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Cornus rex-populi
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9 janvier 2022

Les vagues de Concarneau

Le soir du 31 décembre 2021, j’ai eu l’opportunité de filmer deux petites séquences alors que le soleil, revenu pour un dernier salut, tombait dans l’océan au sud-ouest de la ville de Concarneau. Je n’ai aucune compétence en montage vidéo, mais je me suis amusé à faire ceci (tout compris, cela m’a pris plusieurs heures, alors que probablement en dix minutes tout pouvait être plié).

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18 décembre 2013

Zweig (2)

Calyste m’avait dit que le premier roman que je pouvais lire était Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, mais cela a été finalement le deuxième roman que j’ai lu de Stephan Zweig. Je dois dire que par rapport à La confusion des sentiments, il y a de sérieuses similitudes. Pas l’histoire : ici, une femme mariée qui tente en vain de sauver un joueur de casino invétéré et qui en tombe secrètement amoureuse. Les points communs sont à mon sens le début, assez laborieux où l’histoire bataille à se mettre en place (plus ici d’ailleurs à tel point que je m’ennuyais). Puis, tout s’accélère et devient intéressant. Le second point commun, ce sont les descriptions des sentiments, assez longues et complexes et surtout, les puissants et rapides revirements, passant de la haine ou de la peur à l’amour ou la fascination, revirements possibles dans les deux sens. Cela a été finalement agréable à lire. Mais si je continue de lire des choses de cet auteur, il faudra que cela change de style.

Zweig S., 1980. – Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Traduit de l’allemand avec une introduction, par Olivier Bournac et Alizir Hella. Bibliothèque cosmopolite, Stock, Paris, 179 p. [édition originale initiale de 1927]

27 novembre 2013

Brèves cornusiennes (13)

Je peux concevoir que l’on regarde la pendule, qu’on ne souhaite pas faire une minute de plus de travail que l’horaire auquel on est assigné, surtout quand on fait un boulot répétitif ou de « simple » exécutant. Moi aussi, quand je fais certaines tâches peu enthousiasmantes, je peux être dans le même état d’esprit. En revanche, je suis très étonné qu’un jeune, embauché il y a peu, et qui semble être en accord avec son travail (difficile d’être sûr à mon niveau, il ne dit rien et je suis assez « éloigné » de lui du fait aussi que ce n’est pas un scientifique) puisse compter son temps de travail au quart de poil près. Je ne suis pas revenu du fait qu’il y a quelques semaines, alors qu’il était à pied sur le chemin du travail alors qu’il pleuvait, je l’avais pris en passant en voiture, il m’avait dit que le temps gagné le matin, il pourrait le récupérer le soir en partant plus tôt. Je lui avais fait gagner dans les 3-4 min tout au plus. Je précise que je ne parle pas des pères ou de mères de famille qui n’ont pas d’autres choix que de partir à l’heure pour passer prendre leurs enfants ou autres rendez-vous, mais bien de jeunes débutants en principe libres comme l’air.


Consécutivement à mon problème d’épaule, mon docteur ès mécanique m’avait prescrit un entretien des 100 000 et un peu d’huile pour le moteur pour éviter la surchauffe. Ce soir, c’était l’examen des 100 points de contrôle. Les résultats avait été envisagés assez catastrophiques (une crainte de la garagiste), mais au lieu de cela, j’ai créé une déception car le véhicule d’occasion n’est non seulement pas bon pour la casse, mais sa situation s’est très notoirement améliorée par rapport à la précédente révision. La femme de science a essayé de s’en tirer en émettant l’hypothèse infondée qu’il y aurait eu un échange standard frauduleux du moteur. De mon côté, j’ai décidé de prendre une essence avec un meilleur indice d’octane sans changer le style de conduite. Avec ça, j’espère à terme devoir me passer d’additif dans le carburant. Et si toutefois cela n’arrivait pas, ce ne serait pas un drame, de toute manière, je ne suis plus coté à l’argus.

9 juin 2013

Du cartésianisme aux maisons hantées

Cette note m’a été en partie inspirée par Calyste lorsqu’il parle du ressenti qu’il a lorsqu’il découvre des maisons que d’autres ont habité. Bien sûr, ce dont je parle ici n’a pas de vrai rapport avec ce que dit Calyste. Et je conçois tout à fait ce qu’il évoque et j’irai même jusqu’à dire que cela ne me déplaît pas. Rien à voir, donc avec ce qui suit.

On m’a souvent qualifié de « cartésien » lorsque je m’exprimais (cela m’arrive encore) pour dénoncer les sciences occultes ou autres fadaises du genre BLURG (balivernes lamentables à l’usage réservé des gogos). Pourtant, les personnes qui me qualifient de la sorte se trompent. D’abord, le cartésianisme n’a jamais été synonyme d’incrédulité ou d’esprit scientifique. D’ailleurs, la démarche scientifique ne se réduit pas à l’approche déductive prônée par le cartésianisme. Loin de là, les expériences, les observations procèdent de la méthode inductive, donc en opposition avec la démarche cartésienne. Il y a d’ailleurs très longtemps que le cartésianisme, dans ses dimensions les plus caricaturales, a déserté les laboratoires scientifiques.

Cela fait néanmoins pas mal d’années où je n’ai pas cherché à croiser le fer face aux chantres du paranormal. Je n’ai rien dit la dernière fois où l’ex compagne d’un de mes cousins avait ressorti, entre autres, les divers méfaits imputés à la maison (ferme) hantée par les fantômes, singulièrement celui de mon grand-père maternel. Et que tout allait beaucoup mieux depuis qu’elle avait fait venir une femme de l’art (j’ignore comment s’appellent ces gens) pour « purifier » tout cela. Inutile de dire que j’avais énormément pris sur moi pour ne pas éclater, car outre la problématique qui heurte ce que je considère comme le « bon sens » (et qui ne la gênait nullement, elle), il y avait des questions liées à mon grand-père qu’elle écornait allègrement, alors qu’elle était loin d’avoir connu. Et ça, j’ai eu encore plus de mal à l’admettre. Ma mère encore moins quand je lui ai raconté (et en avait entendu parler par ailleurs par sa sœur et mon oncle).

Il y a eu aussi le coup du nouveau compagnon d’une ex collègue et amie, un architecte qui est également adepte de sciences occultes, en lien avec des histoires magnétiques. Les maisons ne doivent pas contrecarrer les ondes magnétiques telluriques. Bien sûr. Et les cathédrales ont toutes été construites sur des nœuds magnétiques que j’imagine branchés sur le ciel. Bien sûr. Avoir entendu cela m’avait mis incroyablement mal à l’aise, mais je n’avais rien dit. Rien dit. Rien dit. Rien dit. Mais depuis, je dois constater que je vois beaucoup moins cette amie. Dommage. D’autant qu’il pourrait au moins faire l’économie de parler de cela sans arrêt, même s’il y croit.

Un autre ami croit aux esprits, mais il y fait peu allusion et semble-t-il, de moins en moins. Et ces esprits ont la bonne idée de ne pas occuper une maison en particulier.

A se demander si des esprits « supérieurs » ne seraient pas en train d’essayer de me rendre chèvre. S’ils n’y sont pas arrivés jusque-là, au moins sont-ils parvenus à me réduire à un certain silence. Un silence d’autant plus assourdissant qu’il risque de devenir explosif quand la coupe débordera.

7 juin 2013

Une brève cornusienne un peu longue quand même

Cette histoire chez Plume de prétendue confusion entre ciguë et de Sureau noir, de corymbe, d’ombelle m’a rappelé une anecdote de botaniste. Lors d’une sortie botanique, un participant avait demandé au maître de cérémonie pourquoi on appelait le Cerfeuil des fou, le Cerfeuil des fous (Chaerophyllum temulum L., autrement appelé Cerfeuil penché ou Cerfeuil enivrant). La première réponse du maître fut : « il faudrait être fou pour confondre avec du cerfeuil », autrement dit Anthriscus cerefolium (L.) Hoffm. (Cerfeuil cultivé). Plus sérieusement, le premier est toxique (alcaloïde) est une espèce sauvage indigène en France largement répartie, alors que le second est bien celui qui parfume agréablement les plats et est uniquement cultivé dans notre pays.


 

Hier, était organisée dans l’auditorium à mon boulot, une avant-première pour la projection d’un film sur la flore régionale. La soirée était organisée par un groupement de plusieurs chaînes de télévision régionales. Celles-ci se sont démerdées comme des manches du point de vue de la communication : communication sur l’événement vis-à-vis du public et communication interne aux chaînes elles-mêmes, puisqu’une de mes collègues a dû réexpliquer exactement les mêmes choses à quatre personnes différentes qui bien sûr ne discutaient pas entre elles. Pénible.

Mais c’était une nouvelle occasion pour nous de faire connaître notre structure et nos missions, notamment au travers de nos jardins et de nos équipements. C’était mon directeur qui s’y collait. Mais moins de quarante-huit heures avant l’événement, le journaliste en chef s’aperçoit qu’il lui faut un botaniste. Je suggère des noms à mon directeur, mais personne n’est disponible sur le coup de 20 heures. Donc, je m’y colle, sans savoir quel est exactement le programme.

Après le travail, je vais faire une course en ville et je reviens au boulot à 18 h 45. Et là, je découvre toute une équipe d’une huitaine de personnes en train de casse-croûter et de s’enfiler de la bière et du vin blanc sur la table extérieure (pas de souci, ils ont eu l’autorisation). Mais alors pourquoi ils mangent alors que le « lunch » du traiteur est prévu après la projection ? Mystère… mais disons que l’appétit vient en mangeant comme disait Gargantua.

Alors que le public commence à arriver doucement, mon directeur et moi constatons que tous ces gens de télévision sont bien dilettantes. Les autres, sont en train de filmer dans les jardins. D’autres hommes de télévision arrivent, qui n’ont de cesse que de donner, en apparence, d’inutiles coups de téléphone. En définitive, j’ai compté en tout cinq personnes qui bossaient sur la grosse quinzaine de personnes qui étaient là, en incluant deux cameramen, un preneur de son, la maquilleuse et le journaliste, arrivé au dernier moment, comme une star.

On devait finalement nous filmer dans le jardin, mais malgré le beau temps, l’ombre des arbres commençaient sérieusement à s’allonger. Du n’importe quoi, pourquoi n’étaient-ils pas venus plus tôt en soirée pour profiter de meilleures lumières ? J’ai été filmé en dernier, et comme il était déjà 20 h 45, un des cameramen dit que sa « balance des blancs » n’est plus bonne, mais qu’il continue comme ça. Bon voyons, j’ai cru qu’on allait finir à la lampe torche.

Pendant ce temps là, de l’autre côté, la projection du film avait enfin commencée (avec du retard, forcément) et du coup, si j’avais voulu voir le film, j’aurais été pénalisé. La suite m’a été racontée par mon directeur, car je suis rentré directement rejoindre Fromfrom. Après le « lunch », et alors qu’il refermait les portes vers 23 h 30, il tombe sur un groupe des fameux dilettantes, en train de s’enquiller des canons de blancs ou autres liquides plus ou moins nets, lesquels demandèrent s’ils pouvaient passer la nuit là ? Sûrement, c’est encore mieux que chez mamy à la campagne ! Les oiseaux de nuit chantent et la vie est belle, alors on peut bien se rincer la gueule sur un lieu de travail. Bon, je vous assure que j’exagère à peine. Mais quand même, vu de loin, avec un prisme que je reconnais volontiers comme déformant, cela ne paraît pas très professionnel tout ça.

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26 janvier 2013

L'Élysée à Tours

Comme j’ai été réveillé par un cauchemar et que je n’ai pas pu me rendormir depuis, je m’en vais raconter ce que j’ai retenu. Cest la première fois que je me livre à cet exercice dexpliquer un rêve dans la foulée, dautant quen général, je ne men souviens guère.

Je suis invité à une réunion à l’université de Tours (selon toute vraisemblance si l’on peut parler de vraisemblance). Je suis en avance et je me suis déjà installé dans la salle. Arrive le « chef » du laboratoire. Pour de vrai, cette personne était professeur en géochimie à l’université de Tours et je l’ai eu comme enseignant en 1992-94, mais il n’a jamais été directeur de laboratoire. Je ne l’appréciais guère (qui l’appréciait vraiment d’ailleurs ?) tant il était suffisant. Il était clair que sorti de Jussieu à Paris, il venait civiliser le bas peuple de province. Il dénigrait les ingénieurs chimistes qui venaient nous donner des cours par ailleurs. Était-ce toujours du mépris ? Je ne sais pas, mais cela en avait l’apparence. J’ai toujours eu le sentiment qu’il se foutait de ma gueule, même bien longtemps après qu’il m’ait eu comme étudiant. Je me suis vengé le jour de la soutenance de ma thèse à laquelle il était venu assister. Lorsque le jury s’était retiré pour délibérer, il était venu me voir pour me dire qu’il avait eu du mal à suivre et qu’il aurait fallu avoir un langage davantage pédagogique (ou quelque chose dans le genre). Je précise immédiatement que de son côté, il n’était guère pédagogue et était plutôt du genre élitiste. Je lui ai répondu un truc du genre : « comme l’a bien dit le professeur C. [le président du jury], ce n’est pas donné à tout le monde de saisir tous ces concepts et qu’il faut un certain bagage naturaliste… ». Il n’avait pas insisté. Car bien sûr, il n’avait eu aucun mot sympa à mon égard. Tout comme lors de la soutenance de thèse d’une bonne connaissance dont il était directeur de thèse, il a avait trouvé le moyen de faire des jugements de valeur en partie déplacés, disant qu’elle était têtue. Et aucun mot sur la qualité de son travail et rien de sympa à son égard.

Et là, dans mon rêve, le professeur en question débarque dans la salle de réunion avec plusieurs personnes à qui il propose du café, mais il me dit qu’il n’y a pas de café pour moi, car je ne fais pas partie de la « famille » ou de je ne sais quoi. Ce sur quoi, je lui réponds que le labo a pourtant bien profité de la « queue de financement » de ma thèse et qu’avec, il y avait sûrement de quoi me payer un café. Je précise de nouveau qu’en réalité, ce type ne gérait pas le laboratoire et qu’il n’avait récupéré aucun financement me concernant (c’étaient les services financiers centraux qui avaient récupéré l’argent excédentaire). Plusieurs participants à la réunion, des béni-oui-oui, dont j’en connaissais certains (en réalité des universitaires surtout connus pour leurs discours creux, mais pas pour leur travail concret). Puis alors que la réunion a commencé, intervient violemment à mon endroit, un jeune blondinet de moins de 25 ans qui fait partie de la Présidence (autrement dit l’Élysée – ben oui quand même). Le ton monte entre lui et moi et j’en viens aux mains. De rage, je le jette à terre, mais il veut me mordre les doigts, alors je me reprends et lui décroche la mâchoire et je lui dézingue une dent. Il est bien entendu hors d’état de nuire. Je suis stupéfait, pour ne pas dire extrêmement consterné de voir le résultat de mon emportement. C’est à cet instant que je me suis réveillé. Impossible de dormir depuis.

C’est grave, docteur ? Les psychanalystes et autres interprètes des rêves auront sûrement plein d’explications extrêmement claires ou révélatrices à donner.

29 novembre 2012

Je suis pour, mais je ne le dirai pas

Début septembre, nous avons été sollicités pour donner un avis à une vaste structure intercommunale sur les effets que produirait sur les arbres une inondation artificielle (bassin d’expansion de crue) dans une forêt déjà pas très sèche. En effet, le gestionnaire de la forêt de l’État (O-haine-effe) considère, dans une position strictement dogmatique et simpliste que cela aurait de toute manière des effets dévastateurs. J’ai donc formulé un avis sur la base de l’étude hydraulique et j’ai conclu que les arbres ne craignaient rien si l’inondation avait lieu en hiver selon les modalités décrites par l’étude, mais que si la crue avait lieu au printemps ou en été, on ne pouvait pas se prononcer sans investigations complémentaires. La structure intercommunale a conclu maladroitement, face à certains services de l’État et à l’O-haine-effe que nous soutenions le projet et ces éléments ont été repris par la presse. Et le directeur de l’O-haine-effe, de m’interpeler vendredi dans une réunion, vis-à-vis d’un article paru dans un journal local, alors que je n’avais pas encore pris connaissance de l’article en question. J’appelle cela être le dindon de la farce, vu qu’en ce qui me concerne, je n’avais fourni qu’un avis strictement scientifique, ce qui n’a rien à voir avec le fit d’être favorable ou non à ce projet. J’ai donc dû le dire haut et fort à la structure intercommunale, mais également aux représentants des associations environnementales et de riverains qui soutiennent le projet.

Il se trouve, que ces associations m’avaient invité (avec d’autres personnes) hier en soirée pour une conférence-débat. L’exercice a duré près de deux heures et demi et, à ma grande surprise, il y avait foule : une bonne centaine de personnes dans la salle des fêtes d’une petite commune rurale. J’ai rappelé mon positionnement strictement scientifique. Je n’ai pas dit qu’à certains égards, je suis plutôt favorable au projet, parce qu’il y a un évident intérêt public, parce que cela pourrait même avoir un intérêt écologique et parce que je me moque de la gêne occasionnée dans la gestion sylvicole, même si je pense que les mortalités d’arbres seront faibles, même si la crue a lieu en période de végétation. Les élus étaient eux aussi très nombreux et tous largement favorables au projet. Dans le public, il y a toujours des troublions qui racontent des bêtises (il y en a d’ailleurs eu un de gratiné), mais dans l’ensemble, les débats ont été de qualité, y compris un naturaliste qui est contre ce projet, y compris nombre d’élus qui se préoccupent aussi d’écologie et pas seulement de soutenir les riverains en les caressant dans le sens du poil.

A la fin de la conférence, je me suis fait interpeler par une dame, qui m’a demandé si j’étais le mari de Fromfrom. C’était bien la première fois que l’on me reconnaissait via mon épouse et je dois dire que cela m’a fait plaisir. En fait, il s’agissait d’une ancienne collègue de Fromfrom lorsqu’elle travaillait dans une autre école en 2007-2008 et qui est actuellement à la retraite.

4 mars 2012

Je suis plutôt... que plutôt...

Laplumequivole a lancé un questionnaire. Pour ne pas trop prendre de place dans les commentaires, mes réponses sont ici.

1. Sardines ou anchois ?

Sardines mais je ne dédaigne pas les anchois que je ne mange que rarement et qu’avec certains plats.

 

2. Tuiles rondes ou ardoises ?

Tuiles rondes pour leurs couleurs plus chaleureuses et leur forme ondulée, mais je ne déteste pas les ardoises.

 

3. Hamac ou banc de bois ?

Banc de bois car je crois que mon dos ne supporterais pas longtemps le hamac, que je préfèrerais cependant dans l’absolu.

 

4. Botero ou Giacometti ?

Giacometti sans problème d’autant que je ne connais pas le premier.

 

5. Santiags ou tongs ?

Ni les unes ni les autres, franchement.

 

6. Du soir ou du matin ?

Mes matins sont hélas un peu forcés, je n’arrive pas à tenir au lit, même si je suis fatigué. Mais les soirées estivales…

 

7. Nage ou sieste ?

Les deux.

 

8. Tropiques ou cercle polaire ?

Je ne connais les deux que par procuration, mais ce que nous a notamment montré Karagar lors de ses voyages me fait préférer les premiers.

 

9. À moitié vide ou à moitié plein ?

A moitié plein, comme doit l’être un grand verre de dégustation de Bourgogne.

 

10. Avion ou train ?

Train par habitude, mais l’avion me ferait rêver de destinations lointaines.

 

11. Bain ou douche ?

Douche pour la rapidité et l’économie, exceptionnellement douche pour le confort parfois utile.

 

12. Clarinette ou violoncelle ?

Violoncelle, la clarinette seule ne me plaît pas beaucoup.

 

13. Pot-au-feu ou jambon-beurre ?

Pot-au-feu assurément, le jambon-beurre est trop vite avalé et fait penser au boulot sauf celui de luxe (sans beurre) de Fromfrom quand nous partons en vacances.

 

14. Roses ou tulipes ?

Roses même si j’aime bien aussi les tulipes.

 

15. Tout de suite ou après-demain ?

Tout de suite, je n’aime pas trop en général différer des discussions ou rendez-vous, même si j’y suis quand même très souvent obligé.

 

16. Zadig ou Voltaire ? (non, je blague)

Voltaire (l’homme, je ne connais que peu l’œuvre littéraire).

 

17. Chat ou chien ?

Chien.

 

18. Picon-bière ou crème de whisky ?

Picon-bière avec une bière moyenne, sinon bière toute seule. Je bois très peu de whisky et je ne me régale pas avec et avec une crème, c’est buvable, mais cela ne m’attire pas des masses.

 

19. C’est dommage ou c’est comme ça ?

Ça dépend.

 

20. Laine ou cuir ?

Les deux, mais la laine me semble plus universelle.

 

21. Œil ou nez ?

Œil car tout est là.

 

22. Yourcenar ou Nothomb ?

Je n’ai rien lu d’elles à part quelques courts extraits, mais je choisis Yourcenar pour sa proximité locale et les jacinthes de son enfance.

 

23. Je t’aime ou m’aimes-tu ?

Je t’aime.

 

24. Poches ou sac ?

Poche(s) car je crois, peut-être à tort que je ne cesserais d’oublier mon sac (et je suis allergique aux sacs banane de ceinture parce que je trouve ça laid et que cela amplifierais ma bedaine qui n’en en pas besoin).

 

25. La bêche ou le tournevis ?

Dans l’absolu, tournevis car la bêche me casserait rapidement le dos. Quand je pense à mon père qui bêchait entièrement le jardin au moins une fois par an… Mais si c’est pour dire jardin ou bricolage, il me semble pouvoir dire jardin car le bricolage m’est un peu moins naturel.

16 mai 2009

Élève Cornus

Voici quelques temps, mes parents ont retrouvé mes bulletins scolaires trimestriels lorsque que j’étais au collège puis au lycée. Je les ai relus intégralement. Je me suis aperçu que j’avais oublié jusqu’à l’existence de certains enseignants. Encore aujourd’hui, j’ai encore de la peine à penser aux difficultés que j’ai pu avoir dans certaines classes. Des difficultés que j’avais fort mal vécues à l’époque. Parfois, il est drôle de voir à quel point les enseignants peuvent faire des erreurs de diagnostic et interprètent bien mal les résultats bruts. Ayant redoublé à deux reprises (4ème, 1ère), je sais aussi à quel point le caractère des enseignants, leur façon de transmettre ont eu une importance majeure sur mes résultats. Je suis à présent à peu près sûr que j’aurais toujours eu des résultats à peu près corrects si le « courant » (difficile à décrire) était mieux passé à certains moments.

Ci-dessous, je retranscris, sauf mentions contraires, le bulletin du deuxième trimestre de la classe de 4ème A (1983-84) que j’allais redoubler.

Disciplines

Note / 20

Observations

Français

Orth. gr. 6,2

Lect. exp. 9

C.F. 6,7

Résultats médiocres dus à des connaissances de base insuffisantes. Fait des efforts qu’il faut poursuivre.

Mathématiques

9

De la bonne volonté mais a beaucoup de peine pour surmonter ses lacunes.

Anglais

8,1

Insuffisant. Très lent. Très passif.

Histoire - Géographie

10,8

Bon effort à poursuivre mais les résultats manquent de régularité.

Sciences naturelles

15,5

Bon trimestre

Sciences physiques

13,5

Des progrès. Satisfaisant.

Dessin

8,3

En baisse. C’est insuffisant.

Education manuelle et technique

17,5 (1er trim.)

11 (2ème trim.)

1er trim. : Très bien

2ème trim. : Précision gestuelle demandant beaucoup de progrès

Education physique

Des possibilités limitées. De plus, Cornus ne semble pas très décidé à combler ses lacunes.

Allemand

5 (1er trim.)

16 (2ème trim.)

1er trim. : Travail insuffisant pour un début de langue II

2ème trim. (changement d’enseignant) : Bons résultats à l’écrit comme à l’oral, mais élève très lent.

Latin

12

Progrès sensible. C’est bien.

Appréciation du Conseil de classe

1er trim. : De la bonne volonté mais des difficultés subsistent.

2ème trim. : Quelques progrès. Ne vous découragez pas.

3ème trim. : Ensemble bien faible justifiant un redoublement.

25 août 2010

Belle-sœur et beaux frères

Cette note n’est pas forcément facile à écrire car ce que j’y raconte n’est que ma vision, forcément très partielle et parce qu’elle touche de plein fouet S. et parce que la situation décrite est toujours d’actualité et embarrassante à plus d’un titre.

 

Avant que je ne débarque dans la vie de S., n’ayant ni frère ni sœur, je ne connaissais pas certaines « joies familiales » et je dois dire que cela ne m’a pas manqué, vu ce que j’ai pu constater.

Ainsi donc, j’ai une belle-sœur, V., sœur de S. et trois beaux-frères : T. et E., frères de S., ainsi qu’A., « ex » mari de V.

Commençons par V. et A. Je ne vais pas retracer l’historique de leur vie commune, déjà longue, car je suis fort mal placé pour le faire, même si cela pourrait largement expliquer la situation actuelle. Je les ai rencontré pour la première fois, ainsi que leurs trois filles un certain 31 décembre 2005. Rien à redire à cette époque là. La seconde rencontre fut aussi assez plaisante même si je me suis aperçu qu’A. voulait avoir des infos sur les arbustes de son jardin, au demeurant très peu nombreux, rachitiques et dont l’intérêt se limitait à un quelconque troène. Disons que c’était pour lui une manière, certes un peu maladroite, de rentrer dans mon univers. Mais au fil des mois, j’en ai appris plus long sur leur parcours à tous les deux et j’ai pu ensuite constater de moi-même les problèmes familiaux et domestiques, avec un curieux sens des priorités qui s’est répercuté et se répercute encore potentiellement ou réellement sur la santé ou l’avenir de leurs filles. Les deux plus âgées devraient s’en sortir, mais la plus jeune n’est pas à l’abri, d’autant que les deux se sont séparés et n’ont, semble-t-il, pas les moyens de divorcer. Nous ne voyons plus A., ce qui ne constitue certes pas un gros manque et V. pourrait vivre dans de meilleures conditions. La gamine, elle, est trop souvent « livrée » à son père ou à la mère de son père, ce qui risquerait à terme, d’être assez catastrophique (et ce ne sont pas des paroles en l’air, c’est un vrai risque).

 

T., frère aîné de S. et E., le plus jeune de la fratrie (39 ans quand même) sont célibataires et vivent chez Maman. Enfin, quand je dis qu’ils vivent chez leur mère, c’est inexact, c’est leur mère qui vit chez eux. Cela vient du fait qu’en gros, ils ont racheté la maison familiale pour éponger les dettes de l’entreprise parentale (père aujourd’hui décédé). T. et E. vivent donc là-bas comme à l’hôtel. Maman les nourrit et les blanchit avec un service de haute qualité. Même quand ils se lèvent le matin et qu’il fait grand jour, ils n’ont même pas le courage d’ouvrir les volets et préfèrent allumer la lumière. Le café est toujours fait d’avance, le couvert est mis matin midi et soir. Parfois, d’un effort surhumain, on daigne retirer son assiette de la table. La moitié du temps, on ne dit ni merde ni mâche quand on s’en va. La moitié du temps, on ne dit pas qu’on ne vient pas manger ou on se scandalise parce qu’on n’a pas attendu leur retour… Je pourrais multiplier les exemples à l’infini sur ce qu’ils devraient faire dans LEUR maison mais ils n’ont même pas conscience d’un quelconque manquement. Mais Maman, certes coincée par la situation, voire prise partiellement en otage, est trop gentille et est littéralement leur bonne. Ils ont juste dû se débrouiller quand leur mère était à l’hôpital. C’est à peu près à cette période qu’ils ont appris où se trouvaient le magasin ou le supermarché ou encore qu’ils ont appris l’existence de ces fabuleux instruments que sont l’éponge et le balai. Mais ils n’ont pas dû trouver le robinet d’eau de la cuisine, complètement mort, et dont leur mère les supplie de le changer depuis des années. J’arrête là le tableau, mais on pourra peut-être comprendre une partie du malaise dont je suis la proie quand nous allons loger là-bas pendant nos vacances. Chez ma belle-mère, mais pas vraiment. Invité, mais pas vraiment par les propriétaires. Ayant un très bon accueil chaleureux et extraordinaire de ma belle-mère, mais avec ces deux « coucous » de fils qui pourraient être suspicieux à mon encontre ou à l’encontre de S. D’ailleurs, un incident, une prise de bec de courte durée survenue samedi soir entre S. et son plus jeune frère, alors que j’étais dans le jardin, m’invite à penser que nous ne sommes absolument et définitivement pas les bienvenus. Je ne suis qu’une pièce rapportée, mais cet incident, même peu spectaculaire, m’a mis très mal à l’aise et je l’ai dit à ma belle-mère et j’ai envisagé de quitter les lieux sur le champ. Et je déplore que dans cette famille, on ne se dise pas ses quatre vérités en face et qu’on joue encore régulièrement de l’hypocrisie, qui ne résout rien mais amplifie encore le malaise. Pour ma part, je veux être réaliste, ce n’est pas moi qui vais résoudre les problèmes. Néanmoins, il faut être logique et je songe sérieusement à ne plus remettre les pieds dans LEUR maison… Toutefois, j’ai aussi conscience que les deux frères ne sont pas totalement responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent car ils en sont aussi les victimes. Victimes de certains manques dans la « progression » d’un homme de notre temps, victimes de leur père, sans doute aussi un peu de leur mère (c’est difficile à dire ou à croire, mais je le pense), déphasés, n’ayant pas coupé eux-mêmes le cordon ombilical qui les enferme et qui explique sans doute des manques et le fait qu’ils n’aient pas trouvé l’âme sœur ou un autre déclic émancipateur ou libérateur. Et je dis cela en connaissance de cause, car moi aussi, j’ai eu du mal à couper un certain cordon ombilical, alors qu’il n’était que virtuel et que c’est surtout moi que me l’imposais.

10 janvier 2010

Deux critiques ciné pour le prix d'une

Il y a quelques semaines, nous étions allés voir le film « 2012 ». Ce film n’avait d’intérêt que pour ses effets spéciaux et une surprise qui arrive au ¾ du film. Sinon, c’était très grossièrement manichéen, simpliste, outrancièrement « américain » dans son côté le plus ridicule. Par ailleurs, les aspects scientifiques qui sous-tendent ce film sont vraiment nullissimes, alors qu’il n’aurait pas été bien difficile de faire beaucoup mieux. Et puis les idées que sembleraient faire passer ce film restent bien maigres.

Cet après-midi, nous sommes allés voir « Avatars » en version 3D, et je dois dire que j’ai vraiment beaucoup aimé. Bien sûr, il y a quelques clichés et quelques côtés manichéens, mais cela reste très raisonnable et cela passe bien ainsi. C’est une sorte de conte humaniste et écologique qui condamne sans le dire toujours ouvertement le racisme et l’intolérance, l’extermination des Indiens d’Amérique, l’exploitation des ressources à outrance, la destruction de la biodiversité, le capitalisme triomphant, etc. Les effets spéciaux sont très réussis et l’histoire d’amour qui naît est vraiment bien vue. On veut vraiment croire à ce qui se passe sous nos yeux et moi j’y ai cru. D’ailleurs, ce film m’a fait du bien, il va sûrement m’aider à mieux défendre mes idées. Ce film est une grosse machine, a sûrement plein de défauts, et même s’il n’en a pas besoin, je le recommande.

6 septembre 2009

Taxe carbone

Instaurer une ou des fiscalités ou des redevances environnementales en France (ou ailleurs), je ne suis pas contre. En revanche, la « taxe carbone », de la façon dont j’ai compris qu’elle serait mise en œuvre, je suis globalement contre. Pourquoi ?

Cette « taxe carbone » est censée inciter les consommateurs et les industriels, notamment, à moins rejeter du dioxyde de carbone (CO2) en consommant de l’énergie, notamment sous la forme de combustibles fossiles. Le CO2 étant en partie responsable de l’augmentation de l’effet de serre, engendrant des changements et surtout un réchauffement climatiques globaux. Signalons néanmoins au passage que le CO2 n’est pas le seul responsable de l’augmentation de l’effet de serre, il y a aussi notamment le méthane (CH4). En effet, ce dernier partiellement d’origine anthropique, est libéré notamment dans le cadre de l’extraction des hydrocarbures ou de leur mauvaise combustion, par fermentation de la biomasse, en particulier les décharges d’ordures ménagères et surtout par l’élevage bovin. A noter également que sous l’effet du réchauffement, certains sols (permafrost) dégazent du CH4 par décongélation partielle. A part quelques sceptiques pas très nets, l’ensemble de la communauté scientifique est à peu de choses près d’accord sur le changement climatique et sur quelques moyens de tenter d’y remédier.

A lors oui, il faut consommer moins d’énergies fossiles et partout sur la planète et je suis d’accord pour que l’on commence, entre autres, par la France. Mais cette « taxe carbone » n’est pas une bonne solution. En effet, cette taxe carbone, étant donné qu’elle touchera tout le monde quelque soit ses revenus, va précariser un peu plus les personnes fragiles. Et dans le même temps, aucune piste précise n’a été indiquée par le gouvernement pour donner la voie. Je suis plutôt contre l’affectation des recettes fiscales à telle ou telle œuvre comme c’est le cas pour la redevance audiovisuelle ou les redevances payées sur ses factures d’eau. A ce titre, pour rappel, on constatera que le consommateur d’eau lambda, pour ses usages domestiques paye beaucoup plus proportionnellement que l’industriel (il paye néanmoins et je ne voudrais pas négliger les efforts très importants qui ont été faits depuis 30 ans, mais il existe encore de nombreux manquements à la réglementations, insuffisamment dénoncés et il existe encore de belles marges de progrès) et surtout que l’agriculteur qui ne paye pour ainsi dire rien, alors qu’il est de loin le plus gros consommateur d’eau (sans restitution) et le premier pourvoyeur de pollution diffuse qui empoisonne rivières, plans d’eau et océans par l’intermédiaire du phosphore soluble (orthophosphates, PO43-) en eaux douces principalement, de l’ammoniaque (ammonium, NH4+) et des nitrates (NO3-), ces derniers principalement en milieu marin, et partout avec la profusion d’une multitude de pesticides, lesquels se retrouvent partout. Si ces derniers sont généralement tous inférieurs aux normes de potabilité de l’eau, on ne sait rien de leurs effets cumulés ou combinés. De là à y voir l’origine de certains cancers… J’enfonce des portes ouvertes ? Peut-être, mais il me semble que je fais un simple constat que tout le monde connaît et pourtant, depuis des années que l’on sait, on continue d’aller droit dans le mur. Et pourtant, je vous le dis, j’essaye de contribuer chaque fois que je le peux à cette prise de conscience. Inutile de vous dire comment mes propos sont accueillis dans les réunions. Pas tellement par les agriculteurs pris isolément qui sont parfois très bien conscients des problèmes (et qui n’en sont pas les seuls acteurs, mais souvent les simples instruments), mais par les chambres d’agriculture qui ne sont que des antichambres du syndicat agricole dominant qui décide de tout et manipule l’ensemble des agriculteurs. D’ailleurs, ces derniers n’ont guère le choix : soit ils obéissent au syndicat dominant, soit la chambre d’agriculture ne les aide pas ou ne leur donne pas les moyens d’aller de l’avant.

Pourquoi parler de tout cela ? Parce que j’ai plus que l’impression qu’on se moque du monde. On a voulu supprimer la taxe professionnelle que certains disaient injuste. Personnellement, je n’ai pas d’opinion. En tout état de cause, cette taxe était supportée par les entreprises. A présent la « taxe carbone » va être principalement supportée par les particuliers, parce que bien entendu, les industriels les plus énergivores s’en tireront bien ou bien ils délocaliseront. Bien sûr, les plus riches seront toujours avantagés par le scandaleux bouclier fiscal et par la TVA qui frappe indistinctement RMIste et milliardaire. Et au fait, qu’est-il prévu pour le transport aérien, celui qui rejette le plus de CO2, celui dont le carburant, le kérosène, est le seul presque entièrement détaxé ? Eh bien rien, bien sûr. Il ne faudrait pas compromettre la croissance et limiter les échanges. Et quid du transport routier déjà suravantagé par rapport à tous les autres ? Je n’ai rien entendu.

Vendredi soir au journal de 20h00 de France 2, on avait invité Yann Arthus-Bertrand pour évoquer la « taxe carbone ». Cet homme est loin d’être inintéressant, mais qu’a-t-il à vouloir défendre cette « taxe carbone » alors qu’il ne méconnaît pas sa portée nulle, se contredisant lui-même. Elle « ne coûtera que 3 centimes par litre de carburant », sous-entendu qu’elle sera indolore. Oui, peut-être pour l’instant, et encore, cela dépend pour qui.

Trouver un principe de taxation pour les activités polluantes ou rejetant du CO2, je suis d’accord pour la payer à condition que cela soit juste. Commençons pour cela de rétablir un impôt progressif pour tous, pour tous les revenus, du RMIste qui pourrait payer une somme modique (5-10 € ?) jusqu’aux plus riches qui seraient taxés ne serait-ce comme ils l’étaient dans les années 1980, en assortissant le tout d’une vraie lutte contre la fraude fiscale. En ce moment, on ne fait que gesticuler pour épater la galerie ; il faut bien préserver ses amis et soi-même. La TVA, elle, devrait être réduite. Ensuite, certaines redevances environnementales pourraient être mise en œuvre sur les activités polluantes, l’argent récolté servant à subventionner des moyens de production plus propres ou à innover dans des technologies offrant des produits moins polluants. J’énonce encore des évidences. Pourquoi ne fait-on pas ce que je dis là ? Je n’ignore pas totalement la réponse.

Voilà, ce n’est pas souvent, mais il s’agissait d’une nouvelle réaction de ma part face à l’actualité. C’est sans doute un peu brouillon, mais chacun fera le ménage et comprendra, je l’espère, là où je veux en venir.

13 juin 2008

GM et UP

Je poursuis l’évocation des personnes qui ont compté dans mon parcours universitaire et professionnel.

Comme je l’ai évoqué ici, j’avais été piégé par YBB. J’étais allé à un entretien où la personne recherchait un jeune auquel il pourrait confier une première étude de synthèse sur la flore et la végétation de la Loire. Cette personne était, c’était GM. Il avait besoin de quelqu’un qui avait de bonnes aptitudes en botanique. Je fus donc choisi. C’est alors que débuta une longue suite de collaborations. GM était en poste à Orléans depuis peu. Il venait du sud-est de la France et avait beaucoup travaillé en région Rhône-Alpes. Plus jeune, il avait travaillé sur le Rhône avec le professeur UP. Ce dernier était toujours en poste à Grenoble et c’est grâce à lui que je pus réaliser, quelques mois plus tard, mon DEA. Bien que semblant sympathique, le professeur UP était quelqu’un qui me parut au premier abord, difficile à appréhender sur le plan scientifique. Néanmoins, après qu’il m’eut « livré » quelques références bibliographiques, je m’aperçus de l’avance scientifique considérable dont le Rhône et ses affluents avaient fait l’objet par rapport à la Loire. En gros si je puis dire, en 1996, la Loire n’avait pas atteint le niveau de connaissances et d’expertise que le Rhône avait en 1970 ! Il faut dire que le fleuve alpin avait bénéficié de puissants programmes de recherches pluridisciplinaires, notamment dans le cadre de son aménagement hydroélectrique. Autrement dit, il jouissait de ce qui le détruisait. Alors que la Loire restait peu aménagée et tout le monde semblait s’en détourner. Heureusement, un plan gouvernemental allait sortir le fleuve royal de sa torpeur, inaugurant son retour en grâce auprès du grand public. Cela se traduisit notamment par le trop fameux et mal compris « dern*ier fleu*ve sau*vage d’Europe » et par la renaissance des bateaux traditionnels…

Toujours est-il que GM et UP me firent confiance. Les cours du DEA avaient lieu à Marseille car la formation était commune à quatre universités. Je me souviens de mes « chers collègues » pour la plupart fraîchement issus de maîtrises très académiques. De mon côté, j’avais deux ans d’interruption dans les pattes dont un an de service militaire. Je ne voyais pas les choses de la même manière que les autres. Je fus surpris par l’esprit de compétition des autres. En définitive, ces « excités » du bachotage n’eurent pas des résultats extraordinaires. En ce qui me concerne, grâce à GM, je fis mon stage sur la Loire. En démarrant ce stage, UP me remit un document (une sorte de synthèse de 25 ans de travaux sur le Rhône) devant lequel je fus stupéfait d’admiration. Ce document allait pour ainsi dire devenir un livre de chevet, un guide, un inspirateur, une boîte à idées… Mon DEA fut soutenu dans de bonnes conditions et je n’eus que des retours positifs. Mais j’étais frustré, et il fallait que je mette un projet plus ambitieux en action : une thèse. GM et UP allaient m’y aider. Dans l’idéal, UP aurait été le directeur ou co-directeur de thèse parfait, mais celui-ci allait prendre sa retraite un an plus tard, ce qui faisait trop court. Pourtant ma thèse, même si elle ne ressemble à aucune autre, allait être fortement influencée par les travaux d’UP.

Entre temps, GM était progressivement devenu un ami. Il n’était pas seulement un ami, il m’avait mis le pied à l’étrier, m’avait guidé vers la maturation professionnelle. Je crois bien que malgré lui, il m’a appris la plupart des ficelles professionnelles, tous ces petits riens qui font que l’on devient crédible.

Bref, c’est grâce à l’action conjuguée d’YBB et de GM que je me suis fait un nom dans le microcosme dans lequel j’évoluais. On essaiera de me le faire payer plus tard, avec une rare petitesse.

11 novembre 2007

3 Novembre : 2/5 - la semaine avant le jour J

Cette journée avait été imaginée depuis très longtemps. Bien qu’athée, j’avais conçu très tôt la possibilité d’un mariage à l’Église. En effet, dès que nous avons évoqué avec S. l’idée de mariage (avant même de parler du nôtre dans sa réalité, c’est-à-dire bien avant que nous engagions la procédure du mariage civil), j’avais dit que je n’avais rien contre le fait de passer devant le curé dès lors que ce dernier serait informé de mon « état » et qu’il s’y conformerait. Malgré l’évolution de l’Église, les curés ne sont pas tous disposés à être aussi coopératifs ou à nous laisser en paix vis-à-vis des préceptes religieux. Plus jeune, j’étais rentré en conflit avec ce que représentait l’Église, avec son lourd passif, avec tout ce qui fait que les églises sont désertées ou que l’on s’en fait virer, avec ce conformisme, cette « bien-pensance », cet esprit atrophié et parfois cette complicité avec certains obscurantismes… Et puis, j’ai évolué, je me suis adouci. J’ai fait la connaissance de gens proches de la religion. D’abord un ingénieur ayant failli se faire moine à la gentillesse incroyable, même s’il ne partageait pas les mêmes opinions que moi ; j’ai partagé avec lui de bons moments d’amitiés (je regrette de l’avoir perdu de vue). Ensuite, il y a eu un chanoine connu dont j’ai déjà brièvement évoqué le nom. Il m’a dit que dans sa famille, il n’avait guère eu le choix de rentrer en religion (il avait été désigné par l’évêque). Il m’a aussi avoué que s’il n’avait pas été curé, il aurait sans doute été anticlérical dans le sens où il n’a jamais eu beaucoup de sympathie vis-à-vis de la hiérarchie religieuse. Il est également très critique vis-à-vis de certains de ses congénères beaucoup trop orthodoxes à ses yeux. J’ai enfin fait la connaissance d’un curé de moi homonyme et partageant une de mes passions. Si S. n’avait pas pu avoir recours à ses connaissances, ce dernier s’était proposé en dernier recours pour venir nous marier en Bretagne.

Le mariage civil était pour moi le plus important puisque c’est le seul qui avait à mes yeux une valeur d’engagement et surtout parce que c’était le premier (je reviendrai plus tard sur ce point). Les deux mariages avaient été disjoints dès le départ pour des raisons d’organisation et de temps de préparation. Le mariage civil se fit en comité restreint (témoins, parents, et quelques amis et collègues de travail au vin d’honneur). Cela fut quand même un peu frustrant. Le mariage du 3 novembre devait se faire avec l’ensemble de nos familles et amis. Toutefois, en raison de l’éloignement, de la saison, ils furent moins nombreux que nous l’avions primitivement imaginé. D’une certaine manière aussi, pourquoi s’en cacher, nous avons pu constater, dans certains cas, que quelques amis ou membres de la famille n’étaient pas si proches de nous. Ce fut d’abord une déception, puis nous nous fîmes une raison. En tout état de cause, les meilleurs étaient là et ceux qui n’ont pu venir mais qui auraient bien voulu, étaient pourtant, d’une certaine façon, bien présents.

La semaine précédent ce samedi 3 novembre fut assez chargée. Elle commença une semaine plus tôt par notre migration en Bretagne. Le même jour, nous dûmes accueillir mes parents, oncles et tantes qui devaient loger dans un gîte à B. La loueuse nous fit rire et un peu perdre notre temps. Elle se perdait toute seule dans ses papiers alors que nous pensions que depuis le temps elle était aguerrie dans ce genre d’exercice. Parallèlement, contrat oblige, elle entreprit de faire un descriptif touristique de tout ce qu’il y avait à voir dans le coin. Malgré nos protestations (S. et moi), elle voulut aller jusqu’au bout de sa « démonstration » fort peu convaincante. Elle sut quand même « vendre » la Pointe du Raz et la presqu’île de Crozon, mais en ignorant magnifiquement plein de choses majeures : peut-être ne connaît-elle pas Quimper ?

Le dimanche, nous courûmes voir nos amis écrivains au salon du livre de C. (c’était la seconde fois en deux ans). Nous assistâmes avec émotion à la remise du prix à Monsieur K. Pour une fois, je pouvais faire mon malin, chanceux que j’étais de l’avoir lu en avant première. Je fus malgré tout presque surpris par le traitement journalistique « ésotérique » qui en fut fait. De retour du centre Bretagne, nous repassâmes par B. pour y voir la sœur de S. son mari et leurs filles. Il y a un an, j’ai pris soudainement conscience que j’avais pas moins de trois nièces. Ça fait bizarre pour un fils unique, et trois d’un coup en plus ! Et puis me voilà « tonton » pour la plus jeune… Cet après-midi, il fallut toutefois se battre contre la bêtise du beau-frère (je suis un peu méchant, mais personne d’autre que lui ne mérite autant ce nom là) qui voulait se livrer, le jour du mariage, à ce genre de jeux ridicules du style de la jarretière ou de ceux qui mettent mal à l’aise certains protagonistes. Sa femme sut aussi l’en dissuader. Heureusement, parce qu’il passa à deux doigts de la correctionnelle avant mon éclatement.

Le lundi fut, entre autres, consacré à une visite au restaurant. La patronne est sympathique mais très gentiment bavarde. En tout, téléphone et visites comprises, nous avons bien passé 6-7 heures en sa compagnie. A la suite, visite impromptue au château de Madame K. à D., avec la sublime vue sur la mer.

Le mardi, ce fut le moment d’aller voir le curé qui allait nous marier. Une dernière visite préparatoire de moins d’une heure pour préparer la cérémonie, le reste ayant été validé préalablement par voie électronique. Puis, nous servîmes de guide à mes parents, oncles, tantes et cousins pour visiter Quimper (pas de méchant sacristain dans la cathédrale) et la Pointe du Raz (6 méchants euros à acquitter).

Le mercredi matin fut consacré à des achats des meilleurs produits locaux à P.-A. et l’après-midi à l’arrosage anticipé d’un anniversaire.

Le jeudi, ce fut l’accueil d’autres cousins à B., la visite de Q’., du B. et de ses huîtres très spécialement délicieuses, des chaumières de K. et de la Pointe de T.

Le vendredi, après un peu de repos jusque vers le milieu de l’après-midi, ce fut une nouvelle visite au restaurant pour la mise en place un peu laborieuse et le soir venu, l’accueil des amis éduens. La nuit venue, ce fut enfin l’arrivée d’amis dont la dame devait un peu servir de « camériste » de Madame S. Blague à part, ils furent géniaux !

La dernière nuit, comme les trois précédentes furent marquées par une insomnie sur le coup de 3 heures du matin. Comment paraître frais dans ces circonstances ?

Le matin, il fallut se soucier de la sono. Le plus jeune frère de S. devait bien s’en occuper, mais il dut faire face à plusieurs difficultés imprévues, ce qui l’empêcha de participer à la cérémonie. Il fallut accueillir la « camériste » et le chauffeur qui alla préparer la voiture, dans un rare souci du détail. Je dus m’occuper des fleurs. De retour à l’église de B. pour les déposer, je fus accueilli par le curé (pas celui qui devait nous marier, mais celui de la paroisse), complètement dépassé par les événements et qui avait surtout perdu un papier officiel. Grosse colère rentrée car nous nous doutions qu’il l’aurait perdu. Il m’avait soi-disant laissé un message sur mon portable pour me le dire (en fait ce n’est qu’en rentrant à H. que nous avons découvert son message sur le téléphone fixe) et pour nous demander de régler des choses que les bénévoles de l’église avait déjà faites depuis longtemps. De retour auprès de S., alors en pleine préparation, finition de mon rasage (eh oui, ça pousse vite !) et habillage. A ce moment là, on m’apprend qu’il n’y aura pas de préposé aux CD à l’église. Heureusement, je l’avais presque prévu : mon cousin O., chauffeur-photographe fera l’affaire. Une demie-heure avant le début de la cérémonie, je suis sur place, j’accueille bien maladroitement la flutiste-amimatrice et le harpiste et d’autres amis. Les curés arrivent. Je fais la connaissance de plein de personnes que je vois pour la première fois. L’arrivée de S. étant imminente, je presse les gens à entrer dans l’église alors que je charge ma tante M. de distribuer le « programme ».

16 avril 2006

RÊVE CATHÉDRAL

Hier après-midi, je suis allé faire une sieste, tant j’avais de la fatigue accumulée à rattraper. Et j’ai rêvé, j’ai fait des amalgames. J’ai même cru un instant que ce rêve représentait une réalité de mon enfance. Alors, je me livre ici à une analyse pour mettre en perspective ce qui est vrai. Assez curieusement, ce rêve avait pour centre la cathédrale Saint-Lazare d’Autun, dont j’ai déjà parlé ici. Le problème est que dans mon enfance, j’ai été largement trompé : une flèche gothique et une voûte en berceau brisé, associées à un certain élan vertical m’avaient invité à conclure glorieusement qu’il s’agissait là d’une cathédrale gothique. Oui, c’est bien cette image là que cette cathédrale véhicule. C’est bien par sa flèche qu’on la repère de loin, qu’on la reconnaît, qu’elle emporte de l’émotion. Mieux, sans elle, l’Autun d’aujourd’hui serait décapité. D’ailleurs, la greffe gothique sur le roman clunisien a très bien pris. Le cardinal Rolin n’était pas forcément une personne particulièrement sympathique, mais il a quand même eu bon goût.

Dans mon rêve, je me revois donc place du Terreau, au pied de la cathédrale, débarquant de la voiture de mes parents. Et là, une bizarrerie me pose un problème : en bas des escaliers, un christ en majesté m’écrase du haut de son tympan. Et là, le caractère roman se met à jurer avec la flèche. Je n’y comprends plus rien. Est-ce bien au pied de la cathédrale que mes parents m’ont débarqué ou dans une nature désincarnée ? Où suis-je ? En ville ? A la campagne ? Je suis ému, mais écrasé par la cathédrale. Où se trouve cette cathédrale ? Va-t-elle m’ensevelir ? Non, elle n’a pas ce genre de pensées funestes. Je n’ai pas peur. Au contraire, je me sens investi d’une rare force. Je ressens un grand plaisir, une sorte d’immense plénitude. Je me réveille alors, sans avoir pu résoudre cette contradiction qui me semble majeure et inconciliable entre le tympan et la flèche de la cathédrale. Pourquoi un tel sentiment ? Je ne sais pas trop. Je me trompe sûrement, mais j’attribuerais bien la « contradiction inconciliable » à la frustration (pourtant toute relative) que j’ai par rapport à mon inculture (sans doute elle aussi relative, du moins je l’espère) des arts romans et gothiques. Ensuite, si je poursuis l’interprétation psychanalytique bas de gamme (pléonasme ?) de mon rêve, à quoi peut-on attribuer ce plaisir, cette plénitude ? Eh bien moi, je l’attribue à la chance que j’ai. D’abord, l’amour et la bienveillance de ma famille, une très grande chance et quelque chose de fondamental dans ma vie. Ensuite, une autre bienveillance de nouveaux amis, qui eux, ne font pas semblant de s’y connaître en architecture médiévale. Enfin et surtout, l’amour d’une femme (S.) qui n’est pas pour rien dans la sérénité affichée. C’est grâce à elle que je suis en mesure de me décontracter : aimer sans me poser de question, aimer sans avoir à me justifier.

Et puis, peut-être est-ce là le nœud du problème, et pourtant je sais que c’est un sentiment vain : inconsciemment, je crains peut-être le verdict de S. quand elle aura découvert, pas seulement la cathédrale, mais certains de mes jardins secrets. Il ne faudrait pas que ma chère et tendre (au moins) S. s’imagine que je tente de façon inconvenante, à lui faire porter une quelconque responsabilité. Je l’aime, et je ne doute pas que nous saurons construire ensemble de nouvelles découvertes ou redécouvertes.

17 septembre 2007

Musiques

Je n’y connais pas grand chose en musique, je suis même d’une inculture incroyable qui étonne toujours. J’ai du mal à comprendre tous ceux que j’entends me dire qu’ils ne pourraient pas vivre sans musique. Il va donc sans dire que la musique « artificielle », c’est-à-dire celle réalisée à partir d’instruments anthropiques, je peux m’en passer. Je ne suis en revanche pas certain de pouvoir affirmer que je pourrais me passer de la voix humaine ou des chants et bruits de la nature.

Tout cela ne signifie pas que je n’aime pas certaines musiques instrumentales ou vocales, bien au contraire. Mais force est de constater que durant toute ma jeunesse, j’ai toujours été en décalage avec la grande majorité de mes contemporains, de mes camarades de classe, au point d'être moqué, montré du doigt, marginalisé…

Il m’arrive de chanter, mais je n’ai aucune facilité. Je crois (on me l’a dit) ne pas être trop mauvais, mais j’ai assez peu d’oreille et je le fais non sans difficultés. S., elle, est douée à la fois pour retenir l’air et les paroles de centaines de chansons, ce qui m’étonne fortement. Certes, elle ne connaît pas par cœur des milliers de chansons, mais elle reste incroyable. Et puis, elle sait chanter avec une justesse. J’aime à un point (je l’aime) !

Hier dimanche, c’était un jour spécial en notre bonne ville. Comme tous les ans, il y a des fanfares qui y passent dans les rues. Mais cette année, je me suis arrangé pour suivre plusieurs morceaux. Cette musique n’est certes pas un modèle d’interprétation, comporte des fausses notes (que je ne perçois pas nécessairement). C’est ridicule de le dire ici et maintenant, mais j’ose affirmer haut et fort que j’aime écouter les fanfares de près. On y voit des musiciens concentrés, certains qui forcent, d’autres qui semblent s’emmerder, des indifférents et enfin ceux qui s’amusent. J’aime la vibration de la grosse caisse, le rythme des tambours, les trompettes et le bourdon du tuba… Cette perception physique de la musique me fait un effet bizarre. Hier, à deux reprises (et ce n’était pas la première fois que cela m’arrivait), une émotion m’a saisie alors que je m’accrochais à l’épaule secourable de S. A deux reprises, j’ai caché des larmes derrière mes lunettes de soleil.

La musique enregistrée ou radiophonique m’a déjà tiré des larmes, mais cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé.

3 avril 2007

Électrochoc

Il y a tout juste deux ans, un mercredi matin, en arrivant le premier au travail (dans un bâtiment isolé), je faisais la découverte d’une collègue qui s’était suicidée par pendaison dans son bureau. J’avais vu son corps depuis le haut des escaliers à une distance de 5-6 m. Pris de panique et totalement incrédule après ce que je venais de voir, je me retrouvais d’un bond dans le bureau d’une collègue d’un autre bâtiment en train de lui dire (je ne sais comment ?) ce que je venais de voir et d’aller vérifier si je n’avais pas eu des hallucinations. Elle s’exécuta immédiatement. Il m’était totalement impossible de remettre le pied dans le bâtiment où j’avais découvert le drame. Suivirent le déclenchement de l’alerte, l’arrivée de pompiers et de la police. Entre temps, je m’étais réfugié dans le bureau d’autres collègues. Je n’avais jamais été autant abattu. Au bout de quelques dizaines de minutes, la police me fit demander. Constatant que je n’étais pas tout à fait en état, on me fit monter dans l’ambulance, on me donna un calmant ou je ne sais quoi d’autre et c’est là que l’inspecteur de police m’interrogea. A cet instant déjà, la police savait déjà ce qui s’était passé, que ma collègue s’était donnée la mort la veille au soir ou dans la nuit et qu’il n’y avait aucune espèce d’ambiguïté sur son suicide tant il y avait profusion de preuves : plus d’une dizaine de lettres qu’elle avait laissée sur son bureau dont une qui m’était adressée. Constatant que le risque d’évanouissement était écarté, je fus libéré. Mes collègues prirent soin de moi (je n’oublierai jamais comment certaines personnes peuvent révéler des qualités en certaines circonstances). Le reste de la matinée fut consacrée à une réunion d’information pour l’ensemble du personnel à laquelle je ne devais pas participer, vu mon état. Pour les principaux témoins, l’après-midi fut consacrée à une déposition au commissariat, puis, revenu sur le lieu de travail à une entrevue avec un psychologue qui se révélera plus tard assez peu utile. La suite de la soirée se déroula chez des collègues, parmi les plus proches de la victime. Une soirée passée à s’interroger, à ne pas comprendre ce geste, malgré des explications pas très cohérentes. La soirée terminée, n’osant pas avouer l’état intérieur dans lequel je me trouvais alors qu’on me proposait le gîte, je rentrai, seul chez moi. Juste un nouvel appel à mes parents qui ne s’imaginaient pas nécessairement l’état réel dans lequel je me trouvais. Et puis une nuit de cauchemar éveillé. Les images d’un corps quasi désarticulé tel un pantin, d’une corde, surtout d’une horrible corde. Des images obsédantes. Le psy nous avait dit qu’il fallait parler, ce que nous fîmes, toujours pour échafauder des hypothèses ou à la quête de vaines explications. Les jours qui suivirent, je ne pus travailler. Heureusement, le week-end qui suivit, je me rendis à un stage à Rennes avec des collègues, ce qui permit de me dépayser un peu. Les semaines qui suivirent ne furent pas extraordinaires, tant les souvenirs majoritairement mauvais remontaient régulièrement à la surface. Quand j’arrivais le premier au bureau le matin, j’ai eu longtemps l’appréhension de découvrir un nouveau pendu. Cependant, au fil des semaines, la douleur s’estompa. Elle ne revit le jour qu’un peu plus tard lorsque je dus aller sur le terrain à des endroits que j’avais parcouru avec ma collègue disparue. Les larmes me venaient régulièrement lorsque je me trouvais seul, comme si elle avait été encore avec moi. Et qu’on le veuille ou non, malgré toutes les dénégations, toutes les preuves que toute action pour la sauver auraient été infructueuses, on finit par culpabiliser à nouveau, on n’arrive pas à faire le deuil.

Et parallèlement, à la suite de son suicide on apprend qu’elle était atteinte d’une dépression masquée, qu’elle savait toujours donner le change, qu’elle avait préparé son suicide minutieusement de longue date, qu’elle n’avait probablement jamais ouvertement pleuré de sa vie. On sait déjà qu’elle vivait seule, qu’elle avait une vie extrêmement stricte, réglée comme du papier à musique, qu’elle a votre âge, qu’elle a probablement un problème d’identité sexuelle. On se rend compte que par certains côtés, on était bien proche d’elle. Qu’on est peut-être passé à côté de quelque chose qui aurait peut-être évité tout cela, si on avait été moins timide, si on avait osé révéler ses émotions, voire plus… On souffre de tout cela, c’est le grand remue ménage intérieur, on se remet en question, on s’interroge sur le sens de sa vie, on a le vertige. On sait que l’on n'a pas une âme suicidaire, mais on a peur du vide, de l’avenir, de finir vieux con.

Alors, un processus se met en place, avec pas mal de chaos tant il y avait de murs à faire tomber, de timidités à domestiquer, d’identités à révéler… Bien sûr, sur le chemin, il y eut des imbéciles, des profiteurs et de fieffés menteurs. Mais on finit par faire des connaissances désintéressées et bienveillantes. Le destin finit par vous sourire, et à la suite d’un ultime pied au derrière paradoxalement amical, on fait la connaissance de sa moitié, mais là, il s’agit d’une autre histoire…

10 mars 2007

Un an - vingt mois

Il y a à peine plus d’un an, S. m’annonçait à la table d’un restaurant au pied de la cathédrale de Laon, sa volonté de me rejoindre, de venir vivre avec moi. Non pas une annonce tranquille, mais un véritable cri du cœur. J’ignore encore si cette annonce avait été préméditée, mais je me souviens de la fébrilité avec laquelle S. l’avait proclamée. A l’évidence, cet événement restera bien imprimé dans mon cœur. D’autant que je ne méconnaissais pas à l’époque les sacrifices que cela allait lui imposer, même si elle dirait plus tard qu’il ne fallait pas voir cela sous cet angle. La suite confirmera qu’il s’agissait quand même d’une preuve supplémentaire d’amour.

Il y a à peine moins d’un an, S. m’annonçait par les moyens de communication modernes, sa volonté de se pacser avec moi. Je ne fus pas à proprement parlé surpris, puisque dès les premiers jours de notre rencontre virtuelle, nous avions évoqué la possibilité d’une union. Pour ma part, au stade où nous en étions, il était évident que la case du PACS était superflue, et que nous étions mûrs pour le mariage. C’est exactement ce langage que je lui tins. Elle fut, me semble-t-il, assez bouleversée. Elle me confiera peu après qu’elle m’avait proposé, dans un premier temps le PACS plutôt que le mariage, de peur que ce dernier ne m’engage trop vis-à-vis d’elle. Il s’agissait en fait encore de sa part d’une preuve supplémentaire d’amour.

Alors, pourquoi je vous raconte ça ? D’abord parce que nous sommes mariés depuis six mois et demi, que nous nous aimons et que tout va bien. Parce que cela fait moins de 20 mois que nous nous connaissons, c’est-à-dire moins de 20 mois (sur les quelques 440 de mon existence) que j’ai connu l’amour de l’Autre, le seul amour. Enfin, il faut que je vous dise : ce n’est qu’un commencement !

9 décembre 2006

Téléthon

On « célèbre » les vingt ans du « Téléthon » ; il s’agit donc maintenant d’une véritable « institution ». Il est bien évident :

  • qu’il faille faire des efforts très importants, et même toujours plus importants pour la recherche médicale, notamment en faveur des maladies typiquement génétiques, plus ou moins rares ;

  • qu’il faille aider les malades à un petit peu mieux vivre leur pathologie, accompagner les familles pour surmonter l’ensemble des contraintes qui pèsent sur elles.

Toutefois, je ne me résous pas à accepter que cela ne soit pas la collectivité (en l’occurrence l’État) qui assure les efforts de recherche. Or c’est ce point là qui fait l’objet de la plus grande part des dons à l’AFM (Association Française contre les Myopathies). L’AFM s’est dotée d’un conseil scientifique qui permet une certaine pertinence dans les pistes qui sont explorées dans les laboratoires qui font l’objet de financements. Toutefois, je ne trouve pas forcément équitable que l’argent récolté soit préférentiellement dirigé vers certaines maladies et pas d’autres, même si une partie des financements va vers des recherches génériques, autrement dit des maladies « modèles », ce qui devrait permettre de transposer les avancées scientifiques réalisées vers d’autres pathologies voisines.

Je suis bien sûr ému de voir des malades et leurs souffrances sur les écrans, mais ces principes systématisés de manque de pudeur, de voyeurisme, de non respect de l’intimité des personnes peuvent paraître choquante, même si c’est l’un des objectifs. On pourrait quasiment parler d’une opération non pas de séduction, mais pour ainsi dire de « prostitution », même si dernier mot est sans doute un peu excessif. Une « prostitution » malheureusement nécessaire dans le contexte actuel si on veut faire avancer les choses, nécessaire pour pallier les carences scandaleuses de l’État.

Par ailleurs, il n’est pas admissible que les médias ou certains responsables condamnent implicitement ceux qui auraient l’audace de ne pas donner à cette œuvre de charité.

Personnellement, je ne donne pas, comme je ne donne à aucune œuvre de charité. Je n’en tire aucune fierté bien entendu, mais j’ai parfois du mal à justifier mon point de vue, car il n’en faudrait pas beaucoup parfois pour être montré du doigt. Eh oui, je préfère la solidarité désintéressée, je préfère envisager de payer davantage d’impôts, même si de ce côté là aussi, il y a de sérieuses réformes à faire dans le fonctionnement de l’État et la fiscalité…

8 décembre 2006

2) Programme « environnement » du Ministre Cornus : politique des transports

Voici le deuxième volet du brouillon de mon programme à destination du Président Ar Valafenn.

Les transports sont responsables pour une part importante de la pollution atmosphérique. Toutefois, ils ne sont loin de représenter la seule source de pollution en milieu urbain ; il faut aussi rappeler la pollution liée aux chauffages domestiques et celle liée à l’industrie, entre autres.

Certaines mesures doivent être néanmoins prises de toute urgence :

  • développer des transports en commun de qualité dans des services publics de qualité, créer et densifier les réseaux existants ;

  • créer de nouvelles lignes de chemin de fer (dont TGV et/ou trains pendulaires), notamment entre Le Mans et la Bretagne, entre Tours et le sud-ouest et surtout développer des lignes transversales qui évitent Paris ;

  • d’une manière générale, faire en sorte que les transports en commun soient beaucoup moins onéreux que les transports en véhicules personnels ;

  • développer des transports urbains conviviaux, développer considérablement des plateformes efficaces pour les transferts voitures/train, voitures/transports urbains ;

  • mieux desservir les petites localités, ne pas chercher à rentabiliser certaines destinations ;

  • dans l’administration (s.l.), diviser par quatre le nombre de réunions à l’extérieur, encourager la vidéoconférence ; d’une manière générale, mieux organiser les déplacements professionnels

  • favoriser les déplacements à pied et à vélo (notamment en ville) moyennant des vrais aménagements spéciaux.

Pour les transports de marchandises :

  • créer des plateformes multimodales de transit entre les transports routiers, ferroviaires, maritime, fluvial, aérien ;

  • mettre enfin en place le ferroutage

  • développer des canaux de navigation respectueux des milieux naturels (s’inspirer d’expériences menées aux Pays-Bas notamment) ;

  • taxer le gazole au même tarif pour le transport routier que pour les véhicules personnels, puis au même tarif que l’essence sans plomb et utiliser le produit de cette taxation pour le développement de transports alternatifs ;

  • à terme, supprimer tous les péages autoroutiers (qui sont une atteinte grave à la liberté de circuler et une régression à caractère médiéval (péage et octroi)) ; d’ici là, renationaliser les sociétés d’autoroute et faire payer des redevances de péage à la hauteur des dégradations occasionnées, c’est-à-dire globalement, diviser par deux les redevances pour les véhicules légers et doubler ceux des poids lourds ; utiliser les redevances perçues, non pas pour rémunérer les actionnaires, mais pour développer les transports alternatifs ;

  • interdire tout transport par poids lourds qui atteignent ou dépassent 500 km ;

  • taxer le kérosène des avions au même tarif que les autres carburants (actuellement, un régime de détaxation quasi complète existe au niveau mondial).

Pour tous les types de transports :

  • instaurer immédiatement des normes très rigoureuses et volontaristes sur les rejets polluants et la consommation des moteurs à explosion et développer des carburants plus « propres » ;

  • renforcer de façon considérable la recherche appliquée pour réaliser des moteurs moins polluants et développer de nouvelles technologies (moteurs hybrides, piles à combustible, cellules photovoltaïques) ;

  • réserver les « biocarburants » (à base d’huile végétale, d’alcools) aux seuls usages agricoles dans la mesure où ces derniers n’ont pas fait l’objet d’un réel bilan environnemental (pollution d’origine agricole induite par exemple) et dans la mesure où la production s’avèrera toujours insuffisante par rapport aux besoins ;

  • limiter la puissance des moteurs des voitures familiales à 150 ch ; interdire les autres.

Voilà, j’ai sûrement oublié plein de choses, mais c’est une première ébauche.

5 décembre 2006

1) Programme « environnement » du Ministre Cornus : politique énergétique

Voici le premier brouillon de mon programme à destination du Président Ar Valafenn.

L’énergie nucléaire, dont on ne peut se passer à court, voire à moyen terme en attendant de développer des énergies alternatives dites « renouvelables » sera maintenue. En revanche, un vaste débat sera organisé dans le pays pour organiser une vraie et totale transparence sur la pollution qu’elle induit et sur l’ensemble des risques supposés ou réels.

Afin d’organiser l’autonomie énergétique de la France et de l’Europe, un grand service public sera constitué ou reconstitué afin que chaque citoyen puisse bénéficier des mêmes services, de la même qualité de service et du même prix, et ce sans contribuer à l’enrichissement d’actionnaires.

L’État devra investir massivement pour :

  • sécuriser les installations nucléaires actuelles ;

  • valoriser 100 % les biogaz des décharges et stations d’épuration ;

  • favoriser la recherche et le développement des énergies alternatives (éolien, solaire, hydraulique, etc.) et ce dans le strict respect des milieux naturels et du bon fonctionnement des écosystèmes ;

  • dans un terme de 10 ans, l’énergie nucléaire devra représenter moins de 50 % de l’électricité produite (80 % aujourd’hui) ;

  • renforcer la recherche sur les centrales à fusion nucléaire.

Par ailleurs, l’État developpera de façon considérable les économies d’énergie. A cette fin, les axes suivants seront privilégiés :

  • une grande campagne de sensibilisation pour réaliser des économies d’énergie (par exemple, utilisation d’ampoules électriques basse consommation, vie domestique, etc) ;

  • obliger les constructeurs d’appareils électriques à supprimer les veilles ou, à défaut dûment justifié, à utiliser des veilles peu gourmandes en énergie ;

  • établir rapidement des normes extrêmement sévères sur la consommation des appareils électriques ou thermiques, l’isolation des logements, y compris les HLM ;

  • interdire la plupart des enseignes lumineuses inutiles ou publicitaires ;

  • supprimer ou diviser par deux l’importance de l’éclairage public en ville ou à la campagne et prévoir systématiquement une période d’extinction totale entre minuit et 5 heures du matin ;

  • offrir des avantages fiscaux très significatifs aux produits et aux constructions qui seront les plus vertueux (qui feront beaucoup plus que respecter les normes déjà très sévères) en terme d’isolation ou de consommation énergétique (sachant que ceux qui ne respecteront pas les normes seront interdits) ;

  • l’État, ses établissements publics et les collectivités territoriales devront mettre aux normes leurs bâtiments et l’ensemble de leurs appareils dans un délai maximum de 10 ans (au-delà de ce délai, aucune dérogation ne sera accordée).

La politique environnementale liée aux transports sera développée ultérieurement.

25 novembre 2006

SANS ABRI

Il est des instants où l’on se sent mal. Ce n’est pas aujourd’hui ni hier que j’ai découvert la misère qui s’abat sur le pauvre monde. Je n’ai jamais vécu à Paris, mais j’y ai vu des SDF (j’ai horreur de ce mot surtout quand il désigne des personnes sans abri, sans domicile, même mobile…). Ce vendredi, c’était la troisième fois en l’espace de moins de deux ans que je me rendais à Tours pour y donner un cours et pour participer aux activités d’un « comité de thèse ». Et ce fut trois fois le même scénario. Voyage aller et retour dans la journée en train. Départ à 6 h 45, changement de gare à Lille. Pour rejoindre la gare TGV, on passe sur une place. La première fois, il faisait un froid de canard par un petit matin de février. La place est parfois encombrée de menus déchets (il y a un centre commercial tout près). Je vois donc un carton qui traîne à terre. La lumière est faible, il fait nuit. J’approche, je passe près du carton et là, stupeur, c’est un homme qui dort là, à même le sol, sur une grille genre bouche de métro. Depuis, j’ai revu ces malheureux. Ils (eux ou d’autres) doivent être là toutes les nuits. Naïveté de ma part, bêtise ? Non.

Le froid et vivre dehors sous les intempéries, c’est quelque chose de purement abominable. Un « temps à ne pas mettre un chien dehors » comme on dit chez nous. J’ai l’incroyable prétention de dire que j’ai testé, de façon douce et courte au bonheur de dormir dans le froid à la belle étoile. Et de fait, je ne sais pas comment on peut résister longtemps de la sorte.

Tout cela pour dire que de telles situations sont évidemment inadmissibles. Je ne me dope pas à l’EPO (Enfoncements de Portes Ouvertes), mais voilà des années et des années que l’on feint de s’étonner de telles situations de misère, que l’on feint d’y mettre fin. Et en définitive, aucun résultat. Nos politiques sont des gens d’une rare efficacité. Ils ont des complices : nous tous (ou presque) ! Dans le même temps, on plaint les sans abri, et on leur trouve toutes sortes de défauts : fainéants, bons à rien, profiteurs. Profiteurs ! Le terme n’est pas dit, il est souvent inconscient. Mais après tout, ILS l’ont bien mérité, c’est bien fait pour eux. Certains d’entre-nous vont aller se donner bonne conscience en allant avaler une plaque tournante à la messe dominicale. D’autres vont royalement faire un don à telle ou telle association ou vont se gargariser de bons sentiments. C’est-à-dire faire la charité. Une bien piteuse charité que nous confondons avec solidarité et entraide. Une charité qui ne résout rien ; juste un emplâtre sur une jambe de bois. Entendons-nous bien, je ne remets pas en question les personnes qui ont la foi, et qui apportent leur concours pour tenter de faire le bien. On doit leur rendre l’hommage qu’ils méritent.

Mais voilà, je me suis livré à quelques petits calculs que j’espère assez réalistes. Sauf erreur de ma part, il suffirait d’une dizaine de milliards d’euros par an pour régler le problème des sans abri et des plus mal logés. Dix milliards, pour un pays riche comme la France, c’est quoi ? Rien. Et que l’on ne me parle pas de l’équilibre du budget ou de je ne sais de quel « bon » argument. Non, on peut facilement éradiquer ces misères les plus criantes, mais on ne veut pas, assurément. Parfois, je ne sais plus dans quelle société inhumaine je vis.

21 octobre 2006

BONJOUR

Depuis un peu plus de deux mois que nous habitons dans notre nouvel appartement de la ville d'H. (il paraît que ce n'est pas une gloire pour les magistrats qui y sont nommés), je parcours souvent matin et soir une petite rue pour aller jusqu'au garage. Le matin, je croise souvent des lycéens et peut-être aussi des collégiens, car le lycée n'est pas loin et il y a un raccourci qui passe par là. Et comme il me plaît de dire bonjour presque de façon systématique, je constate qu'en définitive, rares sont ceux qui me répondent. Bon, ce n'est pas grave, ils sont jeunes... Je croise  aussi des moins jeunes et des plus ou moins vieux. Souvent, j'attends la dernière milliseconde avant de les saluer, car bien sûr, mis à part quelques spécimens, ils ne disent pas bonjour non plus. Pire, certains, ne répondent même pas. Ce n'est pas grave, mais un bonjour ou l'esquisse d'un sourire de temps en temps, ça ne fait pas de mal au moral !

Dans la maison où nous logeons, nous avons des voisins qui habitent au-dessus. Lui, je l'ai vu la première fois le jour où je suis venu prendre possession de l'appartement. La seule chose qu'il a évoquée avec moi, c'est la problématique du stationnement dans la rue. Du reste, c'est la seule fois où je lui ai parlé à part 2 autres "bonjour" depuis. J'ai quelques doutes sur le fait que la conversation aille beaucoup plus loin un jour. Enfin, ne désespérons pas. Lui et sa compagne (j'ignore s'ils sont mariés, ainsi que leur nom, puisque rien n'est indiqué au niveau de la sonnette ou de la boîte aux lettres) ont un gamin en jeune âge. Elle engueule régulièrement son fils. Non, elle hurle. Heureusement, pas la nuit. Elle et lui s'engueulent aussi souvent dans la journée. S., sans y prêter attention, a souvent entendu fuser des noms d'oiseaux : c'est dire à quel point c'est murmuré et à quel point ça vole haut !

Elle, S. et moi l'avons aperçu de loin plusieurs fois. Elle s'est toujours arrangée pour éviter de nous croiser et de nous dire bonjour. On a l'impression qu'on lui a volé sa soupe. Allant jusqu'à se calfreuter bizarrement dans sa voiture avec son gamin. Mais mardi soir, en rentrant du boulot, j'ai enfin réussi à la coincer dans l'entrée et lui proclamer un magnifique et tonitruant "Bonjour Madame". Elle, une gueule de six pieds de long, m'a répondu en sourdine (oui, elle n'est pas muette, mais ça on le savait déjà) un malingre "bonjour" comme si on avait essayé de l'égorger. Point final de la conversation et vraiment pas envie d'aller plus loin.

Nous avons des voisins "formidables" !

9 janvier 2025

JCL (1953-2025)

Samedi après-midi, nous avons appris environ deux heures après, le décès d’un ami de 71 ans (JCL) que j’ai connu depuis ma plus tendre enfance. Il était un voisin de la maison autunoise.

Peu après ma naissance, il habitait à la ferme dont mon arrière-grand-tante fut auparavant propriétaire. A la mort de mon arrière-grand-oncle en 1951, elle était encore exploitée par des fermiers. L’exploitation (terrains et bâtiments) fut ensuite mise en vente et achetée / occupée en 1956 par un couple de fermiers (les M) avec quatre enfants, arrivant de Côte-d’Or à quelques dizaines de kilomètres de là. La plus jeune des enfants (MM) avait 3 ans. Elle était la dernière (trois garçons plus âgés) à habiter chez ses parents au début des années 1970 et elle épousa avant ses 18 ans JCL, du même âge qu’elle. Au début des années 1970, le père M mourut et JCL habita chez ses beaux-parents. Puis, au début des années 1980, ce fut la mère M qui habita chez sa fille et son gendre, après la construction d’une nouvelle maison.

De fait nous habitons à mi-distance de la ferme et de la maison des années 1980. Nous sommes donc toujours restés voisins. Lui était mécanicien dans un garage de poids lourds depuis l’âge de 16 ans. Il fut bien plus tard le chef dudit garage. Il intervenait souvent en dépannage dans des conditions particulièrement difficiles, y compris de nuit. Ce n’était pas un géant (moins grand que moi) mais c’était une personne avec une force physique impressionnante. Ainsi, je l’ai vu porter sur son dos, seul la porte d’entrée de l’étang (comme une porte d’entrée de pâture apte au passage de tracteurs équipés soit environ 4 m par 1,20 m de haut) que mon père avait réalisée au début des années 1980. Une porte faite avec de gros bois (chevrons ou plus gros) en chêne local et qui existe toujours puisque je l’entretiens au mieux. Un autre fois, dans les années 1990, je l’ai vu taper avec une grosse masse de forgeron avec une force et une dextérité incroyables. Il pouvait être d’une force brute implacable et d’une étonnante méticulosité pour certaines tâches de précision en mécanique.

Bien sûr, les camions n’avaient guère de secrets pour lui, mais il « bricolait » sur tous les types de moteurs thermiques ; ainsi, il m’a encore permis de me sortir d’une impasse avec la tondeuse l’été dernier sans que cela ne me coûte un centime.

Il avait une grosse voix tonitruante et en même temps, il pouvait avoir une voix calme et douce. Il était capable d’être d’une grande mauvaise foi dans la rigolade et attentif à ce qu’on lui racontait. Bref, un être de paradoxes. Je pense qu’il n’aurait pas été bon que quelqu’un lui cherche des noises verbales ou physiques car la personne aurait eu de sérieux problèmes.

C’était assurément un bon vivant qui ne crachait pas sur l’alcool (le vin et surtout le whisky), mais au travail il était suffisamment sobre ou restait raisonnable pour ne pas avoir de problème. En revanche, en dehors du travail et de ses astreintes (dépannage potentiel), il buvait pas mal. Un curieux atavisme paternel. Son père, que j’ai connu, est décédé à l’âge de 50 ans autour de 1980, rongé par l’alcoolisme et le diabète génétique.

Depuis sa retraite en 2013, sans doute en partie par ennui (il voyait beaucoup moins de monde auparavant), il s’est mis à boire un peu tout le temps, et le diabète qui l'affectait depuis longtemps (comme toute sa famille par son père) et les affections cardiovasculaires n’ont pas traîné à se faire sentir de manière criante, l’affaiblissant de manière très importante et il fit de moins en moins d’efforts physiques. Puis il y a environ 6 ans, il fut question de lui mettre des stents artériels. Hélas, lors de la tentative d’opération, il y eut une importante hémorragie et on s’aperçut que ses vaisseaux sanguins étaient beaucoup trop fragiles pour résister au passage des outils depuis l’artère fémorale et au simple gonflement des vaisseaux. Il dut donc se résoudre à rester dans le même état.

Au fil du temps, il s’enferma de plus en plus, se coupant de plus en plus de sa famille. Depuis environ deux ans, nous avions appris qu’il était insupportable dans la sphère privée, menaçant, faisant des moulinets avec une arme (qui fut cachée par la suite). Nous aurions pu ne rien remarquer si ce n’est qu’il en voulait de manière inexplicable à ses neveu et petit-neveu, qu’il était devenu (constat en 2023-24) ouvertement intolérant, raciste, homophobe vis-à-vis de personnes qu’il ne connaissait pas. Ces propos, assez inédits, étaient-ils en germe chez lui depuis longtemps, mais semblaient au moins réprimés, en tout cas jamais exprimés en notre présence. Je dis cela parce que je pense sincèrement qu’il nous (mes parents, moi et même Fromfrom) plaçait haut dans son estime et contrôlait son langage. De tout temps, il a  apprécié venir nous voir (plus pour mon père, mais pas que) quand nous étions là. Et ces dernières années, il continuait de le faire parce que notre simple présence lui assurait une forme de récréation par rapport à la monotonie de son existence. Je précise par ailleurs que deux de ses trois fils, quadragénaires, vivent toujours à la maison (l’aîné est quinquagénaire, malade, est marié et a deux enfants et habite une commune voisine). Le deuxième fils est électricien (basique) de formation et ne travaille plus depuis des années, surtout parce qu’il ne veut pas et est sérieusement alcoolique. Le troisième, est plâtrier-peintre, a d’abord travaillé à son compte avec un associé puis dans le grand château local avant d’être mis à la porte (restructuration) depuis deux ans, sans travail depuis également. JCL, compte tenu de son état physique, d'atteintes psychiques non négligeables et sans doute de la précarité de ses enfants, était devenu aigri, acariâtre et comme je l'ai dit, assez infect avec une bonne partie de sa famille. MM a dit a mon père que le décès de JCL était une forme de soulagement. C'est malheureux à dire, mais nous y avions immédiatement pensé avec Fromfrom. Cela n'empêche pas de penser que JCL était fondamentalement une bonne personne.

Les familles de JCL et des M sont restées pour mes parents et moi, comme des satellites de la famille puisque nous nous invitions mutuellement dans nos fêtes de famille. Ce fut le cas en particulier pour notre mariage breton où ils furent six à faire le voyage.

Les obsèques auront lieu ce vendredi.

 

5 janvier 2025

Goûts et dégoûts

Pour « répondre » à Calyste de manière globale, je me suis livré à l’exercice de ses questionnaires.

Goûts

Le plat : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire cuissot de sanglier mariné façon cornusofromfromienne.

L'entrée : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire ris de veau façon cornusofromfromienne.

Le tableau : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire Le Retable des sept sacrements de Rogier van der Weyden au musée des beaux-arts d’Anvers.

Le dessert : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire un Paris-Brest fromfromien.

La musique : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire la Valse de l’Empereur de Johann Strauss II.

Le livre : La dernière harde de Maurice Genevoix.

La ville : Autun.

Le pays : la France.

La sculpture : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire l’Ours blanc de François Pompon.

Le film : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire Apocalypse Now de Francis Ford Coppola que je n’ai vu qu’une seule fois à la télévision.

L'antiquité : les mosaïques du musée de Saint-Romain-en-Gal.

Le site : l’étang du Dragon terrassé.

Le poète : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire Guillaume Apollinaire.

La chanson : Que serais-je sans toi de Jean Ferrat d’après Louis Aragon.

Le vin : impossible de répondre avec une seule proposition mais je vais dire :

  • en blanc sec classique : Puligny-Montrachet premier cru en attendant de boire un jour du Montrachet tout court (grand cru) ou un Corton-Charlemagne ;
  • en blanc liquoreux : Quart-de-Chaume ;
  • en blanc moelleux effervescent : Clairette de Die « Icône » de chez Jaillance.
  • en rouge : plusieurs grands crus de Gevrey-Chambertin mais je n’ai jamais bu de Chambertin tout court.

Le loisir : photographie, pêche au lancer (brochet, perche…) ou au toc (truite).

Le textile : la laine douce.

La couleur : toutes dont le rouge qui reste indispensable.

 

Dégoûts

L'entrée : pâté de tête de porc avec des couennes dont les poils n’ont pas été retirés correctement, donnant l’impression de manger des brosses à dents.

Le plat : un pavé de saumon congelé pas cuit accompagné d’une pseudo-jardinière de légumes congelés mal cuits et sans accompagnement.

La boisson : des laits végétaux imitant le lait de vache ; le lait concentré sucré.

L'attitude : la manipulation dans le but de nuire à autrui.

La couleur : certains marrons hésitant avec le vert.

Le textile : ceux qui grattent/

Le pays : des tas certainement, en particulier des dictatures oppressantes mais comme je n’y suis pas allé, je m’abstiendrais de donner des noms sauf pour la Russie et l’Algérie où j’aurais pu envisager de me rendre.

Le loisir : aucun sinon ce n’est pas ou plus un loisir pour moi.

Le livre : Voyage au bout de la nuit mais à peine lu.

La ville : je ne sais pas car il me semble qu’il faut y avoir habité pour le dire. A ce titre, je n’ai pas été heureux à Marseille, mais le contexte n’était sans doute pas favorable.

L'odeur : de cadavres (mammifères, poissons).

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