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Cornus rex-populi
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24 juin 2006

Cathédrale de Beauvais

Encore une cathédrale picarde, du moins ce qu’il en reste : l’ensemble chœur et transepts. Sans doute une cathédrale victime du toujours plus, toujours plus haut. Il n’y a pas que le XXe siècle qui a connu des avatars architecturaux. Reste le plus haut chœur gothique et cela n’est pas mal du tout.

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La croisée de transept, comme il se doit !

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La voûte du chœur

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Le chevet

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10 mars 2024

De 2023 à 2024 (9)

Voici l’intérieur de l’abbatiale.

 

 

Le gisant du pape Clément VI.

 

La danse macabre (1470) avec pour rappel trois murs et les piliers du bas-côté nord dans le chœur. Il s’agit à la fois de fresques et de peintures murales (un premier pan pour l’aristocratie et le haut clergé, un pour la bourgeoisie et le clergé intermédiaire et un troisième pour le bas peuple).

 

7 mars 2024

De 2023 à 2024 (8)

Quelques jours plus tard, direction La Chaise-Dieu. L’abbatiale (l’abbaye, plus généralement) est très connue à plusieurs titres :

  • pour son festival de musique classique qui a lieu en août ;
  • pour sa salle de l’écho (où nous ne sommes allés cette fois) ;
  • pour sa danse macabre (1470) sur trois murs et les piliers du bas-côté nord dans le chœur. Il s’agit à la fois de fresques et de peintures murales (un premier pan pour l’aristocratie et le haut clergé, un pour la bourgeoisie et le clergé intermédiaire et un troisième pour le bas peuple) ;
  • pour ses tapisseries du XVIe s. (tenture de chœur présente dans celui-ci jusqu’en 2013). Elles ont été restaurées et installée dans la chapelle Notre-Dame du Collège (dans laquelle il y avait auparavant plusieurs logements privés) depuis 2019. Des déshumidificateurs ont été ajoutés depuis et les conditions de conservation sont à présent excellentes. Malgré les conditions difficiles qui régnaient dans le chœur auparavant (très froid et humide en hiver notamment), elles restent bien conservées (ce que nous en avions vu lors de notre précédent passage en 2006 en témoigne) ;
  • pour son architecture défensive ;
  • pour servir de tombeau gisant du plus célèbre pape d’Avignon (selon moi) : Clément VI, ancien moine Pierre Roger, recueilli ici et pris d’affection par l’abbé dans son jeune âge (c’était un orphelin).

 

Des photos de l’extérieur et du cloître.

La Bentley rouge de la marquise de Fromulus.

En vrai, la photo est comme cela (c’est le seul écart que je me permets).

 

29 mars 2024

Retour à Douai (2 et fin)

On poursuit la « visite ».

 

Louis Laforesterie (1837-1894). Rêverie. 1875. Marbre.

 

Constant Desbordes (Douai, 1761 – Paris, 1825). Portrait de Marceline Desbordes-Valmore. Vers 1811. Huile sur toile.

 

Eugène-Ernest Chrétien (Elbeuf, 1840 – 1919, Paris) Le Printemps. Salon de 1882. Marbre.

 

Maître du Fils prodigue (actif à Anvers, deuxième tiers du XVI° s.). Le vieillard amoureux. Peinture à l’huile sur bois.

 

Hendrick Goltzius (Mühlbracht [Bracht-am-Niederrhein], 1558 – Haarlem, 1617). Le jeune homme et la vieille. Peinture à l’huile sur toile.

 

Jean-Baptiste Carpeaux (Valenciennes, 1829 – Courbevoie, 1875). Jeune fille à la coquille. 1867. Épreuve en terre cuite.

 

Jean-Baptiste Camille Corot (Paris, 1796 – Ville d’Avray, 1875). Le château de Wagnonville. 1871. peinture à l’huile sur bois.

 

Louis-Leopold Boilly (La Bassée, 1761 – Paris, 1845). Les petits soldats. 1809. Huile sur toile.

 

Balthasar van der Ast (Middelbourg, vers 1593 – Deft, 1657). Nature morte allégorique. Vers 1629-1632. Huile sur bois.

 

Cornelisz van Haarlem (Haarlem, 1562 – 1638). Le baptême du Christ, Peinture à l’huile sur bois.

 

Auguste Rodin (Paris, 1840 – Meudon, 1917). L’Enfant prodigue. Bronze.

 

Pieter Coecke van Aelst (Alost, 1502 – Bruxelles, 1550). Triptyque de l’Adoration des Mages. Vers 1540. Huile sur panneau.

 

Lille, deuxième moitié du XVIII° s. Paire de pots Jacqueline. Pichets anthropomorphes polychromes. Faïence stannifère de grand feu.

 

2 mars 2024

De 2023 à 2024 (7)

Nous nous retrouvons finalement dans la Loire. Le lendemain, nous sommes invités chez ma cousine. Le matin, je prépare les brochets congelés depuis l’été dernier. Puis après avoir retiré l’épine dorsale, je reconstitue les poissons comme je peux. Comme d’habitude, on nous dit que cela fait de gros bout, mais on y revient avec un peu de mayonnaise et il ne reste rien.

Le Jour de l’an, en rentrant de la boulangerie en milieu de matinée, je me rends compte que la pluie de la nuit avait fait un saupoudrage de neige au sommet du Pilat. Après le repas encore une fois bien garni, nous partons y faire un tour. La neige a déjà pas mal fondu, mais il en reste.

Voici donc des photos prises au Col de l’Œillon puis à la Jasserie près du Col de la Perdrix. A noter que les photos de la fontaine sont manipulées dans la mesure où les propriétaires de l’établissement de la Jasserie ont installé assez récemment pour l’été des barrières en bois et de vilains montants pour des stores pour avoir de l’ombre sur les tables. Nous irons d’ailleurs boire des café / chocolat dans la grande salle bien connue et qui ne change pas décennie après décennie. Nous n’avions pas remarqué jusqu’à cette année qu’ils vendaient des saucissons secs maison. Bon, cela ne change rien, nous avons déjà nos fournisseurs attitrés.

 

Puis, en redescendant, deux petits arrêts dont le premier montre le grand champ de chirats (évoqué l’an dernier ici) et sur lequel on devine le saut du Gier.

Et des photos prises dans la Jasserie. On vous salue bien !

 

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25 janvier 2026

De 2025 à 2026 (1)

Dès les vacances arrivées, nous partons en Bretagne le samedi. Nous arrivons dans un nouveau gîte fort sympathique, cette fois à Melgven. Le chauffage est assuré par un poêle à granulés de bois dont je n’ai pas compris immédiatement le fonctionnement. Il faut dire que le propriétaire (qui le possédait depuis peu), n’était pas plus doué que moi et la notice claire comme du jus de chique. Mais après, c’est allé tout seul. Le dimanche, après avoir déjeuné chez la duchesse mère, nous allons faire un tour traditionnel du côté de Névez (île Raguenez et ses abords), puis à Trégunc (pointe de Trévignon).

 

5 avril 2025

En Bretagne à la bascule entre 2024 et 2025 (2)

Depuis quelques années, Fromfrom et moi faisons le réveillon de la Saint-Sylvestre au gîte. Cette année, nous avons pu manger, entre autres, de l’ormeau. C’était la deuxième fois pour moi et c’est vrai que c’est excellent ; le seul hic, c’est qu’au gîte, on manque un peu de matériel pour cuisiner comme à la maison…

Le lendemain midi, rendez-vous chez la duchesse mère pour un repas de corps spécial (râclette) mais agréable. Pui, en sa compagnie, nous nous rendons du côté de Moëlan-sur-Mer entre Kerfany-les-Pins et la Pointe de Kerhermen.

 

Alors que je prenais des photos des rouleaux et autres vagues, une jeune femme et son compagnon, issus d’un petit groupe qui était venus s’aérer ici, m’interpella pour que je les prenne en photo avec mon appareil (et non avec leur appareil ou le plus souvent à présent avec un smartphone, comme il m’arrive de le faire quand on me le demande, même si cela est devenu rare, le « selfie » étant devenu la règle). Je n’avais rien pour noter (pas même mon smartphone), mais du coup, c’est elle qui a noté mon adresse de messagerie. Je pensais recevoir un courriel de sa part au plus tard le lendemain et je n’y croyais plus, pensant qu’elle n’avait pas relevé correctement l’adresse, et puis une quinzaine de jours plus tard, je reçus bien la demande. Comme je n’ai pas reçu de consignes en termes d’exclusivité ou de confidentialité, que la photo a été réalisée sur le domaine public, qu’elle ne porte pas atteinte aux personnes et que j’en suis l’auteur, je suis complètement dans mes droits de la publier. J’avais fait plusieurs photos, mais c’est celle-ci la meilleure ou la moins mal (elle a bien entendu fait l’objet d’un traitement, mais assez léger). Je ne vais pas pour autant me transformer en portraitiste, ce n’est pas un exercice que j’affectionne particulièrement.

 

8 février 2026

De 2025 à 2026 (3)

Le lendemain, l’idée de me prend à nouveau d’aller à Doëlan (Clohars-Carnoët), baie étroite correspondant à l’embouchure du ruisseau du Sénéchal. On trouve là, une embarcation de la SNSM. Et justement, il y avait un groupe qui a embarqué sur le bateau, sans doute pour un exercice pédagogique. Les « stagiaires » étaient âgés d’une bonne soixante d’années en moyenne.

 

Nous poursuivons à Kerfany-les-Pins à Moëlan-sur-Mer, que nous connaissons bien. Voir ici, , par ici et par là.

Et avant que nous quittions les lieux, deux jeunes hommes se lancent à l’eau (il neigera 36 heures plus tard).

 

7 février 2026

De 2025 à 2026 (2)

Le même jour, nous poussons jusqu’aux environs de l’Anse de Pouldohan (Trégunc en limite de Concarneau), mais le temps n’est pas extra, contrairement à l’année précédente (voir ici).

 

Le lendemain, nous voulons voir les églises et chapelles du coin. Hélas, une des plus intéressantes, la chapelle de la Trinité de Melgven est en travaux. La plupart des édifices dans campagnes sont fermés (c’est déjà le cas en été, alors en pareille saison…). Nous nous rendons à l’église du bourg, Saint-Pierre-Saint-et-Saint-Paul de Melgven (XVIe s.)… et celle-ci est assez plaisante.

Et, chose étonnante, plus dune douzaine de crèches différentes positionnées près du chœur. 

 

Nous nous rendons ensuite auprès de la chapelle isolée de Cadol (même commune de Melgven), sorte de mini-bourg célèbre par ailleurs pour sa salle de restaurant d’un certain 3 novembre 2007, aujourd’hui transformé en garage.

 

15 février 2026

De 2025 à 2026 (4)

Le lendemain, nous sommes invités tels des rois chez Karagar et Vladimir, Plume n’ayant hélas pas pu se joindre à nous. Le repas était splendide avec des choses inédites. Bien qu’ayant passés un après-midi complet sur place, nous ne sentons pas passer le temps, c’est à chaque fois un plaisir, sur tous les sujets évoqués. Un tour du jardin est pour moi un vrai plaisir, même si je ne connais finalement que peu de choses. Et une photo à Park Pontig. Merci pour ce moment magique.

Le lendemain matin, 25 décembre, nous nous réveillons sous la neige. Les journaux annoncent qu’il n’y avait pas eu de neige en Bretagne un jour de Noël depuis 1996 (depuis 2010 dans la Loire et le Lyonnais). La duchesse mère nous commande de trouver du pain frais, mais après parcouru plusieurs communes, pas moyen de trouver une boulangerie ouverte. Nous finissons par trouver un distributeur de baguettes… et contre toute attente, elles n’étaient pas mal.

Après le bon repas, à quatre (en présence du plus jeune frère de Fromfrom), la duchesse mère reçoit pour le dessert ses trois petites filles, le plus âgé de ses arrière-petit-fils (une vraie vedette) et la sœur de Fromfrom. Cette dernière a, pour rappel, eu un AVC il y a une dizaine d’années et ne travaille plus. Elle marche très mal (plus mal que sa mère ou que mon père) et on a un mal fou à la comprendre quand elle s’exprime, conséquences de l’AVC et nombreuses dents manquantes (précisons qu’elle aurait pu se faire refaire le râtelier sans frais). Contrairement à ce que Fromfrom craignait, il n’y a pas eu de couac avec sa sœur. Précédemment, elle faisait tout pour nous éviter, de sorte que nous ne l’avions pas vue depuis 6-7 ans). Alors évidemment, cela ne vole pas bien haut. Autre ombre au tableau, le frère aîné de Fromfrom, victime lui aussi d’un AVC est dans un établissement de rééducation à Concarneau et ne va pas bien du tout (NDLR : il a fait une crise épilepsie au début de cette semaine et affaibli parce qu’il ne mange pas, il est à l’hôpital de Quimper où il a encore fait une crise d’épilepsie ce matin). Durant l’après-midi, son autre frère, est allé luis faire une courte visite. Fromfrom, elle, ne souhaite pas aller le voir et elle a certainement raison, d’autant que cela ne servirait à rien dans l’état où il se trouve.

Pour revenir à ces choses plus amusantes et « rassurantes », une partie de la fournée 2026 des bugnes !

 

22 février 2026

De 2025 à 2026 (5)

Nous gagnons ensuite les terres ligériennes. Le dimanche, nous étions invités chez ma cousine (repas de famille de Noël qui a souvent lieu quelques jours après). Traditionnellement, nous sommes chargés de l’entrée qui est généralement du brochet (congelé) cuit au court-bouillon et accommodé de mayonnaise à ma façon. Seulement, cette année, je n’avais pas de brochet. Nous y avions goûté cet été, mais je n’en avais pas suffisamment pêché pour que cela convienne. J’avais donc demandé à mon père de trouver des grosses truites car je savais qu’un pisciculteur altiligérien vient vendre ses poissons (beaucoup de vivants) au village voisin une fois par mois. Je précise pour les éventuels puristes que je défie qui que ce soit de faire la différence entre des poissons frais ou congelés (et précision de la précision, qu’ils soient à congeler ou à manger le lendemain, mes poissons sont parés alors qu’ils sont encore frétillants). Je craignais que la truite soit plus « sèche » que le brochet, mais il n’en a rien été ; j’ai juste dû adapter le temps de cuisson. Deux jours plu tard, j’ai quand même cuit un brochet emmené chez ma tante près de Valence (nous étions bien moins nombreux).

Le jour de la Saint-Sylvestre, nous décidons d’aller voir le cloître Saint-André-le-Bas de Vienne qui a été restauré. J’avais bien vérifié sur les sites internet que c’était ouvert et arrivé sur place, tout était fermé. Premier appel à un numéro qui ne répond pas. Second appel à l’office de tourisme et après un bon moment, on finit par me dire que les personnes qui s’en occupent sont grippées, sans s’en excuser, ce qui me met hors de moi. Je leur dis qu’ils auraient pu mettre une info sur le site ou sur la porte pour dire que c’était fermé à titre exceptionnel, mais la dame me dit qu’elle n’est pas responsable et qu’elle a un autre appel. Manque de professionnalisme et de savoir-vivre patent. J’avais très envie de m’en plaindre après coup, mais j’ai laissé tomber. Quelle idée aussi d’aller faire une visite le dernier jour de l’année ! A la place, les ruines du château fort de la Bâtie (XIIIe s.), toujours à Vienne.

 

Puis nous rentrons en faisant quelques détours. Nous franchissons le Rhône au barrage de Vaugris (que je n’avais jamais traversé depuis que je conduis). Nous avalons jusqu’à Condrieu et là, nous remontons le coteau en direction du Pilat, en passant à la Vieille Chapelle de La Chapelle-Villars, déjà découverte ici et vue chez Calyste il y a quelques mois ou années. Sur ma première photo, j’ai gommé les panneaux de signalisation routière.

 

Peu de neige au sommet de Pilat (je n’ai même pas fait de photos). Juste une photo prise depuis le panorama au-dessous du col de l’Œillon.

 

24 février 2026

De 2025 à 2026 (6 et fin)

Depuis plusieurs années, mon père fait refleurir un Phalaenopsis, dont les fleurs s’épanouissent à l’occasion de la nouvelle année.

 

Le 2 janvier, nous partons nous balader autour de la retenue du barrage de Grangent, barrage hydroélectrique sur la Loire dans le département du même nom. La retenue se fait sur 21 km et 365 ha.

 

Tout près d’ici, le château et la chapelle de Grangent (Saint-Just-Saint-Rambert) semblent remonter au XIe siècle. Ils sont à présent situés sur une île depuis la construction du barrage. Auparavant, ils surplombaient le fleuve à la confluence du ruisseau de Grangent. Tout cela ne se visite pas, du moins en temps ordinaire.

 

Après avoir emprunté la route du barrage, nous remontons sur la rive gauche jusqu’à Chambles où se dresse une tour médiévale du XIe s. et l’église Saint-Pierre (le premier édifice remonterait à la même époque).

 

Du haut de Chambles, on surplombe la retenue et en face, on aperçoit Saint-Victor-sur-Loire que nous étions allés visiter ici.

 

Puis nous remontons un peu plus en amont et retrouvons la rive droite du fleuve au niveau du pont du Pertuiset à Unieux.

Comme il n’était pas trop tard et que nous étions tout près, nous décidons d’aller voir quelques édifices de Le Corbusier à Firminy, second plus grand ensemble de l’architecte dans le monde, appelé Firminy-Vert. D’emblée, nous délaissons l’unité d’habitation (1965-67) qui est un peu à part et me déprime. Nous nous intéressons à la maison de la culture et de la jeunesse (1965).

Le stade dessiné par Le Corbusier et construit par ses continuateurs (1966-68) et la piscine (1970) à peine visible à droite sur la photo.

Et enfin l’église Saint-Pierre (1970-2006) là aussi commencée cinq après la mort de Le Corbusier. Tout était fermé et j’avoue que je n’avais jamais vu tout cela. Il y a une certaine monumentalité de certains édifices, mais si je peux trouver parfois une partie des « démarches » intéressante, globalement je trouve cela assez oppressant voire assez moche. J’aurais quand même bien voulu voir l’intérieur de l’église.

Et puis nous sommes rentrés dans le Nord le surlendemain.

12 mars 2026

Gothiques

Nous avions entendu parler de l’exposition temporaire « Gothiques » au Louvre-Lens. Nous y sommes allés en janvier, une semaine avant la clôture. On trouvera ici un descriptif de cette exposition. Je n’étais pas tellement attiré par nombre d’aspects du « mouvement gothique » né vers la fin du XXe s., même si ce dernier peut puiser certaines inspirations dans certaines irradiations néogothiques et le fantastique du XIXe s., qui ne sont pas sans intérêt. Bien entendu, notre intérêt principal venait de l’art gothique lui-même (né au XIIe s.) dont les œuvres occupaient la majorité de l’espace. Beaucoup d’œuvres sculptées et des moulages et copies. Parmi les copies, l’extraordinaire Vierge d’Autun (voir l’originale du musée Rolin ici). Nombreuses copies, donc, parfois récentes, ce qui a fait que je suis tombé sur la plus célèbre (pour moi en tout cas, mais qu’en pensera Calyste ?) Annonciation de van der Weyden, en pensant d’abord que c’était une copie. Mais non, c’était bien la vraie, celle du Louvre, que je n’avais pas vue quand nous y étions allés… D’ailleurs, l’examen de près n’a laissé aucun doute sur le caractère authentique et exceptionnel de l’œuvre.

Attribué à Rogier van der Weyden (Tournai [Belgique], 1399 ou 1400 – Bruxelles, 1464). L’Annonciation. Vers 1440. Huile sur bois.

 

Je n’ai pas forcément rephotographié des œuvres graphiques que nous connaissons bien, venant du musée de la Chartreuse de Douai, mais qui étaient bien mises en valeur.

Une autre curiosité : une peinture apparemment du XVe s. mais peinte en 2024. On aurait pu s’y laisser prendre.

Malo Chapuy (Lyon, 1995). Retable de la Nativité. 2024. Huile sur bois de chêne.

 

On poursuit la visite, dans le désordre.

Jean Pouzadoux (Rom, 1829 – Viroflay, 1893), mouleur. Ange au seau d’eau bénite de la cathédrale Notre-Dame à Reims. Vers 1230-1240 (reproduction). 1881. Moulage en plâtre.

 

Paris (abbaye Saint-Germain-des-Prés). Statue rétrospective du rois mérovingien Childebert. Entre 1239 et 1244. Pierre calcaire anciennement polychromée.

 

Attribué à Jacob Cornelisz Van Oostsanen (Oostzaan [Pays-Bas], 1470 – Amsterdam, 1553) ou à son fils, Dirck Jacobsz (Amsterdam, 1497-1567). Portrait de Jan Gerritsz an Egmond tenant une sculpture en buis. Verse 1520-1530. Huile sur bois.

 

Sainte Élisabeth et la Vierge de la Visitation, détail du tympan du portail de droite du « portail royal » de la cathédrale de Chartres, vers 1140 (reproduction). Moulage en plâtre.

 

Saint-Denis (Île-de-France). Panneau de vitrail de l’abbatiale de Saint-Denis : le signe du Tau. Vers 1140-11444. Verre teint dans la masse, grisaille, plomb.

 

Atelier de moulage de Musée des Monuments français. Statue de sainte Marie Madeleine d’Écouis (Normandie). Vers 1311 (reproduction). XXe s. Plâtre patiné.

 

Atelier du moulage du musée des Monuments français. Statue de sainte Véronique de la collégiale d’Écouis (Normandie), vers 1311 (reproduction). XXe s. Plâtre patiné par Bouton (Mouleur).

 

Attribué à Évrard d’Orléans (vers 1270-1357). La communion de saint Denis. Vers 1340. Marbre avec traces de polychromie.

 

Bruxelles. Relief de l’Annonciation. Vers 1500-1510. Chêne avec polychromie originale.

 

Paris, artiste proche de Jean de Liège (1330-1381). Présentation au Temple. Vers 1370-1380. Marbre.

 

Île-de-France. Vierge à l’Enfant des collections Spitzer et Arconati-Visconti. Vers 1325-1350. Marbre.

 

Jean Pouzadoux (Riom, 1829 – Viroflay, 1893), mouleur. Le Tentateur de la façade de la cathédrale de Bâle du XIVe siècle (reproduction). 1883. Moulage en plâtre. A noter, la tête est plus grosse que les proportions « normales », ce qui est souvent le cas pour les statues placées en hauteur et donc vues d’en bas.

 

Joseph-Noël Sylvestre (Béziers, 1847 – Paris, 1926). Le sac de Rome par les barbares en 410. 1890. Huile sur toile.

 

Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). D11 [bulldozer gothique]. 2009. Acier inoxydable.

 

Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). Camion-benne tordu (dans le sens des aiguilles d’une montre). 2013. Acier inoxydable.

 

Wim Delvoy (Wervicq [Belgique], 1965). Suppo (Karmanyaka). 2012. Bronze. Karmanyaka est un monde fantastique et divin du contre « Les frères cœur-de-lion » de l’autrice suédoise Astrid Lindgen (1907-2002).

Jacopo Bellini (Venise, 1400-1470). La Vierge d’humilité adorée par un prince de la maison d’Este. Avant 1450. Huile sur bois.

 

Paris. Gargouille ornée d’une femme accroupie et d’un monstre. Vers 1500. Pierre.

 

France (Sainte-Chapelle de Paris ?). Statue de saint Louis. Vers 1300. Bois d’if polychromé.

 

Bourges (Cher). Le Christ entouré de chérubins portant l’âme de sa mère. Vers 1400-1415. Marbre.

 

Il y avait vraiment beaucoup de monde ce jour-là pour visiter cette exposition, sans doute parce qu’elle touchait à sa fin (des collègues, qui y étaient allés la semaine précédente ont eu l’air de dire qu’il y avait bien moins de monde). Je ne connais rien à la contre-culture gothique, mais j’ai pu constater qu’une part significative de visiteurs (5 % ?) en étaient issus ou au moins en avaient certaines apparences : tout de noir vêtu ou presque (ce jour-là, sans que je l’ai voulu, je l’étais presque également), des vêtements longs, un teint blanc(les femmes surtout, moins pour les hommes), des chaussures à semelle épaisse ou « perchées-compensées » (femmes surtout), des tatouages apparents, des piercings divers, des cheveux noirs ou presque… Certains n’arboraient qu’une partie de ces caractéristiques, mais c’était quand même assez frappant (selon mes collègues, c’était moins frappant la semaine précédente).

L’exposition était intéressante et bien réalisée d’un point de vue muséographique (c’est toujours bien fait au Louvre-Lens). Même si l’art gothique (architecture) et ses évolutions étaient assez bien expliquées, j’ai quand même trouvé que cela restait assez superficiel, que cela manquait de précision, de détails. Peu de choses en effet sur les différenciations régionales ou au contraire les convergences, les exports. Bref, assez peu de choses sur ce que Karagar nous explique depuis tant d’années et qui me paraissent toujours très intéressantes. J’imagine que cela aurait nécessité plus de « matériel » et sans doute plus d’experts parmi les concepteurs ? Et sans doute plus d’espace, sauf à retirer d’autres choses. L’exposition était sans doute trop « grand public » pour cela. Il n’en reste pas moins que c’était agréable dans l’ensemble.

16 avril 2026

D'un anniversaire à l'autre

Cette année, l’anniversaire fromfromien a été bien attristé par le décès et les obsèques de son frère aîné. La cérémonie religieuse a eu lieu dans l’église où nous nous étions passés pour notre mariage il y aura dix-neuf ans cette année. J’ai vu l’église avec un autre œil et je l’ai même redécouverte. J’ai revu aussi pas mal de personnes que je n’avais vu qu’à ce moment là et je dois dire que si j’en ai reconnu plusieurs, ils ont parfois bien vieilli, comme moi, comme nous. J’ai été assez étonné par le nombre assez important de personnes présentes et en particulier par les cercles amicaux du défunt (dont le club de pétanque). J’ai même repéré dans les personnes venues faire une dernière salutation au défunt, une personne qui lui ressemblait beaucoup par le physique et l’attitude. Une autre « cérémonie » en cercle très restreint (mère, fratrie, nièces et moi) avait lieu ensuite à Lorient au crématorium. Très triste, mais sobre et pas question de succomber dans la sinistrose, puisque nous nous sommes retrouvés ensuite à la maison de la duchesse mère pour un apéritif dinatoire qui a été finalement assez joyeux.

La veille (le dimanche), malgré les circonstances, nous avions quand même fêté dignement l’anniversaire de Fromfrom chez la duchesse mère.

 

Et du coup, un mois et un jour plus tard, il est temps de souhaiter l’anniversaire karagarien !

 

2 mai 2026

Lys de la vallée de mai 2026

Le Muguet de mai (ou littéralement, selon la traduction du nom scientifique, Convallaria majalis, Lys de la vallée de mai) est une espèce herbacée vivace à rhizome de la famille des Asparagaceae (famille des asperges, proche de la famille des lys). Il s’agit d’une espèce de sous-bois ou de lisières forestières se développant sur des sols modérément secs à frais, ni trop acides, ni calcaires. La plante est présente en Europe, en Asie occidentale et boréale et en Amérique septentrionale. En France, elle est assez fréquente, sauf dans l’ouest où elle est moins abondante et est absente du pourtour méditerranéen et de la Corse. Il s’agit d’une plante abondamment cultivée à des fins médicinales (historiquement), de parfumerie, et bien sûr ornementales. Toute la plante est extrêmement toxique. Il existe divers cultivars, y compris à fleurs roses.

Presque tous les ans, des personnes s'empoisonnent avec cette plante, la confondant généralement avec l'Ail des ours. Pourtant, quand on a un peu de jugeote, on ne devrait pas confondre : consistance des feuilles différentes, pas les mêmes fleurs différemment parfumées et odeur des feuilles très prononcées chez l'Ail des ours et inodore chez le muguet.

 

Photos prises hier matin de brins issus du jardin (cultivar). La floraison est très avancée cette année, ce qui m'avait fait craindre le fait que Calyste n'en trouve pas aisément, car dans les bois du Dragon terrassé, ils étaient bien en fleur déjà, alors que ci on exclut les 25 dernières années, une année sur deux, on peinait à avoir du muguet fleuri le 1er mai une année sur deux.

 

Hier, près de chez nous à H., avait lieu la brocante habituelle dans les rues (ce qui nous agace fortement dans le principe) et on y vendait du muguet et je peux vous dire que tous les brins n'avaient pas une fraicheur exceptionnelle, avec pas mal de fleurs qui viraient au jaune...

 

 

31 mai 2026

Brèves (longues) cornusiennes du dimanche 31 mai 2026

J’ai pu constater depuis presque 24 ans que parmi les collègues avec lesquels j’échange le plus régulièrement, pas mal sont régulièrement invités à des mariages ou autres cérémonies équivalentes. Ce n’est pas tellement notre cas. Je pense que c’est lié au moins en partie avec l’importance de la famille (et de la proximité avec ses membres, sinon, Fromfrom serait concernée puisqu’elle avait environ 45 cousins germains), le cercle amical, au fait que ses enfants arrivent en âge de dire oui. Mais voilà l’exception qui confirme la règle : nous avons été invités à un mariage le samedi de Pentecôte. Une amie proche de Fromfrom qui avait été sa directrice pendant plusieurs mois lors de ses premières suppléances dans les écoles du coin. On l’avait d’ailleurs invitée, avec son compagnon d’alors, à notre mariage breton l’année suivante… Depuis, elle avait connu bien des déconvenues avec ses conjoints, mais elle pas passé un cap et les choses semblent bien stabilisées. Malgré la chaleur qui commençaient, nous avons passé un bel après-midi et une chouette soirée, avec quelques animations bon enfant et assez peu de danses, contrairement au mariage de ma cousine où je m’étais ennuyé ferme et où nous étions rentrés avant le dessert. On m’avait demandé de faire des photos après le départ du photographe professionnel après 19 heures. Ce n’est pas mon truc, mais je m’en suis quand même chargé. Le gâteau était une pièce montée à trois étages, c’était la première fois que j’en voyais une de cette catégorie (voir photo). D’habitude, c’étaient des montages en choux et nougatine ou un empilement de kouignoù-amann ou des gâteaux classiques pour notre mariage.

 

 

En parlant de fête, j’ai été assez halluciné d’entendre une collègue, à peine trentenaire, dire à une autre qu’elle était débordée pendant son temps libre, car elle devait préparer son anniversaire qui avait lieu plus d’un mois plus tard. Je n’ai rien dit, mais je me suis dit que nous étions à des années-lumière par rapport à nos priorités. Enfin, cela ne fait de mal à personne.

 

Les deux phénomènes décrits ci-après n’ont absolument rien de nouveau, mais je pense qu’il se sont notablement aggravés ces dernières années, ce qui les rend préoccupants pour l’ensemble de l’humanité et le reste.

Le premier peut être nommé « dénialisme », une forme de dénégation des faits, de l’évidence, de rejet des acquis scientifiques... Il peut prendre plusieurs formes et est souvent motivé par des raisons politiques, idéologiques, religieuses, d’avidité, de cupidité... Cela peut engendrer la mise en avant de mensonges, de remises en cause de consensus scientifiques avec diverses manœuvres : les allégations sans preuve, les arguments d’autorité, le complotisme... Parmi les sujets qui font régulièrement l’objet de dénialisme : la rotondité de la Terre, les théories modernes de l’évolution, les changements climatiques, la vertu de la vaccination, la crise de la biodiversité... Les politiques en sont très adeptes en niant les réalités, en cassant le thermomètre (pour ne pas voir qu’on est malade ou à quel point il fait chaud), en intimidant les tenants des savoirs, en les faisant taire, en les assassinant. Le trumpisme apparaît donc comme une des formes les plus complètes et hallucinantes de ce que j’appellerai l’« hyperdénialisme ».

Le second peut être nommé « ultracrépidarianisme », la propension à donner des avis autorisés (comme disait Coluche) sur des sujets qui sortent de ses domaines de compétences. Encore une fois, cela a toujours existé, mais l’amplification du phénomène semble avoir suivi la multiplication des médias audiovisuels (années 1990-2000), le développement d’internet (un peu avant 2000), les réseaux sociaux (après 2010 surtout). Ce phénomène fait également appel aux arguments d’autorité (soi-même ou en convoquant des experts ou prétendus tels pour marteler des âneries). Ainsi, durant les différentes guerres du golf, d’Irak ou impliquant d’autres contrées du Moyen-Orient, on avait vu « fleurir » sur certaines chaines d’information (ou plutôt de propagande) quantité d’experts qui racontaient un peu n’importe quoi pour se faire mousser. Les exemples sont tellement nombreux qu’on a l’embarras du choix. J’avais cité il y a quelques années, Claude Allègre, non pas lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale (il y aurait sûrement à dire, mais je ne maîtrise pas), mais après, à propos des changements climatiques (il faisait clairement partie des climatosceptiques ou climatonégantionnistes) ainsi que d’autres arguments relatifs aux sciences environnementales et du vivant, ce qui avait démontré à mes yeux combien le « grand scientifique » (géochimiste) avait abandonné toute démarche scientifique, ce qui est un comble. J’en viens à un éditorial matinal de D*om*ini*que Se*u*x sur France inter il y a une dizaine de jours. Déjà, en temps normal, je ne le supporte pas. Déjà, en temps normal, j’estime que ce n’est qu’un simple journaliste qui a fait un peu d’études en économie (bac+3 il me semble) et a fait science-po. Bon, il n’y a pas que la question des diplômes ni le cursus, mais la façon dont il se comporte face à des ultra-spécialistes, des chercheurs, des experts en économie et qui ne vont pas dans son sens, souvent avec des arguments spécieux et orientés, m’énerve copieusement. Mais bien sûr, il ne s’arrête pas là, c’est maintenant un expert en écologie et biodiversité puisqu’il ne comprends pas pourquoi on fait des études d’impact sur le site d’une ancienne mine abandonnée pour y implanter une nouvelle usine, qu’on fait des inventaires dans les différents groupes biologiques et qu’il faille un an pour cela, parce que bien sûr, du haut de sa science implacable, il a décidé qu’il n’y avait rien. Et à faire son poujadiste habituel sur le trop de règles environnementales qui empêchent l’économie et autres fadaises. Un abruti qui ne vaut pas mieux qu’un vulgaire clampin de droite extrême. Car bien sûr, on sait d’expérience (je le vis tous les jours) que pas mal de sites industriels ou miniers, des carrières abandonnées peuvent accueillir des tas de choses intéressantes qu’il convient de préserver au mieux. Et le journaleux n’a pas entendu parler de la loi de 2016 et de non-perte nette de biodiversité. Je ne dis pas que tout va bien de ce côté, mais il y a quand même quelques progrès et on peut s’en réjouir, même si cela reste notoirement insuffisant.

13 juin 2026

Brèves cornusiennes du samedi 13 juin 2026

J’ai appris vendredi qu’E*tie*nne K*le*in, scientifique vulgarisateur notamment dans le domaine de la physique, s’est revu retirer son doctorat en philosophie des sciences, obtenu en 1999, considérant que sa thèse comportait environ deux tiers de pages plagiées (sur 429 pages) issues de nombreux auteurs, dont certains célèbres, comme Albert Camus, Stefan Zweig, Louis de Broglie… Les auteurs sont cités une fois et plus du tout ensuite, sans préciser la paternité des écrits ni guillemets. Et l’homme a déjà été épinglé plusieurs fois pour plagiat dans des écrits postérieurs à sa thèse. Apprenant cela, je me suis aussi dit que l’on pourrait aussi voir quelques éléments « plagiés » (guillemets importants) dans ma thèse car il existe peut-être 4-5 pages maximum (sur un peu moins de 480, annexes comprises) dans lesquelles je reprends des idées, quelques formulations, en récupérant ou modifiant des figures (parfois pour montrer autre chose), mais bien sûr en citant abondamment et systématiquement les auteurs. Quand on est honnête, d’abord avec soi-même, avant de l’être avec les autres, on ne s’attribue pas le travail d’autrui. J’ai été moi-même victime d’une forme de plagiat, hors cadre strictement universitaire ; on avait « pompé » intégralement mon travail en y ajoutant quelques fioritures et en vendant le tout sans la moindre citation. De la littérature grise que je n’aurais jamais dû voir, mais j’y avais eu accès un peu par hasard, 5-6 ans plus tard. Dans un premier temps, je n’avais pas immédiatement compris que l’écrit et les figures étaient issus de mon travail. Hors contexte, on n’y pense pas forcément.

Donc, d’accord pour citer, compléter, reprendre, contredire... c’est un peu l’un des objectifs de l’argumentation scientifique appuyant son propre travail. Mais deux tiers de la thèse consacrés à ce que les autres ont fait, pas seulement dans les idées, mais également dans les formulations, sans vraiment citer les auteurs, apparemment, cela me semble très curieux. Est-ce quelque chose de courant dans les thèses de philosophie (des sciences), je l’ignore. Mais à mon avis, c’est totalement inconcevable en sciences « dures ». J’en conclus, un peu méchamment, que la philosophie, même des sciences, manque de rigueur... scientifique. Au-delà de la blague, j’avoue ne pas bien comprendre. Faut-il pour autant livrer aux chiens l’ex-docteur ? Je ne pense pas, mais alors pas du tout.

Je cite mes sources : France inter au départ ; tout est parti en 2024 d’un travail d’Arrêt sur images https://www.arretsurimages.net/articles/these-plagiee-etienne-klein-perd-son-doctorat ; https://www.franceinfo.fr/sciences/l-universite-paris-cite-retire-le-doctorat-du-physicien-etienne-klein-en-raison-de-plagiats-constates-dans-sa-these_8057555.html ; https://actualitte.com/article/131901/scolarite/plagiat-d-etienne-klein-des-excuses-au-reglement-de-comptes ; https://actualitte.com/article/131872/scolarite/etienne-klein-perd-son-doctorat-apres-une-enquete-sur-le-plagiat-de-sa-these

 

 

Où étais-je début juin ? Quatre indices.

Une forme de provocation.

 

Une autre provocation.

 

Ça, ce n’est pas une provocation.

 

Et ça, c’est un petit peu plus loin.

 

5 juillet 2024

A-t-on besoin de « réessayer » ?

2 décembre 2014

Brèves cornusiennes (33)

Ce matin, départ pour aller à Lille, récupérer mon directeur et filer ensuite vers Arras. Je suis parti très tôt d’H., mais malgré cela, je suis resté coincé sur l’autoroute, alors que je pensais que cela irait. Depuis une douzaine d’années que je suis là, je me rends compte que cela coince de plus en plus tôt sur cette maudite autoroute. Avec la grande marge que j’avais prise, je suis arrivé avec seulement 5 petites minutes de retard à Lille. Et nous sommes arrivés en avance à Arras. Seulement, cela n’a pas empêche la « mal baisée de l’Artois » (j’ai déjà parlé d’elle, je ne la représente pas et de toute manière, cela n’a aucun intérêt, c’est une grosse conne qui pue dans tous les sens du terme) de m’engueuler ou plutôt de me faire des reproches sur des détails insignifiants qui ne regardent qu’elle et ses sbires ainsi que les services tout aussi incompétents que le sien qui ne comprennent rien à rien, car tous sont à rattacher aux catégories P3 et P4, aucun ne pouvant mériter ne serait-ce qu’un accessit de P5 car cela signerait qu’il y a une lueur d’espoir dans le quart de pois chiche coupé en douze qui leur sert de cervelle en conserve (voir ici la typologie des P, sinon on ne peut pas comprendre). La « mal baisée de l’Artois » est passée à deux doigts de la correctionnelle, car j’ai senti, non pas une odeur de moutarde, mais carrément de soufre, mais la mèche n’a pas été allumée de justesse, pressentant peut-être (?) l’orage luciféro-cornusien imminent.

18 juin 2022

Brèves cornusiennes du samedi 18 juin 2022

Hier, ma mère a fait deux visites chez les médecins. Le matin à Saint-Chamond pour sa vésicule caillouteuse. Il a été décidé que dès lors que cela ne la fait pas souffrir, il n'y aura pas d’opération. Néanmoins, en cas de pépin, on prévoira de l’opérer en urgence.

L’après-midi, rendez-vous à Saint-Étienne au sujet de son cancer du sein (bien confirmé au stade 1). Compte tenu de ses traitements anticoagulants (importants à ce stade notamment à la suite de son embolie pulmonaire et de la découverte d'un caillot calcifié dans la cuisse à dissoudre à la longue et des risques de phlébites...) et de son état général, pas de radiothérapie dans les six mois qui viennent, juste un traitement médicamenteux visant à limiter l’expansion de la tumeur. J’imagine qu’à son âge, ça évolue lentement.


Mardi, on organisait au travail un nouveau comité des financeurs qui est désormais obligatoire dans le cadre du nouveau cahier des charges national de nos structures aggréées. De notre côté, nous n’y sommes pas encore soumis, mais c’est la deuxième année que nous le réunissons. Le ministère a pris exemple sur nous pour mettre en place les mêmes choses chez les autres en l’intégrant dans l’arrêté ministériel publié en mars 2022. Outre ce comité, il y a une stratégie scientifique (réalisée début 2020) et une stratégie d’établissement (réalisée dans les grandes lignes il y a un an). Au moins, pas de surprise, pas de stress pour le futur renouvellement de notre agrément. J’ai bien d’autres sujets d'inquiétudes (rien de très grave à ce stade), mais je pense que dans l’ensemble, ça marche plutôt pas mal. Évidemment, pour ne pas reculer, il faut toujours aller de l’avant et nous le faisons. Cela en énerve peut-être certains, mais peu importe, on n’a pas le choix !

18 mai 2017

Brèves cornusiennes (69)

Samedi matin, réveillé très tôt, je finis par me lever avant même 6 heures du matin. Passés les 14 heures, je décide d’aller faire une sieste. Vers 15 h 30, coincé entre le sommeil et l’éveil progressif, Fromfrom vient m’informer qu’on a été cambriolé au boulot. La dame de l’accueil, qui avait oublié son téléphone portable la veille sur son bureau était venue le récupérer en début d’après-midi quant elle s’aperçut du forfait : une porte-fenêtre cassée, la caisse-enregistreuse volée avec l’argent à l’intérieur.

Je me suis donc rendu sur place pour constater la chose, voir deux « agents » du commissariat de police et surtout faire le tour de l’ensemble de nos locaux pour voir si les voleurs n’étaient pas allés « visiter » d’autres bureaux. Mais rien d’autre. Je n’en dis pas plus. Je constate quand même que je me suis toujours étonné que nous n’ayons jamais subi de telles choses avant, même si la géographie nous avantage car nous sommes dans un cul de sac, ce qui ne facilite guère la fuite motorisée des cambrioleurs potentiels.

Lundi, l’identité judiciaire est venue, mais rien, pas d’empreinte particulière.

La dame de laccueil, qui soccupe aussi du standard téléphonique et de tâches diverses est du genre émotive. Je la pensais calmée quand elle est repartie chez elle à ma suite samedi. Cependant, je nai guère été étonné lundi car elle ne sest pointée au travail quà 10 heures (au lieu de 8 h 30) parce quelle avait soit-disant peur de se faire agresser, braquer. Nimporte quoi. Elle est du genre à trop regarder les séries américaines à la noix, à jouer à se faire peur avec la peur. Je ne sais pas comment elle a été éduquée, mais elle a peur de tout et inculque les mêmes tares à sa fille.


Hier matin, alors que j’entamais à peine une réunion, autant téléphonique que physique avec plusieurs de mes collègues, on me prévient que plusieurs de mes anciens profs sont à l’accueil. J’y fais un saut rapidement, d’abord par curiosité, parce que cela doit forcément être des gens bien s’ils me réclament. J’ai quand même eu la surprise de voir deux enseignantes que j’ai eues à l’IUT de Tours au tout début des années 1990, dont une (la plus âgée) avec laquelle j’avais fait mes débuts en botanique. Après mon départ de l’IUT, j’avais surtout correspondu avec la plus jeune, que j’avais d’ailleurs revue 3-4 fois. De fait, la plus âgée avait pris sa retraite quelques années après mon passage à l’IUT et je me suis dit tout à l’heure qu’elle devait être à peine plus jeune que ma mère, donc friser les 80 ans. Elle habite désormais du côté de Pau Et la plus jeune, qui me paraissait si jeune au début des années 1990, a aussi pris un coup de vieux, tout comme moi, forcément, même si je ne vieillis pas ! Du coup, elles étaient en balade dans la région avec un groupe d’amis (ils font ça tous les ans et s’en vont visiter des régions différentes durant une semaine). Je n’avais hélas pas le temps, mais cela m’a quand même fait une énorme bonne surprise de les voir en coup de vent.

6 mars 2008

Quelques points marquants de ma scolarité (3) : collège

Collège

L’ancien collège menaçant ruine, nous arrivâmes dans un nouvel établissement flambant neuf (une sorte de préfabriqué haut de gamme). Pour l’occasion, la rentrée avait dû être décalée d’une bonne semaine en septembre.

L’entrée en 6ème n’avait pas été sans m’inquiéter : locaux paraissant gigantesques, pas loin de 600 élèves, plein de profs, de nouvelles disciplines et un éloignement géographique relatif depuis la maison. Je devais donc manger à la cantine tous les midis. A ce propos, en attendant notre tour, nous étions parqués dans une cour intérieure où avaient été disposées d’affreuses grenouilles-jets d’eau jaunes ou rouges. Cette première année se passa globalement bien. Le principal passait pour être une terreur ; un des parents d’élèves, en fait le grand-père d’un élève l’avait assimilé à la gestapo ou à un SS, mais il est vrai qu’il avait vraiment souffert des nazis pendant la guerre et voyait le mal partout. Je me suis finalement aperçu que le chef d’établissement était un chic type et il m’a rendu service. Nous avions un prof de français qui nous enseignait également l’histoire-géographie. Ce prof, qui faisait vaguement partie de ma famille éloignée était fan de préhistoire et celle-ci était au programme. Il s’est donc débrouillé pour nous emmener dans le Périgord pour aller voir en fin d’année les grottes ornées telles que Font de Gaume ou Rouffignac.

En 5ème, j’avais été mis dans une classe assez faible et j’avais donc un bon niveau par rapport aux autres. Alors, en 4ème, je connus un sérieux décrochage en anglais, en allemand, en latin, en français, en maths, en histoire-géographie et même en dessin. En langues, pour simplifier, on peut dire que j’étais faible, je faisais des fautes d’orthographe et ne comprenait rien à la grammaire française ou plutôt à ce qu’expliquait le prof. En maths, ce fut terrible : la prof me faisait peur. Un jour, elle me traita d’abruti. A mon père, elle expliqua un jour que je n’arriverai jamais à rien. En histoire-géographie, la prof était sympa, mais prise dans son truc, elle parlait très vite, ne répétait pas et je n’avais pas le temps de tout écrire. Et surtout, dans toutes les matières, je n’osais pas demander quoi que ce soit aux profs ou à mes « chers » camarades. En dessin, je n’étais pas bon non plus. Mon daltonisme avait été diagnostiqué au CM2 (seulement), mais personne n’avait jugé bon de le dire à la prof de dessin, surtout pas moi (je devais le taire longtemps encore, ce qui n’a pas été sans me causer des problèmes). Alors le daltonisme a sans doute bon dos, mais cela ne passait pas bien avec la prof. Je crois que c’est de cette époque que j’ai commencé à détester dessiner. Comme mon niveau global était notoirement insuffisant, je devais redoubler ma 4ème, avec succès. Je ne fis pas de latin et les profs étaient tous différents. Le dessin fut avantageusement remplacé par la « musique » qui était en fait de l’éducation artistique. Le prof, musicien à la base, depuis la fin de la 6ème jusqu’en 3ème passait en revue l’architecture, la sculpture, la peinture et la musique de l’Antiquité jusqu’à la période actuelle, à raison d’une heure par semaine. Tout ce qui n’était pas musical, c’est-à-dire la quasi totalité de l’enseignement se faisait à partir de séances de diapositives. C’était formidable. Mon niveau en histoire-géographie fit une hausse vertigineuse et, succès aidant, mon intérêt pour la discipline ne fut jamais mis à mal jusqu’en terminale.

La classe de 3ème se passa bien, sur la lancée de la seconde 4ème. J’ai obtenu mon brevet des collèges avec succès la première année de son rétablissement. Auparavant, nous étions allés en voyage en Espagne du côté de Barcelone. Au programme, le Prado, la Sagrada familia, la Costa brava, entre autres. Lors de ce voyage, il y eut une soirée discothèque près de notre hôtel. Ce fut terrible pour moi : je ne supportais pas la musique ni la danse, ni le son assourdissant, pourtant faible me dit-on le lendemain. J’étais bien un des rares à ne pas aimer, et je profitai de la première occasion pour m’éclipser. De ma vie, je n’ai jamais remis les pieds dans ce qui peut ressembler à une boite de nuit.

Que retenir du collège ? Là encore, je n’y ai pas eu de véritable ami, sauf un qui quitta l’établissement à la fin de la 5ème. Un conseiller d’éducation (nouvelle appellation du surveillant général) qui portait un nom de conifère nous colla une ou deux heures de retenue collective. Je n’avais pas trop compris, mais apparemment, à la fin du cours de sciences physiques, avant même que la prof donne l’autorisation de sortir de la classe, le brave homme qui devait être planqué derrière un pilier, tomba sur les élèves sortis en avance. Évidemment, moi, grâce à ma lenteur légendaire, je n’avais pas encore quitté ma place. Comme punition, nous eûmes droit à une rédaction relatant ce qui s’était passé. Ma prose ne lui plut guère puisqu’il me convoqua pour me demander des explications car j’y dénonçais son côté sournois et j’évoquais surtout mon incompréhension et mon innocence. Je n’eus heureusement pas droit à une rallonge. Je me souviens aussi d’un genre de test de QI (ou un truc dans le genre) réalisé en 6ème ou 5ème par un intervenant extérieur (un psychologue ?). Les résultats devaient être suffisamment mauvais pour que ce dernier convoque mes parents pour leur faire part que je devais être « à la limite de la débilité » [expression paternelle]. Bien sûr, on n’avait pas tenu compte de ma lenteur. Le psy avait montré un dessin d’éléphant à mon père en lui demandant à quoi cela lui faisait penser. Il lui répondit « à un cirque », mais il aurait fallu répondre « à l’Afrique ». Constatant le même niveau de débilité chez les géniteurs [sic], le psy n’insista pas outre mesure. En dehors de l’année ayant conduit au redoublement, j’étais donc plutôt un élève « convenable ». Était-ce dû à mon calme, à ma relative nonchalance, à mon humeur égale, à mon air sérieux et appliqué, mais je passais souvent comme un lèche-bottes auprès de certains de mes camarades, ce qui n’aidait bien entendu pas à mon insertion dans le groupe. J’en ai souffert, d’autant que je le voyais comme une injustice. Une fois, à cause de cela, deux de mes camarades me poursuivirent pour me faire payer je ne sais quoi. Ils réussirent à me piquer ma trousse et à casser mon stylo plume qui loin d’être un modèle luxueux avait une certaine valeur. J’eus d’autres fois affaire à d’autres individus semblables du collège. Je pris la fuite à plusieurs reprises parce que bien entendu, le courage ne leur faisaient pas peur et ils m’attaquaient généralement à plusieurs. A cette époque, je courais vite et ils ne réussirent jamais à me mettre la main dessus. D’autres fois, l’adversaire fut plus à ma taille et je pus riposter. J’ai encore le souvenir d’un garçon râblé et rondouillard : mes poings lui rebondissaient dessus. Enfin, tout cela n’est pas allé très loin. J’étais aussi au collège l’heureux bénéficiaire de splendides sobriquets. Plus grave, j’étais l’objet d’insultes. De la 6ème à la 4ème, je fis du judo (deux fois par semaine). Or certaines choses sympathiques franchissaient allègrement le collège et j’étais raillé y compris par des élèves du collège privé. Les noms d’oiseaux ne me quittaient plus et certains baraqués se vengeaient de moi, même s’ils ne me connaissaient pas, sur le tatami grâce à certains coups bas tout à fait dans l’esprit du judo ! En plus de l’esprit de compétition qui se faisait de plus en plus jour, c’est sans doute une des raisons pour lesquelles j’ai arrêté le judo. Lors des séances de sport qui se déroulaient non loin du collège, il y avait parfois des sports collectifs, le plus récurrent étant le foot et des petits chefs étaient chargés de choisir leurs joueurs. Inutile de dire que j’étais choisi en dernier et à contrecœur. Comme je l’ai dit dans la partie (2), je n’entendais rien à ce sport et j’y étais très maladroit et en tout état de cause, on m’en avait exclu avant de m’en exclure moi-même. Parfois, par l’intervention du prof, je devenais gardien de but, endroit où finalement j’étais le moins mauvais, mais c’était un endroit où je pouvais me faire faire mal en toute quiétude. Parfois, quand j’étais simple joueur et quand le prof n’était pas à me surveiller de près, j’allais discuter avec le gardien de l’équipe adverse, ce qui avait la fâcheuse manie de mettre mon équipe hors jeu (j’ai toujours un peu de mal à visualiser ce qu’est un hors-jeu). Enfin, pour revenir aux côtés toujours très attachants de mes camarades et de leur vocabulaire très étendu (il y avait des mots, même non insultants, que je ne comprenais pas), il y eut aussi les très récurrents « PD » et « tapette » dont je ne connaissais pas le sens au départ. Il arrive que ces mots possèdent un caractère amical (eh oui), mais ce n’était évidemment pas mon cas. J’ignore pourquoi on m’appelait ainsi car je ne crois pas avoir eu un jour une attitude qui aurait pu le laisser penser. En tout cas, je ne me conduisais pas en macho et je ne courais pas les filles. Tout cela ne me souciait pas une seule seconde. Ceci dit, c’est comme cela que j’ai commencé à m’interroger sur la nature de mon orientation sexuelle. Il n’y avait pas que les garçons qui m’agressaient verbalement, il y avait aussi des filles qui n’avaient pas inventé la poudre. L’ensemble de ces charmantes personnes, je ne voulais pas en entendre parler et c’est avec joie que je suis allé au lycée. Inutile de vous dire que le sort de ces personnes m’indiffère, mais je suis persuadé que certains d’entre eux sont devenus des délinquants.

16 novembre 2015

Brèves cornusiennes (53)

De son côté, Fromfrom a reçu dimanche après-midi un coup de fil d’un journaliste du journal régional, qui l’avait déjà interviewé début juillet suite à ses premiers passages à « Question pour un champignon », pour faire un reportage sur comment la question des attentats parisiens allaient être évoqués en classe (CM2). Fromfrom a décidé de jouer le jeu. Elle savait bien entendu déjà parfaitement comment elle allait s’y prendre. Il lui fallait forcément l’accord de sa directrice. Quand elle lui en a parlé ce matin, cette dernière à fait une gueule de six pieds de long, en lui disant que Fromfrom en porterait l’entière responsabilité (courage fuyons !). A la fin de la matinée, elle s’est en plus arrangée pour s’éclipser et ne pas croiser le journaliste (bis : courage fuyons !) et avoir son témoignage en tant que directrice. Elle a même trouvé le moyen de dire qu’elle n’était pas d’accord avec une phrase du Dalaï-lama que Fromfrom avait affiché au tableau « La religion ne transforme pas les hommes en criminels, ce sont les criminels qui utilisent la religion comme alibi à leur soif de pouvoir ». Bien sûr, on peut discuter dans le détail, décortiquer le sens, en faire une longue dissertation, critiquer celui qui l’a prononcée, etc. Bien sûr, ce que Fromfrom a dit en classe était excessivement loin de se résumer à cela. Alors, la première conclusion est de dire que la directrice de Fromfrom a moins d’esprit qu’un élève de CM2, qu’elle est incapable d’avoir l’idée d’en faire le dixième avec ses élèves. Et qu’en plus, il n’y a qu’une chose qui l’intéresse : elle-même, dans une forme d’autoritarisme à peine croyable, doublé d’une jalousie de se faire mettre au second plan par une « simple » enseignante. Elle a préféré s’enfermer dans sa médiocrité au lieu de soutenir, d’accompagner ses enseignants. Demain, elle va sûrement éplucher la presse et elle trouvera sûrement une virgule dans le texte du journaliste à reprocher à Fromfrom. Si j’étais enseignant dans cette école, je crois que j’aurais XXXX cette conne dès le premier jour où j’aurais mis les pieds dans cette école. Mais la question n’a aucune chance de se poser, alors je me calme, mais que le cul lui pèle quand même !

14 mars 2010

Un tout petit morceau de mon Ferrat à moi

Enfant, à la maison, nous n’étions pas très bien équipés en musique, mais nous disposions d’un tourne-disque sur lequel on écoutait quelques 33 tours, un 45 tours et une collection de 78 tours craquants, complètement épuisés. Parmi les premiers, deux Jean Ferrat que j’ai toujours vus à la maison. Nous les écoutions assez rarement, mais c’est là qu’allait la préférence de mon père. De tout temps, j’ai entendu du Ferrat, d’autant que mon père interprétait régulièrement en travaillant à la maison ou au jardin des extraits de « La montagne », « La Commune », « Les derniers Tziganes », « Potemkine ». Un peu plus tard, une cassette audio était venue compléter la collection.

Bien sûr, à l’époque, je ne comprenais à peu près rien de ces chansons. Je ne recevais que certaines caractéristiques de la musique et du chant. Ce n’est qu’à l’adolescence que j’ai commencé à comprendre ce qui était dit et il a fallu attendre ma vingtaine bien entamée pour que j’achète cassettes puis CD.

Jean Ferrat n’a certes pas fait que des chefs d’œuvre, mais je considère qu’il y a une grande diversité dans ses chansons. Bien sûr, des chansons retranscrivant la poésie, majoritairement de Louis Aragon, sa poésie à lui (dont « Oural Ouralou » qui me plaît particulièrement), des chansons d’amour, parfois touchantes comme « Deux enfants au soleil », et bien sûr des chansons « engagées » (je suis assez allergique à cette appellation), dont « Nuit et brouillard », découverte assez tardivement, m’a fait pas mal tremblé d’effroi.

Je n’ai pas (bien) connu cette époque, et il n’a certes pas été le seul dans ce cas là, mais il a été la victime de la censure : certaines salles de spectacle lui restaient fermées, il n’était pas toujours le bienvenu à la radio ou à la télévision.

Il y a des chansons de lui que je n’aime pas particulièrement, notamment toute une série des années 1960-70 qui ont mal vieilli ou qui consacrent de façon excessive « l’idéal cubain ».

Après un album de chansons personnelles en 1991, il sort son dernier disque entièrement consacré à Aragon en 1995 et depuis, il n’avait pour ainsi dire plus chanté.

L’homme n’était pas consensuel, était atypique, ne faisaient guère de concessions, n’était pas une « star » (comme d’autres, certes), a été un compagnon du parti communiste français, mais il est resté libre, s’en est désolidarisé, parfois de façon assez violente (« Le bilan » en 1980).

Voilà, j’ai été « bercé » par ses chansons depuis le plus jeune âge, mais je suis tombé sous le charme plus tard. Artiste majeur, chansons incontournables pour moi. Ce n’est pas par hasard, si nous avions choisi « Que serais-je sans toi » pour notre mariage après avoir hésité avec « Aimer à perdre la raison ».

Nous avons appris en coup de vent sa mort hier après-midi et ce matin, j’ai entendu quelques courts extraits d’ « hommages et récupérations » à mourir. Lamentable. S’il pouvait ressusciter quelques instants pour venir leur botter le cul à ces bandes d’incultes, d’abrutis, de manipulateurs, de salopards…

23 mars 2008

Euthanasie

Je n’ai pas tellement pour habitude de commenter l’actualité comme cela se fait sur beaucoup de blogs. Aujourd’hui, je le fais, non pas en réaction à l’affaire trop abondamment traitée dans les médias, mais pour donner mon sentiment personnel.

Le mot euthanasie m’a longtemps fait peur quand j’étais jeune. Je crois bien que j’en avais compris le sens très tôt, mais ce mot contenait pour moi la sonorité [nazi], synonyme de mort violente.

Dans mon entourage, on a souvent évoqué la possibilité d’en finir en se donnant la mort si on finissait par se retrouver dans un état de déchéance avancé. Encore qu’il faudrait préciser cet « état de déchéance avancé ». Longtemps, tout cela me parut bien théorique parce que je me sentais finalement assez loin de ces cas d’euthanasie. Et puis on grandit, on lit, on entend des témoignages. Un jour (il y a environ 8 ans), je vois un reportage à la télévision : un type qui lorsqu’il était bien portant avait toujours dit à sa femme que si un jour il était dans un « état de déchéance avancée », il voudrait en finir. Or ce monsieur, encore relativement peu âgé se trouvait dans un très sale état suite à une maladie incurable : complètement paralysé, assisté et branché de partout. Eh bien ce monsieur qui, malgré son état extrêmement grave, ne semblait pas souffrir et ne demandait pas la mort. Il s’accrochait à ce petit bout de parcelle de vie qui lui restait. Ces images, le témoignage de sa femme me touchèrent au plus haut point. Et je crois (comment être sûr ?) que me suis forgé une conviction : la vie vaut toujours d’être vécue jusqu’au bout, à condition de ne pas souffrir. Évidemment, tout le problème réside dans cette éventuelle souffrance. Sans cette dernière, se suiciderait-on ?

En novembre 2003, un vieil ami (il avait plus de 80 ans) dont j’ai déjà évoqué ici la mémoire mettait fin à ses jours en se tirant une balle de pistolet. Mort ô combien violente. Certes, il était malade : problèmes cardiovasculaires, goutte, autres problèmes apparemment moins graves. C’était un homme qui avait toujours été dur à la tâche (il était artisan maçon « à l’ancienne »), qui avait vécu des moments difficiles dans sa jeunesse en tant que résistant notamment. A cause de ses problèmes cardiaques, il avait été obligé de prendre sa retraite avec un peu d’anticipation, mais il était resté très actif. Mais en vieillissant, il avait fini par devenir épouvantablement hypochondriaque. Il était également devenu très acariâtre, notamment avec sa femme et il déprimait carrément. Sa maladie physique semblait contenue mais il ne supportait plus d’être dépassé par la maladie. Et surtout il ne croyait plus ce que les médecins lui disaient, c’est-à-dire qu’il n’était pas physiquement plus malade qu’avant. Psychiquement, c’était autre chose : il n’en pouvait plus. Bien des années avant, alors qu’il était encore en pleine forme, il avait évoqué la possibilité d’en finir exactement comme il l’a fait. Bien des personnes n’avaient pas pensé qu’il le ferait. Moi, je savais qu’il pouvait le faire. Je n’ai donc pas été tellement étonné par son suicide. N’étant pas suffisamment proche de lui, en tout cas à ce moment là, j’ignore le chemin exact qu’il a emprunté pour en arriver là. J’ignore si le corps médical a été à la hauteur ou à quel point il aurait accepté la thérapeutique. En tout état de cause, je ne suis pas loin de penser (sa femme était en tout cas sur cette longueur d’onde) que cette façon d’en finir fut une libération. Peut-être aussi est-ce moins choquant de partir ainsi à cet âge là ?

Alors, pour en revenir à l’actualité, je ne suis a priori pas tellement d’accord pour la légalisation de l’euthanasie parce qu’elle constitue une forme de permis de tuer. L’homme en pleine santé que je suis, l’homme qui ne connaît aucun problème important, l’amoureux de la vie que je suis me dit que même plongé dans un « état de déchéance avancée », je voudrais encore m’accrocher jusqu’au bout. Je ne voudrais pas qu’on décide à ma place. Je ne veux pas non plus qu’on prétexte une fallacieuse volonté d’euthanasie pour se débarrasser des gens encombrants (c’est là que ressurgit l’idée de [nazi]). En même temps, je me dis que l’on doit tout faire pour soulager les souffrances et le milieu hospitalier français a encore du boulot sur la planche et de gros progrès à faire sur le sujet. Enfin, il me semble que lorsqu’on a épuisé tous les recours et que l’on y a eu effectivement et pleinement accès, il semblerait que l’on devrait avoir le droit d’en finir. Seulement, c’est là qu’est le hic : l’euthanasie active ne doit en aucun cas être un palliatif aux carences du monde hospitalier. Avec le délabrement du monde hospitalier qui devrait se poursuivre et s’amplifier dans les années à venir (nos gouvernements s’y emploient activement), j’ai bien peur que la légalisation de l’euthanasie se transforme en moyen thérapeutique. Cela fait froid dans le dos.

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