondément marqué. En revenant d’Algérie, comme ses congénères, il était très remonté et n’avait peur de rien. C’est sans doute ce qui a expliqué en partie les avancées syndicales significatives dans les usines à cette période. Si mon père, à coup sûr n’a pas fait partie de ceux qui ont le plus souffert en Algérie, il n’en est certainement pas sorti indemne, comme ses près de 1,5 million de congénères appelés du contingent, dont 30 000 y sont restés, faut-il le rappeler.

Voilà, rien de très exaltant, juste un forme très imparfaite de témoignage par procuration.

*N.B. : par rapport à la torture, rappelons qu’elle était complètement taboue, couverte, cachée et niée jusqu’au plus haut sommet de l’État. La haine de l’ennemi avait été peu à peu et savamment diffusée dans les rangs des soldats français. Une vaste manipulation qui pose beaucoup de questions et qui fait très peur. La très grande majorité des anciens combattants en Algérie sont pourtant des hommes comme les autres. Ils ne tolèrent pas plus que les autres la torture ou les tueries. Ils ont vécu les horreurs de la guerre. La très grande majorité des anciens combattants en Algérie sont globalement pacifistes et non interventionnistes dans les conflits de notre temps.

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8 mars 2012

Acte 3 : un petit morceau de réforme constitutionnelle

Le Sénat n’a que peu de pouvoir et a rarement un intérêt. Le mode d’élection au suffrage indirect favorise les « barons » locaux bien établis localement, favorisant même l’élection de personnalités politiques ayant été pourtant battues à toutes les autres élections. Et ce n’est pas parce que cette institution a récemment basculé à gauche que son conservatisme et les petits arrangements entre amis n’ont pas cessé. Je propose de supprimer le Sénat, purement et simplement, ce qui permettra aussi de faire quelques économies au passage. Ce qu’il représente, de mon point de vue, se retrouvera au sein de l’Assemblée nationale dans sa nouvelle configuration.

La nouvelle Assemblée nationale sera composée de trois entités aux prérogatives similaires :

un premier tiers composé de 100 à 200 députés (120 à 160 à ajuster) élus au suffrage uninominal à deux tours à la majorité absolue dans des circonscriptions de taille de population strictement équivalente (un peu le principe du découpage actuel des circonscriptions, mais plus juste) ;

un deuxième tiers composé du même nombre de députés élus au suffrage uninominal à deux tours à la majorité absolue dans des circonscriptions de surface strictement équivalente (représentation des territoires, soit un reflet de l’ancien Sénat, avec toutefois un découpage plus juste) ;

un troisième tiers du même nombre de députés à élire au niveau national sur un scrutin de listes et élus en un seul tour à la proportionnelle intégrale.

Les prétendants aux élections des deux premiers tiers devront résider dans les territoires concernés, mais ne devront avoir strictement aucun autre mandat local, y compris simple conseiller municipal d’une petite commune. Par ailleurs, ces députés n’auront aucun pouvoir ou rôle local ou régional. Leur seule implication sera d’être à l’écoute de la population dans leur permanence locale.

Tous les députés devront être présents à l’Assemblée nationale lorsqu’elle siège. Les absences devront être dûment justifiées.

Les députés pourront décider de mettre un texte de loi à l’ordre du jour pour en débattre et éventuellement le voter, sans l’accord du gouvernement (contrairement à la situation actuelle).

D’une manière générale, les élus ne pourront avoir qu’un seul mandat électif depuis le niveau local jusqu’au niveau européen ou international. Par exemple, un conseiller municipal ne pourra pas être conseiller général (forcément, il n’y en aura plus) ou conseiller régional. Les élus (maires, adjoints…) désignés présidents ou vice-présidents de communautés de communes ou d’agglomération auront des indemnités strictement plafonnées. Par ailleurs, les maires, présidents et vice-présidents (de communautés de communes, d’agglomération et de conseil régional) ne seront pas autorisés à présider ou à diriger des associations (qui comportent des salariés), des syndicats mixtes ou des établissements publics ou des sociétés d’économie mixte. Seuls les conseillers municipaux ou régionaux pourront présider de telles institutions, mais avec une limite de trois par personne.

5 mars 2012

Vacances reportées à demain

Aujourd’hui devait être mon dernier jour de travail avant d’être en vacances pour le restant de la semaine. Après une pluie soutenue presque toute la journée de dimanche et toute la nuit avec le renfort du vent, ce matin, il neigeait à plein temps, et les flocons tenaient au sol. En début d’après-midi, coupure d’électricité au travail. Encore un coup du vent me dis-je – nous sommes coutumiers du fait. Je ne peux poursuivre mon travail urgent, alors je fais un peu de rangement et j’attaque la relecture d’un rapport d’un de mes collègues, puis je fais une réunion impromptue avec mon directeur qui lui peut encore utiliser son ordinateur portable. Mais vers 17 heures, je prends conscience que c’est mort et que de toute manière les serveurs et le réseau ne seront pas rétablis même si le courant revient. En rentrant, situation quelque peu apocalyptique : l’ex nationale est coupée en deux endroits par les inondations des becques (rivières en Flandre) qui d’un mètre de largeur s’élargit localement en un lit d’une bonne vingtaine de mètres. En dix ans, je n’avais vu pareille situation, même si elle ne m’étonne pas. Aux informations nationales ce soir, la situation était peu brillante côté trains, neige, circulation automobile… Notre bonne ville d’H. a été citée comme ayant subi des coupures d’électricité, mais miracle, nous n’avons pas été touchés à la maison. Ce soir, la pluie a cessé. Mais demain matin, je vais devoir retourner bosser, pour terminer mon travail urgent dont une collègue a besoin pour terminer un rapport.

4 mars 2012

Mots-clés des recherches Gogol

Contrairement à d'autres (dont Calyste récemment), je n’ai jamais publié les mots-clés des recherches Gogol que je retrouve dans le module statistique de ce blog. Cela n’a rien d’extraordinaire ou de croustillant. Ce qui domine la plupart du temps, c’est la cuisine du brochet que l’on retrouve 9 fois sur 10 dans les mots-clés, les édifices religieux et des noms de plantes, plutôt arbustives. Voici de manière exhaustive ce qu’on trouvait ce matin (j’ai ajouté un peu de mise en forme et corrigé quelques fautes, sauf pour Paray) :

 

  • comment préparer un brochet
  • abricotier fleur tardif de tain
  • pointe de Dinan
  • Saint-Lazare Autun
  • cathédrale Autun arbre de Jessé vitrail
  • basilique de Paray-le-Mondial
  • arbuste en Bretagne
  • beau-frère belle-sœur
  • Cornus
  • la belle Eve d’Autun
  • cuisiner le brochet
  • Crataegus monogyna
  • tout premier souvenir
  • arbrisseau rampant
  • époque romaine
  • prieuré du Val Saint-Benoît
  • bruyère
  • « vipère lubrique »
  • comment cuisiner du brochet
  • delta Danube Letea carte
  • cuisiner brochet
  • clochers de l’église abbatiale de la Charité-sur-Loire
16 décembre 2011

Évaluation des enseignants (suite à la note de Calyste)

Au sujet de l’évaluation des enseignants (suite à la note de Calyste) par les chefs d’établissement, je suis d’un avis plus mitigé. Pas pour le secondaire, que je ne connais pas suffisamment. Je perçois davantage le primaire (voire la maternelle). Et quand je dis que je connais, j’exagère, je vois par le prisme formfromien.

Tout d'abord, je ne suis pas contre les évaluations même si j'en connais toutes les dérives. Les entretiens d’évaluation se pratiquent annuellement dans un grand nombre d’entreprises privées et de plus en plus dans les administrations et les établissements publics. C’est le n+1 qui évalue en général. C’est l'occasion de discuter sur ce qui va, sur ce qui va moins bien, d’étudier les pistes d’améliorations, les besoins en formation, les perspectives et tout le reste. Personnellement, je n’attends pas cet entretien pour tout résoudre, mais c’est un moment privilégié à mon sens quand on n’est pas ou qu’on n’a pas un trop mauvais chef. Bon, je reconnais volontiers que cela peut être là le principal problème : le chef ou la hiérarchie.

Néanmoins, de mon point de vue, je considère, au moins à l’école primaire, que le chef d’établissement devrait avoir son mot à dire sur l’évaluation des enseignants. Je ne vais pas dire de ses collaborateurs, parce que ce ne sont pas des collaborateurs de la façon dont on le vit dans une structure comme la mienne. Je parle de « structure » et pas d’entreprise, même si je travaille dans une association à but non lucratif de collectivités territoriales, dotée d’un agrément de l’État et assurant des missions de délégation de service public. Toutefois, ma structure reste de droit privé et nous devons équilibrer notre budget sous peine de graves déconvenues.

Cette évaluation conjointe avec le chef d’établissement pourrait permettre de compenser la méconnaissance de l’inspecteur qui n’a pas le temps en moins d’une demi-journée de connaître l’enseignant. Par ailleurs, l’expérience montre que les inspecteurs, qui n’ont pas toujours de véritable expérience dans l’enseignement, sont parfois « formatés » par leur administration ou manquent de recul ou encore, pire situation, ont des idées arrêtées ou toutes faites. Qu’un enseignant utilise la méthode A de lecture, pourtant validée par l’Éducation nationale et que cette méthode A ne plaise pas à l’inspecteur α, c’est très mauvais, alors que la méthode A plaira à l’inspecteur β qui ne supportera pas la méthode B. Il y a forcément de l’arbitraire là-dedans et dans tous les cas, de la subjectivité. D’ailleurs, dans tous les cas, l’objectivité n’existe pas.

En conséquence, on l’aura compris, je suis favorable à ce que les directeurs d’écoles primaires participent à l’évaluation. Ce qui nécessite par ailleurs, que les directeurs en question puissent avoir un rôle hiérarchique, ce qui n’est pas le cas actuellement, singulièrement dans les écoles publiques. Et même dans les écoles privées, certains très mauvais enseignants peuvent continuer à sévir en toute impunité (cas dans l’école de Fromfrom). Je n’ai pas la solution, mais on ne peut pas continuer à laisser des situations lamentables. Car qui sont les victimes dans cette histoire ? Les élèves qui subissent des nuls et des bons profs qui doivent subir les conséquences des mauvais agissements de leurs collègues.

Sinon, pour conclure, je suis dans l’ensemble d’accord avec Calyste, d’autant que les arrière-pensées gouvernementales sont surtout de faire des économies en réduisant le nombre d’inspecteurs et non de pratiquer de meilleures évaluations.

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5 décembre 2011

Rien à exposer mais pas rien à penser

Sur le plan politique, sur ce que crois de la vie dans une société juste, solidaire et qui élève l’Homme (...), j’aurais proabablement des tas de choses à dire, des tas de propositions, sans doute idiotes mais auxquelles je crois. J’y crois parce qu’elles semblent combattre l’injustice. Il faut que l’on sache combien je me retiens tous les jours de ne pas réagir extrêmement vivement à ce que je perçois dans l’actualité ou dans ce qui m’entoure. C’est sans doute par un tout petit bout de la lorgnette, mais je crois être sincère avec moi-même. Ces choses auxquelles je crois, ce sont celles qui me rattachent à un petit peu d’optimisme pour l’avenir. Et pourtant, les raisons d’être pessimiste ne manquent pas et sont chaque jour plus nombreuses puisque les profondeurs de la cupidité sont insondables. Non, je n’ai pas le courage de me lancer en politique. Mais je ne sombre pas tout à fait aux charmes nauséabonds de l’égoïsme total. Je me contente de surnager en eaux troubles.

J’avais dans l’idée de mettre noir sur blanc mes idées idiotes dans bon nombre de domaines. Dans ceux que je connais mieux comme l’environnement ou dans d’autres. Cela aurait certes le mérite de m’exposer, de mettre en évidence mes propres contradictions ou de me donner à voir sous un autre jour (à moins que je sois à ce point transparent que l’on sait à l’avance ce que je pense). Mais je ne le ferai pas, non pas par peur du ridicule, mais parce cela serait pour le moins dérisoire, même si certaines idées me sont propres, du moins ai-je la faiblesse de le penser.

26 novembre 2011

37 smurfs

On veut à présent donner une valeur à tout. Une stagiaire du Conseil régional posait il y a quelques semaines la question à mon directeur : « quelle est la valeur de la disparition d’une espèce ? ». Il lui a dit qu’il y avait deux réponses (que j’ai retravaillées) :

  • la première est que si une espèce disparaît [hypothèse cornusienne : de l’ensemble de son aire de répartition et non pas d’une station ou d’une région donnée même si on peut considérer que chez certaines espèces, chaque station ou population de l’espèce se différencie génétiquement et peut représenter un microtaxon], pour évaluer sa valeur réelle, il faudrait voir dans quelle mesure on pourrait la recréer afin d’évaluer sa valeur. Comme nous ne sommes pas Dieu, la seule solution pour recréer une espèce serait de repartir des briques fondamentales du tableau périodique des éléments de Mendeleïev et de construire ex nihilo l’espèce. Je précise par ailleurs que rares (pour ne pas dire qu’il n’y en a pas) sont les espèces végétales sauvages dont on connaît le génome. Cela nécessiterait sans doute également de mobiliser des centaines (ou de milliers ?) de chercheurs probablement durant un ou quelques siècles. En supposant que cela soit possible, tout cela coûterait bien probablement quelques milliers de milliards d’euros ;
  • la seconde réponse, sans doute la meilleure, est que cela coûterait 37 smurfs*.

* monnaie imaginaire servant à quantifier la valeur de choses absurdes, accessoirement, nom anglais des Schtroumpfs.

15 octobre 2011

Presque rien sur pas grand chose (11)

Je ne suis pas particulièrement lettré, mais entendre les journalistes, comme un seul homme, s’étonner de l’usage du mot « impétrant » m’a quelque peu agacé. Certes, ce n’est pas un mot que l’on utilise tous les jours, mais de là à avouer cette ignorance… On ne me dira pas que le niveau culturel des journalistes ne baisse pas.


J’étais allé voter au premier tour de la primaire socialiste, mais j’ai décidé de ne pas me déplacer pour le second tour compte tenu du peu de différence qui existe entre ceux qui restent.


Cette semaine, les autorités nationales ont décidé qu’en Bretagne et ailleurs, que les quantités épandues par unité de surface (lisiers notamment) pouvaient être augmentées. En entendant ça à la radio, j’ai presque cru à un canular. Mais c’est affreusement vrai. Les quantités épandues déclarées (les quantités réelles sont bien plus importantes, notamment dans le nord de la France où des agriculteurs acceptent du lisier belge qui serait taxé en Belgique). Tous les scientifiques (à part quelques rares tarés), tous les techniciens (à part quelques rares tarés), tous les politiques (à part quelques rares tarés) savent très bien que l’on a tué énormément de cours d’eau à coup d’engrais chimiques et organique, de pesticides de toutes nature, que cette destruction s’accompagne de surcoûts magistraux pour l’alimentation en eau potable avec une eau potable qui n’est plus totalement exempte de problèmes nulle part en France, que cet engrais liquide alimente le littoral en plages vertes du plus bel effet… Tout cela n’est plus seulement une honte absolue, c’est un crime, et je pèse mes mots. Et la chambre d’agriculture de Bretagne de nous expliquer qu’il n’y a pas de problème. Mais combien de temps allons-nous laisser encore faire ça ? Franchement, on croirait être revenu au moins 20 ou 30 ans en arrière.

11 octobre 2011

Du stage au thé

Jeudi dernier, une ancienne stagiaire en formation par alternance nous a proposé de nous retrouver autour d’un repas dans un estaminet flamand traditionnel où nous étions déjà allés par deux fois. Nous fêtions également son diplôme et son premier contrat chez nous. Le service s’est avéré assez peu sympa, mais le repas était bon pour ce qui me concerne (beaucoup moins pour Fromfrom). Sur les ardoises des plats proposés, figuraient plusieurs fautes d’orthographe (n’est-ce pas, Calyste), la plus belle étant quand même « plats à amporter » qui trônait en face de l’entrée. Je me suis presque demandé si cela n’était pas volontaire, mais après réflexion, je ne pense pas.

A ce repas, étaient également invités deux chercheurs botanistes algériens francophones qui viennent nous rendre visite régulièrement pour avoir accès, notamment, à notre bibliothèque unique en France, voire en Europe. Un de ses Algériens (M.) nous rend visite tous les ans pour 3-4 semaines, mais il ne peut pas forcément choisir précisément la date de son voyage. Et pour son collègue, c’est encore pire. Nous avons pas mal discuté avec eux, surtout avec M. C’est très enrichissant de discuter avec eux sur pas mal de sujets dont la situation politique au Maghreb, le printemps arabe, leurs difficultés, les Amazighs, l’origine de la chrétienté en Algérie (en particulier saint Augustin), etc. Bien sûr, ils ne voient pas les choses de la même manière que nous en général et leur point de vue est très enrichissant. Ce n’est pas véritablement une nouveauté pour moi car nous avions déjà eu l’occasion d’en discuter, mais les personnes qui ne les connaissaient pas encore ont été emballées par leur culture et leur gentillesse.

D’ailleurs, hier soir, ils nous ont invité à prendre (sur notre lieu de travail) le thé qu’ils avaient préparé. Un thé noir à la menthe. Le terme de noir ne pouvait mieux convenir puisqu’il était aussi sombre qu’un café serré. Je n’avais jamais rien bu de tel. C’était un peu amer (il faut sucrer pas mal), mais franchement, c’était buvable. Et surtout, c’était très chaleureux. Ils repartent après-demain.

9 octobre 2011

Patres Cornusi

Avec ses histoires d’arcs et aux logis, Madame Plume m’a donné une idée idiote : explorer ma généalogie sur l’internet. Pour ne rien cacher à l’affaire, je m’en étais inquiété voici plusieurs années, sans le moindre résultat. Mais je n’avais jamais exploré la chose avec le prénom de mon arrière-grand-mère (Leaena – en fait, j’ai traduit en latin l’étymologie du prénom initial) et son nom de jeune fille associé à mon patronyme (Cornus). Et du coup, je suis tombé sur un site de généalogie et sur le nom de mon arrière-grand-mère, sans aucun doute possible. Je précise que dans ma famille, on ne s’intéresse pas à la généalogie, surtout du côté de mon père et qu’en plus de ça, l’existence de cette branche a longtemps été taboue, pour des raisons de blessures profondes mal refermées. J’ai découvert que j’ai un lien de parenté avec le Monsieur qui a publié une partie de sa généalogie sur le site internet. Nos patronymes se rassemblent au niveau de mes trisaïeuls. Et du coup, j’ai pu remonter ma branche patronymique. Seulement voilà, le dernier Cornus né sur cette branche date de 1740 et se prénomme Eripuit Deus. Celui qui apparaît comme son père se nomme Cormus : ça c’est classique, mais cela se vérifie. Comme quoi les Cornouillers seraient issus de Sorbiers, c’est à en perdre sa botanique ! En remontant un peu plus, on tombe sur un Cassis-voluntatis dont on ne sait que la date de son mariage (20 août 1665) et qu’il était menuisier. Entre un peu avant 1650 jusqu’à mon arrière-grand-père, tous ces gens là, ont tous vécu dans la campagne profonde morvandelle aux confins de la Saône-et-Loire et de la Nièvre, sur pas plus de cinq communes en tout (en comptant les épouses), ont été paysans ou ont travaillé le bois (menuisier, sabotiers). Et j’ai remarqué que globalement, même s’il y en a quelques rares qui n’ont pas fait de très vieux os (sans pour autant parler de jeunes morts), il y a eu de sacrées longévités : des femmes qui atteignaient 80, 85 ans au XVIIe ou au XVIIIe siècle et même un homme de 90 ans à cheval sur ces deux siècles. Mon « pari » d’atteindre les 103 ans est encore à ma portée ! Vous m’imaginez d’ici là ?

P.S. : les latinistes comme Madame Plume ou surtout Monsieur Calyste excuseront mes éventuelles erreurs de traduction.

8 octobre 2011

Eclipse partielle de courte durée.

Depuis quelques temps déjà, mon ordinateur pédalait un peu dans la semoule, surtout parce que le disque dur saturait un peu (je n’avais pas fait suffisamment fait le ménage depuis le début du mois d’août, période de la dernière sauvegarde). Il date d’environ  six ans et demi, ce qui est, dit-on chez les informaticiens (pas des vendeurs, des vrais qui travaillent avec moi), déjà un âge canonique pour un portable. J’envisageais sérieusement son remplacement à la fin du mois ou d’ici la fin de l’année, mais jeudi matin, le « vieux » a obstinément refusé de démarrer dans tous les modes proposés. Je ne sais pas encore si je serais en mesure de récupérer certaines données que je ne sauvegarde pas ou encore les photos prises au mois d’août ou encore des textes rédigés depuis cet été. Inutile de dire que cela me peinerait (fâcherait) pas mal, même si rien d’absolument vital a disparu.

Chers lecteurs, vous ne pouvez pas voir combien j’ai retrouvé un confort d’utilisation puisque depuis cet après-midi, je suis de nouveau équipé d’un « nordinateur tout neuf ». Ben oui, on a fait vite et personne ne s'est aperçu de mon éclipse de courte durée.

4 octobre 2011

Y aller ou pas ?

Je crois qu’il n’est nul besoin de rappeler quelle est globalement mon orientation politique. Je n’appartiens à aucun parti politique et je n’ai pas l’intention d’adhérer à l’un d’entre eux prochainement ni à long terme, sauf si je participe à en créer un, à condition bien sûr où Plume décide de voter pour moi. Au delà de la plaisanterie, dire que l’idée de participer à la vie politique ne m’ait jamais traversé l’esprit serait faux. Mais je suis par principe opposé à tout embrigadement et je ne pourrais jamais soutenir des idées que je n’approuve pas totalement. Certes, je pourrais mettre de l’eau dans mon vin et me faire à cette idée, mais je pense que d’autres obstacles surviendraient. Il me semble en effet que supporterais très mal d’être attaqué en permanence non pas sur mes idées (cela, encore, si ça débouchait sur de meilleures idées, cela ne serait que du positif) mais surtout sur des idées qu’on me prêterait ou qui seraient détournées, avec malhonnêteté, manipulation et autres coups pas. Et puis je ne suis pas sûr d’avoir le courage ni l’envie de mener de tels combats.

 

Bien avant l’affaire déesse-cas, j’avais en théorie l’intention d’aller voter à la primaire socialiste pour tenter de lui faire barrage à lui car je le considérais à tort ou à raison comme dangereux, si j’en juge par certaines de ses prises de position « libérales » sur le plan économique, ses positions fiscalistes plutôt favorables aux plus riches, un certain mépris pour les plus faibles et parce que son histoire avec la mutuelle étudiante m’avait laissé un très mauvais arrière goût, événement qui avait déjà été oublié par une grande majorité de Français. Cette fois, il est hors jeu, mais ses idées sont toujours portées par certains. Je précise que je n’ai pas nécessairement l’intention de voter pour ce parti au premier tour de l’élection présidentielle, mais quelque part, que je le veuille ou non, la tendance de celle ou de celui qui sera désigné, me concerne. Alors je m’interroge.

 

1 octobre 2011

Espèce d'écolo !

L’écologie, doit-on le répéter, est une science ou plus exactement un ensemble de sciences qui s’intéresse au vivant, aux interactions entre ses différentes composantes et avec le milieu. Je ne vais certes pas livrer ici « ma » définition ni faire un cours.

Même si je m’y suis presque habitué, je veux juste dire ici mon agacement quand on confond trop souvent et depuis maintenant très longtemps, aussi bien dans le langage journalistique que dans le langage courant, l’écologie avec des courants d’opinions philosophiques, humanistes, politiques (ou autres). Plus embêtantes sont les dérives langagières qui pourraient nous mener (nous mènent déjà) à des aberrations comme « carburant écologique », « voiture écologique » et bientôt « guerre écologique » ou « destruction écologique », même si ces dernières existent. La guerre écologique pourrait être le combat mené par les écologistes pour faire reconnaître une atteinte environnementale et la destruction écologique correspond à une perturbation écologique naturelle induisant la destruction de biomasse (incendie naturel de forêt, crue violente, forte tempête, etc.).

Le scientifique de l’écologie, qu’il soit chercheur, conseiller ou expert dans des organismes publics, parapublics ou dans le privé, se dit écologue. Mais en anglais, on ne fait pas la différence, un chercheur en écologie est un « ecologist ». Sauf qu’à présent, en français, on parle d’écolo pour désigner les écologistes. Et je pense qu’en anglais, on parle de « green ».

Tout cela n’est pas très grave finalement, d’autant qu’il existe des écologues écologistes. Mais tous les écologues ne sont pas écologistes et plus encore, tous les écologistes ne sont pas écologues. Rien non plus de très grave là-dedans, si ce n’est que certains écologistes veulent se faire passer pour des écologues et sont interrogés comme tels. Cela ne me dérange pas tant qu’ils ne racontent pas trop de conneries. Au contraire, ils peuvent être plus qu’utiles, indispensables, précieux et je les respecte sincèrement. Là où le bât blesse, c’est lorsque l’écologiste commence à raconter des sornettes sur le plan scientifique et que ces âneries rejaillissent sur l’ensemble de l’écologie, discréditant autant la science que les idées. Je dois dire que je croise ce genre d’individus. Pas sans arrêt, mais trop souvent à mon goût. J’ai décidé il y a quelques temps de combattre ces personnes, mais ce n’est pas toujours possible dans la mesure où dans les réunions publiques, il y a souvent des ennemis de l’écologie (qu’elle soit scientifique ou pas) qui n’attendent qu’une chose : que le camp adverse montre des divisions. Encore que parfois, les choses auraient le mérite d’être claires : ce genre d’écolo tire souvent contre son propre camp et doit être combattu de la même manière. Mais une telle situation n’est pas simple pour l’honnête homme qui pense faire son travail correctement puisqu’il est souvent confronté à de fins manipulateurs. Depuis une bonne année, je me rends à moins de réunions dans lesquelles je m’obligeais à délivrer la bonne parole. J’ai d’un côté d’autres urgences à négocier, mais je suis aussi fatigué de me confronter à des élus ou à des personnes ou organismes qui sont contre la nature et la biodiversité et défendent leurs intérêts particuliers, souvent économiques, y compris en s’accommodant largement de la réglementation. Je précise aussi qu’en ce qui me concerne, je n’ai jamais aucun intérêt à défendre si ce n’est l’intérêt public qui dans certains cas, ne devrait jamais être négociable, surtout quand des arguments de droit sont là ou qu’il existe des espaces naturels dont la destruction d’un seul mètre carré supplémentaire serait une perte irrémédiable.

D’un autre côté, il existe des scientifiques en vue, parfois des écologues (ou qui se prennent pour tels) qui disent aussi d’énormes conneries. Un des cas les plus connus est Cl*aude Al*lèg*re. J’en parle en connaissance de cause, ayant lu tout ou partie de certains de ses livres. Ce qu’il préconise par exemple pour lutter contre les inondations (des barrages) est plus que risible : même d’anciens bétonneurs ont changé de paradigme dans la seconde moitié des années 1990. A mon niveau, je suis aussi en lutte contre des ingénieurs forestiers, qui sont souvent d’une bêtise à faire peur. Ils essayent de s’accommoder des données scientifiques, ne retenant que celles qui les arrangent, parce que bien sûr leur clairvoyance scientifique est orientée uniquement dans le sens de la sylviculture et de la défense de la propriété foncière. Comment se fait-il que des esprits prétendument brillants puissent ainsi sombrer dans de tels accès de bêtise ? Ou tout simplement, sont-ils tellement imbus de leur personnalité qu’ils considèrent qu’ils détiennent la vérité sur tout. Bravo pour l’humilité scientifique qui devra repasser.

Pourquoi je raconte tout cela ? Parce que j’entends parler sans arrêt et partout d’écologie si bien que le terme est usé jusqu’à la corde et que plus rien ne correspond à rien. Parce qu’encore récemment, on nous a volontairement confondus avec une association de protection de la nature. Je n’ai rien contre ces associations bien évidemment, tant qu’elles n’usent pas de faux arguments « boomerangs » ou tirent contre leur camp. Seulement, nous sommes un organisme scientifique agréé par l’État pour des missions de délégation de service public. Notre rôle (entre bien d’autres) est de délivrer des avis scientifiques, d’indiquer des faits, les plus neutres et incontestables possibles. Nous ne sommes pas des militants, mais certains voudraient qu’on le soit pour nous considérer à un niveau inférieur et nous mettre des bâtons dans les roues ou nous empêcher de nous exprimer ou en ne nous invitant pas à des réunions importantes. Heureusement que nous avons de précieux alliés dans les services de l’État, mais parfois cela ne suffit pas. Parfois, je rêve : je voudrai enfin éradiquer la malhonnêteté intellectuelle. Combien je suis naïf.

17 septembre 2011

Bêtises cornusiennes

Il y a deux jours, Calyste racontait la bêtise que ses frère et sœur avait commise, alors que lui faisait ses devoirs et apprenait ses leçons consciencieusement.

A l’école, je passais régulièrement pour un enfant sage, parfois un peu rêveur (perdu dans ses pensées), calme, lent pour effectuer certaines tâches. En dehors de l’école, je pense que je n’étais pas fondamentalement différent même si j’imagine que je m’y exprimais mieux. Même s’ils le savaient, je considère néanmoins que mes parents ne se sont jamais véritablement rendus compte au quotidien à quel point j’étais sage. En effet, je n’avais ni sœur ni frère turbulent, ni bêtises à concocter avec eux. Donc, ma « calmitude » (et non calamité) apparaissait normale. Toutefois, force est de reconnaître que lorsque je me retrouvais avec mes cousins, nous commettions quelques bêtises, tellement mineures que je les aie pratiquement toutes oubliées.

Je voulais néanmoins revenir sur deux bêtises.

La première m’a été rappelée cet été par mes parents. Je devais avoir dans les 5-6 ans (voire moins). Mes parents avait une chienne noir et feu (de « marque mal ») qui supportait toutes les « misères » que je pouvais lui infliger. Elle ne m’aurait jamais mordu. Un jour, alors que j’avais trouvé des élastiques qui traînaient je ne sais où, j’ai eu l’idée « géniale » de lui mettre au tour du cou, comme un collier. Rien de bien méchant en somme. J’avais commis mon forfait probablement dans l’après-midi et personne ne s’en était aperçu et je l’avais moi-même oublié. Mon père s’en est aperçu le lendemain matin quand il s’est rendu compte, sans doute en partie par hasard que la chienne avait « la tête comme un compteur à gaz ». Elle s’en est remise très vite, mais a gardé une trace jusqu’à sa mort (elle est venue assez vieille) : sous le cou, le poil n’a jamais repoussé sur quelques millimètres à l’emplacement de l’élastique, même si cela ne se voyait pas distinctement. Je m’étais fait engueuler, mais je n’avais pas été puni. Inutile de dire que je n’en avais pas besoin pour que cela me serve de leçon.

Mon deuxième forfait, c’est Calyste qui me l’a remémoré hier, même s’il n’était pas enfoui bien profondément. Je devais avoir environ 4 ans (je devais être encore en maternelle). Un jour, alors que je me trouvais chez ma grand-mère paternelle, je m’étais retrouvé seul quelques (dizaines de) minutes dans son appartement, ce qui était rarissime, car je l’accompagnais systématiquement.

Comme je devais m’ennuyer, j’avais dû trouver un objet que mon père avait dû laisser sur une table : une sorte de meule bâtonnet qui se monte sur une perceuse. Je trouvais ça bien de gribouiller avec cet objet (comme une craie) sur les glaces de l’armoire de ma grand-mère, un peu comme je l’avais déjà fait avec mon doigt sur une vitre embuée. Après, cela, j’avais trouvé autre chose pour jouer : de petits sabots de décoration en acier. C’est à cet instant que ma grand-mère et mon père sont arrivés. Ils n’ont pas tardé à se rendre compte de ce que j’avais fait : des traces indélébiles sur les deux miroirs de l’armoire. Ils ont longtemps cru que j’avais fait cela avec les petits sabots. Je m’étais fait engueuler, mais de façon douce, d’autant qu’à l’époque, je n’avais pas conscience d’avoir mal fait puisque les traces sur les vitres embuées, cela disparaît au bout d’un moment. C’est après la mort de ma grand-mère quinze ans plus tard que mon père m’a parlé et donné les petits sabots, pensant encore qu’ils étaient responsables des rayures sur l’armoire. Je lui ai appris qu’il m’aurait été impossible de rayer l’armoire avec ces objets et que j’avais rayé l’armoire avec une meule bâtonnet.

16 septembre 2011

Pas très fin

Mercredi et jeudi, j’ai suivi deux autres jours de formation de perfectionnement à Micromou Excelle. Cette fois encore, je m’en suis bien sorti, ce qui m’a laissé le loisir de lire ce qui était écrit dans les exercices qui nous étaient proposés. Et parmi ces exercices, il y avait une liste de noms parmi lesquels on trouvait quelques « âneries » dont je me suis aperçu (cela ne sautait pas immédiatement aux yeux, car les prénoms et noms étaient séparés). Je m’en suis amusé, et le formateur m’a dit qu’il fallait bien trouver quelque chose pour faire patienter ceux qui finissaient l’exercice en avance. Et bien sûr, j’ai pensé à Fromfrom et à d’autres lecteurs de ce blog. Ce n’est sans doute pas très fin, mais voici un large extrait :

 

Alain PROVISTE

Alain VERSE

Alain TERRIEUR

Albert MUDAT

Alex TERRIEUR

Alex TRAIME

Alexandra DESSOIT

Alice ENCIAIT

Anne AUMALY

Annick ROCHE

Annie MALLE

Annie VERSAIRE

Laurent BART

Guy RLANDE

Guy TARRE

Gérard MANMBU

Gérard MANFIN

Carole INGIEN

Cécile HOIN

César HIENNE

Gérard MANSOIF

Charles CLERC

Charles HATAN

Sandra DESOIT

Félicie TATION

Claire HYERE

Clément THYNE

Daisy DRATTE

Aude VAISSELLE

Emma TOMME

Eric HOCHET

Eve ANGILE

Freddy VERRE

Gérard MANVUSSA

Guy MEAUVE

Guy GNOLLET

Henri GOLANT

Jean EMART

Jean BONNOT

Justin PEUDEAUX

Karl LINGUE

Laure ENBARRE

Laure DURRE

Laurent HOUTANG

Léonie DASSE

Louis FINE

Luc RATIF

Luc SASSION

Lucie FERE

Manuel LEMAN

Marc KYSE

Marc HASSIN

Marie BAMBELLE

Marthe HINGALE

Martin GALLE

Martine HIQUAIT

Maxime ISEZ

Nicole NICRAYON

Omer DALORS

Pacôme LAISOTRE

Pacôme TOULEMONDE

Paul HONAIZE

Paul HAUCHON

Paula RITEZ

Pierre TOMBALE

Remy SIHON

Renée CENSE

Richard DASSAUT

Rudie MANTERE

Sam BOTTE

Sam FRAIMAL

Sophie STIQUET

Théo CITRON

Thierry DICULE

Victor RIEUX

Vincent TIME

Yvan DAPERTE

Yves HAFERBAUT

11 septembre 2011

Où étais-je le 11 septembre 2001 ?

Calyste parlait hier, entre autres, des conséquences du 11 septembre. Comment échapper à ces commémorations ? Eh bien je n’y échappe pas.

Ce matin, dans la revue de presse à la radio, on se demandait où on était le 11 septembre 2001 et c’est simplement cet aspect anecdotique que je voulais relater en ce qui me concerne. En ce début d’après-midi, j’étais dans mon bureau du Cen*tre uni*versi*taire de Chi*non, à une époque où je commençais à rassembler les données de mon travail de thèse pour le gros des analyses. Soudain, la secrétaire, alertée par je ne sais qui, prévient calmement les 4-5 personnes qui étaient présentes et allume la télévision de la salle de réunion, au moment même où le deuxième avion venait de s’écraser sur les tours new-yorkaises. Dans les premières secondes, j’ai cru qu’il s’agissait là d’un film (je regardais la chose de façon un peu détachée), avant de comprendre qu’il s’agissait de vraies images en direct. J’ai alors vu la première tour (en fait la seconde touchée) s’effondrer. Nous en restions tous interdits tant la chose paraissait impensable et abominable. Plus tard, j’ai dû aller chercher un collègue qui accostait sur la Vienne avec un bateau traditionnel, à une dizaine de kilomètres en aval. Là-bas, j’ai retrouvé des connaissances un peu abattues parce qu’elles venaient d’apprendre, alors même qu’ils n’étaient pas habitués à étaler leurs états d’âme. Cette après-midi là, je suis rentré à la maison plus tôt et j’ai regardé la télévision, toujours stupéfait, voire choqué par les événements. Ma mémoire de cette journée s’arrête là.

8 septembre 2011

Presque rien sur pas grand chose (9)

Ce mardi, c’était la première journée (sur trois) de ma formation de perfectionnement au logiciel « excelle ». Comme je m’y attendais, j’ai eu des bouchons pour me rendre et revenir du lieu de formation (près de Lille). Sur place, en revanche, cela s’est passé comme une lettre à la poste. Les deux autres personnes formées, plus âgées que moi, travaillent dans l’industrie et avaient besoin de ces connaissances sur le logiciel dans le cadre d’une évolution récente de leur poste ou pour un futur reclassement. Honnêtement, je n’ai pas fait de découvertes majeures lors de la journée : pour moi, il s’agissait surtout de rappels ou de trucs que je pourrais utiliser sans tarder et qui me feront gagner du temps. Je dois néanmoins avouer que je l’utilise le logiciel depuis facilement 20 ans, sans toutefois avoir eu la moindre formation auparavant. Je pense néanmoins engranger plus de choses durant les deux prochaines journées.


Hier, j’ai eu en quelque sorte des nouvelles d’un ancien collègue par l’intermédiaire d’un collègue actuel. Cet ancien collègue, c’est celui qui était parti sans me donner ses coordonnées ni de nouvelles depuis un an et demi. Il dit dans un courriel qu’il « regrette la qualité de l’encadrement », alors que j’étais son responsable de service. Alors pourquoi m’avoir pris en grippe à ce point et pourquoi ce silence ? J’ai déjà parlé de ce collègue (cas difficile), mais je suis néanmoins agacé et amer de cette situation.

 


 

Aujourd’hui, un délégué du personnel a voulu organiser une réunion des délégués et suppléants pour faire le point sur une collègue qui harcèle ses subordonnés et les pousse à la démission (j’en avais parlé l’an dernier et au cours de l’été). Elle a ainsi usé pas moins de 8-9 personnes en moins de trois ans. Elle a finalement été sanctionnée par la direction puisqu’elle n’aura plus de responsabilité hiérarchique envers quiconque. Elle a été en quelque sorte rétrogradée, mais sans perte de salaire. Elle semble se dire satisfaite de la situation. Là où cela pose problème, c’est qu’on n’est pas sûr que l’ascendant (pour dire le moins) qu’elle a tendance à prendre naturellement sur beaucoup de salariés, ne conduise pas à d’autres catastrophes. D’autant que par ailleurs, le hasard des circonstances fait mal les choses car le fait qu’elle bénéficiera bientôt d’un nouveau bureau (alors que d’autres personnes dans une situation pas plus favorable que la sienne n’en bénéficient pas) vont laisser penser, à tort, qu’elle jouit d’une totale impunité.

 


 

L’avant-dernier week-end, nous recevions un autre ancien collègue angevin (un ami celui-là) que je n’avais pas revu depuis fin novembre 2007. C’est une personne qui diffère de moi par bien des points (psychologie, croyances, vision de l’humanité), mais c’est quelqu’un d’une immense gentillesse et d’une grande fidélité en amitié. Paradoxalement, notre amitié ne s’est véritablement développée que lorsqu’il était parti fin 2004. C’est alors que nous avions commencé à échanger des courriels assez intimes, phénomène qui s’était amplifié suite au suicide de ma collègue. Et puis, il avait joué le rôle de confident intermittent et partiel lors de certains événements qui ont suivi au second trimestre 2005. Depuis notre dernière rencontre, j’avais appris qu’il avait rencontré une femme d’origine allemande et qu’il vivait avec elle, avec ses deux enfants. Et bien sûr, elle l’accompagnait. Et bien sûr, c’est une personne très bien. Ce fut donc un week-end détendu, trop vite passé et formidable.

28 juin 2011

Sept révélations inédites

Calyste n’avait désigné personne, mais je m’y suis collé, par jeu bien entendu.

  1. Quand j’étais gamin, j’ai confectionné une ou deux fois des mixtures toxiques pour tuer des fourmis qui circulaient devant la maison, entre terre et béton. Pour cela, j’utilisais des produits pour la lessive, pour le dégraissage, des solvants dont se servait mon père. Et je mélangeais le tout. Mais comme je faisais cela en petites quantités, cela n’a jamais eu de conséquences visibles. Sinon, l’alcali (ammoniaque) versée sur les petits nids de fourmis a une efficacité certaine.
  2. J’ai longtemps été sous le charme de l’érudition et de l’élégante éloquence de mon professeur de biogéographie quand j’étais à l’IUT. Je n’ai jamais connu meilleur orateur. En revanche, il m’a ensuite déçu par son niveau scientifique (déclinant ?) et par certaines de ses prises de position militante très discutables à mes yeux.
  3. Pour le bac que j’ai passé en 1990, nous avions droit à des calculatrices graphiques avec possibilité de tracé de fonctions. Dans ces engins, on pouvait aussi saisir quelque part du texte et je l’avais fait pour mettre quelques formules utiles en maths et en physique-chimie. Mais je ne m’en suis pas servi puisque je les connaissais bien. Mais j’imagine que cela devait me rassurer. Enfin rien à voir avec le degré de sophistication des vrais tricheurs d’aujourd’hui avec leurs « ordiphones » (je viens de découvrir que c’était un des équivalents français de « smartphones »).
  4. Quand j’étais gamin, j’ai piqué un cheval et son chevalier en armure en plastique à mon voisin (d’un peu plus d’un an mon aîné). Je trouvais ça beau (je n’avais pas d’équivalent à part de laids playmobil) et je le regardais seul en cachette. C’est bien la seule fois où j’ai eu le sentiment de voler si l’on exclut le gang des voleurs de bougies, veilleuses et autres neuvaines dans les églises visitées ces dernières années.
  5. Je ne supporte pas entendre certains de mes collègues (plus jeunes) parler de séries télévisées actuelles ou de jeux vidéo à la mode. D’ailleurs, je me sens exclu de fait de la conversation car je ne capte rien.
  6. A l’entrée où à la sortie du métro lillois, je refuse toujours de prendre les journaux gratuitement distribués. Je suis contre cette distribution forcée (il faut presque se faire violence pour ne pas le prendre tout en déclamant un bonjour de refus). Je ne suis pas d’accord avec ce système de journaux même si par ailleurs, je trouve les journaux régionaux ou locaux bien peu intéressants ou pertinents.
  7. J’ai un côté maniaque : je n’aime pas que dans un texte (à diffusion restreinte) tapé sur un traitement de texte, il y ait des changements intempestifs de police de caractère ou de taille de caractère, des abréviations incontrôlées, des retraits de taille variable, des tirets ou des puces de formes variable, des doubles espaces, des fautes détectées par le correcteur orthographique intégré. En un mot, je déteste que l’on se serve d’un traitement de texte comme d’une vulgaire machine à écrire sans maîtriser ad minima les fonctions basiques de mise en forme et les styles. On ne saura jamais assez comment je prends sur moi, surtout quand je constate de telles lacunes de la part de secrétaires prétendument formées.
19 juin 2011

Presque rien sur pas grand chose (7)

Depuis l’histoire des concombres espagnols, les morts en Allemagne, relayés depuis par les steaks hachés nordistes, toute la communauté journalistique, comme un seul homme, désigne le coupable : « E. coli ». C’est vrai que durant mes études, j’ai fait de la microbiologie, singulièrement de la bactériologie. Mais pourquoi ne pas prononcer les noms en entier : Escherichia coli ? Cela doit être trop compliqué. Alors pourquoi ne pas désigner l’espèce humaine par « H. sapiens » [hache sapi-un-ce] ? Et je ne parle pas des propos simplificateurs voire complètement erronés, fantasmés sur cette entérobactérie. Du grand n’importe quoi. Il y a quelques années, il y avait eu le coup de la Salmonella ou autre Listeria, qui avaient fait couler beaucoup d’encre et de bave. Bien sûr qu’il faut éviter les contaminations, bien sûr qu’il faut rechercher les causes, mais arrêtons les psychoses ridicules entretenues par les médias en mal de sensationnel morbide.


J’ai arrêté seulement hier mon traitement contre une angine commencée presque un mois plus tôt. Les premiers jours (une semaine), maux de gorge, qui ont fini par s’évanouir puis qui sont revenus au bout d’une semaine. Je ne me suis jamais senti abattu et le traitement des symptômes à l’aspirine ou au paracétamol réglait le problème. Seulement, cela traînait en longueur, alors samedi de la semaine dernière, je suis enfin allé voir le médecin. Résultat : anti-inflammatoires et antibiotiques durant une semaine. Je me demande combien de temps cela aurait encore duré sans les antibiotiques ?


Au début du mois d’octobre 2010, j’avais suggéré à Fromfrom de nous rendre à un spectacle musical. Notre choix s’était porté sur le chœur de l’opéra de Lille (créé en 2003 et comportant 24 chanteurs) qui donnait une représentation dans notre ville. Et c’était hier soir. Pour moi, il s’agissait d’une première (premier vrai spectacle musical auquel j’assistais). Il s’agissait de « Musicals – Autour de Gershwin, Bernstein et de la comédie musicale américaine » dirigé par Yves Parmentier et Jacques Schab au piano. Nous étions correctement installés (position dans les tribunes), même si les sièges étaient trop raides et nous avons beaucoup aimé. Tout a été parfait, les solistes éblouissants, le piano me faisant oublier qu’il était là. Et la musique et le chant étaient suffisamment « classiques » à mon goût pour emporter ma totale adhésion. Une bien belle soirée, donc.

23 mai 2011

Prononciations à la gomme

Une note récente chez Calyste m’a interpelé. Je voulais commenter, mais vu la longueur, je me suis dit que cela pouvait faire l’objet d’une petite note.

Je ne reviens pas sur le manque de culture d’un certain nombre de journalistes, même si je dois dire qu’il doit y avoir pire que ceux qui sévissent à France inter. Néanmoins, je ne m’érigerai pas en donneur de leçons, car en ce qui me concerne, ma culture générale reste très limitée, sauf que si j’avais à être journaliste spécialisé, je ne choisirais certainement pas le cinéma, la musique ou la littérature, ni même tout un tas de domaines qui m’échappent largement.

Pour en venir au sujet que je voulais commenter, je dois dire que cela ne me choque pas trop que l’on ne prononce pas correctement les noms propres ou communs relatifs à une langue ou à des lieux géographiques auxquels on n’est pas familiarisé. J’estime qu’il est parfois bougrement difficile de s’y retrouver quand on n’a pas le goût ou le temps de s’y intéresser de près et parce qu’on ne peut pas toujours tout savoir. J’illustre par quelques exemples :

  • sauf erreur ou simplification abusive de ma part, le « en » notamment final de tout un tas de lieux bretons se prononce « un » ou « aine » selon les lieux où on se trouve : près de la mer ou à l’intérieur pour simplifier, mais cela souffre des exceptions
  • le « hem » des noms de lieux du Nord-Pas de Calais se prononce différemment si l’on est en Flandre (« aime ») ou en Artois par exemple (« an »). Un des plus jolis est « Tournehem-sur-la-Hem » qui se prononce « Tournant-sur-la-aime ».
  • toujours en Flandre, « Watten » DOIT se prononcer « ouate ».

 

Inutile de dire que je trouve assez pénible de se faire reprendre sans arrêt dans les prononciations. Je réclame le droit de me tromper et de prononcer comme je l’entends, surtout quand l’interlocuteur a parfaitement compris à quoi on faisait allusion. Et que l’on ne me parle pas de respect, je m’en moque ! Je suis de mauvais poil ? Oui, et alors ?

 

Je mets de côté la mauvaise prononciation des langues qui est susceptible d’entraîner des incompréhensions presque totales. En revanche, je suis d’un autre avis sur les noms propres d’autres langues. Si certains peuvent admettre savoir prononcer les noms italiens (ce qui n’est sans doute pas trop mon cas même si je ne me serais sans doute pas trompé sur Chiara Mastroianni alors que je ne la connaissais pas jusque là), mais qu’en est-il dans d’autres langues d’Europe de l’est par exemple ? Et bien sûr, chacun sait nommer sans se tromper les noms de volcans islandais dont l’intérêt est à mon avis pas moins grand que les comédiennes transalpines françaises… Bon je dis ça parce que je suis toujours de mauvais poil et parce que je n’aime pas sa mère Catherine Deneuve et peut-être même qu’elle est charmante, mais je m’en moque royalement.

 

Toujours pour balancer ma bave de crapaud sur les journalistes, souvent sportifs pour le coup, Fromfrom m’avait fait remarqué à juste titre que nombre d’entre eux appelaient l’ancien champion de formule 1, Michael Schumacher, « Maille-colle » au lieu de « Mi-cas-elle », le confondant peut-être avec l’ancienne icône « pop » Jackson. Pourquoi ne pas les avoir appelé tous les deux Michel ?

Quoi, je suis de mauvaise foi ? Je finis par m’insurger en sens inverse. Peu importe, je continue.

 

En tant que botaniste, je prononce les noms scientifiques de plantes dans un curieux latin francisé. Il convient tout d’abord de dire que ces noms dits latins ne le sont pas toujours, loin s’en faut. Pour beaucoup, il s’agit de noms empruntés à beaucoup de langues et qui ont été mis à la sauce latine. Ainsi, le botaniste français prononce-t-il les noms scientifiques en question dans une vague sauce française parfois teintée de latin (je le sais, j’ai fait un an de latin !). Les « u » ne se prononcent pas « ou » et les « um » sont prononcés « homme » dans 99 % des cas. Ce n’est pas grave, puisque tous les botanistes se comprennent. Mais il y a néanmoins un hic. En 2000, lors de mon voyage en Roumanie, nous étions accompagnés d’un Roumain maîtrisant fort bien l’anglais et le français (et l’italien paraît-il) et lors de notre première séance de terrain, je me suis aperçu qu’il ne comprenait pas les noms que je lui donnais. Tout est rentré dans l’ordre quand je me suis mis à prononcer en latin (en France, je serais passé pour un vieux ringard, ce que je suis sans doute d’ailleurs).

En parlant de ringard, il y a néanmoins bien pire que moi. Lors d’un colloque à Chartres en 2003, un ancien collègue présentait oralement l’une de nos deux communications. Il était question des plantes exotiques envahissantes bien présentées dans la Loire, les Jussies : Ludwigia peploides (Kunth) P.H. Raven et Ludwigia grandiflora (Michaux) Greuter & Burdet (on les appelle Jussies car elles se rapportent à l’ancien nom de genre Jussiaea, du nom des botanistes Jussieu). A la fin de l’exposé, une personne interpelle mon collègue pour lui dire qu’on ne prononce pas « Lude-vi-ji-a » mais « Loude-vi-guia ». Ah, avec ça, le vieux chnoque avait vachement fait progressé la connaissance de l’écologie de ces deux plantes. Je n’avais pas le micro pour lui répondre, sinon j’aurais été extrêmement vulgaire.

 

Bon, j’arrête là mon commentaire qui a été déjà bien trop long.

12 avril 2011

Suite malheureuse mais logique

Il y a une suite à ma note du 25 août 2010. J’y avais notamment évoqué mes relations avec mes beaux-frères et belle sœur. J’avais parlé du fait que ma belle-mère habite non pas chez elle, mais chez ses deux fils (ce qui n’est pas normal en soi car elle devrait être usufruitière de sa propre maison). Les deux fils se conduisent en réalité comme deux coucous qui prennent leur mère pour une bonne à tout faire, ce qui est inadmissible en soi. Outre le fait que Fromfrom et moi ne soyons pas les bienvenus là-bas notamment vis-à-vis du plus jeune de ses deux frères, ce dernier a à présent investi la chambre d’amis que nous occupions avec l’ensemble de son matériel de musique, ne nous permettant plus de l’occuper, comme nous l’espérions dès samedi soir. Tout cela n’a bien sûr pas été fait au hasard et démontre, s’il en était encore besoin, que nous n’avons plus rien à faire là-bas.

Dès lors, mon hypothèse, ma crainte du mois d’août se transforme en certitude, en contrainte : désormais, je ne sui plus autorisé à loger chez ma belle-mère mes beaux-frères. Je n’ai donc rien décidé, nous sommes mis devant un fait accompli. La seule décision qui me revient est juste le fait que je n’adresserai plus la moindre parole au plus jeune des frères de Fromfrom.

Une telle décision est sans doute peu significative pour le principal intéressé. Et pour ce qui me concerne, c’est sans doute la réaction du sale gosse, du fils unique trop gâté que je suis. Mais peu importe, il y a des moments où il faut choisir et assumer. Il n’en reste pas moins que l’hypocrisie et les non-dits qui règnent entre les membres de cette famille sont un obstacle rédhibitoire en ce qui me concerne. De plus, comme je n’ai pas le droit de mettre moi-même les choses au point (sans compter qu’il me manque des éléments), je suis contraint à cette décision. Une décision qui en amènera sans doute d’autres par réaction en chaîne, c’est-à-dire le moment où je ne serai plus autorisé (ou je ne m’autoriserai plus le droit) de mettre le quelconque pied là-bas. Tout cela est lamentable, mais je n’y suis strictement pour rien.

Des deux frères, j’aurais pu espérer en faire des complices sinon des amis, et j’aurais vraiment apprécié. Mais rien de rien. Je suis un intrus et pourtant Dieu sait que j’ai été respectueux, discret et que je ne crois pas que nous ayons abusé de quoi que ce soit. Et tout compte fait, je ne regretterai absolument pas de ne plus les voir, puisque je suis au minimum transparent à leurs yeux et que je n’attends rien d’eux. Et si je puis me permettre, qu’ils aillent au diable.

En dehors du fait que nous ne trouverons plus là-bas un gîte (ce qui est en soi ennuyeux), les vraies victimes de tout ça sont Fromfrom et sa mère. Et ça, c’est le véritable problème majeur de cette histoire, même s’il existe une coresponsabilité historique à la situation actuelle.

27 mars 2011

Sortir du nucléaire

Cette note montre peut-être une certaine naïveté de ma part, mais je crois être sincère avec moi-même.

 

Au printemps 1985, avec le collège, j’avais eu l’occasion de visiter une centrale nucléaire en construction dans la vallée du Rhône (voir ici). On nous avait expliqué l’intérêt et la force de cette technologie, sa sûreté compte tenu de la double enceinte de confinement (une enveloppe en béton armé, l’autre en béton précontraint, le double circuit d’eau…). Tout était sous contrôle, tout allait bien.

Et puis, moins d’un an plus tard, boum, un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl en Ukraine, explosait, à cause de l’emballement de la réaction et d’un défaut de refroidissement. Et peu de temps après, on se prenait le « nuage » radioactif sur le nez sans que les autorités nous ai engagé à prendre des précautions particulières. Je me souviens très bien de la pluie qui était tombée la nuit lorsque le « nuage » était à son maximum. Franchement, à l’époque, personne n’avait vraiment cru qu’il s’était arrêté à la frontière.

Cet épisode m’avait profondément marqué (je n’étais pas le seul, assurément) et j’avais à l’époque lu beaucoup de choses dans les revues scientifiques de vulgarisation. C’est à cette époque que mes parents m’avait abonné à une de ces revues.

Et puis le temps a passé. Me voilà en 1991 quand dans le cadre de mon Diplôme universitaire de technologie en Génie de l’environnement, j’avais eu des cours de physique nucléaire et de radio-protection. L’enseignement était prodigué par un ingénieur du CEA en radio-écologie. Il était du genre à plaisanter lors de chaque cours et à charrier à peu près tout le monde (j’y avais échappé). Cela avait été le seul enseignant à nous payer un pot pour la nouvelle année, mais auparavant, il avait décerné des prix Nobel de physique pour les plus belles boulettes des uns et des autres qu’il avait relevé dans les copies des partielles. Pour les travaux pratiques, il était secondé par un de ses collègues qui m’avait intrigué. Outre le fait qu’il me paraissait très vieux, ce collègue, au caractère bougon mais bon enfant, semblait brulé sur le côté, avec une oreille atrophiée, presque absente. Conséquence d’une exposition accidentelle aux rayons γ, accident plus « conventionnel » ou malformation congénitale, nous ne l’avons jamais su. Ce cours n’avait pas été de la propagande pro-nucléaire, mais ce qu’on apprenait en terme d’expositions aux rayonnements et de ce qui se passait en réalité dans une centrale nucléaire était déjà dépassé. Dépassé par la compétitivité et la libéralisation au sein des centrales nucléaires qui commençaient à employer des intérimaires. Des intérimaires qui avaient le droit d’aller se faire exposer aux rayonnements et qui le reste du temps, pour ne pas dépasser les doses annuelles maximales admissibles, allaient travailler dans d’autres entreprises, notamment dans celle où travaillait mon père. J’avais du mal à y croire. Et pourtant, il est bien vrai que les exploitants de centrales nucléaires préfèrent les intérimaires précaires à leurs employés qu’ils seraient obligés de payer à ne rien faire dès lors qu’ils ont atteint leurs doses annuelles. Tout cela, c’était avant la libéralisation du marché de l’énergie après 1995 et plus encore depuis les privatisations des années 2000. J’écoutais vendredi soir un reportage où on disait que les conditions de travail de ces gens étaient épouvantables et que de grands risques étaient pris pour leur sécurité, celle de l’installation et  donc la notre. La précarité du travail engendre des prises de risques très fortes de la part des ouvriers qu’ils taisent pour être embauchés la prochaine fois. Combien de contaminations, combien de cancers à retardement ?

J’avoue, que sans être pour, je n’étais pas contre l’énergie nucléaire, même si j’ai toujours dénoncé le manque de transparence pour ne pas dire le mensonge organisé. Et encore, je ne pense qu’à la France car il existe des centrales nucléaires un peu partout dans le monde qui ne sont pas forcément entre des mains toujours innocentes ou pacifiques.

Et puis, on a des besoins énormes en énergie (même si l’on pourrait faire de notables économies) et je vois mal le pays se remettre aux énergies fossiles, ni assurer tous les besoins avec les énergies renouvelables actuelles qui ne sont pas complètement opérationnelles.

Je ne souscrivais pas vraiment au discours « écolo », parfois excessif et entaché d’approximations scientifiques. Mais j’ai depuis quelques années, entendu des propos beaucoup plus posés et responsables. Tandis que d’un autre côté, les autorités officielles continuent de mentir et de minimiser. Et puis je me suis dit que si Green*peace et la CRI*IRAD n’avaient pas raison sur toute la ligne, ils avaient quelques raisons de tirer la sonnette d’alarme. Mais pour moi, cela n’allait pas plus loin.

Et puis il y a eu ce séisme, ce tsunami au Japon. Et les Japonais ne sont pas les êtres les plus idiots de la planète et pourtant la situation, certes exceptionnelle, leur a échappé. Et c’est une nouvelle catastrophe épouvantable. Le Japon est irrémédiablement souillé. Là-bas aussi, la libéralisation et la recherche du profit ne sont peut-être pas totalement étrangères à ce qui est arrivé. Et malheureusement, c’est loin d’être terminé…

Il est rare que l’actualité ait une telle influence sur moi. Mais cette fois, elle a opéré un basculement, même si ce dernier était latent depuis un bon moment. De sceptique, me voilà devenu un opposant aux centrales nucléaires. Sortir du nucléaire me semble irrémédiablement la meilleure solution pour limiter un des risques d’extinction de plusieurs pans de la biodiversité et de l’humanité.

8 mars 2011

Voyage voiturier (2)

Depuis maintenant plus de 15 jours, un de mes deux oncles est à l’hôpital et en mauvaise posture, suite à une infection née dans la vésicule biliaire. Alors qu’on le croyait sorti d’affaire, il a fait une rechute. Avec mes parents, on pensait aller le voir à l’hôpital pendant notre séjour rhodano-ligérien, mais les examens et le fait qu’il ait été balloté dans divers services à l’hôpital ne nous ont pas permis cette « fantaisie ». Il faut qu’il soit opéré, mais son état général ne permet pas d’intervenir. Aux dernières nouvelles, cela va mieux, mais son état reste extrêmement précaire. Je trouve cela un peu inquiétant car il a le même âge que mes parents et que l’on voit que la santé se dégrade vite. Il faut dire qu’en plus, depuis des années, il ne peut se débrouiller seul car il est complètement aveugle (processus inéluctable initié il y a plus de 35 ans) et ma tante est obligé de l’assister en permanence, et ce depuis des années. Mon oncle est pourtant une personnalité très agréable et a toujours été friand de plaisanteries très bon enfant qu’il fait à tout le monde, y compris aux personnes qu’il ne verra qu’une fois quelques minutes dans sa vie (une commerçante, une serveuse…).

 

Le lundi, mon autre tante (la sœur de ma mère), entrait à l’hôpital pour être opérée le mardi matin. Une opération sérieuse puisqu’il s’agit d’aller retirer un kyste situé quelque part entre les nerfs optique et l’hypophyse, dans la boîte crânienne, donc. Un kyste qui risque à moyen terme de la rendre aveugle. Le chirurgien intervenait par les voies naturelles, autrement dit via le nez et les sinus. Mardi en début d’après-midi, aucune nouvelle auprès de mon oncle. En fin d’après-midi, en revenant d’un essai de voiture, nous passons chez mon oncle qui nous apprend que l’opération a échoué : en passant par les sinus (semble-t-il assez tourmentés du point de vue géométrique), le chirurgien a touché une artère (branche de la carotide) et provoqué une hémorragie, l’empêchant de faire le travail et qu’au lieu de cela, il a fallu colmater les fuites. Ma tante a donc été prolongée dans son sommeil et y voit encore moins bien qu’avant. Inutile de dire ce qu’elle a dû ressentir à son réveil quand on lui a annoncé la nouvelle qu’on n’avait rien fait et qu’il faudrait recommencer et sans doute avec des techniques plus invasives et traumatisantes. Ma belle-mère avait dû subir un fait un peu analogue quand après son opération de 2007, on lui avait annoncé qu’on ne lui avait pas posé de prothèse car son genou était en trop mauvais état et qu’on s’était contenté de rafistoler en attendant son opération intervenue début 2010. Donc, nous n’avons pas pu voir non plus ma tante : elle est couchée en permanence, elle avait un drain du liquide céphalo-rachidien et aux dernières nouvelles, elle a une partie du crâne fissuré. Curieux, mais cela l’oblige à rester allonger, y compris pour se nourrir, ce qui ne lui permet pas vraiment de reprendre des forces. J’imagine néanmoins qu’elle devrait finir par s’en remettre. Le plus tôt sera le mieux.

 

Voici pour les mauvaises nouvelles, néanmoins tempérées d’un certain optimisme.

29 janvier 2011

« J’ai été contente de travailler avec toi »

Vers la mi-janvier, c’était le temps des entretiens d’évaluation. C’est moi qui suis passé en premier avec mon DG qui a eu cette fois une année pleine pour m’évaluer. On a fait le point. Il est satisfait et moi aussi. Avec lui, les choses paraissent plus faciles. Il est davantage présent, mais paradoxalement, nous avons plus de facilités à prendre des décisions de façon autonome. Auparavant, c’était pour moi, pour nous, une difficulté qui nous pesait. Pourquoi ? Une manière différente de déléguer sans doute plus naturelle, évidente dont je n’arrive pas à percevoir précisément le ressort, parce qu’en plus ça marche très bien.

Mes collègues ont également été cuisinés par l’abominable Cornus. Bien sûr, il faut remplir des tas de cases. Je fais ça désormais de façon beaucoup plus détachée, me concentrant uniquement sur les vraies difficultés et heureusement il y en a peu. Et puis il y a eu quelques augmentations.


En 2008, elle avait déjà fait six mois chez nous pour son stage de fin d’études. Puis, après moins de deux ans en tant que salariée dans mon service, une collègue s’en est allée jeudi soir, pour aller travailler dans la ville du « grand coude » de la Loire et pour se rapprocher de son compagnon. Ce n’était pas une surprise puisqu’elle m’avait prévenue depuis l’été de cette éventualité. Et elle a même eu pratiquement l’embarras du choix pour trouver du boulot. Bref, il s’agit d’une bonne nouvelle. Jeudi soir, avant que je ne parte (vue l’heure déjà avancée, je lui ai laissé ma clé afin qu’elle termine de trier ses affaires), elle me dit d’une voix tremblante et émue : « j’ai été contente de travailler avec toi ». Connaissant sa timidité, je sais qu’il lui en a coûté pour qu’elle me le dise. Il s’agissait des dernières secondes avant qu’on ne se quitte, et je n’ai pas su quoi répondre à part quelque chose comme : « merci, moi aussi ». Quelques minutes après mon départ, elle a envoyé un courriel collectif pour remercier ou saluer tout le monde une dernière fois. Elle m’a encore mis en avant dans ses remerciements auxquels je ne m’attendais pas forcément. Inutile de dire que cela m’a touché. Rien à voir en effet avec un autre ancien collègue parti fin mai 2010 (voir ici). J’ai appris la semaine dernière qu’il avait envoyé ses vœux à une collègue, s’étonnant elle-même qu’il ne se soit pas manifesté pour me donner de ses nouvelles. Je lui ai répondu que je n’étais nullement surpris de son comportement. Pas surpris, pas déçu, presque indifférent. J’ai en effet de quoi me réjouir de la simplicité et de la bonne humeur de mes collègues embauchés au printemps.

20 janvier 2011

Blagues nulles fromfromo-cornusiennes pour KarregWenn

Bon bien sûr, ce n’est pas le dessus du panier et ce n’est pas vraiment le genre de la maison, mais je fais une exception pour respecter la promesse faite à KarregWenn. Ces nullités sont des retranscriptions de choses entendues, voire répétées par Fromfrom et Cornus.


Un groupe de chauves-souris vampires meurent un peu de faim au fond de leur grotte. Elles ont une envie folle de se rassasier de sang frais, mais les proies se font rares, très rares. Soudain, une membre du groupe, dégoulinante de sang frais fait son entrée dans la grotte.

« Où as-tu trouvé une proie » réclament-elles en chœur ?

« Attendez, je suis essoufflée, attendez je vais vous expliquer »

Les autres commencent déjà à baver rien que de penser au futur festin.

« C’est dans la forêt là-bas »

« Ah oui, où ça ? Emmènes-y-nous vite »

« OK, OK »

Et tout le groupe prend son envol vers la forêt. Et une fois sur place, rien, pas la moindre goutte de sang à se mettre sous la dent.

« Alors, c’est où » réclamèrent-elles à cor et à cri.

« Ben, vous voyez le gros chêne là-bas »

« Oui »

« Eh bien moi, tout à l’heure, je ne l’ai pas vu ».


Qu’est-ce qui est pire qu’un bébé dans une poubelle ?

Un bébé dans deux poubelles !


Une sage-femme arrive chez le boucher, alors qu’une femme enceinte est en train d’être servie.

« Je voudrais un rôti de bœuf de 1,450 kg. »

Le boucher prend la pièce de bœuf et en coupe un morceau.

« Vous ne pesez pas ? »

« Inutile, je connais mon métier, j’ai l’œil » et il pose le morceau de rôti sur la balance qui affiche 1,450 kg.

« Bravo, vous êtes doué ».

A ce moment là, ce qui devait arriver finit par arriver. La femme enceinte est prise de contractions foudroyantes au milieu du magasin et l’accouchement est proche. La sage-femme vole bien entendu à son secours et au bout de quelques minutes, le bébé arrive. Le boucher prête un couteau pour couper le cordon ombilical.

Une fois l’affaire faite, la sage-femme prend le bébé dans ses bras et s’écrie : « 3 kg – 3,100 kg ».

« Ah vous croyez ? Faites voir »

Et la sage-femme donne le bébé au boucher.

« Ah, moi je dirais bien 3,250 kg »

« Ah non, je ne suis pas d’accord, 3,100 kg maxi, je connais mon métier »

« Bon, on va vérifier. Mais je n’ai pas une balance assez grosse ici. Mon commis va se charger de faire la pesée dans l’arrière-boutique ». Et il confie le bébé à son commis.

Il se passe 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes… Le boucher et la sage-femme commencent à s’impatienter.

Le commis revient enfin « 1,950 kg ».

« Quoi ce n’est pas possible !?! » s’écrient en chœur le boucher et la sage-femme.

« Ben oui vidé et désossé ! »


Pardon.

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Cornus rex-populi
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