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Cornus rex-populi

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4 septembre 2006

En indisponibilité

Chers amis, à la suite de notre déménagement, nous connaissons (encore) de grosses difficultés d'accès à l'internet. C'est pourquoi, nous sommes vraiment désolés de ne pas pouvoir vous répondre correctement. Merci à tous pour votre très grande gentillesse qui nous va droit au coeur. Nous espérons pouvoir bientôt vous rejoindre plus "normalement" sur la toile, et en attendant, nous vous saluons tous très chaleureusement. A bientôt pour commenter vos textes et autres productions.

En attendant, voici la preuve, à deux mains, que nous sommes désormais bagués !

S. & T.

mains

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15 août 2006

Avis de vacance(s)

Juste pour vous prévenir que, déménagement, mariage et vacances obligent, ce blog, ainsi que moi-même resteront silencieux dans les 10-15 j qui viennent.

A bientôt, et bonnes vacances pour ceux qui y sont ou à ceux qui en prendront.

Pour vous faire patienter, voici une photo d'un petit bras de la Loire dans le département du Cher près de Sancerre.

Loire_Herry

3 août 2006

HOSPICES DE BEAUNE

Cela fait déjà un certain temps que j’avais évoqué de façon quasi-subliminale les Hospices de l’Hôtel Dieu de Beaune (Côte-d’Or). Et puis, il y a quelques jours de cela, plusieurs de mes chers commentateurs en ont parlé. Or, il se trouve que nous avons fait le voyage là-bas début mai avec S. Cela faisait bien pas loin de 20 ans que j’avais visité les Hospices pour la première fois. J’en profite pour rendre un hommage ici à Gérard Oury, Louis de Funès et Bourvil dans la « Grande vadrouille » puisqu’on y découvre les Hospices dans le film (cour intérieure et salle des « Pôvres » ). Cela va vous paraître bête, mais j’aime beaucoup ce film, et encore moins consensuel, je suis assez fan de Louis de Funès.

J’ai trouvé la visite globalement moins intéressante par rapport à il y a 20 ans. Certes, il y a plus de choses à voir, il y a un aspect muséologique qui n’existait pas avant, mais la visite n’est plus guidée, le dépliant papier reste trop sommaire et l’entrée n’est pas donnée. Qui plus est, avec mes gros sabots, j'étais venu avec un trépied pour prendre des photos à l’intérieur. Après être passé sans encombre par la salle des « Pôvres », je fus interpellé dans la salle suivante par une gardienne qui me signalait que les trépieds étaient interdits, sans m’en expliquer la raison. C’était d’ailleurs indiqué dans l’entrée, mais ce n’était pas flagrant. J’ai su plus tard dans un autre musée la raison de l’interdiction des trépieds, et cela nous fut, cette fois, gentiment expliqué. Bref, je fus privé de photos pour le reste de la visite car sans trépied (j’utilise rarement un flash à l’intérieur pour différentes raisons), ce n’est même pas la peine de prendre des photos. Quand nous sommes arrivés devant la salle où est conservée le très fameux Polyptyque du Jugement dernier de Rogier van der Weyden (sans doute une des peintures que je préfère), nous avons retrouvé notre gardienne. Cette dernière faisait régner l’ordre et la discipline en engueulant littéralement les gens pour qu’ils se taisent parce que soi disant, ils risquaient de déclencher l’alarme en faisant trop de bruit. D’ailleurs, on comprend mal qu’il puisse y avoir une telle alarme active dans de telles conditions et que d’autre part, il ne puisse pas y avoir un système plus « intelligent ». La gardienne, j’aurais eu très envie de lui dire tout le bien que je pensais de son comportement, mais la correction, la foule et S. (?) m’en ont empêché. En conclusion, si vous allez visiter ce machin là, allez-y plus tôt en saison ou le matin à l’ouverture. Et si vous voulez prendre des photos à l’intérieur avec trépied, demandez une autorisation préalable !

Par ailleurs, sachez que ces Hospices ont été construits (financés) par le Chancelier Nicolas Rolin (v. 1376-v. 1461), vous savez, celui dont j’ai usurpé la devise. Ce richissime autunois voulait au départ construire de tels hospices, mais il estima que la ville de Beaune en avait plus besoin compte tenu de la misère qui y régnait. Outre le peintre, le style architectural est en partie flamand. N’oublions pas en effet que la bourgogne ducale s’étendait, entre autres, jusqu’en Flandres…

N.B. :  les deux dernières photos ne sont pas de moi, mais je les ai « amoureusement » scannées sur :

Lorentz P., 1998 – Le Polyptyque du Jugement dernier par Rogier van der Weyden. Dossier de l’Art « Le faste des Rolin au temps des ducs de Bourgogne » n° 49, pp. 64-69.

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La salle des « Pôvres »

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Vue panoramique de la chapelle de la salle des « Pôvres »

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Polyptyque

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30 juillet 2006

SEULLE

Je vous annonce que dans moins de trois semaines, je serai marié, pour le pire, et surtout pour le meilleur.

Il me faut maintenant vous dire que cet événement fait suite à une rencontre sur l’internet. Une rencontre pas forcément évidente, puisqu’elle se fit d’abord de manière indirecte via un internaute avec lequel, en partie par égarement, j’avais fait connaissance. C’était il y a environ un an, et j’étais loin de me douter de ce qui allait arriver par la suite.

Brebis égarée, je fus « recueilli » par le fameux internaute. Ce ne fut pas simple, mais un intérêt et une reconnaissance réciproques se firent jour entre nous. Jusqu’au jour où il me fit connaître, une de ses grandes amies (ma future femme) par caméra interposée. Je fus d’emblée séduit, mais il fallut encore quelques semaines avant que je digère ce qui m’arrivait. Comme je tardais à tirer un trait sur le passé, je me fis « engueuler » par l’internaute, mais je décidais quand même, seul, de me jeter dans l’arène. Il faut dire que j’avais été sacrément aidé par ma future. Elle était prête à toutes mes « bizarreries », pas gênée par mes peurs et mes questionnements (sur moi-même). Mon arrivée à la gare, après 7-8 heures de train fut l’objet d’une trouille bleue, mais en même temps, j’étais d’une grande sérénité, car je savais déjà combien cette femme possédait une immense valeur d’âme. Je fus accueilli comme un prince. J’étais dévoré des yeux, et moi très impressionné. La suite fut extraordinaire. J’étais complètement bouleversé par ce qui m’arrivait, par ce qui nous arrivait. Je dois dire que plus on avançait, plus mon amour s’amplifiait et je sais que la réciproque est vraie. Moi qui n’avait rien connu auparavant, quelle chose à la fois anodine et extraordinaire de se faire prendre ma main dans la sienne à la table d’une crêperie ! Dans de tels cas, on se sent tellement bien, on se sent reconnu.

L’amour est d’autant plus grand qu’il est serein parce qu’il repose sur la vérité, on ne joue aucun rôle, il n’y a aucun artifice. On apparaît tel que l’on est et si on s’aime ainsi, avec ses défauts, ses qualités, c’est bon signe. Quand nous nous quittions, c’était la déchirure. La période la plus longue pendant laquelle nous ne nous sommes pas vus a duré environ 11 semaines en ce début d’année. Heureusement, il existe un artifice dû à la technologie moderne : la messagerie instantanée audio-vidéo-épistolaire. Je ne vous raconte pas le nombre d’heures que nous avons passées sur ce « machin » depuis que nous nous connaissons.

Notre éloignement était, vous l’avez compris, une difficulté que nous avions mesurée depuis longtemps. Mais à la table d’un restaurant, début mars, elle me fit part de son intention de me rejoindre. Une grande nouvelle et aussi une triple preuve d’amour : quitter son travail qui lui a tant procuré et qui plus est, sans être sûre d’en trouver un en me rejoignant, quitter sa Bretagne et les siens et enfin me retrouver. Moi, je me trouvais bête, car j’aurais été incapable de la rejoindre en sens inverse. Non pas qu’il m’aurait été impossible de trouver un travail en Bretagne, mais j’y aurais sans doute perdu au sens statut, même si ce dernier n’a rien d’extraordinaire. Mais, dans sa grande générosité, elle me fit remarquer quelque chose de très juste. Il y a quatre ans, je m’étais déraciné de ma Loire, de ma Bourgogne pour ce Nord à l’injuste réputation sulfureuse, sans pour autant rejoindre qui que ce soit, ni pour occuper un poste professionnel d’un immense intérêt (à l’époque).

Voilà, c’est à la fois tout bête et extraordinaire, mais nous nous aimons. Nous nous sentons indispensables l’un envers l’autre. Nous savons ce qu’il en est des couples actuels ; nous n’en méconnaissons pas les difficultés. Nous ne sommes pas si naïfs, nous avons déjà pas mal vécu. Néanmoins, nous avons décidé une chose : faire mentir les statistiques. Montrer que la fidélité, l’amour à vie, même si ce n’est plus à la mode, c’est une raison supplémentaire de s’y engager.

Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne Philippe le Bon eut comme épouse Guigone de Salins. J’ai été séduit par la devise « seule », « seulle » ou « ceule » suivie d’une étoile, visible notamment aux Hospices de Beaune. J’ai donc décidé, peut-être de façon un peu ridicule, mais non sans fierté, de reprendre cette devise. S., tu es ma Seulle ¬.

Seulle

Tapisserie dite « couverte d’haulte lice faicte à tortorelles » portant les armes de Nicolas Rolin et les armes de Guigone de Salins (Hôtel-Dieu de Beaune)

29 juillet 2006

CHÂTEAUX DE LA ROCHEPOT ET DE COUCHES

Ces châteaux furent visités le 15 juillet en compagnie de mon irremplaçable et adorable S. mais aussi d’amis de la famille. Dès le matin, après y avoir réfléchi (en Bourgogne, on a l’embarras du choix sur les châteaux que l’on peut visiter), j’avais décrété que nous irions voir ces deux-là. Et d’ici que tout le monde ait bien bu, bien mangé, nous nous sommes enfin mis en route. Et je dois vous dire que nous avons réussi l’exploit à visiter les deux dans la même après-midi.

Le Château de La Rochepot qui, lorsqu’on vient tout naturellement d’Autun, après avoir fait son entrée en Côte-d’Or en dépassant Nolay et ses halles du XIVe siècle, marque de façon décisive la Côte et ses vignobles (Côte de Beaune). On ne peut pas le manquer, il vous nargue à flanc de coteau grâce à ses tours et à ses tuiles vernissées dont la Bourgogne est très adepte. Voici donc le château de la famille Pot, en particulier Phlippe Pot, chambellan des ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles le Téméraire. J'ai dû visité ce château alors que j'avais une dizaine d'années. Je ne me souvenais guère que du fait qu'il avait, par la suite appartenu à la famille du Président Sadi Carnot.

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Les Halles de Nolay

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Le château de Couches est sans doute un peu moins connu que celui de La Rochepot. La commune de Couches marque elle aussi le début du vignoble bourguignon, mais cette fois dans le département de Saône-et-Loire (le Couchois moins connu que les côtes de Beaune, mais où l’on peut néanmoins y dénicher des vins plus qu’honorables et néanmoins abordables). La forteresse qui subsiste aujourd’hui est bien modeste par rapport à ce qu’elle fut au Moyen-Âge. Il en reste quelques vestiges fort intéressants. C’est aussi le château de Marguerite de Bourgogne. On sait qu’elle y séjourna quand elle était jeune. On sait aussi qu’elle fut enfermée à Château-Gaillard (Les Andelys, Eure) sur ordre de son roi de mari (Louis X le Hutin) et qu’elle y mourut très vraisemblablement. Dans les années 1960, un historien d’Autun aurait eu la preuve selon des sources (dont on ignore la source !) que la fameuse Marguerite aurait fini ses jours ici. Pis, elle avait la bonne idée de précipiter ses nombreux amants dans les oubliettes (ça, c’est peut-être plus attribuable à Alexandre Dumas) ! J’ai tendance à soupçonner que ces histoires là ont été délibérément montées de toutes pièces pour faire de la publicité au château, dont la famille actuelle est propriétaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

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25 juillet 2006

Alesia

Alesia, lieu symbolique de la capitulation des forces des tribus gauloises coalisées contre César. Et la chute de leur chef, Vercingétorix. Image d'Epinal, pour ne pas dire grossière erreur (voire tromperie) que la phrase "nos ancêtres les Gaulois", idée encore bien répandue aujourd'hui. Le terme employé ci-dessus de "forces coalisées" serait d'ailleurs à nuancer. Ce n'était pas toujours si clair. Même les Eduens, étaient divisés en plusieurs camps, avec des modérés plutôt pro-romains et d'autres chefs qui jouaient plus leur "carte" personnelle. La statue de la photo ci-dessous a été érigée sous Napoléon III à Alise-Sainte-Reine (Côte d'Or). Cette période du Second Empire marque d'ailleurs à peu près le début de cette pseudo-galvanisation gauloise que la 3ème République amplifiera ensuite, avec des arrière pensées nationalistes, entre autres. En compagnie de ma chère et tendre S., nous n'avons pas eu le temps d'aller voir le musée. Au fait, d'après mes sources, il ne fait apparemment plus guère de doute qu'Alesia se trouvait à cet endroit. Avez-vous entendu parler d'autres hypothèses de localisations crédibles ?

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23 juillet 2006

ABBAYE DE FONTENAY

L’Abbaye de Fontenay est située non loin de Montbard, petite ville de Côte-d’Or d’où était originaire le fameux naturaliste-forgeron Buffon. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Il s’agit d’une abbaye cistercienne, édifiée à la même période que ses consoeurs de Cîteaux et de Clairvaux. Mais contrairement à ces dernières, pour ainsi dire entièrement détruites, Fontenay est demeuré quasiment intacte malgré la Révolution et son utilisation ultérieure en tant que papeterie par la famille Montgolfier. Bien entendu, la rigueur que l’on observe ici, notamment au niveau de la collégiale tranche de façon décisive avec son aînée de Cluny. C’est d’ailleurs en réaction contre la richesse et la « flamboyance » des clunisiens que l’ordre de Cîteaux a été fondé par Saint Bernard. Le style très dépouillé et modeste n’en demeure pas moins extraordinaire et impose le respect. On en apprécie d’autant plus les minuscules fantaisies que l’on se plaît à rechercher, et à admirer. Qui peut rester indifférent ? La rigueur a du bon. C’était moins le cas des moines qui y vivaient à l’époque, coupés du monde, alors que les températures hivernales à l’intérieur de l’ensemble des bâtiments étaient comprises entre 0 et -5 °C, voire beaucoup moins. Eh oui, nous sommes en Bourgogne et la continentalité du climat se fait bien sentir ! La « chaleur » de 10-12 °C était réservée aux moines copistes, et surtout à leurs encres ! Pour ce qui nous concerne, en compagnie de S., nous avons visité cet ensemble ce 11 juillet, et nous n’avons pas eu de problème de coup de froid, sauf éventuellement, un défaut de maîtrise de la climatisation du véhicule de mes parents. Malgré la fatigue, restent un très bel ensemble abbatial, une belle après-midi passée en compagnie de la plus belle compagnie que l’on puisse imaginer.

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Entrée

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Panorama vu de l'entrée

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Panorama vu de l'est

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Pigeonnier

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Forges

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Abbatiale (façade occidentale)

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Abbatiale (campanile faisant office de clocher)

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Abbatiale (chevet)

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Abbatiale (nef principale)

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Cloître

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22 juillet 2006

LA PIERRE QUE CROULE

Afin de compléter utilement l’article précédent, j’ai réussi à exhumer une diapos d’avril 1998 afin de vous montrer (il n’y a rien de bien spectaculaire) la fameuse « Pierre que croule », que nous n’avons pas eu l’occasion, faute de temps (au pluriel), d’aller découvrir.

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21 juillet 2006

Uchon

Je recycle donc, le texte sur l’église Saint-Roch d’Uchon (Saône-et-Loire) que m’avait inspiré « L’Eglise noire » de Karagar. J’y ajoute quelques photos millésimées juillet 2006, prises en compagnie de la prestigieuse S., qui, malgré la fatigue et la chaleur déjà bien pesante, est venue la découvrir avec moi.

Tout le monde aurait-il son église noire ? La mienne est une église bien humble. Sur la bordure ouest des « monts de l’Autunois », se dresse une belle colline au milieu des bocages verdoyants à la frontière entre le sud du Morvan et la vallée de l’Arroux. Bien évidemment, tous les sommets sont couronnés par la forêt, qu’elle soit caducifoliée (chênaies-hêtraies acidiphiles) ou sempervirente (plantations de Sapins de Douglas ou d’Épicéas). La vache charolaise ponctue les pâtures se sa robe blanche immaculée. J’arrive par la vallée du Mesvrin dont les méandres paressent indistinctement avant d’aller rejoindre son grand frère l’Arroux. Qu’elles sont bien loin ses eaux vives de ses affluents du plateau d’Antully ! La route s’élève doucement. Elle redescend, pour mieux remonter, redescend, sursaute, virevolte joyeusement. Oui, la route est belle, les oiseaux chantent, tout va bien. Puis, soudain, un mur ! La voiture n’est pas du genre sportive. Je rétrograde en troisième, en deuxième, ça passe. Après un répit de courte durée, l’affaire se corse, la route devient plus étroite, elle tourne à l’équerre. Et là, l’Alpe d’Huez, semble être un vulgaire faux plat face à l’Everest qui se dresse devant moi. Je suis obligé de passer en première. Puis un dernier virage sous le cimetière et enfin, comme dressé sur un piédestal improbable, l’église d’Uchon. Une bien modeste, une bien petite église, mais une bien belle église. Je ne sais pas pourquoi je l’aime à ce point cette église ? A cause de cette première fois où je l’ai découverte sous un magnifique soleil estival ? A cause du bleu du ciel qui fait ressortir la robe ocre de ses pierres granitiques ou gréseuses arkosiques ? Grâce à son assise massive de granite porphyroïde ? Ou encore du fait que la géologie impose un sol en pente impressionnant, mettant le chœur et le curé en hauteur ? Du coup, les paroissiens ont dû caler les bancs en circonstance pour ne pas risquer de tomber à la renverse. Je n’ai pas vu les sculptures de bois (du XIVe s. ?), puisque des crétins les ont volées. Certes, c’est sans doute une bien belle église, mais il ne s’agit là que d’une étape obligée avant de terminer la grimpette et d’aller voir les rochers du chaos de Carnaval, d’aller admirer le paysage panoramique, d’apercevoir, quand on y voit clair (malheur aux bigleux), la flèche de la cathédrale et la Pierre de Couhard éduennes, de descendre voir l’incontournable « Pierre que croule » (et non « qui » comme le disent les incultes). Une pierre, toujours en granite porphyroïde, de 20 tonnes qui ne bouge plus, mais que mon grand-père, il y a de nombreuses décennies en arrière, réussissait encore à mettre en mouvement, avant que l’érosion due à l’eau météorique ne la crispe dans une position désespérément stable.

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6 juillet 2006

Saint-Georges (1)

Saint-Georges... Ce n'est pas une note qu'il faut y consacrer, mais bien plusieurs. Il y a tant à en dire. D'abord pour moi (j'espère pas que pour moi), il s'agit d'une entité au genus loci incontournable, et même bien plus que cela. C'est ma nature, ma culture, c'est moi. Sans ce lieu, je ne serais pas ce que je suis, professionnellement et personnellement. Sans ce lieu, je n'aurais pas pu me "construire", en bien ou en mal. J'ai vécu, je vis encore ce lieu comme peu de gens se l'imaginent (même si la plupart de mes lecteurs, eux, se l'imaginent très bien). C'est une partie de moi-même. C'est sans doute ridicule, surtout si on le met en balance de la vie qui va et qui vient et est parfois cruelle. Mais c'est ainsi. J'ai cette chance d'avoir ce lieu à ma disposition et je ne laisserai personne m'en ôter la jouissance. C'est aussi un lieu de vie, un lieu de partage, un lieu de joie, jamais de peine. Un lieu magique aussi. Un lieu qui donne le sentiment d'être seul au monde, d'être le plus fort, d'être soi.

Enfin, voilà, c'est Saint-Georges : des prairies, des tourbières, un étang, des bois, des fourrés. Un milieu très riche pour sa flore (bien sûr, je le sais mieux que n'importe qui), mais aussi pour sa faune (on y a trouvé ici une espèce de papillon qui était la première donnée pour la France) et un champignon qui n'était connu ailleurs qu'en forêt de Fontainebleau.

Je ne vous livre cette fois que trois photos. Je m'en vais en vancances en faire d'autres en compagnie de ma chérie, la fabuleuse S. Je vous dis à bientôt, d'ici 10-12 j.

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Cornus rex-populi
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