29 juillet 2009
Incursion en Bresse bourguignonne
La Bresse bourguignonne est cette partie de la Saône-et-Loire qui s’étend grosso modo à l’est de Chalon-sur-Saône jusqu’à la région de Louhans à l’est du département, faisant le contact avec l’Ain et le Jura. Curieusement, mes pas ne m’avaient jamais conduit dans cette région naturelle, pourtant pas très éloigné de la cité éduenne. Cette région se caractérise clairement par l’existence de maisons (fermes) à colombages et briques traditionnelles avec systématiquement le toit qui avance sur l’avant (dans le sens de la longueur – on parlerait sans doute de longère en Bretagne), soutenu par des piliers de bois, ménageant un abri (sorte d’auvent), parfois transformé dans les maisons modernisées en véranda.
Le premier but de la visite était l’Hôtel Dieu de Louhans, édifice construit au XVIIe s. et surtout remarquable par sa fabuleuse apothicairerie et, dans une moindre mesure, par ses grandes salles de malades qui ont curieusement servi jusqu’en 1977. En dehors de celle-ci, je n’ai pris aucune photo car j’avais l’impression d’être tenu en laisse par notre guide (nous étions les deux seuls visiteurs) et la dame semblait être la patronne des lieux). Une visite correcte et bien documentée, mais sans doute trop stéréotypée et surtout trop rapide.

Préalablement, nous avions aperçu l’église de la ville, surtout intéressante par ses toits et un vitrail qui se laisse éventuellement regarder.



Enfin, la rue principale de la ville, remarquable par ses très nombreuses arcades (XIV-XVIe s.).

Sur le retour, nous rencontrons par hasard un clocher tors à Mervans.


Nous passons par Verdun-sur-le-Doubs sans déguster de pochouse, puis nous rejoignons le châlonnais septentrional. Nous passons par Chaudenay et son église médiévale, surtout intéressante pour son intérieur repeint en jaune.



Puis, nous arrivons devant l’église de Chagny, beaucoup plus intéressante, mais hélas fermée à cette heure. Nous notons la présence d’une sculpture de grand renom sans aucun intérêt (ce gros cube de ferraille de plusieurs tonnes devant l’église à gauche sur la première photo).



Puis nous regagnons nos terres, non sans s’être perdus du côté de Santenay, du fait de plusieurs routes barrées.


26 juillet 2009
Du côté de Brancion
En ce 8 juillet, il avait été finalement décidé de nous rendre sur les terres parmi les plus chaudes du duché. Cap fut donc mis sur Brancion, afin de visiter la forteresse et le bourg médiéval. J’ai déjà eu l’occasion de parler ici du château, car je m’y étais rendu exactement 4 ans plus tôt, à une période où ça bouillonnait beaucoup en moi, sans rien laisser paraître. Je connaissais néanmoins le lieu, puisque je m’étais rendu dans le coin l’année précédente pour découvrir enfin la fabuleuse église de Chapaize.
















A la fin de la visite dont nous étions vraiment enchantés, nous avons voulu aller boire un coup et nous soulager d’envies subpressantes. Nous avons donc pénétré dans cet établissement.


Sur la terrasse couverte que l’on voit bien sur la première photo, une cliente dégustait déjà un café ou un chocolat. Une dame, sans âge mais paraissant probablement plus âgée que son âge vint prendre la commande, avec une amabilité toute relative. Lorsqu’elle vint rapporter la commande, nous lui donnâmes un billet en même temps que je lui demandai où se trouvaient les toilettes. Réponse brute de sa part : « ben, à l’étage ». Je précise que qu’aucune indication n’était là pour aider le client occasionnel à se guider vers le saint lieu. La dame nous rapporta la monnaie sans mot dire et posa le rendu de monnaie sue le coin de la table avant de disparaître. A ce moment là, j’ai dit à S. : « Elle est polie comme une râpe, celle-là ». Mais ce n’était rien par rapport à ce qui nous attendait. La dame à l’autre table fut rejointe par son compagnon, débarquant par une porte dont nous devions conclure qu’il s’agissait de l’accès aux mythiques WC. La dame s’y rendit à son tour. Au bout de deux minutes à peine, nous entendîmes des hurlements en provenance de l’étage. La sympathique hôtesse des lieux étaient en train d’engueuler copieusement la cliente, qui ne disait rien par ailleurs. Elle lui reprochait d’avoir osé franchir une porte privée alors même qu’elle cherchait naturellement à se laver les mains, car bien entendu, aucun lavabo n’existait à proximité. La cliente fut littéralement expulsée, malgré quelques protestations naturelles auxquelles la patronne répondit : « Vous n’avez qu’à aller aux toilettes à l’entrée du village, elles nous ont coûté des millions ». En réalité, il s’agissait d’un paisible couple allemand, qui s’empressa de payer et de quitter les lieux. Ayant eu l’envie coupée, nous les imitâmes immédiatement. Soit dit en passant, l’établissement est aussi un hôtel et surtout un restaurant. Avant de passer à table, prévoyez un bon quart d’heure pour aller aux toilettes à l’entrée du village (que nous avons testées en partant et dont on ne peut que regretter le mauvais rapport qualité/prix). Lecteurs de passage qui désireraient vous rendre à Brancion, regardez bien ces photos et évitez à tout prix d’entrer dans cet établissement ; vous ne pouvez pas vous tromper, c’est le seul sur la place.
Les halles avec une fois encore, une extraordinaire charpente.

Contrairement à la fois précédente, nous sommes allés voir l’église, récemment restaurée, avec de belles fresques.

















Sur le retour, tout près d’ici, j’ai voulu enfin tirer le portrait du menhir christianisé, non loin du château de Nobles, transformé en chambre d’hôtes de luxe.



Plus loin encore, j’ai aussi voulu aller à lé découverte de l’église de Lancharre que j’avais longtemps tangentée. En grande partie détruite, il ne demeure pour ainsi dire que le chœur et le transept.






25 juillet 2009
La vérité sur Pornus
Compte tenu des nombreuses allégations fallacieuses qui ont été portées par l’auteur Karagar dans son « Mystère d’Oxymoor » contre Pornus, je me devais de rétablir quelques vérités premières. Tout d’abord, il convient de rappeler que l’auteur, sûrement sujet aux vertiges des montagnes qu’il était en train de gravir ou à l’ivresse de l’altitude (ou d’un quelconque autre breuvage indélicat dont il se sera scandaleusement ravitaillé dans la basse vallée du Rhône ou encore sur les contreforts des côtes languedociennes) s’est quelque peu égaré sur les titres nobiliaires de Pornus, puisque celui-ci est bien duc d’Eduenie et de Flandrie, titre primant sur celui de comte d’Augustodunie. Ensuite, chacun aura rectifié de lui-même que le mariage de Koada de Fromulus lui avait fait adopter automatiquement le titre de duchesse qui n’était donc plus simplement marquise.
Mais laissons là ces considérations de titres aristocratiques, pour revenir à certains faits. Le duc Pornus d’Eduenie et de Flandrie, comte d’Augustodunie est un noble et de tous temps, il a tenu à ne vivre que de ses rentes. D’aucune manière il ne se prostituerait. Les revenus de ses terres le mettent hors du besoin, malgré les dépenses somptuaires que son épouse lui fait faire en matière de chocolats, de Draou Mat ou de prêt-à-porter Kaiba, Gomé et autres enseignes chic du duché, sans oublier le dernier accessoire à la mode, le dujarrier pour le repos épaulesque des membres supérieurs. Par conséquent, chacun l’aura compris, un de ses loisirs préférés est la botanique et ses seules activités pornographiques consistent à manipuler les anthères des étamines et les stigmates des pistils afin de créer d’improbables hybrides pour lequel il possède une renommée mondiale dans le domaine de l’agronomie et de l’horticulture. Ses activités l’ont naturellement amené à réaliser des films scientifiques régulièrement récompensés par des prix lors du festival de Carex en Bretaigne. Quant au titre du film « Tournante flamingante », il s’agit bien entendu d’un jeu de mots laids inspiré par Koada ; le sous-titre ne laisse naturellement subsister aucune ambiguïté : « tournée botanique en pays du nord ». Mais bien entendu, le baron Jehan-Marc’hkar d’Oxymoor, fidèle à sa réputation de propos cryptiques, saisit toutes les opportunités pour tenter de ridiculiser Pornus, tant la science de ce dernier l’agace, à force de n’y rien comprendre. Alors le baron, pour se venger, s’est spécialisé dans la culture et l’acclimatation des Grosdosdendrons, genre pour lequel il sait que Pornus n’attache pas beaucoup l’importance. En effet, ce genre de la famille des Ecriacées (et non des Ericacées, le spécialiste de la famille ayant disparu alors que son compagnon, créateur de trop nombreux nouveaux genres lui eut signifié : « assez » alors qu’un second pot de fleurs lui tombait sur la tête, lâché par un des disciples de la gente corvidée de la douairière Torzh), n’était pratiquement pas représenté en Europe occidentale et ne justifie en rien que l’on s’y intéresse. En effet, ces minables arbustes, en dehors des jardins torturés du baron Jehan-Marc’hkar d’Oxymoor, ne participent à aucune mosaïque de végétation ou paysagère et n’apportent strictement rien au fonctionnement écologique des écosystèmes, même semi-naturels. Enfin, la laideur des fleurs de ces innommables arbustes font fuir tous les villageois du comté de Summersex (même les corbeaux de la douairière volent à l’envers pour ne pas voir un tel spectacle). On comprendra donc aisément le peu d’entrain de Pornus à se rendre à Oxymoor.
Quant à la douairière Torzh, elle aussi adepte des Ecriacées, en était à l’écriture de son cent-unième roman. Elle n’avait pas supporté que son centième roman n’obtienne aucun titre littéraire (pensez-vous, c’était la première fois que cela lui arrivait). Son état de déprime et de décrépitude avancé avait fait fuir depuis longtemps ses amis les mouettes et autres goélands ; seuls les corbeaux, corneilles et autres choucas, acceptaient encore de lui servir d’escorte.
23 juillet 2009
Première vengeance contre Karagar
Maître Karagar m’ayant mis au défi de l’imiter, je ne me laisse pas intimider par ses exploits jardinesques. Non, je ne m’abaisserai pas à relever un tel défi tellement il serait facile de surpasser mon adversaire. Il me suffit de montrer quelques échantillons de mauves blanches et de messicoles pour lui clouer le bec.





Et l’hortensia que j’ai obligé à fleurir pour la première fois (ça, c’est un exploit quand on sait d’où on vient).

Et puis des Lobelia de deux espèces différentes


Et si cela ne suffit pas, de lui montrer cette extraordinaire rose que j’ai préservée à dessein, pour qu’il ne puisse pas profiter de son extraordinaire parfum.

Mauvaise nouvelle et bonnes nouvelles
La mauvaise nouvelle est que je n’ai pas été choisi. Il y a forcément de la déception et un peu d’amertume, mais bon, on fait avec. La première bonne nouvelle, c’est que je me suis bien défendu (on me l’a dit) et que j’ai surpris en faisant un diagnostic que beaucoup de monde s’accorde à ignorer depuis très longtemps. Le concurrent était un brillant monsieur (que je connais et que j’apprécie par ailleurs, ce qui est aussi une bonne nouvelle) dont la candidature a surpris pas mal de monde, compte tenu de son statut actuel. Ce n’est pas un fin scientifique du domaine mais plutôt un généraliste et un stratège. C’est ce dernier point, associé à des qualités hors pair d’orateur qui ont emporté le morceau chez le jury. Je partais aussi avec deux handicaps : une candidature interne n’avait pas la préférence car on voulait une personne qui pourrait plus aisément imposer son autorité, car pas ou peu connu (un argument qui a ses limites et qui m’agace un peu à vrai dire) et parce que j’occupe un poste pour lequel il serait difficile de trouver un remplaçant (même si rien n’est immuable à ce sujet, à condition de raisonner différemment). La troisième bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas sur moi que retomberont l’essentiel des emmerdements.
Donc en définitive, pour préparer cet entretien, je m’étais mis dans la peau d’un directeur (il fallait bien que je me projette) et me voilà que je me retrouve au même point. Ceci dit, je ne regrette rien. Et puis je continuerai d’être populaire vu que, il faut le dire, sur ce chapitre, les salariés n’ont pas été pour rien dans le fait que je dépose ma candidature.
19 juillet 2009
Retour entre deux
De retour de notre périple éduen et armoricain, il y aura pas mal de choses à raconter. Mes chers lecteurs sauront prendre patience en attendant mes futures notes et mes « indispensables » commentaires chez eux.
En attendant, cette photo de la Tour des Ursulines qui, par un subtil jeu topographie et de perspective semblant rapetisser Saint-Lazare, indique la météo qui nous fut servie durant ces quinze derniers jours. Un perpétuel entre-deux averses ensoleillé. Déprimant d’apprendre qu’au retour au boulot demain, le beau temps finira par s’imposer pour de bon. Mais bon, nous repartons une semaine en août.

02 juillet 2009
Trop de pattes scient les pattes
L’hiver dernier, ON avait voulu recruter un mouton à 5 pattes. ON n’y était pas arrivé. Alors, ON a cherché un mouton normal, et J’ai récupéré un mouton à 3 pattes.
Depuis quatre ans, j’ai dans mon service un mouton à 3,5 pattes. Avec le temps et l’expérience, il aurait été raisonnable de penser que parti de 3 pattes, il atteigne le statut honorable de 4 pattes. Hélas, le garçon régresse et il me donne des sueurs froides. Non seulement, professionnellement, il s’entête dans l’erreur, s’engage dans des impasses qu’on lui avait maintes fois signalées, mais en plus, il a une vie privée très particulière (aussi une sorte d’impasse dans laquelle il butte à n’en plus finir), et du coup il ne serait pas loin de vouloir jeter son dévolu sur toute jeune brebis qui passe à sa portée. Seulement, il est maladroit, très très maladroit, 25 fois plus maladroit que moi à l’époque où je l’étais le plus. Je l’ai vu plus d’une fois foncer dans des murs, et même en le prévenant, il réédite à chaque fois le même scénario. Evidemment, cela ne me fait pas rire, j’aimerais tellement qu’il soit plus heureux et épanoui, ce qui se ressentirait nécessairement dans le travail…
Le chef du troupeau a décidé de nous quitter pour voguer vers d’autres horizons. Alors, ON a mis en place une procédure pour recruter un mouton à 6 pattes exogène. ON a reçu des candidatures de moutons bancals. D’autres moutons exogènes au nombre de pattes indéterminé se sont aussi manifestés, sans que l’on sache s’ils étaient vraiment décidés à rejoindre le troupeau. Alors, après avoir pas mal réfléchi, j’ai décidé de me porter candidat à la tête du troupeau. Il est vrai que je suis fou, d’autant que je ne revendique que 4 pattes.
Bon, à part ça, ne revenons pas à nos moutons mais à nos fleurs que nous allons quitter des yeux durant les 15 prochains jours, pour des vacances, forcément bien méritées.






