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Cornus rex-populi

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11 mai 2014

Entre Alsace et Maures (6) : matinée sur la route des vins

Le lendemain, bien que ce ne fût pas dans nos intentions de le visiter (nous avions d’autres objectifs), nous mettons le cap vers le château du Haut-Kœnigsbourg, que j’avais également visité quand j’étais gamin. Nous montons jusqu’à l’entrée. Comme il était encore tôt, il n’y avait pas beaucoup de monde. L’édifice est en travaux.

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Nous redescendons sur les coteaux du Haut-Rhin pour visiter la petite ville fortifiée de Bergheim, avec sa porte haute du XIVe siècle. A noter, comme dans toute l’Alsace, l’abondance, presque partout, des décorations de Pâques. Ce n’est pas toujours du meilleur goût de mon point de vue. En revanche, les jardinières de Pelargonium hyper-typiques de l’Alsace des cartes postales n’étaient pas encore vraiment de sortie aux fenêtres.

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Nous poursuivons à Ribeauvillé.

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La tour des Bouchers (XIIIe s.).

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Sur les hauteurs, à flanc de montagne, un des trois châteaux dominant Ribeauvillé : Saint-Ulrich (XII, XIII et XIVe siècles).

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On aura compris que nous étions sur la « route des vins ». L’étape suivante fut Hunawihr, avec en particulier son église fortifiée (XIV-XV-XVIe siècles). A l’intérieur, une nouvelle pensée pour Karagar en photographiant deux cloches fêlées.

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Nous découvrons Riquewihr par le haut, avec la porte haute (recto-verso).

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Nous stationnons sous les remparts (face nord), dominés ici par la tour des Voleurs.

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Nous cherchons finalement un restaurant qui a notre préférence dans le guide. Hélas, les installations d’un vigneron ont brûlé à proximité le 1er janvier, ce qui a mis le feu à plusieurs bâtiments voisins, dont « notre » restaurant, en travaux et fermé. Nous nous rabattons sur le restaurant que nous aurions choisi en second. Ce fut notre premier repas en plein air de l’année à l’abri des parasols dans une petite cour. Très agréable, avec une choucroute classique (il fallait bien qu’on s’y colle). Elle était excellente et très copieuse.

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Une des plus hautes maisons à pans de bois d’Alsace, surnommée le « gratte-ciel ».

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10 mai 2014

Entre Alsace et Maures (5) : églises de Sélestat

Nous allons un peu plus au sud en direction de Sélestat. En premier, la basilique gothique Saint-Georges. Je n’ai pas été enthousiasmé plus que ça par cet édifice. Pour couronner le tout, depuis Rhinau, il pleuvait. Il y a une crypte.

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A proximité presque immédiate, il y a l’église conventuelle romane Sainte-Foy de l’ancien prieuré bénédictin puis jésuite. Pour ne rien vous cacher, je préfère clairement cet édifice au précédent. Et puis, quelques rayons de soleil semblaient vouloir se frayer un chemin.

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Deux étonnantes « sculptures » ou « peintures » d’ombre et de lumière.

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Puis, après avoir pris possession de notre chambre d’hôtel, nous nous rendons dans un restaurant dans un village voisin (merci le guide, car un lundi de Pâques au soir, presque tout était fermé). Nous ne sommes pas morts de faim. Nous avons pris de la carpe frite. Cela m’a rappelé un souvenir de 1999 où j’en avais mangé trois fois en deux jours dans trois restaurants différents. La carpe frite est un grand classique de la vallée du Rhin alsacien. Inutile de dire que la carpe de mérite pas la mauvaise réputation que certains incultes lui ont faite. Cela implique néanmoins que le poisson ait été élevé dans des eaux d’une qualité suffisante.

C’est ainsi que cette longue journée s’est terminée.

9 mai 2014

Entre Alsace et Maures (4) : île de Rhinau

Nous quittons Strasbourg pour aller à la rencontre du Rhin. Je vous épargne le Rhin canalisé, lequel s’écoule souvent en hauteur (entre ses digues) par rapport à la plaine alluviale ello-rhénane compte tenu du jeu des aménagements hydrauliques et des biefs entre écluses. Le fleuve a, à ce titre, été bien davantage massacré que la Loire. Cependant, il existe, par exemple, l’île de Rhinau, coincée entre le canal et le Vieux Rhin et classée en partie en réserve naturelle nationale. J’y ai fait quelques investigations en 1999 (et 2000). On y trouve l’une des plus belles forêts alluviales relictuelles de France, pour ne pas dire la plus belle à bois durs (celles de la Loire à côté sont un peu ridicules, notamment par la taille des arbres). Elle a cependant perdu la Vigne sauvage, Vitis vinifera L. subsp. sylvestris (C.C. Gmelin) Hegi, consécutivement à l’arrivée du phylloxéra et d’autres conséquences de diverses pollutions et aménagements hydrauliques, les ormes en tant quarbres  dont Ulmus minor Miller (Orme champêtre) du fait de la seconde épidémie de graphiose du XXe siècle (on en trouve encore à une taille arbustive imposée par la maladie), et Fraxinus excelsior L. (Frêne commun) est maintenant menacé par cette « nouvelle » maladie fongique qu’est la chalarose du frêne. Quant au Quercus robur L. (Chêne pédonculé), il connaît aussi des dépérissements. Il risque de ne plus y avoir une seule espèce d’arbre dans ces forêts à moyenne échéance, le tout du fait de l’homme, de manière directe ou indirecte. Bon, j’arrête là, c’est vraiment à pleurer.

Les photos de cette année (seulement aux abords de la forêt).

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Et puis celles, argentiques, de juillet 1999, avec d’abord le vieux Rhin.

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En rentre vraiment dans la forêt où lon obseve une structure verticale complexe de cette forêt et très hétérogène dans l’espace, ouverte par endroits.

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Les lianes qui « dégoulinent ».

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De beaux grands frênes bien droits.

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Des contreforts aux arbres pour des espèces qui n’en font pourtant pas ailleurs.

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Une taille très respectable des chênes (ce nest pas le seul).

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8 mai 2014

Entre Alsace et Maures (3) : Petite France

Après le restaurant où nous avons dégusté, entre autres, un excellent baeckeoffe (une première pour moi qui en était quand même à mon quatrième court séjour alsacien), nous nous sommes dirigés vers les berges de l’Ill et la fameuse Petite France dont je gardais un excellent souvenir de mon enfance.

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Le pont barrage Vauban, encore lui. Mais où n’a-t-il donc pas sévi ?

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Je me souvenais bien des tours des « Ponts couverts » qui ne le sont plus aujourd’hui et ce nom ne me disait rien. Les couleurs sont ternes, une fois encore, à causes des conditions climatiques. Je me souviens très bien qu’à l’époque, mes parents avaient garé leur voiture pas très loin de ce pont sur un grand parking.  Ce parking n’existe visiblement plus et la configuration des lieux est méconnaissable. Mais cela plus de 30 ans… En revanche, la mocheté locale, c’est le siège du Conseil général, sorte de récent vaisseau noir qui jure franchement. Comment l’architecte des bâtiments de France a-t-il pu tolérer ça ?

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Nous revenons près de la cathédrale. Nous passons à nouveau près de la place Gutenberg. Une maison a un toit très proche de ce qui s’observe en Flandre belge (de nombreux bâtiments sont similaires en Alsace).

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Il était question aussi de voir de plus près la maison Kammerzell (là aussi, je ne connaissais pas le nom, mais l’image m’était bien restée depuis ma première visite). Les vitres en cul de bouteille sont, paraît-il, pour la plupart d’origine (Renaissance).

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Tout cela me plaît, dois-je le préciser ? Seul le temps n’était pas de la partie. Nous avons alors quitté Strasbourg, mais la journée nétait pas terminée pour autant...

8 mai 2014

Entre Alsace et Maures (2) : musée des arts décoratifs de Strasbourg

En ce lundi Pâques, plusieurs musées étaient fermés. Le musée des beaux arts n’offre que de la peinture. Faut de temps aussi, nous avons laissé de côté celui d’archéologie. Nous avons opté pour celui des arts décoratifs. Ces trois musées sont dans le même groupe de bâtiments, à côté de la cathédrale, du palais Rohan, ancienne résidence des princes-évêques.

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La chambre du roi.

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La bibliothèque.

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Un poêle en faïence et autre objet de décoration.

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Des mécanismes horlogers dont l’ancienne horloge astronomique de la cathédrale.

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Des faïences plus classiques, pas trop nombreuses (contrairement à Arras) dont des animaux très réussis à mon goût (enfin, ceux qui ont attiré mon attention).

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6 mai 2014

Entre Alsace et Maures (1) : cathédrale de Strasbourg

Je l’avais visitée quand j’étais gamin (une dizaine d’années ?) avec mes parents. Javais été surtout impressionné par la hauteur de lédifice (flèche). A l’occasion d’un colloque international organisé à Strasbourg, et parce que l’hôtel qu’on m’avait choisi se trouvait à côté, j’étais venu voir sa silhouette illuminée un soir d’octobre 1997 : la meilleure façon d’admirer les dentelles de pierres que l’on voit ainsi d’une légèreté inouïe. Le lendemain soir, j’assistais à un concert d’orgues privé puisque le mari de celle qui organisait le colloque et qui allait devenir ma co-directrice de thèse, était l’ancien organiste titulaire du grand orgue.

Il était tout naturel de retourner voir cette cathédrale. Nous n’avons hélas pas eu beau temps et on pourra constater que mes photos sont bien ternes. Bien qu’en ce lundi de Pâques, la « parade » complète de l’horloge astronomique soit exceptionnellement d’accès gratuit, nous n’y sommes pas allés tant il y avait foule bien avant l’heure (12 h 30).

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4 mai 2014

De retour

Nous sommes donc revenus de notre grand périple alsacien et méridional avec étapes bourguignonnes. Je me permets de remettre, cette fois, mes propres photos pour donner les bonnes réponses.

Sans difficulté particulière, on avait reconnu la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg.

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Certain avait reconnu un édifice au gothique germanique : il s’agit de l’une des églises de Sélestat (Saint-Georges).

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Le bâtiment de briques est le musée de l’automobile de Mulhouse.

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L’abbaye cistercienne du Thoronet avait été également repérée.

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En revanche, personne n’avait trouvé la chartreuse de la Verne, également dans le Var au cœur du massif des Maures.

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J’aurai l’occasion de revenir sur tout cela, et bien plus que cela, dans les prochains épisodes.

20 avril 2014

Bientôt en partance

Quelques photos d’un des jardins de notre congrégation laborieuse.

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Viburnum lantana L. (Viorne lantane)

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Prunus mahaleb L. (Cerisier de Sainte Lucie)

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Quelques photos du jardin de notre congrégation domestique.

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Nous partons bientôt pour un petit périple à travers diverses contrées.Il ne sagit pas là des dernières tulipes. Daures, plus tardives ne sont pas prêtes. Plus ennuyeux, nous allons rater le coeur de la floraison rhododendronesque, qui promet pourtant dêtre exceptionnelle.


Nous partons bientôt pour un petit périple à travers diverses contrées.

D’abord pour voir ça [photo Ouiqui].

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Dans la même région pour voir ça, entre autres choses bien plus typiques [photo Ouiqui].

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Toujours dans la même région, voir ce qu’il y a dans ce bâtiment [photo Ouiqui].

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Passer pas loin d’ici.

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Bien plus au sud, voir ça [photo Ouiqui].

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Après un extrait d’escapade floristique, nous aurons, j’espère, l’honneur de voir ceci [photo Ouiqui].

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Puis, nous repasserons par là.

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Joyeuses Pâques, bonnes vacances à ceux qui en ont. Et pas moins de bonnes pensées et de bises à tous les autres.

 

14 avril 2014

Séjour nivernais (2 et fin)

La formation ne se déroulait pas à Nevers, mais débutait à une cinquantaine de kilomètres au nord-nord-est, dans un petit village. Le rendez-vous était donné dans un bistrot-restaurant. Après l’arrivée de tous les participants et le café d’accueil avalé, direction la salle des fêtes de la commune. Seule une femme était présente dans l’assemblée (le monde de la sylviculture semble très masculin dans l’ensemble). J’avais repéré un homme dont l’apparence me disait quelque chose, mais je ne voyais pas, alors je me suis dit qu’il devait ressembler à quelqu’un que je connaissais. En entrant dans la salle, cet homme m’interpelle, en me disant comme cela va à mon travail. Il a une veste avec le logo du Par*c nat*urel rég*ional d’Armo*rique. Je ne vois toujours pas, mais je lui dis que sa tête me disait quelque chose. En fait, nous avions fait du terrain ensemble à l’occasion d’une visite sur les falaises de Normandie (il travaillait pour le Conserv*atoire du lit*toral à l’époque). Le voir là paraissait tellement incongru, que mon cerveau a eu du mal à établir la connexion. Pas de véritable tour de table comme on le voit souvent et où chacun se présente et annonce les attentes du stage. Au lieu de cela, un questionnaire axé sur l’objet de la formation et rempli par petits groupes, ce qui a permis de faire un petit peu connaissance et de voir les sensibilités de chacun. Mon « armoricain », était aussi ici un peu en décalage (il était là pour savoir comment convertir une futaie résineuse sur lande dans les monts d’Arrée) puisque le reste du public était assez conforme à ce que je m’imaginais : techniciens et experts forestiers œuvrant principalement pour la forêt privée. Il y avait aussi un Danois.

Après les présentations théoriques, qui n’avaient rien de sorcier à mon niveau, même si je suis peu habitué à un certain vocabulaire ou à des sigles que j’étais le seul à oser réclamer le sens. Je me suis amusé par la suite sur le fait que certains venaient me demander si je comprenais le sens complet des exposés sur le terrain. Car évidemment, après avoir retenu quelques notions, la suite m’est apparue assez facile (je ne suis pas complètement néophyte en la matière). Il faut dire aussi que les intervenants ont été bons de mon point de vue.

Le repas fut pris dans le bistrot-restaurant, puis nous sommes partis sur le terrain, à plus d’une demi-heure de covoiturage de là. Le temps de discuter et de faire de la pédagogie avec un jeune forestier sur les peupleraies (oui, je connais quand même pas mal). Ce que nous avons vu sur le terrain était intéressant, mais on n’a fini une heure plus tard que prévu. Au revoir mon idée de passer par la cave de Pouilly-sur-Loire et me ravitailler en Pouilly-Fumé. Même punition le lendemain, alors que nous étions cette fois dans le sud de la Nièvre (près de Decize). Là aussi, j’ai été privé de Loire. Ce problème a été évoqué par la participante et je ne me suis pas gêné pour l’écrire dans l’appréciation du stage. C’était le seul point négatif, dû au fait que l’organisateur avait voulu trop en faire et les intervenants nous ont montré des choses un parfois carrément redondantes sur le terrain.

La matinée du jeudi était consacrée à un exercice au marteloscope. En fait, il s’agit d’une parcelle forestière où chaque arbre est numéroté (même les petits), mesuré et repéré sur plan. Le « jeu » consiste à opérer un martelage virtuel, autrement dit faire comme si on martelait les arbres qui « devaient » être abattus compte tenu de critères définis à l’avance et en faisant en sorte d’améliorer la qualité du peuplement et de favoriser le développement des arbres qui restent, petits et gros.

Quel bilan de ce stage ? Un public assez « haut de gamme » dans l’ensemble. Personnellement, je vais surtout en tirer le bénéfice d’une meilleure connaissance de la psychologie des forestiers et mieux comprendre leurs difficultés quand elles ne sont pas feintes. Je suis très satisfait de mon séjour.

Voici quelques images de ces chênaies acidiclines à acidiphiles. Cela commençait tout juste à débourrer dans le haut.

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J’ai péniblement eu le temps de dire bonjour à la cathédrale de Nevers, avant d’aller dans un restaurant recommandé par le Roue-tard le mercredi soir. A peine plus cher que les autres restaurants qui offre du tout venant, et autrement meilleur. Il s’agit du Gam*bri*nus.

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Après la formation, étape à Châlons-en-Champagne via Clamecy, Auxerre et Troyes (diable que c’était long) et arrivée le vendredi en fin de matinée à Lille où je devais intervenir en début d’après-midi sur les arbustes dans un colloque national.

13 avril 2014

Séjour nivernais (1)

Comme je l’avais laissé entendre, j’ai donc passé une partie de la semaine dans le Nivernais occidental. Trois jours pleins pour une formation de sylviculture axée sur la futaie irrégulière de chênes. Une formation, non pas pour une reconversion professionnelle comme cultivateur d’arbres, mais pour mieux comprendre les arguments des sylviculteurs dans le cadre de mon travail. Je pense avoir évoqué à plusieurs reprises les soucis que l’on a avec certains représentants des forêts publique et privée (souvent malhonnêtes intellectuellement) et je suis souvent en première ligne.

Cette formation était axée sur un point particulier : le traitement irrégulier des forêts de chênes, autrement dit le fait d’avoir dans un peuplement forestier, presque en permanence, toutes les classes d’âges d’arbres, du jeune semis jusqu’au très gros bois susceptible d’être exploité. Cela signifie qu’en futaie irrégulière, il n’y a jamais de coupe rase, ni de grande trouée dans la matrice forestière. Il s’agit donc d’un mode d’exploitation qui ne génère pas de « catastrophe », de traumatisme à la forêt comme on l’observe en futaie régulière. Le problème n’est pas le traumatisme en lui-même, car il s’observe d’une manière ou d’une autre dans des forêts naturelles, mais c’est la fréquence de l’événement et la surface sur laquelle cela se produit, bien plus importantes.

Le traitement en futaie irrégulière est un peu plus proche de ce qui s’observe dans la nature, mais n’a néanmoins rien à voir avec une forêt naturelle. En effet, on recherche ici la qualité des bois, et on élimine les arbres brogneux ou mal fichus. On peut conserver des arbres mourants s’ils n’ont pas une grande valeur commerciale (sur pied ou à terre), mais on retire presque tout le bois coupé. On cloisonne le peuplement pour y accéder plus facilement (il vaut mieux cela plutôt que de ne passer jamais au même endroit, surtout sur des sols sensibles au tassement). Comme en futaie régulière, on exploite les arbres quand ils sont sains et de valeur, ce qui fait que l’on coupe rarement des arbres au-delà d’une certaine taille, mais ce mode d’exploitation autorise néanmoins de conserver de très gros bois bien au-delà de la taille d’exploitation. Enfin, ce mode d’exploitation nécessite de fréquents passages en forêt, pour la surveillance, mais aussi pour des interventions et des coupes (tous les 7-8 ans bien souvent), mais l’avantage de cette fréquence est que l’action est très peu traumatisante, y compris d’un point de vue paysager.

Je considère que ce mode de sylviculture reste « intensif », et à conditions environnementales équivalentes par ailleurs, très intéressante sur le plan économique : revenus bien moins importants que lors d’une coupe rase, mais ils sont réguliers et cela nécessite peu d’investissements en travaux car on laisse davantage faire la nature. Certains traitements en futaie irrégulière peuvent donc être assimilés à l’équivalent de l’agriculture biologique. Cela nécessite néanmoins des compétences différentes pour les gestionnaires forestiers (mais également chez les propriétaires et les bûcherons). Des compétences différentes et j’irai jusqu’à dire supérieures (ou oubliées), comme en agriculture biologique.

On l’aura deviné, même si cela ne représente pas l’idéal forestier absolu, je suis favorable depuis longtemps à la futaie irrégulière comme mode d’exploitation sylvicole, et je voulais en savoir plus. Car cette sylviculture reste très peu pratiquée, surtout dans certaines régions et avec certaines essences. Dans le nord de la France, lorsque j’ai osé prononcer les mots « futaie irrégulière » avec les responsables de la forêt publique ou privée, je me suis presque fait insulter, ces derniers n’hésitant pas, comble d’hypocrisie, à avancer un argumentaire de biodiversité. Évidemment, en futaie irrégulière, il y a peu (pas) d’espèces de milieux ouverts ou de coupes forestières : quel scoop, quelle mauvaise foi !

A suivre.

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