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Cornus rex-populi
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4 décembre 2014

Nouveau cap de la connerie

Un nouveau cap a été franchi dans le domaine de la connerie. Hier, parce que c’était mercredi, la mère de Fromfrom était allée chercher sa petite-fille pour fêter avec un jour d’avance, son anniversaire. C’est bien la seule manière dont la gamine pourra se réjouir pour ses 14 ans, car en guise de cadeau d’anniversaire, sa mère la met à la porte !

Cela fait un peu plus de 6 ans que ses parents sont séparés (et divorcés plus tard) et la gamine était confiée à sa mère. Le père avait quitté son travail pour d’obscures raisons, l’alcoolisme n’y étant certainement pas étranger. L’ex mari, après s’être fait viré de chez sa mère (elle, qui n’a pas grand-chose à envier aux Ténardier), avait vécu plus d’une année en caravane, dans des conditions d’hygiènes certainement très brillantes. En réalité, un homme-enfant irresponsable.

La mère ne supporte plus sa fille. Pourtant, nous l’avons encore eue à la maison cet été et ce n’est pas une gamine particulièrement emmerdante. Certes, c’est une adolescente avec ses petits travers, mais vraiment pas pires que les autres, bien au contraire. Et la mère, elle aussi rongée par l’alcoolisme, ne s’occupe pas correctement de sa fille. Je dirais même que la gamine est en voie d’abandon, et pas que par rapport à l’école, mais également pour tous les détails de la vie courante (se laver, manger, se vêtir…). La gamine s’est entendu dire par sa mère qui la met dehors : « tu n’as rien à dire, c’est pas toi qui paye le loyer ». Splendide !

Du coup, la gamine va aller chez son père. Jusqu’à il y a quelques années, on pouvait aisément dire que la gamine était forcément mieux avec sa mère. A présent, je pense qu’elle a le choix entre la peste et le choléra !

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19 novembre 2014

La grande invasion

Un livre, écrit par un écologue qui dénonce la lutte frénétique contre les espèces exotiques envahissantes, qu’elles soient animales ou végétales. Il ne fait pas que dénoncer, il indique par nombre d’exemples que la chose est insensée dans la mesure où ces espèces ne sont pas toujours aussi problématiques qu’on le dit. En dehors du contexte insulaire (encore qu’il y ait aussi des contre-exemples), les invasives peuvent aussi présenter des avantages indéniables dans le cadre de la mobilité que l’homme a imposé à des tas d’espèces, dans la recomposition d’écosystèmes dégradés par l’homme… L’auteur montre aussi à quel point les migrations d’espèces sont anciennes, qu’elles soient naturelles ou anthropiques, à tel point que les hommes ont souvent perdu le souvenir de leur introduction. Il montre aussi combien ces espèces peuvent être utiles à l’homme, voire à la nature elle-même. Il dénonce les attitudes de naturalité et de conservatisme extrêmes sur une planète soumise aux changements globaux et où la dynamique des dégradations, du réchauffement climatique, des réorganisations écosystémiques sont des réalités qui pèsent lourdement.

Je ne peux détailler davantage les arguments avancés qui sont parfois intéressants, parfois moins. Je regrette que l’auteur ne donne pas plus de détails dans les exemples fournis, qu’il ne précise pas toujours scientifiquement de quelles espèces il parle (il y a parfois des ambiguïtés), qu’il ne dénonce pas clairement la dispersion de certaines espèces invasives, qu’il ne s’en prenne pas vivement aux désordres écologiques majeurs qui favorisent ces nouvelles venues, dégradations environnementales beaucoup plus graves et profondes que les espèces en question qui ne sont finalement que des sentinelles des dysfonctionnements. Un livre agaçant aussi parce qu’il a un peu tendance à donner des leçons et à mettre certaines catégories de scientifiques dans les mêmes sacs. C’est sans doute un peu vrai, mais un peu réducteur.

Mais en définitive, un livre intéressant, car pas vraiment consensuel et qui apporte des éclairages nouveaux.

TASSIN J., 2014. - La grande invasion. Qui a peur des espèces invasives ? Éditions Odile Jacob, 216 p.

29 septembre 2014

Brèves cornusiennes (29)

Mercredi dernier, j’avais rendez-vous pour la visite périodique à la médecine du travail. En passant avec l’infirmière pour le contrôle de la vue, je me suis rendu compte que pour la vue de près de l’œil droit, je n’arrivais plus à lire la plus petite ligne à 12/10. L’infirmière a néanmoins conclu que ma vue était normale. Réaction d’enfant gâté, mais j’ai néanmoins perdu. Quelques minutes plus tard, sans que je n’évoque la chose, le médecin s’étonne de ma vue encore bonne à mon âge.


Davantage au titre de délégué du personnel qu’à titre individuel, j’évoque ensuite la problématique de la maladie de Lyme dont plusieurs de mes collègues ont été touchés depuis quelques années, dont trois ces derniers mois (érythème migrant). L’homme a l’air de vouloir minimiser la chose et ne doute pas que la maladie serait reconnue comme maladie professionnelle si un cas venait à être avéré (ce dont on peut néanmoins douter, quand on est courant de certaines affaires où les économies prennent largement le pas sur la science et la prévention de santé publique). Chez les forestiers publics, la maladie est reconnue, mais nous n’avons pas la même envergure. Il m’a dit qu’ayant travaillé dans le cadre agricole, il n’a jamais été confronté à une telle obsession vis-à-vis de la maladie de Lyme et nous traite d’intellos. D’une part, il n’a pas compris que le monde agricole est beaucoup moins exposé (il n’y a pas de tiques dans les cultures intensives, d’ailleurs, il n’y a rien). D’autre part, les élagueurs sont sans doute moins exposés et moins informés des risques. Par parenthèse, un de nos collègues a été victime d’un syndrome ayant été présumé comme celui de la maladie de Lyme (avec hospitalisation et séquelles non consolidées) sans que l’on puisse le démontrer. Et certains collègues ont gagné des antibiothérapies post-érythème qui n’ont pas été que des parties de plaisir. Mais on intellectualise. Il doit venir faire une réunion d’information, mais doit se renseigner avant. Il a intérêt, parce qu’il ne sait pas ce qui l’attend, car à ce stade, on est plus informé que lui. Pour information, même s’il y a des progrès récents du corps médical, il y a encore un sacré déficit de connaissance de la part de nombre de praticiens et les tests sanguins officiels ne sont pas opérationnels. Mais les choses sont en train d’enfin bouger.


16 juin 2014

Qui c’est çui-là, pour qui y s’prend ?

Depuis quelques années, je suis inscrit sur une sorte de plateforme de réseau social professionnel régional sur l’environnement. Je n’y interviens pour ainsi dire jamais, mais la semaine dernière, je vois arriver un message d’une association qui prône la plantation d’arbres en région, association connue pour son volontarisme, mais pas pour la profondeur de sa réflexion (ça, c’est moi qui le dis). Elle propose une « méthodologie simplifiée » pour prôner les plantations sur les territoires. L’association est soutenue par la Région pour contribuer à la Trame verte et bleue, donc à la biodiversité et à la naturalité. Très bien. Mais la « méthodologie simplifiée » oublie des points essentiels et en tant que « consultant » de la Région ès végétalisation, je me devais de réagir, autrement dit rappeler quelques points qui n’étaient pas forcément maîtrisés : le fait de ne pas boiser des milieux naturels présentant une biodiversité de milieux ouverts particulièrement intéressante, le fait de bien choisir les essences en fonction des milieux et le côté gadget incontrôlé des « bombes à graines ». Que n’avais-je pas écrit là ? Alors que j’étais resté neutre sans mettre quelqu’un en accusation (je voulais juste indiquer des amendements à la « méthodologie simplifiée » qui n’était à mon sens qu’une simple ébauche, j’ai déclenché un message particulièrement sarcastique voire carrément irrespectueux à mon égard. Et dans le même temps, certains de mes collègues, en réunion vendredi à Lille sur la problématique des sciences participatives se sont fait agresser : « qui c’est çui-là, pour qui y s’prend ? », jen passe et des bien pires. J’ai eu droit au couplet « on sait ce qu’on fait, on est professionnels, on a des référents sur le territoire ». En un mot, je n’ai pas à mettre mon grain de sel, on en sait plus que moi. Sauf que d’expérience, je sais que tous les contre-arguments présentés ne tiennent pas la route puisque les cas de déraillements sont légion. Et puis quand on est irréprochable, pourquoi on se sent à ce point visé ? Et pourquoi on devient agressif alors que l’on soumet un document au public, donc à la critique ? Peut-être que le problème vient du fait que jusque là, on avait dit que du bien de cette association qui jouit d’une certaine aura hyperbolique dans le microcosme bobo écolo lillois. Et quand on ose une remarque critique constructive, on sort les flingues. C’est fou, les anti-écolo que j’affronte plus régulièrement sont souvent bien moins chatouilleux.

7 septembre 2014

Quelques réponses sur ce que vous avez toujours voulu savoir sur la végétation

Pistes méthodologiques sommaires

La végétation peut être étudiée de diverses manières. On peut, par exemple, s’intéresser à la physionomie de la végétation, c’est-à-dire, à son apparence générale (formations végétales) en lien avec sa hauteur, son port, la gestion dont elle est l’objet : prairie, pelouse[1], forêt, fourré, lande[2], etc. On peut compléter ce descriptif sommaire en indiquant la ou les espèces dominantes au sein des formations végétales considérées : prairie à Arrhenatherum elatius (L.) P. Beauv. ex J. & C. Presl (Fromental, Avoine élevée), pelouse à Nardus stricta L. (Nard raide), forêt (chênaie) à Quercus robur L. (Chêne pédonculé) et Molinia caerulea (L.) Moench (Molinie bleue), fourré à Salix aurita L. (Saule à oreillettes), lande à Calluna vulgaris (L.) Hull (Callune). Cette « méthode » de caractérisation de la végétation est assez simple puisqu’elle ne requiert que la connaissance des espèces dominantes. Toutefois, elle est assez peu précise et ne permet pas de connaître les vraies potentialités écologiques du milieu.

On peut améliorer le descriptif par une ou quelques indications écologiques discriminantes comme l’humidité du sol, son pH, sa trophie (richesse en nutriments), le mode de gestion, etc. En poursuivant les exemples précédents, cela donne : prairie mésophile[3] de fauche à Arrhenatherum elatius, pelouse acidiphile[4] à Nardus stricta, forêt (chênaie) acidiphile mésohygrophile[5] à Quercus robur et Molinia caerulea, fourré hygrophile[6] acidiphile à Salix aurita, lande acidiphile à Calluna vulgaris. Cependant, cette caractérisation phytoécologique de la végétation implique une excellente connaissance de l’écologie de la totalité des espèces floristiques, considérées une par une (autoécologie) ou de manière globale au sein des communautés végétales[7] (synécologie). Ces connaissances ne peuvent être acquises qu’après une étude préalable de ces communautés végétales.

Parmi les méthodes utilisées, la phytosociologie est une des plus efficientes. Cette science, née il y a environ un siècle, se décline en plusieurs écoles dont les méthodes diffèrent quelque peu. D’une manière générale, la phytosociologie permet de caractériser précisément les communautés végétales que l’on appelle associations végétales. Une association végétale se définit comme un ensemble d’espèces caractéristiques, différentielles et compagnes. Il s’agit d’un objet théorique statistique qui est en quelque sorte la synthèse de plusieurs individus d’association (objets concrets relevés sur le terrain selon un protocole précis). La notion d’association végétale peut être comparée avec la notion d’espèce. Ainsi, une plante visualisée sur le terrain peut être rapportée à une espèce, alors même que les individus de l’espèce observés sur le terrain diffèrent tous plus ou moins par la forme. Il en est de même pour les individus d’association végétale qui diffèrent tous un petit peu, mais peuvent néanmoins être rapportés à une association (si un ou plusieurs individus ne correspondent pas à une association déjà connue, alors il y aurait peut-être lieu d’en décrire une nouvelle).

Comme les espèces se regroupent en genres, familles, ordres et classes, les associations font de même en se regroupant au sein d’alliances, d’ordres et de classes. Une alliance regroupe donc plusieurs associations relativement proches du point de vue de leur composition floristique. Sans glisser dans un cours de phytosociologie, on pourra néanmoins consulter le Tableau 1. Ce qu’il faut néanmoins retenir pour la suite, c’est que les noms scientifiques des communautés végétales en phytosociologie sont formés sur la racine des noms scientifiques latins des plantes les plus « typiques » des végétations considérées. Afin que cela puisse être compréhensible par le plus grand nombre, les descriptifs sont donnés systématiquement en français.

 

Tableau 1 - Mise en évidence des différents niveaux syntaxinomiques, des moyens de former les noms des syntaxons et comparaison avec les niveaux taxinomiques en botanique

Exemples taxons[8]

Botanique

(niveaux taxinomiques
=> taxons)

Phytosociologie

(niveaux syntaxinomiques
  => syntaxons)

Suffixe sur le   radical du nom de genre

Exemples syntaxons[9]

Dicotylédones

Classe

Classe

-etea

Querco   roboris-Fagetea sylvaticae   Braun-Blanq. & Vlieger in Vlieger   1937

Fagales

Ordre

Ordre

-etalia

Quercetalia   roboris Tüxen 1931

Fagaceae (Fagacées)

Famille

Alliance

-ion

Quercion roboris Malcuit 1929

Quercus L.   (chênes)

Genre

Sous-alliance

-enion

Quercenion   robori - petraeae Rivas Mart.   1975

Quercus petraea Liebl. (Chêne sessile)

Espèce

Association

-etum

Ilici   aquifolii - Quercetum petraeae Durin et al. 1967

Quercus petraea Liebl. subsp. petraea (Chêne sessile – sous-espèce type)

Sous-espèce

Sous-association

-etosum

Ilici   aquifolii - Quercetum petraeae   Durin et al. 1967 leucobryetosum   glauci

Indications écologiques

Afin de mieux cerner les indications écologiques mentionnées plus haut et par la suite, il est nécessaire de rappeler sommairement quelques terminologies. Les plantes et les végétations ne se répartissent pas au hasard, elles ont des affinités plus ou moins strictes vis-à-vis des différentes caractéristiques discriminantes du milieu.

Humidité du sol

Les termes désignent à la fois le milieu (sols), les plantes et les végétations qui s’y développent.

 

Tableau 2 - Termes caractérisant le degré d’humidité d’un sol, d’un milieu ou les préférences des plantes et des végétations

Plantes et   végétations

Description

hygrophile

qui affectionne des sols   très humides, très inondés

hygrocline

qui préfère des sols à   tendance humides

mésohygrophile

qui affectionne des sols   modérément humides, frais

mésophile

qui affectionne des sols   bien pourvus en eau mais sans excès

mésoxérophile

qui affectionne des sols   modérément secs

xérocline

qui préfère des sols à   tendance secs

xérophile

qui affectionne des sols   très secs

Richesse du sol

 

Tableau 3 - Termes caractérisant le degré de richesse d’un sol, d’un milieu ou les préférences des plantes et des végétations

        

  

Milieu    (eau, sol)

  
  

Plantes    et végétations

  
  

Description

  

hypereutrophe

hypereutrophile

eaux ou des sols (et les plantes et végétations qui   s’y trouvent) comportant des teneurs très importantes, voire excessives en   nutriments, en particulier les différentes formes assimilables de l’azote (azote   nitrique ou nitrates [NO3-], azote ammoniacal ou   ammoniaque ou ammonium [NH4+]) et du phosphore   (orthophosphates [PO43-]). Dans les eaux douces, ces   teneurs excessives engendrent des pollutions et d’importants   dysfonctionnements écologiques

eutrophe

eutrophile

qui affectionne des eaux ou des sols très bien   pourvus en nutriments assimilables

mésoeutrophe

mésoeutrophile

qui affectionne des eaux ou des sols assez bien   pourvus en nutriments assimilables

mésotrophe

mésotrophile

qui affectionne des eaux ou des sols moyennement   pourvus en nutriments assimilables

oligotrophe

oligotrophiles

qui affectionne des eaux ou des sols pauvres en   nutriments

hyperoligotrophe

hyperoligotrophile

qui affectionne des eaux ou des sols très pauvres en   nutriments assimilables

Notons également que les plantes et les végétations qui se développent sur des sols bien pourvus en azote (ammoniacal ou nitrique) sont dites nitrophiles – exemple typique d’Urtica dioica L. (Grande ortie).

pH du sol, teneur en carbonates de calcium

Bien que le pH du sol ne soit pas uniquement corrélé aux teneurs en carbonates [CO32-] et hydrogénocarbonates [HCO3-] de calcium (« calcaire »), il existe néanmoins un lien fort entre les deux. Un sol calcaire possède un pH basique ou alcalin et un sol siliceux possède un pH plus ou moins acide.

 

Tableau 4 - Termes caractérisant le degré d’acidité, d’alcalinité, de teneur en calcaire actif d’un sol, d’un milieu ou les préférences des plantes et des végétations

  

Milieu    (eau, sol)

  
  

Plantes    et végétations

  
  

Description

  

hyperacide

hyperacidiphile

décrit des eaux ou des sols à forte acidité (pH ≤ 4) et les plantes   et les végétations qui s’y développent

acide

acidiphile

qui affectionne des eaux ou des sols acides

à tendance acide

acidicline

qui affectionne des eaux ou des sols à tendance acide

neutre

neutrophile

qui affectionne des eaux ou des sols neutres

à tendance basique (ou alcaline)

à tendance calcaire

basicline
  calcicline

(neutrocalcicole)

qui affectionne des eaux ou des sols à tendance basique (alcaline) ou   neutre à calcaire

basique (alcalin)

calcaire

basiphile

calciphile (calcicole)

qui affectionne des eaux ou des sols basiques (alcalins) ou calcaires

Lumière

 

Tableau 5 - Termes caractérisant le degré de lumière perçu par un milieu ou les préférences des plantes et des végétations

Plantes et   végétations

Description

sciaphile

qui affectionne les   couverts ombragés

hémisciaphile

qui affectionne les zones   de demi-ombre

héliophile

qui affectionne les   stations de pleine lumière

 



[1] Formation végétale présentant une couverture végétale globalement assez rase et fournissant peu de biomasse. En général, les pelouses se développent sur des substrats et des conditions écologiques difficiles : sols secs, très calcaires, très acides, très humides, très pauvres, etc.

[2] Formation végétale dominée par des chaméphytes (végétaux ligneux dépassant peu 50 cm de hauteur), généralement sur sols acides et pauvres. Les landes sont souvent dominées par des bruyères et des genêts.

[3] Voir définition ci-après.

[4] Voir définition ci-après.

[5] Voir définition ci-après.

[6] Voir définition ci-après.

[7] Une communauté végétale est un ensemble de plantes se développant dans un lieu précis dans lequel on observe des conditions homogènes sur au moins trois plans : physionomique (une seule formation végétale), floristique et écologique.

[8] Un taxon est une unité indéterminée de la classification du vivant (espèce, genre, famille, ordre, genre, règne, etc.).

[9] Un syntaxon est une unité indéterminée de la classification phytosociologique.

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1 avril 2014

Ceci n’est pas un poisson d’avril

Aujourd’hui, nous avons fait notre Conseil scientifique annuel, décentralisé près d’Amiens dans les locaux du centre de formation de l’Of*fice nat*ion*al de l’e*au et des mil*ieux aqua*tiques, autrement dit l’ex Con*seil sup*érieur de la pê*che, autrement dit, un des temples incontournable du poisson d’eau douce. Eh oui, cela est parfaitement exact, mais en même temps un peu dégradant de faire nager des botanistes au milieu des poissons.

21 juin 2014

Pour une fois, je ne parle pas de mes collègues

Les collègues de Fromfrom ne sont pas tous des billes car il y en a quand même de rares sympas et compétents. Fromfrom me permettra d’en parler à sa place. Ce n’est peut-être pas parfaitement exact, mais c’est ainsi que cela m’apparaît. Je rêverais d’une chose : être enseignant quelques temps dans cette école, non pour enseigner, mais pour dire ce que je pense de cette majorité de crétins qui n’ont aucune conscience de l’ampleur de leur médiocrité et de la chance incroyable qu’ils ont d’être encore en poste.

Il y a d’abord la directrice. Lors d’un barbecue l’an dernier à l’occasion de la fin de l’année, je l’avais vue et j’avais pu en juger. J’en avais parlé ici et l’avais surnommée le crapaud. Le genre de personne qui se soucie exclusivement de sa propre personne et se moque carrément des autres, ou alors uniquement pour que les autres servent de faire valoir pour la mettre en valeur. Une valeur pourtant bien faible sur le plan humain, mais également sur le plan professionnel.

Au cours de cette année, avec les propos rapportés par ma chère et tendre, je ne puis qu’arriver à la même conclusion qu’elle : cette directrice est adepte du moindre effort. Comme tout le monde, pourra-t-on rétorquer. Eh bien non, pas comme tout le monde : elle s’arrange des jours, des semaines, des mois à l’avance pour faire en sorte de minimiser son travail effectif. Son travail de direction (mi-temps) ? Elle se décharge en totalité sur sa secrétaire et accessoirement sur la comptable. Son travail d’enseignante ? Elle surcharge l’enseignante stagiaire qui s’occupe de ses élèves de CM2 la moitié du temps. Au lieu de donner un coup de main à l’enseignante débutante, elle la stresse, lui met des bâtons dans les roues et lui reproche de ne pas avoir accompli le travail qui lui revenait à elle. Du coup, par défaut, c’est Fromfrom qui l’aide et fait office de référent. Nul doute que la « gamine » y gagne sérieusement au change.

Quand la « dirlote » fait cours dans sa classe, elle est systématiquement en retard (elle a toujours un coup de téléphone urgent à passer à la reprise du matin ou de l’après-midi), elle demande systématiquement à la secrétaire de faire les photocopies qu’elle aurait dû faire en temps et en heure et s’arrange pour faire venir les intervenants extérieurs (musique, arts plastiques…) pendant ses heures, ce qui lui permet de faire autre chose, ou plus exactement rien du tout. Surtout, elle pratique régulièrement l’abandon de poste. Mais elle, elle a le droit, elle est directrice.

Je n’insiste pas sur ses capacités de management qui sont absolument nulles. Elle est incapable de mener une réunion, incapable d’avoir un ordre du jour clair, d’évoquer des choses de fond. Les réunions ne sont qu’une succession de palabres et de parlottes inutiles. Trois heures pour traiter ce qui aurait pu l’être en vingt minutes. Et beaucoup de considérations non professionnelles. Bref du grand n’importe quoi. Dans le cadre de mon boulot, on fait des réunions (ou je vais à des réunions techniques à l’extérieur) et je me pose parfois des questions sur notre façon de procéder qui pourrait être améliorée, mais je constate qu’en réalité, mais et je dois me rendre à l’évidence : nous sommes toujours au moins 100 fois plus efficaces. Et qu’on n’aille pas dire que c’est parce qu’il n’y a pas d’enseignants dans mes réunions. C’est avant tout une question de savoir vivre, avant même un problème de savoir faire.

Il y a quelques semaines, l’enseignante stagiaire du mi-temps de la directrice a dû raccompagner un élève, particulièrement et notoirement insupportable, à sa place, une fois par le bras et une fois par le col. Que n’avait-elle pas fait là ? Oser toucher un élève. Ni une ni deux, le père va déposer une « main courante » à la police, déclarant que l’enseignante a voulu étrangler son fils. Ben voyons. En même temps, dans la même classe, les parents d’une autre élève s’étaient plaint de ladite enseignante (une autre élève connue depuis longtemps pour son insolence éhontée et son travail médiocre). Comme tous les enseignants, singulièrement Fromfrom, sont témoins de l’immense valeur de ces deux élèves, la drirlote convoque, en présence des ensignants, les parents des deux élèves en même temps. Tout ce qu’il ne fallait pas faire a été fait puisque bien entendu, les parents (pas la crème, assurément, mais plutôt au niveau des bas étages sans lumière) se sont confortés les uns les autres en se comportant d’une manière inadmissible et mettant en accusation l’enseignante stagiaire. La chose était plus que prévisible. Après ça, la dirlote a consulté les responsables de l’enseignement catholique et a décidé de rédiger un formulaire pour signaler un cas de violence d’une enseignante envers un élève. Oui, parce que la dirlote n’est pas du genre à couvrir ses enseignants, mais plutôt à les enfoncer, ne serait-ce que pour se couvrir elle-même, face à toute éventualité. Fromfrom en était malade. Cela m’avait mis en rogne par procuration également. Pour une fois, il y a eu un semblant de solidarité chez les autres enseignants qui ont finalement convaincu la dirlote de ne pas poursuivre sa démarche et ont rédigé des courriers pour dénoncer l’attitude des deux élèves qui ont un passif considérable depuis des années.

Je pense que j’en ai assez dit sur la formidable directrice de Fromfrom. Je passe sur une autre de ses collègues (surnommée la gourde) incompétente notoire qui est persuadée qu’elle est la seule à bosser, sur un collègue (surnommé Rantanplan) qui déroule ses cours sans chercher à savoir une seconde si ses élèves suivent ou pas. Et cet autre collègue, surnommé Averell, dont j’entends parler très souvent. Inutile de dire que le surnom ne rime pas particulièrement avec finesse et intelligence, mais beaucoup plus avec bêtise. Si cela n’était pas triste, ce serait drôle. Ce type, ne sait jamais où il en est, est particulièrement mal organisé, fait toujours tout à la dernière minute et surtout ne se souvient plus ce qu’il a dit ou ce qui a été décidé la veille. Fromfrom a mis quelques temps à comprendre, puis a constaté qu’il était systématiquement ronchon le matin et euphorique l’après-midi. Oui, il rentre systématiquement manger chez lui tous les midis, et surtout prendre sa dose d’alcool en apéritifs et bières.

Je pense en avoir suffisamment dit et ne pas avoir trop déformé la réalité. Fromfrom va quitter cette école de fous (elle est « virée » suite à une fermeture de classe) et ira dans une autre école. Par chance, c’est dans la même ville, mais malheureusement, la directrice n’a pas une bonne réputation. Mais peut-être qu’elle, fera son boulot correctement, ce qui serait déjà un plus.

20 mars 2014

Brèves cornusiennes (23)

Lundi, peu avant l’heure à laquelle il aurait fallu que je parte pour être à l’heure à mon rendez-vous médical, un collègue débarque dans mon bureau, l’air décomposé. Je savais pourquoi. Depuis les environs du 20 janvier, il m’avait annoncé que son père, gravement atteint d’un cancer, ne passerait pas l’année. Il était malade depuis un an et demi et avait caché jusque là la gravité de sa maladie, ne voulant pas affoler la famille et espérant probablement une rémission. On lui avait annoncé une survie de 9 mois. Il aura tenu le double. Je m’attendais à la triste nouvelle, car dès le matin, mon collègue m’avait annoncé que c’était la fin. Son père, 59 ans, séparé de sa première femme, s’était installé en Ardèche avec une autre compagne et il était hospitalisé à Lyon. On est toujours démuni quand on nous fait une telle annonce, et je n’ai probablement pas su trouver les mots. Mais existe-t-il de bons mots ?

Je suis parti un peu en retard pour mon rendez-vous, mais peu importe. Et j’apprends dans la voiture que l’ancien chef du syndicat Force ouvrière était décédé. Je suis resté un instant dans le vague : mon collègue a le même patronyme. Il s’exprime fort peu sur des choses personnelles, mais comment aurait-il pu me cacher que son père était cet homme ? Je suis très rapidement revenu à la raison car l’âge ne collait pas. Et pas que l’âge, bien entendu, rien ne collait.Curieuse coïncidence en tout cas.


 J’ai conscience de passer un peu du coq à l’âne, de la gravité à l’anecdote.

Hier soir, c’était donc l’extraction de l’une de mes dents de sagesse, cariée sous un ancien plombage, mais qui heureusement jusque là, ne me faisait pas du tout souffrir. L’intervention n’a pas duré plus d’une demi-heure en tout, bien qu’il y ait eu une difficulté imprévue. En effet, cette dent avait trois racines (au lieu de deux habituellement), ce qui n’était pas visible sur la radiographie. Les bruits ont été assez terribles et la lutte assez acharnée. Une fraise a dû être remplacée durant l’intervention et cela a duré plus longtemps que prévu à cause de cette racine supplémentaire qui bloquait une partie de la dent récalcitrante. Du coup, le trou d’extraction a été plus important qu’à l’accoutumée. Mais je dois dire que contrairement à ce que je redoutais, je n’ai pas eu du tout mal. Un très léger picotement à un instant qui a été calmé immédiatement par une giclée d’anesthésiant. De ce côté-là, bravo. En revanche, je n’ai guère dormi de la nuit. Le stomatologue m’avait conseillé de ne pas travailler aujourd’hui et en effet, c’était une bonne idée. En revanche, demain, ce sera autre chose. L’après-midi, je pense qu’en réunion (extérieure), il ne faudra pas me chatouiller plus que de raison.

2 mars 2014

Dé-bor-dée !

L’autre semaine, un collègue, à la suite d’une autre collègue, a déposé des livres au travail afin que chacun puisse se servir à sa convenance (riche idée). Je suis tombé sur deux livres de Zoé Shepard. Le titre du premier m’a interpelé, alors j’ai lu la quatrième de couverture, ce qui m’a remémoré une chronique (voire une interview ?) journalistique sur France inter.

Le premier livre a valu à son auteur une suspension de travail de plusieurs mois. Elle est haut-fonctionnaire depuis 2007 dans une collectivité territoriale (Conseil régional d’Aquitaine), alors qu’elle avait pris un pseudonyme, avait placé l’action au sein d’une mairie et avait brouillé les pistes pour pas que l’on reconnaisse immédiatement le tableau qu’elle dépeignait, en particulier ses collègues de travail et leurs turpitudes. Hélas, un de ses amis (encore ami après ?) a reconnu son style et l’a « dénoncée ».

Le tableau, donc, est sévère, voire méchant, très méchant, mais souvent jubilatoire. Je fréquente des fonctionnaires territoriaux ou d’État et on m’a souvent rapporté des faits montrant l’extrême fainéantise des uns, la rare incompétence des autres ou encore les gaspillages d’argent public. Toutefois, ce que j’y ai lu dépasse quand même ce que je m’imaginais sur certains points. Est-ce exagéré ? Peut-être pas tant que ça ? Peut-être pas du tout ?

Cela se lit fort bien, comme un journal, présenté de jours en jours, d’heures en heures, parfois de minutes en minutes. Le ton est bien sûr sarcastique, moqueur à l’extrême. Seules une ou deux personnes trouvent grâce à ses yeux. On imagine que ses « bons » collègues ne sont pas mis en scène. Les dialogues se déroulent en deux temps : ce qu’elle dit ou ce qu’on lui dit et les commentaires « off » sur ce qui se passe dans sa tête à ce moment là, jamais flatteurs, toujours à charge. J’imagine qu’elle n’avait pas forcément toujours le temps de penser ça sur le coup, mais peu importe. Ce qui est ennuyeux quand même dans ce livre, c’est que la narratrice donne toujours l’impression d’être une donneuse de leçons, même s’il y a largement de quoi, ou de se moquer systématiquement des autres, ce qui serait gênant si cela n’était pas drôle par ailleurs. Une impression également que la narratrice se prend parfois au sérieux, mais en même temps, elle décrit quelques-uns de ses défauts. Et certaines de ses « victimes » finissent par apparaître sympathiques tant elles semblent définitivement naïves et nulles.

Finalement, un bon moment.

 

SHEPARD Z., 2010 – Absolument dé-bor-dée ! ou le paradoxe du fonctionnaire. Éditions Points, Paris [édition originale : Albin Michel], 307 p.

12 février 2014

Inculture vertueuse

Quand j’écoute une station de radio généraliste comme France inter, de surcroît à l’occasion d’une émission non spécialisée, je n’aime guère que l’on se mette à parler dans un langage qui m’est incompréhensible. Je ne parle pas du charabia diffusé sur certaines radios peu enclines à parler dans un français vaguement à peu près correct, je veux juste parler de ces journalistes ou autres animateurs, qui se mettent à parler de musique, d’artistes, de styles musicaux ou de je ne sais quoi du même genre où je n’entends rien, rigoureusement rien. Je mets de côté la musique « classique » qui semble moins victime de cette maladie, du moins sur ce type de radio généraliste.

Je veux bien admettre que je sois particulièrement inculte en la matière, mais en même temps, il n’y a aucun effort de pédagogie. Les personnes parlent de façon entendue entre elles, utilisent des mots presque exclusivement anglo-saxons, avec des codes et un vocabulaire que je ne comprends pas. Ils palabrent sur des nuances que je ne suis nullement en mesure de percevoir. D’ailleurs, non seulement je ne perçois pas ces nuances, mais je suis incapable de reconnaître les styles, les époques, les caractéristiques disciminantes des musiques que tout le monde doit reconnaître immédiatement sans se poser de question.

Inutile de dire que cela m’agace au plus haut point, ce qui accentue plus encore le phénomène de rejet qui s’est immiscé en moi depuis mon enfance vis-à-vis d’une immense majorité de musiques, chanteurs, groupes, surtout quand ils ont l’outrecuidance de ne pas s’exprimer dans la langue de Molière. Je ne suis pas pour autant en train d’expliquer que je n’aime pas entendre chanter dans diverses langues, car rien ne serait plus faux. Mais disons qu’à l’époque de mon adolescence, dans tout ce qu’écoutaient mes semblables, rigoureusement rien ne me plaisaient. Dans tout ce qui passait sur les radios musicales (de « jeunes » ou autres), rien ne trouvait grâce à mes oreilles. Je précise que je n’écoutais jamais ces radios, je ne les supportais pas. À ma décharge, mes parents, en dehors d’un peu de variété ou de musique classique à doses homéopathiques, écoutaient très peu de musique, ce qui n’aidait pas mon « éducation ». En même temps, je dois dire, que je n’ai pas été perverti par des modes ou par des phénomènes de masse auxquels succombaient les gens de mon âge.

Je connais mon inculture sur bien des registres (pas tous, je suis paradoxalement un peu moins mauvais dans le domaine du « classique »), mais je me demande en même temps si tout ne s’est pas organisé autour de moi depuis mon enfance, pour que je sois à ce point déconnecté, et disons-le, grandement allergique à beaucoup de musique et aux journaleux qui en parlent de façon pédante ?

Pourquoi est-ce que j’évoque cela aujourd’hui ? Parce que c’était un thème que je voulais aborder depuis longtemps, mais surtout parce que j’ai été confronté aujourd’hui, avec des collègues, à une manifestation de ma fameuse inculture. J’étais en train de dénigrer l’intérêt qu’a la ville de Lille de disposer d’un stade de football flambant neuf qui coûte les yeux de la tête aux contribuables, coût que bien peu de personnes dénonce, sans parler du marché de dupe passé dans le cadre du partenariat public-privé. Mes interlocuteurs, amateurs de foot, voulant néanmoins soutenir leur corporation pourtant définitivement indéfendable à tous points de vue (non, je n’exagère pas), ont évoqué le fait que le stade de foot servait aussi pour les concerts. Ah oui ? J’ai encore dénigré, prétextant que faire un spectacle musical dans un truc aussi immense était un non sens sur le plan visuel et acoustique, d’autant que sur le coup, je n’avais pas pensé que le stade avait un toit et des tribunes amovibles, options qui n’ont pas coûté du tout cher non plus. Cela ne change rien à mes yeux et à mes oreilles, je ne me verrais pas aller dans un machin pareil voir ou écouter quelque chose, à l’exception éventuelle de grands spectacles visuels qui occuperaient tout l’espace. Et à ce moment là, on m’a évoqué « Depeche Mode » qui était venu (ou devait venir ?). J’ai répondu que je ne connaissais pas « Depeche Mode ». Alors tout le monde m’a regardé avec des yeux ronds. Ou comment passer pour le dernier des cons. Dois-je avouer que j’avais déjà entendu le nom, sans néanmoins savoir à quoi cela correspondait ? Il y a des moments où je m’en moque tellement que de passer pour un vieux con ronchon est quasiment une fierté et où une certaine inculture musicale serait un étendard vertueux.

30 janvier 2014

On n’est plus au Moyen Âge

Après les notes pileuses, venons-en à une problématique, un peu moins légère : les dents.

Quand j’étais jeune, je n’ai pas échappé à la perte de mes dents de lait. Seulement, il y avait eu pas mal de récalcitrantes dans le fond qui refusaient de tomber. Leur arrachage sonna le vrai début de mes « ennuis » dentaires. C’était un dentiste d’âge mûr, une bête sauvage. Je me souviens très bien des souffrances infligées. Je précise que mon père, pas particulièrement douillet, avait dû passer entre ses griffes. Il avait eu si mal qu’il l’avait menacé de lui arranger le portrait s’il recommençait. Quand le patient a mal, on arrête les frais, c’est ainsi que cela se passe le plus souvent aujourd’hui. Dans les années 1970, avec ce dentiste, on en était pas là. Je me souviens des piqûres déjà douloureuses et de l’extraction des dents qui me faisait pleurer.

Au début des années collège, j’avais dû être appareillé (par le même dentiste) pour redresser mes dents du bas, mais là au moins, je n’avais pas souffert.

Plus tard encore, j’avais changé de crèmerie pour soigner à plusieurs reprises, mes caries à répétition. En février 1988 (à l’époque des jeux olympiques d’hiver de Calgary), j’ai probablement eu ma pire rage de dents : une carie caverneuse qui mettait le nerf à vif. Peu de temps après, j’eus mes deux premières dents côte à côte couronnées (métal).

Après 1989-90, je n’ai jamais remis les pieds chez un dentiste pendant plus de 10 ans. Je dus néanmoins pratiquer des soins, assez mineurs en 2002 chez un dentiste assez ours de la ville, puis en 2007 chez le fils du premier, qui lui, ne cessait de se plaindre. J’y ai gagné ma troisième couronne, également métallique.

Enfin, depuis le début du mois d’octobre dernier, je suis en soin chez une autre dentiste que je trouve pas mal professionnelement parlant (Fromfrom n’est pas du même avis). J’y ai gagné deux dévitalisations de molaires et un autre couronnement pour l’Épiphanie. En revanche, elle a découvert à la radiographie une carie sous un plombage de l’une de mes dents de sagesse, mais ne peut intervenir elle-même. Alors mardi, je suis allé au premier rendez-vous chez le stomatologue, dans de nouveaux locaux. J’ai été reçu par une homme assez jeune qui m’a raconté comment cela allait se passer. Alors que je lui contais, plus pour l’anecdote que par réelle crainte, ma mésaventure avec mes dents de lait. Et c’est là qu’il m’a dit par deux fois, probablement pour me rassurer : « On n’est plus au Moyen Âge ». Je n’avais pas conscience d’être aussi vieux. Il m’a annoncé le prix de l’intervention (en cabinet donc plus cher qu’en milieu hospitalier, sauf si bien sûr si on devait y passer quand même si l’anesthésie locale s’avérait insuffisante) et m’a demandé d’interroger ma mutuelle, car dans tous les cas, il ne voulait pas que ses patients y soient de leur poche. Et là, je me suis dit que cet arracheur de dent était vraiment différent de tous ceux que j’ai connus jusque là. L’intervention est prévue en mars.

15 janvier 2014

Nouvelles du front septentrional

Le dernier jour avant les vacances en décembre, Fromfrom s’est fait mal au genou (toujours le même) en classe (pas d’accident). Elle a passé quinze jours à boiter, parfois de façon sérieuse, pensant que cela allait passer. Cela n’est pas passé et elle est allée enfin consulter (ce n’est pas faute de lui avoir dit) l’après-midi de la rentrée. Résultat des courses : quinze jours d’arrêt, une grosse genouillère et des antalgiques… Et quinze jours ne suffiront probablement pas. Rien de grave en principe, mais c’est à suivre.


Les messieurs de l’internet et du téléphone étaient venus mardi de la semaine dernière et avaient décidé que le problème venait de notre installation intérieure. Il est vrai que la boîte vivante est branchée sur la prise rebranchée sur une prise, rebranchée sur la prise d’arrivée. Enfin rien de très orthodoxe mais jusque là, ça fonctionnait et je ne suis pas complètement une bille dans le domaine. Enfin, il y avait une forte perte de puissance internautique entre le boitier de la rue et la boite vivante. Donc c’était forcément de notre faute. Les messieurs ont donné un morceau de rouleau de câble spécial ADSL à Fromfrom en lui disant que l’on devait nous-mêmes le poser en direct de la prise vers l’extérieur et qu’ils reviendraient eux-mêmes faire les branchements (sous-entendu que si c’était eux qui s’en chargeaient, cela allait nous coûter une fortune). Je me suis donc pressé avec Fromfrom pour poser le fil en me brûlant les doigts en le fixant au pistolet à colle, percer cloison, plafond et mur extérieur. Tout devait être rétabli lundi, mais nouveau contretemps, la nacelle est tombée en panne. Je leur fais un premier gros reproche : ils ne préviennent pas quand ils ne viennent pas, ne rappellent jamais malgré leurs promesses. Et encore, Fromfrom était à la maison, sinon je ne sais pas quand le rétablissement aurait été possible. Ils ont finalement rebranché le câble ce matin. Second reproche : le câble était en fait abîmé à l’extérieur, ils l’ont eux-mêmes reconnu. Mon hypothèse est que la tempête pré-noëllienne a accéléré la détérioration du câble. Enfin, tout est rétabli et je pense que ça tiendra un bout de temps de ce côté-là.


Les notes suivantes vont paraître prochainement, peut-être à un rythme un peu accéléré, compte tenu du retard pris.

29 janvier 2014

Ah, la barbe !

J’ai déjà parlé de mes cheveux, alors je peux bien continuer avec la barbe.

Je ne saurais dire l’année exacte où cela a commencé, mais je sais que c’était pendant les vacances estivales. C’est là que le duvet sur mes joues s’étant notoirement densifié, mon père avait suggéré que cela soit rasé. Un duvet très blond à l’époque, encore souple, mais bien fourni. Après ce premier rasage, il ne s’était rien passé avant plusieurs semaines, puis on a fini par m’acheter un rasoir électrique, car le mécanique du genre de celui qu’utilisait mon père, c’était pas forcément très pratique. C’était aussi une période où les boutons d’acné explosaient en nombre sur mon visage (j’étais loin d’être le moins atteint dans les classes du collège que je fréquentais à cette période). Et puis à partir de la fin de la 4ème, je me suis mis à me raser 2 fois par semaine parce que le duvet était devenu plus dru et poussait plus vite, tant et si bien que tout compris, je devais donner l’impression de quelqu’un d’assez négligé. Puis, de mois en mois, d’années en années, les rasages ont fini par devenir quotidiens. Il a fallu ensuite acheter un rasoir plus performant, changer les lames plus souvent. Et en définitive (là je suis bien des années plus tard), aucun rasoir électrique n’était en mesure de venir à bout du crin facial. J’ai petit à petit remplacé un rasage électrique sur deux par un rasage mécanique, puis je suis passé au rasage mécanique quotidien, parce que le premier avait fini par être extrêmement long, irritant pour la peau et mal fait. Évidemment, je fais partie de ceux qui ont du poil sombre épais, qui pousse vite et bien plus haut qu’à mi-joue.

Dès le milieu des années 1990, j’ai commencé à me faire pousser la moustache. Seulement, je ne supportais pas la chose plus d’une semaine, et je rasais très rapidement les premières esquisses. J’ai essayé une petite dizaine de fois, avant d’y parvenir définitivement en 2005. La fois précédente, en 2003-2004, des collègues s’étaient réjouies que je la coupe, car cela me vieillissait, paraît-il. Et à l’automne 2005, Madame Fromfrom ayant dit que cela me convenait ainsi, je pouvais la garder. Il faut dire que j’avais fini par me trouver tarte sans ces fines moustaches, qui me faisaient un peu trop ressembler à mon père dans certaines lumières ou circonstances (encore que cela ne soit pas un problème de ressembler à mon père, mais quand même). Depuis, c’est toujours la même chose, elle est de plus en plus salée, comme le reste.

27 janvier 2014

Brèves cornusiennes (18)

Ce matin au boulot, alors que je me prépare à une journée de cadrage des temps de mon équipe et de moi-même pour le programme 2014, le téléphone sonne pour m’annoncer qu’une de mes collègues d’un autre service a eu un accident de vélo la veille qui va l’immobiliser un bon moment et que par conséquent on a pensé à moi pour la remplacer au pied levé à une sorte de colloque à la Région devant 150 personnes, auquel je n’avais pas prévu de participer (cest un truc pour léducation nationale et de lanimation scientifique). On m’annonce le sujet de l’intervention et c’est tout à fait dans mes cordes. Et ce colloque, c’est demain, le matin pour ce qui me concerne. On me dit que le diaporama est en partie prêt et qu’il n’y a plus qu’à mettre le titre. En réalité, il s’avèrera que la présentation (40 minutes quand même) devait se faire en brodant autour de 3 présentations déjà existantes, dont une de moi – ça aide quand même. Je ne savais pas ce que la collègue avait derrière la tête, mais du coup ce sera davantage cornusien et donc un peu plus assis sur le fond. Mon travail de la journée est passé à la trappe, mais je vais gagner un repas à l’œil. Et puis, je pourrai faire comme les grandes vedettes : arriver tard le matin et partir presque après mon intervention, pour montrer que je suis quelquun dabsolument indispensable et très demandé.

8 janvier 2014

De 2013 à 2014 (1) : diagnostic partagé [hors série]

Les notes qui suivent ont été écrites pendant ces dernières vacances. Celles qui concernent les événements qui se sont produits à cette occasion ont été écrites immédiatement après lesdits événements.

Viendrait-il à l’esprit de demander au charcutier, à la coiffeuse, au boulanger, à la poissonnière ou à l’agent immobilier leur avis sur le fait que votre médecin vous a diagnostiqué un cancer ou je ne sais quelle maladie ? Eh bien dans le domaine de l’environnement ou du patrimoine naturel, si ! Le charcutier, la coiffeuse, le boulanger, la poissonnière et l’agent immobilier ont un avis sur la question de savoir si oui ou non, telle plantouille menacée pousse dans telle prairie ou que telle insignifiant escargot vit dans tel marais. Car bien entendu, la présence de ces espèces sur un espace donné est un avis et non un fait avéré. Les scientifiques naturalistes sont-ils plus que les autres sensibles aux hallucinations ou à raconter des sornettes ? Peut-être… Comme tous les médecins ne sont pas d’une égale compétence. Il y a quelques années, un agriculteur en colère m’avait dit qu’il fallait absolument qu’il accompagne les scientifiques sur le terrain parce que lui savait plus que les naturalistes quelles étaient les plantes hygrophiles caractéristiques des zones humides (car, c’est bien connu, les agriculteurs ne drainent que des zones non humides). Je lui ai alors demandé qu’il m’emmène sur le terrain afin qu’il m’explique son inventaire floristique et qu’on allait bien rire. Je n’avais guère de doute sur ses capacités réelles. Effectivement, n’ayant rien à redire, il n’avait plus ouvert la bouche de toute la réunion.

En attendant, quand il s’agit des politiques d’aménagement du territoire et de travailler avec des élus et des socioprofessionnels que sont en particulier le « lobby » de l’agriculture intensive (ah, il ne faut pas parler d’agriculture intensive, la réalité les vexe), il faut faire des diagnostics partagés dans tous les sens. Certains bureaux d’études en environnement sont passés maîtres dans ce genre d’exercice. Ils sont capables de remplir des dizaines, des centaines de pages de rapports verbeux, d’organiser des tas de réunions aux discours creux. Il ne faut pas croire que la nature en ressorte gagnante. On fait croire que l’on sauvegarde la nature, mais en réalité, c’est une autre façon de continuer à la grignoter ou à la détruire, dans une région où on l’a déjà énormément massacrée.

2 octobre 2013

Brèves cornusiennes (11)

Hier, j’ai eu une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par la mauvaise. J’ai perdu un appel d’offre avec le Con*seil géné*ral septentrional. Quand je dis « je », ce n’est pas moi à titre personnel bien sûr, mais j’y avais consacré beaucoup de temps et d’énergie. C’est le deuxième appel d’offre que je perds cette année avec cette collectivité et cela m’a particulièrement énervé. Nos prix n’étaient pas, de mon point de vue, particulièrement élevés, mais un bureau d’étude a proposé un prix plancher et comme le prix comptait pour 40 % dans la note, nous avions perdu d’avance. Pour les notes techniques, nous frisons les 60 points sur 60, mais cela n’a pas suffit d’avoir la meilleure note sur ce plan pour l’emporter. Le problème est que j’ai passé un temps énorme à monter cet appel d’offre et que j’ai l’impression d’avoir bossé pour rien. Et le sentiment aussi que notre statut ne devrait pas nous contraindre à répondre à des appels d’offres, mais comme il faut bien vivre, on n’a pas le choix. La bonne nouvelle, c’est que j’ai remporté un autre appel d’offre, d’un montant supérieur et pour lequel j’avais investi moins de temps. Le bilan de la journée a donc été positif. Si je navais eu que la mauvaise nouvelle, jaurais fait un malheur.


Je suis en ébullition très régulièrement face à l’actualité, mais je ne dis rien. Je me tais, mais cela mest très difficile. Alors je cède un tout petit peu (vraiment très peu). Nous avons eu une augmentation d’environ 50 % du montant à payer de notre impôt sur le revenu. Nous avons certes gagné un tout petit peu plus en 2012 que l’année précédente et cela n’est pas scandaleux. Je ne suis pas du genre à me plaindre à ce niveau (jen ai trop entendu le faire, jai envie de leur coller des baffes). Il est normal de payer ses impôts, dès lors que les plus riches payent plus (et ça, ce n’est hélas pas gagné).

On nous dit que la Grèce est en faillite et qu’il faudra encore mettre de l’argent sur la table. Et ça, franchement, ça commence à m’agacer quand je vois certains cas particuliers qui ne sont sûrement pas si particuliers que ça. Un ami d’enfance de mon père a fait construire une maison immense, somptueuse, d’un luxe incroyable il y a quelques années sur l’île de Corfou. Il n’y habite plus et comme il n’a pas trouvé à la vendre, il la loue entre 6000 et 8000 € la semaine selon la saison basse ou haute ! Oui, vous avez bien lu. Et à votre avis, quel est le montant total des impôts liés à cette habitation ? 650 €, soit moins que pour notre vieille cage à poules. Je n’invente rien, il a un site internet qui donne les détails. Ne serait-il pas juste de coller au moins 20 000 € d’impôts par an à cet homme qui ne sait que faire de son fric ? Et il n’est sûrement pas le seul dans ce cas sur les îles grecques ou ailleurs. N’y aurait-il pourtant pas là de quoi faire tourner la machine sans asphyxier quoi que ce soit ?

16 janvier 2014

De 2013 à 2014 (5) : cheveux [hors série]

Je ne vais pas dire que j’ai un complexe avec mes cheveux, mais je n’en suis peut-être pas si loin.

Quand j’étais gamin, mon père m’emmenait chez son coiffeur pour hommes qui avait son salon dans le quartier où il avait passé sa jeunesse, c’est-à-dire en bas de chez ma grand-mère. C’était déjà un homme d’un certain âge. En grandissant un peu, mes épis, un à l’arrière de la tête et surtout un énorme devant, absolument indomptable, faisaient beaucoup causer. Le coiffeur avait décidé de me coiffer avec la raie au milieu, ce qui vu avec un minimum de recul, était une horreur absolue. Et surtout, mes cheveux alors très abondants, et surtout excessivement raides, avaient tôt fait de revenir dans une autre position d’équilibre, surtout que je ne mettais pas de gel ou de laque (cela ne se faisait pas à l’époque par chez nous, surtout pour des gamins, et quand bien même, je ne me serais moi-même jamais astreint à ce genre de choses). Et il était hors de question de couper les cheveux de mon épi de devant, d’autant qu’on m’avait dit, de façon fort sympathique que j’avais un trop grand front. Un épi qui me vaudra à l’école primaire et au collège le surnom de Tintin, entre autres qualificatifs, moins glorieux qui m’étaient donnés pour d’autres raisons liées à mon caractère ou à ma façon d’être.

Une fois, pour tester d’autres possibilités de coupes de cheveux, ma mère m’avait emmené chez sa coiffeuse, qui m’avait littéralement massacré avec une coupe en escaliers (non volontaire car j’ai vu depuis que cela se pratiquait à dessein). Il avait alors fallu le lendemain m’emmener corriger le tir chez le coiffeur habituel. Plus tard, le coiffeur en question ayant pris sa retraite, je dus aller chez un autre qui, sans corriger les défauts d’implantation pour lesquels on ne peut pas faire grand-chose, eut néanmoins la bonne idée de pratiquer une coupe plus sobre et fort simple qui est encore dans les grandes lignes celle que je fais réaliser aujourd’hui.

A partir du lycée et particulièrement la classe de première, je ne fus plus l’objet de railleries ouvertement assumées sur mon physique ou d’autres choses. Et il faut dire que ma coiffure était vraiment passe partout par comparaisons avec certaines excentricités qui se pratiquaient volontiers chez les individus de mon âge.

Je fais un saut dans le temps et je me retrouve au service militaire à 24 ans. Bien que passé par la case coiffeur quelques jours avant l’incorporation, je me retrouve tondu uniformément à quelques millimètres dès le premier jour. Ma densité de cheveux avait déjà diminué, mais on ne pouvait pas encore parler de calvitie. Mais c’est à cette occasion que je m’aperçus que quelques rares cheveux blancs commençaient à apparaître sur les tempes.

Quelques années plus tard (28-29 ans), mes parents me font remarquer à juste titre que j’ai perdu beaucoup de cheveux et que ma calvitie est déjà bien entamée. Je retrouve effectivement régulièrement beaucoup de cheveux dans la douche. Je vais alors acheter dans une pharmacie un produit miracle que je trouvais excessivement cher à l’époque (300 francs), puis à la suite quelques flacons un peu moins chers qui venaient du supermarché. Que l’on attribue la chose au produit, à un miracle ou à autre chose, le fait est que la densité de mes cheveux n’a pas évolué depuis quinze ans.

J’aimerais avoir davantage de cheveux sur le dessus du caillou, mais je me satisfais de ma situation qui pourrait être bien pire compte tenu de la trajectoire qui s’était esquissée il y a quinze ans. Quant à mon aspect poivre et sel de plus en plus salé, cela ne déplaît pas à la principale intéressée, alors…

29 novembre 2013

Critique littéraire

Quand on lit des pages traduites d’un auteur étranger, l’histoire est en général bien retranscrite dans les grandes lignes et dans le détail, à quelques bricoles près, qui il est vrai, peuvent avoir leur importance dans certains cas. En revanche, il est parfois difficile d’avoir une idée claire sur le style, le sens, les intentions qui peuvent à coup sûr différer à des degrés divers. Qu’est-ce qu’une bonne traduction ? Bien qu’assez peu versé pour avoir un avis éclairé, j’hésite entre celui qui privilégie le sens « originel » (mais quel est ce sens, et quel lien avec le signifiant ?), le sens acquis au cours du temps ou de la vie de l’auteur, celui qui choisit la précision horlogère de la description, qui colle à une forme de mot à mot, celui qui préfère la musique, la poésie des mots, des phrases ou d’autres figures du texte, le caractère coulant ou heurté de la narration, des formulations, des combinaisons ou une infinité d’autres dispositions ou dispositifs qui font l’identité unique d’un auteur à un moment donné. Comment être fidèle à la lettre ou à l’esprit, comment ne pas se fourvoyer consciemment ou non ? Comment respecter toutes ces règles concomitamment, comment désobéir à certaines contraintes ? Et je ne sais quoi encore…

Madame Plume, fort expérimentée sur le sujet pourrait sans doute en dire long sur le sujet (mais entendons-nous bien, je ne réclame rien). Pourquoi dis-je cela ? Parce que je voulais parler d’un roman (ou d’une nouvelle ?) de Stefan Zweig, traduit de l’allemand. Pourquoi cet auteur ? Parce que cela fait longtemps que j’en entends parler, et Calyste a été également très présent depuis plusieurs années pour vanter régulièrement les mérites des ouvrages de cet auteur.

J’avais demandé il y a quelques mois à Calyste ce qu’il me conseillerait de lire en premier, mais je lui ai involontairement désobéi. Pourquoi ? Parce que parmi la liste les livres disponibles dans les réserves de la bibliothèque municipale (rigoureusement rien de cet auteur dans les rayonnages ouverts au public), je suis tombé sur La confusion des sentiments, titre dont je connaissais l’existence depuis de nombreuses années, sans pour autant savoir précisément de quoi il s’agissait.

Selon moi, le livre est un petit peu laborieux à démarrer dans les toutes premières pages. Mais cela ne dure pas. On entre assez vite dans le vif du sujet avec les frasques berlinoises de Roland, la rencontre du professeur de philologie à l’université d’une autre ville, le fait qu’il est tout de suite frappé, séduit par l’érudition et une forme de rhétorique de l’enseignant. Roland, l’étudiant fêtard se mue en avaleur de connaissances littéraires et linguistiques, jusqu’à l’épuisement. Le professeur passionné, oscille entre séduction intellectuelle et rejet du jeune homme. Et l’épouse vient jouer un curieux rôle dans le dispositif, jusqu’à la révélation.

Le livre date de 1927, la traduction de 1948 (il semblerait qu’il existe une nouvelle traduction tout à fait récente), mais j’ai trouvé la rédaction et la présentation très abordable, si l’on excepte quelques phrases parfois un tout petit peu alambiquées (rien pour m’effrayer). L’ensemble se lit finalement très vite et on se prend assez bien au jeu. L’histoire semble un peu cousue de fil blanc dès la moitié du livre, mais la question de l’homosexualité, de certaines amours alors interdites et « impossibles » dans cette Allemagne de l’entre-deux-guerres, m’a paru d’une grande modernité, d’une belle sobriété et finalement d’une relative simplicité surtout avec des yeux qui sont bien éloignés de ceux d’aujourd’hui. Et c’est peut-être aussi en cela que ce livre m’a plu.

Zweig S., 1987. – La confusion des sentiments (Notes intimes du Professeur R. de D.). Traduit de l’allemand par Alizir Hella et Olivier Bournac. Bibliothèque cosmopolite, Stock, Paris, 184 p. [édition originale initiale de 1927, première traduction française de 1948].

18 octobre 2013

Encore un commentaire de note

Au sujet de cette note de Calyste concernant une émission littéraire dans laquelle Hubert Reeves et Jean d’Ormesson étaient les invités. Pas de réflexion profonde, juste une sorte de long commentaire.

De plus en plus, je me méfie des gens qui « passent bien » à la télévision ou à la radio, car tous n’ont pas le « fond » qu’ils laissent paraître. Il y a parfois des impostures. On interroge toujours les mêmes car ce sont de « bons clients ». Ainsi en va-t-il pour les artistes, les penseurs et les scientifiques. A-t-on un sujet d'actualité concernant les oiseaux ? On se précipite chez Alain Bougr1 du Bourg qui n’est pourtant nullement un scientifique ni un expert en « piafologie ». Je pense que dans le grand public, personne n’est en mesure de donner un nom de vrai chercheur ou d’expert en ornithologie. Il y a à peu près les mêmes exemples dans toutes les disciplines. En astronomie et en astrophysique, Reeves jouait le même rôle quand il était plus jeune (d’autres ont pris le relais depuis), mais lui au moins est un vrai scientifique à la base et c’est d'ailleurs quelqu’un que j’apprécie.

Ce propos n’est pas là pour discréditer les propos et l’intérêt des invités dont parlait Calyste, il s’agit seulement d’une remarque générale. Je ne veux pas dire non plus que les artistes et scientifiques « inconnus » sont totalement absents des médias, car je pense que cela n’est pas exact en général. Mais force est de constater qu’ils ne sont pas spécialement dans la lumière. Ils sont souvent relégués dans des émissions passant tôt le matin ou dans la journée sur des stations de radio ou des chaines de télévision hélas peu écoutées ou regardées. Tant mieux pour les auditeurs et téléspectateurs qui peuvent (ou plus exactement qui ont le loisir) d’écouter et regarder ou qui ne sont pas fatigués de leur journée. Tant mieux aussi pour les artistes et les scientifiques qui ont plus de dix secondes pour expliquer ce qu’ils souhaitent. Bon, je m’éloigne drôlement du sujet de Calyste. J’y reviens.

Au sujet de Jean d’Ormesson, je suis partagé. C’est incontestablement un « bon client », tout à fait « épatant » et c’est vrai cabotin et distrayant sans pour autant sombrer, il me semble, dans la médiocrité. Ses idées politiques, je ne les partage pas, pour ne pas dire que j’y suis farouchement opposé. Elles sont souvent franchement conservatrices et pourtant pointent çà et là des éléments davantage progressistes, comme on peut le lire dans certains de ses livres qui ne sont pas tous, loin s’en faut, des fictions. Cela m’avait frappé quand, encore assez jeune, j’avais vu la rediffusion du feuilleton télévisé de Jean Mazoyer tiré de Au plaisir de Dieu. Il faut dire aussi que le réalisateur était venu tourner dans l’usine où travaillaient mes parents parce qu’il y avait encore là de vieilles machines en accord avec celles de l’époque de l’action du roman, en l’occurrence des petits marteaux pilons encore en activité. Des ouvriers et employés y avaient aussi joué.

De l’écrivain, je n’ai lu de façon complète que La douane de mer et Le Rapport Gabriel, deux livres d’ailleurs assez semblables. Il ne s’agit pas de romans. On ne peut pas dire que j’ai aimé, pas détesté non plus ces livres « savants » qu’on ne peut pas faire non plus des livres de chevets. J’ai essayé La Gloire de l’Empire, mais j’ai vite abandonné, n’appréciant pas l’univers décrit. Je n’ai lu que des passages de Au plaisir de Dieu qui sont parfois assez jouissifs, mais j’avoue que j’ai eu du mal à me retrouver dans les personnages. En résumé, à quelques exceptions, je ne peux pas dire que l’on puisse lire les livres de Jean d’Ormesson par pur plaisir, même si l’on y trouve des choses intéressantes pour sa culture personnelle.

En conclusion, il est aussi vrai que j’ai plaisir à écouter Jean d’Ormesson, mais essentiellement pour son « numéro » et non pour son œuvre ou certaines de ses idées. Au sujet d’Hubert Reeves, je n’ai lu que des extraits de ses livres (assez anciens) dans des bibliothèques (ouvrages de vulgarisation en astronomie). J’avais été assez surpris quand il était devenu président de l’association environnementaliste et opposante dans son appellation. Sous son impulsion, l’association, que je connais assez peu, possède désormais, un nom beaucoup plus positif.

16 octobre 2013

Bursite

Des nouvelles du « grand malade » avec un petit retour en arrière.

Vendredi après-midi, j’avais une réunion à Lille à laquelle assistait un collègue d’un autre service. Lui comme moi devions présenter les fruits de nos cogitations respectives. Il m’a servi de chauffeur pour nous rendre à la capitale régionale. Est-ce le port de ma mallette, les gestes que j’ai fait en réunion, mais en sortant après 17 heures, mon épaule me faisait plus mal qu’à l’accoutumée. De retour à mon lieu de travail, j’ai eu bien du mal à rentrer à la maison, le passage des vitesses de la voiture me paraissant bien pénible.

Aussitôt arrivé, peu avant 19 heures, j’avale un sachet d’aspirine, pour attendre le cachet d’avant coucher que l’on m’avait déjà prescrit. Au lieu de se calmer, la douleur s’aggrave. Je regarde la notice du médicament et j’y lis que je peux passer à deux cachets au lieu d’un. J’en avale donc deux après 20h30. La douleur va toujours crescendo, cela devient abominable, quelles que soient les positions du corps que j’adopte (assis sur une chaise, sur un fauteuil, au lit). C’est presque debout à marcher que j’ai le moins mal. La douleur passe encore un cran au dessus avant que nous décidions de nous rendre au service des urgences de l’hôpital. Je suis presque immédiatement pris en charge (personne dans la salle d’attente). Je m’explique une première fois devant une infirmière, puis rebelote devant l’interne de service, une jeune femme qui fait une gueule de six pieds de long. Elle me dit qu’on ne peut rien faire pour moi en termes d’examens et elle me fait une prescription contre la douleur. Elle me met le bras en bandoulière (une « potence » qui aurait bien convenu à un gamin de douze ans). Je demande quelle est la pharmacie de garde. On me répond qu’il faut demander à l’accueil. A l’accueil, on nous répond de demander au commissariat. Fromfrom va donc au commissariat (qui appelle lui-même la pharmacie) et nous voilà à tourner encore dans la ville jusqu’à l’officine. C’est dans de telles circonstances qu’on se rend réellement compte combien les routes n’ont pas toutes un revêtement en bon état. Enfin arrivés à la maison, la prise des médicaments n’apporte aucune amélioration, la petite balade en ville n’ayant rien amélioré. Je hurle de douleur en me couchant, ne trouvant aucune position valable. Je pense que les médicaments ont fini par agir deux heures plus tard, ce qui m’a permis un certain sommeil, mais aussi de grosses suées.

Le lendemain matin, au petit-déjeuner, ma tête tourne et une angoisse m’étreint. Je suis passé à deux doigts de l’évanouissement. Plus tard dans le cabinet du médecin, on me dira que le médicament en question (de la famille des opiacées) est souvent responsable de tels phénomènes (voire pire) et qu’elle ne prescrit jamais cette molécule. Elle me le remplacera par un autre médicament plus « sage ». Et j’ai gagné une semaine d’arrêt. Impossible en effet d’aller travailler et je commence tout juste en écrivant cette note à retaper à deux mains. Lundi après-midi, après l’échographie, le verdict, tombe : bursite sous acromio-deltoïdienne calcifiée. Il ne s’agit donc pas exactement d’une tendinite, même si l’affaire se passe dans la même région. En clair, c’est cette sorte de caillou calcaire de 12,5 mm de diamètre qui m’a fait un mal de chien en se déplaçant. Je n’ai jamais reçu un coup de poignard ou une flèche dans l’omoplate, mais je me dis que cela doit être à peine pire que les phases les plus aiguës de cette saloperie. En attendant, les médicaments me soulagent mais me font transpirer et m’obligent à une grosse sieste en journée. Je ne suis pas tiré d’affaire, mais cela va mieux, beaucoup mieux que vendredi soir.

Et le premier qui fait un commentaire post-vingt-deux heurien aura à rendre des comptes.

10 octobre 2013

Brèves cornusiennes (12)

En labsence dun de mes collègues haut-normand en congés maladie longue durée, jai récupéré au sein de mon service une ancienne stagiaire en CDD. Après avoir rouspété depuis près dun moi, jai réussi à caler une discussion sur lavancée de son travail dans la vallée de la Seine et sur ce quelle devrait faire après la fin de saison de terrain qui durera désormais pas plus dune dizaine de jours. Cest dingue parfois de faire avancer les choses avec des personnes peu enclines à sorganiser en dehors delles-mêmes. Pourtant, je ne suis pas du style à tout régenter, mais on doit aussi un minimum dinformation sur lavenir de personnes en CDD de quelques mois quon cherche à prolonger au maximum dans lemploi pour un bénéfice réciproque.


Depuis une quinzaine de jours, je suis atteint d’un mal inédit : un mal d’épaule persistant, alors que je n’ai rien fait de spécial pour l’engendrer. Du coup, je me suis convaincu que ma position à mon bureau n’était pas idéale avec une sorte de tiroir à clavier et la souris positionnée sur la table, d’où une position non optimale. J’ai donc retiré le tiroir, rehaussé mon siège et mis souris et clavier au même niveau. Bien sûr, le mal était fait et j’ai dû aller consulter mercredi. Bilan, une tendinite prenant naissance entre clavicule et omoplate. C’est surtout en milieu de nuit que je souffre car je dors fréquemment sur cette épaule, de façon inconsciente. J’ai gagné une infiltration, une échographie pour lundi et quinze séances chez le kinésithérapeute ; ma première était ce soir. Alors que j’avais déjà fait deux séances chez l’ostéopathe il y a quelques années, je n’avais jamais mis les pieds dans un cabinet de kinésithérapeute, contrairement à Fromfrom qui fréquente assidûment ces établissements depuis très longtemps. Après une petite séance de massage ordinaire, j’ai été soumis à la torture électrique via deux électrodes, mais comme je suis un furieux récalcitrant, j’ai détraqué l’appareil qui a dû être reprogrammé au milieu de la séance d’électrochocs.

26 septembre 2013

Deux mondes

Il existe deux mondes qui se combattent violemment et qui pourtant ne se connaissent pas, ne se comprennent pas, « fonctionnent » complètement différemment, s’obstinent à défendre des positions éculées opposées et où la caricature exacerbée est la règle. La guerre qui existe entre ces deux mondes est d’autant plus vive que les passions sont souvent décomplexées. Il se trouve que je crois assez bien connaître ces deux mondes ce qui est rare, et sans doute, bien trop rare. Si ces deux mondes se rencontraient plus, il y aurait probablement moins de problèmes et tout le monde aurait à y gagner. Toutefois, quand je me dis assez bien connaître ces deux mondes, c’est une façon de parler car il y a des choses qui m’échappent complètement et part et d’autre. On pourrait aussi rêver que l’un de ces deux mondes disparaisse. Ce serait une possibilité, à condition que l’on fasse disparaître le bon. Et à n’en pas douter, l’un est meilleur que l’autre. Mais lequel ? J’ai mon idée sur la question.

Le premier monde, j’y ai été confronté depuis mon plus jeune âge, c’est-à-dire à une époque où je ne marchais pas encore (des photos l’attestent). D’ailleurs, je ne devrais pas parler de ce monde dans sa globalité, mais seulement de l’une de ses péninsules où mon grand-père maternel, puis mon père jouèrent un rôle primordial. Mon grand-père tout d’abord était un représentant, une sorte de chanoine très atypique par rapport au commun de la population « religieuse » de ce monde, et était néanmoins respecté et craint, y compris par les évêques et l’archevêque. Mon père en fut partiellement le fils spirituel, même s’il s’est parfois écarté de la sainte doctrine avant de s’en rapprocher à nouveau. Contrairement aux gamins de mon âge acceptés dans ce monde pour en devenir adepte à plus ou moins brève échéance, mes parents m’en ont très longtemps tenu à l’écart des cérémonies les plus retentissantes. J’en étais d’ailleurs profondément frustré, même si je le montrais peu. Puis vint le temps où l’on commença à m’initier, à me faire participer et même parfois à me faire officier en cachette du reste de la confrérie. Et puis il y eut le jour où, en Bourgogne, on me confia peu à peu complètement les rênes comme maître de cérémonie, toujours en cachette, à une époque où l’on pouvait encore se dissimuler. Le point culminant de ses messes secrètes fut atteint le 1er novembre 1993. La chose étant désormais trop lourde à porter, on dut officialiser mon ordination l’année suivante afin de pouvoir œuvrer au grand jour. Un grand jour néanmoins tout relatif puisque tout en restant complètement dans l’orthodoxie sacerdotale, on restait néanmoins pour le moins discret.

En dehors de cet archipel très spécial de, ce monde est bien moins extraordinaire, beaucoup plus banal et finalement assez représentatif de la beaufitude moyenne de la population générale, de sa médiocrité latente et du peu d’intérêt que l’on peut y attacher. On y trouve pourtant force gourous et autres charlatans capables de faire illusion face à une large majorité de la population. C’est aussi un certain pouvoir de séduction souvent inculqué de père en fils (oui, les femmes sont presque exclues de ce monde) dans une société amplement repliée sur ses traditions, brandies comme des étendards. Une société qui a largement tendance à caricaturer le camp adverse et à le rendre coupable de dire des vérités dérangeantes, tout en convoquant le bon sens paysan. Un bon sens pourtant singulièrement altéré par l’aveuglement de celui qui fonce droit dans le mur en accélérant encore.

Au début des années 1990, j’avais déjà sérieusement entamé mon entrée dans le second monde. Ce monde ennemi du premier, et réciproquement. Un premier monde dont on ne peut parler au second sans se mettre en difficulté et où on peut facilement passer pour un traître (la réciproque est moins vraie). Un second monde où j’ai donc manœuvré en sous-marin, me rapprochant d’années en années de l’épicentre. Ce monde se caractérise par une population plus modeste que le premier. Cette population est dans l’ensemble culturellement et intellectuellement plus aboutie que celle du premier monde, mais il y a aussi de parfaits incultes, lesquels sont d’ailleurs souvent les plus enclins à donner des leçons à tout le monde. Ce second monde, j’ai aussi fini par en devenir un chantre tout ce qu’il y a de plus significatif, au fur et à mesure que je commençais à me désengager du premier monde.

Or, il est possible d’appartenir à ces deux mondes. Il n’est pas nécessaire d’être particulièrement intelligent pour cela, il faut juste réfléchir un peu. J’admets volontiers que cela n’est sans doute pas donné à tout le monde, surtout quand les chefs du premier monde tentent de survivre en pratiquant çà et là, la politique de la terre brûlée, quand les chefs du second monde ne tentent pas d’accompagner les efforts des honnêtes citoyens du premier. Et moi, que fais-je au milieu de tout cela ? Je ne me tais pas, je suis discret et je me demande quand je quitterai le premier monde, sans pour autant succomber aux facilités du second, ce que de toutes façons, je me suis toujours interdit de faire, au nom de la science et de ma raison, qui a défaut d’être la meilleure, est dénuée d’idées prêtes à penser. Du moins, je l’espère.

16 septembre 2013

Funeste journée

Après son hospitalisation fin août, j’ai appris ce matin le décès d’un blogueur, alors âgé de 82 ans. J’avais fait sa connaissance, virtuelle, aux alentours du printemps ou de l’été 2006. C’était Patriarch. Il était malade depuis longtemps, mais tenait le coup malgré les épreuves et bloguait sans doute une bonne partie de la journée vu le nombre incroyable de blogs qu’il visitait et toutes les réponses individuelles qu’il faisait à ses nombreux commentateurs. Je commentais assez rarement chez lui, mais lui était régulier et fidèle sur ces pages. Maçon (fumiste) de profession, il s’émerveillait fréquemment de voir certaines constructions (églises, châteaux) que je montre ici et rendait hommage au travail remarquable des compagnons médiévaux ou d’autres époques. Il arrivait qu’il ne saisisse pas toutes les subtilités de ce que je racontais ou montrais, ce qui pouvait de temps en temps agacer. Mais cela n’avait pas d’importance car Walter (c’était son prénom) était d’une extrême gentillesse, nous souhaitant systématiquement une bonne journée ou une bonne semaine, à Fromfrom et à moi. Reste son épouse Éliane qui était parfois derrière Patriarch. Mes pensées l’accompagnent. Et ses enfants et petits-enfants que je ne connais pas du tout.

Et après une journée merdique au boulot pour cause de panne sévère d’électricité, j’apprends ce soir le décès du frère de Calyste. Force est de constater qu’il s’agit là d’une bien funeste journée. Calyste, comme tu ne souhaites pas de commentaires, je n’en dirai pas davantage ici, si ce n’est que nous pensons bien sûr à toi, avec toutes nos amitiés.

Je passe à autre chose, parce qu’il faut que ceux qui restent vivent et de préférence bien et longtemps.

12 septembre 2013

Un homme

Je ne l’entendais plus ces dernières années. Il ne détenait certainement pas la vérité, mais j’aimais beaucoup ce qu’il diffusait. Philosophe, scientifique, c’était aussi un humaniste, tout simplement un homme qui m’a touché. On en a assez peu parlé dans les grands médias. Albert Jacquard est mort hier.

10 septembre 2013

Réplique au rouleau compresseur (2)

Certains se souviennent peut-être de cette note de novembre 2012 au sujet de la bataille juridique au sujet du remblaiement illégal d’une zone humide. Eh bien, à la demande du propriétaire, l’expert agronome et l’avocat ont répliqué. Les services de l’État nous ont à nouveau demandé de donner un avis sur le rapport de l’expert et de fournir un petit travail dexpertise complémentaire. Sur l’avis, je m’y suis encore collé. Il y avait un peu moins d’âneries scientifiques dans le nouveau rapport, mais il y en avait encore ce qui ma permis une nouvelle fois de faire la démonstration de lincompétence de cet expert. Je précise toutefois que cette incompétence n’est pas forcément visible de la part des services juridiques du préfet (ou autres représentants), ni par un juge, ni même par un avocat. Ceci dit, le préfet s’appuie pleinement sur ce qu’on lui dit. Cette incompétence est doublée d’une mauvaise foi caractérisée, d’une grave malhonnêteté qui consiste à reprendre certains de nos arguments et de les détourner à son avantage pour leur faire dire ce qui l’arrange, façon café du commerce, en essayant de dénigrer notre travail d’expertise avec des propos fallacieux. Du grand n’importe quoi, qui n’a bien entendu pas résisté à mon nouveau passage au rouleau compresseur. Il n’empêche que je n’en reviens pas que cet expert ose contester. Mais « Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît ».

Sur le fond, je n’ai pas d’inquiétude, mais l’avocat a évoqué en conclusion un principe de non rétroactivité de la loi et je pense qu’il va gagner grâce à ça (les services de l’État semblent en douter, moi beaucoup moins). En effet, l’infraction initiale date de 2004 et l’arrêté ministériel définissant de manière très précise les fameuses zones humides date de 2008 (avant, la définition était plus vague).

Avec mon directeur, on s’est demandé si les premiers rapports fumeux de l’expert et surtout de l’avocat (parce que l’expert reste une bille) ne l’ont pas été à dessein afin d’encaisser des honoraires juteux avant de porter le coup de grâce seulement à la fin. Enfin, on n’en sait rien et de toute manière, la zone humide même abîmée (mais a priori peu intéressante dès le départ) le restera parce que si le propriétaire recommençait à déconner, il aurait pour le coup de sérieux problèmes.

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Cornus rex-populi
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