Mont Saint-Michel dans le brouillard ?

Mais qu’est-ce donc que cela ? Le fantôme du Mont Saint-Michel transplanté sur le continent ?
Non, il s’agit juste de Saint-Romain-le-Puy, assis sur son cône basaltique dominant la plaine du Forez.

Mais qu’est-ce donc que cela ? Le fantôme du Mont Saint-Michel transplanté sur le continent ?
Non, il s’agit juste de Saint-Romain-le-Puy, assis sur son cône basaltique dominant la plaine du Forez.
C’est au niveau de la retenue du lac du barrage de Grangent que l’on trouve Saint-Victor-sur-Loire en rive droite du fleuve. Ce village médiéval, installé sur un promontoire rocheux dominant la Loire, se caractérise notamment par la présence d’une église romane du XIe s. et d’un château du XIIIe s. J’étais passé ici une seule fois avant au début des années 1980 à l’occasion d’une formation à laquelle avait participé ma mère. Le lieu est fort connu et apprécié des Stéphanois, mais j’avais négligé d’y retourner. Je me souvenais de l’ancienneté de l’église qui m’avait impressionnée à l’époque (cela m’avait embêté qu’elle fut antérieure à la cathédrale d’Autun) ainsi qu’au caractère sombre et minéral du lieu. Pour le reste, j’avais tout oublié, jusqu’à la forme de l’église et du château.












Le jeu consiste à deviner où se trouve le lieu représenté par l’ensemble des photos suivantes. A gagner : les photos d’un des lieux depuis lequel sont prises quelques-unes de ces photos.






C’est l’hiver, chacun, l’aura remarqué. Au jardin, c’est morne plaine et puis le temps n’est pas à la fête. Alors, pour nous remonter le moral, pour fleurir notre intérieur et nous illuminer d’un esprit joyeux, nous avons invité des bulbes à l’intérieur (amaryllis et jacinthes) que nous trouvons à un prix relativement bon marché en Belgique. Et nous essayons de faire en sorte que ces fleurs se relayent.


En novembre dernier, compte tenu de l’étroitesse du jardin, j’avais imaginé la mise en place de rhododendrons nains (probablement trois). Mais, sous les conseils de Pèresserhodo, nous décidions d’opter pour un seul qui ressemblerait plus à un « vrai » rhododendron, mais à croissance limitée. Dans notre région, ces plantes restent assez peu abondantes, on ne trouve pas ce que l’on veut et surtout, il y a à peu près personne pour nous conseiller. Pèresserhodo nous conseilla alors justement sur un rhododendron issu du Rhododendron yakushimanum, autrement dit, un hybride dont l’un des parents serait cette espèce. Décision fut alors prise d’aller quérir le plant en Bretagne. Seulement, Pèresserhodo, qui est un coquin légendaire en décida autrement et il nous fit la surprise de le mettre sous l’arbre de Noël.
A notre retour de vacances, la météo n’était pas favorable à la transplantation et il nous a fallu attendre presque trois semaines supplémentaires avant de planter la bête dans son emplacement définitif préparé depuis plus de deux mois. Le voici donc en situation, à la fois petit et imposant. Le voilà comme le premier vrai témoin d’une multitude de promesse de sourires joyeux au jardin. La suite, au printemps. Merci Pèresserhodo.



Le 1er janvier, nous étions invités pour le café chez mon cousin et sa compagne, paysans dans la ferme que possédaient initialement mes grands-parents maternels puis mes oncle et tante. Comme nous étions en avance, j’avais émis le souhait d’aller nous balader dans la campagne environnante. Hélas, le brouillard, l’humidité et le froid empêchaient toute promenade agréable. Nous eûmes alors l’idée de reprendre la voiture et de nous hisser au dessus de la couverture nuageuse. Malheureusement, celle-ci se trouvait à une altitude supérieure à celle que nous imaginions. Ce n’est que vers 800 m d’altitude que nous trouvâmes enfin de soleil. Parvenus dans un endroit où je n’avais encore jamais mis les pieds (Monts du Lyonnais), nous pûmes apercevoir les sommets du Pilat où nous étions quatre jours plus tôt.



De retour chez mon cousin, après avoir dégusté le dessert maison agréable à souhait, et après le départ de la quasi totalité des convives, nous eûmes droit de la part de la maîtresse de maison à un discours qui ne fut pas sans me faire bouillir intérieurement. Nous eûmes droit à la relation de la récente opération de désenvoûtement de la bâtisse de la cave au grenier. Bien que récemment restaurée, c’est une maison que je connais bien. Des histoires à dormir debout, des fantasmes invraisemblables colportés par des imbéciles subsistent encore dans des mémoires oublieuses ou incultes, notamment au sujet d’un souterrain qui prend naissance dans la cave. Un souterrain dans lequel je me suis rendu gamin et qui n’a rien de mystérieux puisqu’il d’agit du point de départ d’un drain d’évacuation du trop-plein d’un puits. La compagne de mon cousin (lui était absent à ce moment là) m’a posé la question de comment je me sentais quand je me trouvais dans la cave à l’époque où je la fréquentais (mon père y conservais entre autres, du vin : quel scoop). Inutile de dire que je n’ai jamais rien senti là-bas dedans en dehors de la relative obscurité, de la fraîcheur et de l’humidité, ces deux dernières fort agréables en période de canicule. Je n’ai bien entendu jamais vu de fantôme, contrairement à notre interlocutrice. Cette dernière n’a bien entendu jamais connu mon grand-père, ce qui ne l’a pas empêché des s’imaginer des inepties à son sujet qu’elle n’a même pas osé évoquer.
Après cela, nous eûmes droit au procès de la médecine « officielle » ou « chimique » face aux thérapies alternatives à base de plantes, d’huiles essentielles et d’homéopathie. Notez à cet égard le mélange des genres qui ne fut pas sans m’agacer au plus haut point. Mais je n’ai rien dit, rien du tout. Je suis parfois d’un calme olympien. Si je m’étais laissé aller, j’aurais éclaté et elle n’aurait rien compris. Bien sûr, elle n’a pas tort à 100 %, mais son inculture scientifique lui ôte tout sens critique et j’ai bien l’impression qu’elle gobe tout ce que les « gourous » racontent dans des conférences à la noix, même s’il existe quelques rares personnes valables parmi celles qu’elle a pu entendre. S., qui évoquait quelques uns de ces soucis avec sa directrice, fit tomber notre interlocutrice dans un piège dans lequel elle tomba à pieds joints : le remède consistait en des huiles essentielles de Laurus noblis L. (Laurier sauce) et en un travail sur soi pour rester zen (je résume, mais c’est ça, un gamin de dix ans n’eût pas dit plus mal).
Après avoir salué mon cousin, qui était en train de terminer la traite de ses vaches et qui ne partage pas forcément les idées toutes faites et pseudo militantes de sa compagne, nous prîmes congé. Le malaise en moi n’est pas dissipé parce que je ne me suis pas exprimé. Mon absence de réaction n’est certainement pas de l’hypocrisie ni une façon de me défiler. A quoi bon entamer un débat véhément avec des gens que l’on voit quelques heures tous les ans ? Est-ce le début de la sagesse ou de la lassitude ?
De la fenêtre de la cuisine de la maison de mes parents, je n’ai pas pu m’empêcher de prendre ce ciel en photo, malgré la pollution visuelle conférée par ces poteaux et fils électriques et téléphoniques.



L’essentiel de mon enfance s’est déroulée sous le regard de ces deux clochers visibles depuis la fenêtre nord de la maison (grossissements forts ici). Deux villages qui ont pas mal grossi ces 30 dernières années. Le second, est celui de la commune de naissance de ma mère, même si elle habitait à l’écart, dans la campagne profonde.


Peut-être ces images ont un air de déjà vu pour certains, mais comme je n’avais pas eu l’occasion de les montrer moi-même, je les montre aujourd’hui afin de ne pas demeurer en reste et être dans l’air du temps de tempête. Lorsque j’ai pris ces photos, je me souviens de la maladresse avec laquelle je les avais prises, du moins au départ, car je n’attendais pas assez pour déclencher. Si j’y suis quand même arrivé, c’est grâce au mode rafale de l’appareil. Je garde encore un souvenir ému de la scène de ce petit épisode tempétueux estival, ainsi que des circonstances dans lesquelles nous avions vu ça.
En revanche, là où ça peut poser problème, ce sont les embruns quand on n’a pas un appareil étanche. Après cet exercice, le mien revint tout blanc !






Après notre séjour finistérien, nous mirent le cap sur RdG. Pour la première fois, nous pûmes faire le trajet entièrement sur des routes expresses et autoroutes, la jonction de l’A85 au delà de Tours étant maintenant complète. Je m’aperçus au passage que cette autoroute recoupe un nombre incroyable de massifs forestiers (au sud et au sud-est de Tours, en plus de ceux de Sologne). Les passages à gibier, cervoducs, crapauducs et autres tunnels ou ponts pour la faune ne sont que de pis-aller à la fragmentation des écosystèmes par ces grandes infrastructures. Je ne suis pas spécialiste de la question, mais je sais néanmoins que l’on fait beaucoup mieux maintenant qu’il y a quelques décennies pour réduire les impacts. Mais est-ce suffisant ? Sans doute pas, les moyens mis en œuvre ne suivent certainement pas, du moins jamais à la hauteur de ce que les écologues seraient en droit d’attendre. La route zéro impact est celle qui n’existe pas. Il n’en demeure pas moins que pour S. et moi, qui avons trouvé le moyen d’avoir des parents éloignés de 900 km, l’autoroute est encore le moyen le plus pratique pour voyager à peu près en sécurité avec armes et bagages. Bien que, simplifié, accéléré le voyage reste long, mais aussi coûteux en péage.
Après avoir récupéré le dimanche par un repas spécial oncle et tante côté maternel, cousins et petits cousins, je proposai le lundi d’aller respirer l’air frais dans la montagne, ma montagne, celle au pied de laquelle je suis né : le Pilat.


S., depuis l’an dernier, s’est exercé l’œil. Elle est maintenant en mesure de détecter les Alpes.

Et même le Mont Blanc !
Nous avons fini par la traditionnelle Jasserie, juste en dessous du Crêt de la Perdrix (1432 m).



Après les falaises de Penharn, il fallait bien aller voir d’autres curiosités. A vrai dire, je fus assez surpris de voir un moulin hydraulique dans un tel lieu (si près de la côte souvent très abrupte, je n’avais pas vu non plus de rivière de taille suffisante apte à accueillir un tel ouvrage). Eh bien je dois dire que cela n’a rien à voir avec l’énorme moulin dont j’avais vu les vestiges sur le Cher près de Tours et qui fonctionnait au fil de l’eau dans une rivière à fort débit et une relative faible hauteur de chute. Ici, les meules qui fonctionnent ne sont pas nombreuses et le débit faible (probablement de l’ordre d’une dizaine de litres par seconde, soit sans doute de l’ordre de 10 % du débit du ruisseau détourné), mais la hauteur de chute est assez considérable puisque le diamètre de la roue doit avoisiner les 8 m. Ce moulin, restauré depuis peu m’a donc paru formidable et je suis extrêmement curieux de le voir fonctionner.


Après avoir presque pris nos aises dans une crêperie, nous dûmes nous en aller pour cause de maison des propriétaires en feu (notre bonne humeur éclipsera un peu notre propre angoisse générée par la détresse vue dans les yeux de la patronne). Nous avalons une sorte de sanwich improvisé à la hâte dans l’ombre froide de l’église de Poullan-sur-Mer.



Puis, nous partons vers la chapelle de Kerinec dont nous comprenons rapidement l’intérêt qu’elle suscite chez ceux qui nous la font découvrir. Quelle chance d’avoir une telle chapelle rien que pour nous seuls (n’est-ce pas Madame K). Quelle chance aussi d’entendre résonner un chant breton. L’édifice n’avait sans doute pas entendu une telle chose depuis longtemps. C’est à ce moment là qu’un groupe de visiteurs est entré, venant en quelque sorte « violer » l’histoire intime que nous avions entamée avec l’édifice.

















Enfin, alors que de plus en plus d’entre nous semblait se plaindre de la vague fraîcheur du coin (considérée localement comme un froid sibérien), nous nous rendîmes à Pont-Croix, que je voyais pour la troisième fois (seulement, pourrais-je dire). Le côté sud n’est pas aisé à prendre en photo à cause du manque de recul, même si on est doté d’un grand angle. Voici deux photos panoramiques issues d’assemblages de plusieurs vues : assemblage horizontal pour la première (juin 2006), assemblage vertical pour la seconde (décembre 2008). [Cliquer sur ces deux photos pour les agrandir.]
Et puis, bien sûr, des photos plus « classiques » à main levée.
















Puis ce fut le retour à notre port d’attache. Après un café fort bienvenu pour se réchauffer, nous prîmes congé, non sans un pincement au cœur.
Et si le cépiau n'était pas celui que l'on croit ? En voici quatre différents.
