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Cornus rex-populi

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19 février 2015

Soleil après dissipation des brumes matinales...

Le pire, c’était lundi, avec un brouillard givrant d’une égale épaisseur que j’ai dû ralentir sur la 2×2 voies.

Hier matin, encore du brouillard givrant, mais moins froid et clairsemé par endroits.

Ce matin, pas de gel, pas de brouillard, mais une brume épaisse qui a longtemps masqué le soleil le matin. Voici donc à qui cela ressemblait près de mon travail (le soleil se lève sur les collines belges).

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17 février 2015

Brèves cornusiennes (35)

Dimanche, lors de la promenade digestive dans la forêt voisine, j’ai eu la révélation de ma vie. Je sais maintenant pourquoi on appelle Quercus robur L. (Chêne pédonculé) et Quercus petraea (Mattuschka) Liebl. (Chêne sessile) des chênes blancs. Je précise que la photo est bien représentative de ce que nous pouvions observer dans la réalité, sans trucage ou surexposition.

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Plus loin, depuis la rampe de lancement de V1, on peut observer notre bonne ville d’H.

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Ce soir, je voulais enfin tenter de photographier le coucher du soleil, mais l’énervement pris à ne pas terminer ce qui précède m’a fait partir trop tard. Voici toutefois.

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15 février 2015

Hier, c’était concert (5)

Chose inhabituelle pour nous, le concert débutait à 18 h 30 et c’était un samedi (la seule représentation de ce concert qui plus est). Nous étions partis en avance, mais en arrivant à Lille, je suis pris d’un doute. Le samedi de la Saint-Valentin nous a pris au piège : le parking souterrain habituel était complet et cela coinçait de tous les côtés. Nous réussissons, non sans difficultés, à trouver une place dans un autre parking. On ce précipite et nous trouvons encore le moyen d’arriver avec cinq minutes d’avance.

L’Orchestre national de Lille ne donne jamais tous les détails du programme, ni la durée totale du concert, même de manière approximative. Je pensais donc qu’en une heure et demie, ce serait plié, mais en réalité avec l’entracte, cela a durée deux heures vingt, sans compter les applaudissements. Pourquoi, sans les applaudissements, parce que d’un part le parking fermait ses portes à 21 heures et je ne devais pas me prendre les puces aux côtes pour aller retirer la voiture et d’autre part parce que nous avions réservé dans un restaurant et là aussi, je m’étais fait avoir. Fromfrom au restaurant et moi à errer parmi les rues et parkings de la ville, tous complets. Tous sauf un et finalement pas trop éloignés. Je rejoins Fromfrom à qui on n’a pas encore pris la commande. Un repas très honnête dans l’ensemble. Il y avait du bar, mais je n’en ai pas pris, car j’aurais eu peur d’être déçu par rapport à celui de Vladimir que nous avions trop bien dégusté des yeux.

Mais qu’y avait-il donc au programme ? D’abord qui : pas la formation habituelle mais l’Orchestre national de Belgique où tous les hommes étaient vêtus d’une redingote queue de pie et arboraient un nœud papillon blanc. L’orchestre est dirigé par Andrey Boreyko, né à Leningrad. Quoi ensuite : en première partie, une création (eh oui) avec le Concerto pour violon et orchestre de Benoît Mernier (organiste et compositeur belge), en fait une œuvre issue d’un ensemble de commandes pour commémorer le centenaire de la Grande Guerre. Le violon soliste était assuré par un autre Belge, Lorenzo Gatto. Que dire de cette œuvre ? Des dissonances prononcées qui heurtent toujours, mais restent assez contenues, sans basculer dans les excès dont nous a gratifié Plume, enfin pas elle, mais ce qu’elle nous a donné à écouter il y a quelques temps. Et du violon dont j’ignorais que l’on pouvait en jouer ainsi (et pas que le soliste même si c’était surtout lui), comme si l’archet avait été par moments une scie ou un couteau que l’on aiguisait sur la pierre de manière frénétique. Mais de beaux résultats étonnants pendant 30 minutes. Des percussions aussi assez peu communes, un piano (très discret) et un instrument à clavier que nous n’avons pas pu identifier et auquel s’asseyait le pianiste en alternance avec le piano. Et puis la belle texture des instruments de l’orchestre. En définitive, ce n’est pas cela qui m’aurait fait venir mais l’entendre sous forme d’apéritif était finalement assez plaisant.

On l’aura compris, nous n’étions pas venus pour écouter cela, mais pour la Symphonie n° 7 en ut majeur, « Leniningrad », op. 60 de Dimitri Chostakovitch. Ni Fromfrom ni moi ne connaissions cette œuvre, mais d’autres morceaux du compositeur, si. Nous étions donc intéressés. Et nous n’avons pas été déçus. L’œuvre a été composée en 1941 à Leningrad, alors sous les bombes allemandes et créée l’année suivante. Elle est immédiatement très populaire et est jouée des dizaines de fois en Amérique du nord en 1942-43. Elle passe pour être une œuvre de résistance au nazisme, mais c’est sans doute un petit peu plus compliqué que cela.

Dans le premier mouvement, après une rapide introduction destinée à montrer ses muscles, l’orchestre s’éteint presque et redémarre sur un thème rythmé initié à la caisse claire et qui sera répété plein de fois en ajoutant des instruments peu à peu, jusqu’à la plénitude tonitruante de l’orchestre. J’ai été alors submergé par l’émotion et la vibrante texture des instruments. Cela comporte quelque chose du même ordre que le Boléro de Maurice Ravel, mais on n’y est pas habitué et on a l’impression de profiter encore plus de cette pépite. Le reste de l’œuvre (78 minutes en tout) est différente, avec quelques surprises et aussi un final d’une puissance hallucinante, entrecoupée par des arrêts un peu anxieux. Bref, un très bon moment.

14 février 2015

Mise à jour

A mes heures perdues, grâce à mes antennes dignes de l’œil de Moscou, de la NASA, de la CIA et de la NSA réunis, j’observe les plantations du jardin de Karagar.

Bon la colorimétrie et le grain de la photo et les ombres portées ne sont pas extraordinaires, mais voici une mise à jour 2013 de l’orthophotographie de Karagar livrée ici.

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13 février 2015

Fuite

Ce matin, j’avais rendez-vous à Lille pour une réunion. Je me dépêchais, car je devais aller prendre le train à B. Je prenais ma douche, et alors que je ne m’étais pas encore rincé, j’entendis un drôle de bruit sourd dont je n’identifiai pas immédiatement l’origine. Je remis l’eau pour me rincer, et là, plus de pression. Je dus me rendre à l’évidence, il y avait une fuite d’eau qui venais du dessous de la baignoire. Aucune fuite dans la salle de bain, mais après m’être tant bien que mal rincé et avoir coupé l’eau, je découvris avec Fromfrom une mare d’eau dans la pièce voisine. Je réussis à avoir accès aux tuyaux d’arrivée derrière une trappe et là je vis un flexible explosé : le tuyau a une hernie et le caoutchouc s’était rompu, à la manière d’une rupture d’anévrisme. Malgré une péripétie de dernière minute, j’ai réussi ce soir à changer la pièce et à tout réparer. Tout va bien. Tant mieux car je n’avais pas envie de revivre la fuite d’il y a quelques années qui avait duré plusieurs semaines et qui avait nécessité l’intervention de professionnels aguerris mais pas pressés du tout.

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9 février 2015

Rien de bien spectaculaire

Au jardin, rien à montrer à part quelques individus de Galanthus nivalis L. (Perce-neige). Les crocus ne sont pas prêts et les primevères guère fleuries en ce moment.

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Pour compenser, les jonquilles du marché prises en photo il y a quinze jours.

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Les jacinthes d’il y a une semaine qui tiennent encore le coup au bout de jours de vase.

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Et les jonquilles du même marché d’hier.

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Et qui devinera quel est le vin dans ce verre dont nous avons fini la bouteille ce soir avec un morceau de Vieux Lille ?

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8 février 2015

Les seconds seront les premiers (2)

L’auteur-interprète original de Syracuse, Henri Salvador ne démérite pas, loin de là. Je trouve que son interprétation est même plus « colorée » et probablement plus émouvante. Mais celle d’Yves Montand est tellement impeccable, léchée, sans bavure, avec une voix que j’apprécie réellement. Parfaite, trop parfaite ? Sans doute, mais c’est ce que j’aime ici.

8 février 2015

Sciences participatives grand public

L’heure est aux « sciences participatives ». Ce n’est pas nouveau, cela fait une bonne quinzaine d’années que cela s’est développé grâce à l’internet. Très bien, cela permet à tout le monde d’apporter sa pierre à l’édifice. C’est le cas dans le domaine des sciences naturalistes, dont la botanique. J’y vois néanmoins plusieurs problèmes. Quelle validation des données apportées par les amateurs ou les professionnels qui font des erreurs ? Car le principe est généralement que les données recueillies soient directement visibles et consultables sur l’internet, même si ce sont des âneries. Bien sûr, on peut prévoir que les données soient validées par un vrai pro payé pour ça (et donc ça a un coût que personne ne veut prendre en compte). Cette validation est parfois prévue, mais ce n’est pas une généralité, loin s’en faut. La plupart du temps, on compte sur le fait que le « système » se corrige lui-même. On sous-entend qu’il y a suffisamment de contributeurs qui peuvent faire remonter les erreurs ou corriger directement eux-mêmes. Ouiquipédia repose sur ce principe. Sauf que la spécialisation demandée dans la discipline, la complexité de ce qui est analysé restreint considérablement le panel des correcteurs compétents potentiels. Cette croyance en l’autocorrection m’agace quelque peu, d’autant que le correcteur potentiel n’a pas forcément toujours le temps ou l’envie de corriger. Cela a des conséquences plus importantes que l’on croit. J’ai vu de mes propres yeux, dans un document présenté par un expert au tribunal, des textes et cartes issus du site internet participatif le plus connu en botanique. Du grand n’importe quoi. Il est exact que les sources plus fiables sont encore au format papier ou sur l’internet avec bien peu de publicité. Je ne parle pas des cartes de répartition du Muséhomme, qui elles-mêmes sont toutes pourries, mais faut pas le répéter – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il ne faut pas faire de publicité pour pas qu’on sache qu’on est obligé d’en faire d’autres. Comme quoi, y a pas que le participatif qui n’est pas validé par des personnes compétentes. De quoi faire se retourner les Jussieu dans leur tombe, mais c’est ainsi.

A mon travail, la Région a voulu lancer une opération de « sciences participatives » « grand public ». Qui dit flore sauvage dit erreurs fréquentes chez Monsieur Tout le Monde. On est un peu payé pour le savoir avec les personnes qui nous appellent ou nous écrivent. Il a été difficile de faire comprendre aux élus et aux techniciens qu’on ne voulait pas recueillir des tas de données entachées d’erreurs. Et du coup, la porte est étroite pour trouver des espèces dont l’inventaire, la cartographie revêt un réel intérêt scientifique (oui, parce que certains techniciens pensaient que c’était secondaire, faut quand même le faire) et la facilité de reconnaissance et la quasi-impossibilité de faire des confusions. Pour la première année, le choix s’est porté sur Viscum album L. (Gui) dont on explique mal l’absence en Flandre et qui n’est pas systématiquement inventorié par les botanistes professionnels ou amateurs parce qu’il peut rester relativement discret pendant la période de végétation, masqué par le feuillage des arbres. En hiver, c’est plus facile. L’opération est un succès.

Mais qu’est-ce que le « grand public » ? Personnellement, j’estime que cette acception ne rime pas à grand-chose dans le cadre de mon travail. Les personnes qui viennent aux conférences auxquelles nous participons, aux portes ouvertes que nous organisons dans nos jardins, qui regardent les émissions auxquelles nous sommes invités, ne sont pas le « grand public », mais un public déjà intéressé, sensibilisé ou qui pourrait le devenir. Il ne faut à mon avis pas l’oublier.

Mercredi soir, on m’a demandé d’intervenir, avec ce qui devait être en majeure partie du « grand public ». Personnellement, je ne suis pas spécialement à l’aise avec ça (mes collègues animateurs sont formés pour ça). Mais disons que le « commanditaire » de la soirée avait demandé aux scientifiques. C’est presque la première fois que je me livre à un tel exercice avec un tel public. Je ne sais pas si j’ai réussi, mais il n’y a pas eu beaucoup de questions.

De mon point de vue, « grand public » ne signifie pas « bas de gamme » ou des réalités simplifiées de façon excessive. Je m’en agace quand je le constate dans le discours de certains de mes collègues ou dans d’autres domaines à l’occasion d’un article du journal local, d’une émission de télévision, dans la bouche d’un guide lors de la visite d’un édifice, etc. Fromfrom en est parfois le témoin.

4 février 2015

Ceci n'est pas la lune de Landerneau

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3 février 2015

Couples au travail

Au moment où j’écris ces lignes, on peut noter l’existence de trois couples au sein de mon travail : un dont les conjoints font le même métier, deux pour lesquels les professions et fonctions sont différentes. Personnellement, je ne trouve pas cela très évident qu’un couple travaille au sein de la même structure pour diverses raisons :

  • cela peut engendrer une certaine monotonie des expériences, réduire d’autant la diversité des sujets de conversation au sein du couple (je suis pour ma part très heureux que Fromfrom me fasse partager ses expériences, ses journées, qui sont très éloignées de l’univers dans lequel j’évolue) ;
  • cela peut aussi engendrer des formes de défiance de la part d’autres salariés jaloux (en supposant que le second conjoint a été préféré à l’embauche parce qu’il était époux(se) de…) ;
  • cela augmente le risque de déposer ses œufs dans le même panier en cas de difficultés avec l’employeur…

Mais ce n’était pas là où je voulais en venir. J’ai pu en effet constater qu’au moins pour l’un des couples :

  • ils ne mangent presque jamais ensemble ni en même temps (ils mangent dans le local prévu à cet effet), alors que rien ne leur impose cette « séparation ». Ils n’ont pas le même menu, ni de plat en commun. Cela m’a toujours laissé interdit ;
  • ils ne partagent presque jamais les mêmes moments de convivialité, que cela soit au travail ou un peu en dehors ;
  • on ne les voit jamais partager la moindre amorce de début de commencement d’un vague geste ou d’une esquisse de tendresse.

Cela fait plusieurs années que j’observe sans observer (et des collègues m’ont spontanément fait part des mêmes constats). On a l’impression que ce couple n’en a que le nom et qu’il s’agit plus d’une cohabitation qu’autre chose. Et pourtant, ils ont annoncé vouloir prochainement se reproduire, terminologie choisie à dessein. Ils peuvent très bien cacher leur jeu et à ce moment-là, ils le font admirablement bien, mais le doute est permis.

Pour le deuxième couple, je n’ai appris qu’hier qu’ils étaient ensemble (elle vient d’être embauchée et ils sont parents depuis un an environ). Ils mangent séparément, mais il semblerait qu’il y ait davantage d’interactions.

Pour le troisième couple, tout ce qu’il y a de plus « officiel », les interactions entre les deux ressemblent davantage à ce qui pourrait s’observer entre Fromfrom et moi, même s’ils ne travaillent pas du tout ensemble et mangent chez eux.

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