Canonisation
L’autre jour, Karagar parlait de canonisation. Cela m’a immédiatement évoqué une actualité locale et nationale rapportée par mon père. Une personne (parmi un ensemble dont étaient natives du département de la Loire) a été béatifiée le week-end dernier à la cathédrale Notre-Dame de Paris et dont j’ai bien connu le frère. Le frère était une personne, du même âge que mon grand-père maternel et qui vivait à moins de 100 m de chez mes parents à RDG. C’était aussi un ancien paysan qui dans son jeune âge habitait dans une commune limitrophe, près des parents de ma grand-mère maternelle. Quelques années avant son décès, il m’avait expliqué qu’il aurait pu se marier avec ma grand-mère... à la nuance près que ma grand-mère n’aurait jamais accepté car c’était un vieux con dès son plus jeune âge. Et en effet, c’était un vantard, une mauvaise langue et un fainéant qui avait néanmoins réussi en faisant gratter les autres, comme dirait mon père. Et son frère, aujourd’hui béatifié, était prêtre et avait été fait prisonnier durant la Seconde Guerre mondiale et avait fini en camp de concentration en tentant d’aider les autres, ce qui n’avait pas forcément plu ; il est mort à Buchenwald. Son frère avait fait des démarches après-guerre pour le faire canoniser, car évidemment, cela devait être une meilleure personne que lui. 80 ans après, ses neveux et petits-neveux ont réussi à le faire béatifier. Dans le même quartier que mes parents dans les années 1970, il y avait un ancien résistant communiste qui avait lui aussi connu les joies des camps de concentration et en était heureusement revenu. Quand il entendait le vieux con vanter les mérites de son frère, cela l’agaçait au plus haut point, surtout dans la bouche d’une personne qui le faisait uniquement pour se mettre lui-même en valeur. Dans le même esprit, il se vantait aussi d’être un descendant des barons du château de Senevas (Saint-Romain-en-Jarez). Connaissant le loustic, un autre voisin, qui avait toujours le mot pour rire, avait fini par lui dire qu’il en descendait par les communs du château. Mon père n’était pas le dernier pour l’envoyer balader.