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Cornus rex-populi
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12 septembre 2010

Septembre en fleurs

Commençons par un petit retour en arrière de quelques semaines.

Les « glaminis ».

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Une des favorites du pays que découvre le héros de Lancelot (dont la floraison vient seulement de s’achever).

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Les avant-derniers lys, c’est-à-dire les premiers acquis avant même que nous ayons un jardin.

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Des Lobelia bleus vivaces sous la pluie qui interrogeront Karagar (toujours en fleurs).

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Et ces jours-ci, malgré la pluie, malgré les matins frisquets, le petit jardin nordique conserve quelques couleurs et attraits. Et ce n’est pas fini !

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7 septembre 2010

J'allais oublier

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Oui, il ne fallait pas oublier ça. Madame la Duchesse mère passe directement du Moyen-Âge au XXIe s. et se raccorde à l’internet. Alors, nous sommes allés voir à la « capitale » comment cela pourrait se faire. Bien sûr, elle n’a pas fini d’en baver, surtout quand on ne maîtrise pas encore le double clic de la souris, mais elle s’est inscrite au club informatique local, alors ça va déménager. Mais bien sûr, pas question qu’elle ait accès ici, sinon cela en serait fini de Cornus rex-populi.

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5 septembre 2010

Vacances aoûtiennes 2010 (4 et fin)

Le soir du 19 août, direction une plage de Don (Trégunc), pour une petite baignade dans les vagues. Après la trempette, nous avons entrepris la construction d’un château de sable entouré d’un ingénieux système de douves drainantes afin de retarder sa destruction par la marée montante. Seulement, comme il se faisait tard, nous n’eûmes pas le loisir de contempler l’ensevelissement de notre château aux allures de Mont Saint-Michel.

Le matin du 20 août, direction le supermarché pour la confection du plat du repas capiste du soir, ainsi que pour faire quelques achats de produits régionaux introuvables chez nous.

Quelques jours plus tôt, j’avais découvert dans le guide touristique un lieu que l’on m’avait caché (oui, on me cache tout, on ne me dit rien). Ce lieu se trouve sur le cours de l’Ellé quelques kilomètres en amont de Quimperlé. Je précise que S. a habité cette ville de nombreuses années et de surcroît, ne se souvenait même plus y avoir pique-niqué en famille, il y a de cela bien longtemps, certes. Voici donc les Roches du Diable.

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Le soir, nous sommes allés voir les rescapés d’Hispanie et la Dame de la Baie. Par chance, Vladimir, que nous n’avions pas revu depuis fort longtemps, était là. A notre arrivée, le dessert, tenu secret, était en cours de finition chocolatée. Disons-le tout net, c’était divin.

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Nous avons pu vérifier que Lancelot n’avait pas trop martyrisé le chat de la maison, absolument inépuisable par ailleurs. Le lendemain matin, visite détaillée du jardin, qui en s’enrichissant en plantes, en devient plus immense encore. Puis, nous avons trouvé un prétexte pour aller voir Eryngium maritimum L. (Panicaut maritime, Chardon bleu des dunes). A vrai dire, on trouve là une population assez importante, contredisant quelque peu les écrits de l’atlas floristique départemental (2008).

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Cette photo, m’en rappelle deux autres, dont une en ce même lieu :

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Puis, nos hôtes décidèrent finalement de se lancer à l’assaut des rouleaux.

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J’ai regretté ne pas avoir pris mon maillot de bain et m’être lancé également. Bien que cela ne soit pas sans risque. Voyez comment Vladimir a été englouti, provisoirement, je le précise.

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Puis, nous avons pris congé. L’après-midi, nous sommes allés faire nos ravitaillements rituels à Pont-Aven, où il y avait foule (preuve que cette année, au contraire des deux années précédentes, ce coin de Bretagne a attiré davantage de touristes). Le soir, nous avons pillé les noisetiers de la Duchesse mère. Puis, le lendemain, nous avons regagné les hauts de France.

4 septembre 2010

Vacances aoûtiennes 2010 (3)

Depuis des siècles, la Duchesse-mère de Bretagne et sa fille ont coutume de faire un pèlerinage annuel ici.

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De quoi s’agit-il ? D’un restaurant-crêperie d’une grande simplicité, mais proposant des plats originaux, bien sûrs excellents et copieux et à un prix abordable. C’est dans la plus haute antiquité sp*rev*iste, que S. découvrit ce lieu de plaisirs. Dans les incontournables, les artichauts farcis, parmi lesquels on ne peut pas passer à côté de ceux aux noix de saint-jacques. Et puis, hors saison, il y a des sortes de planches à kig ha farz qui méritent aussi le détour. Quant aux crêpes, on peut y aller, c’est divinement bon. A noter que nous sommes bien vus et qu’on nous offre toujours l’apéritif (kir breton – le chanoine du même nom se retourne sept fois dans sa tombe à chaque fois qu’on parle de cette hérésie, mais je dois dire que c’est bon).

Donc, nous y sommes allés en cette date anniversaire du 19 août, où quatre ans plus tôt, j’avais rarement autant été ému, sous les yeux du premier témoin, lorsque je ne m’étais pas trompé lors de l’échange des anneaux de notre mariage.

Guimillau, premier enclos paroissial découvert en juin 2006 (voir ici). Je ne résiste pas à montrer mes nouvelles photos. A noter que S. a quand même trouvé le moyen de tomber sur une connaissance sp*rev*iste. En fait, le frère de la flûtiste de notre mariage religieux.

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Après le repas, un nouvel édifice : La Roche-Maurice qui ne démérite pas avec son splendide jubé.

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(On sait maintenant où les pirates et les flacons de produits toxiques ont piqué leur logo)

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Puis, nous nous rendons à Lanneuffret, commune natale de la grand-mère maternelle de S. Cette commune est la moins peuplée du Finistère avec un peu plus d’une centaine d’habitants. Dans l’église, nous avons fait la rencontre d’une dame assez âgée qui nous a affirmé sans frémir que le confessionnal datait du XIIe s. (en réalité probablement XIXe voire début XXe) et que la poutre de gloire était unique en Bretagne. Certes...

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En repartant, nous sommes passés devant la ferme de la grand-mère, un magnifique ensemble de bâtiments qui tombent en grande partie en ruine.

1 septembre 2010

1er septembre dans le Kent

En ce jour anniversaire karagaro-vladimirien, je suis donc allé passer la journée dans le pays natal de Vladimir. La date de cette réunion avait été calée depuis près de deux mois et je m’en étais amusé.

Cette rencontre consistait notamment, à savoir comment les uns et les autres procédaient pour identifier les types de végétations. Cela consistait donc à voir comment on s’y prenait des deux côtés de la Manche, sachant que l’on n’utilise pas les mêmes méthodes (il y a une méthode de l’Europe continentale à peu près homogène et une méthode anglaise radicalement différente). Même si ce n’était pas la meilleure période de l’année pour s’y intéresser, l’exercice s’est concentré sur les pelouses et prairies, visibles à proximité de Folkestone. Il s’agissait donc de voir des communautés globalement calcicoles.

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Nous étions donc pas loin d’une vingtaine en tout. Comme nous débarquions complètement, je m’attendais à une présentation anglaise assez détaillée. Au lieu de ça, je fus questionné sur ma façon d’appréhender les choses (côté français, je n’étais pas très aidé par mes collègues qui ont très rapidement déclaré forfait). Bien sûr, on n’avait commencé par une des choses les plus délicates à appréhender. J’arrivais néanmoins à poser un diagnostic très juste en quelques minutes, en ayant recours à des concepts semble-t-il pas du tout maîtrisés côté anglais (notamment la notion d’ourlet qui n’est pourtant pas très nouvelle). Après ça, les Anglais aboutirent à la même conclusion après avoir consulté un document de 16 pages qui ne m’a pas totalement convaincu, tant les biais d’interprétation m’ont semblé nombreux.

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Durant le reste de la matinée, nous avons été exactement sur la même longueur d’onde, mais la végétation était plus facile à caractériser.

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Au passage, une orchidée rare chez nous, mais très abondante sur ce site : Spiranthes spiralis (L.) Chevall. (Spiranthe d’automne).

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Et Gentianella amarella (L.) Börner (Gentiane amère), que l’on ne voit pas tous les jours non plus.

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En début après-midi, visite d’une prairie dans le cimetière (encore en ordre de marche) jouxtant l’église Saint-Antoine d’Alkham, dont les plus anciennes parties remontent au XIIIe s. (selon ce que j’ai pu lire sur l’internet). En tout cas, intéressante prairie pour laquelle je ne suis pas totalement tombé d’accord avec les Anglais (cas limite, certes, mais qui montre à mon avis les limites de leur méthode inductive).

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Nous avons terminé notre tournée au dessus du « white horse » du coteau dominant le terminal du tunnel sous la Manche à Folkestone.

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En tout, une agréable journée où j’ai néanmoins eu l’impression de tenir le crachoir plus que je ne l’aurais imaginé (dû ?) et des remerciements sur ma façon de voir les choses.

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30 août 2010

Vacances aoûtiennes 2010 (2)

Le mardi 17 août, une visite en ria d’Etel avait été décidée. Un des objectifs était d’aller voir ces paysages particuliers, mais également d’aller à la recherche d’une plante qui ne possède ici que sa seule station française.

Ce jour là, le ciel était particulièrement plombé. Sur le chemin, se dressait une des rares églises romanes, Merlevenez. Et il faut dire que ce fut une agréable surprise (même pour S.), notamment à l’intérieur. L’église s’illumine grâce à un interrupteur qui met également en route la musique. Le seul souci est que le moment où nous y fûmes, il fallut actionner la minuterie une bonne dizaine de fois.

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Après une première approche infructueuse de la station de « ma » plante rare, assortie d’une promenade le long d’un bras de mer, nous décidâmes d’aller voir la chapelle Saint-Cado dont S. ne se souvenait pas d’avoir vue. Celle-ci se trouve sur une île à l’intérieur de la Ria. Il y avait un monde fou, ce qui tranchait avec Merlevenez où nous n’avions vu personne en dehors d’une famille allemande. L’intérieur de l’édifice n’est pas exceptionnel, mais s’il y avait eu moins de monde, cela aurait eu un autre charme (et si on ne voit personne sur les photos, c’est un miracle). Il y avait aussi une excellente exposition de photos de paysages (du coin) grand format en extérieur.

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En sortant, le ciel montre les premiers signes hésitants de luminosité.

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Après avoir vérifié l’écologie de « ma » plante, je devais constater que je m’étais bêtement fourvoyé. Une dernière tentative fut donc entreprise, même si la configuration des lieux ne correspondait pas du tout aux indications orales que l’on m’avait données. Je sus après coup que cette confusion était liée à la construction récente d’un lotissement à l’entrée du site, ce qui en barrait d’ailleurs l’entrée. Je dus d’ailleurs passer par un jardin de particulier pour parvenir à mon but. Et là, surprise, je trouve « ma » plante : Eryngium viviparum J.Gay (Panicaut vivipare), encore plus petite que je ne pensais (guère plus d’un centimètre de haut, une dizaine de centimètres dans la plus grande longueur), plaquée sur une pelouse probablement inondée une bonne partie de l’année, dans un système de landes acides. Quelques ombelles (oui, ce « chardon », comme tous les Panicauts, est fait partie de la famille des Apiaceae [Ombellifères]) sont encore fleuries.

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Enfin, nous nous dirigeons vers la Barre d’Etel où nous retrouvons le soleil.

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23 août 2010

Vacances juilletistes 2010 (8)

Voilà une nouvelle note qui fait un peu réchauffé, mais j’avais eu quelques soucis pour poster avant le 15 août.

Le dimanche 25 juillet, c’est le Lac d’Esclauze qui est d’abord au programme. Une belle population de la Littorella uniflora (L.) Asch. (Littorelle des lacs), que j’avais rarement vue en fleurs (c’est pas toujours spectaculaire les Plantaginacées mais ça fait quand même plaisir).

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Puis, en milieu d’après-midi, sans attendre la fin des hostilités, nous rentrons au bercail éduen. Mais avant ça, un léger détour par le Lac Pavin, haut-lieu d’exploits karagaro-fromfromiens. C’est peut-être depuis ce jour là, craignant que le lac ne se vide du fait d’un puissant tourbillon, qu’il a été décidé de ne plus proposer les barques à la location, vestiges d’un passé glorieux.

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Nous qui n’étions jamais descendus à moins de 1000 m d’altitude pendant trois jours, nous retrouvons l’été en regagnant la plaine alluviale de l’Allier.

9 août 2010

Vacances juilletistes 2010 (5)

Le 22 juillet matin, nous partîmes deux et par un prompt renfort de nos armées septentrionales, nous nous vîmes douze en arrivant à Besse-Saint-Anastaise (Besse-en-Chandesse). Précédemment, nous avions « remonté » le Bourbonnais, donné une claque à César sur le plateau de Gergovie avant de faire halte pour un casse-croûte à Issoire.

La façade de l’église romane Saint-Austremoine ne paye pas de mine. Les côtés non plus, surtout avec le gris humide environnant (eh bien Lancelot, ce n’est pas pire que ton brouillard de Ouessant).

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Mais le chevet a une sacrée gueule qui en rappelle d’autres.

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Deux signes zodiacaux parmi d’autres (serais-je effectivement doué de pouvoirs divinatoires puisque je prenais ces photos alors même que Lancelot ne nous avais pas encore demandé nos signes ?).

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L’intérieur en surprend peut-être certains à cause des couleurs vives, du rouge en particulier. Moi, cela me plaît ainsi, surtout quand par enchantement, on illumine l’édifice.

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7 août 2010

Vacances juilletistes 2010 (3)

L’après-midi du 18 juillet fut consacré à la visite de la grotte d’Arcy-sur-Cure dans l’Yonne. Il s’agit de la plus ancienne grotte ornée qui se visite (les plus anciennes peintures se trouvent dans la grotte Chauvet, mais ne se visite pas). Les dessins datent de 33 000 à 28 000 ans BP. Il s’agit d’un ancien cheminement karstique de la Cure, la rivière du coin qui depuis a incisé plus profondément le substratum calcaire sur son parcours. Les photos n’étaient pas permises, on peut le comprendre aisément pour la conservation des peintures, vu que le commun des photographes ne sait pas déconnecter le flash de son appareil (ce qui n’est pas sans m’agacer, même quand les photos sont permises et qu’on flash à tort et à travers, avec la plupart du temps des résultats exécrables). Je ne suis pas en train de dire que je suis un bon photographe, mais la bêtise photographo-compulsive m’énerve un peu et engendre certains interdits au-delà de ce qu’ils devraient être. Toutefois, la grotte est ouverte aux visites (sauf l’hiver) parce que les peintures bénéficient d’une protection naturelle : un dépôt de calcite qui les recouvre. D’ailleurs, alors que la grotte était connue depuis très longtemps, les peintures n’ont été découvertes qu’en 1987 à l’occasion d’une émission de télévision (interview au fond de la grotte). Les projecteurs, compte tenu de leur puissance, ont révélé par transparence certaines peintures. Depuis, on a fait des observations en lumière infrarouge qui en ont on révélé d’autres. En décapant finement au laser la calcite jusqu’à n’en conserver qu’une fine couche transparente, on peut voir les peintures, lesquelles demeurent néanmoins à l’abri des agressions bactériennes ou fongiques.

A noter que notre guide avait tendance à considérer les visiteurs comme des incultes (ce qui est malheureusement exact). « Il y a 30 000 ans, les peintures ont été réalisées par l’Homme de Cro-Magnon. Mais qui était cet homme préhistorique ? Comment était-il ? […] ». Et là, la plupart des visiteurs tombent dans le panneau (but recherché) en disant que l’Homme de Cro-Magnon était une brute épaisse poilue et voûtée. Et elle répond : « L’Homme de Cro-Magnon, c’est nous, Homo sapiens sapiens […] ». Devant un tel spectacle affligeant (car bien sûr, nous n’avons pas répondu aux sollicitations de la guide), je ne suis même pas intervenu, même à la fin, pour lui dire qu’elle retardait sérieusement avec son bégaiement du « sapiens sapiens » car cela fait déjà quelques années qu’il faut dire Homo sapiens Linné, 1758 puisqu’il n’y a pas de sous-espèce autre que la notre et que l’Homme de Néanderthal a été reconnu (définitivement) comme une espèce autonome.

Après la visite, nous nous sommes perdus au bord de la Cure, magnifique rivière issue du Morvan cristallin et qui coule ici sur des roches carbonatées. C’est vraiment une autre rivière que celle de son cours supérieur qui tutoie l’arène granitique et la tourbière acidiphile. Ici, j’identifie la rare et calcicole Ranunculus fluitans Lam. (Renoncule flottante).

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Sur un talus ombragé, on trouve l’assez commune Anthericum ramosum L. (Pahalangère rameuse).

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Elle jouxte la très commune Securigera varia (L.) Lassen (Coronille bigarrée) que l’on rencontre dans de nombreuses régions, trop souvent semée sur les bords de routes ou dans les espaces verts.

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Puis nous rentrons par les routes sinueuses du Morvan, sans avoir fait un arrêt gaufre au chocolat à Quarré-les-Tombes. On ne connaît pas l’origine précise de ces sarcophages de pierre qui historiquement ont été retrouvés vides (il y en avait 2000 il y a quelques siècles). Le nom de la commune fait référence à ces tombes depuis au moins le VIIe siècle. Certains disent qu’ils sont tombés du ciel. On pense plus sérieusement qu’il s’agirait d’une ancienne nécropole (mais alors pourquoi ces plumiers étaient-ils tous vides ?) ou encore qu’il y avait là des artisans qui les taillaient dans la pierre (carrière situées non loin de là) avant de les vendre (exporter) ailleurs. Ceux que l’on a retrouvés constitueraient donc un stock.

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8 avril 2010

Vacances domestiques

Nous sommes en vacances à domicile. Au programme :

  • arrachage des épaisseurs de papiers peints dans deux chambres ;

  • rebouchage de trous divers ;

  • isolations complémentaires dans les deux chambres et la cage d’escalier et au-dessus de mon bureau ;

  • nouveau revêtement de plafond dans la chambre d’amis ;

  • peinture, revêtements divers, nouveau papier peint dans les deux chambres.

Nous avons bien commencé, trouvé des solutions, mais le travail est loin d’être terminé.

En attendant, voici de récentes nouvelles du jardin.

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29 juillet 2010

Retour de vacances en énigmes

Avant d’en dire et d’en montrer un peu plus, voici un bref aperçu, énigmatique ou non de nos vacances. Ceux qui veulent jouer peuvent le faire (les photos sont regroupées par unité de lieu). S’il y a du très facile, je ne garantis pas que l’on on puisse trouver à chaque fois où ont été prises ces photos.

1 : détail du trumeau soutenant le grand tympan de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun (Saône-et-Loire)

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2-3-4 : étang Saint-Georges...

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5-6 : dans les environs d'Arcy-sur-Cure et la Cure (Yonne)

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7 : sarcophages énigmatiques autour de l'église de Quarré-les-Tombes (Yonne)

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8-9 : château de Tanlay (Yonne)

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10 : château d'Ancy-le-Franc (Yonne)

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11 : choeur de l'église Saint-Austremoine d'Issoire (Puy-de-Dôme)

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12-13-14 : vues de la Réserve naturelle nationale de la Val*lée de Chaude*four (Puy-de-Dôme) avec la rare endémique Jasione d'Auvergne

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15 : Ligulaire de Sibérie au Lac de Bourdouze (Puy-de-Dôme)

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16 : buste-reliquaire de saint Baudime dans l'église de Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme)

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17 : croix à l'éxtérieur de l'église de Chambon-sur-Lac (Puy-de-Dôme)

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18 : Pimprennelle officinale à Besse-et-Saint-Anastaise (ex Besse-en-Chandesse, Puy-de-Dôme)

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19-20-21 : croix et Lepture tachetée au Lac de l'Esclauze à Égliseneuve d'Entraigues (Puy-de-Dôme)

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22 : Lac Pavin à Besse-en-Chandesse (Puy-de-Dôme)

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23-24 : la Pierre que Croule et le Galéopsis des moissons (Uchon, Saône-et-Loire)

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25 : un lys chez mes parents à Augustodunum

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11 juillet 2010

Une vieille dame

La semaine qui vient de s’écouler était consacrée à la 1*4*5e session extraordinaire de la très honorable Société*botanique*de*France. On n’entre pas en son sein librement : il faut être parrainé par deux membres et sa candidature est présentée lors des « séances » (tout ce cirque m’exaspère). Voilà treize ans que je suis membre. J’ai publié un article dans l’une des revues. J’ai participé en 2000 à une précédente session en Alsace (fort intéressante car animée par des personnes de grande valeur). J’ai obtenu le prix de thèse de la Société (j’avais à l’occasion fait une conférence dans les boiseries de l’amphithéâtre de paléontologie du Muséum national d’histoire naturelle de Paris). Sinon, je n’ai pas été très actif dans la Société.

Mais cette semaine, donc, la Société venait nous voir dans la région (environ 35 personnes). La chose avait été organisée depuis longtemps et au boulot, nous étions plusieurs personnes mobilisées pour servir de guides tout au long de la semaine. Mon tour était jeudi, avec un autre collègue, dans le marais audomarois. Le bus est arrivé en avance au premier point de rendez-vous. Je fus présenté par l’organisateur en chef (un des plus grands botanistes français actuels), comme le spécialiste de la Loire, ce qui venant de sa part, m’a un peu épaté. Après avoir délivré quelques explications générales, nous nous sommes mis en route. La moyenne d’âge atteint pas loin des 60 ans, ce qui sous entend que quelques membres frisent les 80 balais. Le passage du bac à chaîne en travers d’un chenal se passe sans encombre, même s’il faut bien quatre allers-retours pour que tout le monde passe. Après être passés au dessus d’une clôture (pas le choix), ce qui valut quelques plaintes (heureusement, un des membres parmi les plus jeunes, dira que la botanique, ce n’était pas toujours confortable), j’ai donné des consignes extrêmement fermes sur la non collecte des plantes. En effet, il existe certains individus qui, au lieu de donner l’exemple, s’autorisent à prélever des plantes protégées ou menacées. Pas de ça avec moi, quitte à passer pour un rabat-joie autoritaire. Dans cette première phase du jeu, j’ai pu constater le piètre niveau de quelques-uns. Si je transpose dans un domaine connu de tous, une des questions qui m’a été posée peut s’exprimer de la manière suivante :

-          Monsieur Cornus, ceci est bien un Pissenlit ?

-          Non Monsieur, ceci est un Rosier.

Inutile de dire aussi que les mêmes se sont extasiés devant des plantes d’une extrême banalité que nous ne pensions même pas montrer. En revanche, comme j’avais moi-même été ébahi en arrivant dans la région 2002 devant certaines plantes communes au nord de la Loire mais rares ou absentes au sud, je n’ai pas manqué de les montrer. Dont celle-ci, particulièrement abondante sur le site : Acorus calamus L. (Acore).

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Le soleil commençait à se faire violent et comme ça traînait derrière, j’ai fait accélérer tout le monde (je n’aime pas trop répéter 36 fois la même chose). Nous avons eu du mal à trouver une espèce qui n’est pas une rareté absolue, mais difficile à trouver sur le site. J’ai obtenu un certain succès lorsque j’en ai découvert un exemplaire caché parmi les roseaux : Ranunculus lingua L. (Grande douve) [photos provenant d’un autre site].

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L’après-midi était consacrée à l’observation des plantes aquatiques sur un autre site proche. Le jeu consistait, en particulier, à jeter un grappin et d’aller à la pêche des hydrophytes flottantes ou submergées. A part trois passionnés, cela n’intéressa guère les participants. Et pourtant, nous étions sur un site exceptionnel et il est nécessaire de beaucoup pêcher avant de voir des choses intéressantes. En définitive, la majorité des participants à cette session m’a fait penser que la Société faisait largement office d’agence de voyages en botanique pour retraités. Pourquoi pas, après tout, mais il faut le savoir.

27 juin 2010

Images pour un jardin avec murs

Ce titre, juste comme clin d’œil à un roman de Maurice Genevoix.

Jardin du matin, encore à l’ombre.

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Le même au soleil.

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Nous avons un très beau temps. A l’instant où j’écris ces lignes, toutes portes et fenêtres ouvertes, la maison est envahie par l’extraordinaire parfum des lys blancs (Lilium candidum L. & Lilium regale Wilson). Nous ne sommes pas malheureux.

29 mars 2010

Séjour pyrénéen (épisode n° 2) : parfums du terroir

Le repas pris (soit dit en passant, je n’accord pas le premier prix aux vins du coin), retour à l’hôtel. Une chambre de trois au plancher terriblement grinçant. Je dormirai très peu, d’autant plus qu’un rhume commence à s’attaquer à moi.

Le lendemain, on nous emmène dans notre centre de congrès où nous logerons également. Nous y retrouverons pas moins de 140 collègues. Les hostilités commencent par des présentations de l’ensemble de nos douze structures (Guadeloupe comprise). Puis, c’est l’heure du buffet.

L’après-midi, commencent la première séance des groupes de travail. Dans le mien, une collègue interviendra. Un autre de mes collègues, retenu dans le Nord par une grippe devait co-animer à trois les séances. Les deux autres, bien que laborieux et voulant bien faire, ne furent pas les artisans d’une grande clarté des débats. Après ça, vers 18h30, direction les locaux de nos collègues pyrénéens pour une visite guidée de leurs installations, jouxtant un musée du marbre, dans les anciens thermes de la ville. Le tout fut très intéressant, mais se termina après 20h30.

De retour au centre de congrès, discours et apéritif. Le premier verre ne restera pas dans les anales : un truc rosé au goût de flotte avec des mûres dedans. Où a-t-on vu jouer ça ? Puis, visite aux stands de produits régionaux apportés par les représentants de chaque région. Nous nous distinguerons par l’abondance de notre contribution : Potjevlesch, Maroilles (et sa tarte), Vieux-Lille, Neufchâtel-en-Bray bières de toutes sortes, gaufres, tarte au sucre, Calvados, eau de vie de poire, genièvre de Loos... et quelques intrus de Bourgogne, du Lyonnais et d’Anjou. Nous voici presque au complet.

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Bref, on n’a pas commencé à manger avant 23 heures. Il y eut des chants polyphoniques (à 2 ou à 4) locaux du plus bel effet qui font largement oublier les chants bretons. Dans tout ce remue ménage, je n’avais même pas entendu la sonnerie de mon téléphone car Fromfrom, en bonne ménagère, mégère qui me surveillait à distance m’avait appelé. Passé minuit et demi, beaucoup n’avaient plus vraiment soif et moi je suis allé me coucher et j’ai fort mal dormi (j’aurais mieux fait de m’anesthésier au genièvre).

23 mars 2010

Avis de séjour oroméditerranéen

Ces photos sont de dimanche, jour de jardinage, dont je ne montrerai rien. Pour l’instant, il faudra se contenter de ça. 2010 sera plus intéressant que 2009, à n’en pas douter, dans ce jardin qui est désormais sans doute l’un des plus riches en espèces au mètre carré.

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Bon, c’est pas tout ça, mais je pars demain pour le pied des Pyrénées, pour aller voir mes confrères venus de toute la France. Retour dimanche. Soyez sages en mon absence. Arrosez bien les fleurs. Embêtez bien tenez bien compagnie à Fromfrom.

2 juin 2010

Cadeau empoisonné

La semaine dernière, parce qu’ON N° 1 (ON individuel) ne se sentait pas trop d’y aller, ON N° 2 (ON collectif cette fois) a décidé qu’il serait bien que j’aille à un WP (Work Package pour les intimes) à la Commission européenne de Bruxelles. En fait, un comité d’experts européens pour définir la méthodologie de la prochaine éval*uation de l’é*tat de con*ser*vation des habitats et des espèces d’intérêt commu*nautaire (Directive « Habi*tats-Fa*une-Fl*ore » aboutissant notamment au réseau Na*tura 20*00). Je passe sur les détails, mais ON N° 1 ne connaît pas les tenants et les aboutissants de la chose, contrairement à moi puisque j’avais ramé à mettre en œuvre la précédente méthodologie lors du précédent exercice d’évaluation. Seulement, la partie dominante d’ON N° 2 devait penser que ça allait aller tout seul et n’avait pas jugé utile de m’associer au truc dont il a à présent la responsabilité. Et puis, pas de chance, ON N° 1 a eu peur et ON N° 2 m’a refilé le bébé. Cerise sur le gâteau : j’ai eu très peu de temps pour préparer la réunion qui s’est tenue lundi et mardi. Uniquement des documents en anglais. Je n’ai pas voulu y passer le week-end, alors je me suis débrouillé, sachant qu’avec ce style d’anglais écrit, je me débrouille à peu près pour le lire.

Le souci, c’était que l’ensemble de la réunion devait se tenir en anglais, et là, ce n’était pas le cadeau à me faire.

Lundi à 10h00, la réunion commence. Je suis le « petit » nouveau, alors on me demande de me présenter. Je suis finalement le seul représentant français (je ne sais pas où est passée la personne du Musé*um nat*ional d’hist*oire nat*relle), on me demande de me présenter, mais bien sûr ON N° 3 (l’animatrice de la réunion) omet le minimum requis : le tour de table, comme si je connaissais les autres personnes venues de toute l’Europe. Autre curiosité : aucune liste d’émargement, ni signature. Ils sont bizarres ces gens là… J’ai quand même réussi, par déduction, à savoir d’où venaient la moitié de mes interlocuteurs, mais je n’ai qu’un faisceau de présomption pour les autres, qui eux se connaissaient déjà fort bien entre eux.

Inutile de redire ici que je suis une bille en anglais écouté ou parlé. J’ai fait des efforts, parfois surhumains pour comprendre ce qui se disait, mais je n’ai RIEN dit. En clair, j’ai compris certaines choses (si j’en ai compris la moitié, c’est bien) et à la fin des deux journées, j’étais épuisé. Il faut dire en plus que certains ne parlent pas très bien : trop vite, dans leur barbe, trop grave, avec un accent terrible. Celui qui avait probablement l’accent le plus terrible, c’était un Flamand (le représentant belge) qui avait encore plus de mal en français, mais qui était une des personnes les plus sympathiques. L’Espagnol n’a pas davantage parlé que moi, ainsi qu’une autre personne qui n’a ouvert qu’une demi-fois la bouche. Le champion de la prise de parole était l’Allemand. Il commençait toujours ses interventions de façon sérieuse et terminait la moitié du temps par un éclat de rire (je n’ai pas toujours compris pourquoi).

Voilà, je suis bien handicapé par mon piètre niveau et il faut dire que je n’ai jamais eu la motivation pour remédier à cette épouvantable lacune.

Autrement, j’ai connu bien pire comme lieu de réunion : un immense bâtiment (les photos, prises presque à la course reflètent mal la réalité) abritant trois directions générales, séparé en deux corps avec au milieu, un vaste espace vertical avec verrières sommitales. Des ascenseurs parfaitement silencieux groupés par trois, accouplés avec des escaliers à vis en bois. Dehors, tout est recouvert de verre ou de plaques de granite noir ou de marron veiné. Sur certaines extrémités, des pinacles de granite. C’est fou quand même, on n’a pas lésiné sur les moyens.

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30 mai 2010

Expériences radiophoniques et télévisuelles

KarregWenn évoquait il y a peu sa dernière expérience radiophonique et un peu plus tôt, nous disions que nous n’aimions pas nos propres voix. C’est ça qui justifie de parler des mes propres expériences avec la radio ou la télévision.

Ma première expérience, ce fut avec Radio-France Touraine (avant le changement de nom en France Bleu Touraine), en 1999 il me semble. Doctorant à l’époque, quelqu’un avait donné mon nom pour parler des plantes exotiques envahissantes (« plantes invasives » – c’était la terminologie utilisée à l’époque et qui est encore dominante, mais là n’est pas le problème même si ce vocabulaire mériterait une analyse) qu’on trouvait dans le lit ou sur les berges de la Loire. Déjà à l’époque, il existait de fortes populations de jussies : Ludwigia peploides (Kunth) P.H. Raven (Jussie faux-péplis) et Ludwigia grandiflora (Michaux) Greuter & Burdet (Jussie à grandes fleurs) en plus d’un tas d’autres espèces problématiques.

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Le journaliste, la quarantaine bien sonnée, avait fait le voyage jusqu’à Chinon pour me rencontrer et il m’avait laissé du temps pour que je lui explique, avec force pédagogie tous les tenants et les aboutissants de la chose, afin d’éviter des simplifications excessives alors que la problématique scientifique n’est pas si évidente. Après ça, nous étions passés à l’interview. Une fois ma voix dans la boîte, il me dit qu’il me rappellerait très probablement, mais il n’en fut rien. Le lendemain, je passais à la radio à deux reprises (avec des propos différents) dans deux journaux du matin. Mais dans l’un des passages on avait scandaleusement manipulé mes propos. Du genre, une voix affirme une chose et fait mine de me poser une question et on m’entendait répondre à une autre question, de telle sorte qu’en définitive, on me faisait dire le contraire de ce que j’avais expliqué au journaliste en long en large et en travers. Je fus donc extrêmement déçu par cette expérience.

Ma deuxième expérience eut lieu au printemps 2000. Cette fois, il s’agissait de contribuer à un reportage sur la Loire par et pour France 3 (plusieurs régions dont la Bourgogne). C’était un ami qui m’avait demandé de l’accompagner sur le terrain pour cette émission qui était centrée sur le Bec d’Allier.

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Je me souviens que nous étions arrivés un jeudi en fin d’après-midi à Nevers et nous avions rencontré le réalisateur et nous lui avions montré notre terrain de jeu pour qu’il se rende compte comment il allait mener son affaire. Le lendemain, le réalisateur fut rejoint par 3 personnes (caméraman, preneur de son et assistant), nous sommes partis dans différents points où nous devions discourir sur la problématique des inondations, des levées, des déversoirs de crue et de l’étude de la végétation (raison de ma présence). Dans une forêt alluviale, on me filma en train de relever le niveau d’eau dans un tube piézométrique tout en donnant des explications sur l’intérêt de faire ça (j’ai recommencé 2 ou 3 fois).

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Après, il s’agissait de montrer comment on faisait un inventaire quantifié de la végétation (complètement pipeauté car nous devions être plus démonstratifs que la réalité). Et puis, on nous filma en train de marcher dans la forêt (en train d’arriver là où on devait arriver par l’endroit opposé à celui où on arrivait normalement). Enfin, je m’étais, nous nous étions pliés sans problème à ce genre d’exercice, qui dura quand même toute la matinée. Puis nous allâmes manger dans mon auberge habituelle du Bec d’Allier. Habituelle car j’y allais souvent à l’époque quand je travaillais sur le terrain dans le coin. Un petit restaurant simple, sympa et bon marché. Ne résidant pas habituellement en Bourgogne, je n’avais pas pu voir le reportage, ni le visionner a posteriori car à l’époque je n’avais pas accès à un magnétoscope.

Ma troisième expérience fut avortée. Il s’agissait de France 3 national qui voulait m’interroger pour avoir mon sentiment sur l’inscription de la Loire au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Avortée, parce que cette inscription échoua dans un premier temps ; il fallut attendre l’année suivante pour que l’inscription soit confirmée, mais on ne me rappela pas.

Ma quatrième expérience, au printemps 2002 si je me souviens bien, fut avec France Bleu Touraine. Compte tenu de mon expérience amère avec cette radio, j’avais posé quelques conditions. Le journaliste voulait m’interroger sur les bords de Loire. Je lui avais proposé un lieu précis, un des plus extraordinaires, non loin du Bec de Vienne. Le sujet de l’interview tournait autour de la biodiversité liée au fleuve et de mon travail de thèse. Je n’ai pas eu l’occasion d’écouter l’émission où ma voix a été diffusée.

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Ma cinquième expérience, c’était en 2006, au sujet du pollen et des graminées. Je n’y reviens pas, j’en ai déjà parlé ici et .

Ma sixième et dernière expérience en date, c’était jeudi dernier (comme annoncé ici). Je me suis pointé aux studios de la chaîne locale (W*é*o) pour l’heure qui m’avait donnée l’attaché de presse du Conseil régional. En fait, je suis arrivé un peu en avance. Je me présente à l’accueil et on me dit que le Vice-président du Conseil régional, retenu ailleurs, ne viendra finalement pas, mais sera remplacé par quelqu’un. Quelques instants plus tard, arrive la journaliste présentatrice de l’émission sur le plateau de laquelle nous devons être interviewés. Elle m’annonce que ce sera finalement une Conseillère régionale qui sera là, qui n’est autre que la Présidente de ma structure. Pas une inconnue, donc… Elle m’emmène me faire maquiller : une première pour moi. Cela me fait une drôle de tête. Puis, la journaliste se fait maquiller à son tour. Cela durera 2 à 3 fois plus longtemps que pour moi et ce n’est pas parce que j’ai une plus belle peau. Ma Présidente arrive, se fait maquiller à son tour et on nous installe des micros. Puis, on se rend sur le plateau. On nous installe dans une banquette à deux places que je trouve bien étroite et qui va me gêner pendant tout l’enregistrement, ne sachant pas que faire des mes bras : bref, c’est mal fichu. La journaliste, elle, est installée dans un fauteuil à une place, tout comme une chroniqueuse belge. Le thème de l’émission, c’est l’actualité transfrontalière avec les régions des pays voisins. Notre travail avec le Kent entrait donc dans le champ de cette émission. La journaliste fait une première annonce, puis la première question s’adresse à moi. On m’a prévenu, il s’agit d’une émission grand public et je ne peux me lancer dans des explications scientifiques, alors ce n’est pas évident. Je ne suis pas très à l’aise (j’ai regardé hier la première diffusion de l’émission et c’était affreux : voix et attitude). Puis, l’émission se poursuit avec plusieurs reportages ou chroniques ponctués de nos interventions. A un moment donné, j’ai très envie de répondre à la place de ma Présidente, mais je me retiens, ne voulant pas mettre par terre cet édifice qui ressemble à du direct. Sur la fin, je suis un peu plus à l’aise (je précise que je n’avais pas préparé mes réponses), mais en me regardant je m’étonne de mes attitudes, de ma gestuelle et même de ma voix, comme si ce n’était pas moi. Curieuse impression.

10 mars 2010

Parce que parfois, c’est pas si mal que ça

Depuis quelques temps, du fait de l’absence de l’un de mes collègues qui s’est fait opéré, je suis amené à me rendre plus que d’habitude à des réunions sur les rés*erves na*turelles, en particulier les com*ités cons*ultatifs de ges*tion dont nous sommes systématiquement membres. Il y a quatre ans, pour remplacer des collègues, je m’étais rendu à la réunion à Amb*leteuse qui possède une rés*erve na*turelle régionale d’intérêt majeur, non pas seulement au niveau régional, ni même français, mais sans doute au moins européen compte tenu de l’existence de communautés végétales endémiques. Cette réunion avait été la foire d’empoigne avec un maire impuissant d’un côté tenu par les chasseurs qui veulent faire font ce qu’ils veulent sur la réserve en toute illégalité, un gestionnaire (pa*rc nat*urel rég*ional) inefficace, incompétent de l’autre, sous les tirs croisés d’adjoints à la limite illettrés et un éleveur idiot qui s’occupe de ce qui ne le regarde pas et qui est jaloux de son ombre. Et moi là dedans, je me sentais bien seul à défendre l’intérêt public. Je prêchais véritablement dans le désert.

Quelques mois plus tard, je me suis  retrouvé sur le terrain avec un technicien du pa*rc (qui lui faisait vraiment de son mieux) pour tenter de résoudre un problème d’ensablement d’un ruisseau. Peu de temps après notre arrivée, un vieux a surgi et a commencé à venir nous insulter en hurlant comme un loup enragé (encore beaucoup, beaucoup de conneries et de jalousies entre villageois, entre autres). Il tombait des cordes et nous étions bien à l’abri sous nos parapluies et imperméables et lui n’avait qu’une veste de bleu. Une heure de hurlements n’avait pas eu raison de sa hargne et il fumait comme un taureau en furie. J’ai bien fait quelques tentatives d’explications, mais je suis immédiatement passé pour un affreux extraterrestre technocrate qui n’avait rien à faire à ploucland, pays pur où l’on accepte pas qu’un étranger comme moi puisse venir fouler la terre sainte.

Depuis, les choses se sont peu à peu apaisées et ce matin, la réunion était presque consensuelle. Avant la réunion, j’ai pu prendre ces photos en passant.

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Ce qu’il y a de « bien » dans ces réunions, c’est qu’on n’est jamais complètement sûr de comment ça va se passer (sauf pour certaines ré*serves où la situation est simple et où ça s’est toujours bien passé). L’autre jour, à l’autre bout de la région, le maire ne s’était pas gêné à prendre unilatéralement un arrêté contraire au principe de la ré*serve et il n’a jamais voulu admettre son erreur ou sa connerie. En clair, je suis pour la ré*serve quand ça m’arrange, mais je fais le contraire pour ne pas déplaire à ma clientèle mon électorat. Il y a du boulot ! Heureusement, pour se rassurer, il y a plein d’endroits où tout se passe en bonne intelligence.

6 décembre 2009

Boîte à idées

Je tenais une idée de note, mais je n’arrive plus à me rappeler ce que je voulais évoquer. Rien de fondamental sans doute. J’aurais bien quelques bricoles à évoquer, mais je ne les sens pas, alors je fais appel à la générosité des lecteurs pour proposer des idées de notes cornusiennes.

Ah si, cet après-midi, nous sommes allés au musée Matisse du Cateau-Cambrésis, qui accueille en ce moment, un exposition sur Miro. Pas de photos à l’intérieur, malheureusement. Je me suis donc rabattu sur deux sculptures extérieures de Giacometti et Laurens.

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14 février 2010

Émergences nivales

La neige recouvre encore largement le jardin. Les Hellébores noirs à fleurs blanches, qui ne peuvent prétendre au qualificatif de Roses de Noël que sous des climats plus cléments, semblent en avoir assez de supporter cette pellicule de cristaux blancs.

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Les Jonquilles les plus précoces ont lancé leurs feuilles telles des périscopes exploratoires de temps meilleurs.

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Les Crocus, qui se préparent depuis longtemps, attendent patiemment la première parenthèse de l’hiver.

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La neige fond à dose homéopathique. J’essaye avec difficulté de capturer une goutte d’eau en chute libre.

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A présent, il est temps de partir vers des horizons vacanciers plus chaleureux. A bientôt.

9 mai 2010

Mes visites anglaises

Lancelot a voulu des précisions que j’aurais sans doute données de toute manière. Pas très captivant, mais les voici.

En novembre 2008, une chargée de mission du Conseil régional était venue rencontrer mon ancien directeur pour lui demander si nous pouvions les épauler sur un projet de carto*graphie de la végét*ation de la région, en lien avec le Kent (Kent County Council – un peu l’équivalent du Conseil régional), le tout dans le cadre d’un projet Inter*reg cofinancé par l’Union européenne. Puis, à partir de janvier 2009, on m’a demandé de prendre le dossier en main.

En 2004, on m’avait déjà demandé de participer à des réunions sur un autre projet Inter*reg relatif à la trame verte et bleue. J’étais donc allé pour la première fois en Angleterre, à Maidstone. Les représentants de la région devaient nous prendre, un collègue et moi au passage à proximité d’un arrêt d’autoroute, mais ils se pointèrent déjà avec au moins 20 minutes de retard. Ensuite, ils s’aperçurent qu’ils n’auraient pas assez de carburants et qu’ils devaient faire halte dans une station d’une compagnie pétrolière précise. Nous perdîmes pas mal de temps dans les embouteillages et les travaux d’une ville proche de Dunkerque avant d’arriver enfin au terminal Eurotunnel. Bien sûr, nous ne pûmes pas embarquer dans le train prévu, mais dans le suivant. Et nous arrivâmes à la réunion de Maidstone avec près d’une heure de retard. Et les chargés de mission de la région ne s’excusèrent même pas de leur retard. Ce n’était bien entendu pas à mon collègue et moi de le faire, car nous n’étions que des « experts mandatés ». Le responsable anglais n’a pas apprécié mais est resté très poli (flegme britannique ?). Moi, j’avais honte pour les gens de la région, mais eux n’avaient pas conscience de leur légèreté.

La réunion se fit en compagnie de traducteurs dont une jeune française installée dans le Kent. Ce qui m’avait le plus frappé, c’était l’organisation de la réunion qui se fit en partie en petits groupes de travail, avec des idées que l’on écrivait sur de grands post-it que l’on synthétisait sur des grandes feuilles de papier collées au mur. Je me souviens que j’étais sérieusement resté sur ma faim car nous n’avions abordé que des généralités, somme toute assez peu intéressantes. Le « repas », composé de deux pauvres demi petits sandwichs et d’une pomme faillit nous faire mourir de faim. On a beau savoir qu’on mange peu là-bas à midi, il y avait lieu de se demander s’il ne s’agissait pas d’une vengeance par rapport à notre retard du matin. Bien qu’ayant commencé avec du retard, la réunion se termina pile à l’heure prévue au départ (c’est rare de voir ça en France, et on peut le regretter). Après ça, la traductrice française nous emmena dans un pub de la ville. On nous conseilla une bière artisanale locale, en fait une tisane tiède sans bulles. J’ai un temps cru qu’il s’agissait simplement d’un fond de cuve, mais on m’expliqua ensuite que ce que j’avais bu était assez typique. En bref, un souvenir pas extraordinaire.

Début 2009, je fis deux réunions préparatoires en compagnie des Anglais, mais il ne s’agissait pas des mêmes personnes qu’en 2004. En juillet 2009, les chargés de mission organisèrent une réunion à Ashford avec les représentants du Kent, toujours en voiture via le tunnel. Cette fois-ci, les sandwichs furent très bons. La réunion fut beaucoup plus classique que celle de Maidstone, mais je me suis étonné du fait que les représentants anglais ignoraient beaucoup de choses de la typologie européenne des végétations, alors que lors de son élaboration, ils l’avaient largement inspirée. Et au lieu de « réunioner » normalement, je me suis mis à examiner leur propre typologie pour trouver les correspondances avec la typologie européenne. Je précise que l’Angleterre est le seul pays européen qui ne fait pratiquement pas de phyto*socio*logie, ce qui n’est pas sans poser de problèmes et qu’on avait immédiatement abandonner l’idée de leur en imposer la nomenclature, mais de là à penser qu’on devrait leur dire comment ils devaient s’y prendre, il y avait un pas. Parce qu’ils ne font pas de phyto*socio*logie, ils sont obligés d’utiliser des méthodes fort complexes pour décrire les communautés végétales, qui sont loin d’être inintéressantes, mais pas toujours aisées à mettre en œuvre.

Il y a trois semaines, le responsable anglais du projet est venu me voir pour que je lui présente notre structure (car nous sommes cette fois-ci, partenaire officiel du projet Inter*reg). Je lui ai donc fait une présentation powerpoint écrite en anglais et expliquée en français (car il parle français). Puis, j’ai commencé à lui faire visiter nos jardins, avant de passer le relais à mes collègues, car je devais me rendre à une réunion importante à quelques dizaines de kilomètres de là. Il fut ravi de la visite et je m’aperçus qu’il était bien calé sur la flore sauvage. Très sympa.

Jeudi dernier, trois chargés de mission de la région et moi devions nous rendre dans le Kent pour une nouvelle réunion pour faire le point sur le programme. Cette fois-ci, le voyage s’est fait en Eurostar. Comme je savais qu’il fallait arriver au moins une demi heure avant le départ du train, je suis arrivé suffisamment en avance à la gare de Lille Europe. Une des chargées de mission de la région n’avait pas réussi à remettre la main sur son passeport et sa carte d’identité était périmée depuis plusieurs années. Sachant cela, elle s’est quand même présentée à l’embarquement. Le policier français essaya de faire du charme à sa collègue douanière anglaise, mais rien n’y fit et elle dut renoncer à partir avec nous. De mon côté, j’avais prévu le coup, je venais juste de faire refaire ma carte d’identité. En passant sous le portique, j’ai sonné, mais c’était juste mon téléphone portable dans ma veste qui est finalement passée aux rayons X avec ma malette. Il est quand même fou de voir à quel point on pousse l’inquisition pour aller dans un pays européen voisin. Partis de Lille à 12h05, nous sommes descendus à 12h15 (heure locale, soit 13h15 heure française) à la gare d’Ebbsfleet international, juste avant Londres. Notre responsable anglais nous attendait. Nous sommes montés dans son vieux pick-up et nous sommes allés manger ici (photo internet), avec les autres collègues anglais qui nous y attendaient.

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Ne sachant pas trop quelle boisson prendre, j’ai pris une bière qui fut fidèle à ma première expérience. Pour le plat, je fis confiance à la responsable du projet de la région et j’ai pris un « bangers and mash », autrement dit un plat traditionnel de saucisses sur de la purée de pommes de terre, accompagnées de sauce à l’oignon. Dois-je le dire ? Eh bien, c’était pas mal du tout. Puis, pour le dessert, j’ai suivi la majorité pour un « Apple & Blackberry Crumble & Custard », autrement dit une sorte de crumble avec une sorte de gelée (dont une partie au moins à la groseille, semble-t-il), le tout largement nappé de crème anglaise. Pas mal non plus. Après ça, notre estomac était bien calé et nous avons pu commencer notre réunion, non loin de là, dans une salle louée pour l’occasion. Le sujet de la réunion n’était guère passionnant, mais c’était un passage obligé. Un des jeunes interlocuteurs anglais que j’avais déjà vu à Lille est bilingue et participait à la traduction dans les deux sens. A cette occasion, j’ai remarqué qu’il parlait avec un ton beaucoup plus grave en anglais qu’en français (pratiquement sans accent). Que dire ? Eh bien, ces gens là sont très sympas et je les reverrai avec plaisir dans une dizaine de jours lorsqu’ils vont venir nous voir pour la grand messe de lancement officiel du programme.

19 janvier 2010

Soissons express

Un soir de début août dernier, avec des collègues, nous nous avions pris rendez-vous le soir au camping pour un barbecue après la journée de travail (nous logions dans une espèce de chalet).

Comme j’opérais sur le terrain dans la vallée de l’Aisne dans le département du même nom, la logique voulait que je me ravitaille à Soissons, non pas pour remplir le vase, mais pour trouver quelques ingrédients complémentaires pour l’apéritif dont je devais me charger.

Comme je me trouvais là, mais que je n’avais néanmoins pas le temps, j’ai tourné autour de la cathédrale sans pouvoir la photographier (elle semble curieusement fichue), puis je me suis dirigé vers un « truc » très curieux, à allure de façade de cathédrale et qui n’en est pourtant pas une. Il s’agit de l’Abbaye Saint-Jean des Vignes dont j’ai pu voler deux photos avant d’aller rejoindre mes collègues.

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27 avril 2010

Encore du déjà vu ou presque

Voici quelques photos prises au jardin du boulot (pour les cinq premières déjà sans doute trop photographiées) et dans notre jardin pour les suivantes. Pourquoi montrer ça ? Juste pour dire que le dernier commence tout juste à fleurir. Ce soir, j’ai dû procéder à un arrosage général car il n’a pas plu depuis le jour de Pâques, soit déjà 23 jours de sécheresse. Qui a osé prétendre qu’il ne faisait pas beau dans nos contrées septentrionales ?

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29 mars 2010

Séjour pyrénéen (épisode n° 3) : la montagne

Le vendredi matin, le canard était toujours là, après le petit déjeuner, et avant que les groupes de travail ne reprennent les hostilités, j’ai eu le temps de profiter d’un rayon de soleil pour photographier ça, curieusement situé sur la même commune que notre lieu de villégiature.

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Le sommet est le Pic du Midi de Bigorre, là où se trouve le fameux observatoire astronomique, à 2876 m d’altitude.

J’ai été le premier à faire une présentation, pile dans le temps imparti. Un collègue du cru, que je connais depuis un moment déjà et que j’apprécie beaucoup pour ses qualités scientifiques et sa droiture a conclu brillamment les interventions, facilitant le travail des « synthétiseurs », toujours un petit peu à la ramasse.

L’après-midi fut consacrée aux rapports et synthèses de groupes de travail.

Puis, ce fut le temps d’aller au repas proposé par les Pyrénéens pour fêter leur dixième anniversaire (en fait un petit peu plus). Le bus nous emmena à nuit tombante à 1100 m d’altitude, mais nous ne profitâmes pas du paysage. Raisonnables, nous fûmes de retour dans nos chambres pour 23 heures.

9 janvier 2010

Chronique des vacances de fin d'année (4)

Mardi 29 décembre

Nous sommes invités le soir par les cousins de C., à l’ancienne ferme de mes grands-parents maternels qui m’était si familière jusqu’à mes vingt ans et qui me paraît être autre part à présent. Je ne vais désormais là-bas que de nuit, sur invitation, alors qu’auparavant, seul ou avec mes parents, je débarquais souvent à l’improviste. Il n’y a plus la même atmosphère. J’ai presque l’impression d’être un intrus, tant les habitants de la ferme, à part mon cousin qui fait partie des meubles, ont pris possession des lieux. On pourra dire avec raison que je suis trop « possessif », voire jaloux d’un passé révolu, que j’aurais voulu conserver des traces qui ne m’appartiennent pas. Mais je ne dis rien. Les choses évoluent et c’est bien normal, mais un petit peu de mon enfance part avec ces choses là que j’aurais pourtant voulues immuables. La soirée s’est bien passée et nous n’avons heureusement pas entendu parler de marabout et autres pseudosciences.

Mercredi 30 décembre

Mon père avait vu un (télé)film de cape et d’épée dont l’une des actions se passait dans le château de la Bâtie d’Urfé, qui se trouve dans le département de la Loire. Quatre jours plus tôt, il me dit qu’il aimerait bien aller voir ce château. Il cherche une carte très générale et me montre l’endroit sur une carte. Pas de problème, nous irons et c’est ce jour là que nous choisissons d’y aller. Cela se trouve dans les Monts du Forez. Nous prenons l’autoroute, puis nous sortons, avant de tomber rapidement sur un panneau qui nous indique « château des Cornes d’Urfé ». Aucune inquiétude, malgré le nom un peu différent. Nous avançons sur des routes de plus en plus étroites, mais vraiment pas très fréquentées. Curieux.

Nous arrivons enfin sur place, à environ 1000 m d’altitude. Et que voit-on ? Un château fort en ruine. « Ce n’est pas ça » s’écrie alors mon père, « ça doit être plus loin » suggère ma mère. Mais de plus loin, il n’y a que des fermes et la campagne désolée. « Mais, je me souviens, il y une cour avec un balcon, ce n’est pas cette ruine » s’écrie à nouveau mon père. Ma mère lui répond : « Mais tu t’en souviens de belle, tu as confondu avec autre chose ». Mon père persiste et signe. Nous nous garons puis nous descendons entre deux averses de neige pourrie. La visite est totalement libre et le site est géré par une association qui a mis en place quelques panneaux.

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Sur un des panneaux, on y lit que ce château des XII-XVe siècle a été la résidence de la famille d’Urfé avant la construction de la Bastie d’Urfé (famille de l’écrivain Honoré d'Urfé) dans la plaine du Forez. Après une recherche attentive sur une carte embarquée dans la voiture, je finis par tomber dessus (la plaine du Forez, ce n’est pas particulièrement étroit). Je prend la carte en main et je guide notre chauffeur Fromfrom (eh bien oui, personne ne peut raisonnablement penser que les rôles puissent être inversés) et je pense que nous pourrons juste voir la Bastie dans le soleil couchant. Seulement, j’étais pessimiste, nous arrivons dans le château de la plaine quelques minutes après 16 heures, horaire de la dernière visite. Avant de découvrir le château, je fais à la hâte cette photo de ciel et d’arbres que j’ai postée ici.

Mon père reconnaît cette fois-ci les lieux, mais je fais activer tout le monde car on m’annonce à l’accueil que la visite commencera avec un peu de retard compte tenu d’un nombre de visiteurs élevé pour cette période de l’année. Nous sommes sauvés, nous allons pouvoir faire la visite. Au menu, donc, ce château Renaissance française et italienne des XV-XVIe siècles, avec quelques curiosités comme le sphinx, la « grotte de rocaille », la chapelle avec sa voûte décorée, des tapisseries, le buste de Marc-Aurèle dont la tête est antique…

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