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Cornus rex-populi
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12 février 2022

Brèves cornusiennes du samedi 12 février 2022

Ma mère a dit à mon père que j’avais une sœur qui vivait dans la commune de naissance de ma mère. Je précise qu’il n’en est évidemment rien. Elle a peut-être confondu avec sa propre sœur ?


Après l’avoir soupçonné, mon père a eu la certitude que l’aide-ménagère lui volait de l’argent dans un porte-monnaie. Cela faisait longtemps qu’il trouvait bizarre de ne plus retrouver certains billets qu’il mettait de côté dans un porte-monnaie ou une pochette dans le tiroir du bureau. Il a d’abord pensé qu’il se trompait, ensuite que ma mère y avait touché et avait égaré l’argent. Mais lundi matin, il a tout bien vérifié avant et après le passage de l’aide-ménagère pour se rendre compte qu’elle avait volé 15 €. Il a donc fait le nécessaire avec l’association qui gère les aide-ménagères, pour la mettre à la porte. Au téléphone, elle a d’abord nié les faits, avant d’avouer d’avoir pris 10 €. Cependant, mon père estime le cumul des vols à près de 200 € en quelques mois et semaines et il la soupçonne aussi d’avoir volé des bijoux de ma mère qui ont disparu depuis longtemps (mais là aussi, mon père pensait que ma mère les avait égarés). En tout cas, pas possible de prouver quoi que ce soit. Auprès de l’association, l’aide-ménagère a dit qu’elle démissionnait pour raisons de santé. Tout cela a mis mon père hors de lui et moi aussi, je dois le dire. Rien n’est plus révoltant d’aller voler des gens en général et ici des vieux pas en bonne santé. Combien de personnes ainsi volent des personnes en état de faiblesse ?


Ma collègue directrice administrative et financière (DAF) a fait fin janvier l’entretien annuel du comptable, mais comme souvent, c’est un dialogue de sourds, elle ne peut pas en placer une sur presque tous les sujets. Ce comptable est une personne très investie sur son travail (le travail est sa seule valeur personnelle), mais il fait des heures de dingue et est sans arrêt stressé. Nous craignons beaucoup et ce depuis des années, qu’il craque, surtout en avançant en âge (il a un an de plus que moi et fait des migraines terribles). En termes de comptabilité, c’est un horloger suisse, autrement dit un perfectionniste, quelqu’un qui détaille tout, même lorsqu’il n’y aucun intérêt à le faire, souvent juste pour se rassurer, alors qu’à l’évidence, un résultat global est suffisant dans la majorité des cas. Depuis des années, le commissaire aux comptes dit qu’on n’a pas besoin de toutes ces précisions, il lui a dit, mais il continue toujours de « faire comme avant » et il n’y a que ça qui le rassure. La moindre innovation, même superficielle est un fardeau pour lui. La DAF lui demande depuis des années de simplifier, de moins travailler, de se détendre, sans effet. Cette fois, elle a décidé de mettre plus de détails des problèmes dans le compte rendu de l’entretien car elle souhaite se couvrir si jamais il avait un « burn-out » ou autre pépin de santé. Et couvrir l’ensemble de la direction par la même occasion. En effet, il serait terrible d’avoir des ennuis non pas parce qu’on fait trop bosser une personne mais au contraire parce qu’on lui dit d’en faire moins. Quand il a reçu le compte rendu, il a fait une crise et il m’a fait une scène un soir en partant. C’est hallucinant. Le lendemain, après discussion, après avoir envisagé un instant de nous faire aider par un psychologue (pour nous, pour tenter de mieux comprendre son fonctionnement), nous avons décidé de faire appel à un coach ou mentor d’entreprise. Il est tellement entêté qu’on doute de l’intérêt de la chose, mais on y croit quand même. Lui (le coach que nous avons longuement rencontré en début de semaine), dit qu’il n’a jamais vraiment connu d’échec et en tout cas, libérer la parole ne fera pas de mal… mais ce n’est pas gagné. A l’annonce de ce « coaching », il n’a pas opposé de refus, pour l’instant.


En juin 2022, la maison parentale a été isolée entièrement par l’extérieur, ce qui a permis de faire concomitamment un ravalement de façade qui était plus que nécessaire. Mes parents avaient droit à deux primes : une prime via les fournisseurs d’énergie, qui est passée par l’entrepreneur et qui vient seulement d’être versée, après avoir été obligé de compléter le dossier à trois reprises (la dernière fois en octobre de mémoire). Et puis il y avait « Ma Prime Rénov », la prime gouvernementale versée par l’Agence nationale de l’habitat, un établissement public administratif de l’État. Je m’étais chargé de m’en occuper (pas trop le choix de faire autrement, je pense, mes parents n’étant pas branchés internet et cela ne peut se faire que via un site dédié ; et par ailleurs, je ne suis pas sûr que l’entreprise pût s’en charger directement). Je pensais que cela irait. En effet, j’ai pu déposer la demande d’éligibilité, ce qui a été fait, puis ils m’ont demandé une pièce justificative complémentaire non prévue au départ, mais par courriel, donc pas de souci, le dossier avait pu être validé et accepté avant le début des travaux. Avec l’achèvement des travaux, j’avais obtenu la facture et je dus donc me rendre sur le site de « Ma Prime Rénov » pour demander le paiement de la prime en question. Pas de chance, le site se bloque, après avoir renseigné je ne sais plus quoi, je ne trouvais plus le moyen d’avancer car on revenait toujours sur la même page. Alors je trouvai sur le site (pas de manière aussi aisée que cela), un formulaire (mal fait) pour faire une réclamation pour avancer. On me répondit deux jours plus tard avec un courriel où il était indiqué « ne pas répondre » et où me donnait des instructions qui s’avérèrent inopérantes. Pas le choix que de retourner sur le site et refaire une demande. Rebelotte, on me répondit quelques jours plus tard, en m’indiquant presque la même chose qui ne permettait pas d’avancer d’un iota. A la troisième tentative, je me rendis compte qu’on pouvait quand même répondre à « ne pas répondre ». Le temps passa, cela n’avança pas, ça bloqua toujours. Fromfrom trouva un numéro de téléphone et appela et rappela, fut accueillie diversement (parfois très bien, parfois très mal), mais cela ne servit rigoureusement à rien. À leur demande, on fit des captures d’écrans pour expliquer pourquoi et comment ça bloquait, en vain. À la fin, on devait me rappeler, mais rien. À la fin de l’été, idem, on renouvela toutes les opérations, mais rien ne bougea, on me promit qu’on avait bien pris en compte mon problème et qu’on allait me rappeler. Idem fin novembre. Je laissai faire. Quoi d’autre ? Des tas d’autres personnes ont eu le même souci, les associations de consommateurs tirent la sonnette d’alarme, en vain. La ministre fit des promesses. Et rien. Et on devauit me recontacter, c’était promis. Mais rien ne vint. En fin de semaine dernière, je refais un courriel (toujours avec une politesse minimale, bien que j’eusse surtout l’envie de les insulter) sur la base de leur réponse de fin novembre. Et là, on recommence les mêmes âneries. Ils me redisent de faire la même chose que depuis début juillet (eux, ont oublié tout ce qu’ils m’ont dit). Je réponds encore, plus agacé, une dernière fois. Et on finit par me répondre avec les mêmes éléments. Je suis en rage puisque je sais que cela ne sert à rien depuis sept mois ! Mais je retourne sur le site, qui a changé un peu d’apparence. Je supprime une pièce jointe, qui paraissait pourtant indispensable. Fromfrom prend le relais car on me demande un RIB : alléluia, la page qui bloque depuis sept mois semble débloquée. Et effectivement, une fois le RIB de la banque parentale téléchargé, c’est un succès, la demande est validée et je reçois un message de confirmation ! Je n’en crois pas mes yeux ! Bon, je ne m’emballe pas, je m’attends à ce qu’ils me recontactent, mais j’ai toutes les pièces pour leur répondre. La morale de cette histoire est que cette agence est très probablement sous-dimensionnée en termes de personnel, qu’ils ont bâti un site internet à la petite semaine qui ne cesse de dysfonctionner (les témoignages sont légion) et qu’ils ne sont pas capables d’assurer une maintenance minimale pour corriger ces malfaçons. On soupçonne fortement que ce site, inaccessible aux personnes non aguerries à internet, a été fait pour décourager les demandes de financement tout en ayant fait de grosses annonces pour que chacun puisse profiter d’aides pour les économies d’énergie. Bref, c’est lamentable. On verra ce qui va se passer dans les semaines ou mois qui viennent pour savoir si la prime arrive pour de vrai sur le compte bancaire de mes parents.

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2 février 2022

Les coins, s’ils a z’veulant, faut qu’a s’approchant

Comme j’ai eu l’occasion de le dire il y a quelques mois, mon père a été obligé de licencier son aide-ménagère car elle ne voulait pas se faire vacciner et qu’elle avait l’obligation d’être doublement vaccinée au 15 octobre. A la place de la jeune femme dynamique, volontaire, efficace, moderne, pleine d’humour avec laquelle il s’entendait fort bien, il a récupéré une presque retraitée de 65 ans très planplan, vieillotte d’esprit, que je trouve anormalement familière avec ma mère, pas très efficace et de peu d’esprit. Elle ne comprend que l’humour au premier degré et encore et mon père, très adepte de l’humour pince sans rire, n’est pas à la fête avec elle. Il faut le dire qu’il a la tendance naturelle de dire assez régulièrement le contraire de ce qu’il pense ou à arranger certaines choses à sa façon. Voici un exemple d’un échange qu’il m’a rapporté et que je peux retranscrire assez fidèlement de cette façon :

L’aide-ménagère : Il fait quoi votre fils comme travail ?

Mon père : Rien.

L’aide-ménagère : Ah bon ? Rien, c’est-à-dire ?

Mon père : Il fait rien, il fait gratter les autres.

L’aide-ménagère : Ah bon, mais c’est quoi ça ?

Mon père : Il est directeur de…

L’aide-ménagère : Ah ben c’est un travail aussi, ça !...

Elle l’a pris au premier degré, même en layant fréquenté depuis deux mois cinq jours par semaine. Bon, cela ne vole pas haut. Il est obligé de la guider en permanence pour faire le ménage correctement car elle ne fait preuve d’aucune initiative. En discutant d’elle, il m’a ressorti la phrase de ma grand-mère morvandelle, qui était tout sauf une bourgeoise, mais qui au contraire avait travaillé dur étant jeune pour faire des boulots, entre autres, de femme de ménage : « Les coins, s’ils a z’veulant, faut qu’a s’approchant ! », autrement dit les coins des pièces, s’ils veulent être nettoyés, il faut qu’ils migrent temporairement au milieu de la pièce ! Bon et c’est vrai que ce n’est pas top vu le nombre d’heures d’intervention, on a pu constater une différence plus que très significative avec l’ancienne ménagère, mais en même temps, il n’était guère possible de faire mieux, et puis l’âge n’est pas le même. La dame a même des manies très limites que je ne vais pas détailler et pour lesquelles elle aurait mérité un sérieux recadrement (dailleurs, elle ne comprend rien et recommence les mêmes conneries). Par ailleurs, mon père a arrêté de l’emmener pour l’aider à faire les courses car elle l’entravait plus qu’autre chose ou voulait lui faire acheter des choses (aliments) dont il n’avait nul besoin (c’est lui seul qui continue à cuisiner). Cela n’a rien de grave dans l’ensemble, parce que l’essentiel est quand même fait, mais c’est aussi parce que mon père reste encore en forme et attentif. Pourvu que ça dure encore ainsi un petit moment !

18 avril 2012

Questionnaire cornusien

J’ai répondu bien volontiers au questionnaire de la Laplumequivole (voir note précédente), mais cette dernière a osé me lancer un autre défi. Voici donc un questionnaire auquel elle est vivement invitée à répondre. Mais en prime, elle devra également émettre les hypothèses de mes propres réponses. S’il y a d’autres personnes qui sont tentées par le jeu, qu’elles n’hésitent pas.

  1. Votre conjoint, votre amoureux, votre enfant ou votre plus cher ami a commis un homicide sans être découvert immédiatement et se réfugie chez vous. Que faites-vous ?
  2. Si vous vous rendez compte, après la sortie d’un magasin, que vous aviez dissimulé, sans le vouloir, un objet sans le payer, que faites-vous ?
  3. Dans une pièce où se déclare un incendie, si vous avez la possibilité de sauver soit un chat soit l’originale d’une peinture célèbre parmi celles que vous préférez, que choisissez-vous de sauver entre le chat et la peinture ?
  4. Vous êtes le chef de tous les états de la planète en lutte contre un envahisseur agressif et vous avez la possibilité d’appuyer sur un bouton pour l’exterminer de façon définitive, mais en rayant de la carte et en contaminant de façon irrémédiable et éternelle 90 % de la planète. Que faites-vous ?
  5. Vous avez horreur du football. On vous propose une somme équivalente à trois mois de salaire si vous allez voir un match d’une grande équipe nationale ou internationale. Que faites-vous ?
  6. En bêchant votre jardin vous découvrez un trésor archéologique. Comment partagez-vous cette découverte ?
  7. On vous propose un magnifique tour du monde tous frais payés pendant un an ou un voyage aller retour sur la lune nécessitant une intense préparation physique et sportive d’une durée de trois ans. Quel voyage choisissez-vous ?
  8. Vous devez changer vos fenêtres. Pour le même prix, vous avez la possibilité d’opter pour des fenêtres imputrescibles en PVC ou en aluminium ou bien en bois local avec un haut label environnemental, mais qui nécessite de fréquents traitements contre les intempéries. Que choisissez-vous ?
  9. Vous avez la certitude d’être élu(e) pape(sse) ou ministre du travail avec des pouvoirs étendus. Quelle serait votre préférence ?
  10. Vous avez la possibilité de faire un questionnaire ou de répondre à trois questionnaires de même importance. Que préférez-vous ?
5 décembre 2021

Brèves cornusiennes du dimanche 2 décembre 2021

On aurait bien été tenté de donner le bon dieu sans confession à l’ancien présentateur de l’émission « Ouchoïaïa » et ancien ministre. Il y avait bien eu une alerte alors qu’il était ministre, mais personnellement, j’avais naïvement pensé que c’était uniquement pour entraver son action qui pouvait déplaire à certains… Ce n’est que bien plus tard qu’il avait démissionné. A posteriori, je me pose la question sur la motivation réelle de cette démission. Je n’ai jamais été un admirateur béat de cet individu mais je pense qu’il avait fini par être sincère dans son engagement. Sans vouloir faire son procès, je pense néanmoins que les témoignages et les enquêtes journalistiques récents insistent pas mal son passé supposé de prédateur. Nul doute que tout ça ne sera pas sans conséquences dans l’opinion publique : négativement par rapport à l’environnement et la biodiversité et j’espère positivement pour la libération de la parole, mais j’ai quelques doutes pour ce second cas.

La semaine dernière, j’ai entendu des présentateurs de journaux radiodiffusés passer sans transition franche entre l’actualité du précédent et les « soupçons » qui pèsent sur le désormais archevêque émérite de Paris. Sans vouloir assurer la défense de ce triste individu (c’est un représentant de l’aile dure contre le mariage pour tous et de bien d’autres positions réactionnaires), il n’y a rien de grave dans le fait qu’il ait eu quelque intimité avec une femme du moment qu’elle était d’accord. Mais il n’est pas interdit de penser qu’il a aussi démissionné pour d’autres raisons…

Vendredi, en fin d’après-midi, on m’a injecté ma troisième dose vaccinale anti-COVID-19 (Fromfrom, c’était deux jours plus tôt). Je voulais faire cela avant le week-end parce que je redoutais une réaction assez forte. Dans l’ensemble, elle a été plus faible que lors des deux premières injections (moins de fièvre, meilleur sommeil).

Mon deuxième conseil d’administration de l’automne (vendredi) s’est bien passé. Le prochain sera en février. Amusant, le représentant du Erre-Haine, un jeune con presque premier communiant, n’est pas venu comme prévu : sa troisième dose de vaccin l’a terrassé. Je rigole.

Je ne dirai rien des candidats supposés à l’élection présidentielle, parce que c’est lamentable. Je pensais que notre « malheureux » président de Région gagnerait sa « primaire », mais il a été défait bien comme il faut. Je rigole. Ne va-t-il pas voir pour être candidat au poste de premier ministre du président actuel ?

26 mai 2021

Brèves cornusiennes du mercredi 26 mai 2021

Fin février, nous nous faisions vacciner chez notre médecin à l’AstraZeneca-Oxford (voir ici). Se faire vacciner aussi tôt, selon les procédures officielles, était assez inespéré. Le vaccin était alors réservé au moins de 65 ans et au plus de 50 ans avec cas de morbidité (admirons cette appellation !). Et puis une semaine ou deux après, il ne fallait plus le donner aux jeunes de moins de 55 ans ! Je passe sur les polémiques excessives… car sans nier les soucis de thromboses graves mortelles, dont la probabilité de survenance semble être entre 1 cas sur 160 000 et 1 sur 600 000, soit extrêmement faible. A noter que les vaccins à ARN messager ne sont pas sans effets secondaires graves voire mortels, même si les cas sont extrêmement faibles. Oui, ce n’est pas de la flotte !

Au bout de quelques semaines, notre médecin nous prévient que nous ne pourrions pas avoir notre seconde dose d’AstraZeneca-Oxford, bien qu’ayant eu la première. Nous cherchons donc à prendre un rendez-vous, comme convenu pour le 21 mai (12 semaines après la première injection) au centre de Vaccination d’H. pour avoir une dose de Pfizer BioNTech ou Moderna. Hélas, les sites de réservation ne prévoient pas notre cas, au téléphone non plus, à la mairie non plus. On doit nous rappeler depuis plus d’un mois… et finalement ce n’est aujourd’hui que Fromfrom a été rappelée ! Seulement, prévoyant de venir à A., nous avions finalement trouvé un rendez-vous au centre de vaccination via Doctolib où absolument tous les cas de figure étaient prévus ! Bref, un mauvais point pour H., ce qui n’empêche pas notre maire arriviste aux dents longues de se vanter d’avoir le meilleur centre de vaccination de France et d’en discuter avec Macaron. A A., dans la campagne profonde, on ne dit rien et pourtant, c’est très bien. Nous y sommes allés hier matin, et comme la fois précédente, je subis quelques effets secondaires depuis hier soir (courbatures, tête lourde…), mais rien de grave, je pense que cela sera réglé demain. Fromfrom a moins de désagréments cette fois aussi.

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8 juin 2008

YBB

J’ai déjà évoqué combien certaines personnes avaient compté dans ma vie estudiantine et professionnelle. Aujourd’hui, je souhaite parler d’une personne (YBB) qui n’a jamais été véritablement un modèle pour moi, mais qui a eu une importance majeure. Je l’ai connu il y a près de 18 ans, alors que je débutais mes études à Tours. En tant que professeur d’université, YBB enseignait, entre autres, la biologie du développement, autrement dit l’embryologie, sujet dont il s’était fait le spécialiste chez les amphibiens. Son cours était assez brouillon. Il dessinait au tableau des embryons dans toutes les positions. Il écrivait extrêmement mal. Néanmoins, il avait quelque chose d’attachant dans sa nonchalance apparente et puis il avait attisé ma curiosité lorsqu’une fois, il avait évoqué toutes les disciplines que recouvraient les sciences naturelles.

Deux ans après notre première rencontre, je retrouvais YBB en maître de cérémonie à la tête d’une nouvelle formation, créée un an plus tôt, sur les fleuves et les milieux aquatiques. Dès lors, sans le savoir, mon avenir était tracé. Je n’étais pas particulièrement passionné par les matières qu’il enseignait, mais je me débrouillais plutôt bien. Par ailleurs, un autre enseignant (de botanique) avait dû lui parler de moi en bien puisqu’un jour il parla de moi en public en termes élogieux. Évidemment, cela me fit plaisir, mais en même temps, j’eus pour la première fois le sentiment que je n’étais pas à la hauteur de cette réputation. Alors que j’effectuais ma soutenance de stage de maîtrise de sciences et techniques, il voulait me proposer un boulot. Malheureusement, j’étais programmé pour aller effectuer mon service militaire dans les jours qui suivaient.

Dix mois plus tard, alors que j’étais encore en train de manœuvrer du côté de Belfort, YBB téléphona à mes parents pour leur dire qu’il avait un travail à me proposer. A peine libéré, je me retrouvais donc à Chinon pour participer à une étude écologique. C’est alors qu’il commença à me parler de poursuites d’études. J’y étais opposé. Quelques jours plus tard, son intervenant en botanique pour ses stagiaires de formation continue ayant déclaré forfait, il me proposa d’assurer moi-même les cours et TP. Il fallait que je sois à la hauteur. Inutile de dire que le stress fut intense, mais je réussis à me débrouiller de façon honorable. Quelques semaines après, il revint à la charge en me proposant d’aller à un entretien pour rencontrer quelqu’un qui voulait initier un travail sur la flore et la végétation de la Loire, avec la possibilité de le faire dans le cadre d’un DEA. L’entretien avec cette personne se passa bien et je fus coincé : je n’avais plus le choix que d’accepter le boulot et de poursuivre des études…

Plus d’un an plus tard, YBB joua un rôle majeur dans l’obtention du financement de ma thèse, ce qui lui causa d’ailleurs quelques inimitiés ou jalousies supplémentaires. Je n’en dis pas plus, mais la recherche de ce financement fut un véritable parcours du combattant pour moi et j’ai pu alors toucher du doigt combien le système universitaire était un véritable panier à crabes ou la combine était la règle. YBB, lui, naviguait avec aisance dans ce système. Il ne se fâchait jamais. Quand il avait une idée derrière la tête, il ne renonçait jamais. Même quand on lui opposait un refus catégorique, il essayait de contourner la difficulté en empruntant une voie inédite. Il faut dire que l’homme avait une connaissance intime des rouages du système et des personnes et n’avait peur de rien.

Ce panache avait son revers, c’était quelqu’un de très mal organisé, autrement dit de bordélique. Ce qu’il intéressait, c’était d’avancer, les détails techniques l’ennuyaient. Un ami doctorant en fit les frais. Pour éviter d’être toujours débordé, et comme il devint mon directeur de thèse, je pris toujours les devants. J’anticipais toujours les urgences pour éviter d’être submergé au dernier moment. Je préparais le travail et il n’avait plus qu’à valider. Il faut dire que cela m’arrangeait aussi beaucoup qu’il n’y connaisse pas grand chose en botanique et en écologie végétale (je précise que j’avais une co-directrice de thèse qui, elle, faisait plus que s’y connaître).

Avant la soutenance de ma thèse, YBB voulait me trouver un poste à l’université. Seul un problème de calendrier et une motivation limitée de ma part l’en empêchèrent.

Enfin, le jour de la soutenance de ma thèse, il sut retracer avec émotion mon parcours et bien sûr, il ne manqua pas de me complimenter.

Alors, je crois pouvoir dire que j’ai eu une chance inouïe de croiser ce monsieur sur ma route. En rédigeant ce texte, je remets en perspective toutes les actions positives qu’il a eues sur moi. Et de me dire que les personnes qui ont été autant soutenues par un professeur d’université doivent être bien rares. Cela reste quand même mystérieux. Pour ma part, j’essaye d’une certaine manière, de lui rendre hommage en soutenant les stagiaires qui passent entre mes mains.

22 août 2013

Un oui vieux de sept ans

Je n’en ai pas parlé en temps et en heure, mais il me faut en parler cependant. Lundi, donc, nous fêtions nos sept ans de mariage. Bien sûr, on n’oublie pas tous les éléments, les faits qui ont précédé ou accompagné cet événement, qui pour moi (je peux dire sans me tromper, pour nous) était une véritable fondation, un engagement pour la vie.

Or qu’est-ce que je constate ? Je ne compte pas les couples, mariés ou non qui se défont autour de moi. Au travail, dans la famille, chez des amis et proches, on divorce, on se sépare à tour de bras. Personnellement, je ressens une grande sérénité vis-à-vis de la durabilité de notre engagement dont je ne doute absolument pas. Je pense qu’il en est de même pour Fromfrom, mais elle évoque souvent pour s’en moquer, les statistiques ou les âneries des donneurs de leçons de pacotille sur la durée du mariage ou du couple, qui indiquent des durées critiques de l’engagement : 3, 5, 7 ans… Nous avons franchi les premiers caps. Pourtant, cela n’était pas gagné d’avance puisque nous avons trouvé le moyen de nous marier alors que nous n’avions pas encore expérimenté la vie en commun pour de vrai. Mais peut-être avons-nous bénéficié de circonstances exceptionnelles, dues à nos attentes antérieures, à nos âges respectifs plutôt avancés, à notre façon de « fonctionner » pas si conventionnelle que ça ? Je ne sais pas, mais je pense qu’on s’en tire plutôt bien et je souhaite à tout le monde cette tranquillité qui nous anime et que j’ai du mal à percevoir dans tant de couples. Rien n’est jamais parfait en ce bas monde, mais je vous le dis, je ne regrette pas mon oui d’il y a sept ans à mon amour de Fromfrom.

28 novembre 2011

Titres

Lancelot et Laplumequivole ont indiqué un chemin. J’en ai pris un autre. J’ai rassemblé ici que des titres de Maurice Genevoix (en italique).



Décris-toi : je suis Rémi des Rauches

Comment te sens-tu : Gai-l'amour

Décris là où tu vis actuellement : Derrière les collines près de la Forêt voisine

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu : au Canada

Ton moyen de transport préféré : la Route de l'aventure

Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : Mon ami l'écureuil

Toi et tes ami(e)s, vous êtes : Les Compagnons de l'Aubépin

Comment est le temps : Au Cadran de mon clocher

Ton moment préféré dans la journée : La Perpétuité

Qu’est-ce que la vie pour toi : La Joie

Ta peur : les Nuits de guerre (Hauts de Meuse)

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : lire La Dernière Harde

Pensée du jour : L'Aventure est en nous

Comment aimerais-tu mourir : dans Trente mille jours

La condition actuelle de ton âme : Bestiaire enchanté

15 octobre 2023

Noms vernaculaires trompeurs

Je reviens sur un sujet relatif à une note que Plume avait faite cet été à propos des noms vernaculaires des êtres vivants. En tant que naturaliste, je suis souvent agacé par la façon dont on (les journalistes et autres présentateurs divers) nomme les êtres vivants, sans aucun respect de la classification et de sa hiérarchie. Cette lacune repose assez souvent sur une grande méconnaissance de la taxonomie. Dans la population générale, on ne connaît souvent que le terme « variété » de manière très souvent impropre puisqu’il désigne soit des espèces soit des cultivars soit encore une forme de diversité. Cela ne me dérange pas. En revanche, quand il faut parler de manière précise, ce pose de sérieux problèmes et il faut faire attention. Sans aller dans les détails de la définition, la notion d’espèce est souvent assez inconnue alors qu’il s’agit d’une unité fondamentale de classification. La notion de genre est, elle, encore moins connue, alors qu’on nomme (trop) souvent des organismes par un nom de genre : saule, laitue, zèbre, bolet… Cela n’aurait pas d’importance si un genre considéré était représenté par une unique espèce dans une région, une localité donnée. Mais bien souvent, cela n’est pas le cas. Il y a peu, je constatais dans un rapport d’étude d’un collègue en relecture qu’on mentionnait un « trèfle » sans redire lequel, alors même que deux espèces étaient citées plus haut, mais il fallait que le lecteur devine duquel on parlait.

Même des scientifiques ou prétendus tels font des erreurs manifestes avec des noms vernaculaires qu’ils pensent traduire du latin. L’exemple typique que j’ai vécu est le Quercus robur [syn. Q. pedunculata] traduit en Chêne rouvre alors que par ce nom, les forestiers pensent en réalité à Quercus petraea [syn. Q. sessiliflora] qui est le Chêne sessile. À noter que le premier devrait être nommé correctement et exclusivement Chêne pédonculé. En écrivant cela, je jette un œil sur l’internet et stupeur : dans le dictionnaire du CNRTL, je vois à la définition de « Rouvre », « Chêne moins haut que le chêne commun ». Eh mais c’est quoi le « chêne commun » ? Le chêne pédonculé ? Certainement pas, c’est n’importe quoi ! Deuxième erreur : la feuille du « rouvre » sur la photo de cette définition est celle d’un Chêne pédonculé. Je n’ai pas regardé plus loin, mais il est évident que les confusions sont nombreuses, alors même qu’à de rares exceptions près, la distinction phénotypique (morphologique) entre les deux espèces, ne pose aucun souci, même pour un botaniste ou un forestier débutant. On n’est pas sorti de l’auberge ! Pour être tout à fait clair, je précise les choses suivantes :

  • « rouvre » est bien la traduction du latin « robur » ;
  • les deux espèces de chênes mentionnées sont largement dominantes voire exclusives à l’état spontané en France, en dehors des zones subissant d’influences méditerranéennes et les changements climatiques ;
  • les deux espèces s’hybrident très souvent et sont elles-mêmes toutes deux très introgressées génétiquement, mais conservent le plus souvent leurs caractères propres morphologiques et surtout écologiques car les deux cohabitent assez rarement à l’état spontané.

Je n’évoque pas le cas des tas de noms vernaculaires utilisés notamment dans le commerce dont certains sont trompeurs.

4 décembre 2022

Brèves cornusiennes du dimanche 4 décembre 2022

Ma mère fait tourner mon père en bourrique car bien entendu, rien ne va en s’améliorant. Et toujours pas de place qui se libère dans les EHPAD, malgré les relances… En revanche, son cancer du sein est stabilisé par les médicaments.


Un cousin (le mari de la cousine décédée le 31 décembre 2017 dont je parlais ici) est décédé avant-hier, comme s’il avait été au bout du rouleau, à l’âge d’environ 80 ans. Il avait eu plusieurs problèmes de santé assez graves depuis de longues années : cancer de la prostate, diabète sévère associé avec une forme de cécité, problèmes cardio-vasculaires et avait fait plusieurs séjours à l’hôpital. Il y a moins d’un mois, il tombe et se casse le col du fémur et depuis rien n’allait bien. Il a fait un séjour d’au moins quinze jours en soins intensifs, dans la même unité que celle où était mon père quand il était au plus mal au printemps 2018. Un de ses fils habitait près de chez lui et l’autre, installé au Canada, est rentré juste avant que le cousin ferme son ombrelle. Il était d’origine ardéchoise (ils y passaient une partie de l’été) et quand il était encore en pleine forme, c’était quelqu’un d’assez doué de ses mains qui entreprenait beaucoup de choses. Pour moi, lui et sa femme étaient largement associé à la joie et à la fête. On se voyait toujours pour les fêtes de fin d’année, elle étant une cousine très proche et appréciée de ma mère.


Il y a huit jours, le sèche-linge tombe en panne, il indique une erreur avec l’indication « 07 ». La notice est très prolixe : « consultez le service après-vente ». La machine n’est pas neuve, elle a dix ans. Lorsqu’elle était encore sous garantie, un capteur ne fonctionnait pas et avait été remplacé. Il y a 3-4 ans, une grosse panne (la commande électronique qui a coûté plus de la moitié du prix de l’appareil neuf). Et à présent, il s’avère que c’est la courroie d’entraînement du tambour qui est cassée. Fromfrom a trouvé rapidement un tutoriel vidéo sur l’internet correspondant quasiment au même modèle de sèche-linge. Avec ça, ce fut un jeu d’enfant. Fromfrom a commandé le bon modèle de courroie, reçue mercredi et la réparation fut faite jeudi soir. Quinze euros de courroie, quelques tournevis et clés et le tour était joué. L’ennui était quand même qu’il y avait pas mal de choses à démonter et remonter. Il n’en demeure pas moins que je trouve quand même plus que limite que l’on mette une courroie aussi fine et étroite : obsolescence programmée, assurément !

6 juin 2022

Vrai ou faux : les réponses

1. Des personnes non identifiées ont lâché trois lapins domestiques devant l’entrée de mon lieu de travail. Des collègues en ont récupéré deux à des fins d’animal de compagnie. Le troisième, je m’en suis chargé, il est au congélateur. D’autres collègues ont continué à le chercher en vain…

Les deux premières phrases sont VRAIES mais le reste est FAUX. En effet, il y avait quatre lapins en tout et surtout je n’ai pas cherché à en attraper un, bien que je fus tenté.

2. Enfant, j’ai pris plaisir à cogner un élève pour me venger du fait qu’il me tapait régulièrement et que j’avais réussi à coincer et à mettre à terre.

Le contexte est VRAI (école primaire) mais le plaisir pris est FAUX. Au contraire, à cette occasion, j’ai pris conscience qu’il m’aurait été aisé de lui faire extrêmement mal (voire pire) car il m’aurait suffit de lui cogner la tête contre le bitume de la cour de récréation. Après cet épisode, je ne fus plus embêté par cette peste.

3. J’ai conduit à trois reprises dans ce que l’on peut appeler clairement un état d’ivresse.

C’est VRAI, dont une fois à Autun et une fois à Chinon. Heureusement, il n’y avait que quelques kilomètres à faire.

4. J’ai contribué à faire un sale coup le dernier jour de mon service militaire en introduisant un virus dans l’ordinateur de ma compagnie.

C’est FAUX pour le virus, mais si je n’en ai pas été l’acteur direct, c’est VRAI pour le sale coup. Mon complice était le gars avec lequel nous tenions les différents fichiers informatiques, en particulier les effectifs et autres âneries que nous avions créés sur un PC plus qu’à bout de souffle. Nous considérions qu’ils ne devraient pas nous survivre après notre départ…

5. J’ai pris le café avec le préfet de l’Aisne dans son bureau.

C’est VRAI, durant l’été 2015. Nous étions quatre en tout. Ce type était pas mal vis-à-vis de la prise en compte des enjeux environnementaux et pour l’écoute. Hélas, certains de ses successeurs n’ont pas été à la hauteur.

6. J’ai salué Ro*se*ly*ne Bac*he*lot dans le jardin lors des portes ouvertes.

C’est FAUX. Je ne l’ai qu’une fois en vrai à Tours lors d’un colloque en 2000 ou 2001.

7. Je suis intervenu avec des collègues dans une enquête de police sur une affaire d’homicide dans laquelle la présence d’un fragment de plante sauvage constituait un élément de preuve déterminant.

C’est FAUX. Néanmoins, des collègues d’un autre organisme homologue d’une autre région ont eu à intervenir comme je le dis.

8. Je suis le récent co-auteur d’une publication typifiant plusieurs nouvelles et proches espèces végétales pour la science, présentes uniquement en France pour l’instant.

C’est FAUX. Néanmoins, je suis co-auteur d’une publication typifiant plusieurs nouvelles associations végétales pour la France : saulaies et autres forêts ou fourrés alluviaux comportant des saules.

9. Nous avons désormais cinq ruches dans les jardins au travail. En début de semaine dernière, je me suis approché trop près en faisant des photos de plantes sans faire attention et je me suis fait piquer par une dizaine d’abeilles et je n’ai eu aucune réaction allergique.

C’est FAUX, je ne me suis jamais fait piqué par la moindre abeille (contrairement aux guêpes, que je ne compte pas), mais il est VRAI que nous avons désormais cinq ruches.

10. Une vieille dame très aisée avait décidé de nous octroyer un don important qui a servi à nous former et à lancer les premiers inventaires sur les lichens de la région.

C’est FAUX. Néanmoins, un organisme homologue au nôtre, a eu cette chance.

25 novembre 2023

Ma mère m'accompagne

Le 3 décembre, cela fera six mois que ma mère est décédée. Même si je la voyais assez peu finalement, les derniers mois, les dernières années étaient devenues assez pénibles de la voir ainsi diminuée, surtout sur le plan intellectuel, mais pas seulement. La dernière année où la situation était encore acceptable à défaut d’être bonne, c’était 2018. C’est surtout mon père qui a subi la chose pendant toute ces années. À présent, je pense que je minimise ces dernières années pénibles et je retiens surtout les années précédentes où cela allait encore bien et les bons souvenirs ressurgissent. Cependant, je ne peux pas me défaire totalement de ces visions où je vois ma mère perdue, dans une forme de souffrance, ces pleurs inexpliqués…

Ces derniers mois, mon père exhume des photos de famille prises à l’occasion de fêtes ou d’anniversaires des uns et des autres. Ma mère est présente sur nombre d’entre elles. Ce ne sont pas des photos que j’ai prises car je fais assez peu de photos de famille. C’est sympa de revoir cela plusieurs décennies après. La très large majorité des gens sont morts depuis, mais ils restent très vivants et assez caractéristiques des souvenirs que l’on a d’eux.

On l’aura compris, je pense que quelque part, ma mère m’habite plus que cela ne semble avoir été le cas auparavant et cela m’émeut régulièrement. Mon père pense très souvent à elle aussi, je le sais. Lui, il s’en tire bien chez lui. Sans avoir retrouvé un cœur tout neuf, cela va mieux, il se plaint moins de ses problèmes d’essoufflement. Et moralement, il tient le choc aussi.

26 septembre 2023

Brèves cornusiennes du mardi 26 septembre 2023

Mon père a subi l’intervention de pose d’une prothèse de valve aortique mardi dernier. Il devait rester 2-3 jours, il sera resté guère plus de 24 heures. Il est à présent question d’une seconde intervention pour une seconde valve, mais ce n’est qu’en octobre qu’une évaluation sera faite. On lui a dit que le bénéfice de cette opération narriverait pleinement qu’après 8-15 j. Il dit qu’il y aurait déjà un petit mieux. Il faut dire que la situation antérieure devenait très problématique, surtout le matin au réveil.


Je reçois des messages (liste de diffusion) d’une structure associative bretonne militante (de la langue bretonne, mais peut-être pas que) depuis des années alors que je ne la connais pas et que je ne l’ai jamais sollicitée. Je m’étais manifesté en répondant pour dire que je ne souhaitais plus recevoir ces messages. La première fois, je n’avais pas reçu de réponse. Quelques mois après, nouvelle réception de message et nouvelle réponse de ma part, mais là je m’aperçois qu’il s’agit d’une adresse d’expédition et non de retour. Je laisse tomber. Je continue de recevoir des messages, heureusement pas trop fréquents, auxquels je ne comprends pas grand-chose bien qu’ils soient au moins bilingues. Je pense que je ne reçois qu’une partie des messages pour une raison étrange. Ce week-end, après un énième message, je trouve une adresse dans l’un des supports diffusés et je leur écris, de manière courtoise. Et voilà qu’on me répond en breton. J’ai vaguement réussi à traduire, sans même demander l’aide à Fromfrom et je lui réponds que je ne suis pas bretonnant, de manière toujours tout à fait correcte. Et de me répondre à moitié en breton et à moitié en français de manière très désordonnée que « bretonnant » est un terme ringard et condescendant et qu’il faut dire « brittophone ». Bon, il me semble que Fromfrom, les amis Bretons qui maîtrisent parfaitement le sujet, semblent plutôt utiliser le mot « bretonnant » et ne m’ont jamais dit qu’il aurait été désobligeant de l’utiliser. Si tel avait été le cas, nul doute je ne l’aurais pas utilisé, ou alors en connaissance de cause. Me trompé-je ? Bon, c’est un détail insignifiant mais sur le coup, cela m’a énervé. Je ne m’interdis pas de lui renvoyer un message moins courtois en retour en commençant par lui dire que la moindre des politesses aurait voulu qu’il répondît en français à une sollicitation dans cette langue. Mais en même temps, je n’ai pas envie de contredire Michel Audiard « J’parle pas aux cons, ça les instruit. »

Cela n’est pas tout à fait équivalent, mais cela me fait penser au mot « thésard » qui définit les étudiants pendant leur travail de thèse, que personnellement je trouvais moche et péjoratif. Le terme « doctorant » était encore assez peu usité il y a 20-25 ans, mais semble davantage consacré depuis et paraît dominant aujourd’hui (sous toute réserve, ce n’est qu’une impression).


Je dis peu de choses ici sur ce qui m’agace dans l’actualité et pourtant, je vous assure que cela me rend parfois très grognon, râleur… Fromfrom subit cela et je la prie de m’en excuser, d’autant que ce sont toujours un peu les mêmes sujets qui me hérissent le poil. Parmi les trucs qui m’énervent, mais pour le coup, qui n’est pas une rengaine de ma part, il y a une certaine « Cent-Drine*Roux-Sot » qui ne cesse de dire des âneries à chaque fois qu’elle s’exprime. Cela fait environ 14 ans que je la connais (avant qu’elle soit connue au niveau national pour dénoncer, à juste titre, des cas de harcèlement / agression sexuels dont elle avait été victime au sein de son parti). À l’époque, elle était vice-présidente de la Région septentrionale, chargée de la recherche (c’est une enseignante-chercheuse, dans le domaine de l’économie si je me souviens bien). Elle présentait avec son collègue vice-président chargé de l’environnement, un projet de GIEC régional et j’assistais en quelque sorte à la réunion de lancement de ce dispositif (qui a été abandonné lorsque la Région a changé de bord). À l’époque, je l’avais sentie déterminée, dynamique, positive, mais pas dérangée du ciboulot comme on la connaît aujourd’hui. Je ne dis pas que tout ce qu’elle dit est à mettre à la poubelle, mais comme systématiquement à présent, elle est soit dans l’outrance soit dans la vérité tronquée, dans l’inexactitude scientifique ou autre, je me pose la question de savoir si elle ne ferait pas un transport au cerveau comme dirait mon père. Ses propos font qu’elle tire contre son camp, même si ses collègues ne sont pas beaucoup mieux dotés qu’elle. Son parti n’est hélas pas le seul en déshérence, bien peu voire aucun ne tient la route. Cela n’est pas nouveau, mais j’ai le sentiment que cela ne cesse de s’aggraver.

17 juin 2023

Week-end en chanson

Ce n’est pas un scoop, je poste les chansons en lien diffusées lors des obsèques de ma mère qui n’ont pas une tête d’enterrement. Il m’arrive de chanter la première, non pas parce que ce fut un tube avant Ioutube, mais parce que je l’aime bien.

 

 

 

Et pour rappel, à l’entrée de Fromfrom dans l’église de la Lande à genêt, il y avait eu ça.

 

Je pars, seul, en train de nouveau (voiture néanmoins réparée à prix d’or et soi-disant remisé) en tout début d’après-midi à RdG dans la perspective de voir le notaire lundi matin avec mon père. Fromfrom, elle, a kermesse ce dimanche.

29 mai 2023

Ma mère (4 et fin provisoire) : ce qu’elle fut

Un dernier épisode (pour le moment) avec des éléments un peu mis en vrac...

Ma mère n’était pas une personne délicate. Fille de paysans dans des terroirs pas très productifs et pentus malgré des altitudes relativement modestes, les conditions de vie étaient assez rustiques, mais pas pires que dans bien des endroits. Née en 1935, elle n’a pas vécu que les moments faciles pendant la guerre, comme beaucoup de monde à l’époque. Mon grand-père était prisonnier en Allemagne pendant toute la durée du conflit et il n’était pas évident pour ma grand-mère de faire tourner une exploitation (polyculture, élevage) avec deux filles en bas âge. Même après la guerre, les choses n’étaient pas faciles d’autant que mon grand-père, n’a jamais opté pour la mécanisation. Sans la guerre, il l’aurait probablement fait, mais après le conflit, ses ardeurs à se moderniser ont été coupées. Ma tante, de trois ans la cadette de ma mère, s’est dirigée vers la paysannerie et ma mère fut un temps aide à la ferme, eut quelques cours de « ménagère » avant de s’émanciper quelque peu, presque tardivement, en réussissant le concours d’entrée à l’école d’infirmières. Cela n’a pas été facile pour elle dans un premier temps, car elle faisait partie de la minorité de celles qui n’étaient pas passées par la case baccalauréat. Elle fit donc ses études à l’école d’infirmières de Saint-Chamond, dirigée par des sœurs et où elle restait toute la semaine. Son diplôme en poche, ses premières années d’exercice furent surtout consacrées à un « asile de vieux » au Chambon-Feugerolles. Je sais que ce ne furent pas des années faciles car les conditions de travail n’étaient pas évidentes et elle était quelque peu isolée. La plus grande partie de sa carrière, elle la passa à l’usine dans le cadre de la médecine du travail et c’est là qu’elle rencontra mon père. Là, elle avait pour ainsi dire deux patrons : son employeur (usine de métallurgie : forgeage de grosses pièces, entre autres) et le médecin de ville qui passait tous les matins à l’usine. Ma mère n’était pas une personne délicate ni une bourgeoise. Toutefois, avec son éducation catholique (même si son père n’était pas croyant ni aligné), elle devait être encore une personne assez « docile » et peu encline à revendiquer ses droits. La fréquentation de mon père l’a changée et l’a amenée à se défendre. Le premier médecin en contrat avec l’usine était un ancien combattant de la Grande guerre, déjà très vieux dans les années 1960 et en décalage complet avec son époque. Ainsi, il était habillé à l’ancienne avec une forme de redingote, de faux cols et fausses manchettes de chemise. Et il voyait la tuberculose partout alors qu’elle avait énormément régressé. Toutefois, cet homme suranné et dépassé était une bonne personne. Mes parents (et moi aussi durant trois bonnes années) habitèrent le même immeuble que lui. Ensuite, il y eut un médecin plus jeune, mais autoritaire voire cassant et qui sut profiter largement du système en étant grassement rémunéré. Des « mises au point » furent faites aussi avec certains responsables de l’entreprise qui essayèrent d’emmerder ma mère, mais mon père était là, avec l’appui du syndicat, si besoin (à l’époque, le patron se méfiait). Je me souviens vaguement de quelques-uns de ces épisodes. Elle travailla par la suite avec d’autres médecins à la page et d’abord très sympathiques. Un en particulier qui, à la fin des années 1970, traquait partout l’amiante, plus de vingt ans avant que l’État ne s’en soucie enfin.

En 1983, après la réduction drastique des effectifs dans l’usine, elle fut licenciée car une infirmière n’était plus obligatoire. Elle fit quelques remplacements dans différents établissements avant d’être embauchée comme contractuelle dans une maison de retraite gérée par la commune dans une ville voisine. Elle y restera les douze années suivantes, avant sa retraite. Les conditions de travail, bien différentes de celles des années 1950-60, n’étaient néanmoins pas optimales car l’infirmière chef était de la vieille école, quelque peu radine. La directrice de l’établissement s’en moquait royalement et le maire n’était pas contre le fait de faire des économies de bouts de chandelles. C’est ainsi qu’outre sa faible rémunération elle ne put pas bénéficier du matériel adéquat ni des consommables qui commençaient  déjà à exister à l’époque (et qui sont la norme de nos jours, comme s’ils avaient toujours existé). Par ailleurs, le personnel embauché n’était pas toujours à la hauteur, parfois sous-qualifié, sans les diplômes requis et d’un niveau scolaire de base non maîtrisé. Je me souviens de la fois où ma mère avait laissé des consignes écrites pour des médicaments en écrivant un truc du genre « ¼ de comprimé » et la jeune femme n’avait jamais entendu parler de ce genre de fraction. Une des choses qui l’épuisait le plus, c’était de bouger les malades, en particulier les grabataires du lit au fauteuil ou autres, alors qu’il n’y avait aucune aide mécanique et que la majorité de ses collègues avaient « autant de force qu’un pouillot ». Dans le cadre de son travail, ma mère était précise, incisive, entraînante et efficace. Ce n’était pas forcément facile de s’en rendre bien compte, mais plusieurs témoignages depuis 2018 de la part d’aides-soignantes et d’infirmières qui ont travaillé avec ma mère dans leur jeunesse viennent le confirmer. Mieux, elles appréciaient travailler avec ma mère plutôt qu’avec les autres qui étaient un peu molles, pas participatives et pas suffisamment organisées et rigoureuses. Je peux enfin ajouter que ma mère était une « piqueuse » réputée. Je ne parle pas des piqûres simples que n’importe quelle andouille réussirait, mais de certaines intraveineuses, prises de sang, poses de perfusions, notamment chez les personnes qui « n’ont pas de veines ». Elle était systématiquement appelée quand les autres ne réussissaient pas. Le fait d’appeler quelqu’un d’autre après deux échecs est classique. Mais elle, elle ne ratait pas ou du moins pas deux fois de suite !

Alors qu’elle était encore en activité, elle voulait aider dans des associations plus ou moins humanitaires (au moins une en tout cas), comme elle l’avait fait durant les années 1980 dans le cadre d’un jumelage de la commune avec une ville du Mali. Par exemple, elle s’occupait de collecter et trier des médicaments et il y avait du boulot car les gens apportaient des trucs entamés ou périmés. Ce genre de choses n’existe plus de nos jours ou plus sous cette forme. Ma mère avait laissé tomber quand le responsable (de l’association ?) avait cessé son activité (tombé malade) et parce que les autres ne tenaient pas la route. Une fois, à la retraite, elle aspirait à la paix et à se reposer et elle n’a rien fait de particulier dans ce domaine ni dans aucun autre. Elle n’a jamais su faire d’activités extra-domestiques. Toutefois, quand elle était en pays éduen, à la belle saison, elle passait de nombreux après-midis à se balader à vélo sur l’ensemble des petites routes du plateau d’Antully, qu’elle avait fini par connaître comme sa poche et pourtant, il y a de quoi faire. Elle marchait encore pas mal. Mais après 70 ans, ce fut complètement fini, elle ne pouvait plus (mal aux jambes dont les hanches, souplesse insuffisante…).

Ma mère n’a jamais été une grande lectrice, en particulier de romans. Toutefois, il y a eu des périodes où elle lisait pas mal de périodiques, en particulier deux revues d’infirmières pour lesquelles elle avait été longtemps abonnée et dont elle avait conservé tous les numéros au garage avec l’idée d’aller s’y replonger. Elle lisait aussi les revues auxquelles étaient abonnées ma grand-mère puis ma tante (La Vie et Les veillées des chaumières). En 1986, mes parents m’avaient abonné à la revue mensuelle « Science et vie » et je le suis toujours 37 ans après. Jusqu’en 2018, je lui rapportais toujours mes anciens numéros et elle les dévorait, en particulier les articles ou les numéros spéciaux consacrés à l’astronomie ou à l’astrophysique. Elle s’achetait d’ailleurs quelquefois des magazines traitant d’astronomie. Pour son départ en retraite, ses collègues lui avaient acheté une lunette astronomique. Elle s’y était intéressée au départ, mais la qualité, insuffisante, de l’engin avait de sérieuses limites (ce type de matériel optique doit être très qualitatif et est donc très cher, sinon, c’est rapidement décevant, ce qu’ignoraient ses collègues et mon père qui avait été mis dans la confidence).

Ma mère était une cuisinière assez ordinaire, mais il y a quelques plats qu’elle réussissait très bien, ainsi que certains desserts. En particulier, elle réussissait très bien le civet au lièvre. Et elle faisait des pâtisseries d’assez bonne tenue. Et un petit peu sur le tard, elle faisait une excellente pâte semi-feuilletée pour ses diverses tartes aux fruits.

Lorsque j’étais enfant, elle était assez exigeante sur le ménage, mais au fil du temps, elle s’en soucia de moins en moins, au point de ne plus y attacher d’importance (je ne parle pas de la période récente).

Je l’ai dit, elle n’était pas délicate et avait une certaine force et une bonne endurance physique. Les années après que mon père eut conclu le viager du dragon terrassé (il ne connaissait pas encore ma mère), il y eut énormément de travaux à faire, d’autant que le régisseur de mon arrière-grand-tante ne faisait rien et mes parents n’avaient absolument pas les moyens. Il fallut après 1965 réparer la digue de l’étang qui fuyait comme un panier (cela se voit sur une photo aérienne de 1963), débroussailler à la main (serpe et vonge = goyard = croissant) la digue puis la zone qui le sépare de la prairie de sorte qu’il a fallu attendre au moins 1978 pour rendre de nouveau l’étang visible depuis la maison (et cela, je vous assure que cela n’a pas de prix). Ma mère a traîné des branches en n’en plus finir pour faire des feux. Plus tard, elle apportera une large contribution pour dégager à plusieurs reprises les épicéas plantés entre 1968 et 1970 (une belle ânerie d’ailleurs, il aurait mieux valu ne rien planter – j’ai également participé aux travaux). Il avait aussi fallu retaper les deux maisons, dont une était une véritable ruine. Là, ma mère avait moins mis la main à la pâte, mais moi si et encore très jeune, au tout début des années 1980 – que de moellons de béton trimbalés – et jusqu’au milieu des années 1990.

Ma mère a toujours été un peu tête en l’air. Cet aspect, un peu légendaire et dont je suis aussi en partie l’héritier a été un de ceux qui avaient fait que je ne m’inquiétais pas, à tort, de ses pertes de de mémoire. Alors à quand remontent les premiers signes de sa maladie ? En 2016, c’était déjà évident (un sketch de perte de clés qui aurait dû m’alerter). Je pense que me suis laissé à penser que l’âge était le seul responsable « normal » de ses pertes de mémoire et c’est longtemps ce qu’avait dit le médecin. Tout se passait comme si l’âge exacerbait certains penchants naturels du caractère, mais cela ne m’inquiétait pas. Si je remonte beaucoup plus dans le temps, je me retrouve un certain 19 août 2006 avec un autre sketch, celui des chaussures perdues le jour de notre mariage à H. N’y avait-il pas déjà un souci ? À l’époque, j’étais loin de le penser et puis le contexte était très particulier : jour spécial, pas chez elle (maison qu’elle ne connaissait pas…). Je crois pouvoir dire qu’un tourant s’est cependant opéré dans les années 2005-2007 car c’est à cette époque qu’elle a presque entièrement arrêté de conduire. Je me souviens d’un épisode en 2007 où elle nous avait fait très peur en conduisant sur la route de Vézelay. Bon, j’avoue que mon père et moi n’étions pas tendre avec elle et ses erreurs de conduite et ce, de tout temps. Elle n’était pas une très bonne conductrice (conduite heurtée, trajectoire peu progressives) mais n’avait en principe jamais été un danger public (respect du code de la route). Un autre éventuel signe avant-coureur de ses problèmes cognitifs est peut-être la brutalité de certains gestes qui ont commencé à se révéler de manière plus aiguë à cette période. Avant cela, ma mère a toujours été un peu vive dans ses mouvements, ce qui l’a amenée à casser de nombreux objets pas très solides par ailleurs, c’est vrai. J’ai toujours connu ça et je déplore aussi ces fragilités. Mais cela s’est aggravé. Fromfrom n’a connu que cette période après aggravation et cela l’a toujours un peu agacé. L’exemple le plus typique : la façon d’apporter un plat lourd ou imposant sur la table et de faire le service en en renversant presque systématiquement un peu à côté. Bon, cela semble anecdotique et facile à dire a posteriori, mais cela m’apparaît à présent comme assez révélateur. A contrario de ce caractère « tête en l’air », elle avait aussi des formes d’intuitions, de fulgurances d’autant plus surprenantes qu’on pensait, souvent à tort, qu’elle « n’imprimait pas ».

Oui, j’aimais ma mère, y compris par certaines de ses formes d’outrances, son côté décalé, son côté avocat de l’orphelin ou du diable (par pur esprit de contradiction et dont j’ai également hérité). Je l’aimais aussi parce qu’elle se fichait totalement des apparences, du quand dira-t-on. Pour sa gentillesse essentielle. Tout cela s’est atténué petit a petit jusqu’à disparaître totalement ces dernières années. Cela fait longtemps que je n’ai plus vu cette générosité primordiale dans le regard de ma mère lorsqu’elle me considérait. La maladie a détruit tout cela et c’est sans doute ce qui m’aide à faire mon deuil de manière prématurée.

21 avril 2023

Brèves cornusiennes du vendredi 21 avril 2023

Les choses se bousculent. Mercredi après-midi, ma mère est rentrée à l’EHPAD et elle ne voulait pas rester. Pourtant, hier jeudi, la journée s’était bien passée (mon père a appelé deux fois pour avoir des nouvelles dans la journée). Mais ce matin, un peu avant neuf heures, alors que nous sommes en escale en terres éduennes, le téléphone sonne pour m’annoncer que ma mère est aux urgences et au plus mal et me demander s’il y a des directives anticipées. Je ne suis qu’à moitié surpris. On ne devait aller voir mon père (et un peu ma mère à l’EHPAD) que samedi, mais du coup, nous allons partir dans les minutes qui viennent. Les médecins m’ont dit ainsi quà mon père un plus tard, qu’ils ne feraient pas de l’acharnement thérapeutique car elle ne supporterait pas. Elle aurait fait un AVC, est inconsciente et ne souffre pas. Peu de chance qu’elle tienne la journée.

31 décembre 2019

Mes visions du vin (2)

L’ouverture ligérienne

Ma mère a toujours fait preuve d’une forme d’hygiénisme à mon égard et je pense qu’elle avait raison même si c’était parfois excessif. Même à l’âge de 12-14 ans, je n’avais pas droit à une tasse complète de café. Et entre 18-20 ans, le vin m’était versé qu’avec parcimonie.

Mais l’année de mes vingt ans, je me suis retrouvé en Touraine et c’est là-bas que j’ai commencé à boire… des vins de Touraine et du Saumurois, notamment chez les personnes chez qui je logeais et qui m’invitaient régulièrement le dimanche. Et c’est là, véritablement que j’ai commencé à glisser du côté rouge et blanc de la force !

Cependant, si j’ai bu, c’était chez les autres car encore jeune et étudiant, je n’avais pas mes moyens et je vivais aux crochets de mes parents et avec un minimum de moyens. Je n’ai jamais manqué de quoi que ce soit de fondamental, mais je ne faisais aucune folie.

Ce n’est que bien plus tard, après mon service militaire, que je me suis retrouvé de nouveau en Touraine et que j’ai pu, avec mes premiers salaires, me permettre de goûter d’acheter des vins de Touraine et d’Anjou… tellement différents des Bourgognes et des Côtes-du-Rhône… Et je les ai appréciés, même si aucun rouge de la vallée de la Loire ne peut tenter de faire oublier un Bourgogne !

Je connaissais les Vouvrays et Montlouis, deux communes-appellations qui se font face de chaque côté de la Loire en amont de Tours et qui produisent des vins à base de Chenin blanc, secs à liquoreux, tranquilles à puissamment effervescents, mais c’est bien plus tard que j’ai connu des angevins Côteaux-du-Layon et autres vins liquoreux proches (par le cépage d’abord), et je suis tombé dedans.

Le Sancerre, ce vin blanc sec (même s’il existe des rouges et des rosés), j’ai été presque immédiatement épaté par ce que je trouve la plus belle expression du Sauvignon blanc si caractéristique, si aromatique (impossible de ne pas reconnaître le cépage au nez, du moins dans les vins jeunes).

J’ai parcouru les Saumur et Saumur-Champigny, les Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil : il y a de bonnes choses, mais faute de connaissance approfondie des vignerons ou cuvées spéciales, je trouvais que cela tournait assez vite en rond.

En revanche, je suis allé plus loin, jusqu’au début des années 2000, sur les Chinons rouges. Il est vrai que j’étais sur place. Cravant-les-Côteaux est réputé produire des Chinons corsés et tanniques ; ce dernier caractère n’ayant que peu ma faveur en général. Mais il faut quand même savoir ce qu’ignorent nombre de prétendus spécialistes : le vignoble de la commune possède des parcelles dans la plaine alluviale de la Vienne, lesquelles sont en partie inondables ! Lors de mes promenades, j’ai vu des laisses de crue dans les vignes à un bon mètre de haut. Donc Cravant-les-Côteaux ne signifie pas nécessairement vignes inondées de soleil, mais parfois inondées tout court ! N’oublions pas que dans ses stations primaires classiques, la Vigne (Vitis vinifera susbsp. sylvestris) est une grande liane ligneuse des forêts alluviales plus ou moins inondables. Il n’en demeure pas moins que Cravant-les-Côteaux possède aussi de très beaux côteaux ensoleillés aux sols bien drainés. J’ai eu l’occasion de goûter à beaucoup de Chinons, qui ne se valent pas tous. J’en avais notamment découvert un que je trouvais très bon et pas très cher, réalisé par les étudiants d’un lycée agricole qui possédait son domaine à Chinon.

Enfin, il y eut aussi quelques vins blancs effervescents de Saumur que je ne peux pas passer sous silence. Ce qui m’attirait le plus, c’était le côté fruité.

A suivre…

19 janvier 2020

Mes visions du vin (3)

En posant l’hypothèse selon laquelle je ne m’intéresserais qu’aux aspects esthétiques de la floraison des plantes, ce ne serait pas seulement l’anthèse qui m’attirerait, mais aussi tout ce qui précède (la croissance végétative, l’émergence des bourgeons floraux, l’épanouissement progressif des fleurs) et après (fructification, dissémination des graines). Pourquoi évoquer cela ? Parce que si j’apprécie les pleines et parfaites floraisons, j’aime aussi les choses plus bancales ou imparfaites. De la même manière, si je peux apprécier un bon vin irréprochable, constant, comme peuvent le proposer certains Champagnes ou Bordeaux, j’aime plus encore la diversité, les petites « flétrissures », en un mot les surprises, dès lors qu’elles ne sont pas mauvaises. Ces surprises, les différents millésimes les proposent déjà bien sûr, mais au-delà de ça, les terroirs, les micro-terroirs, les vignerons (culture, conditions de croissance et de fructification du raisin), les méthodes de vinification (qui évoluent d’ailleurs en fonction des vignerons, des millésimes, des cuvées, des expériences) et aussi les parcelles.

Les climats de Bourgogne sont délimités au niveau d’un petit ensemble de parcelles (lieux-dits précis, clos…), mais parfois cela se joue à un niveau infra-parcellaire. Autrement dit, des vignerons vinifient des vins de manière spécifique parfois à l’échelle de quelques ares, même s’ils sont propriétaires de parcelles plus grandes. Bien entendu, il faut qu’il y ait une plus-value à le faire, mais on ne voit pas cela que dans des parcelles classées en premiers ou grands crus, mais aussi dans certaines appellations villages. Il est vrai que ce n’est pas non plus une généralité, mais cela me semble néanmoins typique de l’état d’esprit que l’on rencontre en Bourgogne (pas uniquement là, il est vrai) et qu’il s’agit bien là en partie d’un héritage d’origine médiévale. Je précise tout de suite que l’on peut aussi observer le phénomène exactement inverse pour lequel des vignerons ou leurs regroupements pratiquent des assemblages pour tenter de stabiliser certaines caractéristiques organoleptiques des vins. Ces assemblages se font la plupart du temps avec un seul cépage, mais aussi à deux comme dans les Mâcons rouges ou pour des appellations plus « basiques » somme le Bourgogne passe-tout-grains ou le Coteaux-bourguignons (ex Bourgogne grand ordinaire dont le nom n’était pas vendeur). Pour de tels vins, si tout reste équivalent par ailleurs, se sont donc surtout les effets du millésime qui se feront sentir, ce qui peut déjà être important.

Mais de mon point de vue, un des effets les plus remarquable en Bourgogne reste quand même la formidable multiplicité des parcelles dans lesquelles s’expriment localement une extraordinaire diversité des conditions géologiques et édaphiques à laquelle viennent s’ajouter des microclimats différents (exposition, pente, altitude, courants d’air liés à la topographie environnante). Enfin, il faut ajouter les différences culturales, les vendanges et bien sûr la vinification, ce qui est également fondamental. En définitive, pour une seule appellation village, parfois bien peu étendue, on arrive à élaborer des dizaines, voire des centaines de vins différents pour un seul et même millésime. Parmi ces derniers, certains peuvent ne pas être extraordinaires et d’autres particulièrement remarquables. Certains vont se ressembler très fortement. Pour certains millésimes, il arrive que des vins issus de villages différents ne soient pas facilement distinguables. Je me souviens de cela en 2003 où je n’avais pas perçu, pour un même vigneron, de différence entre un Maranges 1er cru et un Hautes-Côtes-de-Beaune, mais cela reste exceptionnel. Par ailleurs, il faut avoir à l’esprit que certains villages possèdent une variabilité intrinsèque des vins et qu’il existe parfois moins de différence entre deux villages qu’au sein d’un seul village. J’ai justement il y a peu lu un article sur le sujet entre Volnay et Pommard, ce qui ne fait que me conforter dans mes observations des Pommards qui oscillent entre la force brute et une certaine délicatesse soyeuse.

A suivre…

13 mai 2023

Brèves cornusiennes du samedi 13 mai 2023

Dans mes brèves du 6 mai, je disais que je ne parlerai plus de l’état de santé de ma mère, mais je fais une entorse à la promesse. Ma mère est retournée hier en fin de soirée aux urgences, mais je le savais car j’avais appelé l’EHPAD juste avant qu’elle ne soit embarquée. Les urgences ont cherché a m’appeler plusieurs fois entre minuit et une heure, mais je ne garde pas à dessein mon portable près de moi la nuit. J’ai découvert la chose ce matin lorsque je me suis levé peu avant 6 h 30 et j’ai immédiatement appelé. Elle est désormais de nouveau dans le service de gériatrie. La médecin de garde m’a appelé vers midi pour m’expliquer la situation. Rien de fondamentalement nouveau en réalité : elle est faible, ne sature pas en oxygène, se réinfecte via de fréquentes fausses routes, a la glycémie qui crève le plafond, est déshydratée, dort presque sans arrêt et est agitée en même temps… La médecin a commencé à m’expliquer ce que je sais déjà et c’est moi qui ai conclu l’explication : elle est sur le fil du rasoir.

8 avril 2023

Brèves cornusiennes du samedi 8 avril 2023

Parce qu’on en parlait dans les médias au début de l’année (on en encore abondamment parlé ces dernières semaines), j’ai testé le logiciel d’intelligence artificiel de discussion ChatGPT à plusieurs reprises selon plusieurs axes. Un collègue informaticien l’a testé positivement de son côté dans le cadre professionnel pour l’aider à écrire du code informatique, ce qui lui fait gagner beaucoup de temps. De mon côté, tout ce que j’ai essayé a donné des résultats pitoyables. Je l’ai interrogé sur des questions d’architecture, d’écologie (science), d’histoire, de géographie, de littérature et il s’est avéré que dans tous les cas, il était superficiel, convenu, presque caricatural. Et dès que l’on va dans des choses un peu précises, les réponses deviennent vagues voire souvent fausses. Le nombre de réponses fausses est hallucinant et bien sûr inquiétant. Les journalistes n’ont pas beaucoup relayé ce problème que je considère pourtant comme l’un des plus préoccupants. Le souci est que lorsqu’on lui dit qu’il se trompe, il se se corrige en intégrant la bonne réponse qu’on vient de lui donner, mais surtout quand on lui donne une fausse réponse, il l’intègre tout aussi bien. Je parle bien de réponses qui n’ont rien à voir avec l’actualité ou issue d’une interprétation. Bref, la fiabilité en prend un sacré coup. Ensuite, il est vrai que l’outil produit des phrases globalement très correctes et en principe exemptes de fautes d’orthographe. Je pense que c’est sans doute cela qui me paraît le plus remarquable. Il a été dit que les étudiants l’utilisaient et que c’est justement l’absence de fautes d’orthographe dans les copies qui permettait de suspecter son utilisation. On peut aussi le constater quand les copies sont à peu près similaires et surtout parce que la façon de rédiger est toujours la même, manque de personnalité et est donc à ce titre caricaturale, le tout avec une certaine superficialité et sans caractère. Si les enseignants ne s’en rendent pas compte, il faut qu’ils se posent des questions. Toutefois, il est aussi vrai qu’il ne s’agit là que d’une étape et des évolutions futures pourront certainement brouiller les pistes. Sur le fond, il y a quand même de quoi être inquiet, non pas de l’outil en tant que tel mais des utilisations malveillantes qui ne manqueront pas d’être mises en œuvre par des individus, groupes, entreprises, états fort mal attentionnés. Je ne parle pas de cet outil en particulier mais des diverses formes que prennent ou en prendront l’intelligence artificielle. Certes, les technologies ont toujours été utilisées pour des choses utiles ou en principe bienveillantes d’un côté et détournées pour faire le mal de l’autre. Il n’y a rien de réellement nouveau dans l’approche, mais cela donne toutefois le vertige et on a clairement le sentiment que nos espaces de liberté s’amenuisent sans cesse à une vitesse accélérée.


Quand quelqu’un a un pouvoir, la question n’est pas de savoir s’il va en abuser, mais quand il va en abuser. Le pouvoir peut être très modeste, très limité et je pense qu’il peut concerner n’importe qui, y compris des personnes qui sont loin d’avoir une âme de dictateur. Prenons mon cas, certes déjà biaisé car je rêve d’être dictateur, mais prenons-le quand même. J’en ai déjà parlé, quand j’étais au service militaire, il m’est arrivé une fois d’abuser d’une minuscule parcelle de pouvoir qui m’était octroyée en tant qu’armurier. C’était pour rendre la monnaie de sa pièce à un sous-lieutenant et j’avais décidé de faire du zèle sur la propreté des armes. La victime collatérale n’avait pas d’importance, c’était un abruti, certes presque inoffensif.

Certains, beaucoup trop nombreux, argumentent que l’utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution de la République française est démocratique. Il ne faut pas confondre le respect de la loi et des règles avec l’esprit de la vraie démocratie active et incontestable, surtout quand autant de personnes sont contre une réforme. Ce passage en force pour une réforme engageant un nouveau recul social est un abus de pouvoir caractérisé et est à mon sens réellemnt anti-démocratique.

François Mitterrand s’était engagé, comme candidat à la présidentielle en 1981, à abolir la peine de mort (alors qu’il l’avait fait appliquer en tant que ministre de la Justice et ministre de l’Intérieur dans les années 1950). Y avait-il une majorité dans la France d’avant 1981 pour l’abolition ? Les sondages de l’époque semblaient dire le contraire. Mais à quel point avait-on expliqué la barbarie que cela représentait ? La question se pose. Mitterrand avait-il pris un vrai risque en s’engageant dans ce sens avant l’élection ou était-ce au contraire un calcul pour incarner une rupture, un changement pouvant lui octroyer plus facilement des voix de la part des humanistes ? Pour ma part, j’ai tendance à penser que Mitterrand n’avait pas besoin de parler de l’abolition pour être élu, mais il l’avait fait, et à ce titre, c’est sans doute l’une des choses qu’il a fait de mieux dans son existence. Tout cela pour dire que ce n’est pas parce que le « peuple » est pour ou contre une chose, une loi que le « peuple » a nécessairement raison, mais on ne peut pas aller radicalement contre lui sans en tenir compte de manière extrêmement sérieuse. Et aujourd’hui, cette réforme des retraites ne tient compte de rien. Le compte à rebours de la bombe à retardement est déjà en route.


Le calendrier pour le départ de ma mère à la maison de retraite s’est précisé, ce sera le 19 avril, soit onze mois après avoir formulé la demande dans les premiers établissements. L’établissement, qui dépend de l’hôpital public, a une très bonne réputation de la part des soignants et travailleurs sociaux avec lesquels mon père et moi sommes en relation. Il y a encore des dossiers à remplir pour que mon père puisse bénéficier d’un minimum d’aide. Et on s’aperçoit à cette occasion combien les systèmes sont mal foutus, pas interconnectés, répétitifs. Il devrait y avoir des liens directs et facilités entre les dossiers fiscaux et sociaux (retraites, logement…) et ce n’est pas le cas, on n’a pas de communication directe des bases de données entre elles (on en est à l’âge de pierre d’une certaine façon).

1 avril 2023

Brèves cornusiennes du samedi 1er avril 2023

Ce jeudi, mes parents avaient rendez-vous avec le médecin-conseil dans l’un des deux EHPAD de les plus proches de la maison. Et après la visite, il s’avère qu’une place pour ma mère sera disponible dans une chambre double d’ici trois semaines. Cette perspective est un soulagement pour mon père, mais il craint de s’ennuyer seul. Il va également falloir faire en sorte qu’il conserve a minima une aide-ménagère quelques heures par semaine. Donc, globalement, cela reste une très bonne nouvelle, ce que confirme la personne qui travaille au Département de la Loire avec laquelle je suis en relation régulière depuis le mois de mai 2022.


Tous les matins, j’ai envie d’étrangler un ministre. Il faudra que je me prescrive quelque chose.


Hier soir, après avoir regarder une vidéo sur You Tube depuis chez Calyste, je suis arrivé de fil en aiguille sur ce vieux sketch de Pierre Dac et Francis Blanche, qui contrairement à d’autres, je ne connaissais pas. Cela s’appelle La recette du water pudding.

 

C’est surréaliste, absurde, très bête, idiot, crétin… si bien que j’ai failli mourir de rire, comme cela ne m’était pas arrivé depuis fort longtemps.

21 janvier 2023

Brèves cornusiennes du samedi 21 janvier 2023

Le début d’année est consacré aux entretiens professionnels annuels d’évaluation… J’en ai un en moins cette année. Du fait de l’inflation et de la convention collective, les hausses de salaires sont substantielles alors que les financements n’ont pas évolué, eux, depuis dix-quinze ans bien souvent. C’est donc très difficile. L’année dernière, sans tenir compte de l’accélération de l’inflation depuis l’invasion de l’Ukraine, nous avions calculé qu’une somme donnée il y a quinze ans nous permettait de financer à présent deux fois moins de jours de personnel scientifique. Un de mes subordonnés, un peu hors sol et nombriliste sur les bords aurait voulu que je l’augmente davantage alors qu’il est déjà mieux rémunéré que d’autres plus méritants. Et il n’est pas mal partagé car il a quand même des augmentations automatiques. Et c’est déjà énorme que nous arrivions à maintenir le cap.


J’a appris hier le décès d’une personne qui a pris sa retraite il y a quatre ou cinq ans. Il travaillait à l’Eau-Aine-Effe et avait 66 ans. Il faisait partie de notre conseil scientifique, mais avait voulu le quitter en prenant sa retraite. J’avais insisté pour qu’il n’en soit rien, mais je n’y étais pas parvenu. Je le connaissais depuis 2002 (peu après mon arrivée dans le Nord) et nous avions rapidement sympathisé. C’était une personne très agréable, d’une grande bienveillance et très gentille et bien sûr compétente dans son domaine. Je pense que d’autres personnes arrogantes et incompétentes devaient régulièrement l’emmerder au sein de son organisme. En prenant sa retraite, je l’avais senti « éteint », triste. Il avait hâte d’être en retraite compte tenu de l’ambiance de merde qui régnait (règne encore) dans son établissement. Et il n’a presque plus donné de nouvelles sauf peut-être auprès de ses proches. Je pense qu’il se sentait malade et je soupçonne un cancer que le faire part de décès laisse penser sans le dire. Cela a été un coup de poing hier. C’est injuste car les mauvaises personnes, elles, ne sont jamais pressées pour lever les pinceaux.


En parlant de retraite, je ne supporte pas que les politiques et les journalistes, lorsqu’il s’agit de parler de l’âge de départ à la retraite, disent en parlant d’une personne « a commencé à travailler » pour les raisons suivantes :

  • quand on est étudiant et que l’on fait tout pour réussir, on ne se tourne pas les pouces, on n’est pas oisif, on travaille (en tout cas, pour ce qui me concerne, c’était ainsi et je n’avais pas beaucoup de loisirs, du fait d’abord de beaucoup d’heures d’enseignement) ;
  • quand on débute ou pour d’autres étudiants, on peut exercer des emplois précaires et mal payés et pourtant on travaille et en plus on cotise et pourtant bien souvent, ce n’est pris en compte ;
  • on confond systématiquement « cotiser » et « travailler », même si comme vu ci-dessus, on peut travailler et cotiser sans avoir de droits.

Je ne vous donne pas la totalité des raisons pour lesquelles je suis contre la réforme de la retraite, alors que la situation est déjà très injuste pour certains. Je ne parle pas de mon cas personnel, de toute manière, ce ne sera pas avant 67 ans, si j’arrive jusque-là.


J’ai appris hier soir que mon père allait enfin recevoir le paiement de « MaPrimRénov ». Enfin, je n’y croyais plus. Les travaux de façade avaient été achevés fin juin 2021, je me suis occupé de faire la demande de paiement sur le site internet dédié début juillet 2021 et après moultes échanges de courriels (une vingtaine facilement), d’appels téléphoniques (4-5 par Fromfom), l’ensemble en pure perte de temps car ce qu’ils nous demandaient de faire ne fonctionnait jamais, j’avais réussi , huit mois après, soit en février 2022, à valider le paiement. J’avais réussi via un dysfonctionnement dans le dysfonctionnement (imaginez le truc, sinon je n’y serais pas parvenu), le problème ayant généré dans un second temps (un mois après) un courriel de leur part en me demandant une pièce (qu’il ne m’autorisaient pas à fournir directement autrement). Et dix mois plus tard, le paiement (ne pas encore crier victoire, l’argent n’est pas sur le compte). Donc presque 19 mois en tout. Ne parlons pas de ceux qui ne peuvent pas avancer l’argent, cherchez l’erreur.

16 décembre 2022

Brèves cornusiennes du vendredi 16 décembre 2022

La situation de ma mère continue de se dégrader et elle devient de plus en plus ingérable pour mon père. Je passe les détails.


Un ami, de la même génération que mes parents, est décédé dimanche. C’était un homme que j’ai découvert au début des années 1990. Il faisait partie de la « bande du 14 juillet » car traditionnellement, cette bande venait au Dagon terrassé tous les ans depuis 1991 ou 1992 pour un gros week-end à 4-5 jours autour de la fête nationale. Selon les personnes et les années, ils dormaient dans des tentes ou dans une partie inoccupée de la maison (et même dans une caravane une année) et aussi beaucoup dans un gîte rural. Cela a duré de manière systématique jusque vers 2010 ou à peine plus. Le but du jeu, outre les barbecues, était d’aller à la pêche et de manger la friture. Si d’aventure je prenais une grosse carpe (ce qui manquait rarement d’arriver), nous la mangions, ainsi que du brochet. Il y avait aussi un rituel : nous engueuler à table sur des broutilles, des sortes de joutes verbales exacerbées, assassines auxquelles je prenais souvent part, avec force mauvaise foi de tous les côtés. On s’insultait gaiement. Et cet ami, en était assez souvent l’instigateur. C’était un ouvrier très cultivé (en arrêt invalidité après un très grave accident du travail aves des séquelles très significatives, puis à la retraite). En fait, on adorait s’engueuler, en oubliant aussitôt les horreurs que nous venions de nous balancer. Fromfrom, qui a connu la fin de cette période et qui ne connaissait pas au départ cette « règle du jeu » non écrite, avait pris peur à plusieurs reprises avant de se rendre compte que cela n’avait aucune conséquence. Un tel phénomène me semble assez rare. Plus on s’engueulait, plus on s’appréciait. Bon, cela ne s’applique pas tout à fait à l’ensemble des personnes de cette « bande » mais lui en était l’archétype et j’appréciais beaucoup son humour, son vécu (parfois difficile) et le fait que nous allions pour chaque séjour, visiter souvent au moins deux édifices bourguignons et une fois un musée. Dans le lot, c’est lui qui appréciait le plus. Tranches de rigolade garanties. Des souvenirs en particulier au château de Châteauneuf (-en-Auxois) où il voulait payer la guide Fromfrom et à la sortie du château de Bussy-Rabutin où nous étions allé boire un coup au bar du coin et au le patron, joyeux drille comme on en voit peu servait des « tartines de houblon » et refusait un coca en Bourgogne à Fromfrom ! Dans les années 1990, les voisins de la ferme l’avaient surnommé Marcel Béliveau, un animateur/réalisateur/comédien québécois en référence à une émission télévisée de caméra cachée diffusée en France à cette période. Il est vrai qu’il lui ressemblait assez, de loin.


Hier matin, j’en étais à ma deuxième assemblée générale extraordinaire en à peine plus d’un mois. Le but consistait notamment de transférer une équipe de trois personnes (en marge de nos missions de Cé-bé-aine) à un organisme public dans le cadre de la création d’une a*gen*ce r*égi*onale de la b*i*odi*vers*ité conventionnelle. Une vraie merdouille d’usine à gaz. Avant ça, on aurait voulu qu’on embauche d’autres personnes et on a refusé car nous souffrions déjà assez comme ça. Il y a beaucoup de bisounours en région qui n’ont aucun sens des réalités, c’est lamentable. Je passe les détails. Il y a eu des soucis pour les trois salariés qui vont déménager au premier janvier (le trois en fait) car ils ne s’y retrouvaient pas au niveau rémunération, ce qui nous a obligé à des délais et à revoir les copies (je passe aussi les détails, des détails qui m’ont bien embêté et empêché de dormir à un moment donné). Bref, tout a fini par rentrer dans l’ordre, mais on a transpiré avec le directeur de l’organisme d’accueil qui a dû aussi ramer à contre-courant, mais pas à cause de nous car nous avons été très réactifs. Content que l’année se termine, mais c’était in extremis car aujourd’hui notre présidente partait à la Réunion et ne revient que dans un mois.


Mercredi après-midi, j’ai assisté (en simple auditeur) à une soutenance de thèse de doctorat en visioconférence consacrée à la végétation des chenaux secondaires de la Loire entre le bec de Vienne (Montsoreau) et Nantes. Voici quelques commentaires :

  • la soutenance présentait bien certains éléments méthodologiques et étaient assez pédagogiques ;
  • le cadre phytogéographique n’a pas été présenté ;
  • la présentation des végétations n’a pas été faite, ni les explications générales qui expliquent la distribution spatiotemporelle des communautés végétales ; ce qui m’ennuie le plus, c’est le fait que l’on ait présenté la végétation comme la simple addition de plantes présentes à un endroit (alors que c’est effectivement beaucoup plus que cela et cette forme de simplisme m’agace) ;
  • les analyses de l’eau et de sol n’ont pas été présentées, même de manière sommaire ;
  • les données des bases de données sur les traits fonctionnels des espèces n’ont pas été confrontées à la situation réelle du terrain ;
  • un point précis de mon travail de thèse a été cité par le président du jury sur un sujet lié aux forêts alluviales et figurez-vous que je n’ai pas compris ni la question ni la réponse (ou est-ce le doctorant qui a mal su retranscrire ce que j’avais écrit) ;
  • si j’avais été membre du jury (on ne me l’a pas proposé, ni cette fois ni à aucune autre occasion et je trouve que c’est bien dommage car j’ai bien évidemment des tas de choses à dire ; à moins qu’on ait peur de moi), ce qui est idiot), j’aurais bien évidemment bombardé l’impétrant de questions et remarques (bon, si j’avais eu le mémoire de thèse, j’aurais eu des réponses à mes questions, mais aussi pas mal d’autres questions, à n’en pas douté) ;
  • j’ai trouvé l’impétrant assez à l’aise lors de la soutenance, beaucoup moins lors des questions où il restait assez sec face à certaines. Les questions étaient parfois pointues ou avaient valeur de test, mais bon ;
  • je n’ai pas trouvé que l’impétrant avait une âme de botaniste (c’est difficile à expliquer rapidement de quoi je parle) de sorte que j’ai un doute sur ses capacités réelles sur le terrain ;
  • j’ai trouvé que le travail réalisé durant quatre ans, notamment sur le terrain, avait été assez considérable, indépendamment de tout le reste ;
  • j’ai trouvé curieux que les co-directeurs de thèse et autres encadrants directs ne parlent que des conditions matérielles du travail accompli et longuement d’aspects très personnels de l’impétrant, ses qualités et singulièrement ses défauts… Bien sûr, je ne le connais pas et il y a peut-être un vrai sujet, mais j’ai trouvé cela un peu gênant (pas les qualités, mais les travers ou des anecdotes qui n’ont à mon sens rien à faire dans un tel cadre). Cela m’ennuie car j’ai pu voir une fois un directeur de thèse (un con) qui avait réglé ses comptes avec l’impétrante et probablement en contribuant à lui accorder une mention assez faible eu égard à son travail. Mais là, non, c’était bon enfant, mais ce n’est pas une raison.

Après avoir rédigé ce qui précède, j’ai recontacté aujourd’hui celui qui va donc être docteur et deux de ses co-directeurs de thèse que je connais, pour le féliciter et lui demander à être destinataire de la thèse. Et là, de me demander en chœur qu’on voudrait bien recueillir mon avis, à la fois sur ladite thèse mais aussi sur d’autres travaux de l’équipe de recherche ou je ne sais quoi. Que dois-je en conclure ? Qu’on ne requière pas les avis autorisés sur le travail réalisé en amont, pendant le travail de thèse mais après, une fois que le coup est parti ? Qu’on demande aux vrais experts après, alors qu’avant, on s’en fout ? Qu’on considère que les travaux de thèse, c’est un peu du pipi de chat et qu’on peut se contenter d’un vaguement à peu près ? Manifestement, on n’a pas peur de moi. Ou alors si et j’ai été invité par le doctorant par hasard sans volonté réelle et à présent, par simple politesse, on me demande parce que je me suis manifesté ? Je n’ai pas d’avis définitif sur la question, mais connaissant le monde universitaire, je sais que certains de ces universitaires sont capables de tout et que l’on peut pas d’emblée leur faire confiance. C’est lamentable, mais c’est hélas ainsi. J’ai vu de l’intéieur ce que cela pouvait donner à Tours et d’un semi-extérieur à Lille.

11 septembre 2022

Virée ligéro-éduenne (1)

Pour cette seconde séquence de vacances fin juillet, nous partons un peu plus tôt que prévu (le mercredi dans laprès-midi). Nous faisons une escale technique à Langres dans un hôtel déjà fréquenté une fois et dont nous avions une opinion neutre. Hélas cette fois, nous avons décidé d’y diner et là, ce fut d’une incroyable misère : comment peut-on proposer des légumes (notamment des courgettes, tomates haricots verts) aussi mauvais en pareille saison ? Et je ne parle même pas du poisson. Tout était congelé et infect.

Le lendemain midi, nous oublierons la chose pour le repas méridien chez mes parents à RDG.

Le vendredi, plusieurs rendez-vous sont programmés. D’abord, le dépôt de la voiture parentale pour refaire le plein de liquide de climatisation (mon père considère que ce n’est pas vraiment un luxe en pareille saison). Puis, dans la journée, visite en compagnie de mon père des trois EHPAD mutualistes conseillés par la dame du Département qui suit le dossier APA de mes parents. Nous verrons à quoi cela ressemble. C’est très similaire d’un établissement à l’autre (c’est la même maison-mère). Nous verrons des pensionnaires en situation. Dans un des établissements, mon père parlera de « mouroir » à la secrétaire qui nous accueillait. Effectivement, ce n’est pas une partie de plaisir de voir ça, mais je voulais que mon père puisse voir comment cela se passe pour qu’il se rende un peu plus compte. Il en a préféré deux sur les trois, mais plus par rapport aux accès et au cadre. Un des établissements est celui où ma mère avait travaillé entre 1984 et 1995. Toutefois, cela n’a plus rien à voir, car les anciens bâtiments ont été détruits il y a quelques années et refaits à neuf et un peu décalés, de sorte que cela n’est plus du tout reconnaissable. Pour prendre le rendez-vous, j’avais eu au téléphone une personne que ma mère avait connue lors des dernières années de sa carrière alors qu’elle en était à son début. Je me souviens qu’alors que ma mère était peut-être à moins d’un an de sa retraite, elle avait été sidérée de voir rentrer une dame de tout juste 60 ans dans un studio (non médicalisé). Cependant, ces studios correspondaient dans les années 1970-80 au besoin des retraités valides et indépendants, qui sortant de leur campagne ou même en ville, n’avaient pas les moyens physiques ou financiers de faire rénover leur logement pour avoir un minimum de confort « moderne ». Ma mère, si elle avait toute sa tête, vivrait très mal l’idée d’être pensionnaire dans l’établissement où elle a travaillé. Et en même temps, elle pense souvent qu’elle travaille encore. D'ailleurs, la semaine suivante à A., elle nous dira quil fallait qu’on prévienne la directrice, parce qu’elle prolongeait ses vacances (la directrice en question est partie en retraite entre 1995 et 2000). D’où l’idée que pour lui faire admettre en douceur l’idée de rentrer dans un de ces établissements, ce serait de lui dire qu’elle irait pour donner un coup de main au personnel ou un truc du genre. Cela dit, ma mère délire désormais presque en permanence. Cela n’a rien de dangereux, mais cela reste surprenant. Il faut garder la tête froide.

Le samedi, nous préparons la voiture et les bagages de mes parents qui viendront à A. le mardi (car le lundi, rendez-vous à l’hôpital prévu depuis longtemps pour ma mère). Mon père, 86 ans, se débrouille encore très bien au volant. Le soir, nous gagnons A. Là-bas, les nuits seront plus fraiches. Les deux semaines qui ont suivi ont été chaudes, mais quand même supportables. Honnêtement, j’ai connu pire. Idem pour la sécheresse (je parle d’A., pas de la Bourgogne en général). Cependant, durant les deux bonnes semaines, nous ne ferons pas beaucoup de sorties à cause de la chaleur et du besoin de se reposer… Au rayon travail, il y eut quand même des tontes, tailles, débroussaillages, la réparation du toit de « l’abribus » autrement dit de la réserve de bois prêt à brûler et le remplissage de cette dernière grâce au voisin qui a une scie extra montée sur la prise de force du tracteur et qui évacue les bûches via un convoyeur à bande. C'est agréable de travailler avec du matériel performant car tout le a été fait en à peine deux heures là où plus d’une journée aurait été nécessaire avec notre scie.

5 juillet 2020

Brèves cornusiennes du dimanche 5 juillet 2020

A la suite des événements policiers à consonnances racistes aux États-Unis d’Amérique, en France et un peu partout, on a évoqué l’idée (ou on l’a mise en œuvre directement) de déboulonner les statues des esclavagistes et autres dictateurs de tous poils. Très bien, pour le symbole. Personnellement, j’ai immédiatement pensé à la statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour à Lyon. Au-delà du symbole, légitime mais fort tardif, je ne crois pas que cela soit une bonne idée. Je préfèrerais un panneau qui expliquerait les vertus (s’il y en a) et surtout les limites (ou les exactions) des personnages. J’ai entendu une personne qui aurait bien vu que l’on mette à côté des personnages controversés des œuvres qui justement dénonceraient ces exactions. Mais mettrait-on en face une statue de Charles de Gaulle, une œuvre rappelant, entre autres, l’abandon actif des Harkis en Algérie ?


 

Nous n’avons plus d’électricité dans une partie de la maison, mais la situation n’est pas encore trop handicapante en pareille saison. Un électricien et un plaquiste vont venir cette semaine pour des premiers devis, mais je ne crois pas à la moindre indemnisation par l’assurance compte tenu de la vétusté des installations. Nous verrons bien. Peut-être quand même l’occasion pour nous de faire refaire la cuisine de manière complète ?


 

A B., un ancien collaborateur de Martine A. de Lille a remporté l’élection municipale. Un grand soulagement pour moi. Il me tardait que l’ancien maire soit viré, tant c’était devenu insupportable et injuste pour le boulot. Par l’intermédiaire d’une collègue, j’ai été invité au premier conseil municipal d’installation (une première pour moi). Gros bémol (cela m’a bien contrarié), le large non-respect des gestes barrière et des distances de sécurité. Nous pourrons prochainement organiser une rencontre avec la nouvelle équipe et nous ne pouvons qu’y gagner (puisque nous avions tout perdu).

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