GM et UP
Je poursuis l’évocation des personnes qui ont compté dans mon parcours universitaire et professionnel.
Comme je l’ai évoqué ici, j’avais été piégé par YBB. J’étais allé à un entretien où la personne recherchait un jeune auquel il pourrait confier une première étude de synthèse sur la flore et la végétation de la Loire. Cette personne était, c’était GM. Il avait besoin de quelqu’un qui avait de bonnes aptitudes en botanique. Je fus donc choisi. C’est alors que débuta une longue suite de collaborations. GM était en poste à Orléans depuis peu. Il venait du sud-est de la France et avait beaucoup travaillé en région Rhône-Alpes. Plus jeune, il avait travaillé sur le Rhône avec le professeur UP. Ce dernier était toujours en poste à Grenoble et c’est grâce à lui que je pus réaliser, quelques mois plus tard, mon DEA. Bien que semblant sympathique, le professeur UP était quelqu’un qui me parut au premier abord, difficile à appréhender sur le plan scientifique. Néanmoins, après qu’il m’eut « livré » quelques références bibliographiques, je m’aperçus de l’avance scientifique considérable dont le Rhône et ses affluents avaient fait l’objet par rapport à la Loire. En gros si je puis dire, en 1996, la Loire n’avait pas atteint le niveau de connaissances et d’expertise que le Rhône avait en 1970 ! Il faut dire que le fleuve alpin avait bénéficié de puissants programmes de recherches pluridisciplinaires, notamment dans le cadre de son aménagement hydroélectrique. Autrement dit, il jouissait de ce qui le détruisait. Alors que la Loire restait peu aménagée et tout le monde semblait s’en détourner. Heureusement, un plan gouvernemental allait sortir le fleuve royal de sa torpeur, inaugurant son retour en grâce auprès du grand public. Cela se traduisit notamment par le trop fameux et mal compris « dern*ier fleu*ve sau*vage d’Europe » et par la renaissance des bateaux traditionnels…
Toujours est-il que GM et UP me firent confiance. Les cours du DEA avaient lieu à Marseille car la formation était commune à quatre universités. Je me souviens de mes « chers collègues » pour la plupart fraîchement issus de maîtrises très académiques. De mon côté, j’avais deux ans d’interruption dans les pattes dont un an de service militaire. Je ne voyais pas les choses de la même manière que les autres. Je fus surpris par l’esprit de compétition des autres. En définitive, ces « excités » du bachotage n’eurent pas des résultats extraordinaires. En ce qui me concerne, grâce à GM, je fis mon stage sur la Loire. En démarrant ce stage, UP me remit un document (une sorte de synthèse de 25 ans de travaux sur le Rhône) devant lequel je fus stupéfait d’admiration. Ce document allait pour ainsi dire devenir un livre de chevet, un guide, un inspirateur, une boîte à idées… Mon DEA fut soutenu dans de bonnes conditions et je n’eus que des retours positifs. Mais j’étais frustré, et il fallait que je mette un projet plus ambitieux en action : une thèse. GM et UP allaient m’y aider. Dans l’idéal, UP aurait été le directeur ou co-directeur de thèse parfait, mais celui-ci allait prendre sa retraite un an plus tard, ce qui faisait trop court. Pourtant ma thèse, même si elle ne ressemble à aucune autre, allait être fortement influencée par les travaux d’UP.
Entre temps, GM était progressivement devenu un ami. Il n’était pas seulement un ami, il m’avait mis le pied à l’étrier, m’avait guidé vers la maturation professionnelle. Je crois bien que malgré lui, il m’a appris la plupart des ficelles professionnelles, tous ces petits riens qui font que l’on devient crédible.
Bref, c’est grâce à l’action conjuguée d’YBB et de GM que je me suis fait un nom dans le microcosme dans lequel j’évoluais. On essaiera de me le faire payer plus tard, avec une rare petitesse.











































































