30 novembre 2008
Blessures
Avant que je n’occupe mon emploi actuel, j’avais tenté ma chance sur des postes en région Centre ou en Bourgogne (en 2002). Hélas, le directeur de la structure jugeait que j’étais surdiplômé et avait tout fait pour me piéger lors de l’entretien (je devrais dire interrogatoire dont j’en garde un très mauvais souvenir). Je me suis demandé pourquoi ce type ne voulait pas de moi. Sans me vanter, la personne qui a finalement été recrutée sur le poste que je demandais en priorité, avait été un de mes élèves et avait un bon niveau global, mais cela n’allait pas plus loin. Je dis ça parce que j’avais eu l’occasion de l’évaluer à deux titres : en tant qu’enseignant puis en tant que relecteur et correcteur de ses productions scientifiques dans le cadre de son ancien travail.
Peu de temps après, mes entretiens d’embauche dans la structure où je suis actuellement se passent bien. On finit par m’annoncer que je suis retenu sur le poste. Le temps de réfléchir, je rappelle le lendemain pour donner mon accord, et là on me dit qu’on n’est plus très sûr de m’embaucher. Entre temps, la vipère, la personne qui m’avait fait subir l’interrogatoire quelques semaines plus tôt, avait sans doute parlé de moi (le monde est très petit) au hasard d’une conversation. Bref, j’étais subitement devenu persona non grata et il fallut que je fasse monter au créneau toutes mes connaissances et amis pour témoigner que les défauts dont on m’affublaient étaient parfaitement infondés. Ce fut terrible de se justifier ainsi. Je ne pouvais pas jeter la pierre à mes recruteurs qui ne me connaissaient pas et, en de telles circonstances, il était logique qu’ils se méfient. Mais ils m’ont fait confiance. Ils sont même allés bien au delà de ça, car des choses très positives sont nées entre nous et je les remercie, entre autres, pour cette intelligence.
Depuis, j’ai appris par de très nombreuses sources concordantes que la vipère n’avait de l’animal pas que les habits, mais était véritablement un animal féroce. Je sais maintenant qu’en général, il ne recrute pas les personnes les plus calées, mais généralement des presque débutants. Rien à dire à cela, mais on a tendance à penser qu’il ne veut pas qu’on lui fasse de l’ombre sur le plan scientifique, surtout lorsqu’on sait que ses vrais apports personnels à la science commencent sérieusement à dater. En revanche, c’est un très fin politique et communiquant.
L’année dernière a été publié un ouvrage sur la Loire (la vipère comme co-auteur). Mes apports à cet ouvrage étaient importants, et je ne dois pas me plaindre, j’y étais remercié et cité de façon tout à fait satisfaisante. Ceci dit, comme le rédacteur principal me l’avait proposé, on ne me confia pas la relecture du bouquin (ce qui s’en ressent) et bien sûr, on ne me fit pas cadeau d’un exemplaire du livre. Un peu fort de café quand même.
Vient de sortir un bouquin sur la Bourgogne (la vipère toujours comme co-auteur) que j’ai reçu hier. Je n’ai pas apporté de grosses contributions à cet ouvrage, mais j’ai quand même transmis quelques données originales et quelques-uns de mes écrits ont été publiés sur cette région. Eh bien, je ne figure pas dans les remerciements (qui se veulent exhaustifs) et dans la bibliographie ne figure de moi qu’une pauvre référence dont je me souvenais à peine ; les choses importantes ont été oubliées. Je me demande sérieusement si ces « oublis » ne sont pas volontaires, même si la confusion existe puisque j’ai un homonyme, qui ne possède pas toutefois la même initiale de prénom. Tout cela me paraît quand même lamentable et je ne sais pas trop comment il faudrait réagir.
Voilà, je suis un peu désolé de parler ici des blessures de mon amour propre, mais j’ai quand même l’impression que certaines choses me poursuivent. Je devrais être au-dessus de ça car ce n’est pas vital ni très grave, mais ça m’énerve quand même. Et je dois dire qu’à certains égards, je suis parfois en mal de reconnaissance. Pour moi, ne pas être cité dans un ouvrage de référence équivaut à un enterrement. Excessif ? Pas si sûr...
27 novembre 2008
Flèche de lumière
Depuis longtemps déjà, j’avais dans l’idée de la photographier de nuit, mais sans trépied, ce fut catastrophique. Voici donc ce que cela donne depuis le pas de notre porte au grossissement maximal. L’église du XVe s. a été agrémentée d’un clocher avec sa flèche au début du siècle suivant. La flèche a subi des dommages vers la fin du XIXe s. et a été détruite pendant la guerre en 1940. Elle a été reconstruite il y a une quinzaine d’années.

26 novembre 2008
Indignations indignes
A la suite du sifflement de la Marseillaise lors d’un match de football, plusieurs de nos ministres s’étaient dits, je cite « indignés » ou « scandalisés ». Personnellement, je me moque royalement que les hymnes nationaux puissent être sifflés. Je pense même que cette prétendue fierté « hymniesque » n’a pas lieu d’être lors d’une manifestation sportive internationale ; je trouve ça même complètement ridicule. De la même manière, cela ne me dérange pas que l’on ne respecte pas le drapeau et autres accessoires cocardiers. Mon grand-père paternel qu’on avait envoyé se battre au nom de la patrie et qui était revenu de la guerre complètement cassé, disait « aux chiottes, le drapeau », et l’histoire démontre à chaque fois combien il avait raison.
En revanche, je n’ai entendu aucun ministre s’indigner ou être scandalisé par la misère, les sans abri, le chômage peu ou non indemnisé… Si, cette vieille peau avariée et criminelle qui nous sert de ministre du logement et de la ville veut nettoyer les trottoirs de la ville en évacuant manu militari les sans abri qui oseraient ne pas aller occuper les « centres d’accueil » dès qu’il ferait froid. Pour paraphraser un auteur célèbre, pourquoi ne pas retirer de nos centres-villes, les culs-de-jatte, les sourds-muets, les noirs et les homosexuels.
25 novembre 2008
La cascade
Je l’avais montrée il y a longtemps en tout petit. Ce soir, la voici de retour en plus grand. Voici la cascade de Brisecou qui prend place sur le ruisseau du même nom au nord du plateau d’Antully, dans une vallée très encaissée. Cette cascade n’est pas complètement naturelle : une partie du débit du cours d’eau est détournée pour enjoliver le spectacle. Une partie du « sang » de Saint-Georges coule ici, lequel finit par rejoindre l’Acaron, l’Arroux et la Loire…
Avant que je n’aille dans les Alpes dans les années 1980, cette cascade fut longtemps pour moi LA cascade. Et malgré son côté artificiel, elle demeure importante à mes yeux. Et je trouve, tout comme les promeneurs de la cité éduenne, qu’elle a un charme fou au sein de cette chênaie-hêtraie de pente.





23 novembre 2008
Neige jardinière
Week-end pourri s’il en est. Je n’ai même pas pu faire ce que je voulais. J’ai quand même eu le temps de planter deux roses de Noël (Helleborus niger L., Ranunculaceae) dans cette première neige.

21 novembre 2008
Amaryllis domestique
Parce qu’il faut des fleurs, et parce qu’on aime ça, voici la première Amaryllis domestique.




18 novembre 2008
Le Cépiau (7)
Voici le retour très inattendu (y compris de moi-même) du Cépiau. Pour les épisodes précédents voici les liens :
Trois jours plus tard, le facteur, qui débutait sa tournée tôt le matin, trouva le Cépiau versé* dans un fossé au bord du chemin de terre qui longe la Canche à quelques kilomètres du bourg.
A midi, lorsque Maurice arriva au bourg pour retrouver le Cépiau, il trouva un attroupement devant l’atelier. Lorsqu’il apprit enfin la nouvelle, il fut totalement abattu. Chancelant, il reprit sa camionnette et regagna la ville à 20 km/h dans les descentes.
Comme la gendarmerie bénéficiait d’excellents limiers, on leur confia l’enquête : Roger Thouvial (le fils d’Emmanuel, lui-même gendarme qui avait pourchassé en vain, pendant l’entre-deux-guerres, le Cépiau et son père dans leurs œuvres braconnières) et Claude Ravaillot (dit le « ptiot Glaude »). Roger était le « patron » (adjudant-chef) et Claude, simple gendarme. Après avoir été prévenus par le facteur, ils constatèrent effectivement le corps inanimé du Cépiau. Le médecin du village, le docteur Rouleau, qui affichait quand même 75 ans au compteur, devait constater quelques minutes plus tard le décès suite à un « malaise et à une hypothermie liée à l’absorption d’alcool et consécutivement à un refroidissement nocturne ». Les choses étaient donc très claires et l’enquête fut donc bouclée en un temps record et aucune autopsie ne fut pratiquée.
Le Cépiau n’avait pas de famille proche et personne n’eut l’occasion d’exprimer son point de vue aux enquêteurs. Par ailleurs, la disparition du Cépiau n’indisposait personne parmi les villageois et les notables du coin.
Depuis deux jours, Maurice ne dormait plus et ne pensait qu’à la mort du Cépiau qui lui paraissait pour le moins suspecte. Il voulut voir Robert, mais celui-ci se trouvant à Montpellier, il put enfin le joindre par téléphone. Il lui apprit le décès du Cépiau, puis vinrent quelques explications.
- On a retrouvé le Cépiau mort avant-hier matin le long du chemin de la rivière. La gendarmerie a conclu à une mort suite à un malaise du fait qu’il aurait trop bu le mardi soir. Or tu connaissais le Cépiau autant que moi : il ne s’avinait pas lorsqu’il savait qu’il devait travailler. Qui plus est, nous avions prévu de travailler ensemble mercredi après-midi. Et encore plus curieux, on n’a pas retrouvé son chapeau.
- Écoute, c’est terrible. Samedi et dimanche, le Cépiau et moi étions ensemble et il m’a dit son inquiétude suite à une leçon qu’il a donnée au Comte. Je suis comme toi, je ne crois guère à la version donnée par la maréchaussée.
- Mais que peut-on faire ? Nos arguments ne pèseront pas lourd en face aux gendarmes, d’autant que tu sais que l’adjudant-chef Thouvial n’était pas très copain avec le Cépiau, à cause de son père…
- Ne bouge pas. Je saute dans le premier train et je te rejoins dès que possible. On en rediscute et on ira voir ensemble mon ami le commissaire de police Yves Taxus.
Yves Taxus était d’origine bretonne. Après le bac, il avait fait ses études scientifiques à Paris avec Robert avant de changer d’orientation et faire son droit. Après quelques années dans la région parisienne, il avait été nommé commissaire à A.
A suivre.
* versé : couché
16 novembre 2008
Jardin fromfromo-cornusien – Acte III : mise en place globale et premières plantations
Une photo nocturne toute fraîche d’une partie du jardin :

Ce week-end a été l’occasion de compléter les apports de terre (1250 l) et de terminer la mise en place des bordures de bois (22 m), de poser les deux treillis pour les rosiers grimpants et de faire les premières plantations : rosiers, clématite, crocus, tulipes, jonquilles, jacinthes, Fritillaire impériale, lys (pour l’instant, ceux de l’été dernier qui n’avaient jusqu’ici connu que la jardinière).

Le rhododendron (finalement, il sera seul), ce sera pour plus tard car nous nous en remettons à la sagesse karagarienne.
Lumières éduennes
Durant ces vacances de Toussaint, à part quelques rayons surpris çà et là,

notre domaine vital n’a pas connu beaucoup de coucher de soleil comme celui-là :

Du fait d’une météo défaillante, nous sommes néanmoins aller rendre visite à Saint-Lazare. Ils ont engrillagé le tympan sans aucune explication. Dans la grisaille ambiante, une lumière occidentale improbable a surgi sur certaines bandes dessinées sculptées :






A la maison, nous avions quand même su convier d’autres soleils pour nous réjouir les yeux et le cœur.


13 novembre 2008
Jardin fromfromo-cornusien – Acte II : le plan et les premières réalisations
J’ai conscience que le descriptif qui suit peut paraître rébarbatif et sans doute peu intéressant, même si de mon côté, je suis assez excité par les perspectives et le début de réalisation de ce jardin.
Le plan du jardin est dans la tête depuis un certain temps déjà. Il doit bien entendu passer par l’approbation de S.
Voici donc ce plan : Plan_du_jardin_au_131108.
Ainsi, pour les ligneux, nous aurons au menu : 2 Rosiers grimpants et 3 Rosiers à grandes fleurs, une Clématite sur la pergola. Ces derniers ont été commandés et devraient arriver bientôt.
Encore en réflexion, les Rhododendrons nains.
Deux Hortensias ont été supprimés et le troisième a été déplacé.
Le Buis est conservé ainsi que le Pieris.
Les repousses de Forsythia seront conservées pour masquer le tonneau d’eau de pluie, mais on le contrôlera sévèrement.
Les repousses du Laurier sauce seront également conservées, en l’empêchant cependant de prendre de l’ampleur.
Compte tenu de l’humidité résiduelle constatée dans le jardin, toutes les vraies nouvelles plantations se feront de façon surélevée (bordures en bois) avec apport de terre ou terreau extérieur (travaux commencés).
Sur la terrasse, on pourrait envisager de cultiver en bac des arbres fruitiers miniatures (à voir), en particulier des cerisiers.
Pour les herbacées, au menu des plantes à bulbes diverses au niveau des massif.
A voir aussi, un éventuel massif de plantes annuelles sauvages (à proximité de l’Hortensia).