Cornus rex-populi

Les tribulations de Maître Cornus

30 novembre 2009

Trois trucs

Le télé*thon et consort, j’en parlais déjà ici. Au boulot, une collègue, ayant un handicap, a été autorisée à vendre des produits St*ane*hom*me (sorte de Tup*perWoire des produits d’entretien et de beauté que je ne connaissais pas jusque là, filiale d’Yv*es*Roc*her). Jusque là, je ne comprenais pas bien la démarche si ce n’est que St*ane*hom*me prenait quelques airs écolo du meilleur effet… sur le plan marketing. Enfin bref, si cela lui fait plaisir… Mais ne voilà-t-il pas que la collègue, un jour de la semaine dernière, nous coupe en pleine conversation de pause café pour nous faire la promo de ses kits St*ane*hom*me à 3 € dont l’intégralité des bénéfices seront reversés au télé*thon, vantant la somme donnée par la société à l’œuvre de charité télévisuelle. Certes, 3 €, ce n’est pas énorme, et beaucoup de collègues se sont dévoués. Inutile de dire que je n’ai pas donné. Inutile de dire que ça m’a énervé à plus d’un titre, mais je n’ai rien dit. Cela ne signifie pas que j’approuve ceux de la gauche caviar qui font des déclarations qui ne les grandissent pas. Mon point de vu est connu, mais quand arrive cette époque (parce que c’est la période hivernale, parce que la charitable générosité de Noël qui arrive), je passe toujours pour un épouvantable radin sans cœur. J’en ai assez de toutes ces conneries : je ne veux pas participer à cette vaste fumisterie qui arrange bien nos dirigeants. Et pourtant je sais que pendant ce temps là, il y en a qui souffrent. J’irai sûrement rôtir en enfer, mais avant, j’espère bien que saint Pierre fera tourner nombre de nos responsables politiques et qui se prendront des coups de lattes à chaque tour.


J’ai un collègue très sympa, très vivant, mais qui parfois me fatigue. Il est au courant de tout sur tout en ce qui concerne les actions et les comportements « écocitoyens », « bio », « développement durable » et autres trucs dans le même genre. Même sous le couvert de l’humour, il ne cesse de s’ériger en redresseur de torts auprès de l’ensemble des collègues. Il tente régulièrement d’apprendre des choses à des personnes qui en savent plus que lui. Et à côté de ça, il est d’une naïveté incroyable, et d’une certaine manière, j’ai l’impression qu’il n’a qu’un vernis culturel. L’autre jour, il s’étonnait que ce soit chez les pauvres qu’il y ait le plus d’obésité, n’ayant pas fait le rapprochement à la fois avec la qualité des produits consommés et le niveau socioculturel qui les éloignait des préoccupations premières d’hygiène alimentaire et de diététique, entre autres. Et ceci n’est qu’un exemple. Certes, il n’a pas peur de mettre la main à la pâte, de faire des choses dont un « stage de survie » dans je ne sais plus quelle montagne. Tout cela m’amuse car au final, il n’hésite pas à déroger aux leçons qu’il prodigue. Au total, je le cataloguerais bien d’écolo de salon, répondant au doux nom de Parleguère.


Il y a toujours eu un chien de chasse et de compagnie à la maison chez mes parents. Parmi les spécimens qui se sont succédés, la plupart furent sans « marque ». Je ne vais pas dresser ici un catalogue de ceux que j’ai connus, mais juste évoquer un phénomène qui ne s’explique pas bien selon moi. J’étais encore gamin lorsque je me suis aperçu que le chien détectait avant tout le monde l’arrivée de ma mère en voiture et descendait près du portail d’entrée pour l’accueillir. Je précise, ma mère arrivait du boulot avec sa voiture, et effectivement, si on y faisait attention, on l’entendait arriver au loin sur la route qui passe derrière la maison, mais le chien l’« entendait » avant tout le monde. L’ouïe des chiens est-elle si développée ? Ça dépend, mais il ne faut pas exagérer. L’odorat ? Peut-être. L’heure d’arrivée, mais le chien avait-il une montre ? Sans doute. Autre chose ? Pourquoi pas. Ma mère n’avait pas une voiture particulièrement rare qui faisait un bruit particulier. Sur la route, il en passait sans doute des tas de ce modèle chaque jour et le chien ne s’y trompait pas. Ou bien est-ce une façon de conduire caractéristique ? Probablement un peu tout ça à la fois. Une chose est sûre, les chiens savent capter des choses que les humains ne savent pas (plus) faire.

Posté par Cornus à 22:04 - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


29 novembre 2009

Entre ciel et ciel

Pour tout un tas de raisons, je m’interdis d’aller dans les magasins le dimanche. On y a fait exception, car hier, un Monsieur de chez Hiquéahhh nous a vendu un produit qui n’était pas celui qu’on lui avait demandé (on ne s’en est aperçu qu’u déballage). Il faut dire que je voulais monter un bureau pour S. selon un procédé pas tout à fait orthodoxe, pour que ledit bureau puisse s’encastrer là où il fallait. Bref, je devrais être vendeur chez Hiquéahhh, car moyennant quelque vis complémentaires, mon truc est impeccable. Du coup, cet après-midi, nous sommes retournés échanger le produit (je sais, c’est pas bien, mais côté bordel, on en a assez avec notre fuite d’eau).

Au retour, un ciel très couchant sans pluie. Miracle.

C0001_1

Posté par Cornus à 20:07 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2009

Calme rayonnant

Les photos datent juste de quelques jours, ça paraît évident, puisque le soleil rayonne à l’extérieur comme à l’intérieur. Enfin, en attendant, ça ne peut que s’améliorer.

SC0001

SC0002

Posté par Cornus à 23:35 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 novembre 2009

Collectivités territoriales et environnement

Cette note est un éclairage particulier et personnel. Au préalable, si ce n’est déjà fait, on lira avantageusement la note de notre excellent Balafenn.

J’ai déjà parlé çà et là qu’il serait souhaitable de réformer les instances politiques des collectivités territoriales afin de simplifier les démarches administratives et faire des économies d’échelle. Ainsi, j’étais partisan de la suppression des conseils généraux (sans pour autant supprimer l’administration départementale que j’imaginais sous la tutelle des conseils régionaux). Et en toute honnêteté, l’idée de mettre en place des conseillers territoriaux qui siègeraient à la fois dans les départements et dans les régions, aurait pu me satisfaire. Mais c’est raté pour diverses raisons.

Une des premières raisons est que l’État a des arrière-pensées électoralistes. En réformant le système, on en profitera pour modifier un découpage et des modes de scrutins devenus ces dernières années davantage favorables à la gauche. Mais là n’est peut-être pas l’essentiel. L’État veut recentraliser son pouvoir et ses moyens financiers.

A partir des années 1980, l’État avait décidé la décentralisation en accordant progressivement une certaine autonomie politique et budgétaire (et donc fiscale) aux communes, départements et régions et en leur transférant certaines prérogatives :

  • aux départements, l’action sociale, la gestion matérielle des collèges, les archives départementales, les bibliothèques départementales de prêt, la voirie (routes départementales et depuis peu les routes nationales « départementalisées »), les transports (dont le transport scolaire par autocar), etc.

  • aux régions la formation professionnelle, la gestion matérielle des lycées, le développement économique, l’aménagement du territoire et les infrastructures, les transports collectifs régionaux (TER par exemple), etc.

Bref, un certain nombre de compétences obligatoires auxquelles ils ne pouvaient se soustraire. Mais en même temps, des compétences optionnelles se sont développées, que l’on appelle compétence générale.

Au sein des conseils généraux, les départements peuvent lever une taxe départementale des espaces naturels sensibles (TDENS) qui consiste en un certain pourcentage prélevé sur le coût des constructions neuves. Cette taxe sert ensuite à financer l’acquisition et la gestion des espaces naturels sensibles sur des zones de préemption préalablement définies et réputées intéressantes sur le plan environnemental (je suis bien placé pour dire que cela n’est hélas pas toujours le cas) et l’entretien des sentiers de grande randonnée. Cette TDENS n’a pas le même taux dans tous les départements et cette compétence environnementale n’est pas obligatoire.

Certains conseils régionaux ont eux pris en charge des politiques environnementales parfois assez ambitieuses. Ils ont pu, par exemple, acquérir la compétence des réserves naturelles régionales (RNR) issues pour partie de la « requalification » des réserves naturelles volontaires (RNV). Les réserves naturelles nationales (RNN) restant de compétence étatique.

Il se trouve que beaucoup de compétences acquises par les régions ou les départements depuis le second mandat de J. Chi*rac étaient prévues par de nouvelles lois de décentralisation (2003), mais se présentent aussi comme des désengagements de l’État (exemple, refiler aux départements la gestion de nationales en mauvais état). L’État dit transférer les ressources correspondantes. Si c’est vrai la première année, ça l’est de moins en moins ensuite, ce qui peut obliger les régions et les départements à augmenter les impôts locaux pour conserver la même qualité de service.

Certes, départements et régions ont pris leur autonomie et c’était encore le but il y a peu de temps. Mais à présent, l’État (et Sar*ko en particulier) veut reprendre la main. Il veut récupérer une partie des budgets départementaux et régionaux pour son propre usage. La recette est connue, J. Chi*rac l’avait déjà testée : du temps de R. Bach*elot, l’État était allé plonger ses mains dans les caisses des Agences de l’eau (budget annuel cumulé d’au moins un milliard d’euros), argent qui ne lui appartient pas mais dont il s’était servi pour gonfler artificiellement le budget alloué au ministère de l’environnement. Maintenant, l’État voudrait récupérer, là où elles existent, les recettes de la TDENS, ce qui mettrait bien des départements dans l’embarras.

Je participe çà et là à des réunions de concertation diverses visant à mettre en œuvre des politiques environnementales ou d’aménagement du territoire. J’y apporte mes connaissances au sujet du patrimoine naturel ou du fonctionnement écologique des écosystèmes. Alors qu’il y a moins d’une dizaine d’années, on n’intervenait que comme pompiers pour sauver, dans le meilleur des cas, une population d’espèce protégée, on intervient désormais de plus en plus en amont des projets (même s’il y a encore pas mal de boulot à ce niveau). Même s’il existe encore des résistances fortes, les pouvoirs publics prennent en compte de moins en moins mal la sauvegarde du patrimoine naturel. Et dans le cadre de la mise en œuvre de politiques contractuelles environnementales ou d’aménagement du territoire, les collectivités territoriales, de la commune à la région, sont de plus en plus engagées. Des discussions peuvent émerger des idées positives pour l’environnement (le nombre d’initiatives dans ce domaine est actuellement époustouflant). De ces démarches multipartenariales, impliquant diverses collectivités (qui financent également), il en ressort des choses plutôt positives. De ces nombreuses et longues discussions impliquant un très grand nombre d’acteurs (et de lobbies), on pourrait craindre une paralysie, des gaspillages d’énergie et d’argent. Certes, cela peut être exceptionnellement le cas, mais je pense que globalement, cela se passe plutôt bien. En effet, je pense qu’actuellement, il faut davantage craindre l’action d’une seule institution qui maîtrise elle seule son budget et agit seule sans concertation. Une telle attitude qui pourrait être celle que l’État semblerait appeler de ses vœux serait catastrophique (on parle de ça pour le Grand Paris), en particulier pour la préservation des milieux naturels.

En conclusion, la réforme annoncée des conseils régionaux et généraux et de la fiscalité locale, sont des menaces lourdes qui pèsent sur les actions en faveur de la protection ou de la mise en valeur du patrimoine naturel ainsi que sur le fonctionnement des structures qui étudient, inventorient, gèrent ces milieux naturels.

Posté par Cornus à 21:12 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 novembre 2009

Changements climatiques et préservation des milieux naturels

Cette note n’a aucune prétention. Elle évoque, bien sommairement et maladroitement, une expérience dans le cadre de mon travail.

Voilà un an et demi que je participe à un groupe pluridisciplinaire d’experts sur les changements climatiques concernant une région naturelle du nord-ouest de la France. Parmi les scientifiques participant à ce groupe, le plus souvent des universitaires ou des chercheurs de divers organismes de recherche, on trouve des climatologues, hydrologues, géologues, océanologues, chimistes, biologistes généralistes ou spécialistes. Les groupes biologiques ayant fait l’objet d’investigations sont essentiellement les bactéries, les invertébrés benthiques, le zooplancton, les poissons, les oiseaux et les plantes vasculaires. Par ailleurs, ont également participé des économistes, des sociologues ou des spécialistes des études prospectives.

L’un des objectifs de ce groupe était de faire le point des connaissances dans les différentes disciplines et de les partager. Les données mondiales ont bien entendu été reprises (rapports du GIECC), avec toutes les difficultés liées aux descentes d’échelle du niveau mondial ou continental jusqu’au niveau français ou régional. S’il ne fait actuellement aucun doute que le climat se réchauffe à l’échelle de la planète, on a du mal à savoir ce qu’il en est pour la partie nord de la France. A l’échelle de 2050 et 2100, on pense que les températures moyennes vont probablement augmenter, mais rien de précis (peut-être + 2 °C en 2100 en plus de l’augmentation déjà constatée). Pour les précipitations, on table sur une diminution très significative (mais combien ?). Et le niveau marin devrait augmenter de 0,8 à 1 m en 2100 (certains disent seulement 0,5 m tandis que d’autres tablent sur au moins 2 m).

Concernant les oiseaux, les changements sont déjà très significatifs. On considère que les impacts sur les poissons d’eau douce seront notables. Pour les végétaux vasculaires, on observe déjà quelques changements (arrivée de plantes méridionales), mais cela reste souvent assez timide, en dehors des plantes exogènes qui semblent profiter davantage des changements climatiques. En revanche, les impacts sur certains arbres et surtout de leurs ravageurs qui progressent parfois de façon spectaculaire peuvent s’avérer localement inquiétants. Je passe sur la phénologie des espèces, bien connue (débourrement des bourgeons plus précoce, chute des feuilles plus tardive).

Seulement, quand il s’agit de se projeter dans l’avenir, je me transforme littéralement en Madame Soleil. Il existe bien des modèles sur la répartition des végétaux en Europe, mais ils négligent bien des aspects du fonctionnement intime des écosystèmes et des interactions avec tous les compartiments abiotiques et biologiques, sans parler des différentes actions anthropiques.

En définitive, dans des milieux naturels déjà fortement artificialisés, je prends souvent l’image du verre d’eau : les impacts directs de l’homme sur les milieux naturels représentent la quasi-totalité de l’eau qui s’y trouve et les changements climatiques seuls ne représenterait que l’agitation du liquide du buveur d’eau tenant le verre pour le porter à sa bouche (j’ai bien dit de l’eau, donc, il ne tremble pas trop).

Le grand public est à mon sens assez bien informé quantitativement sur les changements climatiques. Mais qualitativement, cela ne me semble pas clair, d’autant que ceux qui sont censés nous informer confondent souvent bien des choses. Au niveau de la recherche scientifique, un certain nombre de choses ont été lancées, mais cela semble bien insuffisant en France. Enfin, au niveau de la politique environnementale française, la problématique est insuffisamment prise en considération. Et pourtant, dans le discours politique national, c’est assez récurrent. On s’en préoccupe aussi dans certaines régions. Mais je ne vois rien émerger de très concret. A quand de vrais programmes de recherche (et de suivi à long terme de la biodiversité), à quand un plan d’action concerté sur les territoires ? Tout va en ordre dispersé. On réinvente partout l’eau tiède, on dit souvent n’importe quoi. Les charlatans de tout poil sont à l’aise dans ce vaste bordel.

Enfin, je suis peut-être pessimiste. Peut-on espérer que tout cela finira par se structurer ? Mais je ne voudrai pas que les changements climatiques soient le miroir aux alouettes de « l’écologie ». Autrement dit qu’on focalise là-dessus alors que les désastres écologiques, dans nos pays nord et ouest européen, ne sont que très minoritairement dus aux changements climatiques. Toutefois, je tempère immédiatement mes propos en disant que ces changements climatiques concernent tout le monde et que dans certains pays « du Sud », ils sont déjà catastrophiques.

Posté par Cornus à 22:46 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 novembre 2009

Souillure et respect

Un passage dans une note chez Calystee qui évoquait le respect des places pour personnes handicapées m’a suggéré cette petite note. Je ne pense pas que les sujets soient si éloignés.

Je fais rarement la police et je ne suis pas non plus du genre à chercher la bagarre, mais il est des fois où je suis tellement énervé que rien ne pourrait m’arrêter. Il y a quelques années, je vis un homme en voiture en train de jeter son paquet de cigarettes par la fenêtre, sur une route forestière. J’étais au volant (avec mon père près de moi) et je le suivais. Excédé par le geste, pourtant déjà vu, je lui faisais un appel de phares. Rapidement, l’homme s’arrêta et je vins à sa hauteur (la route est peu circulante) et toutes vitres ouvertes, je lui demandai « vous n’étiez pas obligé de jeter votre paquet de cigarettes ». Et lui de me répondre, tout honteux et à moitié décomposé, qu’il s’excusait. Mon père en était resté presque interdit.

La dernière fois où j’ai renouvelé ce genre d’opération, c’était avec des jeunes dans la rue de notre ancien logement. Je ne sais plus si c’était avec un paquet de cigarettes ou une cannette métallique, mais ils en étaient restés muets.

Ce dimanche, en allant au cinéma près de Lille (séance ratée malgré notre avance – on a dû se rabattre sur H), je me suis encore senti agressé par les tas de détritus que les gens jettent par la fenêtre au niveau d’un échangeur d’autoroute. Les services des routes ont pourtant mis des panneaux « ne jetez plus », mais c’est toujours aussi dégueulasse. Je ne supporte pas que les gens, à l’heure de la prise de conscience « écologique » soient aussi irrespectueux (pas que de l’environnement, assurément). Je n’ai pas eu des parents « écolo » et je ne suis pas un vieux débris élevé dans un autre monde, mais on m’a toujours appris un minimum de respect pour la nature ou pour ceux qui nettoient derrière. Je n’ai jamais rien balancé dans la nature. J’ai longtemps pensé que la population générale avait reçu la même éducation que moi. Mais même en sachant qu’il n’en est rien, je ne m’y fais pas.

Et depuis des années où l’on enseigne des gestes simples dans les écoles ou ailleurs, je constate que les gens sont sacrément dégueulasses et irrespectueux, même de leur environnement relativement proche. Quand je vois toutes ces souillures volontaires, ça me met en colère à un point qu’on a peine à soupçonner. Ah si j’étais Ministre de l’Intérieur et que j’avais un quart-chair, il y en a qui passeraient un mauvais quart d’heure !

Posté par Cornus à 21:53 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 novembre 2009

Marteau-pilon du Creusot

Partie d’un simple hameau à la fin du XVIIIe s., la ville du Creusot fut un haut lieu de l’industrie française (sidérurgie, métallurgie entre autres) au XIXe s jusque dans les années 1960-1970. C’était le fief de la famille Schneider qui fit une ville-usine avec un assujettissement paternaliste des ouvriers et de leurs familles. Je ne reviendrai pas sur l’œuvre des Schneider, mais juste sur un objet, devenu du monument industriel : le marteau-pilon.

Ce marteau-pilon, installé en 1876 (et qui a fonctionné jusqu’au début des années 1920) fut le plus puissant marteau-pilon du monde. Par la suite, quelques équivalents furent construits en France, dans d’autres pays européens et aux États-Unis, mais celui-ci reste la référence. Ce marteau-pilon de 21 m de hauteur pesait 550 tonnes, avec une masse tombante de 100 tonnes (puissance de frappe équivalente à 500 tonnes). Il reposait sur une chabotte de 750 tonnes et dont les fondations descendaient à 8,5 m de profondeur.

C’est ce marteau-pilon qui a été mis en place en 1969 sur un rond-point à l’entrée de la ville. Il est néanmoins dépourvu de sa machinerie, car il était actionné par un piston raccordé à une machine à vapeur. Il est fort regrettable que sur le site, les informations sur ce monument soient si sommaires et qu’il soit si peu mis en valeur. Cela ne demanderait pas un effort extraordinaire pour faire beaucoup mieux. Dommage.

Ayant moi-même entendu de loin dans la ville de mon enfance de petits marteaux-pilons, je n’ose imaginer ce que ce monstre devait provoquer comme tremblement de terre à chaque choc. Il s’entendait régulièrement à 10 km à la ronde. Et chose dont on ne parle pas : combien de morts d’ouvriers a-t-il à son passif ? Ce genre de monstre a été ensuite remplacé par des presses hydrauliques, beaucoup moins brutales. Dans l’usine où travaillait mon père, j’ai vu fonctionner une presse de 1500 tonnes (soit trois fois la puissance du marteau-pilon du Creusot) et ce n’était pas ça qui faisait le plus de bruit.

Carte postale du début du XXe s. (source : Wikipédia) :

MP1

A son emplacement actuel (29 octobre 2009) :

MP0001

MP0002

MP0003

Posté par Cornus à 09:39 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 novembre 2009

Événement intergalactique

Hier, malgré ça (oui, c’est encore du plagiat)…

Tarte0001

… c’était pas la joie pour cause de préparatite aiguë, en vue de la Grande Exécution Inspection de S. Je m’y attendais, mais cette fois ce fut pire que les fois précédentes et à mon grand désarroi, je suis allé me coucher seul, trouvant le sommeil avec angoisse en lisant une nouvelle karagarienne car je me doutais que la Grande Stressée viendrait se coucher peu de temps avant de se lever. Il n’en fut rien, elle ne vint jamais, ce qui ne manqua pas de me perturber davantage. Ce matin, je la découvre, non pas pétante de santé, mais pas visiblement fatiguée par sa nuit blanche.

Avant de partir pour l’école, encore plus en avance que d’habitude, elle me fait son couplet habituel sur sa prétendue nullité ou autres compliments ultra connus dans le genre. Je peine à lui faire dire qu’elle est la meilleure (car je suis plus que convaincu qu’elle possède un talent qui surclasse la plupart de ses collègues). Bien sûr, comme d’habitude, elle ne me croit pas et prise d’une folie, me parie un restau si elle réussit. La suite est à lire chez elle ici. Et il s’agit d’une nouvelle note, c’est ça le vrai événement intergalactique.

Posté par Cornus à 21:45 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 novembre 2009

Un anniversaire d'enfant gâté

Il y a quelques secondes ou minutes sonnaient exactement les 4 ans de ma rencontre avec S. Elle m’attendait en haut de l’escalier de la gare de Lorient. Je l’avais aperçue depuis la moitié de la rampe d’escaliers. Je l’ai déjà écrit, j’étais pétrifié d’émotion. Jusqu’à l’arrivée à sa maison de Quimperlé, j’avais été peu bavard, me forçant quand même à parler. Je sentais que j’avais déclenché quelque chose de très fort chez S. qui la submergeait, alors que moi, il m’a fallu un peu plus de temps pour réaliser ce qui m’arrivait. Et même quand ça m’arrivait, j’avais du mal à comprendre ce qui se passait réellement.

Il a fallu attendre deux jours plus tard mon retour à mon domicile nordiste pour mieux me rendre compte. Avec mes parents, il ne se passait pas un week-end sans que je ne les appelle. Je ne leur avais pas parlé du tout de mon week-end du 11 novembre. Ma mère était affolée, ella avait laissé des messages sur mon fixe et mon portable éteint. En rentrant, je leur annonçais que j’avais rencontré quelqu’un en Bretagne. C’était presque un « coming out » pour moi, mais si j’avais fait cette annonce, c’est que j’avais déjà un sacré capital confiance dans la relation qui m’unissait désormais à S. Chez mes parents, même si elle ne fut que partiellement exprimée, la surprise était assez colossale. Je parle naturellement de « coming out » et cela paraîtra effectivement excessif, mais je crois que ce ne faut pas si facile que ça pour moi. Je ne vais pas revenir précisément là-dessus, mais dans mon passé de célibataire, j’avais longtemps raisonné comme si je m’étais condamné à vivre seul, sans personne à mes côtés. Alors que cela faisait quinze ans que je n’habitais plus avec mes parents, le cordon ombilical n’était pour ainsi dire pas rompu. Je n’avais jamais ramené de petit(e) ami(e) à la maison, autrement dit aussi dans le cadre éloigné qui m’unissait à mes parents. Imposer une personne dans ce système imaginaire m’était inconcevable. Quelque part, faire venir quelqu’un dans ma vie était un peu trahir mes parents. Une pensée totalement ridicule en réalité, peut-être en partie due à ma psychologie d’enfant unique. Une pensée qui peut aussi s’expliquer par une sorte de castration mentale : on était très pudique à la maison, on ne parlait jamais de sexe ni d’amour. Et puis mes interrogations personnelles, mes expériences récentes ne m’invitaient pas à en dire davantage.

Que cela soit clair, je ne veux pas mettre mon expérience d’enfant gâté sur le même plan que les vrais « coming out » aux parents, qui sont des expériences autrement plus difficiles, voire douloureuses, quand cela n’induit pas de vrais drames familiaux que l’on ne peut que déplorer.

Après avoir téléphoné à mes parents, je me suis connecté sur MSN où j’ai retrouvé S. Au bout de quelques minutes, j’ai eu des sortes vertiges, comme si j’étais un peu dans du coton. Je n’étais pourtant pas particulièrement fatigué, ni malade, ni sous l’emprise de quelque drogue. C’était la première fois qu’il m’arrivait un truc pareil et cela ne s’est jamais reproduit depuis. Au bout d’un moment, j’ai dû quitter S. et aller me coucher. Curieuse expérience (c’est quand même pas ça le coup de foudre !). J’allais avoir un mal fou à trouver le sommeil puisque cet état de vertige avait réveillé en moi ma peur irraisonnée d’étouffer en m’endormant (la peur d’oublier de respirer, peur très probablement d’origine traumatique à la suite de mon hospitalisation après le choc anaphylactique consécutif à des piqûres de guêpes). Cette peur semble avoir disparu aujourd’hui.

Pour en revenir à S., je devais la revoir une semaine plus tard chez moi. Le tourbillon était désormais irrésistible. S. fut invitée pour Noël chez mes parents. Après une phase silencieuse et glaciale d’observation de mon père, un déclic se produisit et S. fut rapidement « adoptée ».

Et c’est donc en ce 11 novembre 2005 que toute notre histoire a véritablement commencé et ce n’est qu'un commencement. Ah, j’oubliais, on s’aime, je l’aime chaque jour un peu plus. Quand je dis que je suis un enfant gâté.

Posté par Cornus à 19:52 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2009

Angers et grains nobles

Maître Cornus, sur son arbre perché agit souvent avec préméditation, même s’il ne dédaigne pas improviser. Depuis de longs mois, pour ne pas dire davantage, il avait songé faire une halte vinicole en Anjou, chez un vigneron qu’un ami lui avait fait découvrir il y a plus de 13 ans. Mais, il rechignait à faire un détour le long de la base la plus large du triangle, considérant la route déjà suffisamment longue comme ça. C’était sans compter sans sa gourmandise, celle de Dame Fromfrom et de quelques autres. Dès le samedi des vacances, donc, il avait pris rendez-vous avec le vigneron. Dans un optimisme fou, il avait dit qu’il serait sur place en fin de matinée.

Hélas, bien qu’il eût pris toutes ses dispositions pour aller « cueillir » les décapodes promis aux premières lueurs de l’aube à l’ouverture du magasin, il fallait compter avec le petit retard de départ et surtout les distances incompressibles qui nous séparaient de la vallée du Layon.

A quelques encablures de la capitale angevine, Maître Cornus, comprenant enfin son coupable optimisme fit appeler la vigneronne qui nous conseilla de venir plutôt en début d’après-midi, pour cause de repas des vendangeurs.

Il fut donc décidé de faire une escale « déjeunatoire » à Angers. Maître Cornus connaissait déjà cette ville pour y être allé à plusieurs réunions ou colloque, ou encore d’avoir été baladé par l’ami évoqué plus haut. Ceci dit, les rues dans lesquelles il s’engagea l’emmenèrent près de la cathédrale où il gara presque par erreur sa voiture. L’édifice ne faisait nullement partie d’un programme prédéfini, ni d’un vague rêve, mais comme il se présentait là, il fallait quand même voir ça plus précisément. En pénétrant à l’intérieur, on est surpris par l’existence d’une nef unique, très large, voire massive qui ne plut guère à Dame Fromfrom, mais Maître Cornus ne détesta pas tout à fait, même s’il regrettait l’évident manque d’élan, la lourdeur écrasante. Mais il vit quelques signes très positifs dans la pierre, sa couleur, les arrêtes, les piliers… Et puis les orgues puissantes en train de triompher. Et puis ces rosaces et autres vitraux du XVe s. Et en sortant, un petit coucou à cette demeure médiévale, la Maison d’Adam.

A0001

A0002

A0003

A0004

A0005

A0006

A0007

A0008

A0009

A0010

A0011

A0012

A0013

A0014

A0015

A0016

A0017

A0018

A0019

A0020

A0021

A0022

A0023

A0024

A0025

Comment, des vendanges fin octobre ? Eh bien, oui, ceux-ci étaient en train de récolter les grappes promises à un encore hypothétique « Sélection de Grains Nobles ». Nous avons pu voir à quoi ressemblaient ces grains nobles, confits et gorgés de sucre. Puis, nous sommes repartis avec quatre sortes de Coteaux du Layon et un flacon de SGN, que je n’ai jamais eu l’honneur de goûter.

Posté par Cornus à 22:39 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »