J’avais entendu parler de la cathédrale de Toul (sans plus) mais Karagar l’avait évoquée (je ne sais plus à quelle occasion). Au printemps l’an dernier, après la visite de la cathédrale de Metz, en direction de la Bourgogne, nous étions passés tout près, mais nous n’avions pas pu nous y arrêter cette-fois-ci. La visite fut remise à une date ultérieure. Ce fut finalement en ce début août.
Je pensais la ville plus importante, or elle est à peine plus grande qu’Autun. Leur aire urbaine est de la même importance, soit 23 000 habitants, mais c’est la ville d’Autun qui s’est beaucoup dépeuplée puisque sa population municipale a chuté de 37 % depuis le plus haut en 1975 ! Toul n’a perdu « que » 10 % de sa population dans la même période, mais était moins peuplée qu’Autun. Tout cela pour dire que pensais qu’il s’agissait d’une grande ville. Je ne me suis aperçu de ma méprise qu’en recherchant un hôtel. Je me suis aussi rendu compte que Nancy était finalement très proche (moins de 25 km), ce qui n’est pas sans conséquence. Autre différence avec Autun, cette dernière ville a conservé le siège du diocèse et la cathédrale reste propriété de l’État, alors qu’à Toul, le diocèse initial a été démembré au XVIIIe s. et de fait, la cathédrale n’est plus le siège de l’évêque au profit de Nancy.
La cathédrale Saint-Étienne est un édifice principalement gothique édifié à partir du XIIIe s. (chœur, chevet, transept, première travée de la nef), le XIVe s. voit la construction de la nef et le XVe s. celle des tours de la façade, harmonique flamboyante. Les chapelles Renaissance sont du siècle suivant.
Nous avons commencé la visite par le cloître et je fus frappé d’emblée par ses dimensions remarquables (le deuxième plus grand cloître gothique de France, dit-on après celui de la chartreuse Saint-Sauveur à Villefranche-de-Rouergue), dont le jardin portait déjà bien les stigmates de la sécheresse. On pouvait y voir une forme d’exposition de différentes sculptures en bois, sur lesquelles je ne me suis pas appesanti, peut-être à tort. Et puis une chose m’a étonné, nous avons pu voir un photographe (visible sur la première photo) muni de matériel qu’on aurait pu qualifier d’expert pour ne pas dire de professionnel ; il se mit à photographier précipitamment au flash intégré du reflex dans tous les sens et en dépit du bon sens (là où le flash n’apporte rien voire flingue les photos). Ce n’était pas la première fois que je voyais un photographe suréquipé faire n’importe quoi, mais là, ça été le pompon… Enfin, un bémol à cette critique : je ne suis pas non plus très discret avec mon matériel, surtout quand je prends mon trépied et mon assistante au changement d’objectifs (je prends de grandes précautions pour éviter l’entrée de poussières dans le boitier).







L’intérieur de la cathédrale (que je n’avais vu que sur des petites photos de l’internet) m’a beaucoup étonné au premier abord (et Fromfrom aussi). Personnellement, ce qui m’a frappé, ce sont les fenêtres de l’abside, qui paraissent immensément hautes, comme si elles occupaient toute la hauteur (ce n’est pas tout à fait le cas, mais c’est l’impression que cela donne un peu). Et l’élévation à deux étages ou plutôt à un étage et quelque, d’abord contrariante, s’est révélée finalement fort plaisante à mes yeux dans cette cathédrale sans déambulatoire (et sans déambulateur non plus !). Ensuite, il y a cette voûte (restaurée depuis peu) avec une grande blancheur et des arêtes et nervures très colorées qui ne sont pas sans rappeler un peu Quimper. A noter que la nef a été restaurée en premier (2004-2005), de manière moins subtile que dans le chœur (2006-2008), avec une progressivité de l’intensité des couleurs comme à Quimper. Les voûtes des bas-côtés sont encore en sale état et seront à traiter ultérieurement. Là aussi, un autre point commun avec la cathédrale d’Autun, les voûtes étaient jusqu’à il y a peu dans un état assez moche. L’autre particularité frappante, ce sont les tours encadrant le chœur que l’on voit de l’intérieur, largement évidées et dont on n’observe depuis l’extérieur (côté chevet) plus que des moignons avec leur toit. Autrefois (XVIe s., les tours furent bien plus hautes, mais l’une d’elle s’effondra et l’autre fut du coup raccourcie à la même hauteur). Au final, nous avons beaucoup aimé.










La façade occidentale, nous la découvrîmes en dernier et nous n’eûmes pas le loisir de l’admirer bien longtemps car nous fûmes littéralement trempés sous un orage : pas le temps de venir s’abriter dans la voiture pourtant à moins de 200 m de là.


Ce n’est que le lendemain que j’ai pu faire des photos du chevet, des abords immédiats ou depuis l’extérieur des fortifications dues à Vauban.


