Brèves cornusiennes (62)
Au printemps après trois ans d’arrêt, mon collègue normand, victime d’un cancer, a été déclaré invalide de niveau 2 par la Sécurité sociale puis inapte au travail par la médecine du travail. Nous avions procédé à son licenciement (qu’on se rassure, c’est la procédure normale et il n’a pas été lésé). Après avoir passé un beau printemps et une bonne partie de l’été pour profiter de la vie, il a été rattrapé par la maladie avec des métastases dans le cerveau (alors que son cancer ne devait pas faire de métastases à cet endroit). Coup dur, car nous étions nombreux à penser que sa maladie rentrait dans la catégorie des affections chroniques, l’obligeant cependant à des traitements réguliers et sérieux à l’hôpital. Il vient de se payer quatre semaines d’hôpital avec des traitements de choc. Il est chez lui à présent, mais va y retourner. Personnellement, cela m’a fait un choc et certains collègues ont eu du mal à bosser. J’espère que cela va aller… Je l’ai eu au téléphone cette semaine. Il a des séquelles qui se résorbent lentement et il a retrouvé le moral.
J’ai passé deux jours à Paris et Montreuil la semaine dernière pour des réunions avec mes homologues nationaux et quelques administrateurs de notre fédération nationale, laquelle est appelée à disparaître à la création l’année prochaine de l’Age*nce fran*çaise de la bi*odi*versité prévue dans la loi de reconquête de la bi*odi*versité votée définitivement en juillet (4e passage à l’Assemblée nationale !) et validée peu après par le Conseil constitutionnel. Nous nous sommes battus en vain pour empêcher cette dissolution annoncée qui nous fait perdre encore un peu plus de notre indépendance et surtout qui va noyer l’équipe de l’ex fédération au sein d’un mammouth incontrôlable et désincarné. Compliqué dès lors de préparer sa propre disparition, même si nous allons encore négocier quelques compensations, même si nous ne sommes pas en position de force. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’État organise notre mise sous tutelle, alors même qu’il finance bien moins de la moitié de notre financement global (moins de 20 % pour ce qui nous concerne nous et parfois quelques années, moins de 10 % !). Il faut dire qu’il lorgne sur notre trésor de guerre : nos données qu’il voudrait récupérer à son compte et sans en rendre compte, alors même qu’il y a des droits sur ces données et un cadre réglementaire national et international. Il finira par l’emporter via une forme de chantage. Je précise que nous ne gardons pas nos données dans notre coin, nous les diffusons largement selon des protocoles précis et dans le respect des règles.
Ces deux jours parisiens ont été le début d’un rhume qui a dégénéré. Dix jours que cela dure et ce n’est pas fini malgré la prescription antibiotique de lundi. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été accroché ainsi. La journée de mardi a été la plus difficile car j’avais deux réunions dans la journée où je me suis largement exprimé alors que je n’avais plus de voix (la première fois que cela m’arrive à ce point). Jeudi soir, je m’exprimais aussi (merci le micro) au Conseil communautaire de la Communauté de communes dont le siège est dans notre ville, afin de récupérer enfin une subvention promise. Un an que nous étions sur le coup et beaucoup de réunions, écrits et palabres. Finalement, subvention votée à l’unanimité (plus de 80 votants). Ouf ! On a quand même bénéficié de l’aide de plusieurs élus. Le point positif, c’est qu’on ne devra pas recommencer tout à fait le même cinéma dans les années qui viennent car on sera déjà inscrit dans le paysage.
Je change de sujet, pour parler de choses plus joyeuses. Je n’en avais pas fait état jusque-là, mais le 19 août, nous avons célébré nos dix ans de meilleur et de pire (incontestablement, le meilleur l’a très très largement emporté). Inutile de dire que nous n’avons pas senti le temps passer.
A propos de mariage, un ami et ex collègue (parti déjà depuis 2004), après avoir vécu 5-6 ans avec une Allemande installée en France depuis très longtemps (et charmante au demeurant), avec enfants et divorcée, avait décidé de le quitter, car tombée amoureuse d’une vieille connaissance. Lui, qui n’avait pas venu arriver le truc, a retrouvé une vieille copine d’enfance, aux États-Unis, dans les Appalaches. Elle travaille à l’Université. Ils vont se marier là-bas en petit comité la semaine prochaine. Ils comptent rester là-bas encore cinq ans avant de revenir en France. L’an prochain, ils comptent faire une fête en France. Cela me rappelle notre mariage en deux temps.