Cornus rex-populi

Les tribulations de Maître Cornus

24 octobre 2009

Triangle Septentrio-britto-éduen

Nous sommes en vacances et je crois que c'est mérité. On part.

Je ne montrai que l'un des sommets du triangle. Chacun reconnaîtra lequel. Les plus doués pourront dire précisément le lieu.

IMG_0001

IMG_0002

Posté par Cornus à 09:19 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


20 octobre 2009

Carpe crépusculaire

On était au cœur de l’été. Avec le soleil déclinant, le vent qui avait animé la journée, se calmait enfin, comme par enchantement. La chaleur, accumulée durant toute la journée, commençait à rayonner, délivrant une douceur sereine, imprégnant chaque brin d’herbe, chaque bouquet d’arbres. Les hirondelles, prises d’une folie collective, arrivaient par escadrilles entières afin de se désaltérer et se baigner sur l’étang. Le miroir était encore perturbé par des mouchages de rotengles, tentant, avec des réussites diverses, de gober des diptères noyés ou d’autres hyménoptères en voie de perdition. Les lapins, les lièvres hésitaient encore avant de sortir de leurs repaires. Seuls les ramiers et autres colombins se risquaient de bosquets en fourrés afin d’aller étancher leur soif à la source. Les ombres des grands frênes s’étiraient interminablement sur la pâture. Les enfants s’amusaient à imiter des géants en regagnant leur foyer, alourdis d’une friture de gardons et d’une poignée de grenouilles attrapées à grande peine sous le cagnard de l’après-midi.

Le dîner terminé, Charles, craignant la rosée, chaussa à nouveau ses bottes en caoutchouc et se couvrit d’un paletot noir. Il ne faisait pas encore nuit, mais la lumière électrique avait envahi la maison depuis un bon moment déjà. Il sortit. D’un pas feutré, il avança sur la grande pâture avant de faire un crochet pour longer la grande haie double que la nuit n’avait pas encore noircie. Il était déjà à plusieurs centaines de mètres de la maison qu’il entendait encore des éclats de voix des convives que n’arrivaient pas à couvrir la symphonie « ranesque » de l’étang. Avec l’humidité qui tombait enfin, la raideur diurne des chaumes et autres touffes graminéennes s’était muée en une souplesse caressante que les bottes de Charles contrariaient à peine.

Furtivement, Charles se retrouva bientôt sur la chaussée de l’étang. La lueur résiduelle du soleil se reflétait encore, comme capturée par l’onde sombre de l’étang. La gaule à carpe, tendue avec une précision scientifique et horlogère depuis le milieu de l’après-midi était toujours là. Charles, depuis un moment déjà, s’était aperçu qu’un « départ » avait eu lieu lorsqu’il avait traversé la mégaphorbaie à reine des prés, jouxtant l’ancien embarcadère. Il avait donc dû hâter le pas, sans pour autant provoquer la moindre vibration fatale. D’une main fébrile mais assurée, il se saisit de la vieille Shakespeare, fit faire quelques tours au gros moulinet clusien, puis dans un mouvement ample et décidé, pratiqua un ferrage appuyé. A une bonne centaine de mètres de là, tel un sous-marin nucléaire en plongée profonde, on ne fit mine de rien, comme lorsqu’on engloutit un petit chalutier par inadvertance. Cependant, sur la berge, Charles se livrait à une course effrénée contre la montre. Décimètre par décimètre, mètre par mètre, le monofilament de polyamide s’enroulait, s’entrecroisait sur la bobine. Le scion, la canne entière se transformait en une improbable parabole. Les anneaux éprouvés brillaient au son de la lune qui se levait enfin. Les tours de la puissante manivelle se faisaient de plus en plus pénibles. Enfin, à trente mètres de là, Charles aperçut un remous puissant parmi l’eau lourde et noire. Alors que le poisson semblait vouloir se faire plus coopératif, Charles se saisit de l’épuisette à long manche et la disposa devant lui entre deux eaux. Mais à la reprise de contact, la carpe se lança dans un « rush » sourd et profond, irrésistible. Charles, pour ne pas rompre, dut abandonner une bonne quinzaine de mètres, pourtant chèrement acquis. La lumière se faisait de plus en plus rare, mais Charles ne craignait nullement ce détail. Ce qui l’inquiétait davantage, c’était de ne point casser au dernier moment et surtout de réussir à glisser le filet de l’épuisette au bon endroit au bon moment, alors qu’il avait déjà besoin de ses deux mains pour venir à bout de la récalcitrante créature des fonds.

Quelques minutes plus tard cependant, la victoire fut totale : la carpe reposait sur l’herbe. Alors qu’il s’apprêtait à quitter les lieux, Charles eut une pensée bienheureuse. En contemplant la voûte de feuilles de chêne qui marquait une découpure parfaite sous le ciel étoilé, Charles revit ses ancêtres à la pêche au même endroit. Comment ces derniers auraient-ils pu imaginer leur descendant en train de faire ce truc de dingue en pleine nuit ? A cette pensée, il rit en silence. Son seul souci maintenant était de satisfaire enfin son épouse Pétronille, qui raffolait de carpe en meurette.

Posté par Cornus à 22:00 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2009

Ciel impossible

Voilà plusieurs semaines que je tente de photographier des levers ou des couchers de soleil lors du départ ou du retour du boulot. Hélas, c’est l’échec total. Soit, je pars trop tôt ou rentre trop tard, soit le soleil est déjà ou encore trop brillant par manque de nébulosité à l’horizon, soit il joue exagérément à cache-cache, soit enfin, je n’emporte pas mon appareil et il en profite pour faire un coucher extraordinaire.

Ce soir, j’ai décidé de prendre quand même une photo coûte que coûte, avec un premier plan qui ne serait pas trop moche. Evidemment, comme j’ai fait ça à la volée, le résultat est exécrable. Alors, je me suis livré à quelques bricolages assez pitoyables (je suis très nul à ce jeu), histoire de ne pas mettre l’originale, qui finalement n’aurait pas été pire…

Cinitiale0001

C0001

C0002

C0003

C0004

Posté par Cornus à 21:14 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2009

Comptabilité macabre

Je ne veux pas me faire l’avocat du diable, mais je me suis quand même livré à un petit calcul macabre.

Chez France Télécom, il y a eu à ce jour, 25 suicides en 20 mois. Cette valeur, rapportée sur un an donne 15 suicides/an. Les statistiques nationales 2008 indiquent 16,2 suicides pour 100 000 habitants (source Wikipédia). Comme il y a environ 100 000 salariés chez France Télécom, on peut en déduire qu’on ne se suicide pas plus chez les salariés de cette entreprise que dans la population générale. J’admets néanmoins que cette statistique est trompeuse car pour pouvoir effectuer des comparaisons, il faudrait avoir le taux de suicides chez les salariés d’entreprises similaires, ce dont nous ne disposons pas. Cela n’exonère donc pas les responsabilités du management calamiteux dans cette entreprise.

Ce qui est aussi scandaleux, c’est que la France compte environ 10 000 suicides par an (sans parler du nombre de tentatives, dont le nombre n’est pas connu, mais qui dépasse très certainement les 100 000/an). Or, contrairement aux morts sur la route, dont le nombre équivalait à une époque pas si lointaine à celui des suicides (le nombre de morts sur la route ayant heureusement largement diminué depuis), on ne voit guère de campagnes de prévention. Et personne parmi nos politiques ne semble s’indigner de cette situation. Et qu’on ne nous sorte pas l’excuse des pays dans lesquels la situation est pire comme certains états est-européens, la Russie ou le Japon…

Posté par Cornus à 20:41 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 octobre 2009

Grand concours d'automne en 7 questions

1) Quelle est cette chapelle finistérienne ?

[indice : c’est votre serviteur qui va sonner la cloche]

10001

2) Qu’est-ce qui pend le long de ces troncs d’arbres ?

[indice : il faut une forte humidité atmosphérique]

20001

3) Quelle est cette colline ?

[indice : c’est atypiquement ligérien]

30001

4) Où se trouve cette bâtisse ?

[indice : un lieu où j’aurais voulu mettre Madame K à la retraite, dans les pas d’une autre illustre écrivaine]

40001

5) Dans quelle ville a lieu cette scène ?

[indice : pas besoin, c’est évidemment Turner]

50001

6) Ça représente quoi ce machin ?

[indice : tout doit être planifié, surtout en architecture]

60001

7) Où se trouve cet édifice ?

[indice : on n’y manque pas d’air]

70001

Posté par Cornus à 21:51 - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 octobre 2009

Programme environnement du ministre Cornus (rediffusion)

Entre décembre 2006 et mars 2007, j’avais répondu par jeu à un certain Ar valafenn qui voulait, si mes souvenirs sont bons, être président à compter de 2012. J’avais donc rédigé ces quelques lignes esquissant un programme pour un ministre de l’environnement. Depuis, il faut bien dire que ça a bougé notamment avec le « Grenelle de l’environnement ». Tout cela reste notoirement insuffisant et mes « propositions » restent largement d’actualité. Au fait, on remarquera que sans le dire, j’avais déjà inventé la taxe carbone, et d’autres taxes environnementales.

1) Politique énergétique

L’énergie nucléaire, dont on ne peut se passer à court, voire à moyen terme en attendant de développer des énergies alternatives dites « renouvelables » sera maintenue. En revanche, un vaste débat sera organisé dans le pays pour organiser une vraie et totale transparence sur la pollution qu’elle induit et sur l’ensemble des risques supposés ou réels.

Afin d’organiser l’autonomie énergétique de la France et de l’Europe, un grand service public sera constitué ou reconstitué afin que chaque citoyen puisse bénéficier des mêmes services, de la même qualité de service et du même prix, et ce sans contribuer à l’enrichissement d’actionnaires.

L’État devra investir massivement pour :

  • sécuriser les installations nucléaires actuelles ;

  • valoriser 100 % les biogaz des décharges et stations d’épuration ;

  • favoriser la recherche et le développement des énergies alternatives (éolien, solaire, hydraulique, etc.) et ce dans le strict respect des milieux naturels et du bon fonctionnement des écosystèmes ;

  • dans un terme de 10 ans, l’énergie nucléaire devra représenter moins de 50 % de l’électricité produite (80 % aujourd’hui) ;

  • renforcer la recherche sur les centrales à fusion nucléaire.

Par ailleurs, l’État developpera de façon considérable les économies d’énergie. A cette fin, les axes suivants seront privilégiés :

  • une grande campagne de sensibilisation pour réaliser des économies d’énergie (par exemple, utilisation d’ampoules électriques basse consommation, vie domestique, etc) ;

  • obliger les constructeurs d’appareils électriques à supprimer les veilles ou à défaut dûment justifié, à utiliser des veilles peu gourmandes en énergie ;

  • établir rapidement des normes extrêmement sévères sur la consommation des appareils électriques ou thermiques, l’isolation des logements, y compris les HLM ;

  • interdire la plupart des enseignes lumineuses inutiles ou publicitaires ;

  • supprimer ou diviser par deux l’importance de l’éclairage public en ville ou à la campagne et prévoir systématiquement une période d’extinction totale entre minuit et 5 heures du matin ;

  • offrir des avantages fiscaux très significatif aux produits et aux constructions qui seront les plus vertueux (qui feront beaucoup plus que respecter les normes déjà très sévères) en terme d’isolation ou de consommation énergétique (sachant que ceux qui ne respecteront pas les normes seront interdits) ;

  • l’État, ses établissements publics et les collectivités territoriales devront mettre aux normes leurs bâtiments et l’ensemble de leurs appareils dans un délai maximum de 10 ans (au-delà de ce délai, aucune dérogation ne sera accordée).

2) Politique des transports

Les transports sont responsables pour une part importante de la pollution atmosphérique. Toutefois, ils ne sont loin de représenter la seule source de pollution en milieu urbain ; il faut aussi rappeler la pollution liée aux chauffages domestiques et celle liée à l’industrie, entre autres.

Certaines mesures doivent être néanmoins prises de toute urgence :

  • développer des transports en commun de qualité dans des services publics de qualité, créer et densifier les réseaux existants ;

  • créer de nouvelles lignes de chemin de fer (dont TGV et/ou trains pendulaires), notamment entre Le Mans et la Bretagne, entre Tours et le sud-ouest et surtout développer des lignes transversales qui évitent Paris ;

  • d’une manière générale, faire en sorte que les transports en commun soient beaucoup moins onéreux que les transports en véhicules personnels ;

  • développer des transports urbains conviviaux, développer considérablement des plateformes efficaces pour les transferts voitures/train, voitures/transports urbains ;

  • mieux desservir les petites localités, ne pas chercher à rentabiliser certaines destinations ;

  • dans l’administration (s.l.), diviser par quatre le nombre de réunions à l’extérieur, encourager la vidéoconférence ; d’une manière générale, mieux organiser les déplacements professionnels

  • favoriser les déplacements à pied et à vélo (notamment en ville) moyennant des vrais aménagements spéciaux.

Pour les transports de marchandises :

  • créer des plateformes multimodales de transit entre les transports routiers, ferroviaires, maritime, fluvial, aérien ;

  • mettre enfin en place le ferroutage

  • développer des canaux de navigation respectueux des milieux naturels (s’inspirer d’expériences menées aux Pays-Bas notamment) ;

  • taxer le gazole au même tarif pour le transport routier que pour les véhicules personnels, puis au même tarif que l’essence sans plomb et utiliser le produit de cette taxation pour le développement de transports alternatifs ;

  • à terme, supprimer tous les péages autoroutiers (qui sont une atteinte grave à la liberté de circuler et une régression à caractère médiéval (péage et octroi)) ; d’ici là, renationaliser les sociétés d’autoroute et faire payer des redevances de péage à la hauteur des dégradations occasionnées, c’est-à-dire globalement, diviser par deux les redevances pour les véhicules légers et doubler ceux des poids lourds ; utiliser les redevances perçues, non pas pour rémunérer les actionnaires, mais pour développer les transports alternatifs ;

  • interdire tout transport par poids lourds qui atteignent ou dépassent 500 km ;

  • taxer le kérosène des avions au même tarif que les autres carburants (actuellement, un régime de détaxation quasi complète existe au niveau mondial).

Pour tous les types de transports :

  • instaurer immédiatement des normes très rigoureuses et volontaristes sur les rejets polluants et la consommation des moteurs à explosion et développer des carburants plus « propres » ;

  • renforcer de façon considérable la recherche appliquée pour réaliser des moteurs moins polluants et développer de nouvelles technologies (moteurs hybrides, piles à combustible, cellules photovoltaïques) ;

  • réserver les « biocarburants » (à base d’huile végétale, d’alcools) aux seuls usages agricoles dans la mesure où ces derniers n’ont pas fait l’objet d’un réel bilan environnemental (pollution d’origine agricole induite par exemple) et dans la mesure où la production s’avèrera toujours insuffisante par rapport aux besoins ;

  • limiter la puissance des moteurs des voitures familiales à 150 ch ; interdire les autres.

3) Politique de l’eau

Actuellement, la qualité des eaux souterraines ou de surface en France est globalement désastreuse.

Depuis quelques années, les installations industrielles ont fait de gros progrès et polluent globalement beaucoup moins qu’avant, bien qu’il y ait çà et là encore des points noirs à maîtriser.

En ce qui concerne les eaux usées domestiques, les choses s’améliorent aussi. Toutefois, les stations d’épuration sont encore souvent mal dimensionnées, pas assez performantes ou ne traitent pas tous les polluants. Il reste encore de très gros efforts à faire. Des normes beaucoup plus rigoureuses devraient être prises et s’il le faut, des mesures autoritaires pour obliger les élus récalcitrants à faire des efforts (sachant que des systèmes de financements à caractère solidaires existent et qu’ils devraient être notoirement renforcés).

Et puis il y a la pollution d’origine agricole, directe ou le plus souvent diffuse, qui représente un grave problème qui n’est malheureusement pas prêt d’être résolu. La problématique « nitrates » est un petit peu l’arbre qui cache la forêt. La norme de potabilité veut que l’on ne dépasse pas 50 mg/l de nitrates (valeur guide européenne fixée à 20 mg/l), valeur allègrement dépassée dans certaines communes bretonnes (entre autres), même si la situation tend à se normaliser quelque peu. Mais pour le bon fonctionnement des écosystèmes de rivière, la valeur ne devrait guère dépasser 2 mg/l toute l’année. On est loin du compte presque partout. En effet, rares sont les cours d’eau qui offrent une telle qualité. Je précise que l’agriculture n’est pas la seule à produire des nitrates, mais qu’elle y contribue largement. Il y a aussi les autres nutriments, en particulier le phosphore dissous assimilable (orthophosphates) : environ un tiers est d’origine agricole et cette proportion tend à augmenter. Ces phosphates représentent un grave problème, car en eaux douces, c’est un facteur limitant dans les cycles biogéochimiques. Lorsqu’ils sont présents (il en faut très peu), et pourvu qu’il y ait suffisamment d’autres éléments nutritifs (ce qui est presque toujours le cas), on peut observer les phénomènes de dérèglements trophiques, que certains, très nombreux, appellent à tort, eutrophisation. Nous préfèrerons parler de phénomène de dystrophie par excès (là aussi, il y a des confusions qui règnent sur ce terme) ou d’hypertrophie (ou hypereutrophie) ou carrément de pollution. Un autre élément azoté peut également provoquer de graves problèmes, c’est l’ammoniaque (composés à base d’ion ammonium NH4+, à ne pas confondre avec l’ammoniac NH3 qui est un gaz), or en n’entend jamais parler dans les médias. Enfin, il y a le problème des pesticides que l’on retrouve presque partout. La plupart du temps, ils ne dépassent pas les normes de potabilité, mais comme il en existe des dizaines (au moins), on ne sait pas quels peuvent être leurs effets cumulatifs (peut-être démultipliés ?). Sont-ils à l’origine de certains cancers ou autres maladies. Pour l’instant, nous n’en savons pas grand chose…

Ceci étant dit, je propose :

  • une mutation totale de l’agriculture actuelle vers l’agriculture biologique sur 10 années ; une refonte totale des aides européennes et nationales afin d’aider mieux les petits exploitants et moins (voire pas du tout) les gros ; orienter immédiatement ces aides vers les bonnes pratiques et progressivement, exclusivement vers le « bio » ;

  • actuellement, l’agriculture est la plus grande consommatrice nette d’eau et elle ne paie pour ainsi dire aucune redevance aux agences de l’eau ; il conviendra donc, contrairement à ce que ne s’apprête pas l’actuelle loi sur l’eau qui arrive en seconde lecture à l’assemblée nationale ce lundi 11 décembre 2007 à 21h30, de taxer les prélèvements d’eau et les pollutions induites par les engrais organiques ou minéraux ;

  • à encourager, y compris par des mesures coercitives, aux bonnes pratiques agricoles, à commencer par respecter les règlementations en vigueur, puis évoluer rapidement vers des normes plus sévères ;

N.B. : je ne veux pas stigmatiser les agriculteurs dont la situation de certains est parfois délicate sur le plan économique, mais force est de constater que les responsables agricoles (syndicats dominants notamment) s’étaient engagés depuis de nombreuses années à faire des efforts pour moins polluer en échange de non taxation, et on constate qu’aucune amélioration ne s’est produite dans le même temps. C’est pourquoi, il est nécessaire d’aider les plus nécessiteux et ceux qui le méritent vraiment. Les redevances supplémentaires perçues par les agences de l’eau serviront à cela, même si d’autres mesures financières seront nécessaires. Il conviendra également de réformer en profondeur le statut, le fonctionnement et les missions des chambres d’agriculture, actuellement omniscientes, omnipotentes et totalement inféodées au syndicat dominant. Il conviendra par ailleurs de revoir profondément le fonctionnement des établissements agroalimentaires (ou grossistes) qui sont parfois en partie à l’origine de la ruine de certains agriculteurs ou de certaines filières. Enfin, une réforme pour une fiscalité plus juste dans le domaine agricole sera nécessaire.

Actuellement, environ 60 % de la distribution de l’eau potable est assurée par des entreprises privées qui rémunèrent grassement leurs actionnaires en faisant payer le prix fort (quand ce ne sont pas des malversations pures et simples) aux consommateurs et/ou aux communes. Je veux parler des ex Compagnie générale des eaux et Lyonnaise des eaux qui ne se font pas concurrence, mais pratiquent l’entente pour se partager le gâteau, tout en pratiquant des tarifs hyper-juteux. Le reste du marché de l’eau est encore heureusement assuré par des régies municipales ou de syndicats intercommunaux. Il conviendra donc de créer un établissement public (Eaux de France par exemple) pour la distribution de l’eau et pour la dépollution des eaux usées et qui apportera son soutien technique et scientifique aux régies des collectivités, mutualisera les coûts pour la modernisation des installations. Dans le même temps, les services actuellement confiés au privé seront remis dans le service public dès que les concessions arriveront à échéance.

La lutte contre les inondations devra être une priorité. Des règlements plus stricts devront être établis dans les plans d’urbanisme.

Afin de faire appliquer les durcissements de la réglementation que je propose, il sera nécessaire de renforcer l’actuelle police des eaux, et de créer des services uniques au sein de chaque département.

Une politique d’abord contractuelle telle qu’elle se dessine dans les actuels SAGE (Schémas d'Aménagement et de Gestion des Eaux) sera systématisée. Si les résultats d’une telle politique sont jugés insuffisants, ces SAGE devront être renforcés.

Une vraie politique de reconquête des bassins versants, des cours d’eau et des zones humides devra enfin être mise en œuvre. En plus des améliorations en terme de biodiversité, cette reconquête assurera un meilleur fonctionnement écologique et biogéochimique des hydrosystèmes (incl. écosystèmes) ; elle permettra en même temps de lutter plus efficacement contre les inondations (phénomènes de rétention des eaux au sein des zones humides, d’étalement des crues ou d’éponge au sein des systèmes à caractère tourbeux) et d’améliorer la qualité des eaux transitant dans les cours d’eau (filtration, rétention, recyclage des nutriments, lutte contre l’érosion, etc.) notamment par le développement de ripisylves ou autres hautes végétations herbacées à caractère naturel. Ce dernier point méritera, un jour, un développement dans une note particulière.

4) Politique des milieux naturels

La politique des milieux naturels doit tout d’abord s’appuyer sur la réalisation d’un état des lieux précis, ce qui n’a scandaleusement jamais été fait correctement en France, même dans le cadre de l’application de la directive européenne « Habitats-Faune-Flore » de 1992. Cet état des lieux devra commencer le plus tôt possible, avec une cartographie globale de la végétation de la France à l’échelle du 1/25 000. Suivront la mise en œuvre d’inventaires pour l’ensemble des compartiments biologiques. Afin de cadrer cette démarche, le Muséum national d'histoire naturelle devra faire l’objet d’une profonde réforme qui se traduira notamment par la mise en place de cadres et de personnels réellement compétents et spécialistes dans tous les domaines concernés. Cette réforme devra être terminée au plus tard dans 3 ans et la première phase de cartographie et d’inventaires globaux devra être achevée pour 2012.

Toujours par rapport à la directive « Habitats-Faune-Flore », l’État reprendra l’ensemble des sites d’intérêt communautaire proposés en les élargissant et en désignera de nouveaux, afin que les arguments scientifiques en terme de conservation puissent enfin l’emporter. Des désignations autoritaires seront à prévoir et les mesures de gestion conservatoire, parfois coercitives seront imposées si la contractualisation est insuffisante ou inefficace.

La loi littorale sera réformée et renforcée. Des cartographies précises définiront d’un point de vue strictement scientifique les différentes zones à protéger. Ce zonage s’imposera à toutes les collectivités. Le Conservatoire du littoral sera réformé. Il prendra en charge l’acquisition de l’ensemble des milieux naturels ; à ce titre, il se substituera aux conseils généraux (espaces naturels sensibles) et aux Conservatoires régionaux d’espaces naturels. Les personnels de ces derniers seront intégrés dans la nouvelle structure (qui sera en grande partie décentralisée). La politique d’acquisition foncière ne devra se faire que sur des critères environnementaux scientifiquement avérés.

La loi sur la protection de la nature sera révisée, clarifiée et renforcée. Les listes de protection faunistiques et floristiques seront revues sur la base des nouveaux inventaires et ces protections prendront un caractère obligatoire absolu. Des listes d’habitats naturels strictement protégés seront également établies. Les études d’impacts seront conduites par des bureaux d’études agréés et contrôlés par une instance dirigée par l’État et des scientifiques dans les diverses spécialités. Les mesures compensatoires vis-à-vis des dommages causés aux milieux naturels ne pourront désormais concerner que des actions de conservation ou de gestion des milieux naturels. Tout nouveau projet, quel que soit son montant (y compris un simple permis de construire pour un particulier) devra faire l’objet d’une étude d’incidence et d’inventaires précis.

Les documents d’urbanisme devront prendre en compte les milieux naturels de façon accrue et l’État devra prendre toutes les mesures qui s’imposent en terme de contrôle.

Un nouveau réseau de réserves naturelles et de parcs nationaux sera créé. Ils devront permettre une conservation efficace et durable des milieux naturels.

L’Office national des forêts sera refondé. Il n’aura plus pour première vocation de produire du bois et de le vendre, mais de protéger les forêts. Il visera à mettre la moitié des surfaces des forêts domaniales et communales en réserve biologique intégrale.

De nouvelles mesures sur la chasse seront prises afin de faire enfin appliquer les textes existants en tout point du territoire. Si besoin, des mesures autoritaires devront être prises. De nouveaux partenariats seront noués entre l’État et ses représentants, les collectivités et le monde de la chasse afin de viser, notamment à réguler certaines populations d’espèces de la faune sauvage, notamment celles qui témoignent de déséquilibres biologiques et écosystémiques. D’autres règles plus strictes seront prises dans l’organisation de la chasse et dans les introductions de gibiers.

Le monde de la pêche en eau douce sera également réformé. En particulier, les empoissonnements devront suivre des recommandations strictes.

Enfin, l’administration du ministère de l’environnement et de ses services déconcentrés sera réformée. On veillera notamment à ce que les personnels qui occupent des postes spécialisés soient réellement compétents dans leur domaine.

Posté par Cornus à 12:20 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 octobre 2009

On est tombé bien bas

Trois affaires dans lesquelles on a entendu énormément de bêtises (pour ne pas dire des propos parfois scandaleux et irresponsables) de la part des journalistes, des « intellectuels » (je crois que même avec les guillemets, c’est encore très excessif) et des politiques. Reprenons les choses dans l’ordre chronologique (du moins dans l’ordre dans lequel on en a parlé dans les médias ces derniers temps). Pour que cela soit bien clair, je le dis avant : s’il y a des liens entre ces trois affaires, il est bien évident que pour ma part, je ne fais aucun amalgame. Certains auraient été bien inspirés d’en faire autant.

˜

Tout d’abord, l’arrestation de Ro*man Pola*nski. Beaucoup de gens en vue se sont hâtés, notamment en France, de prendre sa défense. Les faits qu’on lui reproche remontent à une trentaine d’années. Ces faits concernent, selon les informations partielles que j’ai cru percevoir, des relations sexuelles avec une gamine de 13 ans, notamment sous l’emprise de l’alcool. Les défenseurs du cinéaste ont argumenté que la gamine avait déjà eu des relations sexuelles avant ça, qu’elle posait nue pour une revue, qu’elle avait retiré sa plainte, qu’elle ne voulait plus entendre parler de cette affaire et qu’elle « s’en était bien sortie ». J’ignore quel était le degré de maturité de la gamine de l’époque, mais il semble qu’il ne fait aucun doute qu’un homme de plus de 40 ans au moment des faits n’aurait pas pu la confondre avec une femme majeure et que dans ces circonstances, il était en mesure de lui nuire. On ne connaît pas la réalité des faits, on ne sait pas ce qu’il y avait dans la tête de ces deux là il y a 30 ans à ce moment là, mais la responsabilité au moins de l’artiste est engagée. Il s’est ensuite soustrait aux poursuites judiciaires américaines. La fille aurait-elle profité de la célébrité de l’artiste ? Peu importe, je considère qu’on ne couche pas avec une gamine de 13 ans, même si on ne peut pas parler, à mon avis, de pédophilie, qui me semble bien éloignée des faits. La justice américaine se révèle parfois coriace, la justice suisse, subitement vertueuse. C’est évidemment suspect. C’était il y a plus de 30 ans qu’il fallait demander des comptes à l’artiste, d’autant qu’on savait très bien où le trouver. Mais aujourd’hui, sans le dédouaner, cela me paraît bien tard. Le talent de l’artiste a aussi été mis en avant pour le défendre. Bien sûr, quand on a du talent, on peut faire n’importe quoi, on sera innocent de tout. Moi-même, je reconnais volontiers qu’il en a. Je me souviens en particulier de l’un de ses films que j’ai vu à la télévision alors que j’avais une quinzaine d’année. Il s’agissait du « Bal des vampires » et il s’agissait du premier film dans le genre que je voyais. Cela m’avait beaucoup marqué, mais je n’avais pas eu peur vu qu’il y avait énormément d’humour et de pirouettes dans ce film. Je me souviens aussi que peu après la sortie du film, un déséquilibré avait assassiné l’actrice principale, pensant qu’elle avait été vampirisée pour de bon.

˜

L’affaire de Milly-la-Forêt m’a pas mal émue car nous avons vécu quasiment en direct l’enlèvement de la randonneuse qu’elle avait signalé avec son téléphone portable, l’arrestation de son agresseur ainsi que les circonstances abominables de sa mort. Le meurtrier était un pédophile libéré avant la fin de sa peine et qui était revenu habiter près de son ancienne victime. Avant même son déclenchement, j’étais sûr qu’il y aurait une polémique politico-judiciaire. Cela fait au moins 20 ans qu’on entend le même refrain politique, les mêmes réactions conjoncturelles. Et au moins 20 ans qu’on ne fait rien pour y remédier, toutes tendances politiques confondues. De qui se moque-t-on ? Il existe sans doute des solutions médicales ou autres, et en tout cas des moyens pour empêcher ce type de personnes de nuire, de tuer. La castration chimique ? Sans doute, mais pas comme une possibilité, mais comme une contrainte (ça ou d’autres moyens alternatifs pour ne pas mettre la santé en cause de la personne concernée), avec suivi et obligation de résultats.

˜

J’en viens à la polémique au sujet de Fré*déric Mitt*errand. Celui-ci a soutenu Ro*man Pola*nski et on a redécouvert qu’il a publié un livre il y a quatre ans où il parlait, semble-t-il, avec peu de précision (je n’ai pas lu le bouquin), de relations sexuelles avec des hommes prostitués. Le fait que le ministre défende l’artiste, admettons que c’est dans ses cordes, mais la façon dont il l’a fait est pour le moins maladroite (le talent et la célébrité n’excusent rien). Le fait qu’on s’en prenne à ses écrits en les sortant de leur contexte et en les tronquant est purement scandaleux. Je sais pour l’avoir vécu : dans une affaire bien moins polémique et plus scientifique, j’avais été interviewé par un journaliste radiophonique. Je lui avais tout bien expliqué, avait mis des limites claires à mes propos. Eh bien qu’a-t-on fait ? On a coupé, tronqué, « décontextualisé » et avec ce petit jeu, on m’a presque fait dire le contraire de ce j’avais exprimé. Une honte à mon niveau car le journaliste ne pouvait pas faire valoir un problème d’incompréhension, il l’avait fait exprès, pour faire du sensationnel à peu de frais. Pour en revenir au ministre, on ne sait pas exactement ce qu’il a fait ou pas fait, mais ça ne regarde que lui. S’il faut lui reprocher quelque chose, ce n’est pas ça, c’est son ambition malsaine, son empressement à dire n’importe quoi sur n’importe quoi ou n’importe qui, ses compétences surestimées, son arrivisme… Il a sans doute des qualités, mais je ne les ai jamais vues. Mais son histoire de bouquin, sa sexualité ne sont pas des raisons pour l’attaquer de cette façon. Ses adversaires d’aujourd’hui sont-ils irréprochables ? Ont-ils le droit de l’attaquer sur des choses aussi personnelles, même s’il les a rendues publiques ? Non, ceux qui hurlent au loup feraient mieux de se taire, ils sont sans doute pires.

˜

Encore une fois, je ne fais aucun amalgame, mais je constate que notre classe politique et « intellectuelle » a perdu la raison, encore plus que d’habitude. Ce qui me fait peur aujourd’hui, c’est de voir à quel point on est tombé bas.

Posté par Cornus à 08:37 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 octobre 2009

Que de sable !

Fin juillet, je suis allé me faire dorer la pilule j’ai participé à une étude sur la végétation dans les dunes (sud du Pas de Calais). On y trouve là, pas forcément les milieux les plus riches sur les plans floristique et phytocénotique, mais semble-t-il, les dunes les plus hautes de la région.

DA0001

DA0002

DA0003

DA0004

DA0005

DA0006

DA0007

DA0008

DA0009

DA0010

DA0011

Posté par Cornus à 21:47 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 octobre 2009

Miracle au pays des boîtes vivantes claquantes

Si nous nous sommes tus ces derniers jours, c'est que notre connexion internet était en train de mourir. La mort cérébrale a été prononcée avant-hier, pourtant le diagnostic de mercredi à l’hôpital des boîtes vivantes était sans appel, elle est en pleine santé. Ce matin, après le lever fromfromien, on constata, en plus de l’encéphalogramme plat, la mort cardiaque de la boîte. Le nez fin de Docteur Cornus détecta une odeur de brûlé en provenance de la protubérance du cordon ombilical électrique. Un appel aux urgences des boîtes subclaquantes nous a permis de récupérer en vitesse un cordon de substitution.

Sans l’intuition et la finesse d’esprit du couple fromfromocornusien, on serait encore en train de ramer parmi les boîtes mortes.

Posté par Cornus à 13:49 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1