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Cornus rex-populi
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1 avril 2007

Évocation d'une complicité

En novembre 2002, un ami (C.) a mis fin à ses jours. Il avait un petit peu plus de 80 ans. Il n’était certes pas en bonne santé, il avait depuis longtemps une insuffisance cardiaque et quelques autres problèmes bien réels. Mais au fil des années, il était devenu extrêmement hypochondriaque, à tel point que c’est peut-être ça qui l’a tué. En effet, sa souffrance psychosomatique était devenue telle qu’il avait dû considérer qu’il fallait qu’il en finisse. Cet homme, encore jeune, était rentré dans le maquis pendant la guerre, puis avait servi dans l’armée régulière. Il ne parlait presque jamais de cet épisode terrible de sa vie. Et il avait gardé des « souvenirs », dont une arme de poing avec laquelle il se suicida. Je me souviens très bien que je n’avais pas été surpris plus que ça par son acte, tant il avait évoqué il y a longtemps la possibilité de se supprimer de cette manière, s’il y était obligé et s’il en avait la force physique. Beaucoup de personnes n’avaient pas cru qu’il le ferait ; moi je savais qu’il pouvait le faire. Ce n’est évidemment pas cela que je veux retenir de lui, mais tout ce qu’il m’a apporté par ailleurs.

Au départ, mon père l’a connu comme artisan maçon. Il faisait de la réfection de maisons anciennes ou autres travaux hors constructions neuves. Ils devinrent amis. Ils partageaient des valeurs et des activités communes comme la pêche et la chasse. Pendant et après guerre, il avait pas mal braconné, essentiellement pour se nourrir. Il en avait gardé certaines ruses, certains tours de mains. C’était un homme de la nature, il en connaissait fort bien les cycles et se montrait à cet égard fin observateur. C’est surtout en tant que pêcheur que j’ai le plus appris avec lui, mais aussi la manière de se fondre dans la nature. Car c’était un pêcheur de truites, et dans les ruisseaux forestiers, il n’est pas donné à tout le monde d’aller y ferrer une belle mouchetée sans se faire repérer, sans emmêler sa ligne, sans accrocher de toutes parts son fil dans les arbres et les buissons. Il y a bien entendu des trucs que l’on ne dit pas dans les livres halieutiques. C’est lui aussi qui me fera découvrir les champignons et surtout la manière de les trouver (car le novice ne voit pas les champignons qu’il a devant les yeux), et mêmes quelques-uns de ses coins. En compagnie de mon père, nous ferons aussi de fructueuses récoltes d’escargots de Bourgogne. Enfin, il fut l’un de ceux qui m’initièrent aux vins de Bourgogne. Il faut dire qu’il en avait des bons à la cave.

Voilà, je n’en dirai pas plus. C’était juste pour dire que l’amitié et la gentillesse de cet homme modeste et généreux me manquent. Pensée émue à son épouse, ses enfant et petits enfants.

Et comme cela ne doit pas être triste et que nous sommes le 1er avril voici quelques images.

En compagnie de C. (photo ancienne abîmée) :

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Deux de mes prises (ce ne sont pas les plus belles, mais pas négligeables quand même) : une Truite commune (Salmo trutta Linnaeus 1758) et un Brochet (Esox lucius Linnaeus 1758) :

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8 mai 2007

Retour de Saint-Fargeau

Sur le chemin du retour de Saint-Fargeau, je m'étais promis de faire découvrir une orchidée, assez commune, des terrains calcaires. Evidemment, il se faisait déjà tard et il était hors de question de faire une quelconque exploration botanique. Il n'est point nécessaire d'être un grand gourou pour trouver cette espèce : elle affectionne notamment les talus routiers et pourvu que les conditions stationnelles soient favorables, on la trouve assez aisément, même en roulant à 90 km/h. Il faut toutefois exclure les zones trop ouvertes sans arbres ou arbustes, les zones de cultures trop enrichis en nutriments (azote en particulier), les zones trop humides, les zones trop acides, les zones pas suffisamment thermophiles... Bref, les strates de l'échantillon étant posées, il fallait enfin que l'on pût se garer sans risquer de faire arriver un accident. Ce fut donc chose faite. Je vous présente une relative banalité : Orchis pupurea Hudson (Orchis pourpre).

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Puisque finalement, le talus constituait un ourlet forestier, à côté, un arbrisseau en fleurs, lui aussi à caractère calcicole et tout aussi banal dont je ne pus me retenir de photographier : Viburnum lantana L. (Viorne lantane).

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A propos de viorne, de retour à la maison à H., un des avatars horticoles de Viburnum opulus L. (Viorne obier) autrement appelée Boule de neige, était en fleurs. Avatar peut-être, mais splendide et divine surprise dans ce jardin qui n'accueille pas que des beautés.

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2 juin 2007

Calais

On ne peut pas dire que je tombe devant Calais, aux sens propres et figurés, mais voilà, c'est Calais, donc il faut y aller. Il y a quinze jours, nous y sommes allés (pour ce qui me concerne, ce n'était pas une première). Nous sommes allés voir l'hôtel de ville avec son beffroi. Et puis, chose nouvelle aussi pour moi, les Bourgeois de Calais de Rodin (1895), et là, franchement, je trouve que ça vaut quand même le coup.

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8 mai 2007

Petit aperçu de la flore de Saint-Georges au 1er mai

L’inventaire de la flore de Saint-Georges a été fait depuis longtemps. Il s’agit d’un site exceptionnel, connu depuis le milieu du XIXe siècle au moins. Un des tropismes majeurs du domaine est l’étang Saint-Georges. J’ai déjà dit ici combien ce lieu était d’une importance majeure à mes yeux ; mieux, que j’en étais une essence.

Cet hiver très doux par ailleurs ne le fut pas partout puisqu’il y eu des chutes de neige exceptionnelle (50 cm en une journée et beaucoup plus en cumul), ce qui a provoqué des dégâts assez considérable à beaucoup d’arbres tant la neige était lourde et collante. Le paysage dévasté que j’avais évoqué ici à l’automne à la suite d’une coupe forestière blanche et traumatisante n’a pas disparu, la situation s’est même détériorée (et encore je ne vous montre pas le pire).

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Heureusement, il existe encore des végétations forestières très intéressantes comme cette magnifique boulaie à sphaignes.

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Mais revenons à l’étang, sujet aussi de tours de barque dans laquelle S. se débrouille maintenant plutôt bien (il y a eu des progrès depuis un certain lac Pavin).

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On rencontre parmi les ceintures de végétations (tourbeuses) de l’étang, des plantes qui semblent donner du coton : Eriophorum polystachion L. (Linaigrette à feuilles étroites) ou du Carex rostrata Stokes (Laîche en ampoules) :

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Parmi les prairies et les pâtures de Saint-Georges, particulièrement diversifiées et riches en espèces, on peut rencontrer des espèces plutôt mésophiles.

Orchis mascula (L.) L. (Orchis mâle), espèce se cantonnant plus souvent au sein d'ourlets, notamment aux abords des haies :

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Lotus corniculatus L. (Lotier corniculé) :

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Knautia arvensis (L.) Coulter (Knautie des champs) :

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Ranunculus bulbosus L. (Renoncule bulbeuse) dont une monstrueuse :

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Lathyrus linifolius subsp. montanus (Bernh.) Bässler (Gesse des montagnes) :

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Neotinea ustulata (L.) Bateman, Pridgeon & Chase (Orchis brûlé) :

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Anacamptis morio (L.) Bateman, Pridgeon & Chase (Orchis bouffon) dont quelques exemplaires albinos :

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Dans les haies triomphe la floraison de Crataegus monogyna Jacq. (Aubépine monogyne) :

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La grande originalité du site repose aussi sur les végétations de prairies humides plus ou moins tourbeuses, elles aussi très variées et abritant quelques espèces plutôt rares et menacées. On y rencontre notamment, Scorzonera humilis L. (Scorsonère des prés) :

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Cardamine pratensis L. (Cardamine des prés) :

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Ajuga reptans L. (Bugle rampante) :

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Dactylorhiza maculata (L.) Soo (Orchis à feuilles tachetées) :

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Genista anglica L. (Genêt anglais) :

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Et puis, dans le pré sous l’étang, des tapis roses de Pedicularis sylvatica L. (Pédiculaire des bois) :

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13 mai 2007

Un jour de mai au jardin

Vendredi, après le travail, un soleil, certes timide était revenu et la température était redevenue acceptable. C’était donc le moment propice pour faire un tour par le jardin. Il s’agit là que de plantes sauvages. Aujourd’hui, c’est dimanche, alors et il n’est pas question de donner des noms, mais juste d’observer ces quelques plantes.

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12 mai 2007

Enclos de Commana et Chaos de Huelgoat

Lors de notre séjour finistérien de mi-avril, c’est-à-dire il y a déjà une éternité, nous avions répondu à l’appel des artichauts. Ceux-ci se trouvent à Guimiliau. On me dira qu’il n’y a aucun rapport, puisque Guimiliau recèle un des plus bel enclos paroissial de la région que je vous avais déjà montré dans ces pages. Mais en ce qui me concerne, je persiste et je signe, il y a un rapport évident avec les artichauts. Les gens raisonnables diront avec force qu’il n’y a pas d’artichauts armoricains à déguster en cette saison et ils auront raison. Mais que voulez-vous, je ne suis pas entouré de gens raisonnables et ils n’en font qu’à leur tête. Arrivés sur place, bien entendu, il n’y avait pas d’artichauts. Ceux-ci bénéficièrent alors d’une mutation. Non pas d’une mutation biologique, ni même liée à la langue bretonne, mais d’une mutation gastronomique puisqu’ils se changèrent en un somptueux plat composé entre autres, de far de kig-ha-farz. Toutefois, l’expert remarqua que l’un des ingrédients majeur de l’artichaut, tel un catalyseur, était conservé dans le nouveau plat (la décence m’impose le silence à ce sujet).

Après avoir bien mangé et bien bu (bien, pas trop), nos roues nous dirigèrent vers Commana (orthographe IGN) et son enclos. Votre serviteur en profita pour monter à la chaire. Rien que de plus normal, il aurait voulu être le premier curé (au moins) athée du XXIe siècle, mais il ne désespère pas pour l’avenir lorsque l’on aura rétabli les cardinaux laïcs.

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L’étape suivante fut le Chaos de Huelgoat, où mon œil fut attiré par ceci (clin d’œil incontournable à Madame Kleger) :

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Un magnifique chaos granitique le long d’une charmante rivière. On peut émettre quelques hypothèses sur l’origine géologique de ce chaos, mais curieusement, il n’y avait aucune documentation sur le site. Nous ne vîmes pas l’ensemble du site. Nous pûmes admirer la « Grotte du diable » et quelques Polypodium cf. interjectum Shivas (Polypode du Chêne, Polypode intermédiaire) jouant aux épiphytes, mais je fus quelque peu consterné par le traitement paysager et environnemental de la « Roche tremblante » que du coup, je décidai de ne pas photographier.

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10 mai 2007

Morne Bayeux

Un réveil avec les commentaires du débat politique que vous savez.

Une arrivée sur le terrain avec un léger mal de gorge.

Une matinée passée à faire des observations diverses sur une falaise et de constater de curieuses aptitudes à la simplification scientifique et professionnelle chez des collègues d'autres contrées. Un mal de gorge qui devient gênant.

Un début de sandwich passé auprès des vestiges osseux d’une baleine.

Un coup de téléphone de mon amour, mais ce n’est pas mon amour qui parle. Une fin de sandwich indigeste. Une partie de l’après-midi angoissante.

Une fin d’après-midi qui s’éternise. Une gorge en feu.

Une arrivée dans un hôtel qui fait aussi restaurant.

Un repas peu carnassier vite avalé. Une chambre à la porte peu étanche.

Une absence de sommeil à me poser des tas de questions.

Une absence de réveil. Une gorge qui ne va pas mieux. Un petit-déjeuner sec.

Un temps nuageux et refroidi dehors.

Une cathédrale extérieure avalée à la hâte avant d’aller rejoindre ma réunion à quelques dizaines de kilomètres de là.

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5 mai 2007

Clamecy et Saint-Fargeau

En ce week-end précédent le premier mai, il avait été décidé (pour une fois, je n’avais fait qu’approuver un choix fortement suggéré) d’aller à Saint-Fargeau dans l’Yonne. Cette commune se situe aux confins de la Nièvre et du Loiret, sur la bordure nord-ouest du bassin de la Loire, mais en dehors de celui-ci, à quelques encablures de là où la Loire passait pour aller se jeter dans la Seine (à moins que ce ne soit l’inverse) il y a environ 3 à 5 millions d’années. Le voyage n’étant pas de courte durée, nous fîmes escale à Clamecy, ancienne plaque tournante pour le flottage du bois sur l’Yonne. Le Morvan, dès le XVIe siècle devint en effet la principale source en bois de chauffage pour Paris grâce aux petits chevelus de rivières morvandelles, de la Cure, de l’Yonne et bien entendu de la Seine. Au XIXe siècle, ce flottage du bois déclina progressivement pour cause de charbon et d’autres moyens de transport et cessa complètement en 1923. A Clamecy fut donc pris le repas qui bien que très honorable, eut tendance à s’éterniser quelque peu. Bien entendu, nous étions aussi passés pour découvrir la collégiale gothique Saint-Martin qui elle aussi était fermée. La tour rappelle pas mal celle de la cathédrale de Nevers.

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Pour rappel, Nevers ressemble à ça :

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Quant au château de Saint-Fargeau, je ne m’étendrai pas, sauf pour vous dire qu’il s’agit d’un ancien château fort complètement remanié à de multiples reprises, et en particulier par la Grande Mademoiselle (Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier et de Saint-Fargeau), cousine de Louis XIV un temps en disgrâce et en exil à Saint-Fargeau consécutivement à la Fronde. A découvrir une tour creuse avec une petite cour intérieure dans laquelle ou pouvait récupérer de l’eau de pluie et les charpentes du château que les visiteurs peuvent parcourir en intégralité, à condition qu’ils n’aient pas peur des fantômes. Nous en avons vu un (peut-être un ancêtre de Jean d’Ormesson ?), mais franchement, on n’a même pas tremblé.

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Non loin de là, à Guédelon, les curieux (dont nous ne sommes pas – du moins pas cette fois-ci) pourront aller visiter le chantier médiéval d’un château fort en construction, laquelle a été commencée en 1997. Durée prévisionnelle initiale de la construction : 25 ans.

21 avril 2007

Château de Trévarez

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Depuis ce fameux article du 20 avril 2006 de notre ami Ar valafenn qui ne s’appelait pas encore comme ça, nous avions appris d’un toujours Karagar qu’il y avait des rhododendrons dans le parc du château de Trévarez. Dimanche dernier, de passage dans les montagnes finistériennes, nos roues nous permirent de frôler ledit château, à caractère néogothique du début du XXe siècle et confectionné en kersantite et en briques rouges. Nous devions aussi constater que les azalées étaient à peu près en pleine floraison et que les rhododendrons avaient déjà bien amorcé la leur. Comme le château fermait, la visite fut remise au lendemain après-midi. Le lendemain, après un repas délicieusement « crevettier », nous ne parvînmes pas très tôt au château, et je ne savais pas quelle était l’importance du parc (85 ha). Or, parmi tout ce qu’il y avait à voir, le temps nous fut insuffisant pour tout voir avant l'excellent rendez-vous du soir qui nous attendait. Dans le parc (souvent en sous-bois), les Narcissus avaient quasiment tous terminé leur floraison, les Camélias étaient aussi largement sur la fin. En revanche, les azalées étaient ravissantes. Quant aux rhododendrons, ils étaient encore loin d’être tous en fleurs (normal pour un 16 avril), même si certains (rares) en avaient déjà terminé. Évidemment, nous n’avions pas beaucoup de possibilités de revenir plus tard. Bien que limité, le spectacle fut quand même au rendez-vous.

Je ne puis en juger de façon globale puisque je n’ai pas pu voir l’ensemble du parc, mais j’émettrais quand même quelques regrets. On a du mal à percevoir la logique de l’organisation de ce parc, à se faire une idée de son architecture. Sans doute existe-t-il des contraintes historiques, mais on n’arrive pas bien à capter des thématiques, un fil conducteur. Par ailleurs, j’aurais aimé avoir quelques indications botaniques et variétales in situ. On trouve parfois quelques étiquettes, mais souvent brouillonnes et en état d’abandon.

Voici donc nos arbrisseaux et arbustes fleuris :

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12 avril 2007

Escapade chapelière dans les Monts du Lyonnais

Toujours en ce week-end pascal, décision fut prise par votre serviteur d'aller se balader au sud des Monts du Lyonnais, en faisant un crochet préalable par la marge orientale sud de la plaine du Forez (Saint-Galmier, là où jaillit l’eau de Badoit). Le but était en fait de se rendre à Chazelles-sur-Lyon (qui n’est nullement au-dessus de Lyon, ni même à côté), pour aller y visiter – ne sait-on jamais – le musée du chapeau. Celui-ci était en effet ouvert et nous arrivâmes à point pour le début de la visite guidée. C’est à cette occasion que nous furent présentés les différentes étapes et machines qui servaient à la confection de chapeaux en feutre de poils de lapin. J’avais déjà visité l’ancêtre de ce musée à la fin des années 1970 (ou au tout début des années 1980), à une époque où une usine au moins tournait encore. L’industrie chapelière, au sein de ce gros village avait employé directement à son apogée (XIXe siècle) plus de 1000 ouvriers, ce qui est absolument considérable. Un travail incroyablement pénible en fait dont on prend conscience lorsque l’on observe les différentes étapes de la fabrication d'un chapeau. Aujourd’hui, il ne reste que quelques petits artisans et le musée lui-même, mais on peut considérer que la production reste assez confidentielle. En revanche, le chapeau connaît un regain d’intérêt depuis quelques années, et ce n’est pas moi qui dirais le contraire.

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Après le musée, nous nous rendîmes à Saint-Symphorien-sur-Coise, petite ville natale d’un funeste porteur de chapeau, ministre de De Gaulle, lui-même ancien maire de ma ville natale : Antoine Pinay. Inutile de vous dire que je n’éprouve aucune once de sympathie pour cet individu qui a pourtant été – scandaleusement à mon sens – une référence politique sur le plan économique pendant beaucoup trop longtemps. Là aussi, l’accès à l’église romane ne nous fut pas possible. Quel dommage !

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Ne pas oublier aussi que cette région est très importante dans la production de saucissons, bons-jésus et autres rosettes. Je ne vous parle pas de ces trucs industriels, mais de ceux qui ont un aspect rustique et surtout le goût de ceux de mon enfance, de ceux que je savourais chez mes grands-parents.

10 avril 2007

Contrastes

Ce week-end pascal « voiturier » nous a emmené sur les terres de mon lieu de naissance, dans le département de la Loire, sur les contreforts des monts du Pilat. Cela faisait plus de dix ans que je n’étais pas allé là-bas au printemps. Le contraste a été assez saisissant. Chez mes parents à 200-300 m d’altitude, la chaleur se faisait presque lourdement sentir dans nos peaux encore habillées d’hiver. Les cerisiers étaient en fleurs dans un ciel d’azur uniforme et profond.

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En début d’après-midi, nous fîmes escale à l’ancien prieuré de Sainte-Croix-en-Jarez. Nous n’eûmes malheureusement pas le loisir d’en visiter l’église. Je devais me plaindre de ce scandale sur le livre d’or.

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Nous nous lançâmes ensuite à l’assaut des pentes du Pilat, ce qui fut mis à profit pour observer des taches jaunes flamboyantes sur les talus de Potentille printanière (Potentilla neumanniana Reichenb.).

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Arrivés au sommet du Crêt de l’Œillon (à près de 1400 m d'altitude), nous eûmes la surprise de trouver la neige tombée quelques semaines plus tôt et qui terminait de fondre parmi les chirats de gneiss et la lande de Callune (Calluna vulgaris (L.) Hull), de Myrtille (Vaccinium myrtillus L.) et de Genêt purgatif (Cytisus oromediterraneus Rivas-martinez, Diaz, Fernand).

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18 mars 2007

Châteaux de Brancion et de Châteauneuf

Voici deux châteaux forts bourguignons que j’avais parfois aperçus de loin, mais que je n’ai visité qu’au cours de l'été 2005, quelques semaines ou mois avant de faire la connaissance de celle qui partage ma vie.

Le premier (Brancion, Saône-et-Loire), je l’ai visité avec de charmants amis que je « traîne » tous les ans à la découverte du patrimoine bourguignon. Cette visite s’est faite à une période de doute parmi les plus terribles de ma vie. Ce n’est pas que je souffrais affreusement, mais je ne savais pas trop où j’en étais. Immédiatement après avoir vécu une expérience intime inédite, mon séjour bourguignon arriva à point nommé pour reprendre mes repères habituels et tenter de comprendre ce qui m’arrivait. Cette période fut mise à profit pour faire un point et pour déterminer que j’étais l’objet d’une manipulation. Le retour au domicile septentrional permit de rendre un jugement sans appel. Toutefois, je n’étais qu’en convalescence : mon doute n’était pas éteint.

Ma « fièvre » reprit peu à peu ; elle devait durer tout l’été. C’est dans cette disposition que se fit mon second séjour estival en Bourgogne. Ainsi, la visite du second château (Châteauneuf, en Auxois, Côte d’Or) se fit dans un contexte totalement désincarné, comme si mon esprit se détachait de mon corps. Je crois qu’à cette période, je n’étais plus moi-même. Une vie moralement et physiquement épuisante, remplie de tas de questions existentielles qui durera jusqu’à ce que je prenne la décision de rencontrer S. Le « mal » qui me rongeait fut vaincu quand, quittant la Bretagne après avoir fait la connaissance physique de S., je vis pour la première fois mon horizon personnel s’éclaircir. Est-ce un hasard si le soir même de mon retour de Bretagne, je fus pour la première fois de ma vie, victime d’un étourdissement ? Était-ce la conséquence d’un coup de foudre à effet retardé ? Je me plais à le croire…

Château de Brancion :

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Château de Châteauneuf :

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3 mars 2007

Bugnes ligéro-bourguignonnes à la mode bretonne

Voici une, sinon LA recette des bugnes (ces beignets de Carnaval lyonnais), revue et corrigée.

Ingrédients

  • Farine : 500 g

  • Beurre salé (oui, c’est une adaptation bretonne, parce que dans le Lyonnais et en Bourgogne, on ne mange pas de beurre salé) : 200 g

  • Levure de boulanger : q.s.p. 500 g de farine ou 2 sachets de levure en grain

  • Sucre : une cuillère à soupe, mais adaptation bretonne oblige, on passe à 3 cuillères à soupe

  • Extrait de fleur d’oranger : 2 cuillères à soupe

  • Un jus de citron

  • Sucre glace

  • Huile de friture : 1 à 1,5 l

Préparation

Sortir les ingrédients du réfrigérateur une demi-heure avant de commencer la préparation.

Verser la farine dans un récipient de taille adaptée. Ajouter le beurre coupé en petits cubes, les œufs, le sucre, la levure, le jus de citron, l’extrait de fleur d’oranger.

Mélanger et brasser le tout avec les mains ou avec un appareil électrique ad hoc, jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène.

Réserver près d’un radiateur ou autre appareil de chauffage pour laisser reposer et gonfler la pâte : durée variable : 1h30 à 2h30.

Étaler la pâte au rouleau à pâtisserie en farinant légèrement. La pâte doit faire de 1 à 3 mm d’épaisseur.

Couper la pâte étalée en bandes d’environ 4-5 cm de largeur pour 8 de longueur (mais en fait, la géométrie est libre, c’est juste une question de manipulation ultérieur).

Cuisson

Dans une poêle, faites chauffer vivement de l’huile de friture. Une fois l’huile bien chaude, faites frire les morceaux de pâte (nombre variable en fonction de la taille de la poêle).

La pâte doit normalement gonfler à la cuisson. Elles se transforment en bugnes ! Les retourner avec des instruments adaptés, en évitant qu’elles ne brunissent trop. Retirer les bugnes et les déposer sur une assiette recouverte de papier absorbant. Une fois écoulées et légèrement refroidies, transférer les bugnes sur un plat et les saupoudrer de sucre glace.

Dégustation

Bon appétit ! Et bises à ma chérie !

Millésime 2006 :

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Millésime 2007 (elles sont à peine froides) :

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17 février 2007

Basilique de Paray-le-Monial

Parce que je n’en ai pas assez parlé ni assez montré à mon goût (note « Quelques églises de Bourgogne » du 1er juillet 2006) je me permets de revenir sur la merveilleuse basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial en Saône-et-Loire. Je vous ai déjà parlé du site internet Bourgogne romane (ici). Comme cela me trottait dans la tête, je suis allé voir hier soir la page consacrée à cette fameuse église que je connaissais déjà bien entendu (ici). J’ai promis, même de façon décousue, d’aider l’auteur du site pour la langue. Alors que je débutais la correction, je me suis heurté aux photos. J’avais en effet oublié que l’intérieur de cette église avait bénéficié d’une restauration récente de grande ampleur. Elle était auparavant beaucoup plus sombre et ressemblait, toutes proportions gardées, davantage à la cathédrale Saint-Lazare d’Autun.

Lorsque nous avons visité cette église fin avril 2006, je ne vous cache pas que j’ai été agréablement surpris et absolument enchanté par l’éclat de la lumière qui règne partout dans cette église. Il est vrai que nous avions pour nous un temps formidable et nous fûmes accueillis par la mélodie d’une petite formation orchestrale qui répétait. La musique aidant (des morceaux que j’appréciais particulièrement), j’étais dans un émoi intérieur indescriptible. Le feu qui régnait dans cette église dévorait absolument tout sur son passage. Je fus bien entendu saisi par la proximité avec la cathédrale d’Autun, elle aussi de style clunisien. Pis, je fus ravi par l’éclat. Je me surprenais à me demander : serait-ce plus beau que Saint-Lazare ? Cette église en jette désormais plein la vue et il faut retrouver un peu ses esprits si l’on ne veut pas perdre la raison. Et se dire qu’il faut aller revoir en urgence certains détails de la cathédrale d’Autun. Heureusement, la raison l’emportera plus tard dans la cathédrale de la cité éduenne par le caractère grandiose, l’élévation, l’homogénéité et bien entendu, une sculpture plus abondante et globalement de meilleure facture. Mais sur le moment, pour ne rien vous cacher, je tremblais. Je tremblais de l’émotion de l’instant, de cette beauté au-delà de ce que j’imaginais. Je tremblais par la musique car je marchais, l’air de rien presque sur les pieds des musiciens. Je tremblais enfin de la proximité de l’amour qui m’accompagnait, là, tout près. Je tremblais, mais ne laissait pas paraître grand chose, car malgré les tremblements, les photos ne furent pas trop mauvaises ! Bref, une journée plus que réussie, mais à se demander si Autun ne pourrait pas bénéficier d’un traitement analogue. Pas le même bien sûr, mais nul doute qu’il y a quelque chose à faire, n’en déplaise probablement, à certains puristes.

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4 février 2007

Musée Rolin

A Autun existe un musée d'art et d’histoire : le musée Rolin situé dans l’ancien hôtel de Nicolas Rolin, chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Je ne reviendrai pas sur cet homme dont j’ai brièvement parlé dans ces pages. L’objectif aujourd’hui est de vous montrer quelques œuvres qui sont exposées au musée, dont certaines sont exceptionnelles.

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La visite débute par l’Antiquité romaine (la ville a été fondée à partir de 15 av. J.-C.).

Pierre tombale gallo-romaine :

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Mosaïques gallo-romaines :

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L’autre période faste de la ville débute vers les X-XIe siècle et s’achève au XVIe siècle.

Moine :

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Saint ??? :

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Saint Jean l’Évangéliste issu du reliquaire de Saint Lazare :

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Chapiteau aux anges :

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Ève d'Autun (ancien linteau de la cathédrale Saint-Lazare) :

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Sainte Catherine d'Alexandrie :

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Saint Christophe :

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Vierge à l'enfant :

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Cardinal Jean Rolin (fils de Nicolas) :

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Vierge d'Autun :

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31 janvier 2007

Résultats du petit concours 2007 (1)

L’objet ci-contre à droite était le mécanisme aérien d'une vanne de fond de vidange d’un étang. Techniquement et localement, on appelle cela un empellement qui manœuvre une pelle, c’est-à-dire, la vanne proprement dit qui coulisse verticalement et qui ouvre ou ferme un conduit qui passe sous la digue de l’étang. Il s’agit d’un modèle rustique puisque les trous servent à maintenir et régler l’ouverture. Sur des modèles plus élaborés une vis ou une crémaillère remplit cet office. Voir mon schéma ci-dessous. Je précise que l’on avait vue sur l’étang gelé et enneigé en arrière plan (20 cm de neige environ).

Le grand gagnant est donc Karagar ! Désolé, Kleger, on ne peut pas gagner à chaque fois. C’est dommage, parce que tu n’étais pas loin, car sur les portes des écluses (modèles anciens), il existe des vannes similaires appelées vantelles. Lulu mérite aussi un accessit compte tenu de ses nombreuses questions. Et je remercie aussi tous les autres (Ar valafenn, Xypass, Eric, Deloin, Laouen et Jehanne) pour leur participation que je ne pensais pas aussi active.

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27 janvier 2007

La Chaise-Dieu

En cette fin 2006, j’avais décidé (eh oui, je décide souvent) d’aller montrer la Chaise-Dieu à ma chère épouse. Bien sûr avant d’y parvenir, il fallait franchir un fleuve insuffisamment connu : la Loire d’amont, qui avait décidé de bouder : elle était partiellement gelée.

La Chaise-Dieu est une petite commune des hauts plateaux de la Haute-Loire. On y trouve une grande abbaye bénédictine « Casa Dei » (des abbés y séjournent encore).

L’abbatiale Saint-Robert date du XIVe siècle, de style gothique dit « languedocien ». La grosse tour carrée (tour Clémentine) fit office de donjon.

Le chœur comporte de solides stalles et surtout des tapisseries (65 m de longueur) du début du XVIe siècle. En général, ce genre de tapisserie m’ennuie dans la mesure où les couleurs sont complètement délavées. Il n’en est rien ici, et c’est absolument éclatant. Un des bas-côtés abrite une fresque de danse macabre du XIVe siècle.

Enfin, dans les anciens bâtiments conventuels, existe la salle des échos, où selon une disposition particulière, deux personnes placées dans deux coins diagonalement opposés, peuvent chuchoter et parfaitement s’entendre, même s’il y a du monde et du brouhaha dans la salle.

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20 décembre 2006

Joyeux Noël

Il s'agit de la dernière note de l'année 2006. Alors, à tous les commentateurs, à tous les visiteurs de ce blog, je souhaite un excellent Noël et d'excellentes fêtes de fin d'année.

Je vous remercie tous pour votre sympathie, pour votre intelligence, pour votre humour. Je remercie ceux qui petit à petit, m'ont invité sur leur blog, puis m'ont fait découvrir tout un monde que je ne connaissais pas. Enfin, je remercie mon épouse qui supporte ma « commentairite aiguë » et mes bavardages.

Comme Sapin de Noël, je vous dédie cet Épicéa de Sitka enneigé qui maintenant n'existe plus. Le Père Noël a cassé mes jouets ! En prime, une espèce typiquement bretonne (et globalement rare) : Asphodelus arrondeaui J. Lloyd (Asphodèle d’Arrondeau). Celle-ci, je l'ai trouvée près de Sainte-Barbe du Faouët (Morbihan). Ne la confondez cependant pas avec Asphodelus albus Miller (Asphodèle blanc), beaucoup plus répandu.

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Asarr

17 décembre 2006

Saint-Georges sous la neige

Ce matin, il a gelé. Quoi de plus normal pour un 17 décembre ? Oui, mais cette année, il ne fait pas froid. Conséquence du réchauffement climatique ? Je ne sais pas.  Continuerons-nous de voir la neige en plaine ou sur les collines ? Si on regarde ce qui s'est passé l'hiver dernier, cela n'est pas impossible.

Voici quelques photos de Saint-Georges lors d'épisodes neigeux précédents.

Tout d'abord la zone d'émergence de la source de l'étang Saint-Georges, au sein d'une tourbière boisée. De ces endroits où il est prudent de ne pas marcher n'importe où.

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L'eau jaillit ensuite. Le froid la cristallise.

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Dans le bois, on rencontre successivement le Bouleau pubescent, le Houx et le Sapin pectiné.

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L'eau parvient alors à l'étang Saint-Georges, mais de liquide point !

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L'eau, redevenue liquide, coule à travers les pâtures, les prairies paratourbeuses, parmi les fourrés...

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... passe le pont de Saint-Georges et le ruisseau acquiert le patronyme "de Brisecou".

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Plus loin, beaucoup plus loin, les eaux de Saint-Georges se mêleront à celles de la Loire. Mais cela, c'est une autre histoire...

1 décembre 2006

Nausicaa (Boulogne-sur-Mer)

A la fin du mois de mai dernier, nous avions convenu de nous rendre à Boulogne-sur-Mer pour aller voir Nausicaa (Centre National de la Mer). Il faisait un temps épouvantable (pluie, vent). Quand nous arrivâmes sur place, on eût dit que tout le Nord - Pas-de-Calais s'était donné rendez-vous ici. Furieux devant l'impossibilité de se garer et constatant la prise d'assaut de l'entrée, nous nous rendîmes à Ambleteuse, sous d'autres embruns...

Dimanche dernier, nous décidâmes une autre tentative. Repas avalé à la hâte, nous fûmes sur place à 14 heures. Il y avait du monde, mais ce n'était pas la foule. J'ai pu donc prendre quelques photos dont je vous livre quelques exemplaires ici en exclusivité. Elles ne sont pas excellentes, mais compte tenu des conditions, je n'en suis pas si mécontent que cela. J'espère que vous y verrez quelque intérêt.

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19 novembre 2006

Réveil de Saint-Georges

Il y a environ 6-7 ans, j'avais écrit les quelques vers ci-dessous (les seuls que j'ai écrits jusque là). Ceux qui parmi vous me suivent depuis le début dans mes périgrinations bloguiennes les connaissent déjà ; je les avais déjà publiés sur mon ancien blog. Même si je n'ai aucun talent de versificateur, je dédie tout de même aujourd'hui ces vers à ma chère épouse qui vient de publier une note qui m'a beaucoup ému.

http://fromfromgirl.canalblog.com/

SG

C’est la nuit ; au loin, c’est un renard qu’on entend.

Au détour du bois sombre, surgit un étang.

La lune fiévreuse se mire sur l’eau noire,

Comme si elle était derrière le miroir.

Parmi les joncs, le silence devient profond.

Des bulles discrètes remontant du fond

Trahissent les carpes qui fouillent dans la vase.

Insensiblement, la pénombre se dissipe.

Tel un spectre, apparaît un touradon de scirpes,

Où prestement, se réfugie la dernière hase.

A la première lueur du jour, un brocard,

Fier et couronné, dédaigne un vol de canards.

Un beau soleil colore maintenant l’étang.

Les aulnes frissonnent sous le vent d’Occident.

Secret et immuable, différent chaque jour...

Pour cela, Saint-Georges, je t’aimerai toujours !

16 novembre 2006

Seine en Neustrie

En tant que Ligérien, j’avais quelque mal à me « mettre » à la Seine. Pourtant, c’est ce que j’ai fait. Depuis 2003, j’ai pas mal parcouru le cours de la Seine en Haute-Normandie dans le cadre de mon travail. La vallée est globalement très urbanisée, industrialisée, la plaine alluviale et les terrasses grignotées par des carrières, des eaux polluées...

Je ne vais bien entendu pas vous livrer les résultats de nos investigations, mais simplement évoquer en images quelques aspects qui contredisent quelque peu ce que je viens de dire. Je vous épargnerai cependant (du moins cette fois) le fameux Château-Gaillard des Andelys.

Vu depuis le fleuve, un coteau de la Seine un peu en amont de Rouen :

Seine_2

Aux pieds de ce genre de coteaux se développent deux espèces endémiques : Viola hispida Lam. (Violette de Rouen) sur des éboulis calcaires :

Viola_hispida

et Biscutella neustriaca Bonnet (Lunetière de Neustrie) au sein de pelouses :

Biscutella_neustriaca

Et puis une église troglodytique :

Seine_3

Un fleuve à l’aspect exceptionnellement « sauvage » :

Seine_6

…comportant même des ripisylves presque structurées :

Seine_7

9 novembre 2006

Balade en Pays d'Uchon et Val d'Arroux

Au printemps dernier, je suis « tombé », pas tout à fait par hasard, sur un site internet traitant de l’art roman en Bourgogne (ici). Ce site, réalisé par un jeune Hollandais (ayant quelques affinités bourguignonnes, voire morvandelles) est très remarquable par son ampleur, son exhaustivité, par l’abondance des photos, par la qualité de la documentation et par la bibliographie ; en un mot, un site dont la qualité m’a laissé béat d’admiration. Après être entré en contact avec Eduard, (l’auteur du site en question), je lui avais bien parlé (cela va sans dire) d’Autun (ici et ou encore ), mais aussi d’Uchon (là-bas). C’est alors qu’avec une grande gentillesse, il me signala l’existence d’autres édifices modestes de la même veine qu’Uchon, toujours localisés aux abords du massif granitique d’Uchon et de la vallée de l’Arroux (Saône-et-Loire). Eh bien, le week-end dernier, après un sublime repas familial d’anniversaire au restaurant, nous découvrîmes l’église de Mesvres (devant laquelle j’étais passé pratiquement une centaine de fois sans même la remarquer) :

Mesvres_1

Mesvres_2

Puis l’église de Charbonnat :

Charbonnat_1

Charbonnat_2

L’église de Dettey, juchée sur une colline escarpée « légèrement vallonnée » (sic) abritant, entre autres, une statue de Saint Martin du XVe siècle :

Dettey_1

Dettey_2

Dettey_3

Dettey_4

Et l’église de Laizy qui se caractérise par ses contreforts imposants, par d’étonnants piliers cannelés et par des chapiteaux dans le choeur :

Laizy_1

Laizy_2

Laizy_3

Nous fûmes alors surpris par la tombée du jour. Nous nous rendîmes donc en hâte aux abords de l’étang Bousson (Saint-Didier-sur-Arroux) qui avait été vidangé (pêché) le matin même. Nous pûmes alors surprendre un coucher de soleil.

Saint_Didier_1

Saint_Didier_2

14 septembre 2016

Brochet au beurre blanc à la mode du dragon terrassé

Cette note n’est pas nouvelle, puisqu’elle a été publiée pour la première fois le 1er octobre 2006 et avait un succès fou via les moteurs de recherche lorsque ces pages étaient facilement accessibles de l’extérieur. Voici donc une mise à jour.

Il s’agit d’une recette nantaise (paraît-il), revue et corrigée par mes soins. Ce n’est pas particulièrement simple (mais pas compliqué non plus), ni rapide à réaliser, mais il s’agit bien de l’une des plus belles façons de cuisiner le brochet.

 

Ingrédients

  • Un ou plusieurs beaux brochets : c’est le plus problématique dans cette recette ; il est indispensable de disposer de brochets ultra frais ou de brochets congelés « maison ». L’optimum est quand même d’aller le pêcher soi-même. Et bien entendu, le meilleur du monde vient de l’étang du Dragon terrassé.
  • Une grosse poignée d’échalotes (ou davantage selon la quantité de poisson).
  • Un ou deux sachets (selon la quantité de poisson) de court bouillon du commerce (rien n’empêche de faire son propre court bouillon, bien entendu).
  • Un verre de vinaigre de vin blanc.
  • Vin blanc sec pour le fumet : 1-3 bouteilles de vin blanc sec : un bon vin blanc sec de table comme « Lichette » est très bien, sinon utiliser un Bourgogne Aligoté.
  • Vin blanc sec pour la réduction d’échalotes : une bouteille de « Lichette » ou de Bourgogne Aligoté.
  • Beurre salé : 250 à 500 g selon la quantité de poisson.

 

Préparation du poisson (à faire la veille du repas)

Le poisson doit être vidé, écaillé et lavé correctement. Couper les nageoires. Lever les filets en conservant la peau du brochet. Couper les filets en morceaux et conservez-les dans un récipient au réfrigérateur. Conserver tête(s) et épine(s) dorsale(s) pour la réalisation du fumet.

 

Fumet (à faire la veille du repas)

Verser le contenu d’un ou deux sachets de court bouillon dans une grande casserole ou une marmite. Ajoutez le vin blanc (une ou deux bouteilles). Ajouter tête(s) et épine(s) dorsale(s). Couvrir la casserole ou la marmite. Porter à ébullition. Puis, réduire à feu doux et laisser mijoter 30 à 45 min minimum. Arrêter le feu et passer le fumet avec une passoire fine. Remettre le fumet à bouillir à feu doux pour le réduire un peu plus. A la fin, vous devez avoir une quantité suffisante de fumet pour couvrir les filets de brochet dans un plat qui ira au four.

 

Réduction d’échalotes (à faire le jour même)

Éplucher les échalotes. Les hacher finement. Les faire revenir très légèrement dans une grande poêle, puis ajouter sans tarder le verre de vinaigre de vin blanc. Laisser réduire le tout de moitié à feu vif, puis ajouter la bouteille complète de vin blanc sec. Quand les ¾ de vin se sont évaporés, filtrer les échalotes dans une passoire fine en s’assurant de bien presser les échalotes pour en extraire tout le suc. Remettre à chauffer (dans la même poêle nettoyée) le reste du liquide jusqu’à n’obtenir à la fin que la quantité approximative d’une cuillère à soupe de liquide. Utiliser immédiatement ce précieux liquide pour le beurre blanc (voir ci-après).

 

Cuisson du brochet (à réaliser en même temps de la réduction d’échalotes)

Disposer des filets de brochets dans un plat allant au four. Les recouvrir du fumet préparé la veille. Enfourner dans un four préchauffé à environ 180 °C. Laisser cuire 20 à 30 min.

 

Beurre blanc (à commencer en même temps que la réduction d’échalotes)

Sortir le beurre du réfrigérateur suffisamment à l’avance pour le laisser ramollir. Le couper en petits cubes. Le mettre dans un récipient qui pourra aller dans une casserole au bain marie. Le bain marie doit être tiède car le beurre ne doit en aucun cas fondre. Malaxer le beurre à l’aide d’un fouet manuel ou électrique. Et toujours en prenant soin que le beurre ne fonde pas, incorporer la réduction d’échalotes (l’idéal est que cette dernière soit encore, chaude). Continuer à bien malaxer au fouet. Normalement, vous obtenez à ce moment là votre beurre blanc.

 

A cet instant, le poisson est cuit et peut être servi (il trempe encore dans le fumet). Il peut donc être accompagné de la sauce au beurre blanc. Et normalement, c’est le moment de se régaler.

A servir avec par exemple avec un Bourgogne blanc au choix. Rien n’interdit non plus d’opter pour des appellations plus prestigieuses. En revanche, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une recette nantaise (enfin plus tout à fait), qu’il faut se croire obligé de servir un Muscadet qui ne s’accorde pas avec la douceur du beurre.

 

La photo est aussi mise à jour (août 2016).

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29 septembre 2006

IF

Comme suggéré, voici quelques mots pour en savoir un peu plus sur l'If.

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Taxus baccata L.

If commun, If, If à baies, Ifreteau

Le nom scientifique vient de l’indo-européen tecs : travail habile (allusion à la facilité avec laquelle on peut sculpter ce bois) ; du latin baccatus : qui porte des baies (en fait, il s’agit d’un arille).

Il s’agit d’un conifère (Gymnospermes) de la famille des Taxacées. C’est un arbre ou un arbuste pouvant atteindre 25 m (mais dépassant rarement 15 m). Il possède une très grande longévité (individus millénaires) et sa corissance est lente.  Il s’agit d’une essence disséminée en France : Bretagne bien entendu, mais aussi Normandie, moyennes montagnes, y compris méridionales. L’If commun a disparu de nombreuses forêts du fait de leur dégradation (ouverture) et de ses utilisations anciennes. Il s’agit d’une espèce subatlantique qui, spontanément, croît généralement entre 250 et 1600 md’altitude. C’est une plante indifférente à la lumière et qui supporte l’ombre. Elle apprécie une humidité atmosphérique élevée et des hivers pas trop rigoureux. Elle réclame généralement des sols riches en éléments nutritifs et supporte bien le calcaire (croît aussi sur sols modérément acides). Elle tolère les sols caillouteux à rocheux.

Le bois offre d’excellentes qualités mécaniques et de durabilité et est très décoratif. Il est donc très recherché en ébénisterie notamment. Il est beaucoup planté en parc et dans les cimetières. Il peut être traité en haies et être taillé.

Cette plante est réputée vénéneuse dans toutes ses parties (sauf peut-être l’arille) pour l’homme et les animaux. L’If commun ainsi qu'une autre espèce de la côte pacifique américaine (Taxus brevifolia Nutt.) sont à la base de l’élaboration de médicaments contre certains cancers. On a isolé des molécules actives (taxol et taxotère) sous l’écorce ou dans les feuilles.

Sources : Rameau et al. (1989), Coste (1901-1906) et... Cornus !

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Cornus rex-populi
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