24 octobre 2008
Compte rendu tardif avant les vacances
Un après-midi de juillet dernier, nous avions fait un petit tour dans le Morvan, pour aller chercher des truites dans une pisciculture où nous les savons excellentes. Le temps n’était pas au beau fixe, ce qui m’a un peu empêché d’immortaliser certains paysages de coins où je n’étais pas encore passé. Au retour, je vois sur la carte un certain nom de village (ou un hameau) que j’avais déjà vu et qui m’interpelle fortement. Nous avons décidé d’y sommes passer. Rien de très exaltant, à part le nom.

Ce nom, exactement le même qu’un autre apparemment assez célèbre d’après Monsieur Gogol, qui n’est pourtant qu’un « quartier haut » d’A., mais que certains usages érigent abusivement au rang de commune.
Un peu plus loin, nous abordons sous un rayon de soleil par une « face » inédite le plus grand lac réservoir de Bourgogne, ainsi que son bassin de compensation, les deux installés là comme par inadvertance.


De retour dans le département de Richard le Justicier, on veut aller voir la « fameuse » roseraie de La C.-en-M. Nous passons devant la maison de mon arrière grand-mère (partie gauche).

Le puits, un bassin avec des jets d’eau.


Et puis une roseraie absolument minable. Initialement conçue par des gens du village, cette dernière nous apparaît fort mal entretenue et avec la majeure partie des rosiers en train d’agoniser (nous ne sommes alors que mi-juillet). Déception donc eu égard au foin diffusé dans les médias, à moins qu’il ne s’agisse que d’un phénomène d’abandon récent ? Je ne montre donc que cette photo.

Voilà, en attendant la suite de nos aventures après nos vacances. Car c’est dans ces coins là que nous partons demain. Nous aurons deux anniversaires à célébrer, avec une pensée particulière aux témoins de l’an dernier.
21 octobre 2008
Lumières d'automne
Il y a des matins où sur la route du travail, il fait un demi soleil.

Il y a des soir où la vigne flashe plus ou moins.


19 octobre 2008
Jardin fromfromo-cornusien – Acte I : la pergola
Lors des séances d’arrachages, il avait fallu retirer les deux petits conifères (qui n’avaient curieusement pas passé l’été) qui trônaient dans les bacs de part et d’autre de la magnifique pergola en plastique vert. Hélas, il aurait fallu un ouvre boîte pour retirer ces épouvantables gymnospermes. Et ce qui devait arriver arriva, l’un des bacs se brisa, rendant du même coup la pergola à peu près inutilisable. Comme nous avions quand même dans l’idée de la conserver, décision fut prise qu’à l’occasion, nous en installerions une autre, de préférence en bois.
Ces derniers temps, je me suis mis à en rechercher une (S. aussi). Hélas, ce n’est pas vraiment la bonne saison. Celles que nous trouvions étaient soit des pergolas d’une rare fragilité, soit des choses hors de prix, soit encore dans un magasin, un exemplaire unique qui traînait sous tous les temps depuis un certain temps. Je la trouvais assez conforme à ce que nous recherchions, mais un peu chère, ce qui me fit reculer. Le lendemain, comme nous n’avions rien trouvé de convainquant à nous mettre sous la dent, je suis retourné dans le même magasin et j’ai pu obtenir un rabais de 20 %. Après m’être procuré quelques vis, équerres de fixation et de la lasure, je me suis mis à l’ouvrage. Et ce soir, tout est installé avec les trois couches de lasure. Nous ne sommes pas mécontents du résultat.
Cette pergola accueillera une clématite. Et éventuellement autre chose, mais nous verrons bien.

18 octobre 2008
Araignées décadentes
A la mi-septembre, il avait été décidé (décision en réalité nettement colorée d’une envie fromfromo-paternelle) d’aller quérir des êtres arachnéens décapodes à Boulogne-sur-Mer. Je précise qu’en nos pays déshérités de Flandre intérieure, nous avons du mal à en trouver. Hélas, il n’y en avait pas dans les guitounes de vente directe. En revanche, il y avait de beaux tourteaux qui nous firent de l’œil et nous ne pûmes résister.
Avant cela, nous voulûmes aller voir l’endroit depuis lequel Napoléon avait projeté d’envahir l’Angleterre. Mais tout était en travaux et fermé.



Avant d’aller faire cuire notre maigre pitance (un énorme crustacé par personne quand même), nous fîmes un crochet par Ambleteuse où nous pûmes assister à un curieux spectacle : un manège de tracteurs sur la plage de rochers.


En réalité, comme il n’y a pas de port dans le coin, les pêcheurs arrivent à marée montante pour mettre leurs embarcations à l’eau. Je pense que plusieurs dizaines de bateaux ont ainsi été mis dans la vague.




14 octobre 2008
La rivière
Pour apaiser les esprits, une image de rivière morvandelle.
A l'attention de Madame K : ce n'est pas un luxe de passer des heures à regarder ça ?

Micro-trottoirs
Cela n’a pas de rapport direct avec l’actualité puisque c’est devenu depuis longtemps une pratique extrêmement courante pour ne pas dire systématique. Cette pratique, c’est le fait pour un « journaliste » d’aller questionner les gens dans la rue sur un sujet d’actualité (micro-trottoir). Depuis longtemps, ce genre d’exercice m’agace au plus haut point, surtout lorsque aucune analyse pertinente ne vient apporter de l’eau au moulin de l’argumentaire journalistique. La plupart du temps, ce micro-trottoir est censé représenter l’avis de la population, et partant le point de vue du journal qui en fait n’adopte aucune position et ne montre surtout pas la complexité et les limites du problème posé. Cette pratique est extrêmement choquante et rarement dénoncée. Car évidemment, même si le journaliste faisait bien son travail, les écueils sont à la fois nombreux et d’importance majeure :
comment avoir un échantillonnage des avis qui soit représentatif ? Déjà, à la base, cela est impossible puisqu’il faudrait mettre en œuvre une stratégie d’échantillonnage particulièrement pertinente et un gros effort d’échantillonnage, le tout corroboré par des modèles statistiques eux-mêmes sujets à caution. Par ailleurs, il faudrait une armée de journalistes pour aller interviewer les gens ;
cette pratique se traduit nécessairement par des visions biaisées, tronquées, caricaturales et simplistes ;
cette pratique permet très facilement la manipulation ;
etc.
En conclusion, cette pratique est indigne du journalisme. Le simple fait d’y recourir est suspect. Cette pratique, en donnant l’apparence de donner la parole au peuple est en fait un déni de démocratie. Car, même si je suis assez éloigné des pensées des théories du complot, je pense que cette fausse démocratie de l’opinion ronge notre société et notre intelligence en nous empêchant d’accéder à l’analyse, à la réflexion et à la vraie confrontation d’idées contradictoires.
Je suis en colère ? J’enfonce des portes ouvertes ? J’ai moi-même une analyse à courte vue ? Peut-être, mais j’avais envie de le dire.
13 octobre 2008
Retour à K'
En ce mois d’août, une ancienne citoyenne de la ville de K’ put enfin m’emmener voir le manoir de Kernault (elle s’était persuadée m’y avoir emmené depuis longtemps).





Dans le parc, une agréable promenade, même si la pluie menace toujours. Un petit clin d’œil au Taxus baccata.

Nous saluons des Highlands Cattles (c’était la première fois que je voyais cette race rustique d’aussi près).

Puis, nous prenons la direction de K’. En nous garant sur la place, à peine descendus de la voiture, me voilà interpellé par une dame :
- Vous connaissez S.-C. ?
- J’y suis né
- Ah ben alors… Mon mari travaillait à l’usine de C.-L.
- Oui, forcément, je connais, il y aussi une usine C.-L. à C. à côté de R-D-G.
- Depuis que nous sommes à la retraite, nous sommes revenus en Bretagne.
La dame avait vu l’adresse du concessionnaire qui nous a vendu la voiture sur la plaque minéralogique.

Dans l’entrée sud de l’église, des jeunes « squattent » le porche avec leurs scooters. Plus tard, ils iront se « recueillir » au fond de l’église en singeant je ne sais quel rituel. S., s’en offusquera quelque peu et quand je dirai à elle et à sa mère que ces gestes ne m’avaient pas dérangé, j’allais attirer sur moi quelques foudres vengeresses. Evidemment, j’avais joué la provocation, comme souvent, mais en même temps, il ne faut pas oublier qu’en tant que voleur hautement spécialisé en cierges et en veilleuses d’églises, j’ai ressenti une certaine solidarité immorale avec ces jeunes.




D’autant que l’immoralité s’expose largement à l’extérieur de l’église.


12 octobre 2008
Angel à Saint-Georges
Saint-Georges correspond à un ancien prieuré de femmes (Saint-Georges-des-Bois ou Saint-Georges-en-Montagne selon les textes) dont on a la preuve qu’il existait au début du XIIIe siècle. Faute de moyens de subsistance et de revenus suffisants, l’évêque, malgré la résistance des religieuses, l’a fait fermer au début du XVe siècle ; la chapelle a été détruite pendant la Révolution. Les pèlerinages pour la Saint-Georges (22 avril) se sont cependant poursuivis jusqu’au XXe siècle.
Mon père a connu Saint-Georges après la guerre. Il y venait en vacances plus ou moins régulièrement. Mon arrière grand-tante (Tante M.), veuve, en était propriétaire : un domaine sur lequel se trouvaient deux fermes, des terres agricoles, des prairies et puis deux petits bâtiments correspondant à la maison, à l’atelier et à l’écurie d’un charron, des bois et un étang où mon arrière grand-oncle allait à la pêche et à la chasse. Avant guerre déjà, le charron n’était plus en activité et sa maison faisait un peu office de pavillon de chasse.
Tante M. résidait très souvent à Paris, mais il lui arrivait de venir à A. Pour s’occuper du domaine, elle avait des fermiers et un régisseur. On comprendra qu’elle n’était pas dans la misère, puisqu’elle possédait des commerces et de nombreux immeubles à A. et Paris. Le régisseur n’en était pas moins une véritable crapule. Il a profité à fond de sa situation pour faire feu de tout bois. Par exemple, il a vendu tous les gros bois en forêt et a empoché seul la mise. A la demande de Tante M., il a fait réaliser des travaux surfacturés, en a saboté d’autres… Il n’était pas régisseur que pour Tante M., mais j’ignore s’il en arnaquait d’autres. Toujours est-il qu’il avait un bon train de vie. Tante M. n’a pas toujours été complètement dupe de ses entourloupes, mais beaucoup de choses sont passées inaperçues. Ce n’est pas tout, pour achever le portrait du régisseur, il y eût cet épisode. Tante M., mon grand-père (son neveu qui était à peu près du même âge) et mon père furent invités à la maison du régisseur. A table, les enfants étaient exclus, l’épouse également (ils mangeaient dans la cuisine), mais la maîtresse du scélérat était à table. On croit rêver, mais tout cela se passait à la fin des années 1940 ou au début des années 1950. J’ignore comment son épouse a terminé ses jours, mais je sais que ses enfants ont vraiment souffert (j’ai connu sur le tard le fils, aujourd’hui décédé).
Dans la seconde moitié des années 1950, Tante M. a commencé à vendre certaines de ses propriétés (elle n’avait pas d’enfants). Les fermes du domaine furent ainsi vendues, dont celle de Saint-Georges. Cette dernière fut achetée en 1956 par une famille paysanne venue d’une proche campagne de Côte-d’Or. Cette famille avait 4 enfants. J’ai connu tous les membres de cette famille : une seule personne sur les six est encore de ce monde (la fille actuellement âgée de 55 ans). Mon père, en tant que petit-neveu a pu « récupérer » au début des années 1960, la partie de l’ancien domaine qui n’avait pas de vocation agricole. Et il est tout naturellement devenu l’ami des nouveaux propriétaires de la ferme. Et c’est mon cas aussi avec tous les éléments rapportés depuis. Mais parmi ces personnes, il y eût un homme que j’appellerai Angel. Angel était un homme d’une immense gentillesse, d’une immense patience. Quand je l’ai connu, il était déjà marié et habitait le village. Il travaillait dans une usine (fonderie). Après la mort du père en 1973, la propriété resta en indivision et la mère en garda la jouissance. Dans la seconde moitié des années 1970, un des fils, sans doute influencé par sa femme, se brouilla avec l’ensemble de la famille, ce qui a eu des conséquences majeures jusqu’à aujourd’hui, conclusion posthume d’une brouille ridicule de trente ans.
Après un grave problème cardio-vasculaire, Angel fut mis en invalidité. Entre temps, la mère était allée habiter chez sa fille, dans une maison voisine de la ferme. Angel, qui ne concevait pas de ne rien faire prit l’initiative, en accord avec sa mère, d’aller habiter le logement de la ferme qui venait d’être libéré, en attendant la réfection de sa maison au village. Et puis comme ça n’allait pas trop mal, il s’occupa de pas mal de choses à la ferme. Nous savions que sa maladie était grave. Il avait arrêté complètement la cigarette et ne buvait de l’alcool, en quantités raisonnables, que pour les grandes occasions. Devant la forme qu’il montrait la plupart du temps, il avait réussi à nous faire oublier la gravité de sa maladie. Pourtant, lorsqu’il déchargeait du foin dans la grange en été et à cause de la poussière, il était parfois obligé d’aller prendre son « start pilot », autrement dit de la ventoline.
A cette époque, je passais l’essentiel de mes vacances, et plus tard, de nombreux week-ends à Saint-Georges. Immanquablement, j’allais souvent discuter, parfois des heures, avec Angel. Il n’était pas allé beaucoup à l’école, mais s’intéressait à beaucoup de choses et écoutait attentivement ce que l’on lui racontait. Ainsi, aussi curieux que cela puisse paraître, j’allais souvent le voir lorsqu’il curait et pansait les vaches dans les étables. Je me souviens lui avoir raconté dans des détails invraisemblables, tout mon travail sur la Loire. Car bien sûr, il me posait des questions pertinentes qui ne manquaient pas de me rendre encore plus bavard. Je crois que, sans trop m’en rendre compte, j’ai personnellement beaucoup profité de ces discussions : aptitude à m’exprimer oralement et à rendre intelligible un discours scientifique. Et puis nous parlions aussi un peu de politique et de plein d’autres choses. Bref, ces discussions étaient un vrai plaisir pour lui comme pour moi. Et nous aimions nous retrouver ensemble aussi souvent que possible. Mon père discutait aussi beaucoup avec lui. Et quand le boulanger passait le matin, c’était un rituel « discours » de 5 à 10 minutes. Cette pause du boulanger était incluse dans sa tournée (pour ainsi dire, c’est lui qui apportait des nouvelles fraîches de la ville). Angel était aussi quelqu’un qui aimait rendre service et il est vrai que nous en avons beaucoup bénéficié. Mais il est aussi vrai qu’une profonde amitié nous unissait.
Au printemps 2000, Angel est décédé des suites de la maladie qui l’avait atteint une dizaine d’années plus tôt. Il s’était un peu arrangé pour dissimuler la gravité de sa maladie. Comme il ne voulait pas que la maladie entrave sa liberté, il s’était arrangé pour esquiver certains « outils thérapeutiques », dont je suis certain aujourd’hui qu’ils n’auraient pas servi à grand chose.
Sa disparition m’a laissé un énorme vide. Il n’avait qu’à peine plus de 50 ans et c’est la mort qui m’a le plus perturbé jusqu’à présent. Il constituait (sans doute pas que pour moi), une référence, une sorte de bouée par sa gentillesse, son amabilité, son calme à toute épreuve. Angel était aimé un petit peu par tout le monde, sauf les beaux parleurs, les prétentieux et autres vaniteux pour lesquels il cultivait une belle indifférence.
Encore aujourd’hui, je l’imagine encore arpenter les prairies de Saint-Georges. Il fait encore partie de mon paysage intérieur. Je me demande encore par rapport à un événement, ce qu’il en aurait pensé. Et jusqu’à une période récente, je me suis interrogé sur ce qu’aurait fait Angel à la place de ce que n’avait pas fait celui qui prétendait s’occuper de la ferme depuis sa disparition. Une part de hasard a fait que c’est son fils qui a repris la ferme depuis peu. Je n’ai pas beaucoup d’atomes crochus avec lui et je ne suis pas totalement l’esprit tranquille par rapport à ce qu’il fera de l’intelligente philosophie gestionnaire de son père.
06 octobre 2008
Couleurs d'automne
Le week-end dernier, quelque célébration de l’automne nous a entraîné dans un voyage ferré éclair sur les terres éduennes. Cela a donc été l’occasion de constater que l’automne ne faisait que commencer, puisque les fleurs domestiques jouaient les prolongations.



Dans les espaces moins civilisés, la chlorophylle abandonne les arbres petit à petit.







Samedi soir, l’obscurité froide fige les roses, annonçant la gelée du lendemain matin.


Avant le regagner les latitudes plus septentrionales, deux petites photos bocagères dont l’été aurait pu se satisfaire.

