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Cornus rex-populi

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26 janvier 2014

Brèves cornusiennes (17)

Ce matin, contre toute attente, le ciel était clair et il avait légèrement gelé. Une photo de l’autre côté de la rue, avant que le ciel ne se couvre pour le reste de la journée.

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Ma mère avait essayé à plusieurs reprises depuis que j’étais gamin, mais les résultats n’avaient jamais été à la hauteur, c’est le moins que l’on puisse dire. Cela faisait des mois que je souhaitais qu’elle passe à l’action, mais ce n’est qu’hier qu’on est passé aux choses concrètes. Après galette et Pithiviers, Fromfrom a fait des croissants. Il ne s’agit pas de la même pâte, puisque celle-ci est feuilletée levée (contient de la levure de boulanger). Pour une première, le résultat est très très bien. Esthétiquement, ils pourraient être un peu plus arqués comme des croissants classiques, mais gustativement, ils surclassent ceux tous les boulangers-pâtissiers de la ville à l’exception de notre fournisseur habituel. Fromfrom n’osait pas se lancer et pourtant, c’est une réussite.

 

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23 janvier 2014

Fatigue grise

Ce matin, je me suis levé de très bonne heure pour aller à une réunion Nat*ur*a 20*00 au fond de l’Avesnois qui démarrait assez tôt, et malgré cela, je suis presque arrivé en retard. En cause, l’épouvantable bouchon lillois qui se forme sur « mon » autoroute de l’ouest de l’agglomération, plus important que prévu (probablement un accident ?). Pendant la réunion, j’ai entendu dire pas mal de conneries, mais je n’ai rien laissé passer. J’imagine néanmoins que lorsque des personnes comme moi (autrement dit des personnes qui contrent les poncifs anti-scientifiques) ne participent pas à ce genre de réunion, personne ne dit rien et les âneries passent pour argent comptant. Mais là, on y va, donc on engage le combat. Je parle bien d’engager le combat. Il est tellement plus facile de ne rien dire, de laisser glisser, comme le font certains scientifiques, par peur de se mouiller, par peur du conflit ou parce que leur éducation traditionnelle le leur interdit. Et comme ça, les élus entendent un autre son de cloche que celui qui est le plus souvent joué. Le simplisme ne fait pas peur aux anti-nature. En général, plus c’est gros, mieux ça passe. Mais on sait aussi se faire plus subtil. Du genre : « il faut (ou variante : on doit) réaliser les coupes de régénération (en clair des coupes rases), pour dynamiser le peuplement forestier et favoriser la biodiversité et lutter contre le changement climatique ». C’est bien emballé, le discours a été réfléchi par des têtes bien (mal) pensantes au plus haut niveau et le tout est recraché partout en France comme un seul homme. Inutile de dire que ces fadaises passent bien quand des affreux dans mon genre ne s’interposent pas. Et du coup, les élus peuvent alors entendre tout autre chose. Et fait marquant ce matin, j’ai été soutenu (fait rarissime) par un maire, assez âgé, mais qui ne semble pas tout à fait prêt à gober n’importe quelle ânerie déblatéré par les trois représentants du lobby de l’exploitation sylvicole.


 

Cet après-midi, dans mon bureau, le gris dominait encore entre deux averses. Voici ce que je peux voir par ma fenêtre de toit.

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21 janvier 2014

Brèves cornusiennes (16)

Après une très belle et surtout bonne galette des rois l’an dernier, confectionnée de A à Z l’an dernier (voir ici), nous avions décidé de faire encore mieux cette année : un Pithiviers ! Pour bien comprendre, nous avions entendu parler de cette spécialité dans l’émission « Le meilleur pâtissier » diffusée en novembre-décembre, et cela nous avait plu. Quelles différences avec une galette ? Une crème d’amande à l’intérieur au lieu d’une frangipane, mais surtout un festonnage sur la bordure et une rosace sur le dessus. Tout cela n’est pas aussi simple que cela et je suis très fier de dire que j’ai participé à cette décoration typique. Fromfrom n’était pas confiante sur son feuilleté, mais cela a été une réussite. On peut encore faire mieux, mais pour une première, je nous vote des félicitations.

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J’ai un nouvel objectif – stabilisé cette fois – pour mon appareil photo. Voici une des toutes premières images qui en résulte.

 

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Dehors, malgré quelques petites gelées trop rares, il n’y a pas eu de vrai bon coup de froid. Devant la maison, les Pelargonium sont prêts à fleurir et dans le jardin, des roses arrivent à ce maintenir en bouton (mais nous avons vu dans certains jardins en ville des roses complètement épanouies). Où va-t-on ?

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En attendant celles du jardin qui sont déjà bien sorties, celles cueillies au marché dimanche matin sont bien épanouies. J’ai été synchrone avec Calyste cette fois.

 

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20 janvier 2014

De 2013 à 2014 (9 et fin) : 2014

Pour bien finir 2013, nous n’avons pas réalisé d’excès excessivement excessifs, alors on a aussi très bien mangé début 2014. Nous n’avons néanmoins pas trop bougé le Jour de l’An. Nous avons regardé Cléopâtre à la télévision, que je n’avais probablement jamais vu, contrairement à ce que je pensais.

Le lendemain, avec mes parents, direction la partie sud du Pilat, à deux pas du département de l’Ardèche où se trouve le barrage du Ternay, en cours de remplissage (donc pas très photogénique à mon goût).

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Puis nous sommes allés à Bourg-Argental, motif principal de notre déplacement, où se trouve une néo-église romane de la fin du XIXe s., en réalité reconstruite et agrandie, mais ayant conservé sur sa façade, son portail sculpté intact du XIIe s. La pierre semble être un grès assez friable et donc fragile et de ce fait, l’état de conservation est exceptionnel.

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Nous ne nous sommes pas attardé à Saint-Julien-Molin-Molette dont le nom a bien sonné aux oreilles de Fromfrom, mais pas très loin de Saint-Genest-Malifaux, on a vu cette sorte d’ancienne ferme fortifiée.

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Ayant aperçu un panneau « monument historique » à propos de l’église de Marlhes, nous y avons fait un crochet. Pourtant, l’église du XIXe s. n’a rien de vraiment inoubliable à mes yeux. J’ai quand même fait une photo d’un christ en croix.

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Nous sommes rentrés par Saint-Étienne. Puis nous sommes allés voir, pas très loin de chez mes parents, les illuminations dans le jardin d’une maison de particulier qui ouvre ses portes aux visiteurs.

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Bon évidemment, ces dernières images sont un peu déplacées presque un mois après Noël, et ce nest pas quelque chose que jaffectionne particulièrement, mais cétait juste pour lamusement.

Nous sommes rentrés le lendemain.

Ainsi se termine la série qui a donc pris un peu de retard. Cest un peu vexant, car pour une des rares fois, tout avait été rédigé et les photos sélectionnées à lavance.

19 janvier 2014

De 2013 à 2014 (8) : Saint-Sylvestre

J’avais repéré dans un guide touristique des choses intéressantes à visiter que je ne connaissais pas, même de nom. Ainsi, pour le dernier après-midi de l’année, nous avons mi le cap sur l’est de Vienne. Nous savions le château fermé en cette saison, mais nous avons néanmoins décidé d’aller voir à quoi cela ressemblait en cette saison. Je parle de Septème, un village établi à la septième borne milliaire de la voie romaine qui reliait Vienne à Milan. Il s’agit d’un château médiéval, avec un fort du XIe s. et des remparts du XIIIe s.

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Nous sommes ensuite allés un peu plus au sud, voir la chapelle Saint-Mamert, avec son clocher-mur du XIe siècle. Mais l’édifice, pratiquement situé dans une cour de ferme était fermé. Ceux qui connaissent bien la région reconnaîtront sur la dernière photo les sommets du Pilat, et le crêt de l’Œillon en particulier.

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Pour rentrer, nous coupons par Condrieu et ses coteaux, où pousse ce que Lancelot na pas encore goûté (ça, je viens dajouter, le sachant pas trop loin).

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Un peu plus loin, nous voyons les derniers rayons de soleil se coucher sur les Alpes.

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Déjà sur les pentes moyennes du Pilat, nous passons par La Vieille Chapelle à La Chapelle-Villars. Cette belle chapelle dorigine médiévale semblerait avoir été restaurée par lintermédiaire dune association.

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Le soir, Fromfrom réinterprétait un bavarois à la clémentine.

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19 janvier 2014

De 2013 à 2014 (7) : Chagnon

Chagnon est une petite commune presque limitrophe avec celle de résidence de mes parents et j’y suis pourtant assez peu allé, particulièrement pendant mon enfance. Nous allions plus volontiers dans la campagne chez mes grands-parents, ou des villages et routes plus « civilisés ». En effet, à Chagnon, on n’y passe pas, on y va spécifiquement ; le village est quasiment un cul de sac, établi sur un versant escarpé, avec des ruelles étroites et sans commerces ou presque à l’heure actuelle. Un peu à l’abri du développement économique du XXe siècle, le village est pourtant resté assez pittoresque.

Le territoire de la commune est surtout occupé par des vergers (cerisiers, pêchers, pommiers, poiriers), à l’image de plusieurs communes voisines. Les vergers les plus difficiles à cultiver avec des moyens mécanisés ont été peu à peu abandonnés, particulièrement au niveau des anciennes cultures en terrasses, très nombreuses dans le coin. Il y a quelques dizaines d’années, les vignes y étaient encore fréquentes.

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Sur la rivière (la Durèze), un pont du XIVe s.

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Sur le versant opposé au village, se trouve la « Cave du curé » dont j’ignorais le petit nom, mais dont je connaissais l’existence, sans y être allé voir pour autant. Calyste m’avait rappelé, quelques jours plus tôt, qu’il avait travaillé, il y a déjà pas mal d’années, sur l’aqueduc romain du Gier qui alimentait Lugdunum en eau potable (ce nest pas tout neuf, mais jen avais parlé ici). Fromfrom n’a pas pu me suivre dans l’ascension de la pente, d’autant qu’à ce moment là, la pluie avait redoublé en intensité, rendant le parcours par le sentier assez glissant. J’ai même un peu trempé mon appareil photo. Je n’ai pas tenté d’entrer dans l’aqueduc creusé dans le rocher à flanc de colline. Selon mon oncle qui l’a traversé (en dehors des entrées et sorties où il faut ramper, on peut circuler à l'intérieur), le conduit forme un coude au milieu car les deux équipes qui auraient creusé chacune de leur côté ne seraient pas tombées pile en face. L’histoire de cet aqueduc est assez extraordinaire quand on songe à la précision et à l’efficience des technologies employées. On songe qu’à présent, avec la débauche des technologies, l’utilisation des niveaux laser, des théodolites et autres GPS ultra sophistiqués, on a le sentiment d’avoir à peine progressé depuis deux mille ans.

L’entrée.

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La sortie.

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Et puis il y a aussi l’église romane du XIIe siècle où l'on trouve scellée, la « Pierre de Chagnon », pierre romaine gravée qui définit une zone de non-constructibilité autour de laqueduc et qui avait été trouvée non loin de là.

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16 janvier 2014

De 2013 à 2014 (6) : Lyon

Comme convenu, nous fûmes reçus chez l’excellent Calyste le vendredi car il nous avait gentiment invités. Nous étions presque gênés de débarquer ainsi presque à l’improviste, mais d’un autre côté, nous nous sommes immédiatement sentis en terrain amical familier... Ce que nous avons vu chez lui ressemblait dans les grandes lignes aux éléments qu’il avait lui-même décrit et montré ou que je m’étais imaginé. Après un très bon repas, Calyste ayant eu un rendez-vous imprévu, nous n’avons pas pu aller au musée des Beaux-arts avec lui comme nous l’avions prévu. Comme nous sommes tous excessivement avares de paroles, je pense même que nous avons mis en retard notre hôte. Nous nous sommes donc quittés à regret, mais avec une promesse de sa part de venir nous voir dans le grand Nord.

Nous sommes donc allés au musée sans Calyste. Quand nous fûmes sur place, l’après-midi était déjà bien entamé. D’ici que nous regardions, pourtant rapidement, ce qu’il y avait dans le cloître et surtout que nous faisions la queue pour nos billets d’entrée (le système de guichets est assez mal conçu d’autant plus que seule une caisse sur les deux fonctionnait), nous n’avions absolument plus le temps de visiter à la fois la collection permanente et l’exposition temporaire, pour laquelle il y a une entrée spécifique et où il semblait y avoir beaucoup de monde. Nous avons donc opté pour la collection permanente car nous ne connaissions pas du tout. En revanche, l’exposition temporaire nous aurait plu, au moins sur le papier, car elle était consacrée au surréalisme. Si cela intéresse Calyste, c’est jusqu’en février.

La collection permanente s’apparente à celle du Louvre, sauf que contrairement à ce musée, on retrouve des œuvres depuis la seconde moitié du XIXe s. jusqu’à nos jours. Et contrairement au musée analogue de Dijon, les œuvres antiques sont présentes et même très nombreuses et diverses. J’ai réalisé les photos avec l’appareil de Fromfrom, qui bien qu’étant un appareil d’entrée de gamme, offre des performances très honorables à main levée (les photos sans flash sont autorisées), à certains égards meilleures à celles de mon réflex. Le musée est installé dans le palais Saint-Pierre, une ancienne abbaye bénédictine de femmes. Les bâtiments datent ici des XVII-XVIIIe s.

Le cloître accueille des statues de Bourdelle, Duret et Rodin. Certains socles étaient vides. Il semblerait bien en effet, comme l’avait signalé l’ami Calyste, qu’elles aient été dérobées. Il faut préciser que l’accès au cloître est libre depuis l’extérieur.

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Des escaliers intéressants à mes yeux.

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La chapelle abrite, elle, une partie de la sculpture la plus monumentale, essentiellement du XIXe s.

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9) [même sujet que la 8]

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Des antiquités égyptiennes. Avec, en particulier, toute une série de vêlages que l’on croirait bien plus modernes (exemple en 23).

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Quelques autres antiquités.

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Des œuvres médiévales.

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Et de la peinture de la Renaissance à nos jours. La dernière (66) est l’œuvre d’un peintre français le plus cher et que je n’aime pas. En fait, j’aurais voulu photographier une autre toile qui représente une escroquerie bien plus patente, mais la batterie du photoscope de Fromfrom a rendu l’âme à ce moment précis. Y verra-t-on un signe ? Mais serais-je pour autant soulagé ?

 

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Et, prises juste avant, des sculptures de Rodin & co.

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68)  [même sujet que le précédent]

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69) [non, ce n'est pas un 69]

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16 janvier 2014

De 2013 à 2014 (5) : cheveux [hors série]

Je ne vais pas dire que j’ai un complexe avec mes cheveux, mais je n’en suis peut-être pas si loin.

Quand j’étais gamin, mon père m’emmenait chez son coiffeur pour hommes qui avait son salon dans le quartier où il avait passé sa jeunesse, c’est-à-dire en bas de chez ma grand-mère. C’était déjà un homme d’un certain âge. En grandissant un peu, mes épis, un à l’arrière de la tête et surtout un énorme devant, absolument indomptable, faisaient beaucoup causer. Le coiffeur avait décidé de me coiffer avec la raie au milieu, ce qui vu avec un minimum de recul, était une horreur absolue. Et surtout, mes cheveux alors très abondants, et surtout excessivement raides, avaient tôt fait de revenir dans une autre position d’équilibre, surtout que je ne mettais pas de gel ou de laque (cela ne se faisait pas à l’époque par chez nous, surtout pour des gamins, et quand bien même, je ne me serais moi-même jamais astreint à ce genre de choses). Et il était hors de question de couper les cheveux de mon épi de devant, d’autant qu’on m’avait dit, de façon fort sympathique que j’avais un trop grand front. Un épi qui me vaudra à l’école primaire et au collège le surnom de Tintin, entre autres qualificatifs, moins glorieux qui m’étaient donnés pour d’autres raisons liées à mon caractère ou à ma façon d’être.

Une fois, pour tester d’autres possibilités de coupes de cheveux, ma mère m’avait emmené chez sa coiffeuse, qui m’avait littéralement massacré avec une coupe en escaliers (non volontaire car j’ai vu depuis que cela se pratiquait à dessein). Il avait alors fallu le lendemain m’emmener corriger le tir chez le coiffeur habituel. Plus tard, le coiffeur en question ayant pris sa retraite, je dus aller chez un autre qui, sans corriger les défauts d’implantation pour lesquels on ne peut pas faire grand-chose, eut néanmoins la bonne idée de pratiquer une coupe plus sobre et fort simple qui est encore dans les grandes lignes celle que je fais réaliser aujourd’hui.

A partir du lycée et particulièrement la classe de première, je ne fus plus l’objet de railleries ouvertement assumées sur mon physique ou d’autres choses. Et il faut dire que ma coiffure était vraiment passe partout par comparaisons avec certaines excentricités qui se pratiquaient volontiers chez les individus de mon âge.

Je fais un saut dans le temps et je me retrouve au service militaire à 24 ans. Bien que passé par la case coiffeur quelques jours avant l’incorporation, je me retrouve tondu uniformément à quelques millimètres dès le premier jour. Ma densité de cheveux avait déjà diminué, mais on ne pouvait pas encore parler de calvitie. Mais c’est à cette occasion que je m’aperçus que quelques rares cheveux blancs commençaient à apparaître sur les tempes.

Quelques années plus tard (28-29 ans), mes parents me font remarquer à juste titre que j’ai perdu beaucoup de cheveux et que ma calvitie est déjà bien entamée. Je retrouve effectivement régulièrement beaucoup de cheveux dans la douche. Je vais alors acheter dans une pharmacie un produit miracle que je trouvais excessivement cher à l’époque (300 francs), puis à la suite quelques flacons un peu moins chers qui venaient du supermarché. Que l’on attribue la chose au produit, à un miracle ou à autre chose, le fait est que la densité de mes cheveux n’a pas évolué depuis quinze ans.

J’aimerais avoir davantage de cheveux sur le dessus du caillou, mais je me satisfais de ma situation qui pourrait être bien pire compte tenu de la trajectoire qui s’était esquissée il y a quinze ans. Quant à mon aspect poivre et sel de plus en plus salé, cela ne déplaît pas à la principale intéressée, alors…

16 janvier 2014

De 2013 à 2014 (4) : Noël

Un peu avant midi cette veille de Noël, j’ai appelé Calyste. Ce n’était pas la première fois, mais j’avais presque oublié plusieurs choses. La première, la voix extrêmement jeune que l’on entend s’exprimer. Ensuite, l’accent régional de mon enfance, plus stéphanois que lyonnais à mon oreille. Il est vrai que cette voix a du mal à se retranscrire sur un blog et on finit par l’oublier à la lecture. D’ailleurs, si Calyste écrit beaucoup, il n’est pas avare de paroles simples et sympathiques et c’est à regret que j’ai dû prendre congé de lui non sans avoir convenu d’un rendez-vous trois jours plus tard.

Ce jour-là, le vent tordait les arbres, toujours un peu dans le même sens.

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Pour le réveillon de Noël, Fromfrom avait préparé cette bûche-charlotte chocolatée aux poires (on na pas pensé de prendre en photo lintérieur qui était pourtant très réussi).

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Que c’est dur la pâtisserie !

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Le lendemain, les décorations des arbres de Noël ressemblaient à ça.

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Rubrique charcutière lyonnaise

Traditionnellement, à l’occasion des fêtes de fin d’année, au moins dans les campagnes du sud des monts du Lyonnais, on mangeait du bon-jésus, autrement dit ce très gros saucisson fait dans le plus gros intestin du cochon, et plus rarement, dans la vessie (appelée gonfle). Les ficelles, le volume de la charcuterie font effectivement penser au nouveau-né de la crèche en pareille saison. Ce bon-jésus (sec) est presque systématiquement cuit à l’eau, après avoir été mis à dessaler. C’est ce que mon père fait toujours, tous les ans et je trouve cela absolument excellent et d’un goût inimitable dans toutes les charcuteries industrielles ou artisanales.

Tranche de bon-jésus cuit avec mon couteau pour l’échelle.

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Selon ma mère et sa sœur, dans le coin, tous les saucissons se mangeaient traditionnellement cuits jusque vers 1945-50. Seuls les petits saucissons ou les saucissons fins étaient mangés secs et crus. A noter aussi que l’on mange aussi du saucisson brioché (brioche fourrée au saucisson) avec des saucissons égouttés quelques jours ou semaines seulement après leur fabrication. Cela nétait cependant pas traditionnel dans les campagnes, ou alors cétait pour des occasions très spéciales. Les porcs étaient traditionnellement abattus à la ferme en hiver entre fin décembre et début mars pour des raisons de vitesse de rassissement de la viande et de conservation de la viande, y compris pour les saucissons en début du séchage. Aujourd’hui, réfrigérateurs et congélateurs autorisent d’autres possibilités. Néanmoins, les rosettes artisanales traditionnelles sont en général fabriquées en début d’année pour être consommées à l’automne jusqu’à l’année suivante. Je dois préciser ici que les rosettes en question n’ont rien à voir avec ce que l’on trouve sous ce nom dans l’immense majorité des charcuteries de France. Il s’agit en réalité d’un saucisson sec réalisé dans la partie terminale du boyau de porc, un boyau droit, sans renflements ou irrégularités et de forme tronconique, assez long et surtout réalisé dans une « membrane » plus épaisse et assez grasse. Cette particularité induit un séchage du saucisson plus lent et régulier et induit un goût un peu différent par rapport à un saucisson de diamètre équivalent et réalisé dans les mêmes conditions.

Tranche de rosette crue, toujours avec mon couteau pour l’échelle (remarquez l’épaisseur du boyau).

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Fromfrom avait commis une autre pâtisserie : une charlotte royale à la mousse au chocolat et aux poires où les biscuits à la cuillère sont remplacés par du gâteau roulé fourré à la crème de marron. La recette indiquée dans la revue spécialisée présentait néanmoins des problèmes de proportions et la photo non contractuelle du magazine montrait un résultat moins beau que celui réussi par Fromfrom. Et la réussite n’était pas qu’esthétique.

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Le lendemain après-midi, nous avions décidé de « monter à Pilat ». Fin novembre, il était tombé beaucoup de neige sur les sommets (environ un mètre), mais cela avait largement fondu. Seulement, la pluie de la veille au soir et de la nuit ressemblait à de la neige là-haut.

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C’était la première fois que je voyais ce genre de plaisanterie.

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A la Jasserie, il y avait de quoi être frigorifié devant la « porte des étoiles » karagarienne.

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15 janvier 2014

De 2013 à 2014 (3) : de Funès [hors série]

Rappel : cette notes et les suivantes de la série ont été écrites pendant ces dernières vacances. Celles qui concernent les événements qui se sont produits à cette occasion ont été écrites immédiatement après lesdits événements.

 

Ce lundi soir passait sur Arte un film de 1963 avec Louis de Funès, Carambolages, qui ne me disait rien, même si cette fois, c’est plutôt Jean-Claude Brialy qui en était l’acteur principal. Et effectivement, je ne l’avais jamais vu. N’ai-je point vu en cette année pas moins de trois films avec Louis de Funès que je n’avais jamais vus ? Et pourtant j’en ai vu beaucoup. Pas des chefs d’œuvre non plus, mais cependant une certaine curiosité d’y retrouver l’acteur et le témoignage désuet des mœurs de périodes révolues.

« J’aime pas de Funès ! ». Combien de fois ai-je entendu cela ? D’abord de la bouche de ma mère parce qu’elle préférait et elle préfère encore Bourvil. Et de la part d’un grand nombre de personnes. Eh bien moi, le nain grimaçant, égocentrique et surexcité, j’en ai toujours été fan, depuis gamin et encore maintenant. Je suis encore capable de regarder un de ses films pour la nième fois. Tous ces films ne sont pas du même niveau, mais il reste des incontournables dont je ne me lasse pas.

Après le film sur Arte, il y avait une émission consacrée à l’acteur (trente ans qu’il est mort) où on tentait d’analyser les raisons de son succès, d’ailleurs très tardif et des difficultés qu’il avait eues à s’imposer. Mais aussi les critiques assassines des « intellos » des journaux de son temps. Oui, parce que ce fut un acteur populaire, qui a rempli les salles de cinéma à l’époque et c’était forcément un peu vulgaire. Effectivement, ses films ne volent pas très haut. On a beau essayer de décortiquer le personnage qu’il incarnait, sa personne privée, les aspects artistiques et psychiques, rien ne permet d’expliquer jusqu’au bout le fait que ce comique fonctionnait et visiblement fonctionne encore sur les jeunes générations.

J’aime bien d’autres acteurs comiques. Y compris ceux qui jouaient à peu près aux mêmes époques comme Fernandel (en partie) et Bourvil, lesquels sont largement intemporels à mes yeux ou ont un charme désuet qui me plaît. Mais pour moi, de Funès l’emporte. Peut-être aussi parce qu’il n’était déjà plus à la mode aux temps où j’ai découvert ses succès. Ou parce que ce sont les caractères mesquins et délicieusement méchants incarnés par les personnages de l’acteur qui ressortent dans mon moi profond ?

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