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Cornus rex-populi
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10 septembre 2023

Brèves cornusiennes du dimanche 10 septembre 2023

Mon père supporte mal les épisodes caniculaires. Heureusement que sa maison est bien isolée et qu’il peut se réfugier temporairement avec une climatisation « portative » dans son salon. Mais cela le fatigue pas mal et il est très essoufflé. Mardi, il subissait un examen via une sonde cardiaque à Lyon. Ce n’est plus une mais deux valves qui devront être « remplacées », mais le reste, ça va. Il doit être opéré le 19 septembre (intervention « simple » mais pas de courte durée en passant par l’artère fémorale). Cela commence à urger.


Ma tante (sœur de ma mère, 85 ans dans deux mois) se plaint assez régulièrement de sa forme physique, parce qu’elle ne réalise pas son âge et qu’elle n’arrête pas de courir dans tous les sens dans diverses activités, ce qui contribue à la maintenir en forme. Depuis quelques jours, elle avait de gros maux de ventre qui ne passaient pas. Son médecin l’a envoyée aux urgences. Résultat des courses : appendicite opérée dès le lendemain. Pas fréquent à cet âge, mais bon… Simplement trois trous. Elle est encore à l’hôpital pour quelques jours.


Les chaleurs que nous connaissons ces derniers jours sont les plus fortes de l’été (elles dépassent celles connues fin juin / début juillet). Toutefois, nous ne sommes pas en souffrance à la maison, mais Fromfrom, si dans sa classe. Mais demain, ça va se calmer.

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11 juin 2023

Suites

La cérémonie puis l’enterrement proprement dit avaient lieu mardi. Mon père n’avait pas voulu traîner et moi non plus. En lien avec mon oncle et ma tante, mon père avait décidé de certaines dispositions pour la cérémonie. On voulait que j’aille la veille au matin avec les personnes chargées de la cérémonie (des bénévoles, pas de curé). Moi, je n’en avais pas envie car pour moi, les références au « Seigneur », « Dieu » ou autres, c’est juste pour rire et en plus, j’avais deux réunions en visio avec des collègues. Alors c’est Fromfrom qui s’y est collée avec mon oncle et ma tante. Alors qu’ils devisaient, mon père a reçu un appel du marbrier disant que les étagères à l’intérieur du caveau familial (où se trouvent mon grand-père, décédé en 1983 et ma grand-mère, décédée en 2001) se sont effondrées du fait d’une piètre qualité de ciment. Bref, il faut réaliser des travaux en urgence et opérer une réduction des corps, non pas pour gagner de la place, mais pour pouvoir poser de nouvelles étagères. Mais cela nécessitait la signature d’un papier en urgence de la part de ma tante, seule survivante par rapport à ses parents. Ce qui fut fait.

Lundi après-midi, après les courses pour prévoir une petite collation pour les amis, voisins et une partie de la famille, mon père a voulu aller au salon funéraire avec mes oncle et tante. Je n’avais aucune envie de voir ça, mais c’est moi qui ai ouvert la porte (avec code) et j’ai entraperçu dans la pénombre le corps de ma mère. Le côté cocasse est que ce salon funéraire (il y en a trois en tout) porte le nom d’un célèbre compositeur et pianiste d’origine polonaise et c’est le nom de naissance de la duchesse mère. Le lendemain, les pompes funèbres nous attendaient à 14 heures et je n’ai pas voulu non plus assister à la « mise en boite » (sans doute le plus terrible à voir pour moi).

Je n’ai pas voulu lire pendant la cérémonie, ni mon oncle (qui a pourtant largement pratiqué l’exercice il y a quelques années) ni ma tante. Seule Fromfrom s’y est collée avec une certaine émotion. Mon père avait refusé tout éloge funèbre et il a eu bien raison. Il avait choisi le passer deux chansons de Jean Ferrat (une au début) et une à la fin, mais il a fallu en ajouter une troisième et on a retenu Isabelle Aubret comme interprète.

La cérémonie à l’église a finalement attiré beaucoup plus de monde que je ne l’aurais imaginé. Outre l’avis dans la presse, mon père avait prévenu quelques personnes et cela a essaimé parmi l’entourage familial et amical, mais aussi des anciens collègues de travail de mes parents, en particulier de l’usine. A vrai dire, j’ai été agréablement surpris et ému de voir autant de monde. Deux des amis de Saône-et-Loire (A.) étaient là.

Nous sommes rentrés jeudi après-midi. Le reste du temps, nous l’avons passé à commencer beaucoup de démarches pour les retraites, pour l’APA, pour le notaire, pour le fisc… C’est dingue.

De mon côté, la convention collective accorde trois jours à l’occasion du décès de ses parents ou beaux-parents. Pour Fromfrom, elle n’a droit à rien, alors que le code du travail accorde un jour minimum. La convention collective des personnels non enseignants de l’enseignement privé accorde trois jours et les fonctionnaires de l’Éducation nationale peuvent avoir aussi trois jours si c’est loin, mais cela semble à la tête du client. Fromfrom va faire intervenir le syndicat voire l’avocat du syndicat, parce qu’il est bien entendu inconcevable que même le code du travail ne soit pas respecté. Pour être néanmoins en règle, elle a pu avoir un arrêt maladie auprès du médecin de mon père. C’est une vraie histoire de fous !

Je retourne en train chez mon père le week-end prochain pour aller voir le notaire… le lundi.

Si nous sommes rentrés jeudi (il y avait moyen de rester jusqu’au week-end, c’est parce qu’il était prévu que l’on pose un stimulateur cardiaque à mon père vendredi. L’affaire est allée vite depuis la visite chez le cardiologue il y a moins d’un mois. Cela s’est bien goupillé par rapport aux obsèques de ma mère. L’intervention s’est bien passée, il a été libéré ce dimanche en fin de matinée. Seulement, il est prévu une autre intervention prochainement pour poser une valve (je ne sais pas encore). J’espère que mon père pourra passer un séjour avec nous à A. en juillet, mais la question reste posée.

14 février 2022

C’est beau la vie

D’une certaine façon, je vais me permettre de suivre le chemin de Calyste en proposant diverses versions de la même chanson.

C’est beau la vie est une chanson écrite pas Claude Delécluse et Michelle Senlis sur une musique de Jean Ferrat qui en fut son premier interprète surson troisième album en 1963. Je ne sais pas de quand date exactement le premier enregistrement, mais il semble plus proche de l’interprétation originelle. Le deuxième semble dater de la fin des années 1980.

 

Et bien sûr, Isabelle Aubret a interprété cette chanson très tôt. Le premier enregistrement est donc ancien, avec une voix assez « nette ». Le deuxième date de 2010 et est beaucoup moins « net » mais très certainement plus émouvant.

6 décembre 2022

Brèves cornusiennes du mardi 6 décembre 2022

Au travail, nous avons depuis quelques années des personnes qui se chargent des opérations de communication au sens large de notre établissement. Depuis environ quatre ans, nous avons une chargée de communication. Par conséquent, je ne m’occupe pas beaucoup des relations avec les journalistes. En revanche, lorsque cela devient plus scientifique, certains collègues prennent le relais et il est finalement rare que j’intervienne. Sauf quand personne ne le « sent » ou n’est pas à l’aise sur le sujet ou quand bien sûr, les journalistes veulent me parler de manière spécifique. Et ces derniers temps, j’ai été sollicité plus qu’à l’accoutumée :

  • fin août, j’avais eu droit à la radio régionale France bleue sur la chute des feuilles prématurée, avec une longue interview dans le bois. La journaliste, originaire du Sud-Ouest, n’avait aucune connaissance de base sur la nature, d’où la nécessité de lui apporter des informations hors antenne, mais cela n’était pas suffisant. Mais globalement, cela s’est bien passé. Je n’ai pas entendu le résultat, mais je pense qu’elle avait dû bien utiliser la matière de l’interview. Je précise que je n’aime pas du tout cette radio (il m’arrive de l’écouter quand France inter est en grève tôt le matin) car c’est notamment un concentré de beaufitude (cependant moins qu’ailleurs, certainement) et je déteste l’horoscope en ch’ti ;
  • mi-octobre, une interview de Bé-effe-ème Grand Lille, en visio, sur les canaux et plans d’eau envahis de lentilles d’eau. Là, l’idée était de surfer sur une forme de sensationnalisme. J’ai voulu d’entrée de jeu me sortir de ça, car ces problèmes n’ont rien de nouveau, il y a juste les sécheresse et canicule de cette année qui ont étonnamment concentré le phénomène à l’automne. Le principal souci est relatif à la mauvaise qualité de l’eau comme la richesse excessive en nutriments (azote dont nitrates, phosphore dont orthophosphates). Et bien entendu, aucun mot à ce sujet dans le reportage rassemblant plusieurs interviews dont la mienne qui d’ailleurs était montée de telle sorte qu’elle n’avait aucun sens. La prochaine fois, il n’y en aura pas, ils sont collectivement stupides (je m’en doutais, j’en ai eu confirmation) ;
  • vendredi dernier, un journaliste de la presse écrite de l’Artois m’interroge sur les impacts des changements climatiques sur la flore de l’Artois. Son article est à paraître demain, dans le cadre d’un dossier plus complet sur les changements climatiques ;
  • ce matin, la radio régionale des cathos de la région vient me parler de la biodiversité régionale et ce qu’il conviendrait de faire en région, comme pour faire écho aux pourparlers qui commencent aujourd’hui à Montréal dans le cadre de la COP 15 (Conférence des parties dans le cadre de la convention sur la diversité biologique). L’intérêt est que la dame nous connaissait déjà, elle était déjà venue chez nous au sujet de nos actions de conservation relatifs au Chou marin (Crambe maritima). Je devrais y retrouver mes petits.
8 mai 2022

Brèves cornusiennes du dimanche 8 mai 2022

Ma mère est rentrée de l’hôpital mercredi dernier. Elle a une sorte de « caillou » dans la cuisse, sans doute un caillot qui avait été généré par sa phlébite de début 2021 et qui s’est calcifié. Il est prévu une future intervention pour lui retirer par les voies naturelles. Sinon, elle est encore plus perturbée. Par exemple, elle ne veut pas aller chanter à la télévision et a demandé à mon père s’il en avait parlé à son père à elle. Avec tous ces soucis, mon père reste éprouvé physiquement sur le plan cardiopulmonaire et pour ses genoux.


Vendredi après-midi, nous avons été plusieurs collègues à recevoir un message d’une personne (un homme qui n’est pas un ami mais qui représente une structure amie de la mienne et que j’apprécie – l’individu et la structure) que je connais depuis un peu plus de dix ans où il nous dit qu’il a entamé une transition de genre et que la transition « sociale » se ferait cet été (changement de prénom qui n’a rien à voir avec l’ancien). Depuis plusieurs mois/années, cet homme (le genre masculin ne faisait aucun doute) a en effet opéré un changement que j’avais repéré d’abord assez anodin (longueur de cheveux puisqu’auparavant il les avait extrêmement courts), phénomène qui s’était accentué au fil du temps, sans pour autant que cela m’évoque quelque chose de particulier. Je l’ai encore vu en réunion à Lille mercredi et j’avais remarqué que son apparence avait encore changé (s’était accentuée), mais je ne me souciais pas de cela, chacun faisant comme il l’entend. Je n’avais donc pas remarqué plus que cela la féminisation de ses traits et probablement une modification dans sa voix (ou alors si, mais sans que je n’y attache la moindre importance). Je ne pense pas à ce genre de choses. Ces problématiques de genre et de transition, je ne les connais que pour avoir vu quelques rares émissions sur le sujet, alors je suis assez ignorant. Cette méconnaissance est sûrement à l’origine du fait que cette annonce m’a un peu perturbé puisque c’est une première. Je pense ne pas avoir été le seul à être surpris. Un collègue s’en est ému par écrit, alors qu’il s’exprime assez peu ordinairement, en souhaitant que la direction réponde pour tout le monde. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait, même si je ne l’ai pas vu comme réponse de la direction mais personnelle.

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28 avril 2022

Ma mère...

Durant la grosse semaine de vacances passées à A., pas mal de petites choses sur lesquelles je reviendrai plus tard, mais je veux parler de ma mère. La situation de cette dernière s’est détériorée depuis Noël. A présent, elle ne tient pas toujours à table durant tout le repas, part regarder la télévision ou va se coucher à tout moment, si on lui parle, même de façon neutre et même pour aucune raison apparente. Elle se recouche aussi toute habillée à tout moment de la journée. Elle se montre parfois agressive et fait des caprices (tout est relatif, ce n’est pas très violent non plus). Tout cela est très handicapant pour mon père, alors qu’on lui a réduit ses heures d’aide-ménagère quand il a dû changer de prestataire à la suite du renvoi de la voleuse. Nous avons pu constater de visu cette dégradation, très pénible au quotidien puisqu’il faut la surveiller comme le lait sur le feu ou presque. Depuis quelques semaines, elle va tous les mardis dans une forme d’accueil de jour dans un centre qui stimule notamment la mémoire des vieux pendant la journée, ce qui permet surtout à mon père de souffler de 9 h à 17 h. La semaine dernière, elle avait vomi plusieurs fois sans raison apparente et sans que cela ne suscite une inquiétude forte. Et mardi de cette semaine, rebelotte, avec en plus des difficultés respiratoires. Après pas mal de tergiversations, ils finissent par la faire emmener aux urgences. Pas de COVID-19 mais résultat des courses, une embolie pulmonaire. Elle aurait encore un caillot de sang qui se baladerait et qui ne serait pas encore localisé depuis mardi soir. Elle reste donc à l’hôpital. Mon père l’a revue ce soir et cela va déjà mieux, mais elle reste sous surveillance en attendant de nouvelles investigations.

Sinon, lundi, la personne gérant les aides personnalisées à l’autonomie a beaucoup insisté pour que mon père place ma mère en EHPAD compte tenu de ce qu’elle a vu et entendu de la situation. Mon père, tout en se plaignant auprès de moi, a toujours tendance à minimiser la situation vis-à-vis des interlocuteurs officiels car il n’y est pas prêt à la fois à cause de 57 ans de vie commune et du coût exorbitant que cela représente, même dans des établissements non lucratifs considérés comme « pas chers et bien ». Leur retraite est juste au-dessus des plafonds. Bon, la dame qui m’a aussi parlé, doit m’envoyer des éléments pour monter le dossier. Je pense qu’on n’a plus guère le choix, sinon c’est mon père qui va craquer (il est déjà solide d’avoir aussi bien résisté jusque-là). À suivre.

13 mars 2022

Décès de mon premier « maître » en botanique

Mon premier véritable « maître » en botanique est décédé la semaine dernière et a été inhumé mercredi dernier. C’était un sacré botaniste (de Tours), exigeant. Avant lui, j’avais connu d’autres enseignants en botanique :

  • à l’IUT, une enseignante, responsable de la formation qui était un peu touche à tout sur le plan naturaliste, exigeante également, mais il ne s’agissait pas d’une « vraie » botaniste puisqu’assez pluridisciplinaire. Elle travaillait avec une autre collègue (une sorte d’adjointe, plus jeune) qui avait un profil assez similaire, mais qui était un peu moins bonne en botanique. A l’époque, mes aptitudes en floristique les avaient étonnées ;
  • toujours à l’IUT, un enseignant que je pourrais qualifier de biogéographe, donnait des cours de pédologie et surtout de phyto*sociologie ; mais un enseignant marqué par une forme d’élitisme un peu surrané avec lequel je n’avais pas eu d’atomes crochus particuliers, même si j’avais apprécié ses enseignements ;
  • lors des « remises à niveau » en botanique lors des cours du diplôme de bac+4, un enseignant issu du monde professionnel, avec lequel cela se passa bien, même si ce n’était pas à mon niveau (bon j’étais le seul dans ce cas). Plus tard, je serai amené à enseigner à sa place et il m’a également succédé lorsque j’étais sur le point de partir de Tours.

Il fut donc celui qui allait faire naître une flamme en moi, tant sur le plan scientifique que sur le plan de l’impérieuse nécessité de préserver le patrimoine végétal sauvage. Je pense que je devais boire ses paroles lors de ses cours illustrés d’un nombre incroyable de diapos. Et les sorties sur le terrain, en bord de Loire ou ailleurs me comblèrent (en revanche, la plupart de mes condisciples étudiants souffraient voire décrochaient). J’eus donc l’occasion de voir ce qu’était un « vrai » botaniste de terrain, en tout cas ce fut le premier. Cependant, à cette époque, il ne me témoigna aucune amitié particulière, ni ne fit mine de s’intéresser à moi. Et pourtant, c’est bien ce qu’il fit en coulisses, mais je ne l’appris que bien plus tard. En effet, c’est en partie grâce à lui que mon service militaire non encore terminé, on (pas lui, l’ancien responsable de ma formation bac+4 qui devint plus tard mon directeur de thèse) me demanda de venir faire des inventaires floristiques dans la vallée de l’Indre et l’automne venu, donner mes premiers cours à des stagiaires de formation continue. L’année suivante, je fus amené à le croiser à nouveau lors d’un séminaire sur la Loire dans lequel je présentais mes premiers travaux. Je craignais énormément ses réactions (cela n’était pas un tendre et je l’ai dit, il était exigeant), mais il n’y eut aucune réaction de sa part. Était-ce une forme de retenue (pas tellement son genre) ou de reconnaissance tacite ? Je l’ignorais à l’époque. Et puis il y eut mon DEA et le démarrage de ma thèse, mais à laquelle il n’était pas associé. Assez logiquement car, il n’était pas titulaire d’un doctorat, n’ayant jamais soutenu sa thèse ; cependant en tant qu’ingénieur agronome ayant fait toute sa carrière en tant que maître assistant (fonction qui n’existe plus aujourd’hui dans les universités), il fut promu officiellement sur concours (dossier + entretien) maitre de conférences environ huit ans avant sa retraite, cas particulièrement rare. Je précise qu’outre ses fonctions universitaires, il était président d’une société de botanique dont je fus membre durant des années. Nous nous retrouvions donc régulièrement sur le terrain à cette occasion pour des sorties d’inventaires et des discussions et c’est dans ce cadre qu’il m’intronisa littéralement comme « le » botaniste montant. En revanche, dans le cadre universitaire (recherche), il me trouvait trop réservé lors des réunions. Mais en même temps, je découvrais ce monde… qui me fit fuir. Autant il avait reconnu mes aptitudes scientifiques, autant il doutait de mes autres attributions professionnelles. Il faut dire qu’après avoir quitté Tours, je ne le vis plus beaucoup pour ne pas dire pas du tout. Ainsi, il fut très étonné d’apprendre que j’étais devenu directeur de ma structure. Et un peu plus tard, je fus amusé de constater qu’il s’était vanté sur les forums et réseaux sociaux d’avoir été mon prof, bref une forme de titre de gloire. Par ailleurs, bien que possédant des connaissances encyclopédiques, il n’était pas sans défauts. S’il n’avait pas soutenu sa thèse, c’est parce qu’il s’était certes fait volé son manuscrit dans sa voiture (il aurait pu à mon sens le reconstituer), mais aussi et surtout parce qu’il éprouvait beaucoup de difficultés à rédiger des articles scientifiques concis. Je m’en suis aperçu lorsqu’on nous avait confié la rédaction de plusieurs articles sur les végétations des grèves de la Loire (qu’il connaissait fort bien) pour lesquels je dus rédiger plus de 99 % desdits articles. Mais peu m’importait, ce fut même l’occasion pour moi de « tuer le père », alors que je m’étais rapproché d’un autre botaniste de la génération précédente (qui aurait 101 ans) et avec lequel je m’entendais merveilleusement bien. En fait, ce n’était pas la question de « tuer le père », mais bien d’avoir d’autres approches, d’autres perspectives et la nécessité que j’éprouvais (et qui était attendue) de tracer son propre chemin innovant en se nourrissant de beaucoup de de choses.

A la retraite depuis 2010, il allait souvent chez son fils en Italie et il continuait d’avoir des activités associatives. A la fin de l’été 2020, il m’apprend qu’il avait été atteint gravement par la COVID-19 au printemps et qu’il était à présent atteint par un cancer du sang. Les nouvelles suivantes furent un long courriel adressé à beaucoup de monde au printemps 2021, indiquant qu’il souffrait beaucoup des traitements de chimiothérapie. Le sachant fort sujet à la dépression (auparavant, il déprimait tous ans à la fin de l’automne et une partie de l’hiver, et le printemps revenu, tout rentrait dans l’ordre), je ne savais pas trop à quoi m’en tenir. Aux alentours de Noël 2021, nouveau message avec que du positif, rien ou presque sur sa maladie, ce qui laissait augurer du mieux. Et lundi, j’apprends son décès de diverses sources. Il n’avait que 74 ans. De la tristesse, bien sûr. Restent des souvenirs de sorties très plaisantes.

15 octobre 2020

Brèves cornusiennes du jeudi 15 octobre 2020

Fromfrom est « cas contact » au COVID-19 ! La faute à une crétine de grand-mère qui vient à la piscine de la balnéothérapie en même temps qu’elle le mercredi. Je dis crétine car il y a quelques semaines, elle avait dit à Fromfrom qu’elle ne pouvait pas s’empêcher d’embrasser ses petits-enfants et bla bla bla… Elle était déjà un peu revenue sur ce principe, mais visiblement pas suffisamment. Fromfrom fera le prélèvement pour teste PCR demain. Vu que Fromfrom ne s’est jamais tenue à moins d’un mètre d’elle et qu’elle n’a jamais séjourné longtemps, j’imagine qu’elle aura été épargnée. Personnellement, je ne prends pas de précaution particulière vis-à-vis d’elle, si tant est que l’on puisse faire quelque chose.


 Sur le même sujet, la perspective du couvre-feu à 21 heures fait baver beaucoup de salive chez les jeunes, en particulier les étudiants. Quitte à passer pour un vieux réactionnaire antijeune, un rabat-joie, un vieux schnock, je voulais dire cela :

  • non, ce n’est pas « dur d’avoir 20 ans en 2020 » comme le disait le président hier. C’était dur d’avoir 20 ans en 1914 ? C’était dur d’avoir 20 ans en 1956 comme mon père et partir en Algérie ou pire d’être Algérien dans le camp d’en face ? Ou des tas d’autres exemples. Entendre tous ces enfants gâtés hyperconnectés dire qu’ils ne peuvent pas faire la fête, voir leurs amis, j’en passe et des meilleures. Des collègues m’ont singulièrement agacé hier quand ils disaient qu’ils ne savaient pas comment ils auraient réagi en tant qu’étudiants s’ils avaient 20 ans. Que le fait de faire la fête était consubstantiel à la vie d’étudiant. J’ai toujours été un vieux schnock car à vingt ans, j’étais étudiant et je n’ai jamais véritablement fait la fête. Certes, j’étais (je suis toujours) un vieil ours mal léché, mais je n’ai jamais eu cet état d’esprit, ma « vie » sociale hors travail a toujours été pauvre. Mais je ne me serais sûrement pas permis de faire la fête car comme étudiant, je n’étais pas là pour rigoler, sans compter que j’avais la chance de pouvoir faire des études et je n’avais pas les moyens de dépenser davantage que ce que me donnaient mes parents (je ne réclamais pas). J’aurais pu travailler, certes, mais honnêtement, je n’aurais pas pu (pas assez de temps libre et sans doute trop besogneux) ;
  • les collégiens et lycéens n’ont pas quitté leur établissement qu’ils baissent le masque, se bécotent à qui mieux mieux. A quoi riment les précautions prises dans l’enceinte des établissements ? Cela n’est peut-être pas un cas complètement général, mais c’est quand même patent pour l’avoir vu à plusieurs reprises ces dernières semaines.

Mon cousin, après être sorti du coma allait mieux, mais sa situation non seulement ne progresse plus, mais en plus il a des problèmes sérieux aux poumons et surtout aux intestins, ce qui risque fort de nécessiter une nouvelle intervention chirurgicale. En plus, il ne marche pas (pas d’équilibre, plus de muscles). Visiblement, il est fataliste et ne semble pas prêt à se battre. Triste.


Les travaux ont commencé à la maison mardi matin par l’électricité. Ils sont suspendus jusqu’à lundi, le temps de récupérer du matériel non prévu au départ (la réfection totale de l’installation électrique est un vrai casse-tête au sein de notre maison évolutive où beaucoup de choses ont été faites en dépit du bon sens. Ils travaillent à deux (père et fils) et bossent bien. Les travaux dans la cuisine où tout est à refaire devraient se dérouler durant la dernière semaine d’octobre et nous nous arrangerons pour être absents. A suivre.

18 septembre 2021

Vaccination et passe sanitaire

Le 20 juillet, selon les dispositions gouvernementales qui se sont révélées illégales puisque aucune loi n’avait été votée (elle ne sera validée par le Conseil constitutionnel que le 5 août et applicable le 9), je n’avais pas voulu jouer au plus fin et afin de garantir mes arrières (je n’avais pas envie d’avoir des ennuis, non pas pour moi-même mais comme dirigeant d’établissements recevant du public – en fait plusieurs salles ouvertes à des formations et autres publics divers, sans compter les jardins, comportant des toilettes…). J’avais donc décidé d’imposer le passe sanitaire pour tout le monde (il était question de nombre de personnes par salles, mais quid à l’extérieur en cas de croisement ?). Les affiches officielles diffusées par le gouvernement prévoyaient aussi que la carte d’identité serait demandé et ça, cela me plaisait encore moins de demander au personnel d’accueil de vérifier ça. Sur les réseaux sociaux (Fesse-de-bouc notamment), cela n’a pas plu à certains qui l’ont fait savoir, mais cela s’est heureusement tassé assez vite. Et pour faire les contrôles, nous n’avions pas encore de smartphone à l’accueil et je ne souhaitais pas que le personnel utilise le sien (même si légalement il pouvait le faire s’il en était d’accord), alors en attendant, le contrôle était visuel sur smartphone ou papier. Le conseil du syndicat d’employeurs n’avait pas jugé utile de nous informer sur ce qu’on avait le droit de faire ou de ne pas faire. A mon retour de congés, j’ai demandé d’arrêter de contrôler la carte d’identité pour ceux qui le faisaient encore et j’ai ensuite fait acheter un smartphone. Dès le 30 août, après avoir compulsé les textes dans tous les sens, j’ai demandé d’arrêter de contrôler les passes sanitaires pour toutes les personnes qui venaient visiter les jardins, celles qui venaient en formation ou encore pour les locations de salles de réunions professionnelles. Seules sont soumises à passes sanitaires les animations.

Pour le personnel, les personnes en contact avec le public doivent avoir un passe sanitaire (personnels d’accueil, formateurs, animateurs) et si cela n’était pas encore évident le 20 juillet, tout le monde est en règle depuis la deuxième quinzaine d’août. Je n’ai pas fait de contrôle, mais quand on me dit qu’on s’est fait vacciner, je fais confiance bien sûr. L’un d’eux était contre la vaccination mais s’est rendu à la raison. Parmi les personnes qui ne sont pas en contact avec le public, j’en ai noté 4 (sur 56) non vaccinés : tous des jeunes de moins de 30 ans. Sur les 4, je sais que l’un se fera vacciner prochainement pour pouvoir prendre le train pour rejoindre sa « copine », mais les autres semblent bien plus irréductibles.

Alors que le masque demeure obligatoire à l’intérieur des locaux en entreprise (hors ateliers) dès qu’on est plus d’un, je constate que beaucoup ne le portent que de manière épisodique. J’ai fait un rappel de la consigne récemment, mais je vois bien que c’est un peu ridicule. Jusqu’à il y a quelques semaines, je faisais des rappels à l’ordre verbaux, mais là j’ai décidé d’arrêter : ils sont presque tous vaccinés et responsables. En revanche, personnellement, je m’efforce de le mettre tout le temps car je suis bêtement obligé de montrer l’exemple, mais je sais bien que tout cela est ridicule.

Beaucoup plus ennuyeux, la jeune aide-ménagère (aide-soignante de formation mais n’exerçant pas en tant que telle) de mes parents refuse obstinément de se faire vacciner et mon père a reçu des consignes très claire concernant l’obligation vaccinale à son égard. Elle considère qu’il y a une contre-indication avec une maladie qu’elle a eu il y a quelques années et elle pensait que son médecin lui ferait un certificat, ce qu’elle n’a pu avoir. En effet, il y a extrêmement peu de cas où la vaccination est déconseillée contre le SARS-CoV-2. Elle a peur de tomber malade et de laisser seuls ses deux enfants en relatif bas âge (dont l’un a un forme de handicap « léger »), alors qu’elle est séparée et que sa mère doit subir un traitement lourd contre le cancer et dont elle doit également s’occuper. Tout cela est vraiment problématique car la jeune femme est une personne agréable, efficace, volontaire… Mais l’association dont dépendent mes parents et l’aide-ménagère a été très claire. Pas facile pour mon puisqu’il a dû engager une procédure de rupture conventionnelle de son contrat de travail. Au départ, l’association l’a un peu laissé se démerder, mais semble avoir fait le nécessaire depuis et la procédure, conduite par mon père, est en cours et devrait aboutir prochainement. Pour être passé par là, je sais que ce n’est pas toujours aussi évident qu’il n’y paraît. A la place, une dame vient en attendant, de 66 ans et qui n’est pas « très dégagée » comme dit mon père, autrement dit, souffre visiblement de rhumatismes. Vive la Macronie. Bon, on ne connaît pas encore son histoire, mais quand même.

22 mai 2020

Marche n'est pas marché !

Plume a rédigé une note qui débute sur l’incompréhension initiale du titre de la note de Karagar « Privé de marches ». Même si je n’en avais rien dit, il se trouve que moi aussi, j’avais mal interprété ce titre au premier abord, à un accent près : « Privé de marchÉs ». En effet, jusqu’à dimanche dernier, je n'avais pas remis les pieds au marché depuis le 15 mars. En effet, j’y vais chaque dimanche matin vers huit heures. Après le passage à la pâtisserie pour la viennoiserie, l’éventuelle pâtisserie et l’éventuel pain au levain (au poids quand il y en a) ou le pain de seigle (j’évite les autres pains, pas très bons), je vais au marché en commençant toujours par le marchand de fruits et légumes (un ancien maraîcher). Je vais toujours chez le même quand il est là, c’est une habitude que j’ai prise et ce n’est pas par hasard. En effet, il sert toujours et c’est très appréciable pour les fruits et légumes fragiles ne sont pas « marpaillés » par certains clients et se conservent nettement mieux. Ce sont aussi des produits de qualité et il a en principe de tout. Je fais donc ma provision de la semaine et il y en a lourd.

Ensuite, tous les quinze jours, je vais chez le marchand de fromages qui vend dans son camion réfrigéré et vitrine. Autant le marchand de fruits et de légumes est discret autant lui aime dire des « âneries ». Il a des références constantes très suivies qui correspondent aux clients qui mangent toujours la même chose et des fromages qu’il vend en fonction des opportunités. Cela permet de goûter à plein de choses au fil du temps. On trouve donc toujours de très bons fromages, y compris suisses, italiens et hollandais. Avant cela, j’avais une très mauvaise opinion des fromages hollandais, pour ce que j’en avais mangé ici ou aux Pays-Bas : fines tranches de choses qui changent de couleurs mais qui ont tous le même goût, sans le moindre caractère. Eh bien, j’ai ainsi pu constater qu’il n’en était rien et que l’on trouvait d’excellents fromages hollandais sans se ruiner. Donc, de la diversité et de bons prix.

Enfin, il y a le marchand de fleurs, avec des prix qui défient toute concurrence.

Voilà, le marché nous avait manqué. Ce dimanche, il était annoncé que le marché était ouvert à neuf heures, soit une heure plus tard que d’habitude. J’y suis donc allé à cette heure : horreur et damnation, il y avait plein de monde, ce à quoi je ne suis pas habitué car je suis toujours dans les premiers clients. Et puis, le marché entièrement clôturé, masque obligatoire. Et par-dessus le marché (si je puis dire), j’aurais pu venir à huit heures. Ce dimanche, ça ira mieux.

2 juillet 2021

Télétravail et confinement

Je viens de terminer ma troisième semaine avec 0 % de télétravail. Fin mars, j’avais installé mon PC (nouveau portable depuis février) à la maison avec un grand écran complémentaire et la chaise de bureau qui va bien. Et en conséquence, le jours où je retournais au bureau avec mon seul portable, j’étais moins bien installé car je ne pouvais pas transporter tout le total à chaque fois.

Au mois de septembre 2020, j’avais mis en place une charte du télétravail avec la possibilité de prendre un jour de télétravail par semaine et avec quelques garde-fous. Et puis dès la fin octobre, les mesures de confinement ont repris en autorisant le télétravail à nouveau de manière plus ou moins importante. Au dernier trimestre 2020, je n’avais quasiment pas été en télétravail pour diverses raisons, en particulier pour « surveiller » certaines personnes.

Le 9 juin, conformément aux consignes gouvernementales, on est sorti progressivement du télétravail dominant pour un retour à la « normale » le 30 juin. Mais je voyais que cela allait coincer, beaucoup de personnes se sont accommodées du télétravail, de la visioconférence, du partage de documents. Il faut dire que depuis un an, j’ai tout fait indirectement pour aller dans ce sens (enfin pas que moi, beaucoup de monde allait dans ce sens). Heureusement que nous avions pu, de justesse avoir un raccordement à la fibre dans les locaux au début de l’année 2020. Le premier confinement de 2020 avait été compliqué avec l’impossibilité d’accéder à notre serveur professionnel et ce n’est qu’en mai 2020 qu’une solution (payante et pas donnée) fut trouvée pour y accéder depuis chez soi, ce qui nous permit de rebasculer en télétravail de manière sereine en octobre. Donc, un jour hebdomadaire de télétravail ne suffirait plus. Il s’avère que le télétravail semble permettre plus de productivité (ce n’était pas gagné et je ne dis pas que c’est forcément bien/mieux et surtout cela n’est pas valable pour tout le monde) surtout en l’associant avec de bons outils comme T*e*a*m*s (ce n’est pas pour faire de la pub, mais c’est aussi le prolongement de nos suites de logiciels bureautiques). Nous venons donc de valider une charte de télétravail à deux jours hebdomadaires. Les représentants du personnel ne s’attendaient pas à cette nouvelle car ils pensaient que la direction ne bougerait pas. Bon, en même temps, c’est une forme de réciprocité en termes de responsabilités et c’est le sens de l’histoire. Il y a quand même d’autres intérêts : moins de transport et de stress lié aux déplacements et au temps perdu, moins de pollution… Bien sûr, il y a toujours des postes pour lesquels le télétravail est impossible ou très compliqué et des personnes pour lesquelles on ne le permettra pas ou qui ne le veulent en aucune manière. Nous avons la chance d’avoir des locaux suffisamment vastes.

Plus que le télétravail, le confinement et les règles sanitaires imposées par certaines collectivités à leurs fonctionnaires ont permis de multiplier les réunions en visioconférence. Et ça, quand cela fonctionne, je trouve que c’est un véritable confort : beaucoup moins de déplacements à l’autre bout de la région (ou dans les régions voisines) et ça aussi, c’est bien. Certains disent qu’il y a la convivialité en moins, mais dans 75 % des cas au moins, personnellement je trouve ça mieux car je n’ai aucune envie de voir certaines personnes (et les gestes barrière m’interdisent avec bonheur de les embrasser ou leur claquer la bise comme c’est trop la mode par ici, alors que l’on ne s’aime pas). Et là, que de temps gagné et de stress en moins ! Je crains que beaucoup reviennent trop à des réunions physiques : c’est dommage. La vraie convivialité oui, les bises des faux-culs, non !

14 mars 2021

Brèves cornusiennes du dimanche 14 mars 2021

En fin d’année dernière, nous avons procédé à un recrutement CDD pour un poste de chargé de communication. Nous avions reçu 170 candidatures !

Ces dernières semaines, nous avons procédé au recrutement de trois CDD (assez débutants) et un CDI (expérimenté). Je n’ai pas compté le nombre de candidatures, mais elles ne dépassaient pas 20 personnes ! Le futur chef du CDI était très inquiet (il s’agit de remplacer une personne dans un poste-clé) et moi aussi (mais beaucoup moins). Mais nous avons de bonnes nouvelles. Seul un des trois CDD retenu en première intention risque de ne pas venir s’il trouve un CDI ailleurs. Dans l’ensemble, nous trouvons que les gens ne se mettent pas tellement en valeur dans leurs CV et lettres de motivation, de sorte que dans l’ensemble, nous avons vu des niveaux plus élevés qu’imaginé. Il faut dire que nous étions pessimistes et que nous avons souvent eu des douches froides par le passé avec des CV bien trop flatteurs. Compte tenu des conditions sanitaires et aussi parce que les recrutements couvraient trois ex-régions administratives, nous avons procédé entièrement en visioconférence, tests compris. Honnêtement, j’ai hésité, mes collègues n’étaient pas tellement pour au départ, mais vraiment, c’est pas si mal et je ne suis pas mécontent d’avoir procédé ainsi.

La Secrétaire d’État à la Biodiversité qui devait venir nous voir mi-février n’est finalement pas venue (j’étais prévenu de sa venue deux petites semaines avant et l’annulation est intervenue moins de trois jours avant (week-end compris). Elle a bien fait, j’avais une liste de doléances longue comme le bras à lui faire (pour ma structure bien sûr, mais aussi à l’échelle nationale, me faisant le porte-parole du réseau). Elle a fait le coup à deux autres de mes collègues (elle fait la tournée des régions).

A ce titre, le ministère semble est dirigé par un quarteron de hauts fonctionnaires de premiers de la classe hors sol et incompétents sur le fond et qui prend des décisions ou en fait prendre qui sont d’une rare bêtise. Je crois pouvoir dire que l’on peut généraliser à l’ensemble des ministères et cabinets, accaparés par des groupuscules qui sont là pour se servir bien avant de servir. Par ailleurs, ces gens sont imbus de leur supériorité et contaminent tout. La com’ avant tout, du vent sur le fond. Auparavant, il subsistait encore dans les ministères des hauts fonctionnaires qui avaient encore une certaine « épaisseur », une notion ancrée du service public. Ils sont tous partis à la retraite et à présent, on a des petits cons prétentieux et sûrs d’eux, carriéristes, tout à fait en phase avec le pouvoir actuel dominateur. A noter que nombre de ministres et députés sont à peu près fait dans le même moule. Mais malgré tout ça, nous avons quand même réussi à faire avancer – un tout petit peu – notre cause. Je ne sais pas par quel miracle !

28 mars 2021

Mes stages (4 et fin)

Mon stage suivant fut réalisé trois ans plus tard (1997) après mon service militaire et après avoir travaillé un peu. J’étais en terres bien connues puisque je connaissais déjà mon maître de stage depuis plus d’un an, ayant travaillé avec/pour lui auparavant. Il devint d’ailleurs un ami dans les mois et années qui suivirent. Le lieu de stage était à Orléans dans une mission qu’on appelait alors l’Équ*ipe pluridis*ciplina*ire pl*an Loire gr*andeu*r nature, mise en place à l’époque par les services régionaux de l’État, la Direction régionale de l’Environnement (DIREN, actuellement DREAL), par l’Éta*blissem*ent pu*blic d’amé*nagem*ent de la Loir*e et de ses affl*uents (E*P*A*L*A, actuellement E*P*L – Établis*seme*nt pub*lic Loir*e) et par l’Age*nce de l’E*au Loi*re-Bret*agne.

Pour ma part, dans le cadre de mon Diplôme d’études approfondies, je devais commencer à mettre en œuvre des approches sur la végétation alluviale de la Loire qui avaient des points communs avec celles qui avaient été menées, avec succès, sur le Rhône depuis les années 1970. Je n’allais sans doute pas révolutionner les choses à moi seul, mais j’ai quand même été le premier à le faire, en m’appuyant au mieux sur les travaux qui commençaient à être menés sur la Loire par des universitaires ou des bureaux d’études (sédimentologie, géomorphologie, hydrologie, hydraulique, hydrobiologie). Ce stage se faisait sous la tutelle d’un professeur, directeur du Laboratoire d’écologie alpine de Grenoble. Les bureaux d’Orléans se localisaient dans l’enceinte du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). J’étais encadré « quotidiennement » par un écologue, plus exactement par un phytoécologue de formation (il eut comme directeur de thèse le professeur de Grenoble). Outre l’écologue, il y avait dans l’équipe une géographe, un géomorphologue, un directeur plus axé sur l’hydrologie et une secrétaire. Il y eut aussi dans cette équipe d’autres salariés ou stagiaires ou encore des personnes externes qui travaillaient de manière quasi-permanente ici (dont je fus par la suite). Le directeur était un type très spécial, ingénieur civil du génie rural et des eaux et forêts de formation, catholique invertébré. Il ne faisait jamais mention de religion, mais durant le Carême, il arrêtait toute consommation de café. J’étais bien tombé pour travailler ici dans une équipe très agréable. Rémunéré par l’Age*nce de l’E*au Loi*re-Bret*agne, comme l’ensemble de l’équipe, j’étais un stagiaire royal pour l’époque puisque j’avais pu prétendre à 90 % du SMIC pendant six mois (l’obligation légale à l’époque n’obligeait pas encore à 30 %).

Après ce stage, j’ai continué à travailler dans les mêmes locaux pendant plus d’un an, alors que j’avais d’autres employeurs (un privé, un public). De bons souvenirs. Durant cette période globale de presque deux ans, j’eus trois adresses distinctes. La première, dans une résidence de la Poste que je dus quitter pour cause de revente, ensuite dans une maison « découpée » pour étudiants, mais à une période de l’année où il n’y avait heureusement pas d’étudiants, et enfin dans un pavillon annexe d’une belle villa qu’occupait une veuve retraitée. C’est après cette période que je retournerai à Chinon pour démarrer ma thèse.

Mon maître de stage-ami, j’en ai déjà parlé dans d’autres notes et c’est vrai qu’il a joué un rôle très important dans ma carrière débutante. Il m’a fait confiance et m’a aidé à monter mon projet de thèse. Je pense que je me suis aussi en partie inspiré de lui lorsque plus tard je fus amené à co-encadrer ou à encadrer des stagiaires.

26 mars 2021

Brèves cornusiennes du vendredi 26 mars 2021

L’an dernier, à cause de l’épidémie de COVID-19, on n’avait pas pu réunir le Conseil scientifique fin mars. Cette année, on s’y est pris autrement. Au début de l’année 2020, on avait pu enfin se faire installer la fibre optique, condition sine qua non pour pouvoir espérer faire de la visioconférence dans notre trou perdu où l’internet était ravitaillé par les corbeaux. Il aura fallu plus de deux ans entre la décision d’y aller (vu le coût de l’abonnement qui fait peur) et l’installation effective par AuRange (seul opérateur qui tienne la route pour une telle installation). Il faut dire qu’il a été nécessaire de tirer un câble de fibre optique sur plusieurs kilomètres entre la périphérie et notre hameau. Et ces andouilles l’ont installé en aérien comme on faisait autrefois pour le téléphone.

Lors du premier confinement, nous étions démunis puisqu’en gros nos serveurs sont dans nos locaux et inaccessibles depuis nos domiciles. Certains collègues avaient pu emporter des gros disques durs pour travailler, mais ce n’était pas très sûr, c’était limité et surtout pas très fonctionnel. Nous avions donc demandé dès le 16 mars l’installation d’un VPN, autrement dit une forme de pont crypté entre les serveurs et les ordinateurs individuels à la maison. AuRange nous avait promis le truc début avril et il ne fut opérationnel qu’après le déconfinement en mai, soit trop tard. en revanche, cela sert depuis, mais cela a un coût assez impressionnant (encore un abonnement).

En mai-juin, nous avions fait installer une salle dédiée aux réunions en visioconférence, notamment pour nos réunions avec les antennes d’Amiens et de Rouen et pour plein d’autres usages. Nous y fîmes nos conseils d’administration et assemblée générale.

En interne, nous utilisons désormais l’outil de Microsauft, Teams pour nos réunions en visioconférence et plein d’autres usages et partages de fichiers, ce qui a été rendu nécessaire par la baisse de nos effectifs administratifs.

Fin janvier 2021, nous avons organisé un webinaire grâce à l’outil Zoom désormais bien connu. Nous avons récidivé ce jeudi pour le Conseil scientifique. Tous les salariés, stagiaires y ont participé, en plus de notre grosse vingtaine de membres du Conseil scientifique. Nous avons donc invité du monde en plus et nous nous sommes retrouvés environ à 80 au plus fort de la journée. Mais nous étions tous chacun derrière un écran, chez lui ou au bureau. Les conditions sont quand même très différentes que lorsqu’on travaille en présentiel, alors je manquais de référence. Mais il s’est trouvé que le minutage que j’avais programmé a été respecté, certes grâce aux marges de sécurité que j’avais prévues. Et les débats ont pu avoir lieu, même si les discussions de couloir n’ont pas pu se faire. Et finalement, je pense que nous avons pu faire le meilleur Conseil scientifique depuis que je m’en occupe, tant sur le fond que sur la forme. C’était mon impression hier (haute tenue des présentations et des débats) et surtout des retours directs ou indirects qui m’ont été faits. Une fois encore, nous apparaissons comme la meilleure structure de France sur les onze autres existantes. Ce n’est pas moi qui le dis et ce n’est pas grâce à moi, mais grâce à toute l’équipe, y compris non scientifique. Cela fait plaisir de recevoir des félicitations de temps en temps, d’autant que depuis six ans, je ne peux pas compter sur d’autres personnes ou organismes pour en recevoir : pas de la part des financeurs, tant techniciens que politiques, pas sur notre présidente qui n’a toujours rien compris au film et encore moins sur nos administrateurs qui s’en foutent ou sont aux abonnés absents. Du coup, je suis content et fier de contribuer à mener le bateau avec tout le monde, grâce à tout le monde dans des circonstances parfois complexes, mais avec des gens qui bossent très bien dans l’ensemble. Je suis heureux d’avoir réussi avec le concours de tout le monde à maintenir la confiance et à donner des perspectives positives. Bon, j’ai conscience de donner l’impression de m’autocongratuler, mais bon, cela n’est pas tous les jours ainsi la « fête ».

22 mars 2021

Mes stages (3)

L’année suivante, pour mon stage (16 semaines il me semble) de Maîtrise de sciences et techniques (bac + 4), je fis pas mal de demandes dans divers lieux de stages, mais parmi plusieurs propositions, je retins celle de la Direction départementale de l’Équipement (DDE) de la Loire à Saint-Étienne (place Jean-Jaurès, tout près de la cathédrale Saint-Charles pour que Calyste situe). Lors d’une entrevue préalable avec le chef de service concerné, nous avions défini ensemble un sujet de stage qui nous convenait à tous les deux. Pas mal ! La définition des sujets de stage largement par mes soins fut d’ailleurs systématique par la suite, même si je prenais en compte les demandes légitimes bien entendu. Le chef de service était un ingénieur des travaux publics de l’État, originaire de la Drôme où d’ailleurs il aspirait aller pour retrouver son épouse et ses enfants et terminer sa carrière. Il était toujours très élégamment vêtu et (trop) parfumé (Yves Saint-Laurent) de sorte que même en prenant l’ascenseur un bon moment après lui, la trace de son passage persistait. Au quotidien, j’étais dans une cellule où œuvrait un autre jeune ingénieur qui ne s’occupait pas trop de son équipe, d’autant qu’il devait suivre un important chantier d’enfouissement d’un énorme collecteur d’eaux usées en fonte sous le lit de la rivière Ondaine (cela va aussi parler à Calyste). Les autres personnes dans la cellule étaient :

  • une secrétaire qui avait l’âge de la retraite mais qui continuait à travailler car elle « n’avait pas ses années ». Une femme remarquable d’ailleurs car elle s’était mise à l’informatique sur le tard (Windows d’avant 1995) et s’en sortait fort bien. Elle avait d’ailleurs tapé une bonne part de mon rapport de stage sans que je lui demande (mais elle avait eu des consignes d’en haut) ;
  • deux dessinateurs (45-55 ans) qui sauf durant mon premier mois de stage, peinaient à travailler plus de trois heures par jour. Avec d’autres, ils organisaient des concours de Solitaire sur l’un des ordinateurs de la boutique (tout le monde n’était pas équipé). Je ne pouvais pas conduire les voitures de l’administration (débilité), alors quand j’avais besoin de me rendre quelque part (terrain ou rendez-vous), un dessinateur m’emmenait. Je n’abusais pas, mais cela l’ennuyait. Une fois, il avait eu le culot de me dire qu’il ne pouvait pas m’emmener car un tel lui avait donné du boulot, boulot qui lui demandait à tout casser une heure de son précieux temps. Donc, pour faire du terrain sur la durée, j’avais pris mon véhicule personnel (je pense que ce n’était pas forcément très légal, mais comment faire autrement ?). A noter aussi qu’il leur arrivait assez régulièrement « d’oublier » de « dépointer » quand ils partaient boire l’apéritif au bistrot avant de se rendre au restaurant administratif ;
  • deux techniciens d’environ 50 ans qui concevaient des routes ou des tuyauteries. Ils arrivaient très tôt le matin (vers 7 h / 7 h 30) et finissaient donc plus tôt l’après-midi. Le matin, quand j’arrivais, vers 8 h / 8 h 30, l’un d’eux lisait le journal (grands titres), mais après la pause de 10 h / 10 h 30, on lisait les articles dans le détail ;
  • un technicien plus jeune (la trentaine), plus sympa et plus intéressé par le travail et par ce que je faisais (en fait, il m’aimait bien et était assez épaté par mes compétences). C’est lui qui travaillait au plus près deu sujet que je devais traiter durant mon stage et il m’avait donné un sérieux coup de main et c’est vrai qu’il était assez doué aussi de son côté. Il maîtrisait parfaitement le dessin technique sur ordinateur (Aucocad) et dessinait à une vitesse incroyable. Ce fut donc très agréable.

Le sujet de mon stage consistait à étudier les différents aménagements prévus sur la rivière Gier (à l’époque l’une des plus polluées de France) dans le cadre du contrat de rivière et d’identifier certains enjeux à prendre en considération en priorité. Il s’agissait d’un travail assez pluridisciplinaire et donc pas très botanique (mais quand même avec de la botanique).

Bien qu’ayant essayé d’être rémunéré par le syndicat intercommunal pour lequel les résultats de mon stage étaient utiles, ce fut assez compliqué et j’avais fini par renoncer. En revanche, je m’y serais sans doute fait embaucher si je n’avais pas été rattrapé par mes obligations militaires. Plus injuste, je mangeais au restaurant administratif mais au tarif externe, alors que mes chers collègues fonctionnaires mangeaient pour une bouchée de pain. En revanche, je fus très souvent invité pour l’apéro ; avec eux, j’aurais fini alcoolique !

21 mars 2021

Mes stages (2)

Mon deuxième stage, non obligatoire et non rémunéré, fut l’année suivante et dura un mois (juillet) au Muséum d’histoire naturelle d’Autun. Ce muséum a une forme de double « tutelle » : celle de la ville qui est le gestionnaire et celle plus muséale et scientifique qu’est le Muséum national d’histoire naturelle. À l’époque, il était dirigé (conservateur) par un paléontologue (c’est souvent le cas), une personne très dynamique qui faisait trente choses à la fois. Quand j’ai commencé mon stage, il revenait d’une mission au Yakoutie (Sibérie) où avait été découverts des mammouths sur une berge de cours d’eau (l’eau avait érodé et dégelé le permafrost et des loups mangeait de la viande de mammouth – j’avais vu des photos qu’il avait prises). En dehors de la secrétaire, il y avait une autre personne, qui est devenue, quelques années après, le conservateur en chef et avec lequel j’ai encore quelques relations. Quelqu’un de très dynamique également et dont l’épouse dirige l’important musée d’art et d’histoire et la ville.

Le conservateur m’avait demandé de procéder à des inventaires et mesures sur la commune. En premier lieu, il me demanda de mesurer, sur des photos aériennes grand format, les linéaires de haies, de comptabiliser les grands arbres dans le bocage et toutes sortes de choses dans le genre notamment avec un curvimètre. Je pense qu’il ne s’attendait pas à ce que je fasse le travail aussi vite. Ensuite, il me demanda de compiler les données naturalistes qu’il avait à sa disposition (plus faune que flore).

Je travaillais pour l’essentiel dans un immeuble, accolé aux salles d’exposition, qui était assez vétuste. Une semaine après mon arrivée, une autre stagiaire (stage obligatoire de bac + 2) fit son entrée. Elle devait notamment faire un inventaire de la flore de quelques sites. L’ennui, c’est qu’elle n’y connaissait rien en botanique, alors c’est moi, encore grand débutant qui m’y suis collé. Alors que nous avions commencé à herboriser sur un site, il y eut un terrible orage qui nous obligea à rentrer avec la 2 CV fourgonnette du muséum. C’est elle qui conduisait et elle cala au feu rouge et impossible de redémarrer l’engin, noyé de tous les points de vue. Résultat, on vint nous chercher (j’avais appelé par la cabine téléphonique heureusement pas loin) et nous fumes trempés jusqu’aux os. Quelques jours plus tard, un « vrai » botaniste vint faire des inventaires « sérieux » (un ex-agriculteur qui avait eu un grave accident ou une grave maladie et qui s’était mis à la botanique sur son lit d’hôpital) sur les sites en question et nous pûmes y participer. Je ne cache pas que j’avais appris pas mal de choses, à commencer sans doute par le fait que le métier de botaniste était quelque chose qui pourrait être à ma portée, même si je n’y songeais pas encore véritablement.

Je pus également participer, plus au sud du département, à une fin d’après-midi et à une partie de nuit de chasse aux papillons, dans une réserve naturelle nationale. En effet, un lépidoptérologue avait un contrat et était rattaché au muséum. Ce type était très spécial : un monstre de compétence dans son domaine, titulaire de deux doctorats dans le même domaine (je ne comprends pas comment on peut faire ça). Le souci c’est qu’il n’était pas doué en termes de communication verbale et était aigri et dénigrait beaucoup de choses. Résultat : il voulait faire que ce qui lui plaisait et n’avait que des contrats extrêmement précaires. Je l’ai recroisé ensuite dix ans plus tard et il est venu à l’étang du Dragon terrassé. Je pense qu’il a désormais largement dépassé l’âge de la retraite. Il vivait assez chichement et était, de son propre aveu, « entretenu » par ses parents parisiens, lesquels ne sont peut-être plus forcément de ce monde actuellement.

Après ce stage, j’ai continué d’avoir des relations avec le muséum, notamment via la Société d’histoire naturelle dont je fus membre.

20 mars 2021

Mes stages (1)

Mon premier stage en entreprise était un stage obligatoire à l’occasion de ma première fin d’études envisagée (bac + 2) pour mon Diplôme universitaire de technologie. Il eut lieu, j’en ai souvent parlé, à l’Institut Pasteur de Lyon (IPL) pour trois mois, à cheval sur le printemps et l’été 1992. A l’époque, Michel Noir était le maire de Lyon un peu au sommet de sa gloire. Il soutenait l’IPL, d’ailleurs installé dans des locaux très modernes entre la Halle Tony Garnier et le stade Gerland. J’allais là-bas tous les jours en train depuis RDG, puis je prenais un bus en principe, sauf quand j’y allais le samedi ou quand il y eut une grève des routiers.

Ma responsable de stage et responsable d’une unité d’écotoxicologie, était une dame encore jeune, petite et menue, avec des cheveux denses et bouclés. C’était une personne exigeante, rigoureuse et travailleuse. On ne plaisantait pas tous les jours avec elle. Je pense qu’elle était célibataire. Elle était la nièce d’un ancien président du Conseil régional de Bourgogne (c’est elle qui me l’avait dit alors que je ne l’avais même pas envisagé et pour dire qu’elle n’avait rien à voir avec lui). Je pense que cette personne m’a habitué à la rigueur alors que je n’en manquais pourtant pas et je me suis aperçu à cette occasion que mes études m’avaient parfaitement formé au métier de technicien de laboratoire. Je fus indemnisé pour ce stage (ce n’était pas obligatoire à l’époque et je pense que pour trois mois ou moins, cela ne l’est toujours pas).

Dans l’unité d’écotoxicologie, en sous-sol, en lumière artificielle « lumière du jour », à température constante à 20°C ± 1°C, l’atmosphère était quand même très spéciale, mais l’ambiance, 100 % féminine, sympa. Quatre femmes y travaillaient : trois techniciennes dites supérieures ayant vaguement le même diplôme que celui que je convoitais et encore très jeunes (la trentaine tout au plus) et une autre technicienne qui faisait des choses plus simples mais néanmoins techniques et qui était une ancienne femme de ménage d’une bonne cinquantaine d’années. Que faisaient-elles ? Elles faisaient des tests de toxicité aiguë ou chroniques sur des daphnies (zooplancton de crustacés, Cladocères), sur des algues, sur des bactéries bioluminescentes, dans de l’eau ou dans les sédiments des milieux aquatiques. Il existait aussi des tests sur la croissance des plantes ou sur les poissons, mais qui ne fonctionnaient pas lors de mon passage. De mon côté, je travaillais à déterminer les niveaux de toxicité chronique (inhibition de la reproduction) de certains polluants organiques ou minéraux chez Ceriodaphnia dubia. Je n’en raconte pas plus. A l’époque, l’IPL était une grosse structure et je ne l’ai pas vue de manière complète. Je travaillais au sein d’un laboratoire déjà assez vaste dans lequel on faisait des analyses en routine de la qualité physicochimique de l’eau et des sédiments, des anlalyses bactériologiques de l’eau (potable ou non) et, chose amusante, des salades toutes épluchées en sachet (il en arrivait tous les jours). Mais on y faisait aussi de la recherche en parallèle. D’ailleurs, ce que je faisais à mon petit niveau avait une utilité pour la recherche. Dans le bâtiment, d’autres étages étaient consacrés aux laboratoires d’analyses et de recherches médicales, mais je n’y avais pas mis les pieds.

Dans mon unité au sous-sol, nous vivions comme des endives et il arrivait qu’en sortant le soir, j’étais saisi par la lumière et la chaleur estivales. En trois mois de stage, je me suis rendu compte que j’étais devenu aussi aguerri et adroit pour faire les mêmes tâches que des personnes avec lesquelles je travaillais et qu’en moins de trois mois supplémentaires, j’aurais acquis l’expérience suffisante pour occuper n’importe quel autre poste. Mais j’avais déjà décidé de poursuivre des études. Bien m’en avait pris, car dans ce métier de technicien « supérieur » de laboratoire, je me serais vite ennuyé, même s’il est vrai que cela n’avait jamais été mon envie. Du coup, je me demande comment ces femmes ne trouvaient pas le temps long ?

4 octobre 2020

De quoi alimenter le fleuve du Dragon terrassé

L’étang, on ne sait pas bien depuis quand il existe. Ce qui est certain, c’est qu’il existait au début du XIXe s. (cadastre napoléonien). Il n’est pas représenté sur la carte de Cassini, mais est-ce une preuve compte tenu de l’imprécision de la carte ? Il date peut-être du courant du XVIIIe s. ? Il se dit souvent qu’il y avait des étangs en lien avec les monastères médiévaux pour l’alimentation en poissons... Et comme il y avait ici un prieuré de femmes depuis au moins le XIVe s., on peut s’interroger aussi. Très difficile à dire. En tout cas, je me prononce d’après les ressources bibliographiques dont je dispose que le chanoine Denis Grivot m’avaient données et des plans et cartes anciennes.

Je pensais avoir déjà parlé du mode d’alimentation en eau de l’étang, mais après tout, c’était sans doute imprécis. En années climatiques et hydrologiques normales, outre l’alimentation directe par l’eau de pluie, on a :

  1. l’eau de ruissellement des prairies attenantes (côté est). Il s’agit du plus gros apport en période de fortes pluies. C’est aussi une contribution qui se maintien quelques temps après l’arrêt des pluie (certaines prairies du bassin versant sont paratourbeuses et restituent un peu d’eau) ;
  2. l’eau de ruissellement des bois (côté sud-ouest). Il s’agit sûrement d’un apport probablement important surtout en période de très fortes pluies mais un peu diffus et difficile à quantifier ;
  3. l’eau de drainage assez superficiel du bois tourbeux (au sud). Ces eaux peuvent être tassez acides (pH de 4) ;
  4. l’eau de la source qui ne tarit jamais. Elle semble issue d’une nappe se localisant à l’interface grès arkosique et granite plus en profondeur et semblant jaillir à la base de la tourbe dans le bois à moins de 20 m au sud de l’étang. Cette eau est en été parfaitement incolore et potable à tous points de vue. En été seulement et s’il ne pleut pas, car lorsqu’il pleut, l’eau se charge en acides humiques et fulviques en traversant la tourbe, conférant une couleur thé caractéristique.

Sur l’ensemble de ces alimentations, seule la 4 est permanente et ensuite, c’est la 1 qui est la plus durable globalement, mais après quelques semaines à peine sans pluie, seule la 1 apporte de l’eau. En été, l’apport de la 1 est nettement insuffisante pour permettre le maintien du niveau de l’eau qui baisse de fait des infiltrations d’eau au niveau de la digue et de l’évaporation (et de l’évapotranspiration végétale sur les rives).

L’étang fait une superficie de 3 ha, les bois, en trois parties totalisent 22 ha. Les deux anciennes fermes se partageaient à peu près le reste (environ 75 ha). La valeur foncière des bois est très faible (mauvaise qualité sylvicole, sols pauvres ou gorgés d’eau) et les prairies des fermes n’ont pas une grande valeur non plus de nos jours.

Pour rajouter quelques éléments au débit du fleuve, je parlerai un jour un peu plus précisément des éléments historiques extrafamiliaux.

23 décembre 2020

Vaccination

Je suis depuis très longtemps énervé par la lancinante question de la défiance de la population vis-à-vis des vaccins. Une question à mon sens beaucoup trop montée en épingle depuis plusieurs décennies à présent. Les médias ont beaucoup trop laissé la porte ouverte à des médecins qui venaient expliquer les problèmes liés aux vaccins, sans toujours faire la part des choses et sans toujours inviter d’autres médecins qui allaient expliquer les énormes avantages procurés par les vaccins. Bien sûr, tout n’est pas blanc d’un côté ou tout noir de l’autre, mais il faut savoir faire la part des choses et ne pas mettre tout sur le même plan, comme se plaisent à le faire un trop grand nombre de journalistes, par souci d’audience ou par malhonnêteté intellectuelle.

La défiance vis-à-vis des vaccins a plusieurs origines. Plusieurs escroqueries (au sens large du terme), le manque de transparence et la complicité/duplicité entre le monde politique et le monde des affaires expliquent une part de la défiance vis-à-vis des vaccins et de certains laboratoires ou autres firmes pharmaceutiques. Mais de mon point de vue, il y a une autre chose qui me paraît plus fondamentale : le manque cruel de culture scientifique de la part de la population générale qui laisse libre accès aux idées antiscientifiques, complotistes, obscurantistes ou tout simplement imprime des doutes pas toujours justifiés. C’est bien sûr un problème majeur pour l’éducation initiale, mais aussi de formation/information tout au long de la vie, car la science progresse tous les jours et demande des remises à niveau. Cette problématique de la formation scientifique ne concerne pas que ce sujet mais presque tous les sujets que l’on affronte dans la vie. Selon moi, cela devait être un pilier majeur de l’éducation nationale dès l’école primaire. Notons toutefois un obstacle dans le contexte actuel puisque les professeurs des écoles semblent souvent assez démunis pour ne pas dire assez mauvais sur le sujet. Je parle selon ce qui m’est rapporté par Fromfrom et ce que je constate plus directement. Une des raisons de ce problème est que les enseignants sont très majoritairement issus de filières littéraires lesquelles sont bien trop dépourvues d’enseignements scientifiques. Et même les personnes issues de filières scientifiques, y compris post-bac, ont parfois un niveau notoirement insuffisant. Depuis plusieurs mois, on parle dans les grands médias de vaccins à ARN messager. Mais qui sait ce qu’est l’ARN messager et à quoi il sert ? Je suis à peu près sûr qu’une majorité de journalistes qui en parlent régulièrement ne savent pas bien de quoi il s’agit, ni ne connaissent la différence avec l’ADN et encore moins avec les autres types d’ARN. Au-delà de cela, je pense qu’ils ne savent pas ce qu’est une cellule animale (et a fortiori végétale), quels sont ses différents organites d’une cellule et comment fonctionne la machinerie cellulaire... Ils ne savent pas ce qu’est un virus, les différences avec une bactérie, ce qu’est un anticorps, ne connaissent pas les principaux acteurs de l’immunité et de son fonctionnement dans les grandes lignes. Ils ne savent pas non plus comment fonctionne un vaccin à ARN messager. Bien sûr, tout cela ne s’apprend pas tout à fait en un quart d’heure, mais peut à mon sens s’enseigner assez aisément avec le temps et de bonnes compétences, sans faire de toute la population des biologistes de renom.

Si on formait les gens, les craintes à propos des vaccins (à condition de transparence réelle et totale) seraient des craintes motivées et non des tas d’élucubrations qui n’ont rien à voir avec la réalité... et beaucoup plus de monde pourrait se faire vacciner. Oui, un vaccin n’est pas de la flotte, comporte plusieurs éléments qui peuvent aussi induire des réponses immunitaires ou susciter des allergies ou des problèmes, mais cela n’est pas pour le plaisir et c’est souvent nécessaire pour rendre le vaccin plus efficace ou moins dangereux par ailleurs. Les laboratoires ne font pas n’importe quoi, il y a des raisons à tout. J’ignore si les vaccins à ARN messager ont un avenir de long terme, mais en tout cas, cela semble être une piste prometteuse (ce n’est pas tout à fait une nouveauté, mais c’est la première fois que cela a été testé à grande échelle et que cela va être mis en œuvre pour de vrai). Que cela soit une solution pour le long terme ou pas, cela reste quelque chose d’assez formidable. Pour faire simple, l’ARN messager code pour la synthèse par les cellules de la protéine « spike » du virus et induit une réponse immunitaire contre ladite protéine (via des anticorps notamment), ce qui permet ensuite de bloquer le virus avant qu’il n’infecte la cellule.

Personnellement, je rendrais obligatoires un plus grand nombre de vaccinations, en particulier contre la COVID-19, compte tenu des mortalités induites, de sa contagiosité, du fait du grand nombre de cas asymptomatiques, de l’engorgement grave des services hospitaliers, notamment de réanimation et des conséquences graves que cela induit sur les activités sociales, économiques, éducatives, culturelles et sur les autres aspects de la santé des personnes. Une obligation qui ne serait pas forcément à mettre en place immédiatement puisque nous n’avons pas encore un large panel de vaccins autorisés, mais à terme oui, avec toutefois la possibilité d’y déroger en cas d’allergies, de maladies ou autres soucis particuliers.

7 novembre 2020

Élucubrations cornusiennes du 7 novembre 2020

L’assassinat affreux de S. Paty m’a mené à quelques réflexions, qui je l’admets, sont assez simplistes. J’avoue avoir été très en colère, à l’encontre de l’islamisme le plus radical pour ne pas dire meurtrier, mais aussi à l’encontre des pensées religieuses en général dont aucune n’a véritablement grâce à mes yeux compte tenu des passifs encore véhiculés aujourd’hui. Et tant pis si en pensant m’inscrire dans une luttes contre les réactionnaires, je passe pour moi-même pour un réactionnaire laïcard et athée. Je ne revendique à coup sûr que le dernier qualificatif.

Les personnes qui prennent les religions en otage pour instrumentaliser le libre arbitre, la liberté de penser par soi-même, pour organiser l’obscurantisme à tous les niveaux, pour ordonner la réalité selon ses propres intérêts de puissance meurtrière… doivent être réduites. Les demi-mesures ont assez duré, il faut passer aux mesures coercitives.

La liberté religieuse ne doit pas être un obstacle à la pleine expression de la laïcité et de la stricte neutralité religieuse, trop souvent mises à mal. Il n’est pas (plus) supportable d’entendre des appels au meurtre, des dénonciations ou même de simples remarques pour qui a tenu des propos, écrit, fait dessiner, publié des textes ou des caricatures ou eu des sympathies envers des personnes qui critiquent ou se moquent des religions. Ces personnes qui ne supportent pas la critique religieuse (pour faire simple) et qui tiennent des propos à caractère violent ou simplement ambigus doivent être mis immédiatement hors d’état de nuire. Il va de soi que cela ne doit pas concerner que la religion musulmane, mais aussi les chrétiens. En ce sens, je n’ai pas du tout apprécié les propos du secrétaire général de la conférence des évêques de France qui il y a quelques jours a à mon sens donné un avis qui est sans doute passé inaperçu aux yeux de beaucoup de monde mais qui personnellement m’agace copieusement. Il reconnaît heureusement le « droit à l’humour » à l’encontre des religions « mais il y a aussi le respect des personnes ». Eh bien là, je dis non. Dans les caricatures, ce ne sont pas les personnes qui sont caricaturées, mais leur fonction, leur image, ce qu’ils représentent et en particulier leurs excès et turpitudes. Pour moi, on ne doit pas accepter ce « mais ». De mon point de vue, on doit s’imposer la moquerie vivace, la remise en question même si elle est cruelle, y compris contre soi-même.

Les propos racistes ne sont pas des opinions en France, ce dont on ne peut que se réjouir. D’ailleurs il y aurait de quoi poursuivre bien davantage ceux qui se livrent à de tels propos xénophobes, misogynes, homophobes et je ne sais quoi encore. Plusieurs (toutes ?) religions se livrent ou se sont livrées dans leur histoire à toutes sortes de combats contre les avancées scientifiques comme l’héliocentrisme, l’âge de la Terre, l’évolutionnisme… De telles théories ne sont pas des choses fumeuses, mais des faits bien établis qui font un immense consensus dans les communautés scientifiques. Pourtant, ces « lois de la nature » sont régulièrement et de plus en plus puissamment remises en cause depuis des décennies maintenant aux États-Unis et depuis quelques années en Europe et même en France, par les élèves, les parents d’élèves et dans quelques écoles privées confessionnelles. Tout cela est tout bonnement scandaleux et procède du même obscurantisme latent. De mon point de vue, on devrait pénaliser de telles pratiques. On ne peut pas accepter que le darwinisme amendé par la génétique, certaines formes de lamarckisme (épigénétique notamment) soit une opinion, mais bien un fait avéré qui se précise, s’affine années après années.

Après, je m’interroge sur le port de signes religieux dans l’espace public non ecclésial (en dehors de l’école jusqu’à la fin du secondaire). Ce sont hélas des idées soutenues par l’extrême droite et la droite extrême. Peut-être n’ont-ils pas pensé, eux, aux catholiques en soutane ou aux « ch’tiotes sœurs » en tenue ? En tout cas, personnellement, je pose aussi la question sur le besoin des jeunes femmes musulmanes qui passé un certain âge se retrouvent voilées. Et pourquoi un jour je me suis retrouvé dans un métro lillois qui menait à l’université, rempli d’étudiantes voilées, alors qu’il faisait un cagnard pas possible ? Quel est le libre arbitre réel lié à de telles habitudes ?

21 septembre 2020

Brèves cornusiennes du lundi 21 septembre 2020

Mon cousin, après trois semaines d’hôpital en réanimation va enfin mieux. Il est sorti progressivement du coma depuis 2-3 jours, on a retiré le tuyau dans son cou cet après-midi et les méchantes bactéries semblent avoir toutes été éliminées. Il est sauvé, mais qu’est-ce que cela a été dur, sur le « fil » pendant si longtemps.

Mon père allait mieux, mais comme il avait arrêté ses diurétiques pendant 15 jours, sans en parler bien entendu au médecin. Il a fait de l’œdème à fond les ballons et surtout, un mal fou à respirer. Bien sûr, il ne m’avait pas dit qu’il avait arrêté le diurétique et lui n’avait pas mesurer à quel point il avait besoin d’en prendre. Je pense que si ma mère avait eu à peu près toute sa tête, cela ne serait pas arrivé. Mais bon, tout va mieux à présent.


Malgré le licenciement économique, la personne qui en a été victime, n’est pas fâchée contre nous, contre moi. Globalement, je ne constate pas trop de défiance de la part du personnel. Je pense que nous nous y sommes pris de la bonne manière : transparence et volontarisme.

Hier dimanche, assemblée générale de ma structure à 10 heures. Très peu de monde malgré la possibilité de faire de la visioconférence. Nous avons appris que la commune ne nous donnerait rien en 2021 car les caisses ont été violemment vidées par l’ancien maire. Nous soutenir était pourtant une promesse électorale. Je ne suis pas étonné. Ma collègue aux finances a été abattue et en colère ; ce n’est pas faute de lui avoir dit de ne pas s’enflammer, mais c’est aussi son tempérament et sa force. Je suis parfois son antithèse et c’est sans doute pour cela que ça marche plutôt pas mal. Le reste de la journée passé à accueillir le public dans les jardins et certains locaux à l’occasion des Journées européennes du patrimoine (annulées à H. mais maintenues à B.). Il a fait beau. J’ai fait faire des visites dans le bois. Ouverture de la chasse oblige, cela pétaradait sacrément par moments, mais on n’a pas entendu retomber des plombs.

Aujourd’hui, nous est parvenue un peut-être début d’éventuel commencement de bonne nouvelle potentielle sur le plan financier. Bon, je ne sais pas combien, mais c’est un énorme soulagement. Des mois et des mois, des années de manœuvre, de réunions, de lettres, d’entrevues, de paroles portées… A concrétiser bien sûr, mais j’en aurais presque pleuré. Pour une fois que les nouvelles sont plutôt bonnes…

16 septembre 2020

Brèves cornusiennes du mercredi 16 septembre 2020

J’ai quatre cousins (de premier degré). Je me considère assez proche d’eux (en tout cas beaucoup plus que Fromfrom et ses plus de 30 cousins encore en vie). Cela tient notamment au fait que nous sommes assez peu nombreux dans la famille et que nous nous entendions bien.

Le plus âgé de ces cousins va avoir 57 ans après-demain et depuis plus de quinze jours à présent, il est en réanimation, plongé volontairement dans le coma. Il avait été hospitalisé en urgence à la suite d’une hernie hiatale (passage de l’estomac à travers le diaphragme dont il subissait les affres depuis plusieurs jours (il a attendu d’être complètement HS avant d’aller à l’hôpital). Il a été opéré en urgence. L’opération chirurgicale s’est bien passée en dehors du fait, grave, qu’il y a eu un reflux de contenu gastrique dans les poumons qui a ensuite engendré une infection bactériologique, toujours pas entièrement résolue à ce jour malgré les antibiotiques et de nombreuses analyses. En même temps, les médecins se sont rendu compte qu’il était hypertendu (non soigné), diabétique (non soigné), sujet à l’apnée du sommeil (non soignée). Et pour couronner le tout, il subit une très importante obésité (pire que moi à taille égale). Cela faisait environ 5 ans qu’il n’avait pas vu de médecin et que très probablement, il refusait de s’entendre dire qu’il devait maigrir et se soigner. Coup assez classique, hélas... Comme il arrachait l’appareil respiratoire, il a été plongé dans le coma et intubé. Depuis, il y a plus de bas que de hauts et fort peu d’améliorations. On tente parfois de le réveiller à moitié en diminuant les doses de curare, mais ce n’est pas facile. Il doit subir des aspirations dans les poumons et des interventions relativement « simples » mais probablement impossibles et douloureuses s’il était éveillé. Le mieux à ce stade est qu’il reste encore dans le coma. Mais pour combien de temps. Honnêtement, je ne suis pas très optimiste d’autant que les explications que je peux avoir restent fragmentaires et indirectes.

Mon père a eu des problèmes intestinaux assez sérieux qui durent depuis quinze jours et qui semblent enfin passer. Je suis persuadé que les mauvaises nouvelles sur l’état de santé de son neveu ont accentué son état et sa fatigue ? Contrairement à lui, je ne suis pas trop sujet au stress gastrique et digestif, mais cela se répercute un peu différemment (sommeil, angoisses). Cela va mieux car mon père va mieux et mon cousin ne va pas plus mal à défaut d’aller mieux.

6 avril 2020

Des nouvelles du front (suite 2)

La dernière note de Calyste de ce jour sur le thermomètre m’a fait un effet glaçant, mais Calyste n’y est pour rien bien sûr.

Un collègue a envoyé en début d’après-midi un message à tout le monde en répondant aux blagues d’autres collègues (c’est la mode depuis le confinement de commencer ainsi la semaine). Je me suis dit « encore une blague aussi vite lue et effacée ». Et puis dérangé par je ne sais plus quoi, je n’ai pas effacé le message et ce n’est que deux heures plus tard que je découvre que son message n’était pas qu’une blague, mais se poursuivait sur un tout autre sujet. J’ai failli ne pas lire cette nouvelle affreuse : la mère (79 ans) du collègue est morte samedi dans un EHPAD à Saint-Dié-des-Vosges ! Quel choc. Il avait vu venir cette horreur depuis 15 jours alors qu'elle n'était pas encore malade. Il m’avait fait part de son angoisse, et dans ce secteur, on est dans l’œil du cyclone. C'est épouvantable. Elle n'allait pas très bien depuis quelques jours sans trop savoir ce qu’elle avait. Elle a été emmenée à l'hôpital samedi à 10 h et à 15 h tout était terminé, poumons hors d’usage. Il est assez fataliste, prend la chose avec une certaine philosophie, s’était déjà préparé avec sa famille à cette issue funeste. Enfin, pour l’instant. Personnellement, en pareilles circonstances, je pense que je n’aurais pas pu m’exprimer.

23 juin 2019

Brèves cornusiennes du 23 juin 2019

Mon père est passé en phase intensive de rééducation depuis jeudi. Cela progresse, même si c’est « dur » pour lui.


 

Fromfrom est toujours dans une situation dégradée et stable. Mais au moins elle touche désormais un complément de salaire par la prévoyance (mi-traitement imposé précédemment de manière bureaucratique et sans fondement).

30 août 2019

Foot-oir

Depuis quelques semaines à peine, j’entends parler dans les actualités radiophoniques surtout de matchs de football qui sont momentanément interrompus par les arbitres pour cause de propos homophobes et quelquefois racistes.

D’après ce que j’ai compris, de telles interruptions de matchs seraient un phénomène nouveau, mais les propos ou banderoles ne le seraient pas du tout, même si en plus de l’énorme bêtise collective initiale, le phénomène aurait été amplifié très récemment suite à l’intervention de ministre(s) ou autres responsables, par provocation.

Cela me pose plusieurs questions :

  • si de telles pratiques existent effectivement depuis longtemps, pourquoi de telles mesures n’ont-elles pas été prises avant ?
  • de telles mesures ne sont pas efficaces, donc pourquoi ne prend-on pas des mesures plus efficaces comme l’annulation pure et simple du match, le fait de jouer à huis clos… ? Et pourquoi ne pas poursuivre les personnes en cause facilement identifiables ? Et pourquoi peuvent-elles avoir des banderoles ? Enfin, si je comprends pourquoi on ne le fait pas, c’est une question financière ;
  • est-ce bien à un arbitre de prendre de telles mesures ? N’est-il pas là pour réguler le jeu et non pour gérer les supporters ?
  • comme suite à des problèmes de violence de supporters et autres « ultras », il avait été décidé il y a quelques années, d’éviter que certains groupes de supporters se retrouvent ensemble dans les tribunes en attribuant des places de manière plus ou moins aléatoire. J’avais appris qu’on était revenu sur cette pratique prétendument pour mieux circonscrire et surveiller les groupes de supporters problématiques, mais pour ma part, je pense que ce retour en arrière est d’ordre financier, puisque comme on le voit, la situation reste problématique ;
  • pourquoi tolère-t-on encore trop dans le football la moindre contestation, même mineure, des décisions de l’arbitre ? Même si le football n’est sans doute pas le seul sport où l’on puisse voir ça, cela semble quand même plus répandu qu’ailleurs. Je pense même que les sanctions devraient être beaucoup plus nombreuses, et bien plus radicales ;
  • quand en finira-t-on avec la « beaufitude » exacerbée des supporters ?
  • comment peut-on envisager (dixit la ministre – je n’en ai pas cru mes oreilles) l’existence d’insultes tolérables de celles qui ne le seraient pas ? J’ignorais que les insultes pleuvaient à ce point lors des matchs et je trouve cela intolérable.

 

Je n’aime pas le football (ce n’est pas congénital, mais c’est une chose qui remonte loin dans mon enfance), mais je comprends que l’on puisse aimer. Mais pour moi, même si on ne révolutionne pas le scandaleux modèle économique mondialisé de ce sport (qui me met hors de moi en premier lieu mais je sais bien que rien ne changera, hélas), on devrait au minimum éradiquer toute forme de violence physique, verbale et visuelle dans ce jeu de cirque.

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Cornus rex-populi
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