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Cornus rex-populi

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13 avril 2009

Week-end pas loin de Zuydcoote

Comme la semaine dernière, vendredi soir quelques photos rapides en partant du boulot.

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Et quelques fleurs actuelles à la maison.

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Peut-être la seule fleur du camélia.

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Et que l’on ne me dise pas que je perds le nord.

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En ce jour de Pâques, S. voulant voir la mer, nous partons après le milieu de l’après-midi pour la station balnéaire de non Saint-Malo. Je ne parle pas de la nébulosité d’hier, mais du caractère plat de cette plage : tout ce que je déteste de la mer. Les rides de sable ne suffisent pas à me dérider.

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Devant le haut degré d’amour que je porte pour ce genre d’endroit, nous repartons aussitôt pour Leffrinckoucke, pour voir la batterie du « Week-end à… ». Le fort des dunes, je l’ignorais, voit son origine à l’époque du Roi soleil. Il fut utilisé par l’armée française lors de l’invasion allemande de 1940. Mon père m’a rappelé hier un témoignage de mon grand-père, qui était dans le coin à ce moment là : les bombardements par les Stuka avaient fait rage. Les installations furent ensuite intégrées dans les installations germaniques du mur de l’Atlantique et c’est essentiellement ça, je pense que l’on voit aujourd’hui. Les blockhaus ont littéralement glissé dans la mer du fait de l’érosion de la dune blanche.

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Un chien pris en pleine course égaye cet endroit où respire une violence résiduelle.

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La mer et le sable se font un peu plus intéressants.

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9 avril 2009

Identité plus que périmée

Les récentes péripéties photographo-identitesques de Madame K m’ont fait repenser d’un seul coup que ma carte nationale d’identité arrivait bientôt à expiration. En 1999, on n’avait volé mon portefeuille et tout ce qu’il contenait, en particulier cette carte d’identité, mon permis de conduire, et mon « certificat international de capacité pour la conduite des bateaux de plaisance de navigation intérieure ». A l’époque, j’avais donné trois exemplaires de la même photo, vu que j’avais un stock qui traînait chez moi depuis un certain temps, autrement dit sans doute pas loin de sept ans plus tôt. Personne ne m’avait reproché Voilà ce à quoi ça ressemble (celle du permis bateau). Et c’est ainsi qu’on s’aperçoit que le temps passe…

   

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5 avril 2009

Arbustes, arbrisseaux et lianes ligneuses de Bretagne

J’avais consacré, il y a de cela une éternité (octobre 2006), une note sur les arbres forestiers de Bretagne, laissant entendre qu’il pourrait y avoir une suite. Voici donc la suite, davantage documentée, avec les principaux arbustes, arbrisseaux et lianes ligneuses sauvages de Bretagne. On trouvera ici les noms scientifiques complets, les noms communs français et après le tiret, les éventuels noms bretons.

Juniperus communis L. (Genévrier commun – gwez-jenevrez)

Cet arbrisseau holarctique est le seul conifère indigène non arborescent de Bretagne. En France, se développe surtout sur des sols calcaires, notamment au sein d’anciens complexes agropastoraux de coteaux avec pelouses pâturées par des moutons. Mais on rencontre aussi cette espèce au sein de landes acidiphiles, voire aux abords de tourbières (cas en Bretagne). Il semble avoir disparu de ses rares stations finistériennes.

Jucom

   

Buxus sempervirens L. (Buis – beuz)

Espèce probablement d’origine introduite en Bretagne, actuellement assimilée indigène. Espèce de demi-ombre thermophile des sols plutôt secs calcaires à siliceux, le Buis se rencontre plutôt dans des boisements ou des haies en Bretagne.

Busem

   

Calluna vulgaris (L.) Hull (Callune commune – balan-brug)

Cette bruyère, qui ne dit pas son nom, se développe sur des sols acides à humidité variable, au sein de landes, tourbières ou bois clairs sur sols pauvres et acides. Contrairement aux Erica, elle n’a pas de caractère atlantique, c’est une eurasiatique.

Cavul

   

Clematis vitalba L. (Clématite vigne-blanche – rouanez-weüs)

Cette liane circumboréale et eurasiatique est commune dans les haies et les lisières et clairières forestières à sols riches secs à frais.

Clvit

   

Cornus sanguinea L. (Cornouiller sanguin – gwez-hili-ho)

Espèce des bois, lisières forestières, haies, fourrés sur sols riches en bases, basiques à légèrement acides. Pousse sur des sols secs à frais jusque dans des boisement alluviaux. Plutôt rare en Bretagne, notamment dans le Finistère où il n’est présent que dans le nord-est, le sud-est et le centre-ouest du département.

Cosan

   

Corylus avellana L. (Coudrier, Noisetier – gwez-kelvez)

Il s’agit d’un arbrisseau eurasiatique que l’on rencontre notamment dans les haies et les manteaux forestiers. Il affectionne des sols drainés neutres à légèrement acides plus ou moins riches.

Coave

   

Crataegus monogyna Jacq. (Aubépine monogyne – spern-gwenn)

Espèce des bois et des lisières forestières sur des sols frais à relativement secs, basiques à modérément acides. Une autre espèce, Crataegus laevigata (Poiret) DC. (Aubépine épineuse) n’est pas indigène du littoral français et d’une large partie occidentale de la Bretagne ; elle est cependant plantée et se naturalise çà et là.

Crmon

   

Cytisus scoparius (L.) Link (Genêt à balais – balann)

Cette espèce de pleine lumière des landes, lisières forestières externes ou des jeunes fourrés sur sols sableux à caillouteux, pauvres et acides, secs à frais. La sous-espèce type est très commune en Bretagne. En revanche, Cytisus scoparius (L.) Link subsp. maritimus (Rouy) Heywood (Genêt maritime – balan-kivin), rare en France, est inféodée aux falaises maritimes exposées aux embruns. En Finistère, uniquement présent à l’île de Ouessant, presqu’île de Crozon, Cap Sizun et Riec-sur-Belon.

Cysco

   

Daphne laureola L. (Lauréole – lore-bihan)

Petit arbrisseau des forêts ou fourrés neutro-calcicoles, peu commun à rare en Bretagne. En Finistère, se rencontre surtout en contexte arrière-dunaire.

Dalau

   

Erica ciliaris L. (Bruyère ciliée – brug-ruz)

Espèce de pleine lumière des landes atlantiques humides sur sols pauvres et acides plus ou moins tourbeux.

Ercil

   

Erica cinerea L. (Bruyère cendrée – gourvrug)

Bruyère subatlantique des landes littorales ou intérieures acides sur sols relativement secs et pauvres. Exceptionnellement, sur sols davantage basiques (serpentines de la baie d’Audierne).

Ercin

   

Erica scoparia L. (Bruyère à balais – gourvrug)

Grande bruyère (dépassant souvent les 2 m) méditerranéo-atlantique atteignant sa limite de répartition nord-ouest dans le Morbihan. Elle a été cependant introduite de façon ancienne dans le Finistère d’où elle a pu se naturaliser, notamment dans le centre-ouest du département. Plante thermophile de pleine lumière sur sols pauvres et acides sableux à caillouteux plus ou moins humides.

Ersco

   

Erica tetralix L. (Bruyère à quatre angles – brug-kroaz)

Espèce atlantique à subatlantique de pleine lumière sur sols pauvres et acides, caractéristiques des landes humides ou des tourbières. Bien représentée dans le Finistère, elle est cependant en régression

Ertet

   

Erica vagans L. (Bruyère vagabonde – brug-du)

Bruyère de pleine lumière ou de demi-ombre des landes littorales sèches sur sols à richesse et pH variable. Espèce en limite d’aire nord-ouest, indigène dans le Morbihan, probablement plantée en Finistère.

D’autres bruyères existent en Bretagne, indigènes ou non : Erica ×watsonii Benth. (Bruyère de Watson) [hybride naturel de Erica ciliaris × Erica tetralix], Erica lusitanica Rudolphi (Bruyère du Portugal) [non indigène], , Erica carnea L. (Bruyère carnée) [non indigène].

Ervan

   

Euonymus europaeus L. (Fusain d’Europe – boned-kornek)

Arbuste commun des haies et lisières forestières sur sols plutôt riches modérément calcaires à légèrement acides.

Eveur

   

Frangula alnus Miller (Bourdaine – koad-evor)

Arbuste très répandu en Bretagne, sur sol siliceux acides, en contexte de landes tourbeuses ou de boisements humides (existence d’un écotype sur substrats nettement calcaires et secs dans d’autres régions).

Fraln

   

Genista anglica L. (Genêt anglais – brug-marc’h)

Espèce ouest-européenne, ce petit genêt épineux se rencontre sur sols pauvres acides sablo-limoneux en contexte de landes sèches à humides, de prairies plus ou moins humides voire tourbeuses. Assez peu commune en Bretagne et Finistère.

Geang

   

Genista tinctoria L. (Genêt des teinturiers – balanig)

Ce sous-arbrisseau, très rare en Finistère, affectionne les prairies pelouses, lisières forestières des sols neutres et frais. Signalé sur une falaise mritime à Cléden-Cap-Sizun.

Getin

   

Hedera helix L. (Lierre – iliav)

Le Lierre est très répandu en Bretagne. Cette liane sempervirente d’ombre ou de demi-ombre ne grimpe pas systématiquement aux arbres. Elle se développe sur des sols variés assez frais.

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Hippophae rhamnoides L. (Argousier faux-nerprun)

Espèce rare en Bretagne, non indigène en Finistère. La sous-espèce type est caractéristique des fourrés dunaires atlantiques (sols secs à largement humides, basiques à neutres). Planté dans certaines dunes finistériennes.

Hirha

   

Hypericum androseamum L. (Androsème officinal – gwenterc’henn)

Ce sous-arbrisseau méditerranéo-atlantique d’ombre ou de demi-ombre est commun en Bretagne au niveau des bois humides, des haies et des bords de cours d’eau sur sols assez riches à pH variable.

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Ilex aquifolium L. (Houx – kelenn)

Arbuste de demi-ombre très répandu en Bretagne, dans les haies, les lisières, mais surtout au sein de forêts (chênaies-hêtraies) caractéristiques d’un climat atlantique à forte humidité atmosphérique. Espèce se développant sur des sols variés mais de préférence acides, assez secs à frais.

Ilaqu

 

Ligustrum vulgare L. (Troène commun – lugustr)

Arbrisseau indigène très répandu bien que souvent confondu avec des troènes exotiques naturalisés. Affectionne les haies, lisières, fourrés, forêts claires, y compris en contexte alluvial. Il se développe sur des sols riches, légèrement calcaires à acides, secs à modérément humides.

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Lonicera periclymenum L. (Chèvrefeuille des bois – gwezvoud)

Liane commune en Bretagne dans les sous-bois, les haies, lisières forestières, les landes et les fourrés sur sols plutôt pauvres et acides frais à drainants.

Loper

   

Myrica gale L. (Piment royal – reed)

Cet arbrisseau subatlantique se rencontre sur des landes, marais et boisement tourbeux humides acides. Espèce rare en France et peu commune en Bretagne. Il s’est raréfié dans le Finistère mais reste assez bien représenté sur une bande centrale barrant d’ouest en est le département.

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Prunus spinosa L. (Prunellier – spern-du)

Arbrisseau des haies, lisières forestières, fourrés et bois clairs très commun en Bretagne sur sols riches, basiques à acides secs à un peu frais.

D’autres Prunus arbustifs se rencontrent en Bretagne, non indigènes ou d’indigénat douteux, en particulier Prunus ×fruticans Weihe (Prunier à rejets), Prunus domestica L. (Prunier domestique), Prunus cerasus L. (Cerisier), Prunus mahaleb L. (Cerisier de Sainte Lucie), Prunus padus L. (Cerisier à grappes).

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Rhamnus cathartica L. (Nerprun purgatif – spern-melen)

Cet arbrisseau à répartition plutôt eurasiatique est d’indigénat douteux, au moins dans le Finistère. Affectionne généralement les sols plutôt secs neutres à calcaires, il est rare en Bretagne et représenté en une seule station (douteuse) finistérienne. Il convient de noter qu’il est également présent en contexte alluvial (ripisylves de la Loire moyenne notamment).

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Rosa arvensis Hudson (Rosier des champs – roz-gouez)

Cet arbrisseau de demi-ombre, malgré son nom, pousse dans les bois et lisières forestières. Se développe sur des sols riches basiques à légèrement acides. Quasi absent du Finistère nord.

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Rosa canina L. (Églantier commun– agroaz)

Il s’agit du rosier le plus commun. Il pousse dans les haies, lisières forestières, les bois clairs et les pelouses sèches sur des sols assez secs plutôt riches, basiques à peu acides.

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Rosa pimpinellifolia L. (Rosier pimprenelle)

Ce rosier se rencontre sur des sols secs calcaires à neutres. En Finistère, il se cantonne surtout à la frange littorale.

D’autres rosiers indigènes sont présents en Bretagne mais globalement rares notamment en Finistère ; la plupart affectionnant des sols plus ou moins calcaires : Rosa micrantha Sm. (Rosier à petites fleurs), Rosa rubiginosa L. (Rosier rouillé), Rosa stylosa Desv. (Rosier à styles soudés), Rosa tomentosa Sm. (Rosier tomenteux), Rosa villosa L. (Roier velu), Rosa agrestis Savi (Rosier agreste).

Ropim

   

Rubus caesius L. (Ronce bleue)

Sous-arbrisseau des sous-bois, des haies et des friches sur sols humides riches basiques à peu acides. Globalement commun en France, il est très rare dans le Finistère.

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Rubus fruticosus L. (Ronce des bois – bod-drez)

Sous ce nom, on dénomme souvent un groupe d’espèces proches parfois difficiles à distinguer. Cette ronce de pleine lumière est très commune en Bretagne sur sols à richesse variable et globalement acides.

Les ronces, sont fort mal connues en France (détermination délicate et écologie mal connue) mais les espèces y sont très nombreuses (taxons apomictiques). La Bretagne ne doit pas y faire exception.

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Ruscus aculeatus L. (Fragon petit houx – kelenn-bleiz)

Ce sous-arbrisseau méditerranéo-atlantique pousse est une espèce de demi-ombre des haies et des forêts sur sols limono-argileux plus ou moins sableux, peu riches en bases, neutres à acides. Commun en Bretagne, il est plus rare en centre Finistère.

Ruacu

   

Salix atrocinerea Brot. (Saule roux – haleg-du)

Arbrisseau subatlantique très commun en Bretagne. Caractéristique des zones humides et des bords de cours d’eau en contexte acide, il se rencontre également en zone littorale.

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Salix aurita L. (Saule à oreillettes)

Arbrisseau subboréal des milieux tourbeux humides acides. S’hybride régulièrement avec le précédent. Commun en Bretagne.

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Salix repens L. (Saule rampant – haleg-mors)

Sous-arbrisseau rampant ne dépassant pas 1 m de haut. Espèce eurasiatique plutôt commune en Bretagne. La sous-espèce type se rencontre au niveau des landes humides et tourbeuses de l’intérieur alors que la sous espèce dunensis Rouy, élevée au rang d’espèce Salix arenaria L. est une plante des dépressions humides arrière-dunaires.

Sarep

   

Salix triandra L. (Saule à trois étamines)

Espèce eurasiatique rare en Bretagne, son indigénat est incertain dans le Finistère. Cet arbuste n’y apparaît qu’aux abords du littoral. Espèce de pleine lumière du bords des eaux et des zones humides sur sols riches neutres argileux à sableux.

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Salix viminalis L. (Saule des vanniers – aozilh)

Ce saule eurasiatique est assez commun en Bretagne mais n’est pas indigène dans le Finistère. Il se développe dans des milieux similaires au précédent.

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Sambucus nigra L. (Sureau noir – skav)

Cet arbuste eurasiatique est très commun en Bretagne. Au sein des bois frais, des bords des rivières, des lisières forestières et des haies, il affectionne les sols frais riches basiques à neutres.

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Solanum dulcamara L. (Douce amère – frond)

Cette liane grimpante de pleine lumière ou de demi-ombre est très commune en Bretagne. Elle se rencontre sur sols humides riches argileux à sableux voire tourbeux ou dans des milieux plus secs enfrichés.

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Ulex europaeus L. (Ajonc d’Europe – lann)

Cet arbrisseau, pouvant atteindre jusqu’à 4 m de hauteur, est une espèce subatlantique de pleine lumière. Il pousse sur des sols limoneux à sableux pauvres et acides. Très commun en Bretagne dans les landes et les lisières forestières, les haies et les délaissés routiers. Il peut aussi coloniser les prairies abandonnées. On le trouve également en milieu dunaire. Il existe une forme prostrée ou en boule présente sur le littoral.

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Ulex gallii Planchon (Ajonc de Le Gall – lann-brezhoneg)

Arbrisseau euatlantique commun en Bretagne, surtout dans le Finistère. Espèce des sols limoneux, sableux ou caillouteux des sols relativement secs. Il affectionne les landes. Se rencontre sous une forme prostrée sur les falaises d’Ouessant, de Crozon et du cap Sizun.

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Ulex minor L. (Ajonc nain)

Arbrisseau subatlantique relayant vers l’est l’espèce précédente. Se rencontre dans des milieux semblables aux deux autres ajoncs. Très rare en Finistère, cette plante a seulement été observé à Scaër.

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Vaccinium myrtillus L. (Myrtille – lus) 

Sous-arbrisseau circumboréal de demi-ombre. Se développe sur des sols pauvres acides peu secs à modérément humides. Espèce commune en Bretagne en dehors du littoral. Particulièrement bien représentée dans les monts d’Arrée et les montagnes Noires.

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Viburnum opulus L. (Viorne obier – gwenngoud, penn-mann)

Arbrisseau eurasiatique des sous-bois, des haies, des lisières forestières et du bord des eaux. Se développe sur des sols frais riches basiques à légèrement acides. Assez commun en Bretagne.

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Viscum album L. (Gui - uhelvarr)

Sous-arbrisseau hémiparasite épiphyte. Eurasitique, cette plante est répandue en Bretagne, mais est rare ou absente de l’ouest du Finistère. Elle se développe sur les pommiers, peupliers, tilleuls, saules et aubépines.

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Sources : Coste (1901-1906) pour les dessins, Rameau et al. (1989) pour l’écologie et la répartition générales, Queré et al. (2008) pour la répartition finistérienne et Cornus rex-populi pour la synthèse critique.

2 avril 2009

Jardin et jardin

Ce soir avant de partir définitivement, petit crochet rapide par l’un des jardins.

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Et arrivé à la maison, entretien avec les fleurs de NOTRE jardin. Certaines photos sont de S. car l’ostéopathe qui m’a cassé le dos hier m’a interdit de faire des acrobaties, d’autant que je n’ai pas l’impression que ses manipulations soient couronnées de succès. Enfin, ça pousse.

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1 avril 2009

Poisson d'avril

Je risque de décevoir mes lecteurs et commentateurs, mais ma note précédente « Nouvelle sous-espèce » n’était qu’un poisson d’avril.

Certes, il y a du vrai là-dedans :

Curieusement n’y a pas de Carex ligerica Gay (Laîche de la Loire) entre la Loire et la Belgique et Gay est bien l’auteur de l’espèce.

La première photo est bien une photo de Carex ligerica.

Pour le reste, beaucoup des explications données sont souvent plausibles sur le plan scientifique mais sont imaginaires (à moins qu’il ne s’agisse d’un fantasme).

Carex ligerica ne pousse pas sur les grèves de la Loire mais dans des pelouses sèches rarement inondées.

Il y a bien du Carex arenaria L. (Laîche des sables) au bord de la Seine et pas de Carex ligerica dont aucune sous-espèce n’est signalée à ce jour. En revanche, il y a bien un problème taxinomique entre ces deux espèces ainsi qu’avec Carex praecox Schreber (Laîche de Schreber) et Carex reichenbachii Bonnet (Laîche de Reichenbach).

La seconde photo ne représente pas du tout une feuille de Carex, mais une feuille pauvrement photographiée par mes soins de Festuca longifolia Thuill. (Fétuque à longues feuilles).

Voilà, je ne pensais pas que mes lecteurs attentifs tomberaient dans le panneau (à moins qu’ils me fassent marcher) d’autant que je pensais que le coup du nom de pseudo ou de blog pour un nom de sous-espèce était gros. Non, je ne suis pas taxinomiste et ce n’est pas ce genre de chose que je publie dans les revues botaniques. En revanche, ce n’est pas dit que cela ne pourra pas arriver un jour.

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1 avril 2009

Nouvelle sous-espèce

Après plusieurs années de recherches, je suis heureux de vous annoncer en avant première, une découverte scientifique. Si elle ne révolutionne nullement la botanique, je viens d’avoir confirmation que mon article dans la revue Ac*ta Bot*anica Gal*lica a été accepté et sera publié prochainement. Cela concerne la description d’une nouvelle sous-espèce de Carex ligerica Gay (Laîche de la Loire) dont j’ai découvert les premiers individus en 2004 sur les terrasses de la Seine. Curieusement, cette découverte est consécutive à une remarque tout à fait innocente que je m’étais faite dès 2003 lorsque je me rendis compte que Carex ligerica, espèce que je connaissais bien au niveau des grèves sableuses submersibles de la Loire était totalement absente de la vallée de la Seine alors que les biotopes lui étaient favorables et qu’on ne le retrouvait qu’au nord de la Belgique et aux Pays-Bas, le long du complexe fluvial Meuse-Rhin. Cela ne me semblait pas du tout cohérent du point de vue phytogéographique. Or, en 2004, des collègues trouvèrent des individus de Carex arenaria L. (Laîche des sables), normalement typique des dunes littorales, mais qui se trouvaient ici très à l’intérieur des terres. Je fis de nouvelles observations sur ces échantillons. Les relevés de terrain ainsi que l’analyse anatomique des feuilles en coupe transversale me confirmèrent qu’il ne s’agissait aucunement du Carex arenaria, mais les rapprochaient fortement du Carex ligerica. Cependant, contrairement aux populations connues au bord de la Loire, de la Gironde ou de Belgique qui poussent en zone inondable, les populations des bords de Seine ne sont jamais en contexte de zone humide. Par ailleurs, les individus de la Seine sont toujours plus robustes que les Carex ligerica typiques. Il convenait donc de procéder à des analyses génétiques afin de vérifier si les différences morphologiques entre les populations de Carex ligerica (Seine et hors Seine) étaient dues à une simple adaptation morphologique (écomorphose, écophène uniquement phénotypique) ou bien à une différenciation génotypique générant un accommodat particulier.

 

Les analyses ont montré que la différenciation génétique était suffisante pour faire des populations de la Seine une nouvelle sous-espèce. Ce début de spéciation se serait fait durant le Quaternaire, sur les terrasses alluviales de la Seine (plus du tout inondables) qui se sont trouvées isolées géographiquement des populations de Carex ligerica typiques des berges de la Seine. Ces dernières populations ont probablement disparu au cours du XXe siècle à cause des nombreux aménagements en bords de Seine. En revanche, les quelques populations de la sous-espèce au niveau des terrasses, plus éloignées des aménagements industriels et de l’urbanisation ont été heureusement épargnées.

 

Il m’a donc fallu, comme l’exige le code international de nomenclature botanique, procéder à la diagnose originale de ce nouveau taxon qui doit se faire à l’aide d’une description latine. Je passe les détails, mais j’ai aussi dû trouver un nom pour la sous-espèce. Comme je ne pouvais pas utiliser le nom latin de la Seine Sequana ou du lieu Neustria (Neustrie, région en amont de Rouen), le code de nomenclature l’interdisant désormais, je me suis dit que je pourrais utiliser mon pseudo au génitif cornusi, ce qui évite l’ambiguité avec Cornus qui est le nom de genre des Cornouillers.

 

Voilà, ma modestie dut elle en souffrir, je voulais juste faire part ce soir d’un événement assez peu commun dans la vie d’un botaniste.

Ci-dessous, photo de la plante et coupe microscopique d'une feuille.

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29 mars 2009

Ciel de jardin

Après plusieurs jours de giboulées, le ciel s’est dégagé durablement cet après-midi. En voici la preuve au jardin. Les plantations, certes modestes, se sont elles poursuivies.

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29 mars 2009

Les curés et moi

Ma première véritable rencontre avec un curé remonte à mes premières années de catéchisme lorsque j’allais à l’école primaire publique. La séance de « caté » avait lieu les mardis soirs après la classe. Cela se trouvait à moins de 200 mètres de l’école. Il fallait passer devant l’entrée occidentale de l’église Notre-Dame (édifice de la première moitié du XIXe s.), puis accéder au deuxième étage d’un bâtiment très sombre (presque noir, comme beaucoup de bâtiments de cette ville dans les années 1970). Les premiers temps, je me souviens que c’était des mères de famille qui faisait le « caté », sous forme de jeux ou d’activités manuelles diverses (je n’en ai pas de souvenir précis). L’année suivante, ce fut un prêtre qui officia (en fait le seul, le plus âgé – à cette époque, il y avait encore pas mal de prêtres affectés à une seule église). J’ignore si cet homme est encore de ce monde, mais c’est fort peu probable compte tenu de son âge déjà subcanonique à l’époque. Il portait le nom, au moins phonétiquement parlant, de la principale gare de Lyon. Il ne cessait guère de ronchonner, de s’énerver après les gamins qui n’en faisaient qu’à leur tête quand il expliquait quelque chose. Il rouspétait aussi régulièrement contre ceux qui n’avaient rien appris ou retenu de la séance de la semaine précédente. Moi, à cette époque, j’étais sage comme une image, mais je ne faisais pas non plus un quelconque effort pour apprendre quoi que ce soit, mais je restais néanmoins à l’abri de la moindre critique. Un jour, pour une raison que j’ai oubliée, ma grand-mère paternelle m’accompagna et assista à la séance de « caté ». A la fin de la leçon, le curé eut droit à une critique définitive : « Vous ne leur apprenez rien. Ce n’était pas comme ça de mon temps ». Le curé, qui n’était pourtant pas bien dans le coup n’était pas en tort (j’ignore comment il se justifia). Je n’ose pas penser ce que ma grand-mère aurait dit si elle avait eu en face d’elle un curé moderne. Elle ne mettait presque jamais les pieds à l’église. Elle était pourtant présumée croyante, mais avait été exclue par les curés de son diocèse d’origine après son divorce (avant la guerre). Bien des années après, mon père fut lui-même exclu du « caté » compte tenu des épouvantables antécédents de sa mère, certes remariée à un « crypto-communiste vaguement anticlérical ». Seulement, dans les années 1970, ma grand-mère était à 200 km des lieux de sa jeunesse, l’eau avait coulé sous les ponts depuis la fin de la guerre, Vatican II était passé par là et les curés étaient tous nouveaux, forcément.

De ce curé, je me souviens aussi des chants que nous répétions et ses énervements à ce sujet. Il me faisait rire quand il chantait, car il prenait un accent particulier et avait des façons très stéréotypées. A cette époque, je ne savais pas particulièrement chanter ; le chant m’agaçait profondément (comme l’ensemble des simagrées que l’on faisait à l’église d’ailleurs). J’ignore si je sais chanter, mais une chose est sûre, j’ai une sainte horreur qu’on m’oblige à chanter un truc que je n’ai pas choisi. J’ignore comment cela est arrivé, mais j’ai cette chance incroyable qu’à l’école on ne m’ait pas demandé d’apprendre des chansons (à l’armée, à part la Marseillaise, j’ai pu aussi esquiver). Quand je vois qu’à l’heure actuelle, S. fait apprendre des tonnes de chansons à ses élèves, ça me rend fou.

En tout état de cause, c’est sous la conduite de ce prêtre que j’ai « passé » ma première communion, un peu plus tard que la moyenne, en mai 1981 ! Dans ma ville, c’est cette communion qui était la plus importante. Dès lors, les rangs des jeunes qui allaient au « caté » s’éclaircissaient assez largement. En effet, les parents pensaient que la première communion passée, la messe était dite. Parce que bien sûr, la première communion, c’était très important pour les petits bourgeois qui souvent avaient autant de religion qu’une mante. Il ne faudrait pas croire que j’ai cru un seul instant en l’existence d’un quelconque dieu, j’ai simplement fait comme beaucoup : j’ai fait semblant d’y croire. A cette époque, mes parents, singulièrement ma mère, m’a demandé de poursuivre cette expérience. Comme j’étais obéissant, je m’étais exécuté. Dès lors, le « caté » avait lieu le mercredi matin dans un local près d’une église en préfabriqué (aujourd’hui heureusement disparue). Le prêtre était beaucoup plus jeune : sympa mais pas passionnant. Des activités, je ne me souviens que des travaux manuels. Il faut néanmoins souligner que cela n’allait pas beaucoup plus loin. J’ai dû aller là pendant deux ans. Parfois, j’« oubliais » d’y aller, préférant d’autres activités solitaires à la maison (mes parents travaillaient). Voyant que je « végétais », je fus mis au « caté » près de la seconde plus importante église de la ville. Là, officiait un curé ayant la quarantaine bien sonnée, mais beaucoup plus dynamique et moderne que le précédent. Les séances avaient lieu le samedi après-midi. Je me souviens que le curé nous avait montré deux vidéos qui sont restées très importantes pour moi : une sur Martin Luther King et une sur Gandhi, deux personnes dont je n’avais pas encore entendu parler à l’époque. C’est avec ce curé que j’ai « passé »  ma confirmation. A l’issue d’une séance préparatoire à cette dernière (sorte de retraite de réflexion d’une journée), le curé affirma, chose incroyable, qu’on n’était absolument pas obligé d’aller à la messe pour vivre sa foi en Dieu. Cette sentence ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd : j’en fis ma maxime. Je me plus à le répéter à ma mère. Après la confirmation, cela me donna en quelque sorte l’autorisation de ne plus aller à la messe avec ma mère. Jusque là, je ne ratais jamais l’office du samedi soir ou du dimanche matin. Même lorsque j’allais à la pêche le dimanche de bonne heure, il fallait rentrer pour ne pas rater la séance de 10 h ou 11 h, et même pendant les grandes vacances. Je ne me souviens plus de l’année (1985-86 ?), j’ai donc convaincu ma mère de ne plus aller à l’église. Elle commença à y aller moins souvent, sans doute parce qu’elle travaillait un week-end sur deux et que lorsqu’elle était libre, elle voulait se reposer. Jusqu’au jour où elle a arrêté complètement d’aller à la messe, sauf pour les fêtes carillonnées, puis plus du tout. Pourquoi ? Parce que je n’étais plus là pour l’« obliger », parce qu’elle avait enfin pris conscience qu’elle ne croyait que par habitude (elle avait été conditionnée de tout temps), parce que je l’aidais à lui montrer les incohérences et les inconsistances du catholicisme.

De mon côté, probablement en réaction avec ce que j’avais vécu précédemment (c’est peut-être ça au fond une des facettes essentielles de ma crise de l’adolescence dont je ne suis peut-être pas totalement sorti), j’ai muté en un improbable individu anticlérical inculte. Car, évidemment, en dehors de deux ou trois idées pas trop idiotes que j’aurais pu capter aisément ailleurs, le « caté » ne m’a rigoureusement rien appris et m’a fait perdre mon temps (sauf pour Martin Luther King et Gandhi). J’aurais pu perdre mon temps à autre chose, mais on aurait pu aussi m’enseigner l’histoire des religions, ce que l’école n’a pas fait non plus. Il paraît que cela se fait maintenant, mais dit-on, bien mal, y compris dans les manuels qui restent empreints de beaucoup de religiosités cryptées.

Bien loin d’être un érudit de la question, je me suis quand même un peu documenté, parfois volontairement, parfois inconsciemment sur les questions de la religion. Mes lacunes restent énormes, mais je pense en savoir plus que le « Français moyen » (cela n’est certes pas bien difficile). Il n’en demeure pas moins qu’au fil du temps, mes pensées et mon discours se sont largement assagis.

Durant cette période, je n’ai pas rencontré de religieux jusqu’au jour où, encore stagiaire ou en CDD à Orléans, j’ai eu pour collègue (un peu plus âgé que moi), un ingénieur hydraulicien qui avait repris ses études après avoir séjourné dans un pays africain francophone en tant qu’« apprenti moine ». Au moment de prononcer ses vœux, il avait finalement renoncé et était revenu en France. C’était une personne qui vivait assez modestement et était d’une compagnie agréable. Il ne faisait pas état de ses idées politiques, mais je me souviens de sa déception le soir où on avait appris la victoire de la gauche plurielle en 1997. Inutile de dire que je ne partageais pas ses visions politiques et religieuses et il le savait. Nous nous sommes acceptés tels que nous étions et une réelle amitié était née entre nous. Depuis, nous nous sommes perdus de vue.

Peu de temps après, j’ai fait la connaissance d’un chanoine (du chanoine) d’Autun, connu comme le loup blanc et dont j’ai eu l’occasion de parler ici. Il est malheureusement décédé l’été dernier. Je l’ai connu d’abord à travers un de ses ouvrages historiques, puis à l’occasion du mariage d’un ami. Ma plus longue conversation avec lui se fit à l’occasion d’un repas consécutif à une messe de quarantaine après le décès d’un ami. J’avais donc eu l’occasion de converser avec lui pendant plusieurs heures. Je crois que la chose est connue, mais il me rapporta que dans son enfance, l’évêque passa à la maison. Les enfants tous alignés, ce fut lui qui fut désigné pour devenir curé. Il a donc obéi à ses parents, car à l’époque « on obéissait à ses parents ». Il m’a aussi rapporté une phrase que je n’ai pas eu l’occasion de lire dans les biographies et les nécrologies : « si c’était à refaire aujourd’hui, je serais anticlérical ». Je précise que ce chanoine ignorait tout de mon degré de religiosité. Il était extrêmement critique vis-à-vis de l’orthodoxie excessive des évêques et des curés qu’il a parfois côtoyés et qui ont aussi essayé de lui mettre des bâtons dans les roues. Je ne doute pas de ce qu’il aurait pensé (et sans doute dit en privé) au sujet des dernières « frasques » de Ratzy. La dernière fois que je l’ai vu, il hantait « sa » cathédrale en civil alors que l’office du dimanche matin n’était pas terminé.

A l’automne 2004, je reçois un colis alors que je suis en vacances. A mon retour, je trouve un courriel qui me dit qu’on s’est trompé de destinataire. En fait, il s’agissait d’une erreur pour cause de quasi homonymie. On avait envoyé des échantillons d’une plante pensant que j’étais l’autre à une époque où j’étais encore actif sur un forum de botanique. Mon homonyme a comme loisir une activité que j’exerce professionnellement et il fait ça sérieusement puisque c’est le spécialiste national d’un genre de plante. Et il se trouve qu’il s’agit d’un curé, né dans la même ville que moi (nom de famille rarissime dans le département). Je l’ai su en conversant avec lui. Même si ce n’était pas l’objet de nos conversations, je ne lui évidemment pas caché mon côté résolument athée, et cela n’a eu aucune espèce d’importance. Au printemps 2005, alors que je sortais d’un profond traumatisme, je l’ai emmené sur le terrain dans le Morvan. Le deuxième soir, il est venu avec mon père et un ami pour aller déguster quelques Bourgognes dans une cave. Une personne évidemment sympathique qui nous a invitée S. et moi chez ses parents lors des vacances de Noël 2007. Connaissant mon athéisme, il s’était proposé pour nous marier en Bretagne si, en désespoir de cause, nous ne trouvions pas de solution sur place.

En parlant de mariage, j’évoque le curé qui nous a justement marié. S. l’avait bien choisi, en connaissance de cause. Il était suffisamment ouvert et moderne à mon goût, et nous a à peine imposé le minimum syndical pour la préparation (cela aurait même pu aller plus vite si le curé officiel de la paroisse n’avait pas paumé nos papiers). Un curé moderne, très cultivé, en phase politiquement et non dénué d’humour : que demande le peuple ?

Bien entendu, je passe sous silence, des rencontres furtives ou accidentelles avec d’autres curés ou religieux, mais elles furent toutes très cordiales. En définitive, les seules personnes qui m’ont emmerdé, ce sont des grenouilles de bénitiers mâles pour la plupart.

Que retenir de tout cela ? Que je n’ai pas un passé totalement neutre vis-à-vis de la religion. Le catéchisme ne m’a pas vraiment traumatisé mais reste un élément notable de ma vie de gamin et d’adolescent. Enfin, je montre que si je fus parfois assez prompt à en découdre avec la religion, il existe encore en son sein des personnes intéressantes et de qualité, comme ailleurs, à n’en pas douter. Pourtant, ils sont mal barrés avec le grand patron qu’ils ont en ce moment. Il faudrait une révolution au sein de l’Église et tout le monde s’en porterait mieux, athées compris.

27 mars 2009

Floraisons en extension

Lentement mais sûrement, le jardin s’enrichit en nouvelles plantes et en nouvelles floraisons. Voici un extrait. Alors, évidemment, la pelouse, c’est pas ça, du moins pour l’instant.

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25 mars 2009

Le Cépiau (13 et fin)

Je publie ce treizième épisode puisqu’il était écrit, mais je ne suis pas du tout satisfait de la tournure prise, de la qualité et de l’intérêt. Par conséquent, j’ai écourté le texte pour en finir.

Comme convenu la veille, Robert attendait, avant même la pique du jour, dans une sommière du bois de la Coiffe. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il vit monter, non pas un, mais deux hommes dans la voiture.

- Mais, qui…

- Salut Robert !

Robert n’en croyait pas ses yeux. Était monté à l’avant de la voiture une forme de réincarnation de son ami, mais hirsute au possible et accoutré comme un peyant*. Robert en resta coi.

- Robert, y’o bien moué, le Cépiau.

- Mais d’où c’est donc que tu sors ? Tu es mort !

- Eh bien oui, Maurice en a pété à la renverse* lui aussi.

- C’est bien le moins que l’on puisse dire, s’exclama Maurice, il a failli m’étrangler pour de bon !

- Mais vous allez m’expliquer, s’énerva Robert.

- Ne t’inquiète pas Robert, dit Maurice. On va tout t’expliquer. Mais ne reste pas là, Robert, il ne faudrait pas qu’on nous repère. On fêtera nos retrouvailles plus tard.

Sur ce, la voiture s’élança pour regagner A.

Après un bon bain et après avoir revêtu des habits propres que Maurice lui avait apporté (Robert était trop grand), le Cépiau descendit dans le séjour de la maison de Robert où Yves attendait aussi.

- Eh bien, Messieurs, dit Robert d’un ton solennel, pour fêter la renaissance du Cépiau, nous allons boire cette petite bouteille de Chambertin-Charme 1947 !

- Un moment, Messieurs, coupa le Cépiau, je n’ai jamais été mort. Je boirai volontiers un verre de sommet de l’art vigneron, mais n’oublions pas que dans cette affaire, mon frère Pierre, lui a bel et bien été assassiné.

- Bien sûr dit Robert, et c’est la raison pour laquelle Yves nous a rejoint. Je crois que tu ne le connais pas, Cépiau.

- Non, pas que je sache. Et qui êtes-vous ?

- Je suis un ami de Robert et accessoirement, commissaire de police de cette bonne et vieille ville.

Tout le monde se salua et on trinqua en se jurant de mettre l’assassin sous les verrous dans les plus brefs délais.

- Bon, et maintenant fit Robert, dîtes-nous ce que vous avez vu ou entendu chez le curé ?

- Eh bien, dit Maurice, nous sommes passés par la remise sur le côté de la cure. Et devinez ce que nous avons trouvé là-bas dedans ?

- Je n’en sais rien, dit Robert.

- De la taupicine, essaya Yves.

- Ah, je vois que Monsieur a de l’idée fit le Cépiau. Non, on a trouvé un manuel de toxicologie appliquée.

- Je vois, dit Yves, et la taupicine, il a dû s’en débarrasser. Je suis à présent persuadé que c’est lui le meurtrier de votre frère.

- C’est vrai, répondit le Cépiau, que ce pauvre type ne m’a jamais été sympathique, mais de là à en faire le meurtrier…

- Mais c’est peut-être que vous n’êtes pas au courant. Si je me souviens bien, la mère Vieillard a dit à Robert et Maurice que le soir où votre frère Pierre est arrivé, vous a vu en compagnie du curé, ce qui n’avait pas été sans étonné la mère Vieillard, tant la chose lui avait paru curieuse.

- Et moi, dit Maurice, je crois avoir dit à la mère Vieillard : « on ne croirait pas le même homme » en parlant de toi, Cépiau.

- Évidemment Maurice, je ne l’ai pas vu ce soir là, je ne lui jamais adressé la parole que devant témoin et en général, ce n’est pas des compliments.

- Mais alors, dit Yves, comment a-t-il pu attirer votre frère chez lui, pensant que c’était vous ?

- Je n’en ai aucune idée répondit le Cépiau, mais il avait du mettre le paquet pour attirer mon intention ou me séduire. Et Pierre, lui n’aura pas fait attention. Peut-être voulait-il me proposer un marché ? N’avait-il pas les boiseries du chœur à remettre en état ? Je n’en sais rien.

- Mais il va bien falloir trouver un moyen de le faire parler dit Yves.

- Les faire parler, parce qu’à tous le coups, le comte est mêlé à cette histoire. Tout s’éclaire maintenant. Je les ai vu tous les deux à plusieurs reprises, pas l’air tranquilles. Je les ai aperçu bien souvent ensemble ces derniers temps, mais les rendez-vous ne duraient jamais bien longtemps.

- Le maire pourrait être dans le coup, demanda Robert. Ce grand escogriffe ?

- Escogriffe peut-être, mais pas si con lorsqu’il s’agit de faire valoir sa gloriole et surtout ses intérêts, répondit le Cépiau.

- Oui, je sais, je l’ai vu manœuvrer dans les ventes de bois. Car c’est lui qui dirige le syndicat des propriétaires forestiers et il n’est pas tendre en affaire.

- Et puis comment crois-tu qu’il est devenu maire ? Certes, avec son copain le curé, il s’est mis dans la poche toutes les grenouilles de bénitier du pays, les bien pensants, les gens qui disent amen à tout. Crois moi, ils sont nombreux ces gens là et à eux deux, ils ont su embobiner tout le monde.

- Bon très bien, dit Yves, j’ai une idée. Robert va demander une audience au maire, prétextant un projet de coupe de bois sur la forêt communale. Maurice, lui se débrouillera pour amener le curé à la mairie. Et moi, je rameuterais les gendarmes d’A. pour cueillir les coupables. Et vous Cépiau, vous resterez planqué dans la roseraie près de la mairie jusqu’à ce qu’on vous fasse signe.

Sur ces bonnes paroles, ils trinquèrent de nouveau.

- C’est vrai qu’il est pas mauvais ton petiot vin rouge fit Yves à Robert en clignant de l’œil.

Après avoir mis au point dans les moindres détails leur plan d’attaque, les quatre hommes se quittèrent en fin d’après-midi.

˜  ™

Quelques mois plus tard, le curé fut reconnu coupable de l’assassinat de Pierre, frère du Cépiau. Il fut condamné à la peine maximale. Le maire-comte du village fut condamné à 25 ans de prison pour complicité dans l’assassinat. L’adjudant de gendarmerie fut révoqué pour incompétence et le docteur Rouleau, mis à la retraite d’office avec interdiction d’exercer.

L’évêque qui voulait faire un exemple nomma un prêtre-ouvrier, Alphonse comme curé de la paroisse. L’évêque reçut des centaines de lettres de protestation mais n’en tint aucun compte. Le curé devint bientôt l’ami du Cépiau. Les bigotes et les bien pensants du village ne tardèrent pas à être victimes d’une épidémie de crises d’apoplexie, ce qui fit la fortune du nouveau médecin.

Maurice et le Cépiau s’associèrent définitivement. Le château du comte fut mis en vente et la mairie le racheta un bon prix. Le sous-préfet confia la gestion du domaine à Charles.

Le commissaire Yves Taxus et Robert furent nommés à un grade supérieur dans leurs administrations respectives.

Tous les vendredis soir Yves, Charles, Maurice, Robert, Alphonse et le Cépiau se réunissaient aux Ravatins pour rendre hommage à la vie et à l’amitié. Au menu, les « productions locale »s et de « l’eau végétale »de Bourgogne !

AMEN.

* peyant : vagabond, chemineau, gueux.

* péter à la renverse : être stupéfait, frappé d’épouvante.

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Cornus rex-populi
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