Mépris
Mépris de classe
Il y a quelques semaines, à propos de l’émission de téléréalité « loft-store-i », des journalistes se permettaient de dire qu’une certaine catégorie des acteurs médiatiques, (pseudo-)intellectuels ou de la population générale, avaient fait, à l’époque (2001), du mépris de classe, au sujet de cette émission et de ceux qui la regardaient, en la dénigrant parce qu’elle ne mettait pas en avant la culture, elle mettait en scène des personnes « ordinaires », était populaire ou je ne sais quels qualificatifs… alors qu’en même temps, « tout le monde » la regardait sans l’avouer. Par curiosité, j’avais regardé en son temps quelques minutes, une fois ou deux, mais j’avais été très rapidement lassé par le manque total d’intérêt, la superficialité, la vacuité ou la vulgarité. Par conséquent, si on n’a pas aimé ce genre d’émissions (j’en passe et des pires), on fait du mépris de classe ! Eh bien non, on a le droit de ne pas aimer et de préférer des choses plus intelligentes, intéressantes, divertissantes ou tout ce que l’on veut (y compris des choses plus bêtes si ça existe), sans avoir à se justifier de ne soi-disant pas aimer le peuple de la France d’en bas. Quelle connerie !
Il est vrai que le mépris de classe, ça existe et on peut parfois en faire malgré nous. Si le manque d’intelligence et de culture les deux à la fois est une classe, alors oui, cela peut m’arriver, mais je m’en moque. Cela ne signifie pas que je méprise les gens « simples ». Certains s’en chargent très bien au sein de la classe politique et médiatique et d’autres, voire les mêmes, se chargent de faire en sorte que surtout ils ne s’élèvent pas en favorisant la bêtise et l’inculture.
Autre mépris
Immédiatement après le week-end du 11 novembre, je reçois plusieurs messages oraux et écrits du coordonnateur d’un ouvrage que nous réalisons sur les territoires phy*to*g*éogr*aphiques des Hauts-de-France ainsi que de notre chargée de com’, qui viennent encore de recevoir une série de courriels de volée de bois vert de la part du rédacteur principal dudit ouvrage. Je ne méconnais pas les difficultés qu’il y a, mais ce rédacteur, qui était censé remettre sa copie en mai, n’a toujours pas terminé à la fin de la première décade de novembre et réclame des choses insensées, remet en cause des choses pour lesquelles on n’a absolument plus de mou pour améliorer et remet en cause l’essence professionnelle de ses collègues. Pis, cela s’avère être rien d’autre que des caprices d’une star qui empoisonne ses collègues avec des exigences d’un rare mépris et eux n’en peuvent plus. Ils ne sont pas loin de la rupture… et quand on connaît leur conscience professionnelle, leur patience… on comprend aisément que d’autres auraient pu craquer avant. En fait, tout cela relève très clairement du harcèlement. J’en parle à mon dirlo adjoint qui est aussi responsable de l’antenne d’Amiens et, à sa demande, nous cosignons un remontage de bretelles et nous le « désactivons » pour l’empêcher de nuire plus longtemps et permettre l’édition effective de l’ouvrage, pour lequel le retard est considérable. J’ai désormais une sacrée habitude de ce genre de choses, car comme directeur, j’ai dû arbitrer opérer souvent des arbitrages, parfois dans la douleur, mais là c’est inédit. Il est important de souligner que le dirlo adjoint est (était) l’ami du rédacteur qui se mue en tyran. Un ami de 30 ans (ils travaillaient dans la même structure), mais cela fait des années qu’il doit compenser ses failles et il n’en peut plus. Moi, je savais depuis un moment que cela ne pourrait pas durer éternellement, mais quand ça passe encore, on continue. Ce gars a un côté perfectionniste mais est un très mauvais gestionnaire de dossiers et surtout ne tient aucun compte des délais et autres tâches bassement administratives. Le fait que le dirlo adjoint cosigne le courriel, c’était signifiant car il ne pouvait plus accuser seul le siège de tous les méfaits qui l’accusent. Je vous passe les péripéties, mais il demande rapidement une rupture conventionnelle. Cela ne l’empêche pas d’envoyer un nouveau message particulièrement hargneux vis-à-vis de ses collègues qui avaient osé se plaindre. Voyant cela, nous adressions deux nouveaux messages de recadrage (l’oral ne suffit plus depuis un moment), mais il n’a encore rien compris au film et il s’est mis en arrêt pour « burn out ». C’est pratique de faire ça quand on n’arrive pas à ses fins. A son retour une quinzaine de jours plus tard (lundi dernier), il refuse de signer la rupture conventionnelle parce qu’il n’a pas donné son accord pour ses propres photos insérées dans l’ouvrage et qu’il a lui-même choisies. On marche sur la tête ! On se met à culpabiliser… un peu… parce que dans la course, on n’a pas fait tout à fait les choses dans l’ordre, alors que lui a une responsabilité écrasante. À la fin de la semaine dernière, l’ouvrage sort de chez l’imprimeur et on lui demande une autorisation officielle pour ses photos en préalable à la reprise des discussions pour la rupture conventionnelle. Il finit par accepter de signer l’ensemble. Soulagement général à la direction. En revanche, le dirlo adjoint a craqué plusieurs fois. Lui, si solide habituellement… Mais 30 ans d’amitié ainsi déchirée… Et, par-dessus le marché, en même temps, un jeune couple de collègues à Amiens qui se sépare en se mettant en arrêt tous les deux pendant un mois et demi, parce que les pauvres petits lapins ont une peine de cœur qu’ils font passer pour du surmenage ! Mazette ! Le dirlo adjoint n’est pour rien dans tout ça bien entendu et au contraire, il est très attentionné et à l’écoute. Mais les ex-tourtereaux se foutent des conséquences de leurs arrêts respectifs !... Et le dirlo-adjoint craque parce que même s’il sait qu’il n’est pour rien dans tout cela, il intériorise ces échecs. Je lui parlé de tout cela, évidemment, parce que je le tiens en haute estime. Nous sommes très différents tous les deux, mais nous nous entendons bien et nous convergeons sur la quasi-totalité des sujets. Et il est resté à la barre, mais il était plus que temps que les vacances arrivent. Je me dis souvent que je travaille avec des dingues. Quand tout va bien, c’est un plaisir, mais dès qu’un grain de sable surgit, tout prend des proportions hallucinantes. Est-ce vraiment mieux ailleurs ? Je n’en suis pas sûr, mais je pense que les associations, même si très cadrées comme chez nous, attirent des personnalités particulières, à la fois très compétentes et charmantes mais aussi très enclines à des « désirs de pureté » qui deviennent incontrôlables en cas de problème.