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Cornus rex-populi
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4 août 2010

Vacances juilletistes 2010 (2)

L’an dernier, lors d’un passage à Saint-Lazare d’Autun, nous avions remarqué avec tristesse que le tympan avait été entièrement grillagé. Simple mesure urgente de sauvegarde ?

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Mais des photos vues chez Calyste lors de son passage ce printemps me montrèrent qu’une restauration était en cours, voire presque achevée. Il était donc tentant d’aller voir le résultat. On voit de façon à peine visible, des fils nylon disposés de façon parallèle devant et en dessous du tympan, sans doute pour dissuader les pigeons et autres volatiles d’y élire domicile. Même si les photos ne sont pas exactement prises sous le même angle, avec les mêmes focales ni même avec le même appareil, il m’a paru amusant de comparer l’avant et l’après restauration. Et je crois qu’il n'est pas idiot de demander quelles sont les préférences.

Avant :

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Après :

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Avant :

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Après :

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Avant :

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Après :

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Avant :

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Après :

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Avant :

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Après :

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Avant :

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Après :

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Avant :

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Après :

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3 août 2010

Le bon sens de tout

Voici une petite fantaisie sans prétention dont j’ai eu idée pendant les vacances. Cela n’est pas extraordinaire, mais cela traduit une réalité. Je n’ai pas voulu tricher, tout est vrai là-dedans.

C’est une lumière.

Sombre comme le plomb et la mort.

Diffuse comme l’indicible clarté.

Tamisée par un matin brumeux.

Filtrée par les couronnes dendroïdes.

Généreuse comme l’énergie printanière.

Vive comme la pointe de la lance des rais stellaires.

C’est une couleur.

Bleue comme les ciels matinal, méridien et crépusculaire. Marine comme la tombée de la nuit.

Violette comme les salicaires et les callunes bordières.

Verte comme les aulnes, le vieux frêne, les massettes, les joncs et le Buisson Girod.

Brune comme le thé, la vase et le tronc des aulnes.

Rouge comme le comaret, le fayard déclinant, le soleil épris de nuages. Rouillé comme la pelle et le cuivré des marais.

Jaune comme les scorsonères, les renoncules, les populages, les lysimaques et l’astre du jour. Dorée comme les solidages, les épervières, les millepertuis et l’automne des bétulacées. Fauve comme la molinie sèche, comme les chaumes graminéennes.

Blanche comme la neige givrée, les linaigrettes, les reines des prés, les berces, le fût des bouleaux, les nuées et la lune.

Grise comme les nuages, les lichens corticaux des chênes, comme les laîches et les prêles palustres.

Noire comme un cumulo-nimbus et les ténèbres.

C’est une odeur.

Organique, comme les racines spongieuses des joncs.

Humique et fulvique comme les acides turfigènes.

Âcre comme la fange exondée.

Goudronnée comme la scrofulaire.

Parfumée comme les rosacées immaculées.

Résineuse comme les gymnospermes riveraines.

Aromatique comme le faux pouillot et la spirée ulmaire.

C’est une forme.

Plate comme une mer d’huile.

Ponctuée comme la constellation des gardonneaux grouillant sous la surface.

Parsemée des ronds de mouchage des rotengles ou par l’ondée éparse.

Bouillonnée comme l’émergence des bulles d’une carpe nonchalante ou par la radée impromptue.

Rayée par le sillon d’un coup de vent pointu ou par une chasse de maître Esox.

Barrée par la navigation d’un Ondatra ou d’un quelconque anatidé.

Frisotée par l’oscillation d’une brise légère ou par le premier soupir tiède du matin.

Ondulée par les courants septentrionaux.

Bouleversée par les bourrasques occidentales.

C’est un toucher.

Insaisissable comme l’immuable ou la déroute du temps perdu.

Fuyant comme l’onde qui glisse inexorablement entre les doigts.

Aigu comme la pierre fendue ou la glace brisée.

Mou comme la tiédeur d’une soirée qui s’éternise.

Doux comme le satin d’un bain interdit.

C’est un bruit.

Les chatouillis rafraichissant des trembles.

Le clapotis contre l’embarcadère.

Le frissonnement intempestif des herbes amphibies.

Le jaillissement frais de la source.

Le sifflement strident dans la canopée.

Le grincement plaintif des branches des fagacées.

Le vacarme désordonné de la tempête.

L’orage qui gronde, l’éclair qui claque.

C’est une atmosphère.

Froide comme l’air corrosif de l’hiver.

Chaude comme l’étouffement d’une journée d’été sans air.

Sèche comme un coup de trique sur l’argile craquelée.

Humide comme la rosée tombante.

Brumeuse comme la Toussaint.

Celle de mon enfance et de mon essence.

C’est un Tout.

C’est l’étang Saint-Georges et c’est moi.

1 août 2010

Vacances juilletistes 2010 (1)

Le jour du 14 juillet, nous partîmes vers 9 heures. Au fil des kilomètres, la chaleur montait. Je ne suis pas forcément un immense adepte de la climatisation, mais je préfère y recourir – avec mesure – sur l’autoroute au lieu de se faire, vitres ouvertes, arracher la tête. Au moment du repas, sur une route assez peu circulée pas très loin de Chaource dans l’Aube, malgré l’ombre, on sentait déjà bien la chaleur. Après le sandwich fromfromien, nous reprîmes le volant dans les plaines céréalières de l’Yonne et de la Côte d’Or. Le thermomètre de la voiture passa alors au dessus des 30 °C. Mais l’arrivée en pays éduen central nous ramena sous la barre des 30 °C. Et les derniers 6 km de grimpette nous firent atteindre 25-26 °C. A peine arrivés, ce fut l’orage, heureusement sans gravité.


 

 

 

 

Le lendemain, en fin de matinée, j’étais curieux d’essayer la nouvelle débroussailleuse que mon père venait d’acheter. Depuis des années, je lui disais que l’ancienne, vieille de trois décennies était non seulement dépassée, capricieuse, peu pratique, mais vibrait abominablement. Et je refusais de m’en servir, préférant des objets de coupe non mécaniques. Mais mon père disait qu’elle allait très bien et qu’il n’avait pas les moyens de s’en payer une autre. Mais ce printemps, il a fini par avouer que même lui n’arrivait plus à la tenir en main tant elle vibrait ; sous-entendu, jusqu’à présent, je n’étais qu’un « pouillot » si je n’étais même pas capable de me servir de l’engin (pas de méchanceté de sa part, surtout sa mauvaise foi légendaire). Premier contact avec la bête : elle n’est pas légère, mais elle est sustentée par une sorte de harnais style sac à dos. Démarrage impeccable. A l’usage aux abords de la chaussée de l’étang (pour couper les ligneux qui ne sont plus limités par les vaches qui n’y pâturent plus), la machine se révèle increvable. Contrairement à l’ancienne, elle ne cale jamais, elle s’arrête juste de tourner en cas d’obstacle ou si elle se coince et redémarre quand on remet les gaz. Que du bonheur. Le lendemain matin, j’ai fait le tour de l’étang avec l’engin afin de couper les jeunes Aulnes glutineux, Bouleaux, Saules cendrés et à oreillettes et autres Ronces, Aubépines, Frênes communs… mais j’ai commis l’erreur de positionner son centre de gravité trop en avant et de trop me servir de mes bras au lieu de mes « reins ». Résultat, les jours suivants, d’abominables courbatures aux biceps. Mais à présent avec l’entrainement, s’il y a des amateurs de bras de fer…

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Le 17 juillet au soir quelqu’un avait proposé dès 16h30, un enduro à la carpe, autrement dit, une pêche qui durerait toute la nuit jusqu’au lendemain en fin de matinée. Je précise que les carpes sont sensées mordre davantage la nuit. Admettons. La veille, les protagonistes de l’enduro avaient amorcé de façon extrêmement savante avec force diversité de graines, bouillettes (oui, c’est comme ça qu’on appelle des farines complexes agglomérées et savamment colorées et parfumées), fragrances exotiques ou non, tout un tas de choses improbables et sophistiquées avec des tas de poudres ou plutôt de liquides de perlimpinpin. Moi aussi, j’avais amorcé mon coin habituel avec un simple maïs précédemment cuit avec une vieille cocotte-minute.

A 16h30 donc, personne (nous apprendrons ultérieurement qu’un des pêcheurs avait du retard). S. et moi tendons donc nos trois lignes à carpes, complètement dépareillées et pour le moins rustiques. La canne la plus ancienne est celle que mon père utilisait au brochet et n’a pas loin de 35 ans (une Shakespeare) sur laquelle j’ai monté un gros moulinet Mitchell à la mode il y a 25 ans. La deuxième, une Silstar passe-partout de 25 ans sur laquelle j’ai mis un autre moulinet Mitchell : une version ultime haut de gamme d’un modèle initial conçu en Savoie en 1948 et que j’avais acheté il y a plus de 15 ans. Enfin, la troisième canne, achetée en solde il y a trois ans, est une canne d’entrée de gamme, mais spécifiquement conçue pour la carpe et je l’ai équipée d’un moulinet Michell (hélas, ce n’est plus du made in France) acheté sur internet. Les cannes étaient fixées sur des supports faits maison (ancienne usine de mon père) en acier rouillé, solidement plantés dans le sol.

A 17h30, les autres pêcheurs n’étant pas encore arrivés, nous quittons les lieux. Lorsque nous revenons une heure plus tard, les pêcheurs sont déjà à moitié installés. Après les avoir salué, je retourne voir mes cannes et je constate qu’en mon absence, une carpe a trouvé le moyen de mordre et m’a cassé le bas de ligne. Je le change et demande un plomb de secours à l’un des pêcheurs. Je ne me presse pas, mais je retends ma canne. A ce moment là, 3 autres pêcheurs et leurs 12 autres cannes sont en action de pêche. Matériel évidemment de pointe et spécifique pour cette pêche. Les enfants et épouses sont aussi là et on prépare l’apéritif avant le barbecue sur site.

Vers 21 heures, nouveau départ sur la canne précédemment retendue. Contact est pris. La belle saute à près de 50 m du bord. Plus loin on s’affole, on s’excite. Je reste de marbre. Fort heureusement, car la reine des Cyprinidés recrache l’hameçon comme si de rien n’était. Un des pêcheurs veut vérifier que mon hameçon piquait bien, et il est presque déçu de constater que tout est en ordre. Par acquis de conscience, je retends. Nous mangeons à présent avec les pêcheurs et rien ne bouge. Comme je ne suis pas fou au point de passer une nuit presque blanche dans la fraîcheur et l’humidité de l’étang, je retire mes lignes et S. et moi allons nous coucher à la maison (les épouses et enfants rentreront se coucher peu après également).

Dès lors, je donnais peu de chance de réussite à mes pêcheurs. Le Cornus, il n’est peut-être pas très futé, mais les carpes de Saint-Georges, il les connaît par cœur.

Le lendemain matin (nous sommes le 18 juillet), je me lève peu après 6 heures et je descends à l’étang voir où en sont mes acolytes. Rien n’a bougé. Je tends mes lignes, mais je n’y crois qu’à moitié. Un des pêcheurs, pour tuer le temps, prend un brochet de 71 cm qu’il décide de relâcher (j’en prendrai un à peine plus petit le surlendemain, mais que nous déciderons de manger). Peu avant midi, aucune carpe au tableau.

 

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Vers 16h30, je retends mes lignes. Après le dîner, je descends surveiller mes lignes. C’est calme. Seuls quelques petits poissons mouchent à la surface. Des Gerris (« araignées d’eau ») viennent contrarier le fil de mes lignes. Je me couche sur la chaussée et j’observe la fin de course du soleil et l’excellent premier quartier de lune qui se reflète dans l’eau assombrie. L’humidité tombe, les moustiques commencent à ronronner. Je relève le col de ma veste. Et je songe. Et je pense aux anciennes parties de pêche en solitaire à la carpe. Le temps tourne, le ciel s’assombrit encore. Au moment où je m’apprête à aller me dégourdir les jambes jusqu’au déversoir de l’étang, le moulinet (encore la même canne) se met à gémir. Ça y est, c’est reparti. C’est du capricieux et du lourd. J’ai du mal à y voir clair dans cette pénombre. Mais quelques minutes plus tard, je mets la bête dans l’épuisette. Un cri intérieur de triomphe résonne en moi (cela faisait cinq ans que je n’avais pas capturé un engin de cette taille). Je n’ai pas le courage de remonter la bête à la maison et en plus je risque de déchirer mon filet. Je reviens donc chercher la voiture. J’annonce à S. que la carpe fait dans les 6 kg (je minimisais volontairement), mais la suite nous montrera qu’elle pesait près de 13 kg.

Et bien sûr, sitôt arrivés à la maison, « épluchage » du poisson et tout ce qui va bien. Bref, près de deux heures et demi de boulot. Car bien sûr, envisager de cuisiner un tel poisson farci relève du doux rêve : il n’y a pas beaucoup de fours capable de l’avaler, sans compter qu’on n’avait pas envisagé d’inviter 30 personnes. Donc, j’ai levé les filets et ce fut ma mère qui s’occupa d’en cuisiner une partie en meurette (ben oui, c’est pas forcément très connu, mais ça se fait, et c’est bon).

Alors voici la bête (ou les bêtes) :

 

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Un échantillon des filets :

 

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La meurette (le parasol rouge amplifie la couleur) :

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