Une note chez Christophe qui relate un récent passage aux urgences m’a inspiré cette note sur mes expériences aux urgences, heureusement assez peu nombreuses. J’en ai déjà raconté, au moins partiellement certaines.
Quand j’étais adolescent, il m’est arrivé d’aller aux urgences de mon petit hôpital local (urgences qui n’existent plus aujourd’hui) et j’avais trouvé que c’était très long, mais en fait, c’était très court si on compare à ce qu’a vécu Christophe ou ce qui est régulièrement rapporté dans les émissions audiovisuelles.
En 2000, après ma sextuple piqûre de guêpe, j’étais allé à l’hôpital d’A. J’avais attendu moins de 5 minutes avant qu’on demande de m’installer sur la table d’examen. Il est vrai qu’il était temps. Je pense qu’à l’époque, si j’avais été dans la situation d’attente de Christophe, j’aurais eu un sérieux problème, car les chocs anaphylactiques de ce style ne préviennent pas, surtout quand on ne sait pas les tenants et les aboutissants de l’affaire (et les médecins probablement pas non plus). Après la très grosse frayeur où j’avais cru mourir d’étouffement, j’avais été casé dans une grande chambre (où on ne met généralement pas de malades) pour observation jusqu’au lendemain. Le soir, l’interne m’avait allumé la télévision et avait mis la série Urgences. Non, ce n’est pas une blague. Je ne me sentais plus malade, mais comme on m’avait branché de partout et mis sous perfusion et monitoring, ce n’était pas terrible. Le lendemain, voyant l’heure tourner et ne voyant pas de petit déjeuner arriver, j’avais crié famine. En fait, on m’avait oublié. Forcément, il n’y avait personne dans la chambre que j’occupais. Un bon souvenir toutefois du personnel.
En 2004, mon médecin qui avait « décidé » que j’avais la cheville cassée, m’avait envoyé un samedi matin aux urgences de l’hôpital d’H. aussitôt sorti de son cabinet, muni d’une lettre de « recommandation ». Et là, il n’y avait personne, j’étais seul. Comme tout le monde avait décidé que j’avais la cheville cassée et alors que je marchais sans même boiter, on m’a presque forcé à m’asseoir dans un fauteuil roulant. Avant de me faire la radio, on continuait de décider que c’était forcément cassé. Après la radio, on m’a dit que ce n’était pas cassé, mais que c’était forcément une sérieuse entorse. Résultat, plâtrage tout ce qu’il y a de plus sérieux et lourd. Et immobilisation et tout le tintouin. Six jours plus tard, à la visite de contrôle, la chirurgienne déclarait que je n’avais aucune entorse, mais juste un vilain hématome. Je l’avais bien dit. Je pense qu’ils ont voulu appliquer le principe de précaution ceinture + bretelles. Cela m’a énervé sur le coup, mais je dois dire que j’avais eu la chance d’être bien portant dans l’ensemble.
En 2011, suite à mon accident de la route, j’avais été emmené par les pompiers aux urgences du même hôpital d’H. Aucune attente, alors que je n’étais pas sérieusement atteint non plus.
Depuis 2006 que Fromfrom et moi vivons ensemble, elle a fait de multiples stages aux urgences (on n’ose plus les compter). Elle a même expérimenté plusieurs établissements, dont quatre fois à H. si je ne m’abuse, dont une fois un dimanche, où je l’avais emmenée et l’attente avait été un peu plus longue, il est vrai.
En conclusion, quitte à choisir, il y a des petites villes où il est plus simple d’aller aux urgences. Mais on ne choisit pas, forcément. Et la médaille a aussi forcément son revers : peut-être un personnel médical moins expérimenté ?