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Cornus rex-populi
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30 janvier 2021

Le vaccin à ARN messager (épisode 3)

En dehors de la composante aqueuse ultradominante au sein de notre organisme, nos cellules sont en grande partie composées de corps gras (phospholipides) assez inertes et surtout de protéines qui assurent énormément de fonctions et dont on n’est encore loin de tout connaître. Le fonctionnement de l’organisme repose donc très largement sur elles. Et pour que cela fonctionne, il faut donc fabriquer et renouveler (à cause de l’usure ou de l’usage) ces molécules sans arrêt. Les plans détaillés de ces protéines se trouvent dans le coffre sécurisé qu’est le noyau avec l’ADN. Les protéines, elles, sont fabriquées dans les usines que sont les ribosomes (cf. épisode 1). Les ribosomes de la cellule n’ont pas besoin de tous les plans de toutes les pièces que fabrique l’entreprise et de toutes ses succursales, d’autant que ladite cellule n’est pas spécialisée dans toutes les tâches ou toutes les pièces. Alors même si absolument tous les plans sont dans le coffre de chacune de nos cellules, seules les pièces vraiment nécessaires et en capacité d’être produites dans la cellule en question le seront. Ainsi, il faut un messager entre le coffre et l’usine et c’est donc le rôle de l’ARN messager qui fait office de facteur. Il s’agit d’une copie de l’ADN, mais très petite puisque cette copie ne possède les plans que pour une ou quelques pièces (protéines). En plus, cette copie est fragile comme si l’organisme se méfiait des espions pour éviter des copies illicites. De fait, l’ARN messager sert une fois puis est détruit et s’il ne sert pas, il est détruit également, un peu comme la bande magnétique annonçant une nouvelle mission dans Mission impossible ou comme si on décidait de tuer le facteur-messager après usage.

Tout part donc du noyau où un morceau d’ADN est déplié pour être copié (grâce à des protéines – enzymes). Alors, la copie n’est pas totale, seul ce qui est essentiel l’est. Tout se passe comme si on ouvrait la fermeture éclair que constitue l’escalier à double hélice qu’est l’ADN et qu’on venait reconstituer l’un des brins manquants. Une fois la copie réalisée, on clôt la fermeture éclair et on range l’archive ADN. L’ARN messager monte alors sur sa trottinette (une/des protéines spéciales font office de moyen de transport) et quitte le noyau en passant par un pore (porte que ne peut pas franchir l’ADN qui est trop épais, lui) puis se dirige vers l’usine (ribosome). Dans le ribosome, il y a une tête de lecture (comme celle d’un magnétophone ou d’un magnétoscope) qui va lire le brin d’ARN messager. Cette tête de lecture est encore une forme de complexe entre protéines et une autre forme d’ARN (ARN ribosomial). La tête de lecture va donc lire les mots de trois lettres ou codons (22 mots différents sans compter les synonymes) et chaque mot va se traduire par un acide aminé spécifique (22 acides aminés). La protéine s’allonge par la mise bout à bout d’acides aminés dans l’ordre précisément déterminé dans lequel se lisent les codons. A la fin de la bande magnétique, le point final à la protéine est donné. La protéine ainsi formée est une structure assez simple à très complexe dont la forme doit être considérée en trois dimensions et va jouer le rôle biochimique qui lui est assigné.

Voici une vidéo de l’INSERM que j’ai trouvée assez sympa et assez simple.

À suivre.

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8 février 2020

Téléostéen !

Le mot Téléostéen a récemment fait parler de lui bien plus que je ne l’aurais imaginé. J’ai donc construit une phrase autour de ce mot qui, je pense, ne peut immédiatement parler qu’à de très rares tarés dans mon genre qui ont (eu) une pratique double en hydrobiologie et en phy*to*sociologie. Je ne pense pas avoir forcé plus le trait que ce qu’écrivent nombre de médecins, notamment les spécialistes quand ils rédigent un compte rendu d’examen, ce qui ne semble choquer personne parce que cela a un sens précis en peu de mots.  Voici la phrase en question.

Au Canada oriental, les taxons téléostéens migrateurs amphihalins anadromes potamotoques, en particulier les Salmoninae, frayent dans des faciès lotiques (plats courants) du rhithron, souvent caractérisés par la présence de syntaxons synvicariants du Batrachion fluitantis Neuhäusl 1959.

Et voici les explications.

Taxon : unité quelconque de la classification des êtres vivants (entre autres) comme l’espèce, le genre, la famille, l’ordre, la classe…

Téléostéens : la grande majorité des poissons, en excluant les cartilagineux requins et raies, les lamproies et autres osseux un peu marginaux comme les esturgeons et quelques autres groupes). Au passage, le terme de « Poissons » n’a plus de sens scientifique car les Poissons sont, dans la classification moderne des êtres vivants, un groupe paraphylétique, c’est-à-dire que tous les êtres vivants du groupe n’ont pas le même ancêtre commun (ou si on veut, ne sont pas tous placés au même endroit de l’arbre de la vie). Les Poissons, c’est un peu comme si on disait qu’une pomme rouge appartiendrait au groupe des tomates juste parce qu’elle est rouge. Bien sûr, je caricature, car la classification des êtres vivants avait déjà intégré depuis un moment les théories de l’évolution, mais les progrès des dernières décennies, notamment en génétique (mais pas que) ont permis de remettre de l’ordre, en se rendant compte que la proximité morphologique n’était pas forcément signe de proximité en termes d’évolution ou de génétique. La nature a parfois « inventé » plusieurs fois une particularité morphologique, physiologique ou autres, pour des êtres vivants ayant suivi des histoires complètement différentes.

Amphihalin : qui a une grande amplitude de tolérance au sel dans l’eau. Cela qualifie souvent des espèces animales migratrices.

Anadrome : qualifie pour les migrateurs en cours d’eau, le sens de la migration pour la reproduction (d’aval vers l’amont). [contraire : catadrome]

Potamotoque : qui se reproduit en eau douce (en fleuve, selon l’étymologie). [contraire : thalassotoque]

Salmoninae : sous famille parmi la famille des Salmonidés [Salmonidae], incluant tous les saumons et truites.

Faciès lotique : les cours d’eau, s’ils ne sont pas trop perturbés ou aménagés, se présentent toujours par une alternance de faciès (secteurs de cours d’eau caractérisés par une forme, des sédiments, des courants… à peu près homogènes) lotiques (eau courante) et lentiques (eaux calmes).

Plat courant : faciès lotique caractérisé par une eau courante sans grande turbulence et présentant une surface de l’eau assez plane. La profondeur est généralement peu importante.

Rhithron : dans la zonation longitudinale des cours d’eau d’Illies et Botosaneanu (1963), allant du crénon (sources et parties supérieures avec fortes pentes), au potamon (partie aval avant l’estuaire, avec pentes faibles), en passant par le rhithron (partie intermédiaire avec des pentes encore fortes et des eaux vives. Bien sûr, il existe des sous-catégories et d’autres zonations plus ou moins équivalentes. Le rhithron correspond à peu près à la zone à truite selon la zonation de Huet (1949).

Syntaxon : vient de syn- (avec, ensemble) et taxon (voir plus haut). Qualifie une unité dans la classification phy*to*sociologique, c’est-à-dire une communauté végétale ou un ensemble cohérent de communautés végétales proches.

Synvicariant : unité de végétation (syntaxon) vicariante, c’est-à-dire occupant la même position écologique dans une autre zone (phyto)géographique. Les plantes qui caractérisent deux syntaxons synvicariants ne sont pas les mêmes, mais occupent les mêmes niches écologiques. Exemple : la saulaie à Saule noir (Salix nigra) est le synvicariant nord-américain de la saulaie à Saule blanc (Salix alba) européenne.

Batrachion fluitantis Neuhäusl 1959 : non scientifique complet de l’alliance phy*to*sociologique regroupant les végétations à renoncules aquatiques des milieux courants que l’on trouve un peu partout en Europe. Cette alliance a été décrite et caractérisée validement par l’auteur Neuhäusl dans une publication scientifique en 1959.

1 février 2021

Le vaccin à ARN messager (épisode 4)

Nous savons à présent ce qu’est une cellule, ce qu’est l’ADN, l’ARN messager et comment se fabriquent les protéines au sein de notre organisme. Intéressons-nous à présent aux virus. Alors, c’est facile : un virus, c’est de l’ADN ou de l’ARN entouré d’une ou plusieurs protéines (capside) et c’est à peu près tout. Pis, il peut ne pas y avoir de capside. Les virus n’étaient autrefois pas considérés comme des êtres vivants, mais à présent, le consensus s’élargit pour les considérer comme vivants. En tout état de cause, ils sont d’une incroyable diversité et jouent des rôles majeurs dans la biodiversité et l’évolution des autres êtres. Hélas, ils peuvent aussi faire des dégâts particulièrement importants chez tous les êtres vivants. Ce sont des parasites assez ultimes. Ils utilisent leur génome (minuscule comparativement à une cellule d’eucaryote ou même de bactérie) pour répliquer leur ADN ou leur ARN et la ou les protéines qui les entourent. Pour cela, ils détournent la machinerie cellulaire pour fabriquer en très grand nombre de virus (ADN et ARN d’un côté et protéines de l’autre qui s’assemblent ensuite). Des centaines, des milliers de virus sont ainsi produits par une seule cellule qui éclate et qui peuvent ainsi aller infecter un très grand nombre d’autres cellules et se propager à l’extérieur. Précisons aussi que certains virus (dont les rétrovirus) ont la capacité de produire un ADN qui peut aller s’insérer dans l’ADN du noyau cellulaire et ainsi modifier le génome de la cellule hôte. C’est le cas du VIH (Virus de l’immunodéficience humaine donnant le SIDA) et de certains virus impliqués dans certains cancers. Grâce à ces capacités, les rétrovirus sont utilisés en thérapie génique, permettant de « réparer » les séquences de certains gènes défectueux. Une réparation qui se conserve puisque lorsque la cellule se divise, elle permet de récupérer chez la cellule fille une partition corrigée du gène, permettant la production de protéines fonctionnelles.

Mais je n’ai pas précisé que toute cette armada de virus infectant un organisme n’est pas forcément invincible et même quand elle était prétendue l’être, on sait ce qui peut advenir. Car oui, diverses lignes de défense existent et il faut dire que dans l’immense majorité des cas, le système immunitaire contre-attaque et remporte de très nombreuses victoires, ce qui n’empêche cependant pas la diffusion des virus. D’ailleurs, les vaccins, quels qu’ils soient n’ont pas d’autre objectif que d’aider l’organisme à mieux se défendre lui-même en activant plus tôt et plus fort les défenses immunitaires, notamment par la production d’anticorps spécifiques. Ils n’ont donc rien à voir avec les antibiotiques qui eux ont un effet toxique vis-à-vis de certaines bactéries, mais ne stimulent absolument pas le système immunitaire ; tout au plus peuvent-ils l’aider en limitant le nombre de bactéries présentes dans l’organisme qui peut alors davantage cibler ses contre-offensives.

Venons-en à présent au SARS-CoV-2, le coronavirus impliqué dans le (la) COVID-19. Il s’agit d’un virus à ARN. Il est assez gros, possède un génome assez important, possède quatre types de protéines pour son « enveloppe », dont le spicule protéique (la fameuse protéine « spike ») qui sert à la fois au virus de point d’ancrage à la cellule qu’il va infecter et qui est une protéine susceptible d’être reconnue par le système immunitaire. C’est donc ce spicule protéique qui va faire l’objet de toutes les attentions.

À suivre.

6 février 2021

Le vaccin à ARN messager (épisode 5 et fin)

Voyons à présent ce qu’est un vaccin. Il en existe un grand nombre de types. Parmi les plus anciens, ceux que Louis Pasteur a mis au point et qui restent d’actualité dans les principes aujourd’hui, même si les technologies de production ont énormément évolué depuis. Le principe est toujours le même : faire en sorte de stimuler le système immunitaire de l’organisme ou plutôt lui faire acquérir une mémoire lui permettant, en cas d’infection par l’agent pathogène ciblé, de produire immédiatement et en quantités suffisantes des anticorps et secondairement stimuler les autres agents du système immunitaire (globules blancs notamment). D’une manière générale, les éléments principaux constituants des vaccins sont des antigènes, comme les virus eux-mêmes ou tout autre élément étranger à l’organisme (toxines, bactéries…). Et ce sont ces antigènes qui déclenchent la production d’anticorps. Ces derniers sont produits avec retard en cas de primo-infection et parfois trop tard ou peuvent dans certains cas ne sont pas produits du tout si l’antigène n’est pas reconnu ou s’il se cache (en partie le cas pour le VIH). En cas de nouvelle infection par le même antigène et à un pas de temps pas trop éloigné (durée très variable), la réaction immunitaire est quasiment immédiate et très importante, permettant l’élimination rapide des antigènes. On constate un phénomène un peu analogue dans certains cas d’allergie (pour faire simple, une réaction immunitaire excessive).

Les vaccins se répartissent en différents types dont voici une liste non exhaustive :

  • vaccins à agents infectieux vivants atténués (rendus inoffensifs par mutations forcées). Ceux de Louis Pasteur sont de ce type, mais à l’époque, c’était beaucoup plus aléatoire et risqué ;
  • vaccins à agents infectieux inactivés (organismes morts, morceaux d’organismes…). Ce sont ces vaccins qui peuvent contenir le plus d’adjuvants immunologiques qui peuvent correspondre à des motifs moléculaires de l’agent infectieux en renforçant la stimulation du système immunitaire. Parmi ces adjuvants, on rencontre des antibiotiques, des tas de molécules ou des sels d’aluminium. Ces composés ont leur utilité, mais certains peuvent poser des problèmes (allergie, toxicité chez certaines personnes). C’est à bien prendre en compte, on peut s’en méfier, mais ces problèmes éventuels ne devraient pas être de nature à jeter le discrédit général et inconsidéré sur tous les vaccins, à commencer par les vaccins qui ne contiennent pas d’adjuvants problématiques ;
  • vaccins à agents antigéniques (molécules portant entièrement ou partiellement un ou plusieurs éléments antigéniques, par exemple une protéine portée par un agent infectieux, une toxine produite par une bactérie…) ;
  • vaccins à ARN messager et vaccins à ADN. Leles seconds sont assez proches des premiers, mais semblent plus problématiques et moins sûrs, mais je ne comprends pas bien le mode d’action dans les détails et ils ne sont pas utilisés à ce jour chez l’Homme. Nous allons nous concentrer sur les vaccins à ARN messager.

 

Le vaccin à ARN messager, contrairement aux autres, ne contient pas d’antigènes en tant que tels, mais de l’ARN messager encapsulé (lipides) lui permettant d’entrer dans les cellules et d’atteindre les usines à protéines. A partir de là, l’ARN messager du vaccin ou celui issu du noyau de la cellule ont exactement le même rôle et suivent le même chemin (cf. vidéo de l’épisode 2). Cependant, pour les vaccins contre le SARS-CoV-2 des deux sociétés Moderna et BioNTech, les ARN messagers ne produisent pas une protéine humaine, mais la protéine du spicule (« spike ») évoquée dans l’épisode 3. La différence avec ce que ferait le virus complet en cas d’infection est que seule cette protéine est produite (celle engendrant le plus de reconnaissance et de réaction immunitaire) et pas les autres protéines, enveloppes, ni bien entendu l’ARN complet du virus). Cet ARN messager vaccinal ne fabrique donc pas de virus et n’entre pas dans les noyaux cellulaires. La protéine « spike » ainsi produite engendre plusieurs types de réactions immunitaires sans provoquer la moindre infection. L’ensemble du système immunitaire est stimulé : globules blancs ordinaires, globules blancs (lymphocytes B – plasmocytes) engendrant la reconnaissance d’antigènes puis la production d’anticorps spécifique, macrophages (cellules digérant les intrus), etc. Les antigènes produits par l’ARN messager vaccinal sont donc éliminés dès la première injection de vaccin. La seconde injection vaccinale renforce le processus.

Personnellement, je trouve cette technologie de vaccin à ARN messager assez extraordinaire et en l’état, présente une efficacité assez extraordinaire, avec des effets toxiques ou allergiques finalement très rares et qui peuvent être a priori traités de manière convenable. Toutefois quelques problèmes se posent encore :

  • la durée d’immunisation non établie à ce jour, même si elle semble bien supérieure à six mois ;
  • la capacité des vaccinés à véhiculer des virus, non connue à ce jour ;
  • l’efficacité du vaccin vis-à-vis de certains mutants (variants). Il semblerait encore efficace contre le mutant dit anglais, mais la question se posent pour d’autres. Je pense que c’est là la principale limite de ce vaccin très spécifique, très ciblé sur une unique protéine. Si la forme de la protéine change suffisamment après mutation, la mémoire humorale (anticorps) risque d’être inopérante ou insuffisamment. A ce titre, des vaccins à plus large spectre (à bas de virus plus complets ou en plusieurs « morceaux ») sont susceptibles d’être plus intéressants à plus long terme. Toutefois, il pourrait aussi être envisageable de produire des vaccins à ARN messagers tenant compte des mutations (ce n’est pas envisagé à ce jour).

En guise de résumé et de synthèse conclusive, je propose cette vidéo que je trouve pas mal, surtout quelle reprend une partie des métaphores auxquelles javais pensé.

19 mars 2017

Musée Magritte à Bruxelles (2)

Campagne. 1927.

 

Personnage méditant sur la folie. 1928.

 

Paysage. 1927.

 

Une Panique au Moyen-Âge. 1927.

 

L’Automate. 1929. Je précise que cette forme de boule blanche à deux hémisphères accolés avec une gorge centrale est fréquente dans l’ensemble de l’œuvre de Magritte. J’ignore ce que cela signifie. J’ai lu qu’il pourrait s’agir d’un grelot (initialement), que cela pourrait symboliser la voix, mais cela n’est pas évident. Personnellement, l’idée récurrente de cette forme simple me plaît.

 

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22 janvier 2017

Cambrai (0)

Il y a quand même des fois où « l’art », la « peinture » est un foutage de gueule complet. L’œuvre n’a pas de titre, on nous a épargné le « Carré blanc sur fond blanc ». Lauteur est un certain Guy de Lussigny. Je ne montre que cela pour ce soir, mais nous avons vu beaucoup mieux dans ce sympathique musée cet après-midi. C’était à Cambrai et nous n’avons fait (ni mangé) aucune bêtise.

17 janvier 2017

Brèves cornusiennes (68)

Plus léger. J’avais en tête depuis un certain temps de changer de voiture avant que la nôtre n’ait trop perdu de valeur (bientôt 7 ans), avant que certaines pièces très onéreuses ne lâchent ou soient à changer compte tenu du kilométrage (on a fait des frais imprévus pendant les vacances de Noël et pourtant, c’était moins cher qu’ailleurs). De plus, nous voulions un peu plus de place de chargement. Nous avons profité du week-end portes ouvertes pour faire le tour des concessions, trois en France et une en Belgique. J’avais bien sûr des idées en tête sur les modèles de voitures qui conviendraient, mais je voulais les montrer et les faire valider à Fromfrom qui ne voyait pas bien de quoi il s’agissait. Dans le lot des cinq modèles auxquels je pensais, il y en avait une que je n’avais jamais vue en vrai et dont je pensais que Fromfrom exclurait d’emblée. Pis, contre toute attente, c’était sa préférée (et je la rejoignais), et ce sans tenir compte du prix. Parce que de ce côté-là, c’était aussi la plus chère de toutes. Ce n’était pas la seule à être trop chère. Du côté du losange, un des deux modèles s’est avéré tristounet et peu facile d’accès au volant : certes, nos gabarits sont ce qu’ils sont, mais c’est quand même embêtant vu le prix. L’autre modèle était le deuxième plus cher, mais n’a pas non plus suscité un enthousiasme extraordinaire malgré la nouveauté. Du côté des chevrons, un véhicule intéressant globalement, mais le tableau de bord central n’a pas été approuvé par Fromfrom (je n’étais pas aussi réservé). Le lion, offrait la plus grosse nouveauté et la plus chère et qui a sans doute le plus de succès en ce moment dans la catégorie, mais nous avons finalement opté pour le modèle sorti depuis le plus longtemps et aussi la moins chère de toutes, et encore celle pour laquelle les conditions de reprises étaient les plus intéressantes. En réalité, un changement dans la continuité. Je n’en dis pas plus pour l’instant.

7 juin 2016

D comme... (10)

Cela faisait longtemps que je n’avais pas proposé un nouvel épisode du dictionnaire commenté. Voici donc.

 

DAILLE n. f.

Faux.

Remarque : il s’agit bien de l’instrument pour faucher l’herbe. Mon grand-père fauchait avec cet engin des prairies complètes, car trop pentues pour y faire passer la faucheuse à traction animale. Il en possédait avec de grandes lames, bien plus grandes que celles que l’on voit généralement aujourd’hui. Il les affûtait très régulièrement à la pierre et les battait sur une enclume spéciale. Inutile de dire, que cela tranchait. Les tas de rigolos qui se servent de ça aujourd’hui pour épater la galerie m’agacent. La très grande majorité d’entre eux ne savent pas s’en servir et personne ne s’en aperçoit. Mon père fait partie de ceux qui essayaient de bien s’en servir, mais avouait lui-même avoir de grandes difficultés, et pourtant il ne déméritait pas. Dès qu’il a pu se payer une débroussailleuse, il a abandonné la daille.

 

DARBON n. m.

Taupe.

Remarque : je l’ai plus entendu pour désigner les taupinières que ce dictionnaire appelle DARBONNIÈRE.

 

DÉCLAVETÉ adj.

Mal en point.

 

DÉFUNTER v. intr.

  1. Mourir.
  2. Devenir hors d’usage.

Remarque : très entendu pour le sens 2 pour divers appareils.

 

DÉJEUNER v. intr.

Prendre le repas du matin.

Remarque : je n’ai su qu’assez tard que le repas du matin était le petit-déjeuner car le matin, on déjeunait, à midi, on dînait et le soir, on soupait.

 

DÉPARLER v. intr.

  1. Parler à tort et à travers.
  2. Délirer.

 

DÉPONDRE v. tr.

  1. Déchirer, mettre en lambeaux.
  2. Détacher, disjoindre.

 

DINDE n. m.

Dindon.

 

DUELLE n. f.

Douve.

Remarque : la graphie correcte en français moderne est douelle. Je connais surtout l’expression « tomber en duelles » qui outre les tonneaux, désigne un objet qui se brise ou n’est pas solide. Mon grand-père décerclait de temps en temps les tonneaux pour racler, nettoyer l’intérieur des douelles. Il les numérotait bien pour pouvoir tout bien remonter ensuite.

2 juin 2016

De la fiabilité des bibles

En préambule, je dois dire que depuis deux jours, Canalblog dysfonctionne et que je ne suis pas arrivé à poster les réponses aux commentaires quand je l’aurais voulu, et encore ce matin, ce qui m’oblige à recommencer ici dans cette note. Par ailleurs, si le commentaire s’adresse à Karagar en premier lieu suite à des commentaires chez Plume, cette note ne lui est pas uniquement destinée car j’ose espérer qu’elle est beaucoup plus large, d’autant que je ne doute pas que Karagar sache une bonne partie de ce qui suit.

Donc, je prends bonne note pour la poésie, mais ce n’est pas pour autant que je vais en rester là. Il y a en effet peut-être lieu de dire ce qu’est un atlas floristique moderne qui n’est que la restitution synthétique d’une ou de plusieurs bases de données beaucoup plus précises et documentées, mais s’appuie aussi un peu sur du dire d’experts. J’y reviendrai ensuite.

Tes observations, aussi fiables soient-elles, ne procèdent pas d’une démarche scientifique ou de protocoles précis et reproductibles. Il s’agit d’une approche empirique, qui a aussi ses vertus et personnellement, je peux accorder beaucoup de crédits à de telles observations, à condition qu’on y apporte un minimum de rigueur et que l’on ne leur fasse pas dire plus de choses que de raisons. Et j’ai parfaitement bien compris ce que tu voulais dire. Toutefois, comme tu mets en cause la fiabilité des observations des Con*serv*atoires bo*ta*ni*ques na*tio*naux, il me faut à présent dire comment se font les inventaires floristiques généraux systématiques de type « atlas ». Les méthodologies ont varié avec le temps et les circonstances (contexte, historique…), mais d’une manière générale, la méthode consiste le plus souvent maintenant à réaliser des inventaires les plus complets possibles à l’échelle des communes via un échantillonnage stratifié, c’est-à-dire en réalisant des inventaires dans des lieux ciblés en fonction des types de milieux et de la représentativité de ces milieux, le tout en s’aidant de la carte topographique, de la carte géologique, des photos aériennes, d’autres documents cartographiques éventuellement disponibles et aussi en fonction des données historiques disponibles, de préférence géolocalisées, référencées dans la base de données (ou pas dans la base, mais c’est mieux). Les parcours dans ces lieux ciblés sont enregistrés dans la base de données au retour du terrain, tout comme la localisation précise des espèces menacées ou protégées (au GPS et anciennement par pointage sur carte ou photo aérienne papier). Des listes d’espèces sont établies pour chaque parcours. Cela se fait à présent sur des tablettes PC (pas des tablettes type ipad, des tablettes plus épaisses et professionnelles) ; on a commencé à utilisé de tels engins depuis 10 ans et depuis, on a abandonné progressivement les bordereaux d’inventaires papier, que l’on n’utilise à présent que lorsqu’il pleut trop. Le botaniste du XXIe s. n’est pas un dilettante qui papillonne dans la nature avec une pâquerette entre les dents en notant éventuellement, de temps à autre, un nom latin sur un petit carnet. Non, le botaniste professionnel actuel est un homme ou une femme, chargé(e) de pas mal d’équipements et qui n’a pas le temps de se prendre les puces aux côtes. Il passe peu de temps sur la commune, une fois le plus souvent, parfois deux fois dans la saison (assez souvent, cela dépend des types de milieux), bien plus rarement trois fois. Il passe ½ journée à une journée par commune. Nul doute, qu’il faille être très efficace. Les moyens dont nous pouvons disposer ne nous permettent pas d’y passer plus de temps, à mon grand regret. Et malgré cela, cela représente beaucoup de travail et il faut des années pour parcourir un département. On l’aura compris, un inventaire floristique mené dans de telles conditions ne peut pas être exhaustif, et pourtant des études statistiques ont montré la représentativité et la fiabilité de la chose, y compris pour nos propres inventaires. Je ne peux donc pas accepter d’entendre que le résultat de notre travail ne serait pas fiable.

En fait, tu confonds fiabilité et précision de la récolte de la restitution (cartographique ou non) des données. Comme tu pourras, le comprendre, les temps et les moyens humains et financiers ne nous permettent pas de prospecter chaque mètre-carré des territoires et il est illusoire de penser le faire, sauf pour des études bien plus précises sur des sites très délimités. Malgré l’imprécision des botanistes professionnels « atlasistes », ils sont quand même capables de dénicher des tas de stations d’espèces que tu considères comme absentes de régions entières. En réalité, ce sont tes « prospections » qui manquent de précision et c’est on ne peut plus normal. Le manque de fiabilité que tu ressens (mais qui n’est pas réelle comme on l’a vu) s’explique par le fait que nous ne sommes en mesure de prospecter et de restituer des données qu’à une échelle communale (ou au mieux à une échelle de mailles carrées de 2 km de côté) et donc de parler en présence/absence dans ces « grandes » unités spatiales (qui sont en réalité assez fines à l’échelle d’une région). Si les mailles étaient plus petites, on pourrait avoir une meilleure approche semi-quantitative et donc approcher sans doute de ce que tu souhaiterais attendre d’un atlas. Toutefois, cette remarque vaut pour les espèces communes ou peu rares, car pour les espèces les plus menacées et en principe les plus rares (dont ne fait pas partie Echium vulgare L., même dans le Finistère). Les espèces rares menacées, en tout cas certaines d’entre elles, font l’objet d’autres approches complémentaires souvent disjointes des inventaires de type atlas (inventaires conservatoires) qui consistent, entre autres choses, à comptabiliser les pieds. Tout cela représente un travail considérable.

Enfin, il faut rappeler que le seul département du Finistère comporte plus de 1550 espèces vasculaires indigènes (ou assimilées indigènes), sans parler des espèces exotiques sauvages de tous poils. Je ne parle pas non plus du travail sur les bryophytes (mousses et consorts), certains groupes d’algues d’eau douce, l’énorme travail sur les communautés végétales et les habitats (dont l’étude est particulièrement fondamentale pour guider toutes les démarches), etc.

Je m’arrête là, je ne vais pas exposer plus loin les choses, j’en ai déjà sans doute beaucoup trop dit.

6 avril 2016

Brèves cornusiennes (57)

Ce 9 avril, mon blog aura 10 ans (il a lui-même succédé à un autre éphémère qui avait duré un mois ou deux seulement sur une autre plateforme, moins pratique). C’était Karagar qui m’avait poussé à créer ce « truc » et j’avais d’abord lu ses textes. Des textes qui m’avaient beaucoup plu. Auparavant, les rares blogs que j’avais lus ou vus étaient d’un tel vide sidéral que je n’aurais jamais pensé prendre vraiment plaisir ou intérêt à consulter des blogs. Mais c’était Karagar, Plume et d’autres plus tard, donc une sorte de dessus du panier, un autre part très particulier pour moi. Je ne pensais pas moi-même écrire. Or, je m’y suis quand même mis un peu. Certes pas de la littérature, mais parfois des choses très personnelles, beaucoup de conneries, avec ou sans guillemets. J’ai aussi publié pas mal de photos : le compteur en affiche 14 567 ce soir, certes une très large majorité de choses médiocres, mais que j’assume cependant, d’autant que cela doit bien en partie me caractériser. En tout cas, dix ans après, je suis toujours aussi curieux de faire le tour des blogs, un tour pas très large, mais auprès de gens vrais, pour la plupart des amis chers.


Donc ce matin, lever très tôt pour être au premier rendez-vous de la journée à la clinique ophtalmologique lilloise et pour éviter les bouchons, nous sommes arrivés avec près de 45 min d’avance. Il faut dire que c’est mercredi et les vacances scolaires. Résultat des courses, ce n’est pas catastrophique, mais avec une correction, ce sera quand même plus facile pour lire, y compris et surtout sur l’ordinateur. La mutuelle dont nous bénéficions me permet de ne pas avoir à débourser grand-chose. Fromfrom a été entièrement prise en charge les fois précédentes, mais c’est souvent le cas quand les corrections sont plus fortes.


Nous partons pour un petit périple médio-ligérien où pierres et vins seront au rendez-vous, avant de filer terminer le séjour en terres éduennes. Je ne donne pas davantage de détails, car au retour il y aura des devinettes, que je promets faciles cette fois pour que tout le monde puisse aisément tenter sa chance.

1 avril 2016

Rangement spatio-temporel

« Il est complètement anormal qu’il faille trois ans pour ranger un bureau ». Cette phrase, je l’ai écrite vendredi, il y a huit jours. Comment aurait-on pu imaginer que je puisse écrire un jour, tout à fait sérieusement, une phrase pareille ? Je ne suis pas tombé dans une faille de l’espace-temps et ce n’est pas non plus un poisson d’avril. Et pourtant, elle est authentique cette phrase. Petite explication.

Au boulot, les temps de travail des salariés, singulièrement les scientifiques, se répartissent en des temps sur les différentes missions qu’ils ont à traiter au cours de l’année et aussi un temps dit « de fonction » qui est variable selon les fonctions et égal à un certain pourcentage. Ce pourcentage correspond à tous les temps « morts » non affectables à une mission, à l’encadrement général, à la coordination générale, aux formations, aux recherches diverses et variées, à la recherche de financement, à la représentation… Ainsi, ce temps ne doit jamais être supérieur à celui qui est prévu puisque tous les comptes de l’entreprise reposent sur cet équilibre.

Nous contrôlons régulièrement le respect des pourcentages de ce temps de fonction, même s’il peut arriver qu’à certaines périodes de l’année ce pourcentage augmente momentanément, mais reste bon quand il est calculé sur l’année complète. Vendredi dernier, donc, je me dis qu’il serait bien de contrôler ces temps, ce que fait ma directrice administrative et financière (DAF) et elle constate que les temps de fonction de la directrice « scientifique » ont plus que doublé alors que sa fonction n’en exige pas énormément puisqu’elle n’encadre personne, ne coordonne rien, ne recherche rien…

Suite à interrogation par courriel, elle trouve des excuses à la con du style qu’elle a beaucoup de courriels à trier (parce qu’elle bosse à 4/5 de temps), qu’en tant que directrice « scientifique », elle doit regarder ce que les autres font alors qu’elle n’a pas de temps affecté sur les missions en question (en réalité, c’est fait exprès, en voulant se mêler de tout, elle emmerde tout le monde et bloque tout et du coup, depuis quelques années, personne ne veut la voir débarquer dans ses projets, sauf quelques projets, hélas). Et cerise sur le gâteau, on lui a demandé début janvier, comme à tous les salariés de son bâtiment, de ranger son bureau, en prévision des travaux de peinture au mois d’août. Son bureau, elle l’occupe depuis plus de 20 ans et c’est devenu un bordel indescriptible. Un bordel en réalité inacceptable avec des accumulations infernales de papiers divers dont 90 % au moins n’ont plus aucune raison d’être conservés. Et elle nous écrit qu’elle avait réfléchi dans sa tête à prévoir le rangement sur trois ans (et non sept mois), en gros d’ici son départ effectif en retraite. Et elle passe donc une partie de son temps de fonction à ranger son bureau et à évacuer du papier, ce qu’elle n’a réalité fait que durant quelques minutes sur une dizaine de jours. Sauf que ce temps, elle ne devrait pas le compter sur du temps de travail effectif parce que sa situation est inadmissible.

Voilà comment on explique ma phrase de départ. Je ne vous raconte pas comment cela s’est terminé. En gros, en définitive, ma DAF et moi nous sommes fait littéralement insulter, ce qui m’a mis en furie (une douce furie, cela ne m’empêche pas de dormir tellement c’est con) puisque j’ai passé une bonne heure samedi à lui répondre point par point, en lui mettant le nez dans sa merde et en exigeant une fin de non recevoir à toute tentative de nouvelle réponse de sa part. J’ai obtenu satisfaction de ce côté-là, mais je craignais qu’elle ne soit en arrêt de travail mardi (parce que je suis rien qu’un méchant). Mais non. Je ne l’ai pas vue de la semaine (je n’ai pas cherché non plus) et je pense qu’elle a fait profil bas avec tout le monde (parce que bien sûr, toute la boutique est au courant de ses outrances).

Et la conclusion a aussi été de décider que l’on ne repeindrait finalement pas son bureau cet été, contrairement à tous les autres. Voilà à quoi il marrive de mamuser. Comme si je navais que ça à faire. Mais je ny peux rien si les gamins ne sont pas toujours là où on croit.

19 avril 2016

Conseil scientifique

Aujourd’hui, c’était Conseil scientifique, mon premier en tant que « maître de cérémonie » si j’ose dire. Plusieurs personnes m’ont demandé si j’étais stressé par l’exercice ou je ne sais quoi d’autre. Mais cela n’a heureusement pas été le cas. Était-ce de l’inconscience de ma part ? Assurément non. Plutôt de la confiance. D’une part parce que notre organisation est très bien rodée, efficace et que chacun (ou presque) joue parfaitement bien sa partition, depuis la rédaction des différentes parties du rapport d’activités (et j’aime autant vous dire qu’il est fourni), jusqu’aux présentations « bilan » ou tenant plus du « débat » scientifique. En définitive, non, je n’ai presque pas été véritablement stressé tant les choses se sont bien déroulées sur tous les plans. Comme je suis un peu vicieux quand même (;-)), je me suis permis d’interpeler par surprise quelques personnes des équipes. En leur demandant d’éclairer mes propos de précisions, c’est la meilleure façon de ne pas dire de bêtises (je ne suis pas en mesure de maîtriser tous les sujets) et surtout de rendre la (longue) présentation plus rythmée et plus vivante. Évidemment, demain je vais à nouveau les féliciter, car si tout n’est jamais totalement rose au quotidien, je suis tout de même très fier de l’ensemble des équipes.

11 mars 2016

Cela va faire un an

Le 24 février 2015, j’annonçais sur ces pages qu’on voulait me proposer un poste de directeur et il y a tout juste un an aujourd’hui, on me l’annonçait tout à fait officiellement. Ma prise de fonction ne s’était faite que le 1er avril. Cette période où je changeais de fonction avait été tout à fait excitante, même si je dois dire que j’avais quand même trouvé le temps long.

Le contexte financier (difficultés à obtenir des financements) dans lequel ma structure était l’an dernier à mon arrivée et celle que nous connaissons aujourd’hui est pire et devrait encore s’aggraver en 2017 (jusqu’à quand ?). Néanmoins, grâce à une bonne partie de mon équipe, on va s’en sortir et nous sommes même obligés d’embaucher en CDD (nous serons le même nombre de salariés que l’an dernier cet été). Certes, c’est précaire, mais c’est quand même inespéré. Quand j’entends dire que l’on veut surtaxer les CDD (il y a déjà une taxe sous forme de prime de précarité), cela ne tient pas la route. D’une part, on pénaliserait soit les structures comme la notre pour laquelle ce n’est déjà pas toujours évident, soit (ou en même temps), on empêcherait d’embaucher en ne répondant pas présent aux commandes ou aux demandes de nos partenaires. Si l’État et certaines collectivités territoriales ne se désengageaient pas, on pourrait sans souci embaucher en CDI, avec une vision à moyen terme. Mais là, on est suspendu aux lubies politiques qui considèrent durement l’environnement sans rien (vouloir) comprendre, qui pourtant ne coûte vraiment pas grand-chose face à toutes les conneries qui sont dépensées en pure perte par ailleurs. Je ne détaille pas, c’est usant.

Pour faire un premier bilan, cela ne fait pas tout à fait un an, mais le bilan est finalement assez positif dont la responsabilité est évidemment collective. Après le renouvellement politique dans les Départements et les Régions, s’ouvre désormais devant moi plein de chantiers pour préparer l’avenir, en espérant que nous saurons nous faire entendre localement. Au niveau national, je crois que c’est mort. La loi sur la biodiversité en seconde lecture à l’assemblée nationale dès la semaine prochaine devrait consacrer un beau fiasco, même si on entendra probablement des commentaires inverses.

18 février 2016

Les seconds seront les premiers (4)

Voilà une série que j’avais abandonnée. La voilà qui refait surface un an après.

Cette chanson pour exprimer l’horreur. Certains voudraient actuellement nous faire accepter les chemins qui pourraient facilement y conduire. La version originale de Jean Ferrat, je ne la présente pas. Mais celle de Natacha Ezdra, que je viens de découvrir, m’a agréablement surpris. Pas au point de faire oublier l’originale, mais tout de même. Malheureusemennt, ce qui est accessible en vidéo sur linternet noffre pas des enregistrements de qualité suffisante. Donc, il ny a finalement que loriginale.

 

22 septembre 2015

Déjà dix ans !

Pas moyen de savoir exactement quel jour c’était précisément, mais c’était assurément autour du 20 septembre 2005. Ce n’est pas un scoop, Karagar et moi l’avons déjà raconté à de multiples reprises sur ces pages. C’est même sûrement du trop réchauffé, mais j’en reparle à l’occasion des ces 10 ans.

Karagar et moi échangions déjà assez régulièrement depuis un bon mois et demi, notamment via la défunte plateforme MSN. Ce jour-là, comme cela était déjà arrivé 2-3 fois, Karagar branche sa webcam pour me faire une blague, alors que lui dinait avec du monde. Au départ, j’ignorais combien ils étaient à table. D’ailleurs, je ne voyais personne au début. J’avais fini par comprendre qu’outre Karagar, il y avait une dame à table, au rire très communicatif. Eux s’étaient arrangés pour me voir à l’écran sans que je puisse les voir. Au bout d’un moment, j’avais finalement pu les voir, et notamment cette jeune femme souriante. Cela m’avait forcément intrigué et j’avais eu d’emblée un a priori très positif. N’oublions pas non plus qu’à cette période, j’étais encore en plein doute sur moi-même, avec bien peu d’expériences amoureuse et sexuelle pour dire les choses jusqu’au bout, et qui plus est, pas vraiment positives ni enthousiasmantes. Je passe sur les détails qui n’ont que bien peu d’intérêt. En tout cas, je m’étais vu le soir même ou dès le lendemain, demander des détails à Karagar sur cette jeune femme (qui elle était au juste) et j’avais appris qu’elle dialoguait aussi sur MSN. Je n’osais la contacter, mais je me rappelle que je m’étais fait forcer la main pour rentrer en contact avec elle sans remettre au lendemain. Ce que je fis (je suis un garçon obéissant des fois, faut pas croire).

Et là, après une première vraie prise de contact, après avoir branché assez rapidement nos webcams respectives, nous nous sommes regardés sans rien nous dire pendant de longues minutes. Impossible de dire combien de temps cela avait duré, les secondes avaient oublié de s’écouler. Puis, dans les jours qui suivirent, nous nous sommes racontés nos vies respectives, y consacrant de longues soirées. Personnellement, j’avais tendance à ne voir que les côtés négatifs d’une relation réelle avec elle, à commencer par l’éloignement géographique (pas loin de 8 h de voyage en train quand même), le fait que la Bretonne était indéboulonnable de sa région natale (elle avait été rapidement très claire sur le sujet). Ces côtés négatifs devaient peser dans mon indécision et Karagar s’en impatientait. Il avait raison. J’avais finalement décidé d’aller la voir uniquement un mois après notre rencontre virtuelle. Cette décision prise, je n’avais plus qu’un seul et unique objectif, écrasant définitivement tous les autres. Je me souviens bien du déclic qui s’était fait dans ma tête et des certitudes qui étaient désormais les miennes. Des certitudes qui passaient par la possibilité de faire un morceau de chemin ensemble avec Fromfrom. Je ne savais pas encore que les barrières tomberaient toutes les unes après les autres.

Mais point de précipitation, je voulais juste évoquer aujourd’hui cet anniversaire de notre première entrevue virtuelle et l’effet du catalyseur « lépidoptérologique » de Karagar, qui fera à jamais partie intrinsèque de l’histoire. Car sans lui, rien n’aurait pu arriver dans notre formidable histoire d’amour entre Fromfrom et moi. Qu’il en soit à nouveau vivement remercié. Aujourd’hui, cela me semblerait presque banal ce qui nous est arrivé, mais en ce qui me concerne, il y a dix ans, j’étais dans l’incapacité totale de me projeter et je vivais très mal ma situation de célibataire endurci et sans doute pas mal aigri. Je pense que cela a largement changé de ce côté, grâce aussi à la fabuleuse Fromfrom.

28 novembre 2014

Manichéismes

Quoi de plus laid qu’une friche sur remblais industriels ?

Quoi de plus beau qu’une friche sur les sables ligériens ?

 

Quoi de plus laid qu’une pelouse calaminaire à Armérie de Haller ?

Quoi de plus beau qu’une pelouse à Armérie maritime d’une falaise armoricaine ?

 

Quoi de plus laid qu’un terril conique de schistes noirs de froid ?

Quoi de plus beau que les collines du Pilat baignées de douceur ?

 

Quoi de plus laid qu’un bord de route poubelle aux abords de Lille ?

Quoi de plus beau qu’une berme routière tourangelle à orchidées ?

 

Quoi de plus laid qu’une peupleraie plantée sur une prairie humide de fauche ?

Quoi de plus beau qu’une hêtraie à jacinthes ?

 

Quoi de plus laid qu’une haie de thuyas coupée au cordeau ?

Quoi de plus beau que les haies vives du bocage berrichon ?

 

Quoi de plus laid que la raffinerie de pétrole du Havre ?

Quoi de plus beau que les forges de Buffon ?

 

Quoi de plus laid que le plan d’eau croupie de la zone commerciale ?

Quoi de plus beau que le doux miroir de l’étang du Dragon terrassé ?

16 mars 2014

Stagiaire Cornus

Il y a quelques temps, j’avais parlé des stagiaires « directs » et de longue durée que j’avais eus. J’aborde cette fois le cas du stagiaire Cornus.

De mon temps, contrairement à la pratique actuelle, il n’y avait pas de stage de découverte en entreprise. Donc, je n’ai jamais véritablement mis les pieds dans une entreprise en dehors de celles de mes parents. Ma mère, après avoir travaillé dans la même société que mon père en tant qu’infirmière du travail et avoir été mise au chômage suite à des réductions d’effectifs, a terminé sa carrière dans une maison de retraite communale médicalisée. Ma mère a toujours refusé que je fasse des « jobs » d’été dans l’entreprise paternelle, tant elle connaissait les risques qui n’avaient rien de théoriques (le nombre d’accidents qui s’y produisait était impressionnant et surtout parfois extrêmement graves, sans parler des morts).

Après le bac, je n’ai rien fait. L’année suivante (bac + 1) sans stage obligatoire, je n’ai rien fait non plus. J’ai utilisé mon été à me faire opérer des ongles (pas si bénin que ça, d’autant que ça a duré) et à confectionné mon premier et seul herbier qui nous était réclamé. Je n’ai pas eu la meilleure note d’ailleurs, mais seulement la seconde, certes de peu. Je m’étais fait doubler par un de mes camarades qui avait passé l’été à herboriser dans les Alpes. L’année suivante, ce jeune présomptueux fut remis à sa place dans tous les compartiments du jeu végétal.

Mon premier stage obligatoire pour l’obtention de mon Diplôme universitaire de technologie fut à l’Institut Pasteur de Lyon (IPL) lorsque celui-ci se trouvait, dans un bâtiment moderne et assez haut de gamme non loin de la halle Tony Garnier. Je travaillais sur des petites daphnies, ces êtres crustacés planctoniques. Une bestiole, Ceriodaphnia dubia, qui adulte ne dépasse guère un millimètre dans sa plus grande dimension. Je travaillais en écotoxicologie, pour tester des milieux d’élevages et surtout des produits en toxicité chronique : inhibition de la reproduction. Je ne rentre pas dans les détails scientifiques et techniques, ce n’est pas la question.

Je travaillais avec l’ensemble des autres techniciennes (que des femmes) au sous-sol, dans une atmosphère et une lumière complètement et rigoureusement contrôlées. Au plus chaud de l’été en sortant le soir de ma serre à endives, j’étais saisi par la chaleur et la vivacité de la lumière. J’étais un véritable petit rat de laboratoire. Mes collègues avaient presque toutes un bac + 2, mais je dois dire qu’en  trois mois de stage, j’avais fait le tour de la question et je pense qu’en moins d’un an, j’aurais fait le tour de toutes les questions du laboratoire. Il faut dire qu’à un poste de laborantin de ce niveau, on est un « simple » exécutant. A l’époque, je n’avais pas encore de certitude sur mon avenir, mais ce stage m’a ouvert les yeux : je n’aurais pas été longtemps heureux dans un poste similaire, qui de plus, tout bien réfléchi, n’était pas (plus) à la hauteur de mes ambitions.

La maître de stage, la chef du labo, avait son bureau à part, à la lumière. Elle était pourtant petite et menue et avait le même teint que les endives. C’était une bosseuse, discrètement souriante, mais qui ne riait pas tous les jours. Vu avec le recul, elle était rentrée dans la science laborantine comme on entre religion. Mais je dois dire que c’était quelqu’un de bien. Au sein de l’IPL, c’était du sérieux et on y était quelque peu coincé. Et je n’ai jamais tapé la discute avec le directeur de département et jamais vu le directeur général. Un système très hiérarchisé où on ne se mélange pas. Même à l’époque, cela m’avait un peu chagriné.

La soutenance de stage avait été mon premier véritable grand oral. Mon travail avait été loué et j’avais eu de bonnes notes. Cela n’a pas été sans m’encourager et me donner confiance pour la suite.

A l’occasion de ma troisième année post-bac, pas de stage obligatoire, mais la volonté tout de même de tester un nouvel organisme. Ce fut donc le Mus*é*um d’hi*sto*ire natu*relle d’Au*tun pour un peu plus d’un mois. Il était dirigé par une forte personnalité chaleureuse et sympathique. Il m’avait confié un inventaire des haies de la commune à partir de photos aériennes. Comme j’avais fait le travail à une vitesse qu’il ne s’était pas imaginée, il m’avait demandé de faire des synthèses sur la faune dont les oiseaux (pauvre de moi) et j’avais aussi réalisé des inventaires floristiques sur de petits sites. Il m’avait demandé d’assister une stagiaire (en stage obligatoire de bac + 2) pour ses inventaires floristiques. La pauvre ne reconnaissait pas trois plantes sur le terrain. Avec la super voiture de service, je n’avais pas le droit de sortir de la commune pour des raisons d’assurance. Il s’agissait d’une vieille Acadiane (une 2 CV fourgonnette) à trois vitesses au tableau de bord. Une fois, revenant du terrain alors que l’orage menaçait, la conductrice a calé en ville au feu rouge : le moteur était noyé au sens propre et au sens figuré. Je m’étais bien amusé pendant ce stage. J’avais fait aussi une après-midi et une première partie de nuit de chasse aux papillons à quelques dizaines de kilomètres de là en compagnie de l’un des meilleurs spécialistes français de la question. Un type incroyable, auteur de deux thèses sur le sujet, électron libre de l’entomologie, d’une extrême orthodoxie scientifique, aigri et vivant de petits boulots dans son domaine (encore aujourd’hui). Au retour de la chasse de nuit, avec la fameuse Acadiane, il se mit à dériver sur la voie de gauche car il s’endormait. Pour le reste du chemin, inutile de dire que je l’ai surveillé de près. A d’autres reprises durant le même été à l’occasion de l’étude qu’il menait, il avait quand même réussi l’exploit de faire deux excès de vitesse avec l’Acadiane (c’était en 1993, il n’y avait pas de radars automatiques). Je suis resté en bons termes avec le conservateur et surtout celui qui lui a succédé que je revois périodiquement.

L’année suivante, c’était plus sérieux : un stage obligatoire d’un peu plus de trois mois à l’occasion de ma Maîtrise de sciences et techniques. Je l’ai réalisé à la Direction départementale de l’Équipement de la Loire à Saint-Étienne (actuellement Direction départementale des Territoires). J’étais dans un service qui s’occupait notamment d’aménagements, d’assainissement, d’hydraulique et de contrats de rivières, notamment celui du Gier qui m’avait amené jusque là.

Mon maître de stage était le chef de service (un important service), mais j’étais affecté dans une cellule dirigée par un jeune ingénieur, que je voyais peu car il suivait de près (sur le terrain) plusieurs importants chantiers simultanés sur l’Ondaine (le nom d’une autre rivière, car je pense que cela ne parlera qu’à Calyste). Au jour le jour, j’étais en interaction avec un jeune technicien (jeune, mais bien sûr moins que moi à l’époque, évidemment) avec lequel je m’entendais bien et que j’avais impressionné.

C’était une époque à laquelle on fumait encore dans les bureaux et je témoigner que c’était terrible, car il y avait quand même trois ou quatre fumeurs dans l’ensemble de bureaux. Le matin en arrivant, mon premier travail était d’ouvrir les fenêtres au grand large avant que le jeune technicien en question n’arrive (son bureau était en face du mien).

Dans cette cellule, il y avait aussi une « vieille » secrétaire qui avait déjà plus de 60 ans, mais n’avait pas encore ses années pour partir. C’était une dame charmante, soucieuse de bien faire, qui s’était mise à l’informatique avec courage. Je l’aimais bien. Elle avait tapé une bonne partie de mon rapport de stage et elle avait beaucoup aimé le faire (le texte lui plaisait, car cela changeait de ce qu’elle tapait habituellement). Il y avait aussi deux dessinateurs et deux autres techniciens. Un des dessinateurs et le jeune technicien mangeaient systématiquement avec moi. Après une phase d’observation et m’avoir testé, en s’assurant probablement de ma discrétion auprès des chefs, ils en étaient arrivés à m’offrir presque systématiquement l’apéritif au bistrot le midi avant d’aller au restaurant administratif. Il y a des choses que l’on ne peut pas refuser, surtout quand l’intention est généreuse. Ils n’ont jamais voulu que je paye ma tournée. Il faut dire que je n’étais pas rémunéré. En dehors de la première partie de mon stage, il y avait encore un peu de boulot (je pèse mes mots), mais à partir de fin juin, c’était vacances pour eux alors qu’ils n’y étaient pas encore. La perruque foisonnait dans tous les coins, mais surtout, en l’absence de la secrétaire, on se relayait sur son ordinateur pour faire des parties effrénées de Solitaire (le chef n’était presque jamais là, comme je l’ai dit). Les deux vieux techniciens et les dessinateurs commençaient le travail tôt le matin (7 h ou 7 h 30). Le plus gros du travail consistait, dès leur arrivée, à lire le journal, plus ou moins à tour de rôle, en commençant d’abord par les gros titres. Puis, il était question de travailler (ben oui, quand même, mais il fallait pas se casser l’os du foie et ne pas risquer le surmenage). Vers 10 h ou 10 h 30, c’était la pause café, et à cette période de l’année, elle pouvait facilement durer trois quart d’heure à une heure, en faisant des haltes et en tapant la discute aux différents étages. Ne généralisons pas, tout le monde ne faisait pas ça, à commencer par « mon » jeune technicien. Ensuite, il fallait finir de lire en détail le journal. Il était alors l’heure d’aller prendre l’apéritif. Souvent, durant la pause, on « oubliait » de dépointer. L’après-midi, on bossait quand même un peu. Un peu, car les bons jours, l’ordinateur de la secrétaire chauffait. Comme ils avaient commencé tôt le matin, ils ne finissaient pas tard l’après-midi, voire carrément tôt. Je me demande ce qu’ils avaient boutiqué. L’un des techniciens au moins partaient en voiture DDE pour rentrer chez lui (il habitait assez loin), alors qu’il n’avait rien de spécial à faire sur le terrain ou sur un chantier. C’était peut-être autorisé, mais cela continue de me défriser. Pendant ce temps là, je faisais mon boulot. Une fois, comme je n’avais pas le droit de conduire un véhicule DDE moi-même, j’ai demandé à ce qu’un dessinateur m’emmène en réunion ou sur le terrain. On m’a accordé cette faveur une fois, mais la fois suivante, on m’a dit : « j’ai du boulot, Machin m’a demandé de faire ça, je ne peux pas ». Tu parles, Charles, il y avait tout au plus deux heures de boulot pour la journée où mon homme s’était déclaré débordé. Et de fait, j’ai été obligé d’utiliser ma voiture personnelle pour faire mes investigations sur la rivière objet de mon stage. Le grand chef n’était pas dupe de l’oisiveté qui régnait dans une partie de son service et il aurait souhaité y mettre de l’ordre avant de passer la main et d’être muté dans un autre département pour se rapprocher de sa famille. C’était un vrai daltonien qui écrivait et signait en vert, dandy, adepte d’Yves Saint-Laurent, inondé de parfum (lui serrer la main le matin transmettait l’odeur pour la journée). Je m’entendais bien avec lui. C’est d’ailleurs moi qui lui avais dicté mon sujet de stage (en fonction du problème qu’il avait à traiter, bien sûr). Il avait relu mon mémoire avec attention et lors de la soutenance, le peu de bien que la présidente du jury (une garce incompétente et frustrée) avait trouvé à dire n’était autre que ce que mon maître de stage lui avait expliqué. J’ai déjà raconté un peu cette soutenance de stage, et je n’ai toujours pas digérée ma note d’oral, qui n’était pourtant pas mauvaise. Comment peut-on juger ce qu’on ne comprend pas ? Comment peut-on contredire les autres membres du jury, qui affirmaient que je n’étais pas mauvais et à l’aise à l’oral en disant que je donnais l’impression de l’être, mais qu’en réalité je ne l’étais pas du tout ? Elle qui était quand même d’une nullité achevée à l’oral (en cours) et qui a fini par décrocher sa thèse par protection.

J’avais travaillé pour de vrai entre temps, mais mon dernier stage, qui ressemblait encore à peu près à un stage fut celui de mon Diplôme d’études approfondies, pour lequel l’établissement public auquel j’étais administrativement  rattaché (Age*nce de l’E*au Loi*re-Bre*ta*gne) me servait une indemnité de stage, royale pour l’époque, puisque cela équivalait à 90 % du SMIC. Un stage de sept mois à Orléans, avec une personne qui allait beaucoup compter et avec laquelle j’avais déjà tissé des liens amicaux durant l’année précédente et avec laquelle j’allais travailler les années suivantes. Rien de spécial à dire, tant ce stage était sur mesure, axé sur la végétation du fleuve royal. L’autre maître de stage, universitaire cette fois, était un professeur de l’université de Grenoble, et qui lui, avait fait de mémorables travaux sur la végétation du Rhône. Mon objectif était de tenter de commencer à faire la même chose sur la Loire, cependant avec beaucoup moins de moyens. Cela irait mieux ensuite avec ma thèse. Pas d’anecdote particulière à conter si ce n’est le directeur de la petite structure où je travaillais, très catho, qui respectait le Carême en s’abstenant, entre autres (mais je n’en ai pas la preuve), de boire du café le matin et à midi jusqu’à Pâques.

12 octobre 2014

Brèves cornusiennes (30)

Ce jeudi, je participais à une réunion impliquant administrations d’État et élus au sujet d’un futur ouvrage d’écrêtement des crues. Le sous-préfet de D. présidait la réunion. C’est un petit homme, barbu, tout blanc capilairement parlant et qui semble probablement plus âgé que son âge calendaire. Il ne connaissait manifestement pas son dossier et visiblement, personne ne lui avait expliqué tout les tenants et aboutissants. Il a donc posé des questions à côté de la plaque pour « bien comprendre ». Renseignement pris auprès d’un collègue, il semble être régulièrement à côté de ses pompes. Le président du syndicat de rivière local a changé. L’ancien n’était probablement le mieux que l’on puisse rêver, mais il connaissait bien ses dossiers et de manière très concrète. L’actuel m’a semblé techniquement assez dépassé et assez théorique dans sa prise de parole. Comme ils n’étaient pas en mesure de comprendre exactement ce que ma structure faisait dans cette galère (c’est eux qui nous avaient sollicités), j’ai dû prendre la parole à deux reprises pour expliquer le travail que nous menions et là où nous comptions en arriver.


Cet après-midi, j’ai planté pas moins de 156 bulbes de jonquilles, jacinthes et tulipes. J’ai eu la main lourde sur ces dernières, n’ayant vu qu’après coup que parmi elles, j’avais acheté un sachet deux fois plus gros que prévu. C’est pas grave, comme Karagar et Plume adorent ça, je leur en ferai de beaux bouquets ! ;-)

16 septembre 2014

Louvre-Lens estival (3)

On poursuit avec la guerre d’Espagne.

Robert Capa, Mort d’un soldat républicain près de Cordoue, Espagne (5 septembre 1936), épreuve gélatino-argentique. On pense que cette photo, particulièrement célèbre et reproduite, a probablement été posée. Je l’avais appris peu de temps avant de la voir.

 

André Masson, La gloire du général Franco (1938), plume et encre de chine sur papier vergé.

 

Seconde Guerre mondiale.

Édouard Goerg, Le Parachutiste bonne année (1939-1940), huile sur toile.

 

Markus Lüpertz, Exekution [Exécution] (1992), huile sur toile, métal. Encore une œuvre qui rappelle clairement celle de Goya.

 

Marie Cerminova dite Toyen, Cache-toi guerre ! (publication en 1944-194?), série de 9 dessins.

 

Arie Van de Giessen, Buchenwlad (1945), crayon sur papier.

 

Raymonde Thys, Première mouche en cellule (1946), gravure sur cuivre.

 

Guerre d’Algérie.

Jean-Jacques Lebel, Enrico Baj, Guðmundur Guðmundsson dit Erró, Roberto Crippa, Gianni Dova, Antonio Reclati, Grand tableau antifasciste contre la torture (exposé en 1961 à Milan), technique mixte sur toile. Le tableau a été immédiatement censuré par les autorités italiennes et n’a été rendue à ses propriétaires qu’en 1987.

 

André Fougeron, Sakiet – Étude [pour le massacre de Sakiet Sidi Youssef] (1958), huile sur toile.

 

Guerre du Vietnam.

Guðmundur Guðmundsson dit Erró, Goodbye Vietnam [Au-revoir Vietnam] (1975), huile sur toile.

 

Guerres de notre temps.

Robert Combas, Terrible feu d’artifice (2004), acrylique sur toile.

 

Hors champ.

Rudolf Schlichter, Blinde Macht [Puissance aveugle] (1937), huile sur toile.

 

Voilà pour l’exposition temporaire, très riche en réalité, et qui, je le répète, n’a pas été sans nous émouvoir.

15 mai 2014

Hier, c'était concert (3)

Hier soir avait lieu la dernière des quatre représentations des « Must du classique » à l’orchestre national de Lille sous la direction de Fayçal Karoui. L’an dernier, les places pour cette opération où nous avions découvert la nouvelle et fabuleuse salle du Nouveau siècle, étaient très bon marché. Cette année, c’était complètement gratuit. Mardi, Fromfrom y a emmené ses élèves, en même temps qu’elle leur a fait découvrir un peu les vieux quartiers de la capitale régionale. Nous ne connaissions pas le programme à l’avance, d’autant que ce sont les personnes qui réservaient leur place qui choisissaient en partie le programme. Fromfrom est venue écouter le même programme qu’elle avait entendu la veille, et pourtant le chef s’est amusé à nous donner quelques explications en faisant jouer de très courts extraits de thèmes, en faisant jouer les instruments de façon indépendante. De la pédagogie et de l’humour.

Voici le programme auquel nous avons eu droit. Certaines de ces symphonies seront jouées dans leur intégralité par l’orchestre la saison prochaine (une forme de produit d’appel en tête de gondole).

  • Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 3 « Héroïque », 3e mouvement
  • Johannes Brahms, Symphonie n° 3, 3e mouvement
  • Arthur Honegger, « Pacific 231 »
  • Piotr Ilitch Tchaïkovski, « Manfred », 2e mouvement
  • Felix Mendelssohn, Symphonie n° 4 « Italienne », 4e mouvement

Cela nous a beaucoup plu. Je ne vais pas commenter ces morceaux. Les cordes étaient au top, brillantes. Je trouve que les cors d’harmonie ce sont particulièrement illustrés, notamment dans l’Héroïque de Beethoven. Mais la grande découverte et très belle surprise fut la « Pacific 231 », du nom de cette locomotive retranscrite dans cette œuvre atypique et fort plaisante. J’ai fait une recherche pour en proposer ici une version qui a priori n’est pas mauvaise et ressemblante à celle que nous avons entendue (d’autres s’en éloignent un peu, je ne sais pas pourquoi).

HONEGGER.- PACIFIC 231

13 avril 2014

Séjour nivernais (1)

Comme je l’avais laissé entendre, j’ai donc passé une partie de la semaine dans le Nivernais occidental. Trois jours pleins pour une formation de sylviculture axée sur la futaie irrégulière de chênes. Une formation, non pas pour une reconversion professionnelle comme cultivateur d’arbres, mais pour mieux comprendre les arguments des sylviculteurs dans le cadre de mon travail. Je pense avoir évoqué à plusieurs reprises les soucis que l’on a avec certains représentants des forêts publique et privée (souvent malhonnêtes intellectuellement) et je suis souvent en première ligne.

Cette formation était axée sur un point particulier : le traitement irrégulier des forêts de chênes, autrement dit le fait d’avoir dans un peuplement forestier, presque en permanence, toutes les classes d’âges d’arbres, du jeune semis jusqu’au très gros bois susceptible d’être exploité. Cela signifie qu’en futaie irrégulière, il n’y a jamais de coupe rase, ni de grande trouée dans la matrice forestière. Il s’agit donc d’un mode d’exploitation qui ne génère pas de « catastrophe », de traumatisme à la forêt comme on l’observe en futaie régulière. Le problème n’est pas le traumatisme en lui-même, car il s’observe d’une manière ou d’une autre dans des forêts naturelles, mais c’est la fréquence de l’événement et la surface sur laquelle cela se produit, bien plus importantes.

Le traitement en futaie irrégulière est un peu plus proche de ce qui s’observe dans la nature, mais n’a néanmoins rien à voir avec une forêt naturelle. En effet, on recherche ici la qualité des bois, et on élimine les arbres brogneux ou mal fichus. On peut conserver des arbres mourants s’ils n’ont pas une grande valeur commerciale (sur pied ou à terre), mais on retire presque tout le bois coupé. On cloisonne le peuplement pour y accéder plus facilement (il vaut mieux cela plutôt que de ne passer jamais au même endroit, surtout sur des sols sensibles au tassement). Comme en futaie régulière, on exploite les arbres quand ils sont sains et de valeur, ce qui fait que l’on coupe rarement des arbres au-delà d’une certaine taille, mais ce mode d’exploitation autorise néanmoins de conserver de très gros bois bien au-delà de la taille d’exploitation. Enfin, ce mode d’exploitation nécessite de fréquents passages en forêt, pour la surveillance, mais aussi pour des interventions et des coupes (tous les 7-8 ans bien souvent), mais l’avantage de cette fréquence est que l’action est très peu traumatisante, y compris d’un point de vue paysager.

Je considère que ce mode de sylviculture reste « intensif », et à conditions environnementales équivalentes par ailleurs, très intéressante sur le plan économique : revenus bien moins importants que lors d’une coupe rase, mais ils sont réguliers et cela nécessite peu d’investissements en travaux car on laisse davantage faire la nature. Certains traitements en futaie irrégulière peuvent donc être assimilés à l’équivalent de l’agriculture biologique. Cela nécessite néanmoins des compétences différentes pour les gestionnaires forestiers (mais également chez les propriétaires et les bûcherons). Des compétences différentes et j’irai jusqu’à dire supérieures (ou oubliées), comme en agriculture biologique.

On l’aura deviné, même si cela ne représente pas l’idéal forestier absolu, je suis favorable depuis longtemps à la futaie irrégulière comme mode d’exploitation sylvicole, et je voulais en savoir plus. Car cette sylviculture reste très peu pratiquée, surtout dans certaines régions et avec certaines essences. Dans le nord de la France, lorsque j’ai osé prononcer les mots « futaie irrégulière » avec les responsables de la forêt publique ou privée, je me suis presque fait insulter, ces derniers n’hésitant pas, comble d’hypocrisie, à avancer un argumentaire de biodiversité. Évidemment, en futaie irrégulière, il y a peu (pas) d’espèces de milieux ouverts ou de coupes forestières : quel scoop, quelle mauvaise foi !

A suivre.

22 mars 2014

Revue des troupes en présence

Contrairerement aux élections municipales précédentes où il n’y avait que deux listes concourant pour le poste de maire, il y en a quatre cette fois. Et surtout, si la campagne avait été presque silencieuse, sans grand enthousiasme en 2008, les tracts pleuvent cette année, s’enchainent à une fréquence incroyable. Et des dépliants détaillés.

Il y a un candidat qui s’est trompé d’élection puisque sa propagande ne parle que d’enjeux nationaux, comme le front dont il est issu. Je pense que le nom de la commune n’est jamais cité dans aucun de ses torchons (oui, j’ai eu le courage de parcourir les âneries de ce jeune tête à baffes qui doit avoir un cerveau bien plus insignifiant que celui d’une linotte pas mélodieuse du tout).

Un autre candidat qui se présente comme d’opposition municipale, comme si sa vocation était effectivement de rester dans l’opposition. C’est effectivement le bord divers droite du maire d’avant 2008, qui avait fait s’endormir la ville. Rien de bien enthousiasmant ni d’original.

Le troisième candidat se dit sans étiquette. Et effectivement, il n’y a rien de clairement et bêtement partisan. Il ne s’agit pas d’une candidature fantaisiste et comporte des éléments intéressants. Et chose rare, on n’y a lu aucune critique de l’équipe sortante ou de ses actions.

Le maire sortant, élu pour la première fois en 2008 et devenu député depuis 2012, ne se représente pas comme maire, mais restera élu municipal. J’ai appris hier que son fils ne m’était pas inconnu puisque je travaille un peu avec lui, car il est fonctionnaire à la Région. Il faut dire que son patronyme n’est pas rare dans le coin. Bien que pas complètement à mon goût, il s’agit bien de la candidature la plus intéressante et la plus crédible.

Aux élections présidentielles de 2012, l’extrême droite avait fait des scores assez considérables dans les villages de Flandre et était parfois en tête. C’est bien entendu extrêmement inquiétant de connaître le taux global d’abrutis qui peuple le coin. En ville, c’est moins clair, mais le parti de l’intolérance avait néanmoins fait des scores très importants. Certes, les élections locales ne résonnent pas de la même manière que les scrutins nationaux. En France, il y a seulement 600 communes (sur 36 000) où l’extrême droite présente des candidats, dont chez nous et dans la commune où je travaille. En tout 56 communes dans les deux seuls départements de la région, principalement dans le bassin minier (ce qui est plus « compréhensible », même si cela reste tout autant inquiétant). Ce n’est certainement pas par hasard.

20 février 2014

Une bataille gagnée

Longue et dure journée que celle d’aujourd’hui. Presque cinq heures de route pour aller et revenir du fond du département, en comptant les bouchons, surtout ce matin. Sept heures pleines de réunion où il fallait être attentif jusqu’au bout pour éviter qu’un margoulin en profite pour dire des âneries et qu’elles passent pour argent comptant. Je redoutais un peu cette réunion, mais globalement cela s’est bien passé de mon point de vue. Cela dit ce n’est qu’une étape, la guerre n’est pas finie car les forces de la réaction reviendront à la charge lors des prochaines batailles de mai et de juin. J’ai pu m’exprimer sans m’énerver et faire de la pédagogie. Les forces neutres et celles de l’État ont apprécié. L’élu qui présidait les débats a fini par décrocher dans la dernière heure. Il voulait coûte que coûte décrocher des consensus et s’inquiétait qu’on n’y arrive pas. Il ne sait pas encore à quel point je saurai ouvrir de nouveaux fronts la prochaine fois.

18 février 2014

Hier, c'était concert (2)

Hier, c’était soirée Wagner à l’orchestre national de Lille où nous avions pris place. Sous la direction de Jean-Claude Casadesus, la première partie était consacrée à La Walkyrie, avec le Prélude de l’acte I, la scène 3 « Ein Schwert verhiess mir der Vater », « Schläfst du, Gast », « Der Männer Sippe sass hier im Saal », « Winterstuerme wichen den Wonnemond », « Du bist der Lenz, nach dem ich verlangte », « War Wälse dein Vater, und bist du ein Wälsung » et « Siegmund heiss’ich, und Singmund bin ich ».

La seconde partie était consacrée à Tristan et Isolde, le Prélude le acte I, l’acte II - scène 2 « O sink hernieder Nacht der Liebe », « Lausch, Geliebter », le Prélude de l’Acte III et « Mild und leise wie er lächelt ».

L’interprétation était assurée par Anja Kampe, soprano allemande et par Robert Dean Smith, ténor américain, remplaçant Gary Lehman, souffrant.

Les présentations étant faites, que dire ? Eh bien pour commencer que cela nous a plu. Nous n’étions pas aussi idéalement placés que la fois passée (au quatrième rang en face les contrebasses), mais cela n’était pas gênant grâce à la qualité acoustique exceptionnelle.

Les chanteurs, certes spécialistes du répertoire de Wagner ont « envoyé » de manière admirable, à un niveau que je n’osais espérer et oserais-je dire à un niveau déjà très difficile à égaler. Et bien que le ténor ait dû être remplacé au pied levé, ces deux là s’accordaient admirablement bien. Elle était extrêmement puissante, sans aigus excessifs. Bref, c’était magnifique et impeccable.

L’orchestre a été également parfaitement au rendez-vous, avec une mesure, une retenue extraordinaire. Je veux dire par là que c’était propre, sans bavure, sans excès de sons « traînants » ou d’effets de styles « langoureux » ou « obséquieux » ou « racoleurs » qui auraient été bien malvenus.

Nous avons été surpris dans La Walkyrie par un instrument imitant le vent qui nous a fait croire un instant que l’on venait de mettre en route la ventilation.

Autre surprise dans Tristan et Isolde quand un hautboïste quitte la scène seul pour aller je ne sais où. Nous comprendrons ensuite qu’il était parti s’isoler quelque part pour aller jouer un morceau en solo avec une virtuosité extraordinaire. Je n’imaginais pas qu’un hautbois pouvait seul être aussi émouvant.

En bref, une belle soirée de musique que nous avons appréciée tous les deux.

15 février 2014

Plaisirs d'enfance

A la suite de Calyste et de Plume, je me lance dans cet exercice. Voici une liste non exhaustive mais importante.

  • Partir chez le père d’un ami d’enfance de mon père, lui-même un ami, pour aller ramasser des cerises. Grimper dans les arbres pour croquer ces fruits merveilleux.
  • Aller passer une journée ou deux à la ferme de mes oncle et tante avec mes cousins, parmi veaux, vaches, cochons, poules, lapins, fumier, foin, paille, pâture, moissons…
  • Aller me promener avec ma grand-mère maternelle (seul ou avec mes cousins) et ramasser des bouquets de fleurs sauvages des prairies, pelouses, talus, friches, bords de champs et des lisières forestières.
  • Le puissant parfum de l’immense et vieux rosier du jardin de mes grands-parents.
  • Arriver en vacances à A., pour retrouver la vieille maison avec son atmosphère si caractéristique et retrouver là-bas des gens à l’accent si particulier et heureux de nous revoir.
  • Mettre ma main dans l’eau de l’étang quand la barque emmenée par ma mère glissait sur le miroir.
  • Aller à l’étang embêter les têtards et les grenouilles et faire en sorte de faire passer l’eau systématiquement au dessus des bottes.
  • Pêcher sur l’ancien embarcadère de l’étang et attendre que cela morde en contemplant le reflet des arbres et prendre un beau poisson au moment où on s’y attend le moins.
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Cornus rex-populi
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