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Cornus rex-populi

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21 octobre 2006

BONJOUR

Depuis un peu plus de deux mois que nous habitons dans notre nouvel appartement de la ville d'H. (il paraît que ce n'est pas une gloire pour les magistrats qui y sont nommés), je parcours souvent matin et soir une petite rue pour aller jusqu'au garage. Le matin, je croise souvent des lycéens et peut-être aussi des collégiens, car le lycée n'est pas loin et il y a un raccourci qui passe par là. Et comme il me plaît de dire bonjour presque de façon systématique, je constate qu'en définitive, rares sont ceux qui me répondent. Bon, ce n'est pas grave, ils sont jeunes... Je croise  aussi des moins jeunes et des plus ou moins vieux. Souvent, j'attends la dernière milliseconde avant de les saluer, car bien sûr, mis à part quelques spécimens, ils ne disent pas bonjour non plus. Pire, certains, ne répondent même pas. Ce n'est pas grave, mais un bonjour ou l'esquisse d'un sourire de temps en temps, ça ne fait pas de mal au moral !

Dans la maison où nous logeons, nous avons des voisins qui habitent au-dessus. Lui, je l'ai vu la première fois le jour où je suis venu prendre possession de l'appartement. La seule chose qu'il a évoquée avec moi, c'est la problématique du stationnement dans la rue. Du reste, c'est la seule fois où je lui ai parlé à part 2 autres "bonjour" depuis. J'ai quelques doutes sur le fait que la conversation aille beaucoup plus loin un jour. Enfin, ne désespérons pas. Lui et sa compagne (j'ignore s'ils sont mariés, ainsi que leur nom, puisque rien n'est indiqué au niveau de la sonnette ou de la boîte aux lettres) ont un gamin en jeune âge. Elle engueule régulièrement son fils. Non, elle hurle. Heureusement, pas la nuit. Elle et lui s'engueulent aussi souvent dans la journée. S., sans y prêter attention, a souvent entendu fuser des noms d'oiseaux : c'est dire à quel point c'est murmuré et à quel point ça vole haut !

Elle, S. et moi l'avons aperçu de loin plusieurs fois. Elle s'est toujours arrangée pour éviter de nous croiser et de nous dire bonjour. On a l'impression qu'on lui a volé sa soupe. Allant jusqu'à se calfreuter bizarrement dans sa voiture avec son gamin. Mais mardi soir, en rentrant du boulot, j'ai enfin réussi à la coincer dans l'entrée et lui proclamer un magnifique et tonitruant "Bonjour Madame". Elle, une gueule de six pieds de long, m'a répondu en sourdine (oui, elle n'est pas muette, mais ça on le savait déjà) un malingre "bonjour" comme si on avait essayé de l'égorger. Point final de la conversation et vraiment pas envie d'aller plus loin.

Nous avons des voisins "formidables" !

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11 octobre 2006

DÉVASTÉ

Mon père, dans la seconde moitié des années 1960 a été conseillé par des forestiers, en particulier par des ingénieurs et techniciens de l’administration des Eaux et Forêts (maintenant, c’est l’Office National des Forêt qui gère des forêts domaniales et de celles des collectivités ou conventionnées). Ce conseil visait à abattre un boisement de 5 ha de feuillus composé en majorité par un peuplement de bouleaux ou de trembles, et de le remplacer par une plantation d’épicéas (essentiellement de l’Épicéa de Sitka (Picea sitchensis (Bong.) Carr.). Une opération non rentable à l’époque puisque le bénéfice lié à la vente du bois servit à la fourniture des plants puis au débroussaillage de la plantation pendant plusieurs années. Moi-même, dans la première moitié des années 1980, j’ai apporté ma contribution pour permettre aux épicéas de pousser dans de meilleures conditions. Une opération pas très futée non plus sur le plan sylvicole, puisque la parcelle se situe en grande partie sur des sols tourbeux et humides. Enfin, une opération écologiquement pas terrible du tout. En effet, sous un tel boisement, la flore est particulièrement peu diversifiée et il est probable que la faune s’en ressent également. En revanche, un collègue mycologue y trouva son compte il y a quelques années en découvrant ici une espèce de champignon qui n’était alors connue, en France, que dans le massif de Fontainebleau.

Les scolytes représentent diverses espèces d’insectes de l’ordre des Coléoptères qui pondent au niveau de l’écorce des arbres. Leurs larves creusent des galeries sous l’écorce, ce qui mène à une mort rapide des arbres touchés. Jusqu’à présent, la plantation d’épicéas fut épargnée par cette « épidémie » galopante. Mais peut-être à cause de la canicule de 2003, certains arbres ont été fragilisés dans la région et les scolytes se sont propagés encore plus rapidement, jusqu’à atteindre la plantation cette année. Alerte rouge ! Décision de faire venir le technicien forestier (pas l’ONF cette fois) et même conclusion que celle que je redoutais : abattre l’ensemble des épicéas. Décision prise immédiatement en août. Travaux commencés la première quinzaine de septembre, et le week-end dernier, constat des dégâts.

Lorsque je découvris la chose, je fus à la fois impassible, car résigné, mais réellement ému. La forêt, même très artificielle, n’était plus. Mon environnement familier avait disparu. Ces arbres que j’avais vu pousser au fil des ans se retrouvaient bêtement entreposés le long de la route, sans branches, saucissonnés. Surtout, les histoires intimes que j’avais eues avec ce lieu semblaient être englouties avec les arbres. Quel pincement au cœur. A ce moment là, j’avais l’impression d’être le seul à m’émouvoir d’une telle situation, à m’inquiéter aussi des capacités de régénération forestière et enfin de la vitesse de cicatrisation de cette plaie ouverte. Comme si, moi aussi, je portais cette plaie. Heureusement, sans que j’éprouve le besoin de m’exprimer, lorsque, le même jour, je fis découvrir la scène à S., cette dernière comprit d’emblée ma meurtrissure. Heureusement encore, je me plut à penser que cette parcelle allait, in fine, retrouver un boisement spontané et diversifié et que j’allais en être le témoin privilégié. Et qu’en dehors d’une parcelle plantée au début des années 1990 en Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii (Mirb.) Franco), il n’y aurait plus de « conneries ». Plus de telles inepties comme ces coupes à blanc traumatisantes à la fois pour l’écosystème forestier et pour moi-même. Du moins, je m’y engage, à moins que mon paternel ne m’écoute pas, mais le risque est assez faible, tant je suis entêté, parfois…

Avant, un jour de neige :

SGAv

Et après...

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SGAp2 

11 octobre 2006

PARIS

L’affaire avait été lancée par S. qui devait se rendre à un CA d’une fédération d’associations (la même qui m’avait emmenée à Reims au mois de mars dernier). Évidemment, comme la réunion de S. avait un aspect « familial » (ou plutôt un club de bons vivants) j’aurais pu y aller, et on ne m’aurait pas refusé l’entrée de la salle à manger, bien au contraire. Mais voilà, je ne suis pas membre du club, et ce ne sont pas mes oignons, même si je savais les hôtes du jour particulièrement intéressants et sympathiques.

Donc, il était décidé que j’irais me balader pendant que Madame « réunionerai ». Je ne savais pas où. S. me suggéra le Louvres que je ne connais pas encore (est-ce honteux ?), mais je pensais, à juste titre, que ça ferait un peu court. Alors, compte tenu du temps imparti, je me suis rabattu sur la cathédrale Notre-Dame. Banal ? Convenu ? Je veux bien. Cette cathédrale, je l’ai vue 2-3 fois en passant, mais uniquement en passant, ou de loin, très loin. On l’a trop vue en images, on en a trop parlé. Pas excitant me direz-vous ? Eh bien, j’ai voulu aller vérifier moi-même. Le verdict général est mitigé. Sur le plan strictement architectural (du moins ce que j’en ressens à titre personnel), j’ai été relativement séduit, même si j’ai peut-être connu mieux ailleurs. Ce qui est plus embêtant et qui gâche tout, c’est la foule immense qui vient la voir et la photographier. Du coup, j’ai eu quelques scrupules à faire comme tout le monde. Cela m’a donné le vertige. En l’espace de quelques heures, combien de milliers de photos ont été prises ? Combien sont meilleures que les miennes ? Dans quelle mesure les miennes sont-elles banales et sans âme que les autres ? C’était la première fois que j’éprouvais une telle sensation de dérisoire en prenant des photos.

Avant d’aller la voir à l’intérieur, je décidais d’en faire le tour, d’aller flâner un peu sur les quais de la Seine, découvrir les bouquinistes et d’aller manger un morceau en solitaire. En début d’après-midi, je revins sur le parvis pour faire la queue pour rentrer. Pas une queue, un tapis roulant incessant de visiteurs, avec sens de circulation imposé, sens interdits et giratoires obligatoires. Bref, une horreur. Évidemment, on ne peut pas véritablement en vouloir à personne. Sans cette canalisation, cela deviendrait critique pour tout le monde vis-à-vis de la sécurité des personnes et des œuvres. Mais voilà, c’était la première fois où on me prenait autant pour un gamin dans une église, et pourtant, certains font déjà fort ailleurs. Et puis, les marchands du temple y ont élu domicile. Crypte, tours, trésor : tout est payant, et de façon ostentatoire ! Et donc, je n’y suis pas allé.

J’ai attendu que le soleil illumine la façade pour reprendre une photo, puis je suis parti vers la gare de Lyon prendre un train qui devait m’emmener, en compagnie de S., dans des terres plus civilisées.

Ombre

Soleil

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11 octobre 2006

REIMS

S. m’avait proposé de l’accompagner à Reims dans le cadre d’un « colloque » annuel. J’avais bien entendu accepté de la rejoindre le dernier week-end de mars. Au moment de cette décision, j’étais très enthousiaste, car il y avait un certain nombre de réjouissances au programme, cela me permettrait de revoir enfin la cathédrale et surtout c’était pour moi une occasion essentielle de passer du temps avec ma compagne. Mais à cette époque, j’étais tout « fiévreux » parce que j’étais en train de terminer une très grosse étude et j’avais un mal fou à décrocher du travail (il me faudrait attendre une semaine encore pour que ma « fièvre » retombe, une fois les 7,5 kg de l’étude rendus). J’étais néanmoins très heureux de revoir ma S. Je suis arrivé sur place le premier en voiture. Je pris donc possession de la chambre… Et là, quelle ne fut pas ma surprise de constater que non seulement il y avait deux lits, mais qui plus est, de 70 cm de largeur chacun. Je croyais que cela était réservé aux militaires du rang. Eh oui, j’avais oublié que nous étions hébergés dans une institution religieuse. Eh oui, moi l’athée endurci ! Remarquez que je n’en suis pas à une contradiction apparente près, car si je n’ai pas de religion, je n’en apprécie pas moins les religieux qui le méritent, comme pour n’importe quelle « corporation ». Les repas furent corrects, sauf le vin rouge, un pseudo-Bordeaux et surtout certains convives d’une table un midi, montrant un visage de vieille droite réactionnaire catholique française. Ce visage nauséabond mais encore très répandu, intolérant et xénophobe, bref tout le contraire du message que j’avais cru comprendre venir du Christ. Heureusement, cette mauvaise impression sera masquée par d’autres personnes charmantes (dont trois viendront à notre mariage). A un détail près. Nous devions assister à un concert d’orgues nocturne à la cathédrale. Alors que le public tardait quelque peu à rentrer dans l’édifice (non éclairé), je fus consterné par les aboiements d’un type qui se comportait ni plus ni moins comme un petit adjudant en engueulant les gens. Compte tenu de l’obscurité, je ne sus jamais qui était ce Commandant des « Mardes souèches ». Le public devait avoir reçu l’ordre de s’asseoir à un endroit précis, mais considérant que j’étais trop éloigné de l’orgue, je bravai alors l’interdit et je me rendis, seul, à distance raisonnable de la source de musique. Ce n’est que lorsque la musique se tut, que l’on autorisa les gens à déambuler librement dans la cathédrale illuminée. Le lendemain, nous nous rendîmes à la basilique Saint-Remi, puis dans les caves Taitinger : un luxe que je n’ai jamais encore observé en Bourgogne. Le Champagne était bon, mais tout cela n’est pas très raisonnable compte tenu du prix, d’autant que je ne suis pas un amateur très éclairé des vins effervescents. S. et moi nous sommes quittés en fin d’après-midi, regagnant, dans la tristesse nos domiciles respectifs. Nous ne nous verrions pas pendant plus d’un mois, autrement dit une éternité. Enfin, ceci est maintenant, heureusement, une histoire ancienne !

Dans une note précédente, j'avais déjà montré la cathédrale Notre-Dame de Reims (http://cornusrexpopuli.canalblog.com/archives/2006/06/25/2166940.html#comments).

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Et maintenant, la basilique Saint-Remi !

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Les caves du Champagne Taitinger, installées dans d'anciennes carrières de craie souterraines.

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7 octobre 2006

ROUEN

Début septembre, je devais me rendre sur deux jours à Rouen pour une réunion, puis pour un séminaire où je devais présenter nos travaux sur l'estuaire de la Seine. J'eus donc une idée géniale. Alors que j'avais usé mes chaussures en me rendant, pour raisons professionnelles, un nombre incalculable de fois en Haute-Normandie, en passant systématiquement à Rouen, je n'avais pas été capable d'aller voir les églises de Rouen. A ma décharge, l'hôtel se situait à l'écart, dans la splendide ville nouvelle de Val-de-Reuil, célèbre aussi pour sa magnifique prison. Cette dernière ne manqua d'ailleurs pas de me déprimer, parce que je devais réaliser dans le coin des cartes de végétation, avec vue imprenable sur la centrale. Plus déprimant encore était aussi de voir des visiteurs : des pauvres gens, tristes... Ambiance lugubre. Donc, cette fois-ci, circonstance exceptionnelle, je décidais de prendre un hôtel plus près du centre de Rouen et d'y emmener ma charmante épouse.

Le premier après-midi fut consacrée à une réunion animée par un quasi incompétent qui ne cessa de faire de l'autosatisfaction conduisant à la perspective d'un futur séminaire dont je sais déjà qu'il ne servira pas à grand chose (et pourtant, croyez-moi, je ne suis pas du genre à être aussi négatif sur de tels sujets). Le soir venu, après avoir pris possession de notre chambre, rendez-vous à la cathédrale Notre-Dame de Rouen.

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Puis, nous sommes allés voir l’église Saint-Maclou, fermée au public.

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Et Enfin l’Abbatiale Saint-Ouen. Il était trop tard pour visiter.

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Après être passé sous le gros horloge, nous allâmes dîner à la terrasse d’un restaurant. Quelle belle soirée.

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Nous terminâmes la soirée devant la façade de la cathédrale mise en lumière de façon magnifique à la façon impressionniste (Monet) : impressionnant !

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2 octobre 2006

MENHIR DE SAINT-MICAUD

Pour apporter une première réponse à Ar valafenn au sujet d'un menhir gravé, voici quelques éléments.

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Menhir de Saint-Micaud (Saône-et-Loire).

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Sources :

LAG*ROST L. & BU*VOT P., 1998 - Men*hirs de Bourgogne. La Phy*siophile, 160 p.

GA*ND G., Cornus rex-populi & LAG*ROST L., 2004 - Observations naturalistes dans le nord-est du Charolais. Bull. soc. hist. nat. Au*tun, 90 : 13-36.

29 septembre 2006

IF

Comme suggéré, voici quelques mots pour en savoir un peu plus sur l'If.

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Taxus baccata L.

If commun, If, If à baies, Ifreteau

Le nom scientifique vient de l’indo-européen tecs : travail habile (allusion à la facilité avec laquelle on peut sculpter ce bois) ; du latin baccatus : qui porte des baies (en fait, il s’agit d’un arille).

Il s’agit d’un conifère (Gymnospermes) de la famille des Taxacées. C’est un arbre ou un arbuste pouvant atteindre 25 m (mais dépassant rarement 15 m). Il possède une très grande longévité (individus millénaires) et sa corissance est lente.  Il s’agit d’une essence disséminée en France : Bretagne bien entendu, mais aussi Normandie, moyennes montagnes, y compris méridionales. L’If commun a disparu de nombreuses forêts du fait de leur dégradation (ouverture) et de ses utilisations anciennes. Il s’agit d’une espèce subatlantique qui, spontanément, croît généralement entre 250 et 1600 md’altitude. C’est une plante indifférente à la lumière et qui supporte l’ombre. Elle apprécie une humidité atmosphérique élevée et des hivers pas trop rigoureux. Elle réclame généralement des sols riches en éléments nutritifs et supporte bien le calcaire (croît aussi sur sols modérément acides). Elle tolère les sols caillouteux à rocheux.

Le bois offre d’excellentes qualités mécaniques et de durabilité et est très décoratif. Il est donc très recherché en ébénisterie notamment. Il est beaucoup planté en parc et dans les cimetières. Il peut être traité en haies et être taillé.

Cette plante est réputée vénéneuse dans toutes ses parties (sauf peut-être l’arille) pour l’homme et les animaux. L’If commun ainsi qu'une autre espèce de la côte pacifique américaine (Taxus brevifolia Nutt.) sont à la base de l’élaboration de médicaments contre certains cancers. On a isolé des molécules actives (taxol et taxotère) sous l’écorce ou dans les feuilles.

Sources : Rameau et al. (1989), Coste (1901-1906) et... Cornus !

24 septembre 2006

Journée ligérienne

Trois jours après notre mariage, nous étions en Bourgogne pour terminer la semaine de vacances. En ce mois d'août, je ne peux pas vous dire que nous transpirions de chaleur, tant et si bien que j'étais un peu frustré parce que je voyais l'été qui me filait entre les doigts. Par ailleurs, si certains ont des amantes de pierre, personnellement, j'en ai une faite de sable avec un peu d'eau qui coule au milieu. Voilà, ELLE me manquait. Alors, subitement, je proposais d'aller LA voir de façon inédite, en oubliant (un peu) mon oeil naturaliste et liégériohile. Le matin du 26 août, donc, je décidais de l'attaquer par la rive droite (il faut dire que vu de là où on était, on n'avait pas le choix). Accès direct en Loire bourguignonne, peu avant la confluence mythique : Nevers. Évidemment, quand on est seul, que l'on ne fait que passer, qu'on n'a pas le temps, parce qu'il faut bien bosser, on ne pense pas, on n'a pas le goût, pas l'envie suffisante d'aller voir, ne serait-ce qu'un instant la cathédrale de Nevers. Et pourtant, depuis le pont qui enjambe le fleuve, combien de dizaines (centaines ?) de fois je me suis dit, en la voyant : « il faudra bien que j'aille la voir un de ses quatre ». Et puis un jour arrive où l'on ne passe plus. Alors, l'occasion était trop belle d'emmener S. voir Nevers et un petit bout de MA Loire. Après la cathédrale, le repas, le palais ducal, direction le Bec d’Allier, un haut lieu bien connu et surtout le théâtre de certaines de mes pérégrinations scientifiques. Puis, après avoir franchi la Loire grossie de l’Allier, nous remontons le cours (nous sommes alors dans le département du Cher, donc en région Centre. Peu avant le Bec d’Allier, une curiosité pour certains, le pont canal du Guétin où nous surprenons une coche de plaisance pas très couleur locale, pas très dans la mode des bateaux traditionnels en bois ligériens (futreaux, toues, gabarres et autres chalands). Puis, nous nous « perdîmes » entre Loire et Allier avant de regagner les terres morvandelles par l’île de Decize. Et en me disant que S. n'a pas fini de souper de la Loire, car je suis loin d'être rassasié.

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Palais

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Rauches

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21 septembre 2006

Grand Concours Floristique de l'Automne 2006

Parce que je ne pouvais pas demeurer en retrait de cette subite "concourite" aiguë, voici le Grand Concours Floristique de l'Automne 2006.

Chaque participant devra donner le nom de chacune des espèces suivante. Une prime supplémentaire sera accordée à ceux qui me fourniront le nom scientifique conforme auy Code International de Nomenclature Botanique.

Les gagnants se verront attribuer un des desserts du concours de Fromfromgirl, un des tableaux de Kleger, un DVD d'un des films de Ar valafenn, offerts respectivement par les sus-nommés.

Comme cela aurait été trop facile pour certains, il n'y a pas de rhodos et Fromfromgirl est hors concours.

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Photos réalisées par Cornus rex-populi productions.

19 septembre 2006

OUI

Au départ, ce texte se voulait un simple commentaire à la note de notre ami Karagar « OUI » mis en ligne le 25 août 2006. Mais voilà, ce commentaire est plus long que prévu et il m’a semblé qu’il méritait une petite note, ne serait-ce au moins que pour remercier celui qui me l’a inspirée. Je pense par ailleurs qu’il me pardonnera d’avoir copié son titre.

Le Marais aux lièvres, c’est bien en Flandre intérieure, mais plus tout à fait un plat pays. Le bassin minier, les industries polluantes du Nord, c’est tout à côté. Mais comme en d’autres pays ; il existe là aussi des sédentarismes d’un autre âge. D’abord un sédentarisme des esprits, parfois une frilosité, plus rarement une étroitesse. Il existe un monde entre les terres limoneuses des Flandres et les terres noires des terrils, entre les champs de pommes de terre, de betteraves, les grasses pâtures et les multiples friches industrielles, entre les fermes et les demeures néo-flamandes et les corons et autres habitats populaires en déshérence de la ville dortoir qui n’en finit pas de s’étendre. Qu’est-ce qui est le mieux ? Je ne sais pas répondre à cette question. Simplement que le Marais aux lièvres est une ville à taille humaine et que c’est là, pas tout à fait par hasard, que j’ai choisi d’habiter. Ce n’est pas Chinon, Autun, K. ou K2, mais voilà, S. n’a pas détesté non plus.

La « Grande salle »... Oui, j’ai bien remarqué les dorures, les sièges capitonnés, le tapis rouge, les lustres, les portraits des maires de la ville. Je n’ai pas détesté cette salle, mais je n’ai rien vu. J’étais tellement stressé. Pas un stress de peur (à part celle d’arriver en retard suite à une péripétie de chaussure maternelle), juste un stress de responsabilité. La responsabilité de dire OUI à la femme que j’aime. Ce OUI, il y a bien longtemps qu’il était une évidence pour moi, pour nous. Mais un OUI à prononcer de façon franche et massive. Ce 19 août (un mois déjà !), ce fut S. qui dit OUI la première. La façon déterminée dont il fut proclamé fut soulignée par l’Adjoint au Maire, ce qui eut pour conséquence de me mettre une pression supplémentaire. A cet instant, j’avais l’impression d’être dans une bulle, livré seul dans cette salle, malgré la famille, les amis et collègues tous derrière moi, derrière nous. Et l’Adjoint qui mettait un temps infini avant de me poser LA question. Il ne fallait pas que je me trompe, que je dise bien OUI. Il fallait rester correct, ne pas hurler un OUI intempestif, il ne fallait pas rester avec un OUI timide et inaudible, il ne fallait pas que l’émotion intense qui m’emplissait à cet instant m’empêche de parler. Il ne fallait pas que ma voix chevrote ou prête à sourire. Après un « siècle » d’attente agacée, la question arriva enfin, et je fus le premier spectateur de mon OUI. Apparemment un OUI clair et net, un OUI aussi distingué par l’Adjoint. Pas le OUI le plus esthétique par la voix, mais incontestablement le plus beau OUI de ma vie, et surtout un OUI ferme et définitif, pour la vie ! L’émotion se fit sentir encore quelques instants lorsqu’il fallut glisser l’alliance au doigt : j’en tremblais encore et S. le remarqua. En fait, je ne fus vraiment remis que lorsque le vin d’honneur fut terminé. A croire que Monsieur K. et moi n’étions pas dans la même salle, que nous ne vivions pas le même événement. A vrai dire, à bien y regarder, il y a bien des similitudes. Nous étions un peu coupés tous les deux de la scène qui se déroulait sous nos yeux. Pour Monsieur K., les fenêtres s’étaient embrumées ; pour moi, le brouillard était dans la salle. Ce n’est qu’à l’instant où l’on fit signer les témoins que je pus me dégager de mon ouate, suspension spatio-temporelle. Tout cela grâce au stylo-piège de la Mairie. Un signe du destin qui les empêchait de signer ou les deux témoins dans la Lune ? Je n’ai aucune affinité pour la première solution. La parfaite connaissance du second témoin et le texte de Monsieur K. me prouvent que la seconde solution est évidemment la bonne. Au vin d’honneur, nous fumes honorés, entre autres (ce n’est pas un scoop, car la publicité en a été faite dans ses pages bloguiennes), par un discours de Monsieur K. Monsieur K. dans ses œuvres : un moment d’anthologie (en tout cas pour moi). Le texte, que nous conservons précieusement, n’est pour ainsi dire non crypté et parfaitement clair et bien écrit. Cependant qui aura pu en saisir le sens de chaque mot ? Le battement d’aile du papillon est une image qui m’a plu dès qu’elle fut prononcée pour la première fois, car elle correspond bien à ce qui s’est passé entre S. et moi. Personne ne s’étonnera d’entendre le naturaliste que je suis souligner l’importance de la sauvegarde des Lépidoptères, même s’ils ne sont pas que des pollinisateurs de rhizophytes ! Personne ne s’étonnera non plus, comme cela a été rappelé lors du discours, que même si je ne suis pas un spécialiste des mouvements chaotiques, mon « cerveau rationnel et terrien » domine mon « cerveau émotionnel et sensible ». On finit par rendre un hommage au fait que ma carapace de « logique cartésienne de premier degré » est désormais bien fissurée, même si je suis toujours tenté de la revêtir à chaque instant car j’ai l’impression d’y être mieux protégé, d’être dans un bain coutumier. C’est sans doute le battement d’aile cher à Monsieur K., et surtout le cyclone qu’a engendré S. qui m’ont permis d’ouvrir des yeux dont je ne soupçonnais pas l’existence. Des yeux neufs qui ont engendré d’autres fissures dans ma carapace parfois trop jacobine et étatique. Pendant que j’y suis, il me faut aussi rendre hommage ici à un autre papillon breton (Arvalafenn), qui avec une immense courtoisie et pédagogie, sans que je m’en rende compte, avec S. comme alliée en coulisse, m’a fait tenir des discours sur son ancien blog que mes anciens yeux auraient eu peine à reconnaître. Merci de m’avoir ouvert l’esprit sur bien des choses.

Longtemps, j’ai eu de l’indifférence en voyant les jeunes gens qui s’aimaient, qui s’embrassaient en public ou autre… Longtemps, j’ai cru, pour diverses raisons, que l’amour d’un autre être m’était interdit. Pis, longtemps, je n’ai accordé aucune importance à l’idée d’aimer quelqu’un. Quelque part, même si cela n’était pas conscient, j’étais trop dans le nombrilisme et l’intérêt à courte vue de ma personne. Je ne le regrette pas car cette attitude a servi, un temps, ma cause. Et puis un jour, on finit par s’apercevoir que l’on commence à prendre de l’âge, que les gens s’aiment autour de vous. A un moment donné, on se rend compte que partout où l’on va, on est le seul à venir seul. On finit par penser que l’on n’appartient plus tout à fait au même monde (même si j’ai toujours un peu pensé que je n’étais sérieusement pas de mon temps et décalé dans mes goûts, voire sans goût moi-même). Puis on connaît quelques difficultés, pourtant bien futiles, si on les compare aux blessures de beaucoup d’entre-nous. Face à ces difficultés, on se dit, qu’il faut se décider à en sortir. On finit par trouver que l’amour entre deux personnes c’est formidable, même si on se dit en même temps que c’est bien fragile. [Je passe les épisodes intermédiaires.] On finit par aimer être vu en train de faire un bisou à sa femme en public. On finit par penser que c’est très naturel et très réjouissant. Et en même temps, on se dit depuis longtemps déjà que ce n’est pas juste que l’on ne puisse pas trouver ça normal que deux femmes ou deux hommes ne puissent pas en faire de même, qu’on leur interdise un amour proclamé et officiel. On finit par se dire que la société a souvent là aussi des mœurs bien cruelles au nom de je ne sais quel principe qui n’a peut-être jamais eu lieu d’être. On est triste que certains ne puissent pas célébrer, comme les autres, leur amour. On se dit que cela finira sans doute par changer. Suis-je trop optimiste à la vue du conservatisme à la française ? Je ne sais pas, mais il y a parfois des effets de seuil qui font que l’on franchit des obstacles que l’on croyait hier insurmontables. Mon mariage avec ma Fabuleuse n’est-elle pas en soi une illustration d’un effet de seuil ?

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