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Cornus rex-populi

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8 mai 2010

Cinq ans, un mois et deux jours

J’y ai pensé durant tout le mois de mars, mais je ne me sentais pas prêt à rédiger une nouvelle note sur le sujet à la date anniversaire, d’autant qu’à ce moment là, nous étions en pleins travaux domestiques. Je veux parler du suicide de ma collègue Perrine (ce n’est pas son vrai prénom, mais nous l’appellerons ainsi) survenu dans la nuit du 5 au 6 avril 2005. J’ai parlé plusieurs fois de cet événement de façon cryptée, puis de façon claire, en avril 2007, ici [même si les commentaires de l’époque font référence à des choses dont je ne parlais pas encore ouvertement à l’époque, en particulier mon expérience homosexuelle qui paraît bien loin aujourd’hui, mais que je n’oublie pas]. Après ce temps, je ne suis pas beaucoup plus avancé sur les raisons réelles de ce suicide, mais je crois pouvoir exprimer diverses choses qui m’ont marqué.

D’une part, Perrine était une personne qui avait un profond respect de la vie, à un point maladif. Quelques mois à peine avant son suicide, elle était venue me demander, en début d’après-midi du vendredi, toutes larmes rentrées, si elle pouvait rentrer plus tôt chez elle (en fait chez ses parents). Je n’avais pu en savoir davantage sur ce qui motivait ce départ, mais comme elle ne voulait rien dire, je n’avais pas insisté. Voyant son état, je lui avais juste demandé si ça allait aller et si elle ne voulait pas qu’on l’accompagne. Il y eut un refus catégorique (vu avec le recul, il ne pouvait en être autrement). Ce n’est que lors de ses obsèques que j’ai appris par l’intermédiaire de ses parents, que cet événement avait signé la mort de son chat dont elle avait eu peine à se remettre.

Par la suite, il y eut un jeune chat abandonné (?) qui s’était réfugié au boulot (nos bureaux sont dans plusieurs bâtiments séparés dans une sorte d’écrin naturel) et avec la complicité de quelques autres personnes, elle s’occupa de ce chat. Seulement, le chat restait parfois coincé dans les locaux toute la nuit ou tout le week-end et faisait des dégâts. Il fut donc décidé de « l’extraire ». Selon la version officielle, il fut adopté par un des salariés. Je pense qu’elle ne crut jamais à cette version, pensant à tort ou à raison que le chat avait été éliminé d’une autre façon. Bien sûr, elle n’exprima jamais directement son émotion à ce sujet.

Enfin, j’ai su après qu’elle avait été émue lorsque la direction avait décidé de décaper l’herbe sur un parking afin de remettre les graviers à jour pour éviter la boue. D’abord, l’herbe n’offrait pas une couverture homogène et était dominée par l’espèce de graminée probablement la plus fréquente en France, Poa annua L. (Pâturin annuel) et que beaucoup de jardiniers éliminent couramment de leurs massifs. Enfin, elle était engagée dans diverses associations visant la préservation de la nature.

Par ailleurs, Perrine avait une profonde sensibilité aux injustices, notamment sociales ou dans le cadre du boulot. Par exemple, elle n’avait pas digéré le fait de ne pas avoir été entendue pendant des mois par la directrice administrative pour résoudre un problème, alors qu’un cadre scientifique avait obtenu immédiatement gain de cause. Elle n’avait pas accepté non plus que la direction refuse un aménagement du contrat de travail (travail en partie à domicile pendant l’hiver) pour une autre salariée avec qui elle était copine. Cette salariée était alors partie travailler ailleurs. Comme on le voit, des choses peut-être agaçantes sur le moment, mais pas vraiment violentes dans le monde du travail d’aujourd’hui et qui n’avaient pas de conséquences gravissimes.

Ce respect de la vie et cette aversion aux injustices, je les ai bien sûr trouvés excessifs, mais je n’ai jamais eu son mode de fonctionnement. Chez elle, beaucoup de choses prenaient des proportions qu’on ne soupçonnait pas.

Dans les lettres adressées à la direction ou que la police a pu lire, figurait une mention par rapport à son orientation sexuelle. Elle aurait été moquée ou discriminée à ce sujet. Je n’ai personnellement jamais assisté au moindre commencement de début d’allusion à ce sujet, mais j’étais peut-être trop proche pour le voir. Et par ailleurs, l’ensemble de l’équipe scientifique avait un profond respect pour elle et il était agréable de travailler avec elle (seul un collègue s’était plaint de sa rigueur, notamment pour les départs très tôt le matin pour aller sur le terrain). Outre qu’elle s’imposait une grande rigueur, elle n’avait rien de féminin dans son apparence : cheveux très courts, jean et polo (bleus la plupart du temps) en permanence avec aucune fantaisie, pas de bijoux, pas de sac à main ni autre accessoire, toujours des chaussures de sport… Bien sûr, cela m’interpelait quand même un peu, mais on s’y était fait et en définitive, on ne se posait pas de vraies questions puisque tout avait l’air d’aller bien par ailleurs. Nous n’avions jamais rien su sur sa vie privée et bien peu de choses sur ses ami(e)s en dehors du travail. A part un ex salarié avec lequel elle allait tous les ans assister à un tournoi de tennis à Paris (Bercy ?), on ne lui connaissait que des fréquentations féminines invisibles. Pour ce que j’en sais, uniquement des relations amicales. Dans ses écrits posthumes, elle m’avait demandé de contacter une personne qu’on avait rencontrée lors d’une formation. Cette personne fut presque étonnée de mon appel car elle n’avait pas compris que Perrine avait eu de telles intentions amicales à son égard.

Le 6 avril 2005, après le départ de la police, la direction fit une réunion pour expliquer à l’ensemble des salariés ce qui s’était passé et évoqua entre les lignes l’homosexualité supposée de Perrine. Cela n’étonna personne même si la plupart d’entre nous ne pensaient pas à ce trait de sa personnalité, tant elle semblait le refouler. Elle était aussi sans doute dans le déni de sa personne, du moins de son image. Elle n’avait pas apprécié figurer même de façon à peine visible sur une de mes photos montrant une station d’étude. J’avais d’abord cru à une fausse pudeur du genre « je ne veux pas être photographiée, mais en fait, j’adore ça ». Une autre fois, un collègue nous avait pris en photo elle et moi à bord d’un hélicoptère avant de décollage ; il se fit violemment remettre à sa place.

Il était totalement impossible de parler de choses personnelles avec Perrine. Il est vrai que pour ma part, je n’aurais jamais été lui demander, surtout à l’époque, mais il en était ainsi avec l’ensemble des collègues ou de ses amies connues, y compris probablement avec sa famille. Rien de très étonnant. Tout cela résonnait énormément en moi à l’époque. Quels étaient mes ami(e)s ? Où étaient-ils ? Allais-je un jour me laisser aller à un sentiment amoureux ? Quelle sexualité ? Avec qui ? A cette époque, je n’avais encore rien vécu. Je n’avais même pas dépassé l’adolescence. J’avais juste pris conscience que je ne voulais, ne pouvais pas continuer à vivre seul, qu’il me fallait quelqu’un. La mort de Perrine m’a poussé à agir. Cela n’a pas été immédiat et fulgurant, mais cela s’est révélé inexorable. L’homosexualité refoulée de Perrine m’a sans doute fait peur. Même si ce n’est qu’un aspect des choses, il m’était insoutenable que l’orientation sexuelle puisse être un des éléments qui produit le suicide. Il valait mieux assumer une sexualité. Pour des raisons de facilité ou plutôt de timidité, j’ai surtout été d’abord en contact avec des hommes qui me paraissaient plus accessibles. Bien sûr, c’était un leurre.

Je recherchais l’amour, le vrai. Cela n’a pas été sans circonvolutions complexes sans difficultés, mais je l’ai trouvé. Je le dois forcément à Perrine qui a initié une réaction en chaîne. Je le dois aussi à l’écoute et à la sensibilité de Karagar sans qui je n’aurais jamais rencontré l’amour avec S.

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4 mai 2010

Joli début de mois de mai

Aujourd’hui, avaient lieu les entretiens d’embauche et cette fois, je me suis entièrement chargé d’en organiser les tests de bot*anique (sur 20 échantillons frais pour l’essentiel) et de ph*yto*sociologie (diapositives vidéoprojetées). J’étais accompagné de mes supérieurs hiérarchiques. Je m’attendais à ce qu’ils posent les questions, permettant de révéler la capacité de travail en équipe, la rigueur de l’organisation du travail et tout ce qui touche au relationnel ; mais ne voyant rien venir, j’ai dû m’y coller.

Les trois candidats auditionnés aujourd’hui étaient tous des débutants dans le domaine concerné, alors que l’un d’eux occupe déjà un poste de bot*aniste dans une structure homologue. Mais tous les trois ont révélé un bon potentiel, ce qui est loin d’être toujours le cas. Faute d’un nombre insuffisant de personnes formées dans cette discipline (et encore il n’existe pas de formation suffisamment poussée dans le domaine), il nous est de plus en plus difficile de trouver des candidats valables, alors que les besoins augmentent et que les meilleurs sont rapidement recrutés. Et les personnes expérimentées, elles, changent rarement de crèmerie.

Nous avons choisi l’un des trois candidats qui est déjà stagiaire chez nous. C’est lui qui semble offrir la plus grande marge de progression et le connaissant déjà, je sais que je n’aurais pas de problème majeur avec lui. Certes, tout ne sera pas forcément facile, mais je pense que je n’aurais pas de conflits ou de pétages de plomb intempestifs à régler. Il est à la fois posé et dynamique, bref c’est une perle de ce point de vue, ce qui me changera des cas pathologiques passés.

Vue la surcharge de travail qui pèse sur nos épaules et qui ne cesse de nous accabler, il se peut également que nous recrutions pour quelques mois l’un des deux autres.

Voilà, tout n’est pas réglé, mais l’avenir s’éclaircit un peu.

En attendant, en ces premiers jours de mai, voici quelques nouvelles du jardin.

Encore des tulipes.

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La première des trois fleurs de la pivoine arbustive.

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Des fritillaires jaunes.

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Le nouveau venu : le faux « Rhododendron scyphocallix », autrement dit, le ‘Golden gate’.

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Il est épié par ‘Atchoum’ (alias ‘Sneezy’) qui va lui montrer qui est le patron.

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27 avril 2010

Encore du déjà vu ou presque

Voici quelques photos prises au jardin du boulot (pour les cinq premières déjà sans doute trop photographiées) et dans notre jardin pour les suivantes. Pourquoi montrer ça ? Juste pour dire que le dernier commence tout juste à fleurir. Ce soir, j’ai dû procéder à un arrosage général car il n’a pas plu depuis le jour de Pâques, soit déjà 23 jours de sécheresse. Qui a osé prétendre qu’il ne faisait pas beau dans nos contrées septentrionales ?

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22 avril 2010

Comment font les autres ?

Ce n’est pas nouveau, mais j’ai de plus en plus de peine à surmonter un mal qui m’atteint. D’années en années, je reçois de plus en plus de courriels au travail. Chaque jour de la semaine, il en arrive plusieurs dizaines sur ma boîte. Certes, il y a des messages internes (nous sommes quand même une cinquantaine de salariés) qui ne sont là que pour donner une information succincte, d’autres, toujours internes, plus consistants au sujet de divers projets, nécessitant une lecture attentive et parfois une réponse argumentée. Et puis, il y a des tas de sollicitations externes :

  • une multitude de convocations à des réunions, groupes de travail, commissions plus ou moins officielles (ce n’est pas anormal, nous sommes logiquement convoqués parce qu’on nous demande régulièrement notre avis, on sollicite notre expertise…) ;

  • des rapports et études et toutes sortes de documents sur lesquels on est amené souvent à réagir ;

  • des demandes de renseignements très diverses de la part de partenaires institutionnels (État, administrations diverses, établissements publics, collectivités territoriales, parcs naturels…), de bureaux d’études, de particuliers, d’étudiants dont certains sont exigeants.

Je précise qu’au travail, je ne suis abonné à aucun site ou forum, même professionnel car je ne souhaite pas être inondé de courriels supplémentaires. Je le suis à titre personnel, et encore je suis très loin de tout lire.

Bref, une multitude de messages qui s’accumulent très rapidement. Depuis plusieurs années, j’ai adopté une méthode d’archivage et de classement de ces messages qui me permet de m’y retrouver dans la majorité des cas et je pense être assez bien organisé à ce sujet. Mais ce classement, je le fais manuellement car les sujets sont tellement divers que je ne peux rien automatiser de façon fiable. Revers de la médaille, je passe beaucoup de temps à classer.

Alors, comme je n’y arrive plus (ce n’est pas nouveau), je zappe, je priorise et je ne réponds pas toujours sur des dossiers où j’aurais sans doute pas mal à dire (ou à redire). Je n’ai pas le temps. Cela n’a jamais été plus vrai que cette année où ma charge de travail contient plus de jours que le nombre de jours de travail dans l’année, sans compter le surcroît de travail que m’a apporté un collègue en congé maladie durant presque deux mois et la démission d’un autre collègue et le recrutement d’un(e) autre (à ce propos, ça va encore être du sport pour trouver un remplaçant qu’il faudra sans doute encore former…).

Une autre chose m’énerve profondément quand je réponds à un courriel qui m’a demandé un travail plus ou moins important de recherche ou de rédaction : c’est lorsque l’interlocuteur ne répond rien, ni n’accuse réception de mon message, alors qu’on s’est parfois donné beaucoup de peine et qu’on a apporté une vraie plus-value. Sans réclamer des remerciements, je n’apprécie guère qu’on ne me dise pas si j’ai répondu peu ou prou à la demande. J’ai souvent le sentiment d’être pris pour un vulgaire service de renseignements, alors même que je n’appartiens pas à un service public à proprement parler. Je ne suis pas exigeant, je veux juste un minimum de respect.

Quand viennent les vacances, notamment scolaires, la fréquence des courriels diminue largement, mais à mon retour, je suis néanmoins submergé, ce qui n’est pas sans me stresser. Lundi, ayant été absent durant deux semaines, j’ai trouvé une bonne centaine de messages, en plus de deux autres petites centaines que je n’avais pas pu traiter intégralement durant la semaine précédente pour cause de séminaire et de réunions. Ce matin, j’ai néanmoins réussi à écluser et à « nettoyer » l’ensemble de ma messagerie, mais le mouvement ne s’arrêtera jamais, cela donne le vertige.

Bien sûr, il existe des techniques pour ne pas devenir esclave de sa messagerie, mais aucune n’est vraiment satisfaisante. Et puis, il y a aussi une façon de réagir qui est fonction de sa personnalité et de ce côté là, je dois bien dire qu’en ce qui me concerne, ce n’est pas ça qui m’aide : je n’aime pas laisser les choses en suspens, laisser des gens dans l’embarras. Alors que faire ?

Enfin, je ne perds pas le moral. Ces deux derniers soirs, j’ai pu voir ça, entre autres, dans notre jardin :

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18 avril 2010

Vacances plâtrières

Depuis l’an dernier, nous avions programmé de « refaire » deux de nos trois chambres. Mais avant cela, il nous fallait changer les fenêtres, qui étaient dans un piteux état. Celles-ci ont été changées début mars. Deux des fabricants que nous avions contacté nous avaient proposé de remplacer nos fenêtres de bois à deux battants par des meurtrières à un battant (parce qu’il fallait de la place pour loger le volet en dessous sans reprendre le caisson de l’ancien volet, non isolé. Nous avons finalement opté pour le fabricant qui nous proposait de reprendre les anciens caissons de volet, en les isolant de l’intérieur et qui nous montait de vraies fenêtres. Mais lors du montage, les ouvriers ont constaté qu’aucun isolant ne pouvait être disposé dans le caisson car le volet roulant occupait tout le volume disponible. C’est alors que le roi Cornus a fait marcher son pois chiche qui lui sert de cervelle. Il avait déjà imaginé une forme d’isolation des chambres. Le même isolant pouvait très bien être utilisé pour l’isolation entre le caisson et la chambre puisque la position du battant de la fenêtre le permettait.

Après le week-end de Pâques, nous avons donc mis en œuvre ce que j’avais imaginé. Mais ce fut un véritable calvaire, comme le décrit Fromfrom dans sa note d’aujourd’hui (eh oui !).

En plus de l’isolation et de la décoration de notre chambre et de la chambre d’amis, nous avons renforcé l’isolation au niveau de la cage d’escaliers (en plus d’avoir étanché la tabatière de toit, ce qui fut assez périlleux), de mon bureau (fausse fenêtre et toit lumineux en polycarbonates), décapage de terrasse, réparation de lit et autres « menus » travaux.

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Voici notre chambre avant les travaux (je précise que cette photo a été prise alors que les anciens propriétaires l’occupaient encore). A part les objets et accessoires pas du tout de notre goût, cette chambre n’était pas forcément moche. Hélas, débarrassée de ses meubles, une petite partie de la misère est apparue : papier peint totalement cloqué (comme dans toutes les pièces, à des degrés divers), extrêmement mal posé et ne passant jamais derrière les armoires ou autres meubles imposants. Je n’avais donc jamais photographiée notre chambre.

Voici donc maintenant notre chambre après les travaux décrits (avec papier peint intissé et toile de verre peinte). On remarquera le relatif dépouillement, mais il manque quand même des rideaux.

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La chambre d’amis, jaune pétant avant travaux. C’est Lancelot qui m’avait poussé à la prendre en photo. Cela paraît beaucoup mieux en photo que cela n’était en réalité.

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Et voici à quoi nous arrivons après travaux : toile de verre peinte en « ciel de parme » et nouveau plafond. Cela change radicalement. Nous avons exhumé des emplacements de lampes que nous avons dotés de deux appliques. Le radiateur jaune reste là comme vestige (comme dans notre chambre, je n’ai pas voulu repeindre, car c’est particulièrement pénible et parce qu’il faut une peinture spéciale).

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Pour plus de détails, voir chez Fromfrom.

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16 avril 2010

Escapade à Bruges entre deux pots de peintures

Dimanche dernier, nous décidâmes de faire découvrir Bruges à mes parents. Pas un très beau temps (le seul jour depuis deux semaines où il n’a pas fait soleil). S., elle, y était déjà allée quatre fois, dont l’avant dernière fois avec moi en février 2008. Je ne vais pas recommencer la visite guidée, déjà décrite en détail dans les huit chapitres suivants : 1, 2, 3, 4 et 5-6-7-8.

Cette fois, je ne montre que quelques images.

Tout d’abord le « cul » de la cathédrale Saint-Sauveur dont Karagar avait été vexé de ne point voir. Pas de choses géniales, mais quand même ceci.

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Dans une rue, une botte couronnée et un triskell.

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Quelques vues de la basilique inférieure du Saint-Sang (la supérieure est interdite de photo, mais nombre de photographieurs faisaient crépiter leurs flashes).

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Le Béguinage sans doute à l’apogée des floraisons narcissiques.

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8 avril 2010

Vacances domestiques

Nous sommes en vacances à domicile. Au programme :

  • arrachage des épaisseurs de papiers peints dans deux chambres ;

  • rebouchage de trous divers ;

  • isolations complémentaires dans les deux chambres et la cage d’escalier et au-dessus de mon bureau ;

  • nouveau revêtement de plafond dans la chambre d’amis ;

  • peinture, revêtements divers, nouveau papier peint dans les deux chambres.

Nous avons bien commencé, trouvé des solutions, mais le travail est loin d’être terminé.

En attendant, voici de récentes nouvelles du jardin.

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1 avril 2010

La lecture et moi

Lancelot m’a lancé un défi. Je dois dire que je ne savais pas trop quoi dire, mais je me suis lancé dans l’exercice qui reste très instantané.

La lecture, pour moi, ça a commencé en CP et pas avant (j’étais le plus jeune de la classe). Je me souviens que l’institutrice avait disposé sur les murs des mots et des phrases avec des sons avec des couleurs différentes. On lisait ces machins là tous ensemble à haute voix. Je n’ai aucun autre souvenir de lecture en CP.

Il y eut ensuite le CE1 où on lisait des choses sur un livre assez traditionnel, mais aucun autre souvenir, tout comme en CE2.

Au CM1, peu de lecture à haute voix en classe, ce qui fit que j’ai eu du mal ensuite (jusqu’au collège) à lire à haute voix. Je me souviens qu’à cette période, j’ai lu le « Capitaine Fracasse », mais je n’y ai rien compris. J’étais bien seul dans cet apprentissage et c’est sans doute une des raisons fondamentales qui ont fait que j’ai longtemps eu peur d’aborder les livres.

Longtemps, donc, je n’ai pas su lire un livre, un texte, dans le sens où je lisais sans en comprendre le sens (jusqu’au collège). Encore à l’heure actuelle, il m’arrive de lire de façon automatique sans me rendre compte que je « n’écoute » pas ce que je lis. Ce soir, en lisant dans le train, cela m’est encore arrivé. Défaut de concentration, fatigue, peut-être, mais cela m’arrive très souvent. Inutile de dire que soit je zappe involontairement certains passages, soit je relis, ce qui n’accélère guère ma lecture. Voilà au moins une chose de dite que je n’avais jamais mentionnée clairement. Je me demande si nous sommes nombreux dans ce cas.

Au collège, je me souviens surtout de la lecture de « La guerre du feu » de Rosny Ainé en 6ème et de pièces de Molière. Je me souviens du « Cid » de Corneille. En 4ème, je me souviens de « Vipère au poing » d’Hervé Bazin qui m’avait beaucoup plu et d’ « Iphigénie » de Racine qui m’avait profondément déplu et que je n’avais absolument pas compris. Je pense que j’étais vraiment trop gamin pour comprendre ça à l’époque et que c’était vraiment trop tôt pour étudier ça (ou alors, c’était mal expliqué).

Pas du tout lecteur en dehors de l’imposé, je ne progresse pas. Il y avait bien des livres à la maison, mais pas du tout de mon âge et difficilement accessibles.

Néanmoins, j’ai commencé à lire des revues consacrées surtout à la pêche à la ligne (facile) et surtout à la science « Scie*nce & V*ie » à laquelle mes parents m’avaient abonné vers l’âge de 15 ans à peine. La lecture de cette revue fut assez difficile dans un premier temps (la langue n’était pas d’un haut niveau mais était néanmoins soutenue et il fallait suivre sur le plan scientifique (c’est une revue de vulgarisation scientifique, mais pas forcément pour tout le monde). Mais je me suis accroché et ça a tenu.

En 1ère (ma première 1ère), nous avions étudié « Madame Bovary » de Flaubert. Ce qui m’avait plus, ce n’était pas l’histoire ni les longueurs épouvantables, c’était les tas de choses qu’on pouvait dire pour commenter le style (j’avais au moins appris ça de la prof et après avoir compris comment ça marchait, j’étais devenu l’un des meilleurs de la classe en explication de texte).

Je n’ai donc pas lu beaucoup de « classiques » à part quelques extraits. Cela m’a parfois suffit à m’en détourner de façon définitive comme Proust dont le style épouvantable avait quelques points communs dans la lourdeur de mes rédactions de l’époque et qui me valait de mauvaises notes (oui, on l’aura compris, je suis un Proust incompris). Parmi les autres horreurs, je citerai « Voyage au bout de la nuit » de Céline.

J’ai quand même lu d’autres choses plus faciles comme « Robinson Crusoë », « l’île au trésor », des machins de la bibliothèque rouge et or, Jack London, Fenimore Cooper, Bernard Clavel, quelques policiers, etc.

Mais mon livre préféré, je ne sais plus exactement quand je l’ai lu pour la première fois (en fin de lycée ou après le bac ?). Ma mère m’avait lu quand j’étais tout petit des extraits de ce livre qui n’était absolument pas un livre pour enfant. C’était un beau livre relié dans une belle édition, et illustré de quelques planches en couleur (aquarelles ?). A l’époque, je ne comprenais rien à ce que me lisait ma mère, mais cela chantait à mes oreilles. Adolescent, j’avais lu quelques passages d’un roman de cet auteur, mais cela m’était tombé des mains tant cela me paraissait complexe. C’était « Les Éparges » de Maurice Genevoix. Puis, j’avais lu « La boîte à pêche » et j’avais commencé « Raboliot ». Mais je suis retourné au livre que me lisait ma mère : « La dernière harde » qui reste à mes yeux indépassable, même si l’auteur a commis quelques belles pages dans d’autres romans. Evidemment, c’est le côté naturaliste qui m’a plu, la richesse du vocabulaire, la description intime de certaines scènes naturelles, du genre de celles qu’on croit être les seuls à ressentir lorsqu’on se promène en forêt. Un peu plus tard, j’ai ressenti des choses similaires dans certains romans d’Henri Vincenot, mais avec une langue moins littéraire, moins poétique, mais sans doute plus populaire dans le bon sens du terme.

Voilà, je ne suis pas un grand lecteur et parfois je me sens quelque peu en décalage par rapport aux dévoreurs de livres sont S. fait partie même si à présent elle est un petit peu au ralenti.

29 mars 2010

Séjour pyrénéen (épisode n° 4 et fin) : le retour

Le samedi matin, je me suis réveillé très tôt, mais cette fois ci, j’avais pu dormir autant que mon voisin de chambre (parce que lui, bien sûr, il avait toujours dormi comme un loir).

Nouvelles présentations en séance plénière. Puis, passé midi, remise de la médaille du mérite à un ex directeur retraité (un Breton) avec lequel j’ai eu l’occasion (et le plaisir) de travailler, dans des moments très difficiles fin 2006 – début 2007. Il m’a avoué il n’y a pas si longtemps que le Ministère pensait qu’on se planterait dans la délicate mission qui nous avait été confiée. La tâche ingrate dont j’avais héritée, j’avais fini par m’y faire et imposer une certaine autorité à près de 80 collègues. Ce ne fut pas sans grincements de dents, sans problèmes, mais je m’en suis sorti essentiellement grâce à lui. En clair, nous avions beaucoup aimé travailler ensemble. Comme il y avait du retard, nous avons dû manger seuls avant de partir avant la fin du discours. Je le regrette, mais nous n’avions guère le choix de faire autrement si nous ne voulions pas manquer notre train.

Nous sommes arrivés sans encombre à Lille à 00h18. S. est venue nous récupérer, un collègue et moi (plus de TER à cette heure là). J’étais partagé entre la joie de retrouver enfin S. et une fatigue accentuée par un rhume qui voulait faire sa loi.

29 mars 2010

Séjour pyrénéen (épisode n° 3) : la montagne

Le vendredi matin, le canard était toujours là, après le petit déjeuner, et avant que les groupes de travail ne reprennent les hostilités, j’ai eu le temps de profiter d’un rayon de soleil pour photographier ça, curieusement situé sur la même commune que notre lieu de villégiature.

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Le sommet est le Pic du Midi de Bigorre, là où se trouve le fameux observatoire astronomique, à 2876 m d’altitude.

J’ai été le premier à faire une présentation, pile dans le temps imparti. Un collègue du cru, que je connais depuis un moment déjà et que j’apprécie beaucoup pour ses qualités scientifiques et sa droiture a conclu brillamment les interventions, facilitant le travail des « synthétiseurs », toujours un petit peu à la ramasse.

L’après-midi fut consacrée aux rapports et synthèses de groupes de travail.

Puis, ce fut le temps d’aller au repas proposé par les Pyrénéens pour fêter leur dixième anniversaire (en fait un petit peu plus). Le bus nous emmena à nuit tombante à 1100 m d’altitude, mais nous ne profitâmes pas du paysage. Raisonnables, nous fûmes de retour dans nos chambres pour 23 heures.

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