Cornus rex-populi

Les tribulations de Maître Cornus

02 novembre 2009

Toussaint et chrysanthèmes

Toussaint rime, à tort, avec hommage aux morts. Toussaint rime avec cimetière. Toussaint rime avec chrysanthèmes.

KarregWenn parle de cimetière et des visites imposées qu’elle y fit. Pour ma part, je me souviens des visites que je fis jusque vers l’âge de 19 ans à la tombe de mon grand-père paternel que je n’ai jamais connu, de l’entretien du monument, du blanchiment des graviers, de la mise en scène des chrysanthèmes que l’on achetait chez l’ami fleuriste ou que mon père produira lui-même plus tard. Les chrysanthèmes que l’on préférait à petits capitules (« pomponnettes ») parce que ça craint moins le gel, déjà bien mordant à cette époque de l’année. Dès début octobre, on s’affairait pour mettre tout en ordre. Et une semaine environ avant la Toussaint, les fleurs des morts embellissaient la tombe grand-paternelle. J’accomplissais cette tâche avec mon père, parfois accompagné de ma grand-mère. En fin d’année ou au début de la suivante, on vérifiait ou on échangeait les immuables (et laides) roses rouges artificielles.

A l’âge de 20 ans, j’ai découvert qu’en Touraine, on disposait aussi, de façon traditionnelle, des chrysanthèmes devant les entrées de maisons et que l’on renouvelait l’opération en mars (je ne sais pas à quelle date).

Mais Toussaint rime aussi avec mon anniversaire que je n’ai jamais vécu de façon morbide au sein de ma famille. Je me suis aperçu que cette façon de « faire la fête » le 1er novembre n’était pas forcément de mise dans bien des familles où il était (il est toujours) de bon ton de faire la tournée des cimetières. Depuis la mort de ma grand-mère paternelle il y aura 20 ans dans quelques jours, je ne suis jamais retourner visiter une tombe familiale. Je ne vais dans des cimetières que pour visiter des églises ou pour y inventorier la flore (ce n’est pas une blague).

Depuis une petite dizaine d’années, je m’achète presque systématiquement un pot de chrysanthèmes que j’apporte à la maison. Comme à cette période, je suis toujours en séjour chez mes parents, ma mère m’avait d’abord cru à moitié fou, avant de se faire à cette folie.

L’autre jour, parce qu’il l’avait ouvertement dit et parce que je le savais, je n’ai guère été étonné lorsque je vis un chrysanthème pourpre trôner sur la table du salon karagarien. Je n’ai pratiquement rien dit, mais la vue de cette plante m’a ému, tant elle est peu commune dans nos intérieurs. Sauf à aller visiter les cimetières pour leurs fleurs, ne serait-il pas plus opportun d’en profiter égoïstement à la maison ? C’est ce que nous faisons aussi.

Ch0001

Posté par Cornus à 22:49 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Oui, en achetant ce chrysanthème, j'ai bien pensé qu'il ferait écho...

Posté par karagar, 03 novembre 2009 à 11:04

Ces fleurs sont tellemen jolies que c'est très injuste, à mon avis, de les associe aux morts UNIQUEMENT. J'aimerais bien en avoir dans mon jardin.

T'es né à la Toussaint ??? Les 1er novembre pile ou bien... ? Ben, et la méga teuf d'anniversaire alors ???? Et le gâteau et les cadeaux et tout et tout ?????

Posté par Lancelot, 04 novembre 2009 à 11:50

A Lancelot> En avoir dans ton jardin, rien de plus facile poour les chrysanthèmes à petits capitules (plus compliqué pour les autres).

Oui, je suis né pile le jour de la Toussaint, un dimanche. Méga teuf d'anniversaire, pas forcément, mais cadeau et gâteau, oui et presque toujours au chocolat. Cette année comme l'an dernier, Fromfrom s'en est royalement occupé.

Posté par Cornus, 04 novembre 2009 à 21:57

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