Verbatim. C’est le nom que lui donne mon père. Il ne l’aime pas, et ce depuis l’ère mitterrandienne. Moi non plus. L’homme est d’une rare suffisance, hautement conscient de sa valeur. De la valeur, il en a forcément un peu par un certain côté brillant qui avait dû plaire à l’ancien président. C’est surtout un arriviste, sans doute aussi un usurpateur. Je n’en dis pas plus. Du temps de Sarkozy, il avait été à la tête de la « Commission pour la libération de la croissance française », puis dans d’autres commissions en pointillés depuis et plus encore depuis que l’actuel ministre de l’économie est aux affaires. Tout n’était pas absolument mauvais dans le rapport qui avait été fait, mais même le président de l’époque n’avait pas osé mettre en œuvre les mesures les plus libérales ou de régressions sociales.
Ce vendredi à la radio, il était encore invité et il a remis ça avec, entre autres, sa volonté de supprimer le principe de précaution, qui selon lui, est un frein abominable. Ce principe, inscrit dans la Constitution depuis 2005, n’est dans les faits, pas pris en considération dans le domaine de l’environnement et des milieux naturels. Si l’on excepte les OGM et les « gaz de schistes », pour lesquels ce principe reste cependant extrêmement fragile, il n’y a presque rien, même si on est d’accord que ces deux exemples sont majeurs si on pense aux montagnes de fric supplémentaires que les multinationales pourraient se faire en nous empoisonnant.
Mais autrement, le principe de précaution ne s’applique pas. En voici quelques exemples : Notre-Dame des Landes (études bâclées, nombreuses violations du Code de l’environnement et du droit européen sous couvert de prétendu intérêt public). Il en va de même, pour ce qui est plus proche dans l’actualité, du barrage de Sivens dans le Tarn (manquements similaires à NDDL – même si c’est bien plus petit, cela reste particulièrement scandaleux quand on regarde l’affaire d’un peu plus près), du projet Center Parcs de la forêt de Chambaran du côté de Roybon en Isère (beaucoup de problèmes aussi). Je ne parle pas de tous les projets, petits ou plus grands, qui passent comme une lettre à la poste et dont personne ne parle et dont beaucoup pourtant mériteraient que l’on s’insurge…
Et puisque c’est aussi dans l’actualité, parlons aussi de la tempête Xynthia (53 morts). Le maire de La Faute-sur-Mer vient de se faire infliger 4 ans de prison en première instance du procès. D’autres élus ou responsables locaux ont aussi été condamnés à de la prison ferme. Je vois là un net progrès depuis les nombreuses années où je dis qu’il y a une parfaite impunité des élus qui accordent des permis de construire en zones submersibles ou inondables au soumises à d’autres aléas environnementaux connus. Néanmoins, pas de quoi crier victoire. Les services de l’État ne sont pas condamnés (alors qu’ils portent également de lourdes parts de responsabilité) et les élus risquent d’être condamnés à des peines beaucoup plus légères, voire d’être blanchis devant la Cour d’appel, alors que leurs responsabilités sont écrasantes. Et je ne dis rien des préfets qui sont aussi responsables en prenant tous les jours des arrêtés illégaux, toujours favorables aux intérêts économiques de court terme et défavorables à l’environnement.
Tout cela n’est pas nouveau, mais tout cela est toujours révoltant. Les « écolos » des « zones à défendre » sont parfois un peu à côté de la plaque, du moins c’est ce qu’on nous montre de croustillant dans les grands médias, ce qui n’est pas loin de la manipulation pure et simple. Mais nombreux sont ceux qui ont raison de s’attaquer à ce qui est avant tout illégal, avant même d’être écologiquement ou moralement scandaleux. Mais le « folklorique », le « spectaculaire » est systématiquement mis en avant, sans parler du fond, du scientifique qui est pourtant accablant.