Un peu avant midi cette veille de Noël, j’ai appelé Calyste. Ce n’était pas la première fois, mais j’avais presque oublié plusieurs choses. La première, la voix extrêmement jeune que l’on entend s’exprimer. Ensuite, l’accent régional de mon enfance, plus stéphanois que lyonnais à mon oreille. Il est vrai que cette voix a du mal à se retranscrire sur un blog et on finit par l’oublier à la lecture. D’ailleurs, si Calyste écrit beaucoup, il n’est pas avare de paroles simples et sympathiques et c’est à regret que j’ai dû prendre congé de lui non sans avoir convenu d’un rendez-vous trois jours plus tard.
Ce jour-là, le vent tordait les arbres, toujours un peu dans le même sens.

Pour le réveillon de Noël, Fromfrom avait préparé cette bûche-charlotte chocolatée aux poires (on n’a pas pensé de prendre en photo l’intérieur qui était pourtant très réussi).

Que c’est dur la pâtisserie !

Le lendemain, les décorations des arbres de Noël ressemblaient à ça.

Rubrique charcutière lyonnaise
Traditionnellement, à l’occasion des fêtes de fin d’année, au moins dans les campagnes du sud des monts du Lyonnais, on mangeait du bon-jésus, autrement dit ce très gros saucisson fait dans le plus gros intestin du cochon, et plus rarement, dans la vessie (appelée gonfle). Les ficelles, le volume de la charcuterie font effectivement penser au nouveau-né de la crèche en pareille saison. Ce bon-jésus (sec) est presque systématiquement cuit à l’eau, après avoir été mis à dessaler. C’est ce que mon père fait toujours, tous les ans et je trouve cela absolument excellent et d’un goût inimitable dans toutes les charcuteries industrielles ou artisanales.
Tranche de bon-jésus cuit avec mon couteau pour l’échelle.

Selon ma mère et sa sœur, dans le coin, tous les saucissons se mangeaient traditionnellement cuits jusque vers 1945-50. Seuls les petits saucissons ou les saucissons fins étaient mangés secs et crus. A noter aussi que l’on mange aussi du saucisson brioché (brioche fourrée au saucisson) avec des saucissons égouttés quelques jours ou semaines seulement après leur fabrication. Cela n’était cependant pas traditionnel dans les campagnes, ou alors c’était pour des occasions très spéciales. Les porcs étaient traditionnellement abattus à la ferme en hiver entre fin décembre et début mars pour des raisons de vitesse de rassissement de la viande et de conservation de la viande, y compris pour les saucissons en début du séchage. Aujourd’hui, réfrigérateurs et congélateurs autorisent d’autres possibilités. Néanmoins, les rosettes artisanales traditionnelles sont en général fabriquées en début d’année pour être consommées à l’automne jusqu’à l’année suivante. Je dois préciser ici que les rosettes en question n’ont rien à voir avec ce que l’on trouve sous ce nom dans l’immense majorité des charcuteries de France. Il s’agit en réalité d’un saucisson sec réalisé dans la partie terminale du boyau de porc, un boyau droit, sans renflements ou irrégularités et de forme tronconique, assez long et surtout réalisé dans une « membrane » plus épaisse et assez grasse. Cette particularité induit un séchage du saucisson plus lent et régulier et induit un goût un peu différent par rapport à un saucisson de diamètre équivalent et réalisé dans les mêmes conditions.
Tranche de rosette crue, toujours avec mon couteau pour l’échelle (remarquez l’épaisseur du boyau).

Fromfrom avait commis une autre pâtisserie : une charlotte royale à la mousse au chocolat et aux poires où les biscuits à la cuillère sont remplacés par du gâteau roulé fourré à la crème de marron. La recette indiquée dans la revue spécialisée présentait néanmoins des problèmes de proportions et la photo non contractuelle du magazine montrait un résultat moins beau que celui réussi par Fromfrom. Et la réussite n’était pas qu’esthétique.

Le lendemain après-midi, nous avions décidé de « monter à Pilat ». Fin novembre, il était tombé beaucoup de neige sur les sommets (environ un mètre), mais cela avait largement fondu. Seulement, la pluie de la veille au soir et de la nuit ressemblait à de la neige là-haut.


C’était la première fois que je voyais ce genre de plaisanterie.

A la Jasserie, il y avait de quoi être frigorifié devant la « porte des étoiles » karagarienne.
