Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Cornus rex-populi

Publicité
Archives
20 février 2021

Portes fermées à Vienne

J’ai en théorie un compte Fesse-de-bouc, mais il est complètement inactif et pour ainsi dire anonyme, avec le minimum d’info personnelle. Donc, je me connecte quasiment jamais ou pour visualiser de temps à autres le compte Fesse-de-bouc du boulot (une chargée de com’ s’en occupe). J’ai horreur de ce truc : c’est brouillon, on ne retrouve pas ces petits et les principes du truc me hérissent le poil. L’ennui est que certaines structures, y compris des services publics y ont recours, ce qui m’énerve copieusement, alors même qu’ils ont des sites internet institutionnels qu’ils ne prennent pas la peine de tenir à jour ou n’indiquent pas leurs actualités. Tout cela pour dire que fin décembre, me prend l’idée d’aller voir deux édifices à Vienne. Je consulte les sites internet et rien n’annonce qu’ils sont fermés. Je précise que les deux sont gérés par la commune et associés à des musées. Le premier est l’église Saint-Pierre (associée à un musée archéologique lapidaire). Il s’agit de l’une des plus anciennes églises de France. Elle est principalement romane, mais comporte des éléments architecturaux des Ve, IXe, XI-XIIe, XVe et XVIIIe siècles. Il s’agit d'une ancienne abbatiale (abbaye bénédictine). Parmi les trois photos suivantes, seule la première n’a pas bénéficié d’un important traitement, la troisième étant un pur amusement.

V-ESP-1

V-ESP-2

V-ESP-3

 

Nous nous rabattons sur la primatiale, non revue depuis seulement un an (voir ici).

V-PSM-12

V-PSM-1

V-PSM0-1

V-PSM-2

V-PSM-3

V-PSM-4

V-PSM-5

V-PSM-6

V-PSM-7

V-PSM-11

V-PSM-8

V-PSM-9

V-PSM-10

 

Publicité
14 février 2021

Saint-Valentin digestive

Une petite promenade automobile et pédestre digestive cet après-midi avant de rentrer, avant le couvre-feu, pour manger le dessert (pas de photo, production du pâtissier).

Avec des photos prises en forêt domaniale, tout près de la maison où il y eut – j’en ai déjà parlé – des installations et une rampe de lancement de missiles allemands V1. Aucun de fut finalement envoyé sur l’Angleterre depuis ce lieu à cause des bombardements réguliers et efficaces de la part des Alliés.

Morbecque & Sercus-1

Morbecque & Sercus-2

Morbecque & Sercus-3

Morbecque & Sercus-4

Morbecque & Sercus-5

 

Et pas loin non plus, Sercus et son église avec clocher roman du XIIe s., en travaux.

Morbecque & Sercus-6

Morbecque & Sercus-7

13 février 2021

Neiges d'antan

Quelques photos (certaines sont des rediffusions, d’autres doivent être inédites) du domaine du Dragon terrassé, des 24 et 26 février 2005. Il y avait une vingtaine de centimètres de neige. Le maximum de neige vu là-bas, c’était en 1986 avec 50 cm, mais je n’ai pas de photos, même argentiques. Il y a encore régulièrement de tels épisodes neigeux, mais ils se font plus rares et moins longs qu’avant.

NSG-1

NSG-2

NSG2-1

NSG2-2

NSG2-3

NSG-3

NSG-4

NSG-5

NSG-6

NSG-7

9 février 2021

Neiges laborieuses

Les photos ont été prises hier (temps gris toute la journée sans dégel) et aujourd’hui (temps ensoleillé et dégel uniquement sur les toits bien exposés). Températures : environ – 7°C ce matin, environ – 5°C ce soir à 18 heures.

JB-1

JB-2

JB-3

JB-4

JB-5

JB-6

JB-7

JB-8

JB-9

JB-10

JB-11

JB-12

JB-13

JB-14

JB-15

JB-16

JB2-1

6 février 2021

Le vaccin à ARN messager (épisode 5 et fin)

Voyons à présent ce qu’est un vaccin. Il en existe un grand nombre de types. Parmi les plus anciens, ceux que Louis Pasteur a mis au point et qui restent d’actualité dans les principes aujourd’hui, même si les technologies de production ont énormément évolué depuis. Le principe est toujours le même : faire en sorte de stimuler le système immunitaire de l’organisme ou plutôt lui faire acquérir une mémoire lui permettant, en cas d’infection par l’agent pathogène ciblé, de produire immédiatement et en quantités suffisantes des anticorps et secondairement stimuler les autres agents du système immunitaire (globules blancs notamment). D’une manière générale, les éléments principaux constituants des vaccins sont des antigènes, comme les virus eux-mêmes ou tout autre élément étranger à l’organisme (toxines, bactéries…). Et ce sont ces antigènes qui déclenchent la production d’anticorps. Ces derniers sont produits avec retard en cas de primo-infection et parfois trop tard ou peuvent dans certains cas ne sont pas produits du tout si l’antigène n’est pas reconnu ou s’il se cache (en partie le cas pour le VIH). En cas de nouvelle infection par le même antigène et à un pas de temps pas trop éloigné (durée très variable), la réaction immunitaire est quasiment immédiate et très importante, permettant l’élimination rapide des antigènes. On constate un phénomène un peu analogue dans certains cas d’allergie (pour faire simple, une réaction immunitaire excessive).

Les vaccins se répartissent en différents types dont voici une liste non exhaustive :

  • vaccins à agents infectieux vivants atténués (rendus inoffensifs par mutations forcées). Ceux de Louis Pasteur sont de ce type, mais à l’époque, c’était beaucoup plus aléatoire et risqué ;
  • vaccins à agents infectieux inactivés (organismes morts, morceaux d’organismes…). Ce sont ces vaccins qui peuvent contenir le plus d’adjuvants immunologiques qui peuvent correspondre à des motifs moléculaires de l’agent infectieux en renforçant la stimulation du système immunitaire. Parmi ces adjuvants, on rencontre des antibiotiques, des tas de molécules ou des sels d’aluminium. Ces composés ont leur utilité, mais certains peuvent poser des problèmes (allergie, toxicité chez certaines personnes). C’est à bien prendre en compte, on peut s’en méfier, mais ces problèmes éventuels ne devraient pas être de nature à jeter le discrédit général et inconsidéré sur tous les vaccins, à commencer par les vaccins qui ne contiennent pas d’adjuvants problématiques ;
  • vaccins à agents antigéniques (molécules portant entièrement ou partiellement un ou plusieurs éléments antigéniques, par exemple une protéine portée par un agent infectieux, une toxine produite par une bactérie…) ;
  • vaccins à ARN messager et vaccins à ADN. Leles seconds sont assez proches des premiers, mais semblent plus problématiques et moins sûrs, mais je ne comprends pas bien le mode d’action dans les détails et ils ne sont pas utilisés à ce jour chez l’Homme. Nous allons nous concentrer sur les vaccins à ARN messager.

 

Le vaccin à ARN messager, contrairement aux autres, ne contient pas d’antigènes en tant que tels, mais de l’ARN messager encapsulé (lipides) lui permettant d’entrer dans les cellules et d’atteindre les usines à protéines. A partir de là, l’ARN messager du vaccin ou celui issu du noyau de la cellule ont exactement le même rôle et suivent le même chemin (cf. vidéo de l’épisode 2). Cependant, pour les vaccins contre le SARS-CoV-2 des deux sociétés Moderna et BioNTech, les ARN messagers ne produisent pas une protéine humaine, mais la protéine du spicule (« spike ») évoquée dans l’épisode 3. La différence avec ce que ferait le virus complet en cas d’infection est que seule cette protéine est produite (celle engendrant le plus de reconnaissance et de réaction immunitaire) et pas les autres protéines, enveloppes, ni bien entendu l’ARN complet du virus). Cet ARN messager vaccinal ne fabrique donc pas de virus et n’entre pas dans les noyaux cellulaires. La protéine « spike » ainsi produite engendre plusieurs types de réactions immunitaires sans provoquer la moindre infection. L’ensemble du système immunitaire est stimulé : globules blancs ordinaires, globules blancs (lymphocytes B – plasmocytes) engendrant la reconnaissance d’antigènes puis la production d’anticorps spécifique, macrophages (cellules digérant les intrus), etc. Les antigènes produits par l’ARN messager vaccinal sont donc éliminés dès la première injection de vaccin. La seconde injection vaccinale renforce le processus.

Personnellement, je trouve cette technologie de vaccin à ARN messager assez extraordinaire et en l’état, présente une efficacité assez extraordinaire, avec des effets toxiques ou allergiques finalement très rares et qui peuvent être a priori traités de manière convenable. Toutefois quelques problèmes se posent encore :

  • la durée d’immunisation non établie à ce jour, même si elle semble bien supérieure à six mois ;
  • la capacité des vaccinés à véhiculer des virus, non connue à ce jour ;
  • l’efficacité du vaccin vis-à-vis de certains mutants (variants). Il semblerait encore efficace contre le mutant dit anglais, mais la question se posent pour d’autres. Je pense que c’est là la principale limite de ce vaccin très spécifique, très ciblé sur une unique protéine. Si la forme de la protéine change suffisamment après mutation, la mémoire humorale (anticorps) risque d’être inopérante ou insuffisamment. A ce titre, des vaccins à plus large spectre (à bas de virus plus complets ou en plusieurs « morceaux ») sont susceptibles d’être plus intéressants à plus long terme. Toutefois, il pourrait aussi être envisageable de produire des vaccins à ARN messagers tenant compte des mutations (ce n’est pas envisagé à ce jour).

En guise de résumé et de synthèse conclusive, je propose cette vidéo que je trouve pas mal, surtout quelle reprend une partie des métaphores auxquelles javais pensé.

Publicité
1 février 2021

Le vaccin à ARN messager (épisode 4)

Nous savons à présent ce qu’est une cellule, ce qu’est l’ADN, l’ARN messager et comment se fabriquent les protéines au sein de notre organisme. Intéressons-nous à présent aux virus. Alors, c’est facile : un virus, c’est de l’ADN ou de l’ARN entouré d’une ou plusieurs protéines (capside) et c’est à peu près tout. Pis, il peut ne pas y avoir de capside. Les virus n’étaient autrefois pas considérés comme des êtres vivants, mais à présent, le consensus s’élargit pour les considérer comme vivants. En tout état de cause, ils sont d’une incroyable diversité et jouent des rôles majeurs dans la biodiversité et l’évolution des autres êtres. Hélas, ils peuvent aussi faire des dégâts particulièrement importants chez tous les êtres vivants. Ce sont des parasites assez ultimes. Ils utilisent leur génome (minuscule comparativement à une cellule d’eucaryote ou même de bactérie) pour répliquer leur ADN ou leur ARN et la ou les protéines qui les entourent. Pour cela, ils détournent la machinerie cellulaire pour fabriquer en très grand nombre de virus (ADN et ARN d’un côté et protéines de l’autre qui s’assemblent ensuite). Des centaines, des milliers de virus sont ainsi produits par une seule cellule qui éclate et qui peuvent ainsi aller infecter un très grand nombre d’autres cellules et se propager à l’extérieur. Précisons aussi que certains virus (dont les rétrovirus) ont la capacité de produire un ADN qui peut aller s’insérer dans l’ADN du noyau cellulaire et ainsi modifier le génome de la cellule hôte. C’est le cas du VIH (Virus de l’immunodéficience humaine donnant le SIDA) et de certains virus impliqués dans certains cancers. Grâce à ces capacités, les rétrovirus sont utilisés en thérapie génique, permettant de « réparer » les séquences de certains gènes défectueux. Une réparation qui se conserve puisque lorsque la cellule se divise, elle permet de récupérer chez la cellule fille une partition corrigée du gène, permettant la production de protéines fonctionnelles.

Mais je n’ai pas précisé que toute cette armada de virus infectant un organisme n’est pas forcément invincible et même quand elle était prétendue l’être, on sait ce qui peut advenir. Car oui, diverses lignes de défense existent et il faut dire que dans l’immense majorité des cas, le système immunitaire contre-attaque et remporte de très nombreuses victoires, ce qui n’empêche cependant pas la diffusion des virus. D’ailleurs, les vaccins, quels qu’ils soient n’ont pas d’autre objectif que d’aider l’organisme à mieux se défendre lui-même en activant plus tôt et plus fort les défenses immunitaires, notamment par la production d’anticorps spécifiques. Ils n’ont donc rien à voir avec les antibiotiques qui eux ont un effet toxique vis-à-vis de certaines bactéries, mais ne stimulent absolument pas le système immunitaire ; tout au plus peuvent-ils l’aider en limitant le nombre de bactéries présentes dans l’organisme qui peut alors davantage cibler ses contre-offensives.

Venons-en à présent au SARS-CoV-2, le coronavirus impliqué dans le (la) COVID-19. Il s’agit d’un virus à ARN. Il est assez gros, possède un génome assez important, possède quatre types de protéines pour son « enveloppe », dont le spicule protéique (la fameuse protéine « spike ») qui sert à la fois au virus de point d’ancrage à la cellule qu’il va infecter et qui est une protéine susceptible d’être reconnue par le système immunitaire. C’est donc ce spicule protéique qui va faire l’objet de toutes les attentions.

À suivre.

30 janvier 2021

Le vaccin à ARN messager (épisode 3)

En dehors de la composante aqueuse ultradominante au sein de notre organisme, nos cellules sont en grande partie composées de corps gras (phospholipides) assez inertes et surtout de protéines qui assurent énormément de fonctions et dont on n’est encore loin de tout connaître. Le fonctionnement de l’organisme repose donc très largement sur elles. Et pour que cela fonctionne, il faut donc fabriquer et renouveler (à cause de l’usure ou de l’usage) ces molécules sans arrêt. Les plans détaillés de ces protéines se trouvent dans le coffre sécurisé qu’est le noyau avec l’ADN. Les protéines, elles, sont fabriquées dans les usines que sont les ribosomes (cf. épisode 1). Les ribosomes de la cellule n’ont pas besoin de tous les plans de toutes les pièces que fabrique l’entreprise et de toutes ses succursales, d’autant que ladite cellule n’est pas spécialisée dans toutes les tâches ou toutes les pièces. Alors même si absolument tous les plans sont dans le coffre de chacune de nos cellules, seules les pièces vraiment nécessaires et en capacité d’être produites dans la cellule en question le seront. Ainsi, il faut un messager entre le coffre et l’usine et c’est donc le rôle de l’ARN messager qui fait office de facteur. Il s’agit d’une copie de l’ADN, mais très petite puisque cette copie ne possède les plans que pour une ou quelques pièces (protéines). En plus, cette copie est fragile comme si l’organisme se méfiait des espions pour éviter des copies illicites. De fait, l’ARN messager sert une fois puis est détruit et s’il ne sert pas, il est détruit également, un peu comme la bande magnétique annonçant une nouvelle mission dans Mission impossible ou comme si on décidait de tuer le facteur-messager après usage.

Tout part donc du noyau où un morceau d’ADN est déplié pour être copié (grâce à des protéines – enzymes). Alors, la copie n’est pas totale, seul ce qui est essentiel l’est. Tout se passe comme si on ouvrait la fermeture éclair que constitue l’escalier à double hélice qu’est l’ADN et qu’on venait reconstituer l’un des brins manquants. Une fois la copie réalisée, on clôt la fermeture éclair et on range l’archive ADN. L’ARN messager monte alors sur sa trottinette (une/des protéines spéciales font office de moyen de transport) et quitte le noyau en passant par un pore (porte que ne peut pas franchir l’ADN qui est trop épais, lui) puis se dirige vers l’usine (ribosome). Dans le ribosome, il y a une tête de lecture (comme celle d’un magnétophone ou d’un magnétoscope) qui va lire le brin d’ARN messager. Cette tête de lecture est encore une forme de complexe entre protéines et une autre forme d’ARN (ARN ribosomial). La tête de lecture va donc lire les mots de trois lettres ou codons (22 mots différents sans compter les synonymes) et chaque mot va se traduire par un acide aminé spécifique (22 acides aminés). La protéine s’allonge par la mise bout à bout d’acides aminés dans l’ordre précisément déterminé dans lequel se lisent les codons. A la fin de la bande magnétique, le point final à la protéine est donné. La protéine ainsi formée est une structure assez simple à très complexe dont la forme doit être considérée en trois dimensions et va jouer le rôle biochimique qui lui est assigné.

Voici une vidéo de l’INSERM que j’ai trouvée assez sympa et assez simple.

À suivre.

24 janvier 2021

Le vaccin à ARN messager (épisode 2)

Chez les eucaryotes (cf. épisode 1), dont les animaux et l’Homme en particulier, le noyau de la cellule concentre la majeure partie du matériel génétique. Le noyau est entouré d’une membrane à double paroi, mais il existe des pores autorisant le passage de certaines molécules.

Figure 2 – Le noyau cellulaire – Source : Wikipédia (Magnus Manske)

Fig 2

 

Le matériel génétique est essentiellement composé d’acide désoxyribonucléique, le fameux ADN, autrement dit une macromolécule qui a la particularité de posséder deux brins en hélice, un peu comme l’escalier à double révolution du château de Chambord (voir la figure suivante).

Figure 3 – La molécule d’ADN - Source : Wikipédia (MesserWoland & Dosto).

Fig 3

 

Comme on le voit sur la figure 3, on observe des « barreaux d’échelle » qui relient les deux montants de l’échelle. La molécule d’ADN totalement dépliée mesure 2 m de longueur dans chacun des noyaux de nos cellules. Son diamètre est de 2 nm (0,000 000 002 m soit 2.10-9 m soit encore 0,000 002 mm, bref très très très fin). La molécule d’ADN dépliée est impossible à voir avec un microscope optique, même un très bon, il faut utiliser du matériel de pointe (microscope électronique à transmission).

Figure 4 – Image en microscopie électronique à de l’ADN. La photo n'est pas d'une clarté absolue mais on devine, en zoomant, cette structure caractéristique. Le trait noir représente 20 nm (10 fois le diamètre de la molécule). © Enzo di Fabrizio 

Fig 4

 

Seulement la molécule est enroulée sur elle-même un très grand nombre de fois, jusqu’à se concentrer, la plupart du temps en chromosomes (23 paires chez l’Homme).

Figure 5 – Enroulement multiple et peletonnage de l’ADN pour aboutir aux chromosmes (Source : Wikipédia, NIH, User:Phrood~commonswiki, En rouge)

Fig 5

 

Les chromosomes, eux, se voient facilement avec un microscope optique tout à fait ordinaire.

Figure 6 – Les chromosomes humains (Source : Wikipédia Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=261772)

Fig 6

 

Sur la figure 3, au milieu de ces demi-barreaux (bases nucléiques), on voit les lettres A, T, G et C qui s’associent toujours de manière complémentaire : toujours un T en face d’un A et toujours un C en face d’un G et dans les deux sens possibles. La formation de ces paires est immuable dans l’ADN. Donc ces paires se soudent au milieu des barreaux, mais peuvent si besoin se désolidariser (un montant et des demi-barreaux de chaque côté) et chacun des deux morceaux de l’échelle (brins) sont parfaitement complémentaires (l’un est le strict négatif de l’autre). Ce qui signifie en réalité qu’un seul montant avec ses demi-barreaux suffit pour reconstituer l’autre. Et l’ARN n’est ni plus ni moins qu’un brin (montant et demi-barreaux) de l’échelle. Mais au lieu d’avoir toute la longueur de l’échelle, l’acide ribonucléique ARN (quel qu’en soit la nature précise) n’est qu’un minuscule fragment de ce brin d’échelle. Alors la question pourrait être de savoir pourquoi la molécule d’ADN ne pourrait-elle pas être composée d’un seul brin ? Eh bien parce qu’avec deux brins, c’est beaucoup plus stable et solide.

Par conséquent, on peut dire que l’ADN du noyau est une version complète du patrimoine génétique un peu comme sur un serveur avec des disques durs très haut de gamme dans un bâtiment sécurisé. L’ARN peut être considéré comme une petite copie très partielle du disque dur sur une disquette, une clé USB bas de gamme susceptible de s’autodétruire à brève échéance.

Ensuite, il faut savoir que la succession de ces lettres (A, T, C et G) a un « sens » précis (forme des mots à la base du code génétique). Il s’agit toujours de mots de trois lettres (codons). Chaque mot correspond à quelque chose de précis en l’occurrence, on reconnait l’existence de 64 mots, mais parmi ces 64 mots, il y a des synonymes et en définitive, cela fait 22 mots à sens univoque. Chacun de ces mots pourra ensuite se traduire par un acide aminé. Ces mots forment des phrases (cela correspond à un gène). Les acides aminés s’associent dans un ordre bien précis pour former des protéines uniques assez simples à très complexes. Et il existe des milliers de phrases différentes qui forment autant de protéines différentes. Un gène peut coder une ou plusieurs protéines.

A suivre.

19 janvier 2021

Le vaccin à ARN messager (épisode 1)

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer, je pense que l’on devrait passer plus de temps à enseigner les sciences et consacrer beaucoup plus de temps dans médias à expliquer les sciences. Pour les médias, on devrait parler moins des compétitions sportives et du « business » qui en découle, des frasques des stars à deux balles et surtout des polémiques politiques stériles. Dans les « grands » médias, de trop nombreux journalistes n’ont même pas cherché à expliquer ce qu’était un vaccin à ARN messager et a fortiori ce qu’était l’ARN messager. D’autres l’ont fait de manière tellement synthétique et convenue que je pense que soit les gens n’ont pas compris, soit ils ont compris de manière biaisée ou notoirement incomplète voire trompeuse. Je pense sincèrement que seules certaines personnes ayant fait des études suffisamment solides en biologie ont compris. Et encore, je n’en suis pas sûr puisque j’ai pu noter avec une certaine stupeur que certaines personnes ayant fait des études en biologie post-bac comme ma cousine (bac + 5, certes pas en biologie cellulaire, mais avec un fort parcours en biologie tout de même), n’ont pas forcément bien compris le mode d’action des vaccins à ARN messager. Je me lance donc, de manière un peu « désespérée » dans une explication inédite et très cornusienne. Pour cela, je propose une petite série en quelques épisodes.

Je commence par la présentation de la cellule. Je vais parler de cellule animale, mais les cellules végétales ont une structure et une organisation assez proche.

Les cellules des eucaryotes (organismes dont nous sommes ayant des cellules à vrai noyau – pour information, les organismes qui n’ont pas de noyau distinct sont des procaryotes comme c’est le cas pour les bactéries). L’être humain est composé de 30 000 000 000 000 (3.1013) cellules qui mesurent généralement de 10 à 100 µm de diamètre (10 à 100.10-6 m soit un dixième de millimètre pour les plus grosses, ce qui les rend visibles à l’œil nu, mais pas pour les autres uniquement visibles au microscope).

Figure 1 – Les cellules sont le siège de nombreuses réalisations, synthèses et beaucoup sont très spécialisées, mais l’immense majorité de ces cellules possèdent une organisation comme le montre la figure suivante (source : Kelvinsong via Wikipedia) dont j’ai commenté la plupart des numéros indiqués sur la figure.

Animal_Cell

 

1-2 – noyau (ne pas tenir compte du 1) : lieu de stockage de l’information génétique (ADN – acide désoxyribonucléique – généralement sous forme contractée en chromosomes ; j’y reviendrai).

3-4-5-6-8 – « usine » à protéines

  • 3 et 5 – ribosome : lieu de traduction des ARN messager en protéines (j’y reviendrai).
  • 6 – appareil de Golgi : lieu de « finition » des protéines.

7 – cytosquelette : « armature » de la membrane des cellules.

9 – mitochondrie : centrale d’énergie de la cellule (lieu de production d’ATP – adénosine triphosphate –, source d’énergie biochimique utile à la division cellulaire, aux métabolismes dont la synthèse de protéines, le mouvement pour les cellules musculaires…). L’ATP est produite notamment via le cycle de Krebs (cycle biochimique complexe) qui utilise notamment des sucres (glucose) ou des lipides ou encore des protéines comme carburant primaire. Les mitochondries contiennent de l’ADN issu de la mère, mais nous n’en parlerons pas cette fois.

11 – cytosol : liquide dans lequel baignent les organites de la cellule.

12 – lysosome : organite spécialisé dans la digestion intracellulaire de différents organites usés/détruits ou divers déchets.

13 – centriole : organite impliqué notamment dans la division cellulaire (faire d’une cellule deux cellules équivalentes).

14 – membrane cellulaire ou membrane plasmique : permet de délimiter la cellule et de l’isoler de l’extérieur. Cette membrane est constituée de deux composants principaux : des phospholipides (tête d’acide phosphorique hydrophile et queues lipidiques hydrophobes) et des protéines qui jouent un grand nombre de rôles dans la membrane cellulaire et bien au-delà.

 

Voici le décor général posé. A noter cependant que l’organisme comporte des tas de cellules très différentes, parfois hautement spécialisées, parmi lesquelles on peut citer :

  • les cellules musculaires (muscles squelettiques) qui peuvent faire plusieurs centimètres de long et possèdent plusieurs noyaux (toutes les autres cellules du corps ont un unique noyau) ;
  • les globules rouges ou hématies ou érythrocytes qui constituent la part la plus importante du sang. Chez les mammifères, les globules rouges n’ont pas de noyau (ce sont les seules cellules dépourvues de noyau) ;
  • les globules blancs ou leucocytes dont il existe plusieurs formes, assurent la défense immunitaire de l’organisme, seuls (immunité naturelle ou innée) ou via des anticorps (immunité adaptative). Les anticorps sont des molécules (protéines particulières) produites pas une variété particulière de globules blancs : les plasmocytes issus des lymphocytes B. Ces anticorps sont toujours produits de manière très précise de façon à venir lier parfaitement aux antigènes. Les antigènes sont des macromolécules généralement issues d’un organisme étranger (un petit morceau de paroi cellulaire d’un virus, d’une bactérie…). Les anticorps viennent généralement neutraliser les antigènes et par conséquent l’organisme étranger en entier qui peut ensuite être « dévoré » notamment par certains types de lymphocytes (types de globules blancs).
17 janvier 2021

Après-midi lyonnais (3 et fin)

Après la primatiale, retour dans la presqu’île près de la place Bellecour. Calyste nous montre les restaurations qui ont été menées à l’Hôtel-Dieu, sauf la chapelle comme dit en introduction. Cet ensemble hospitalier était très vaste et ce n’est qu’en 2007 qu’a été décidé le transfert des services dans d’autres établissements. François Rabelais exerça ici plusieurs années (l’établissement remonte au Moyen Âge). Les bâtiments visibles aujourd’hui sont surtout du XVIIIe s.

HDL-1

HDL-2

HDL-3

HDL-4

 

Touchant la place Bellecour, le clocher de l’ancien hôpital de La Charité, seul élément de cet établissement du XVIIe s. détruit en 1933 pour cause d'insalubrité.

CL-1

 

Peu de temps avant de quitter Calyste sur la place Bellecour, la lune. Deux photos prises à quelques secondes à peine d’intervalle : la première surexposée mais avec les nuages, la seconde beaucoup moins exposée (mesure « spot » de la lumière sur la lune) mais sans les nuages.

LL-1

LL-2

Publicité
Cornus rex-populi
Publicité
Derniers commentaires
Publicité