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Cornus rex-populi
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15 janvier 2014

De 2013 à 2014 (3) : de Funès [hors série]

Rappel : cette notes et les suivantes de la série ont été écrites pendant ces dernières vacances. Celles qui concernent les événements qui se sont produits à cette occasion ont été écrites immédiatement après lesdits événements.

 

Ce lundi soir passait sur Arte un film de 1963 avec Louis de Funès, Carambolages, qui ne me disait rien, même si cette fois, c’est plutôt Jean-Claude Brialy qui en était l’acteur principal. Et effectivement, je ne l’avais jamais vu. N’ai-je point vu en cette année pas moins de trois films avec Louis de Funès que je n’avais jamais vus ? Et pourtant j’en ai vu beaucoup. Pas des chefs d’œuvre non plus, mais cependant une certaine curiosité d’y retrouver l’acteur et le témoignage désuet des mœurs de périodes révolues.

« J’aime pas de Funès ! ». Combien de fois ai-je entendu cela ? D’abord de la bouche de ma mère parce qu’elle préférait et elle préfère encore Bourvil. Et de la part d’un grand nombre de personnes. Eh bien moi, le nain grimaçant, égocentrique et surexcité, j’en ai toujours été fan, depuis gamin et encore maintenant. Je suis encore capable de regarder un de ses films pour la nième fois. Tous ces films ne sont pas du même niveau, mais il reste des incontournables dont je ne me lasse pas.

Après le film sur Arte, il y avait une émission consacrée à l’acteur (trente ans qu’il est mort) où on tentait d’analyser les raisons de son succès, d’ailleurs très tardif et des difficultés qu’il avait eues à s’imposer. Mais aussi les critiques assassines des « intellos » des journaux de son temps. Oui, parce que ce fut un acteur populaire, qui a rempli les salles de cinéma à l’époque et c’était forcément un peu vulgaire. Effectivement, ses films ne volent pas très haut. On a beau essayer de décortiquer le personnage qu’il incarnait, sa personne privée, les aspects artistiques et psychiques, rien ne permet d’expliquer jusqu’au bout le fait que ce comique fonctionnait et visiblement fonctionne encore sur les jeunes générations.

J’aime bien d’autres acteurs comiques. Y compris ceux qui jouaient à peu près aux mêmes époques comme Fernandel (en partie) et Bourvil, lesquels sont largement intemporels à mes yeux ou ont un charme désuet qui me plaît. Mais pour moi, de Funès l’emporte. Peut-être aussi parce qu’il n’était déjà plus à la mode aux temps où j’ai découvert ses succès. Ou parce que ce sont les caractères mesquins et délicieusement méchants incarnés par les personnages de l’acteur qui ressortent dans mon moi profond ?

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15 décembre 2013

Le statut de mon travail

Voici une note que je voulais rédiger depuis un certain temps. L’actualité chaude du moment à mon travail où nous montons des dossiers en catastrophe pour tenter d’assurer notre avenir m’y pousse, mais également, une note lue chez Christophe.

Je travaille dans une structure privée, une association de quatre collectivités territoriales (Commune, deux Départements, la Région), ce qui est une bizarrerie assez rare et qui ne pourrait probablement plus se constituer à l’heure actuelle. Une association qui a reçu un agrément de l’État qui lui confère un statut particulier et officialisé dans le Code de l’Environnement. Cela prend la forme notamment de délégations de services publics. Nous sommes une cinquantaine de salariés, répartis sur trois régions.

A noter qu’il existe actuellement dix structures analogues à la mienne agréées en France métropolitaine, permettant de couvrir le territoire, à l’exception de l’Alsace et de la Lorraine qui n’ont pas encore complètement émergé. Ces structures sœurs ont des statuts divers : association, syndicat mixte, service de parc national, service d’établissement public de recherche. Or, il s’avère que pour les associations surtout, c’est particulièrement difficile financièrement, surtout certaines années, parce qu’elles sont soumises aux aléas budgétaires et avec un financement de l’État insuffisant et qui est resté bloqué depuis de nombreuses années. Ce qui nous oblige, les uns et les autres, à aller à la chasse aux financements, notamment européens, lesquels demandent beaucoup de ressources propres, des tonnes de justifications à la limite de l’inquisition. Je suis pour ma part persuadé qu’une bonne part du zèle actuel du contrôle des institutions européennes vient des malversations agricoles passées, qui n’ont jamais eu de conséquences sur ceux qui en ont bien profité et abusé durant des décennies. De plus, les règles changent d’une région à l’autre, d’un projet à l’autre, ce qui a de quoi rendre dingue nos comptables. Cela leur demande un travail considérable et mobilise beaucoup de ressources humaines, même lorsque les financements sont assez modestes. Pour illustrer cette inquisition, je prends l’exemple d’une collègue au début de l’année qui était allée à une réunion en voiture et qui, compte tenu des problèmes de neige, avait préféré passer par l’autoroute moyennant un très léger détour. Les contrôleurs européens ont estimé que nous avions abusé, car elle avait dû faire 10 kilomètres de trop : à peine quelques euros largement justifiés sur une subvention européenne de quelques dizaines de milliers d’euros sur plusieurs années. On n’ira sûrement pas demander des comptes à ceux qui engrangent de l’argent de façon indue à pleines brassées.

Qui plus est, aucune somme d’argent n’est versée à la « commande » (il n’y a pas que l’Europe qui procède ainsi, les collectivités le font régulièrement avec toutes les associations de France), ce qui est franchement dur pour les associations avec des salariés qui ne peuvent pas constituer de réserves, ce qui implique de contracter des emprunts et enrichit donc les banques, ce qui est un scandale de plus. Bref, on se fait avoir sur toute la ligne, mais on n’a pas le choix.

L’autre façon de s’en sortir, ce sont les commandes et appels d’offres, qui ont bien augmenté chez nous ces dernières années. Mais nous ne sommes pas un bureau d’études, ce qui ne nous facilite pas la tâche non plus. Du coup, les tâches administratives nous mobilisent plus que de raison, uniquement pour se donner la chance de récupérer du fric, jeu où nous ne gagnons pas à chaque fois. J’aimerais parfois avoir la sérénité de certains de mes homologues d’autres structures qui n’ont pas ces contraintes. Pour moi, chaque fois que je (ou mon équipe, ou quelqu’un de la structure) dois passer du temps sur une quelconque activité, je dois savoir comment cela va être rémunéré. Certaines personnes fonctionnaires ou titulaires d’établissements publics (attention, je ne généralise pas) nous regardent avec des yeux ronds quand on ose leur dire que nous ne travaillons pas à l’œil, que tout temps passé sur un projet doit être rémunéré. Ces mêmes personnes ne se posent pas ce genre de question car en général, quoiqu’ils fassent, ils auront toujours la garantie d’être payés à la fin du mois, et l’argent qu’ils récupèrent à droite ou à gauche, par exemple au sein d’un laboratoire de recherche universitaire, c’est « juste » pour acheter du matériel supplémentaire, des analyses à l’extérieur, gratifier un stagiaire, payer un thésard, embaucher un CDD. C’est très bien, mais on voit bien qu’on ne vit pas tout à fait dans le même monde. Et quand je les entends se plaindre, ça me dégoûte quelque peu. Il est vrai en revanche que la pesanteur de l’administration universitaire est absolument redoutable (j’y ai goûté). On passe pour des radins, des mal élevés, quand on ne veut (peut) plus participer à des réunions qui se multiplient. On ne veut pas comprendre que nous devons gagner notre salaire, comme une « vulgaire » boite privée, néanmoins interdite du moindre bénéfice.

Au niveau national se prépare la création d’une agence française qui rassemblera plusieurs organismes de la « biodiversité », surtout des établissements publics, mais aussi notre fédération qui est une association. Il s’agirait, sur le papier, d’une bonne nouvelle, permettant de pérenniser cette jeune structure au parcours chaotique sur le plan financier.

Au niveau (inter)régional, on parle de la création d’établis*sements pub*lics de coop*ération environ*nementale, sur la base des établis*sements pub*lics de coop*ération culturelle, que l’on rencontre notamment pour des théâtres ou des orchestres. Ces organismes, intègrent directement l’État, ce qui a au moins l’avantage de le rendre responsable sur le plan financier, ce qui n’est pas le cas pour nous en ce moment. Mais il n’intègre pas que l’État, mais aussi des collectivités territoriales ou leurs regroupements. Cela nous permettrait d’être moins sur la brèche pour aller à la recherche de subsides, de passer plus de temps à des tâches davantage scientifiques et non administratives et d’être un peu plus sereins sur notre devenir à court terme. Avec le risque toutefois d’une certaine perte d’indépendance dans les écrits ou les paroles, même si nous ne sommes pas totalement libres à ce niveau non plus. Mais rien n’est fait et de toute manière, il y a bien longtemps que j’ai appris à ne plus croire au Père Noël.

8 décembre 2013

Brèves cornusiennes (15)

Mon collègue Normand supporte bien son traitement anticancéreux et la tumeur a régressé. Il se peut néanmoins que son affection demeure chronique.

En revanche, une autre personne que j’avais en quelque sorte remplacée quand je suis arrivé dans le Nord et qui travaillais désormais en Auvergne dans un organisme homologue, est très gravement atteinte d’un cancer du pancréas. Je savais depuis des mois qu’il était malade, mais j’ai appris que récemment la nature de sa maladie. Ce n’est ni un ami ni une personne particulièrement proche, mais il s’agit d’une personne que j’apprécie beaucoup, avec de réelles qualités tant professionnelles qu’humaines.


Bien que le fait de discuter d’histoire ne constitue pas un sujet de prédilection pour la plupart des mes collègues de travail, singulièrement les plus jeunes, il m’arrive avec eux de lancer des sujets sur la question. Et c’est ainsi que je me suis aperçu, non seulement que j’avais pris quelques années et surtout que je faisais partie des derniers représentants d’une génération. Quelle génération ? Celle qui a appris jusqu’en terminale au lycée, des choses bien ancrées, indéboulonnables, comme l’URSS et l’apartheid en Afrique du Sud. L’une comme l’autre se sont effondrées immédiatement après. Et des tas de choses ont suivi ces événements, qu’on a un peu du mal à délimiter. Des choses positives, certes, mais parfois beaucoup moins.

Tout cela pour dire, alors que je ne my attendais pas véritablement, que j’ai été fortement ému par la mort de Nelson Mandela, des témoignages dans les médias et autres reportages. Ce n’est bien sûr pas aujourd’hui que je découvre les immenses choses faites par cet homme. Cest idiot, mais je songe qu’il manque des tas de personnes comme lui. Pas que lui d’ailleurs. Il n’était pas seul, ni dans son camp, ni dans celui de ses adversaires. En 1988, j’ai vu en salle à sa sortie en France, le film Cry freedom, qui relate notamment le combat et la mort de Steve Biko, militant noir anti-apartheid. Encore à l’époque, on pensait que le régime raciste d’Afrique du Sud ne tomberait jamais. Il y avait bien eu des signes précurseurs que je n’avais pas captés à lépoque, mais l’arrivée de Frederik de Klerk au pouvoir puis l’ouverture de négociations avec l’ANC et la libération de Mandela en 1990 m’avaient bien entendu réjoui. Bien des murs étaient tombés en quelques années, ce qui laissait penser que bien des choses impossibles étaient devenues possibles. Bien sûr, il y a eu énormément de déceptions par la suite, mais je ne veux retenir que le positif aujourd’hui. Et si les meilleures actions de Mandela ou de certains de ses prédécesseurs comme Gandhi, Martin Luther-King et bien d’autres, nous inspiraient tous un peu plus tous les jours ?

6 décembre 2013

Brèves cornusiennes (14)

Je l’ai dit je ne sais combien de fois, je n’aime pas beaucoup Paris, en particulier les longs couloirs du métro, le métro lui-même bondé voire carrément débordant de toutes parts, la foule anonyme, excitée, parfois violente, les rues bruyantes et encombrées. Tout cela me procure un fort sentiment d’étouffement, car en plus, je suis toujours pressé pour me rendre d’un endroit à un autre pour des réunions et autres séminaires. Et depuis quelques années, je suis souvent malade ou très fatigué en revenant de la capitale. Hier, cela a été encore le cas. Je suis revenu en pensant avoir récupéré une angine. Et finalement, non, tout allait mieux ce matin. A se demander si je ne serais pas la victime d’un syndrome cornuso-parisien. J’y retourne mardi. Cette fois, j’espère passer entre les gouttes.


Ce matin, la directrice administrative m’a « convoquée » pour un examen du contenu de la cave de la propriété du « patriarche » dans laquelle se trouvent encore de sacrées vieilles bouteilles (un patriarche qui est toujours du monde, mais qui n’a jamais récupéré ses flacons depuis qu’il vit dans la Somme depuis 12 ans). Nous avons déniché des blancs alsaciens de 1991 à 1998 et des rouges, la plupart des Bourgognes de haute extraction de 1988, mais qui sont un peu à marée basse dans les bouteilles. Le but est de les déguster au pot de Noël de lundi. Mais j’ai prévenu, si nous arrivons à en avoir en tout deux de bonnes sur douze, il faudra nous estimer heureux.

29 novembre 2013

Critique cinématographique

Dimanche dernier, nous sommes allés voir le film Il était une forêt de Luc Jacquet [qui a réalisé La marche le de l’empereur] sur une idée du botaniste Francis Hallé [l’homme du « radeau des cimes »]. Il y « joue » d’ailleurs un rôle. Il s’agit d’un film tout à fait grand public. J’aurais pu en être frustré (certains documentaires télévisés vont parfois plus loin dans l’approche scientifique), mais j’ai été pris par de splendides images. Il n’y avait guère de surprise car le scénario reposait essentiellement sur le déroulement du cycle sylvigénétique des forêts tropicales. Je n’ai pas appris beaucoup de choses, mais j’ai néanmoins retenu trois petites choses intéressantes. Des images réelles puissantes, mais aussi des images de synthèse omniprésentes et surimposées qui peuvent surprendre au début. Pour moi, ces images sont assez extraordinaires du point de vue technique et pour leur apparence assez réaliste. Il y en a peut-être un peu trop à mon goût. Toutefois, et assez exceptionnellement, poiur le rendu de ces images, je pense que le film aurait beaucoup gagné à être réalisé et visualisé en 3D.

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30 juin 2013

Les escaliers vont encore devoir attendre

En février 2011, je joue la boule de billard et le camion m’expédie dans un fossé antichar (pour mémoire, c’est ici et ). C’est la piteuse fin de la voiture japonaise, achetée d’occasion un peu moins de quatre ans plus tôt. Au revoir la possibilité d’un escalier. La remplaçante sera une féline 308 (voir ici).

En ce mois de mai 2013, suite à non pas une, mais deux infractions au code de la route (j’ai découvert la seconde après coup), je ne peux éviter une voiture (voir ici). Résultat, un devant bien abîmé : coût probablement stratosphérique, mais aucun centime dépensé (ouf !). Tout a été bien réparé.

En 1998, j’avais acheté une lionne 306 essence neuve. Eh oui, j’avais les moyens à l’époque. Outre mes petites économies, j’avais profité de remboursements de frais de déplacements presque confortables de la part du bureau d’études « écran » pour lequel je travaillais (non, je ne pratiquais pas d’activités illégales ni n’occupait un emploi fictif) et d’un don de ma grand-mère maternelle à ses petits enfants. Je n’avais néanmoins pas les moyens de me payer une voiture diésel du même gabarit. C’est avec cette voiture que je parcourus environ 100 000 km pendant mes un peu plus de trois années de thèse (je faisais des visites de terrain été comme hiver sur plusieurs centaines de kilomètres de fleuve).

Il y a une dizaine de jours, Fromfrom part pour l’école avec la presque antique 306. A peine a-t-elle parcouru quelques dizaines de mètres, qu’elle ressent un dysfonctionnement majeur dans la direction, avec des craquements très inquiétants. Elle ramène le véhicule devant la maison. Le soir, je me rends compte que c’est un problème d’ « affaissement » de la suspension et le lendemain, je constate qu’en vérité, c’est le ressort de suspension qui s’est cassé (il me semble que c’est relativement rare, surtout quand on n’a pas joué au rodéo avec sa voiture). C’est un coup à avoir un gros accident sur la route. Ce mercredi en début d’après-midi, pour faire l’économie de la dépanneuse, je tente de mener le véhicule à l’hôpital au garage. Fromfrom me suit avec l’autre voiture. Il y a une fumée blanche (normal pour un pape) qui s’échappe du pneu avant. Je ne m’en inquiète qu’à moitié, pensant que c’est le pneu qui doit frotter sur le garde boue. On continue notre parcours et d’un coup, le pneu éclate tel un coup de fusil. Je précise que ces pneus ont quand même un âge canonique de plus de 11 ans (nous avions « fini » des pneus hiver entre temps). Évidemment, ce devait être un morceau de ressort qui devait dangereusement frotter sur le pneu. On appelle la dépanneuse (60 € non économisés) et on nous emmène la voiture une demi-heure plus tard.

Le lendemain, je reçois l’appel du garage qui m’annonce la douloureuse qui tient ses promesses. Une voiture essence de 200 000 km et de 15 ans, toujours entretenue correctement (en partie par mes soins), mais qui présente quelques faiblesses et autres usures qui finiront par coûter d’autres bras. Et à la fin, on a encore la même voiture où certaines pièces peuvent lâcher à tout moment.

Après avoir pas mal regardé ce qui est sur le marché et les prix pratiqués, on décide de profiter de la promotion et des conditions de reprise actuelles en investissant sur l’entrée de gamme des 207+ essence. Pour Fromfrom qui conduit surtout en ville, cela devrait bien aller. Et une voiture qui pourra avaler aussi les kilomètres pour aller beaucoup plus loin si Fromfrom devait s’exiler à partir de la rentrée 2014 ou que je pourrais prendre pour lui laisser l’autre. J’ai un temps pensé à la petite 107, mais ayant eu par deux fois l’engin comme voiture de prêt, je n’ai pas été spécialement convaincu : une sorte de jouet strictement citadin et qui me fait un peu peur côté résistance aux chocs sur la route. Mauvaises expériences aidant et fréquentant quotidiennement une route singulièrement accidentogène, j’ai fini par accorder pas mal d’importance aux résultats des « crash tests ».

Nos escaliers ne sont pas prêts d’être remplacés…

23 juin 2013

De l'enseignement à tous les niveaux

Jeudi, j’étais invité à un jury de sélection d’un futur thésard à la « catho » de Lille. Invité parce que nous connaissons bien le directeur de thèse et parce que nous sommes partie prenante. Le matin, nous avons auditionné deux candidats respectivement âgés de 40 et 38 ans. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit des gens de cet âge se présenter, surtout qu’ils prennent un petit peu un risque puisqu’ils ont un boulot et sont déjà « installés » dans la vie. Ils ne se sont pas montrés d’un niveau exceptionnel sur le plan scientifique, comme leur âge aurait pu le laisser présager. L’après-midi, nous attendions d’abord une jeune femme qui ne s’est pas présentée (je n’ai pas su pourquoi). Enfin, ce fut le tour d’un candidat de 23 ans. Cela tranchait avec les candidats de la matinée (singulièrement le premier), qui étaient bien plus à l’aise et nettement plus « professionnels » dans leur présentation. Son niveau scientifique n’était hélas pas exceptionnel par rapport à ce qui lui sera demandé, mais d’un autre côté, il semble posséder un certain potentiel dans le domaine de la recherche et on peut également penser qu’il sera en capacité d’engranger pas mal de choses nouvelles que son encadrant principal lui fera ingurgiter. C’est donc lui qui a été finalement choisi, même si on n’a pas été des masses épatés. C’est un franc-comtois.

Cette journée a été l’occasion de me remémorer l’émergence de ma thèse, qui n’avait rien de comparable. En effet, contrairement à ce qui se pratique dans l’immense majorité des cas où ce sont les universitaires qui définissent un sujet de thèse en lien avec leurs thématiques de recherche, c’est moi qui avait défini précisément mon sujet en lien avec les institutionnels (diverses administrations publiques), avant de le proposer (pas loin de l’imposer) aux universitaires. Autre différence majeure : ici, on a choisi un candidat pour faire une thèse.

Sinon la thèse en question est très intéressante et je ne comprends pas trop pourquoi les candidats auditionnés n’ont pas essayé de décortiquer le sujet ou d’expliquer plus avant la façon dont ils voyaient les choses, même s’il est vrai que d’une autre côté, le sujet est très directif.


 

Je ne suis pas instit, ni même enseignant. Même si j’ai une expérience non négligeable pour avoir enseigné dans le cadre universitaire, cela n’a rigoureusement rien à voir. Pour moi, l’enseignement primaire et secondaire est une autre planète. Je ne suis donc pas compétent pour pouvoir dire de façon correcte ou adéquate si un enseignant est mauvais, moyen ou bon. Néanmoins, je ne suis pas complètement idiot non plus, et il y a des éléments d’appréciation que j’arrive à percevoir. Je ne suis pas neutre non plus pour porter un jugement objectif sur Fromfrom, mais cela ne doit pas m’empêcher de le dire tout de même : Fromfrom est une excellente enseignante, de loin la meilleure de son école. Pourquoi je dis cela ? D’abord, ce n’est pas une découverte récente, c’est une évidence pour moi depuis bien longtemps. De plus, ses très nombreuses expériences en Bretagne, en tant que suppléante et en tant que titulaire dans de nombreux établissements, à tous les niveaux de la maternelle au CM2, avec toutes sortes d’élèves, ont fait d’elle une enseignante ultra-adaptative avec des capacités fortes de sortir des sentiers rebattus. Et puis de vraies compétences et un sens de l’enseignement et des élèves que tout le monde ne peut pas avoir.

Je ne suis pas en train de dire que les collègues de Fromfrom sont tous nuls. Elle a quelques (très rares) collègues très valables et en a eu de bons (bien plus nombreux) dans d’autres écoles. Il n’en demeure pas moins vrai que la majorité de ses collègues sont des enseignants bien moyens voire carrément mauvais. Voici quelques éléments pour dire en quoi sont-ils mauvais :

  • ils n’ont aucune autorité et tolèrent une certaine « foire » ou insolence au sein de leur classe ;
  • ils appliquent des programmes à la virgule près, à la minute près, considèrent les manuels scolaires comme des évangiles indépassables ;
  • ils préfèrent le respect de la forme des « fiches pédagogique » à la qualité du fond de l’enseignement ;
  • ils pratiquent un enseignement strictement indifférencié quand ils ont une classe double ;
  • ils se fichent éperdument de savoir si certains élèvent ne captent pas ce qu’ils racontent, parce que l’objectif, ce ne sont pas les élèves, mais de finir le programme ;
  • ils ne sont pas capable de trouver des moyens alternatifs pour faire comprendre des notions aux élèves qui n’auraient pas compris ou qui seraient lents ou faibles ;
  • ils sont jaloux de leur ombre, égoïstes, refusent de partager leur expérience ou leur matériel pédagogique et vont même jusqu’à s’approprier du matériel collectif ;
  • ils n’ont aucune imagination, sont incapables de faire face à une situation inédite ;
  • ils sont souvent incapables de s’imaginer faire classe à un autre niveau que celui qu’ils pratiquent (mal) depuis plusieurs décennies ;
  • ils sont incapables d’imaginer de faire des sorties scolaires en dehors des rares lieux habituels ;
  • ils sont incapables d’organiser quoi que ce soit, sauf à se reposer sur les autres ;
  • ils râlent sur les autres et sont incapables de se prendre en charge, etc.

J’arrête là, mais la liste est loin d’être exhaustive. Je n’ai bien sûr rien constaté par moi-même, mais je rapporte ici les propos de Fromfrom. A quelques petits détails près, je n’entendais rien de tel quand elle officiait dans d’autres écoles.

A la rentrée prochaine, il y aura encore une fermeture de classe dans l’école. Mais grâce au départ en retraite, longtemps incertain, d’une enseignante (bon débarras), Fromfrom échappe cette année encore au couperet. S’il n’en avait pas été ainsi, elle aurait encore dû être obligée de partir (pour où ?). Par miracle, compte tenu des effectifs, l’année prochaine, elle devrait récupérer une classe « simple » de CM1 (contre un CM1/CM2 cette année), mais quel ne fut pas le psychodrame entretenu depuis de longs mois où la majorité des enseignants voyaient bien Fromfrom comme le bouche-trou qui prendrait la classe dont personne ne voudrait. C’est ce qui s’était produit l’an dernier. On avait feint de la plaindre et on lui avait fait des promesses pour l’aider de diverses façons. Résultat : aucune aide, aucune promesse tenue.

Si j’étais à la place Fromfrom (hypothèse quand même hautement improbable), certains instits auraient appris à leurs dépens ce que c’est qu’une teigne enragée.

Sinon, hier c’était la kermesse de l’école. J’y suis passé, involontairement et furtivement, le temps de récupérer une clé oubliée auprès de Fromfrom. Je n’aime pas cette ambiance.

22 août 2013

Concours œil pour œil : les réponses

Comme on ne se bouscule pas énormément pour donner toutes les bonnes réponses, voici les résultats des Concours œil pour œil :

n° 1 : cathédrale (ancienne collégiale) Notre-Dame-de-l'Annonciation de Moulins (Allier)

n° 2 : église romane Sainte-Marie-Madeleine de Taizé (Saône-et-Loire)

n° 3 : un col romain porté par les certains curés catholiques

n° 4 : la roseraie de La Celle-en-Morvan (Saône-et-Loire)

n° 5 : à la Voie lactée (facile, non ?)

n° 6 : conduite forcée de l’usine hydroélectrique de la Canche (Roussillon-en-Morvan, Saône-et-Loire)

n° 7 : église romane Saint-Nazaire de Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire), actuellement un musée

n° 8 : une algue macrophytique de la famille de Characées : Nitella flexilis (L.) Agardh Entre chaque entre-nœud, il n’y a qu’une seule cellule végétale, géante.

n° 9 : église romane Saint-Laurent de Châtel-de-Neuvre (Allier)

n° 10 : Salix purpurea L. (Saule pourpre), semble-t-il appelé localement verdiau (sans doute aussi verziaux au pluriel)

22 août 2013

Brèves cornusiennes (8)

Deux fois n’est pas coutume. Après Nostradamus des Landes, il me semble que c’est la seconde fois où je fais un appel « écolo ». Il ne s’agit pas à proprement parler d’une pétition, mais d’une initiative citoyenne européenne visant à faire reconnaître pénalement l’écocide (destruction de la nature). Je ne me fais guère d’illusions, mais cela ne coûte pas cher d’essayer. Il faut néanmoins se munir d’une carte d’identité (n’importe laquelle).

Lien


Juste pour rire, un article du Coin coin qui montre que dans la région comme ailleurs et comme souvent, la bêtise règne.

Coin_coin

24 juillet 2013

En attendant...

Une toute petite note écrite pendant les vacances, en attendant les plats de résistance.

Les nageurs avaient terminé leur baignade depuis une grosse demi-heure et avaient regagné leurs pénates lorsque le pêcheur commença son œuvre. Avec sa canne à lancer, il explorait le coin en éventail, lançant sa cuillère alternativement au large ou au plus près de la berge. Il n’était pas très adroit. Pour lancer le plus loin possible, il essayait de projeter le leurre avec le plus de force possible. Hélas, le projectile, retenu par un fil de nylon trop raide, retombait à une distance bien ridicule que ce qui était escompté, après une trajectoire en cloche, du plus bel effet, mais d’une efficacité douteuse, obligeant à rembobiner des mètres de fil excédentaires. Il fallait faire face aux accrochages variés dans les joncs, laîches et autres prêles, mais cela n’était rien en comparaison avec les magnifiques suspensions de poissons-nageurs, virgules et Aglia parmi les branches de bouleaux et de chênes. Résultat des courses : pertes presque irrémédiable des leurres, éraillements, perruques indémêlables du fil, ouvertures d’émerillons et autres casses banales chez un débutant.

Mais cette fois-ci, rien de particulier n’était venu obscurcir prématurément le ciel de cette partie de pêche crépusculaire. L’Aglia « feuille de saule » rouge n° 1 avait plongé à un endroit stratégique, entre l’embarcadère et la bordure frangeante de Laîche en ampoules, puis s’était mise à tourner de manière impeccable, longeant idéalement les grosses pierres immergées de l’ancien lavoir, heurtant négligemment les cailloux du haut-fond, avant de replonger dans l’eau noire. Probablement surgi d’un herbier flottant à comaret et glycérie, le seigneur du lieu fondit sur la cuillère, s’en empara violemment et embarqua le tout en au large en direction de la roselière à massettes sur la berge opposée. Le frein du Mitchell 350 se mit à crisser comme il ne l’avait jamais fait, abandonnant à l’eau des mètres de fil, tandis que la canne courbait furieusement l’échine, formant alternativement une parabole lamentable ou revenant à une position plus dignement rectiligne. Le frein du moulinet ayant été resserré à la hâte afin de récupérer un peu la main sur le poisson qui avait commandé la manœuvre jusque-là, le vrai combat débuta : rushs rectilignes en direction du large, diagonales fendantes dans les profondeurs, et surtout la fabuleuse chandelle hors de l’eau, suivie par la redoutable retombée avec coup de 700 dents, afin de tenter de se libérer de sa laisse de façon définitive. Mais non, rien n’y fit, toutes les tentatives de libération furent vaines, le poisson ne put éviter les mailles du filet de l’épuisette, avant de venir gigoter sur l’herbe de la chaussée.

C’est ainsi que le petit Cornus, alors âgé de moins de dix ans, après une longue série de maladresses et d’échecs, attrapa son premier brochet (60 cm) au lancer. Il y eut encore pas mal de gaucheries par la suite, mais l’affaire était lancée. Mon père n’est pas étranger à cette forme de passion pour le poisson, et c’est peut-être aussi cela qui m’a poussé, des années plus tard, vers le souhait de réaliser des études en lien avec la pisciculture et l’ichtyologie, volonté néanmoins contrariée par une autre rencontre.

27 janvier 2013

Les vingt ans de Calyste

J’ai été beaucoup touché par la dernière note de Calyste où il évoque ses vingt ans. J’avais amorcé un nouveau commentaire fleuve, mais j’ai préféré en faire une note.

La fameuse phrase relevée par Karagar et Plume ne m'avait pas surpris car Calyste avait déjà évoqué, certes de façon un peu plus diffuse, beaucoup des événements qu’il rappelle. Cette fois, tout est remis en perspective.

Personnellement, à vingt ans, j’étais très loin de là où Calyste en était et je ressemblais beaucoup plus aux vingt ans que Karagar évoque en commentaire. Et cela me pesait pas le moins du monde.

Les vingt ans de Calyste ont été relativement « sexués », comparativement à d’autres expériences, mais je pense que de ce côté là, c’est plutôt Calyste qui était dans la « norme ». En revanche, son orientation l’était beaucoup moins. Calyste ne parle pas de la difficulté de faire des rencontres, à une époque où pourtant les choses ne devaient pas être simples, surtout pour quelqu’un qui « débarquait » à Lyon, mais je me trompe sans doute. Et peut-être que des jalons avait été posés avant Lyon ?

Les années passent et certaines choses demeurent, comme les bonimenteurs auxquels Calyste fait référence. J’y ai été aussi confronté, à petite échelle. Cela m’a marqué, mais cela n’a pas été violent comme les expériences vécues par Calyste. Parce que l’époque est très différente, parce que sans doute, j’étais davantage ubiquiste, parce que cela n’a pas duré et probablement parce que j’ai rencontré, virtuellement, des personnes qui « tenaient la route », dont Karagar en est la première expression la plus aboutie. Je ne parle pas de Fromfrom, cela va de soi, évidemment...

L’idée du suicide ne me paraît hélas pas illogique dans ce qu’a pu vivre Calyste en de telles circonstances. Je n’ai personnellement jamais eu cette idée, mais j’ai été touché de près par le suicide, qui avait un lien avec l’homosexualité. Et puis je me demande toujours comment j’aurais vécu cette période si l’internet n’avait pas existé. Je n’ai heureusement jamais eu le vrai sentiment d’être dans un trou et encore moins au fond de ce trou. Je pensais simplement être ailleurs, comme quelqu’un qui serait inapte à partager des choses intimes, personnelles avec les personnes de mon âge ou à peu près. Et puis on fait des rencontres en grande partie improbables, inattendues…

Et heureusement que Calyste et nombre de personnes sont là pour prouver que l’on ne finit jamais de se construire, que l’on acquière des complexités, des richesses. Pour dire aussi ensemble, que la vie doit encore triompher.

20 janvier 2013

Le confident

GRÉMILLON H., 2011. - Le confident. Éditiond Feryane, Versailles, 370 p.

Calyste avait bien « vendu » ce livre (voir ici). Je ne vais pas refaire le résumé, il suffit de (re)lire ce que Calyste en a dit. Je l’ai trouvé à la bibliothèque municipale dans une édition en gros caracatères. L’édition initiale, de 2010, et indiquée comme chez Plon-JC Lattès, alors que Calyste annonce Gallimard. Curieux.

Alors qu’en dire ? Après une première partie où on ne voit pas trop où l’on veut en venir (c’est voulu et il faut bien poser le décor), les choses se précisent ensuite et on commence à bien rentrer dedans, au point que l’on finit par être gourmand d’en finir. J’avoue que je m’étais douté de l’anguille sous la roche (celle qu’on apprend à la fin), mais ce n’était pas formalisé dans mon esprit. Le style est moderne, simple, coulant. Il aurait pu être plus sophistiqué, plus riche en vocabulaire (c’est dommage, il y avait de quoi), mais l’apparente simplicité a du bon aussi. Aucune lourdeur, c’est excellent. Ce qui ma le plus marqué, c’est cette faculté de décrire des sentiments, de lire des monologues ou des dialogues mentaux intérieurs, des volontés ou des fantasmes ou des options vitales comme si on entrait véritablement dans la peau des personnages et cela est une vraie belle réussite de mon point de vue et je n’avais jamais lu des choses pareilles ailleurs (des équivalents, oui, mais qui ne sont pas aussi naturels qu’ici). Sur le fond, est abordé la problématique de la stérilité féminine et de ses nombreuses répercussions conjugales et sociales qui ne manquaient pas de se faire sentir à l’époque (années 1930-40). J’ai immanquablement pensé à une amie qui en souffre encore aujourd’hui. Et il est également question des mères porteuses dont on parle en ce moment en marge du mariage pour tous. Je n’ai encore rien dit à ce sujet, mais sans rentrer dans les détails, je suis clairement opposé à la « gestation pour autrui », jusqu’à ce qu’on me montre où pourrait être mon erreur d’interprétation.

Pour en revenir au livre. Non Calyste, je n’ai pas été déçu. Merci.

8 janvier 2013

Mais admettons

Je suis payé essentiellement grâce à des financements publics, qui ne nous tombent d’ailleurs pas tout cuits puisqu’en permanence, on doit rendre des compte, faire un boulot en échange et on doit montrer qu’on bosse bien et qu’on sert à quelque chose, et d’une certaine manière, qu’on est un peu indispensables. Je trouve ça assez normal, même si c’est parfois usant de ne pas appartenir à une vraie structure publique, ce qui me permettrait de faire plus de scientifique et moins d’administratif. Mais admettons.

Je méconnais beaucoup le système de financement du cinéma français. Je sais néanmoins que certaines vedettes françaises sont fort bien rémunérées dans l’ensemble, au moins sur certains films, ce qui n’empêche d’ailleurs pas certaines de ces vedettes qui ont gagné des millions il y a peu d’aller pointer au chômage et toucher des indemnités qu’on pourrait dire relativement « confortables » (dans l’absolu, sans doute, pas forcément si on les compare à leurs rémunérations antérieures), montants « confortables » qui bloquent sans doute des indemnités moins confortables dont d’autres, qui en auraient sans doute davantage besoin, ne peuvent pas suffisamment bénéficier. Mais admettons, je n’y connais rien, même si je vois les choses ainsi et qu’il ne faut peut-être pas voir ainsi.

Certains, parmi les journalistes et autres personnes « autorisées » se sont offusquées récemment, suite à l’affaire De-part-dieu, que certaines rémunérations de vedettes étaient excessives pour des films subventionnés par des fonds publics. Diantre, c’est seulement maintenant que l’on s’aperçoit de cela ou que l’on s’en émeut ? De qui se moque-t-on ? Bien sûr, qu’il devrait y avoir un plafonnement, bien sûr que les financements publics devraient être soumis à des règles, comme cela se pratique naturellement partout. Eh bien non, cela ne semble pas si naturel que ça. Parce qu’évidemment, mettre une vedette à l’affiche attire du monde dans les salles et qu’il y a un retour sur investissement, même pour les fonds publics. Tout cela n’est pas très clair, en tout cas à mes yeux de néophyte, mais je constate que les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde, comme d’habitude. Mais admettons, je n’ai sûrement rien compris.

Vais-je demander l’asile à Vladimir (pas notre ami, l’autre, le grand démocrate) ? Ai-je une chance de devenir ministre si je déclare mon admiration éternelle à Vladimir (pas celui qu’on connaît et qu’on aime mais le tsar) ? Évidemment non, je ne suis pas encore complètement cinglé. Mais admettons.

18 avril 2012

Questionnaire plumesque

Madame Laplumequivole a lancé un questionnaire. Voici mes réponses.

 

1.        Quel est votre premier réflexe lorsque vous entendez ou lisez un mot dont vous ignorez le sens ?

Allez voir le sens dans un dictionnaire papier ou internautique. Je sais que je martyrise parfois mes lecteurs, pas toujours volontairement, en utilisant des mots qui ne sont même pas dans les dictionnaires usuels.

 

2.        Aimeriez-vous monter sur une scène pour participer à un spectacle ou prononcer un discours ?

Aimer monter sur scène pour participer à un spectacle, je ne sais pas, je ne l’ai pour ainsi dire jamais fait, mais sûrement un peu. Mais faire un discours, au sens large, sûrement, puisque je l’ai déjà fait et que cela ne m’a pas déplu.

 

3.        Si vous deviez vous exiler définitivement, quel pays aurait votre préférence, compte non tenu de vos connaissances linguistiques ?

Je suis déjà en exil. Plus sérieusement, je ne sais pas si l’Irlande ou l’Écosse ne me conviendraient pas (mais je ne connais pas assez).

 

4.        De quel aliment, solide ou liquide, ne pourriez-vous absolument pas vous priver même si vous saviez que votre santé en pâtira gravement tôt ou tard ?

Je crois qu’il n’y a guère que l’eau dont je ne pourrais absolument pas me passer, mais ce n’est pas très original.

 

5.        Quelle est la période historique de l'histoire (de l'Europe pour simplifier) dans laquelle vous aimeriez faire au moins un petit voyage de quelques années ?

A une époque où l’on pouvait encore voir suffisamment de plantes et d’animaux aujourd’hui disparu ou presque dans la nature. On dira le XVIIIe s. ou la première moitié du XIXe s.

 

6.        Si votre téléphone sonne et que vous êtes tout(e) nu(e), répondez-vous tout de suite ou passez-vous d'abord un vêtement quelconque ?

Seul à la maison, il m’est arrivé de répondre au téléphone tout nu (sortie de la douche). Cela ne me dérange pas spécialement.

 

7.        Y a t-il un objet (livre, disque, vêtement, objet d'art, meuble, albums de photos, jouet de votre enfance, gadget...que vous ayez traîné de déménagement en déménagement sans jamais pouvoir vous en défaire, même s'il est en piteux état ?

Non, pas trop, mais cela dépend à quand on remonte. De toute manière, je ne suis pas conservateur d’objet dont je sais qu’ils ne me serviront à rien. Je suis même du genre à les dégager. Mais je dois avouer en même temps qu’il y a encore quelques bricoles chez mes parents, donc, ce que je viens de dire ne tient pas jusqu’au bout.

 

8.        Vous avez acheté un billet de tombola avec un prix surprise, vous avez gagné le premier prix ; une rencontre en privé avec le pape autour d'un bon repas. Acceptez-vous, et si oui, que lui racontez-vous ?

Bon, à la base, je ne joue jamais aux tombolas que forcé. Mais une rencontre avec le pape ne me dérangerait absolument pas. Je lui demanderai s’il ne pourrait pas appuyer ma candidature pour lui succéder.

 

9.        Une bonne fée vous octroie soudain un don exceptionnel d'acteur, de peintre, de chanteur, de danseur, d'architecte, de poète, de sculpteur, de sportif, de cuisinier, de couturier, d'instrumentiste, de devin, de guérisseur, de polyglotte, lequel choisissez-vous ?

Devin et guérisseur, je n’y crois pas. Sportif, je m’en moque. Entre tout le reste, je préfère peut-être architecte.

 

10.    Votre conjoint, votre amoureux, appelez-le comme vous voulez, qui s'est soudain pris de passion pour les serpents, vous ramène un jeune cobra et apprend à jouer de la flûte. Comment réagissez-vous ?

Je lance un ultimatum pour faire disparaître la bestiole et si l’on n’a pas obtempère pas, j’immole le reptile.

16 avril 2012

Questionnaire lancelotien

Le vacancier Lancelot a préparé un questionnaire auquel je réponds bien volontiers.

 

1) Entre « vieux con » « pauvre con » « petit con » ou « sale con », (ou les équivalents au féminin) laquelle des quatre insultes vous paraît la pire, et pourquoi ?

Pour moi, même si d’autres de déméritent pas, ce serait « vieux con » qui serait le pire car je d’autant qu’on est un « vieux con » à tout âge, même si, comme disait Ferrat, certains passent directement de « jeunes imbéciles » à « vieux cons ».

 

2) On sonne à votre porte, vous ouvrez : personne, mais on a laissé une boite sur votre seuil, avec absolument aucune inscription dessus. Qu’est-ce qu’il serait possible, selon vous, de trouver à l’intérieur ?

Rien, car personne ne me veut suffisamment de mal pour y mettre un piège à con et personne n’est suffisamment désintéressé pour y mettre un trésor à mon intention.

 

3) Quel est le film le plus minable, le plus ridicule, le plus risible que vous ayez vu ? (mais attention : pas le plus ennuyeux. S’être endormi devant, c’est un critère qui ne peut entrer en ligne de compte.).

Le film le plus minable, je ne sais pas car j’ai oublié, mais la série, oui. C’est « Shérif, fais-moi peur »

 

4) Quelle est la chose la plus susceptible de vous faire pleurer à chaudes larmes ?

Je ne sais pas si je pleure à « chaudes larmes », mais je pleure sans doute suite à un décès d’un être cher (même si pas forcément au moment où on peut s’y attendre) ou lorsque je sens une injustice (au sens large) qui me blesse ou blesse quelqu’un d’autre. Et sans doute à d’autres occasions.

 

5) Quelle est la maladie (ou l’infirmité) qui vous terrorise le plus ?

Je ne veux pas y penser car tout pourrait me terroriser (à part des bricoles bien sûr). Mais perdre sa mobilité de façon définitive me paraît gravissime.

 

6) Tintin ou Milou ? Astérix ou Obélix ? (ça fait deux questions en une, mais tant pis).

Milou parce que mes parents ont un quasi-Milou sympa.

Obélix parce que je pèse mon poids.

 

7) Seriez-vous capable de trouver cinq arguments pour justifier la fainéantise ?

Non quatre : la fatigue, le mal quelque part, le manque de temps, le besoin de vacances.

 

8) Quel métier auriez-vous détesté pardessus tout exercer ?

Gardien dans un musée abritant que des trucs moches.

 

9) Quelle épitaphe aimeriez-vous lire sur votre propre tombe ?

« Avoir voulu, avoir pas pu, avoir essayé quand même »

 

10) L’actuel président de la république débarque chez vous, have et affamé. Que lui servez-vous comme collation réparatrice ?

Le bouillon d’onze heures avec un Viognier languedocien.

16 avril 2012

L'énigme d'Einstein en tableau

Afin de résoudre l’énigme ensteino-calystéenne ( voir aussi la solution), j’ai fait un tableau : Enigme_Einstein.

En jaune figurent les éléments faciles à trouver car issus directement des indices. J’avais ensuite disposé les différentes hypothèses en mettant les indices liés de la même couleur. Certains assemblages ne pouvaient aller que dans certaines maisons. Quand certains éléments trouvaient leur place dans une maison, je mettais les noms en blanc et de proche en proche, on s’en sort. Si on s’est trompé, on peut facilement revenir en arrière. J’aurais aimé une solution plus « élégante », mais je n’ai pas trouvé.

15 avril 2012

Après lecture des programmes...

J’avais commencé une note pour exposer les raisons de mes préférences ou de mes rejets pour les dix candidats à l’élection présidentielle. Mais je me suis vite aperçu que je risquais facilement d’être assez pénible et simpliste. Alors je vais quand même être pénible et simpliste (mes chers lecteurs le sauront), mais je ne vais donc parler que des candidats dont je me sens le moins éloigné.

D’abord le type du centre pour lequel je ne voterai pas (car je n’ai pas confiance en lui et par le fait que qui dit centre dit droite – ça c’est simpliste, mais je l’assume et je peux le démontrer), mais je reconnais un certain entêtement de sa part et le fait qu’il ne semble pas trop mû par la haine de l’autre, ce qui est déjà ça.

Les faux frères siamois du NPA et de LO pour qui je ne voterai pas. Non pas parce qu’ils ne me sont pas sympathiques (surtout le premier car la seconde semble rire que lorsqu’elle se brûle). Ces deux candidats sont indispensables (bien qu’un seul aurait pu suffire et aurait pu être davantage entendu, malgré leurs différences que je ne trouve pas si irréconciliables que ça, mais je peux me tromper). La mise en œuvre de leurs programmes implique forcément quelque chose qui ressemble à une révolution. Ce n’est pas que j’y sois hostile sur tous les points, mais ces programmes ne sont pas compatibles avec le système actuel. Et puis, derrière la dénonciation, certes utile, comment fait-on concrètement, par exemple, pour interdire les licenciements même si c’est un beau programme ?

Le programme du chef du front de gauche est séduisant. Il y a de gros points communs avec les précédents comme le SMIC à 1700 € bruts. Il est un peu plus ancré dans la réalité actuelle. Cela fait plusieurs années que je m’en étais aperçu, mais je trouve que le positionnement vis-à-vis de l’environnement est très fort (ce qui tranche avec les positions classiques du PCF qui était jusqu’alors pour le moins pas très progressiste sur le sujet. Ce qui me déplaît, c’est le candidat. Pas son côté tribun – cela fait partie du jeu – mais ses prises de positions répétées pour une république une et indivisible (certes !?), une certaine hostilité aux cultures et langues régionales (eh oui j’ai évolué sur ce plan, je n’aurais pas dit ça il y a dix ans) et enfin sa non condamnation ou sa sympathie ostentatoire envers nombre de dirigeants autoritaires pour ne pas dire dictateurs « communisants » (et cela, ça ne passe pas).

Le programme socialiste est moins ancré à gauche que les précédents, mais je vois d’un bon œil la volonté de réforme fiscale qui va en partie dans mon sens, mais pas forcément assez loin, comme nombre d’autres choses. Par exemple, pas de réforme claire de l’État et des collectivités territoriales. Et puis surtout, le programme pour l’environnement est squelettique et fort peu ambitieux. Et sur ce sujet, comme sur d’autres, je trouve que lorsqu’on ne va pas de l’avant, on retourne en arrière.

Le programme écologiste me semble plutôt bien fait, assez détaillé et comporte certaines précisions que j’aurais pu écrire. Il y a juste l’histoire des 32 heures qui me semble peut-être limite, non pas que je ne m’accommoderais pas de repos supplémentaire, mais qui me semble une forme de démission partielle face au chômage. Mais si on éradiquait pour de bon le chômage de masse par ce biais, pourquoi pas. La candidate, quant à elle, ne fait pas recette, essentiellement pour des questions de personnalité et surtout de forme (et n’a pas été aidée, c’est le moins que l’on puisse dire par les responsables ou les têtes « pensantes » du parti). Je trouve cela vraiment dommage.

Je n’ai pas fait mon choix définitif, mais s’il n’y a pas de bouleversements significatifs durant la semaine qui vient, la dernière a un avantage certain.

19 novembre 2011

Sueur froide

Dimanche après-midi, nous avions décidé d’aller au cinéma à « Saint-Homère » pour découvrir le film qui à la grande surprise, remplit les salles en ce moment. C’est mon (notre) côté moutonnier avec lequel je n’ai aucun problème à revendiquer en la circonstance, d’autant qu’il s’agit d’une comédie. Craignant qu’il n’y ait un peu de monde aux caisses, nous partons en avance et nous sommes sur place une demi-heure avant le début de la séance. Je m’éjecte de la voiture à un carrefour pour aller acheter les billets en attendant que Fromfrom ne trouve une place de parking et me rejoigne. Parvenu dans le hall d’entrée, je découvre avec stupeur que la salle est déjà complète. Ni une ni deux, je téléphone à Fromfrom pour lui dire que ce n’est pas la peine de se garer pour qu’elle puisse me récupérer en passant. A l’autre bout du fil, rien, cela sonne dans le vide. Je me dis qu’il n’y a rien d’anormal, elle conduit, tente encore de se garer. Moins d’une minute plus tard, je rappelle. Toujours rien, elle aura sûrement entendu son téléphone au fond de son sac à main et me rappellera dès qu’elle aura les mains libres. Elle ne me rappelle pas. Je rappelle une troisième fois. Toujours rien. Je commence à me dire qu’elle a dû laisser son téléphone en charge à la maison. J’appellerai quand même une quatrième fois, au cas où elle n’ait pas trouvé de place dans le coin et ait été obligée d’aller bien plus loin et vu son sens magistral de l’orientation… Cela fait déjà un bon moment que je suis dans la rue devant le cinéma. Je domine le parking principal et je ne vois pas notre voiture ni Fromfrom en train de se garer. Et voilà bien 10 minutes qu’elle n’arrive pas, puis 15 et toujours rien. Et là, compte tenu de la configuration des lieux, même en allant se garer loin, je ne vois pas pourquoi elle n’est pas encore là, d’autant qu’elle m’aurait forcément vu en passant. Je commence à m’inquiéter franchement. Je commence à émettre des hypothèses : elle a peut-être eu un accrochage avec toute cette circulation autour des parkings et elle est en train de faire un constat, mais je ne vois rien de tel, mais peut-être est-elle plus loin ? Puis je me dis, qu’elle s’est fait agresser, voire enlever (ben oui, j'y ai pensé) ou on lui a volé la voiture… Cela fait plus de 20 minutes que j’attends. Avant de partir faire à pied le tour des endroits où elle aurait pu passer (et éventuellement me réfugier dans un commissariat de police, ayant vu passer une voiture de police peu de temps auparavant), je rentre à nouveau dans le hall du cinéma, au cas où. Et là, qui vois-je ? Fromfrom. Nous nous jetons dans les bras de l’autre en étouffant des sanglots. Nous nous sommes retrouvés, nous sommes sains et saufs. En fait, cela faisait 10 bonnes minutes qu’elle m’attendait, sans me voir dans la foule attendant aux caisses. Elle s’est dit que je devais être allé dans la salle avant que la salle ne soit pleine (car elle ne pouvait pas savoir que c’était complet avant même que j’arrive). Elle commençait à s’inquiéter passablement de son côté. Et nous n’avons pas été capables de nous voir devant l’entrée. Grosse frayeur pour rien, mais tout va bien. Il nous a quand même fallu la soirée pour nous remettre complètement de cette expérience pourtant insignifiante.

22 février 2012

Deux fois onze

Calyste m’a demandé de répondre à ses onze questions. Je me suis bien volontiers plié à l’exercice. Voici donc les questions et mes réponses.

1. Tristesse de l'érotisme ou érotisme de la tristesse ?
J’ai sans doute pratiqué le second, j’espère ne jamais sombrer dans le premier.

2. Aimez-vous recevoir des cartes postales? Et en écrire ?
Assurément les deux et nous pratiquons.

3. Que pensez-vous de la célèbre devise de Delphes : « Connais-toi toi-même. » ?
Je pense que j’apprends tous les jours un peu plus à me connaître.

4. Le livre (un seul) à emporter sur une île déserte ? Pourquoi ?
Peut-être un épais recueil de poèmes OU de nouvelles de divers auteurs qui me plairaient.

5. Une première fois qui resta sans suite ?
Une soirée dans une discothèque-boite de nuit sur la Costa Brava avec le collège en troisième. Expérience jamais renouvelée par la suite dans aucun endroit.

6. Le plus beau vers de la littérature française, selon vous ? Pourquoi celui-ci ?
Un vers, c’est peu, alors c’est d’autant plus difficile d’en trouver un beau. Mais du coup, j’en choisis un qui ne comporte qu’un seul mot : Liberté de Paul Eluard. Je pense que cela se passe d’explications.

7. Le première chose que vous feriez si vous deveniez très riche ?
Mettre ma famille et mes amis proches à l’abri des besoins matériels importants pour le reste de leur existence.

8. Théâtre ou cinéma ?
Théâtre parce que je connais peu et parce que j’ai l’impression que le côté plus « artisanal » est plus humain et engendre plus de créativité.

9. Êtes-vous sûr de ne pas être raciste ?
Non, je n’en suis pas sûr, mais j’essaye d’être attentif car je pense que c’est finalement très facile d’y succomber.

10.Le dernier rêve que vous ayez fait et dont vous vous souvenez ?
Le dernier rêve dont je me souvienne ? Franchement, j’oublie trop vite tant je n’y attache pas d’importance. Mais j’ai raconté (rêve récurrent) que je vole dans le ciel et que j’échappe ainsi à mes ennemis.

11.M'aimez-vous ? (!!!)
Ben oui, Calyste. En douterais-tu ?

 

En revanche, je ne concevrai pas de nouveau questionnaire. Mais pour montrer ma très bonne volonté, j’ai répondu aux questions auxquelles Calyste avait répondu, questions posées par Christophe si j’ai bien compris.

 

1 – Quelle superstition vous accordez-vous ?
Faire un vœu quand je vois une étoile filante.

2 – Le premier film vu au cinéma... Quel souvenir en gardez-vous ?
Sans doute les 101 dalmatiens en dessin animé de Walt Disney

3 – Quelle chanson n'êtes-vous pas très fier d'adorer ?
Si je l’adore, j’en suis forcément fier.

4 – Votre dernier fou-rire ? A quel propos ?
Sûrement un jeu de mot laid de Fromfrom, mais je ne m’en souviens plus, tellement on dit de conneries.

5 – Histoire ou géographie ?
Alors, moi c’est histoire et géographie. Je précise que ce qui m’intéresse, c’est aussi l’histoire ancienne qui s’appuie sur des données scientifiques comme l’archéologie, la paléontologie. L’histoire qui raconte la vie des puissants, qui s’appuie sur des écrits ressassés et contestables et les auteurs qui se recopient m’agacent profondément. La géographie qui m’intéresse le plus est la géographie physique qui ouvre sur les sens de la terre et sur les sciences du vivant comme les la biogéographie, sans parler de la phytogéographie, forcément…

6 – Si la réincarnation devait exister, quelle personne célèbre (ou non) aimeriez-vous avoir été ?
Pierre Jeannin, peut-être…

7 – Votre chiffre préféré. Que vous évoque-t-il ?
Je ne pense pas avoir de chiffre préféré et cela ne m’évoque pas grand-chose.

8 – On est entre nous, vous pouvez bien me le dire... croyez-vous aux extraterrestres ? Aux fantômes ? Au Yéti ? Justifiez-vous...
Je ne crois ni en dieu, ni en diable, ni en extraterrestre, ni en fantôme, ni en créature extraordinaire.

9 – Le dernier livre lu ?
Un épais livre sur l’aviation, assez décevant.

10 – Quel métier vouliez-vous faire enfant ? Quel métier aimeriez-vous exercer à présent ?
Je voulais sans doute être ichtyologue spécialiste de l’écologie des poissons d’eau douce. C’est quelque part un regret de ne pas avoir étudié en particulier les saumons et autres salmonidés. Sinon, j’aspirerais bien à être un châtelain propriétaire d’un domaine viticole de grand cru bourguignon.

11 – Quelle phrase aimeriez-vous taguer sur un mur ?
Je n’aimerais pas faire un tag, le principe me déplaît. Mais sur un mur, je pourrais écrire le nom du lieu où l’on se trouve, en l’écrivant très correctement et sans bavures.

21 février 2012

Vrai ou faux (les réponses)

1.       Je regarde tous les soirs la série télévisée « Stargate ».

VRAI. Karagar a presque raison, c’est à cause de Fromfrom m’y a « obligé ». J’ai mis plus d’un an à en comprendre les tenants et les aboutissants.

2.       Lorsque je vivais à Chinon, deux à trois fois par semaine, je terminais la soirée au comptoir du bar du quartier.

VRAI. Je buvais une ou deux bières, jamais davantage et que je passais surtout mon temps à discuter avec le patron et la patronne avec lesquels il y avait un vrai échange et un intérêt réciproque. Autre précision, je rentrais chez moi vers 20 heures au plus tard. Autre excuse, les poivrots se faisaient régulièrement éjecter. Vu avec le recul, la fréquentation de cet établissement était surtout là pour tromper ma solitude que je ne voulais pas admettre. C’est sûrement le cas de beaucoup de piliers de bars. Quand j’ai quitté Chinon, j’ai arrêté d’aller au bistrot.

3.       Quand j’étais adolescent, j’ai fait de la planche à voile au bord de la mer.

FAUX, j’en ai fait une fois avec un voisin de mes parents sur un plan d’eau annexe du Rhône (le fleuve) dans la Loire (le département). Karagar avait vu juste.

4.       Quand j’étais gamin, nous attrapions avec mes cousins des dizaines de tritons que nous conservions ensuite dans des abreuvoirs.

FAUX, je n’ai jamais attrapé plus d’un ou deux tritons, pour les relâcher immédiatement. En revanche, avec un ami d’enfance, j’ai attrapé têtards et grenouillettes que nous conservions dans de grandes bassines avant de les libérer. Plu tard, nous avons pêché des grenouilles pour leurs cuisses, avec un succès mitigé malgré leur abondance.

5.       Il m’est arrivé de refuser mon billet de train à un contrôleur SNCF.

VRAI, lors de mon service militaire, alors que nous accusions un retard déjà considérable sans explications données au passagers et aux personnes qui attendaient dans les gares. A l’époque, pas de téléphone portable pour prévenir des retards.

6.       Je n’y connais pas grand-chose en bryophytes (mousses, sphaignes, hépatiques).

VRAI, j’ai beaucoup de mal avec ces plantes inférieures. Ceci dit, j’en connais quand même quelques-unes.

7.       A l’occasion de mes fréquents déplacements en Angleterre, j’ai eu l’occasion d’y conduire à gauche.

FAUX, je n’ai jamais conduit en Angleterre et j’appréhende à le faire un jour. Lorsque nous irons à titre privé en Angleterre, ce sera en eurostar. C’est vrai que conduire à droite en Angleterre pourrait très rapidement poser des problèmes.

8.       Dans le cadre de mon travail, il m’est arrivé une fois de refuser de relire un rapport, tant il y avait des fautes d’orthographe et de construction de phrases.

FAUX, j’ai toujours relu les rapports qui m’étaient confiés. Cependant, il m’est arrivé une fois, où n’en pouvant plus de constater des fautes toutes touchantes, j’ai demandé à une collègue de repasser derrière moi car je n’arrivais plus à voir les fautes tant elles étaient nombreuses. Calyste a raison, j’aurais dû le rendre sans le relire à son auteur, mais le souci était que comme bien souvent, il y avait urgence.

9.       Je ne me suis jamais déguisé pour carnaval.

FAUX, je me suis déjà déguisé au moins deux fois pour mardi gras au collège (zouave) et au lycée (commissaire du peuple, bicentenaire de la Révolution oblige)

10.   J’aime bien jouer aux mots croisés ou fléchés.

FAUX, je n’aime pas trop ça, cela m’agace parce je ne suis pas suffisamment cultivé sur pas mal de choses et parce qu’on cerveau s’adapte mal à cet exercice. Par ailleurs, je considère que certaines définitions sont hasardeuses voire erronées.

11.   En général, je n’aime pas trop l’état d’esprit de la majorité des ornithologues.

VRAI, je trouve qu’il y a souvent beaucoup d’ornithologues qui se prennent au sérieux et qui ont une approche scientifique qui n’est pas à la hauteur. Surtout, je n’apprécie pas le militantisme qui ne s’appuie pas sur des bases scientifiques rigoureuses et raconte des bêtises et finit par donner des armes aux « destructeurs » de la nature. Evidemment, c’est une impression complètement subjective, sans doute du fait que l’ornithologie est très populaire dans la population et est très accessible à des amoureux de la nature (tant mieux pour ça). Je précise qu’il existe de sacrés ornithologues qui sont l’antithèse de l’état d’esprit que je dénonce. Ceci dit, j’admets bien volontiers que les botanistes sont gravement atteints et qu’il y a pire que moi.

12.   Un jour, la police m’a pris pour un inspecteur de police.

FAUX, on m’a pris une fois pour un agent de police et une autre fois pour un détective privé (Nestor Burma).

13.   J’ai déjà eu plusieurs fois des rabais légaux et officiels de 75 % sur le prix de billets de trains SNCF.

VRAI, durant mon service militaire uniquement.

14.   Je suis toujours un peu stressé lorsque je passe mon entretien d’évaluation.

FAUX, je l’étais un peu auparavant et pas du tout depuis l’an dernier.

15.   D’ici peu, je serai obligé d’avoir des lunettes pour lire.

FAUX, je n’en ai nullement besoin à court ou moyen terme d’autant que je dois avoir encore 12/10 à chaque œil (je touche du bois).

16.   Il m’est arrivé plusieurs fois de capturer vivants des lièvres sauvages et de les relâcher.

FAUX, j’ai capturé des lapins dans une étable ou une ancienne porcherie ou participer à en attraper dans le jardin d’un voisin où ils avaient tendance à être un peu nombreux. Il n’y a pas eu de victimes dans ces occasions.

17.   Je ne déteste pas le vin de Bordeaux, mais j’adore le vin de Cahors.

FAUX, je ne déteste pas le vin de Bordeaux s’il est bon (des photos compromettantes le montre), mais je suis loin d’adorer le vin de Cahors.

18.   Je n’ai jamais mangé de méchoui.

FAUX, j’en ai mangé une fois et je n’ai pas apprécié car le morceau que j’avais eu n’était pas assez cuit.

19.   En général, je n’aime pas trop jouer à des jeux sur ordinateur.

VRAI, je joue un petit peu de temps à autres, mais soit je n’y arrive pas, soit je finis par me lasser très vite.

20.   Il m’est arrivé de tricher une fois à un examen.

FAUX, je n’ai jamais triché et pourtant j’en aurais eu l’occasion plus d’une fois.

19 février 2012

Vrai ou faux ?

C’est un exercice auquel je me suis livré, mais en voilà un nouvel épisode. Peut-être que certains connaissent déjà certaines réponses, mais est-ce bien si sûr ?

  1. Je regarde tous les soirs la série télévisée « Stargate ».
  2. Lorsque je vivais à Chinon, deux à trois fois par semaine, je terminais la soirée au comptoir du bar du quartier.
  3. Quand j’étais adolescent, j’ai fait de la planche à voile au bord de la mer.
  4. Quand j’étais gamin, nous attrapions avec mes cousins des dizaines de tritons que nous conservions ensuite dans des abreuvoirs.
  5. Il m’est arrivé de refuser de présenter mon billet de train à un contrôleur SNCF.
  6. Je n’y connais pas grand-chose en bryophytes (mousses, sphaignes, hépatiques).
  7. A l’occasion de mes fréquents déplacements en Angleterre, j’ai eu l’occasion d’y conduire à gauche.
  8. Dans le cadre de mon travail, il m’est arrivé une fois de refuser de relire un rapport, tant il y avait des fautes d’orthographe et de construction de phrases.
  9. Je ne me suis jamais déguisé pour carnaval.
  10. J’aime bien jouer aux mots croisés ou fléchés.
  11. En général, je n’aime pas trop l’état d’esprit de la majorité des ornithologues.
  12. Un jour, la police m’a pris pour un inspecteur de police.
  13. J’ai déjà eu plusieurs fois des rabais légaux et officiels de 75 % sur le prix de billets de trains SNCF.
  14. Je suis toujours un peu stressé lorsque je passe mon entretien d’évaluation.
  15. D’ici peu, je serai obligé d’avoir des lunettes pour lire.
  16. Il m’est arrivé plusieurs fois de capturer vivants des lièvres sauvages et de les relâcher.
  17. Je ne déteste pas le vin de Bordeaux, mais j’adore le vin de Cahors.
  18. Je n’ai jamais mangé de méchoui.
  19. En général, je n’aime pas trop jouer à des jeux sur ordinateur.
  20. Il m’est arrivé de tricher une fois à un examen.
11 février 2012

Parmi les premiers souvenirs cornusiens

On pourrait facilement être amené à se réinventer des faux souvenirs grâce aux photos-souvenirs mettant en scène notre petite enfance ou à l’aide des témoignages plus ou moins fidèles de la famille ou des amis qui avaient connu cette glorieuse époque. Je m’efforce donc de ne pas tomber dans ce piège.

Ce qui constitue probablement mon premier souvenir est sans doute davantage une sensation très réconfortante. C’est tout simplement l’amour qui m’unissait à ma mère. C’est absolument extraordinaire quand j’ai pris conscience de cela, mais je m’en souviens parfaitement lorsque c’est arrivé. Je ne saurais dater cette prise de conscience, mais la protection, l’amour qui m’était apportés par ma mère me semblaient invincibles, irrémédiables. D’autant plus irrémédiable que cela continue aujourd’hui. En écrivant cela, je mesure la chance inouïe qui est la mienne, d’avoir été un enfant désiré et aimé et que cet amour dure toujours. Et je pense à plusieurs lecteurs de ce blog qui n’ont pas eu cette veine ou qui ont perdu leur maman trop tôt. J’en ai pris conscience il y a finalement assez peu de temps, mais je me demande vraiment ce que je serais devenu si je n’avais pas connu cet amour primordial. Cela aurait été mieux ou moins bien ? Peu importe, on ne va pas refaire une impossible histoire, mais je crois pencher pour la seconde hypothèse.

Du côté paternel, je me souviens de plusieurs « aventures » avec mon père. Je trouvais extraordinaire lorsqu’il me prenait sur ses épaules et que nous partions nous balader un peu partout les après-midis lorsque mon père sortait de la sieste (il terminait le travail du poste du matin à 13 heures et nous devions partir après la collation de 16 heures).

Ma grand-mère paternelle fait aussi partie de mes souvenirs initiaux, mais j’ai du mal à bien identifier la période.

Je me souviens de ce vieux Monsieur, probablement durant l’été 1972 (probablement en août alors que j’avais un an et neuf mois et il est clair que je devais déjà savoir marcher, ce qui est logique) dans le jardin de la maison éduenne. Je me souviens de son air un peu bizarre et de sa gentillesse à mon égard. Cet homme est décédé début 1973 et je me souviens lorsque sa mort avait été évoquée.

Je me souviens de la première rencontre avec un autre vieux Monsieur qui avait une maison à la campagne avec un grand jardin. C’était le père d’un ami d’enfance de mon père. Mon père venait s’occuper de la voiture du fils qui était parti plusieurs années au Sénégal et rentrait très rarement en France. Mon père venait faire tourner le moteur de temps en temps, rechargeait la batterie… c’était à l’époque une assez luxueuse Citroën CX. Le père, un piémontais d’origine était arrivé dans le coin lors de la montée du fascisme, ne se déplaçait qu’en cyclomoteur. C’était un ancien maçon à présent en retraite. Mon premier souvenir avec ce Monsieur, ce sont des cacahuètes entières qu’il m’avait données et dont je ne savais pas que faire. Plus tard, nous retournerons souvent avec mon père chez ces gens, notamment pour profiter des cerises de son important verger. Ah ces cerises… A la fin des années 1970 (ou tout début 1980), ces gens ont déménagé pour le sud-ouest où le fils résidait désormais. Dommage, je le regrette encore.

J’ai des souvenirs assez pitoyables de la petite section de maternelle où j’avais été envoyé alors que j’avais environ deux ans. Je devais en partie « psychosomatiser » et mes parents avaient dû me retirer assez vite. Je n’ai aucun souvenir de ce qui se passait en classe. J’ai des souvenirs plus précis à partir de la moyenne section de maternelle.

J’ai les souvenirs de deux opérations chirurgicales. La première concernait les végétations adénoïdes. Je pense que si je n’avais eu que cette opération, je n’en aurais aucun souvenir, mais quelques mois après (ou un an ou un peu plus), ce fut l’ablation des amygdales. Et ce qui m’a frappé, c’est que l’endormissement fut le même : une sorte de masque qui arrive sur le visage et qui endort presque instantanément. Ce second endormissement m’a rappelé le premier. C’est horrible quand on ne sait pas ce qui nous arrive à cet âge là. Ce masque est vert dans mes souvenirs. Ces histoires de masques sont pour moi toujours synonymes d’étouffement, impression ravivée en 2000 avec le coup de mon choc anaphylactique au venin de guêpe. Du coup, je ne supporte pas les cache-nez, ni le fait que l’on me couvre la bouche et le nez avec quoi que ce soit.

En 1973-74, mes parents ont acheté une maison dans un lotissement qui devait se construire. Mon père, lorsqu’il ne travaillait pas, allait régulièrement surveiller l’avancement du chantier (ce qui n’a pas été inutile puisque l’entreprise perdait de l’argent à cause du choc pétrolier et essayait de faire des économies en essayant de refiler des matériaux de moindre qualité que ceux qui avaient été prévus et que mes parents avaient payés). Je me souviens donc bien de certaines de ces visites. Nous avons habité la maison au printemps 1974 (j’avais alors 3 ans et demi). Mais surtout, je saurais faire le plan de l’ancien appartement que mes parents avaient en ville (initialement, c’était le logement de « fonction » de ma mère). Cet appartement se situait au troisième et dernier étage près de la rivière-égout, près d’une chute d’eau (cette portion du cours d’eau a été recouverte au début des années 1980 et une rue passe dessus depuis). La nouvelle maison a cependant été pour moi d’un attrait extraordinaire. Et puis, il y avait le jardin…

J’arrête là les souvenirs, d’autant qu’après, ils deviennent plus abondants et ne sont pas forcément en ordre.

28 janvier 2012

Acte 2 : lutte contre la fraude et réformes fiscales

La fraude fiscale et sociale représenterait un manque à gagner de 50 G€/an. On sait par ailleurs que l’essentiel du montant de cette fraude est portée par les plus riches. En intensifiant réellement les contrôles fiscaux, en faisant tomber les secrets bancaires, en harcelant les paradis fiscaux, on peut espérer réduire cette fraude d’au moins 50 %. En imaginant que cette fraude soit plus faible qu’on ne l’imagine, il est raisonnable de penser qu’il serait facile de récupérer au moins 20 G€. Le montant du déficit résultant serait donc désormais de 70 – 20 = 50 G€

 

Le mode d’imposition majeur que j’imagine est basé sur l’impôt sur le revenu. Tous les revenus seraient mis à contribution à égalité (salaires, pensions, allocations, revenus financiers…). Absolument tout le monde payerai cet impôt, y compris le bénéficiaire du RMI (bien sûr, pas énormément, mettons de l’ordre de 5 €). Cet impôt, pour les salaires et les revenus financiers notamment serait principalement prélevé à la source. Le nombre de tranches, actuellement au nombre de 7 (elles étaient 13 avant que le ministre du budget Sarkozy ne les supprime en 1993 ou 94) seraient augmentées pour rendre l’impôt plus progressif avec moins d’effets de seuils. Une tranche de 50 % (ou plus) serait ajoutée pour les hauts revenus. Un impôt sur le patrimoine (plus lourd que l’actuel ISF qui n’existe presque plus) serait également instauré. Ne le paierait bien sûr que les gens fortunés et non des « pauvres vieux » qui avaient eu la malencontreuse idée d’habiter sur l’Île de Ré avant que les prix de l’immobilier ne s’envolent.

On pourra argumenter que les hauts revenus vont se délocaliser à l’étranger avec de telles augmentations d’impôts. C’est effectivement une rengaine que j’entends depuis le début des années 1980. Pour contrer ce phénomène, je propose de trouver un système visant à taxer les fuyards lorsqu’ils reviennent en France. Les artistes richissimes qui usent de ce stratagème alors qu’ils travaillent en France pourraient être déjà refroidis par le prélèvement de l’impôt à la source. Tout disque, tout spectacle vendus en France de Messieurs Aznavour ou Halliday verrait la part de l’artiste captée entièrement s’il n’est pas en règle avec le fisc. Par ailleurs si besoin, les maisons de luxe de la Côte d’Azur (par exemple), les mirifiques châteaux ou autres riches propriétés seraient fortement taxés afin de faire enfin participer les puissants. Il se trouve que ces demeures et propriétés sont difficilement délocalisables ou transportables dans des paradis fiscaux. Pourquoi n’y a-t-on pas songé plus tôt ? Sans doute parce que l’on ne veut pas taxer ses amis ?

On l’aura compris, le but est de taxer plus fortement les plus riches, principe même de l’impôt sur le revenu progressif. Il y avait un autre impôt progressif dont presque tout le monde avait applaudi la disparition. Il avait des défauts (fortes différences entre les départements), mais Fabius dans le gouvernement Jospin l’a supprimé. Je veux parler de la vignette automobile, qui était plus faible pour les petites ou les vieilles voitures, plus cher pour les voitures chères, puissantes (et polluantes) et récentes. Il y aurait lieu de s’interroger sur son rétablissement dans le cadre d’une sorte de taxe carbone à la mode cornusienne.

Bien sûr, les personnes qui me lisent pourront penser que je ne cesse de les taxer, y compris les plus modestes (même si beaucoup plus modestement). Mais je préconise dans le même temps, de fortement diminuer les taux de TVA qui est un impôt proportionnel et qui frappe davantage les plus pauvres. Je propose néanmoins de conserver un taux de TVA plus élevé pour les vrais produits de luxe. On pourrait ainsi avoir un taux de TVA entre 3 et 8 % et un autre entre 15 et 20 % pour ces produits de luxe.

Après tout ça, c’est presque anecdotique, mais je préconise la suppression de la redevance audiovisuelle. Le budget audiovisuel serait pris dans le budget global de l’État. Dans le même temps, la publicité serait complètement supprimée sur les chaînes de télévision et de radio publiques (c’est mon petit côté sarkozyste).

Je pense vraiment qu’une telle réforme fiscale pourrait permettre de retrouver un budget de l’État à l’équilibre, mais cela ne suffirait pas à dégager des marges de manœuvre suffisantes pour mettre en œuvre une politique volontariste, avec en priorité absolue, la forte réduction voire l’éradication de la misère (je veux dire par là, ne plus avoir de gens malnutris ou qui n’ont pas de toit en France). Je suis un grand naïf ? Je veux bien le reconnaître, mais j’ai le droit de rêver. Ceci dit, il y a encore beaucoup de choses permettant de faire des économies : réformer le financement de la sécurité sociale ainsi que son fonctionnement, réformer les collectivités territoriales (suppression des conseils généraux, voire des départements, fusionner des communes…), réformer les institutions (je pense que l’on pourrait parler d’une VIe République cornusienne). J’aurais sans doute l’occasion d’en reparler.

Bien tout ceci est très incomplet, brouillon, mal ficelé, mais je pense qu’on comprendra à peu près où je veux en venir.

22 janvier 2012

Acte 1 : réduction massive du budget de la Défense

Chacun le sait, je ne suis pas du tout économiste ni spécialiste des affaires de défense. Cela ne m’empêche pas depuis très longtemps de me poser des questions. Les réponses que je peux apporter sont certainement réductrices, simplistes, utopistes ou je ne sais quoi. Mais j’ai bien le droit de ne pas avoir forcément totalement tort. Ce premier volet qui n’aura peut-être pas de suite, s’est appuyé sur des données recueillies sur l’internet, dont Wikipédia, divers articles journalistiques et le site du Ministère de la Défense.

 

Le déficit public global (somme des déficits des budgets de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales même si ces dernières ont obligation à avoir un budget équilibré) de la France en 2011 est de l’ordre de 90 milliards d’euros (90 G€). Afin de ne pas encore aggraver encore la dette publique abyssale accumulée (de l’ordre de 1700 G€ fin 2011) surtout depuis la seconde moitié des années 1970 (environ 800 G€ depuis 10 ans, ce qui en dit déjà long sur les gouvernements prétendument les plus économes) et ne pas être trop soumis à la pression des marchés financiers mondiaux, une des solutions serait non seulement de réduire le déficit, mais de l’équilibrer sans recourir à de nouveaux emprunts.

Parmi les pistes possibles, on peut s’intéresser à certaines dépenses que l’on pourrait réduire. Parmi celles-ci, le budget de la défense (le deuxième du budget de l’État après celui de l’éducation nationale). Ce dernier se monte en 2011, avec la partie « anciens combattants » à 40,8 G€. Comme il n’est pas question de mettre tous les militaires (et civils) au chômage (le coût des traitements et salaires s’élève à un peu plus de 19 G€ en 2011), on peut aisément espérer une économie de l’ordre de 20 G€ en arrêtant toutes les dépenses d’investissement et les autres coûts de fonctionnement. Dans ces circonstances, que feraient les 235 230 militaires et les 69 990 civils (chiffres 2010) ? En tout état de cause, pour ceux qui se trouvent à l’extérieur, il serait judicieux de les rapatrier en France (25 500 militaires hors métropole, dont 17 200 dans des forces de présence dans des pays étrangers ou dans des engagements nationaux ou internationaux). Inutile de dire ce que je pense de ces forces dont une large part peut être assimilée à du néocolonialisme visant à protéger les biens et les activités lucratives privées (parfois néo-esclavagiste) de quelques « bons amis de la France ». Il est possible de faire de notables économies supplémentaires sur les salaires et traitements sur ces militaires que l’on rapatrierait. A court terme, on pourrait utiliser les militaires à des tâches d’utilité publique, comme par exemple, le nettoyage environnemental (enlèvement de déchets non biodégradables) des bords de route et de rivières, et il y a du boulot. Bien sûr, d’autres idées sont à étudier, comme par exemple bâtir et réquisitionner des logements individuels décents pour les sans-abris. A moyen et long termes, le nombre de militaires ou de civils de la défense pourra être réduit de façon substantielle (75 % de réduction des effectifs par exemple).

Deux problèmes importants subsistent :

  • la France n’aura plus d’armée opérationnelle : c’est un choix même si l’idée à moyen terme est une participation à une vraie force européenne ;
  • et que vont devenir les entreprises qui fournissent du matériel aux forces militaires : si c’est pour enrichir un certain Ser*ge Das*sault pour ses avions fer à repasser qu’il est incapable de vendre ailleurs qu’à l’armée française, si c’est pour tous les ponts d’or faits aux entreprises amies (et surtout à leurs dirigeants) du président, cela ne serait pas un problème s’il n’y avait des emplois salariés en France à la clé. Ce problème devrait faire l’objet d’un examen attentif qui passe par une politique industrielle et de recherche spécifique, mais également par une mise sous tutelle partielle des entreprises concernées.

Par cette opération de réduction des dépenses de la défense nationale, on économise 20 G€. Inutile de dire que je n’ai pas entendu beaucoup de personnalités politiques (pour ne pas dire aucune) proposer cette solution. Est-elle à ce point irréaliste, idéaliste, utopique, suicidaire ? Je ne le pense pas, sinon je n’aurais pas pris la peine d’y réfléchir. Il n’en reste pas moins que pour éponger le déficit, il reste donc à trouver 90 – 20 = 70 G€. Cette somme très importante est à trouver dans de nouvelles économies dans d’autres budgets de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales, mais aussi et surtout, dans une refondation fiscale et l’identification de nouvelles priorités pour la France. Ces aspects là feront, peut-être, l’objet de nouvelles notes.

22 novembre 2011

Ça champ pas bon

Le Chambon-sur-Lignon est entré dans l’actualité de façon beaucoup moins glorieuse que les fois précédentes puisqu’elle avait été reconnue comme « Juste » en sauvant des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Il se trouve que je connais un petit peu ce bourg de Haute-Loire puisque j’y ai séjourné une semaine en 1980 (ou 1979 au plus tôt). En effet, mon oncle (le mari de la sœur de mon père) est natif du Chambon et nous y étions allés avec oncle, tante et cousins pendant les vacances de Pâques. Nous étions accueillis chez les parents de mon oncle. Il s’agissait d’un ancien hôtel restaurant qu’ils avaient autrefois tenu. Les chambres et logements de l’étage étaient donc désormais inoccupés et c’est là que nous logions. C’était la première fois que je voyais les parents de mon oncle. C’était des personnes charmantes. Moi qui arrivais avec ma « culture » catholique, j’ai été néanmoins surpris par les us et coutumes locales, très huguenotes pour ne pas dire protestantes (que j’ai compris plus tard comme étant assez rigoureuses au sein de la sphère protestante). Parmi les bizarreries du coin, il y avait le fait que l’on faisait un genre de prière avant de manger (j’ai jamais vu ça dans ma famille de mauvais cathos), on faisait sa prière le soir (ça ne rigolait pas vraiment, contrairement à ce que j’observais ailleurs). Et au temple (un truc qu’on n’appelle pas église), il y avait un pasteur (pas un curé) qui paraît-il, était marié… Je n’ai pas souvenir du déroulement de l’office, mais je me souviens bien que la quête se faisait à l’aide d’une sorte de grosse chaussette noire, tenue telle une épuisette ou un filet à papillon au bout d’un long manche en bois. Autre curiosité (ça je l’ai vu lors d’un nouveau passage – la même année ou l’année suivante – lors du baptême d’un de mes cousins de sept ans mon aîné). Oui, chez ces gens là, on se baptise et on communie à l’adolescence bien sonnée. Les impétrants au baptême étaient alignés tout au long des murs du temple et buvaient tous dans le même calice, se le passant de l’un à l’autre. A vrai dire, je n’ai pas été traumatisé, mais je trouvais quand même plus civilisés mes catholiques qui eux avaient plus de considération pour la Vierge ! J’ai néanmoins un excellent souvenir du Chambon-sur-Lignon et de mes hôtes. Nous étions allés nous promener un peu partout, mais je dois dire que je ne conserve pas de souvenir précis des paysages. J’aimerais bien y retourner pour voir…

Mon oncle a été élève dans l’établissement (il y a bien longtemps) qui est mis en cause dans l’affaire actuelle. Quand j’ai entendu que les frais de scolarité s’élevait à plus de 12 000 €/an en internat, cela m’a quelque peu estomaqué. On imagine très bien que les parents smicards ou rmistes peuvent largement payer cet établissement à leur progéniture. Je n’imaginais pas que cet établissement privé puisse être agréé par l’État et les enseignants payés par ce dernier. Eh bien si, j’ai vérifié. Seulement, ce sont les internes qui casquent un maximum, les externes payant beaucoup moins cher. Une curiosité et à mon sens, pas très juste.

Mon oncle a un frère. Ce dernier et sa femme, anciens commerçants de la commune, sont de petits notables locaux. Ils copinent avec Madame le Maire, qui on le sait, est la mère d’un certain ministre actuel (vous savez, Monsieur W. aux longues dents qui veut faire bosser les chômeurs et leur réduire leurs trop généreuses indemnités). Le frère et la femme de mon oncle ne se parlent presque plus. Mon oncle n’est pourtant pas un affreux gauchiste, mais il n’est pas acoquiné avec l’ultra-droite.

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