Le Loiret n'est pas en Bourgogne (4) : couleurs d’automne (B)
Comme tous les ans, sont organisés au boulot deux concours des plus gros légumes : un pour la tomate (la variété change tous les ans – les plants sont fournis), un pour la carotte (toujours la même vieille variété locale de Tilques). Cette année, pour les tomates, je n’ai pas fait des flammes, mais je suis quand même arrivé 4e ou 5e. Pour les carottes, comme tous les ans depuis 5 ans, je délocalise dans le jardin du domaine du dragon terrassé. En fonction du temps, des circonstances et du fait que mes parents y sont ou non pour les arroser, les carottes poussent plus ou moins. Cette année, je pensais avoir assez bien réussi, mais comme les compétiteurs sont féroces, notamment parmi les « vrais » jardiniers, je pensais encore me faire largement devancer. En fait, je n’avais pas bien pris conscience de la taille effective de ma championne, du moins jusqu’à ce matin, où je l’ai pesée pour savoir si dans mon peloton de tête, c’était bien elle qui avait le maillot jaune. J’étais assez confiant pour monter sur le podium. Et ce soir, lors de la pesée officielle, les jardiniers trustant habituellement les premières places ayant déjà pesé leurs progénitures, on m’appelle pour peser mon bébé. Le résultat est sans appel : 1300 g. La concurrence, qui peine à atteindre le kilogramme, est laminée. C’est drôle, certains des compétiteurs ont fait mine de rien, mais les connaissant, ça a dû prodigieusement les emmerder. Car eux jouent pour gagner. Moi aussi, mais je me moque de perdre, l’important étant de participer. Et puis même les derniers gagnent un lot parmi plantes, bulbes, petit matériel. Et puis c’est normal que le directeur ait la plus grande carotte ! Non ?
Voilà le lot parmi les plus grosses, sur les terres qui les ont vues pousser, le lendemain de leur arrachage.
Voilà la gagnante seule, prise ce soir à la maison à l’issue de la cérémonie.

