12 mai 2008
Divorce
Cette note n’a heureusement pas pour objet d’annoncer mon prochain divorce, bien au contraire. En effet, notre amour possède des racines profondément ancrées, se caractérise par un bois à la fois souple et solide. Il nous unit à jamais. Nous ne sommes pas engagés dans un processus visant à relever un perpétuel défi pour éviter le divorce. Nous nous aimons, tout simplement. Évidemment, on pourra dire que nous nous connaissons depuis moins de trois ans et qu’il est normal que nous nous aimions comme au premier jour. Or, on aurait doublement tort de dire cela. En effet, notre amour non seulement ne faiblit pas, mais il se déploie, se densifie… J’arrête là.
Tout cela pour dire que dans notre entourage personnel ou professionnel, on se sépare ou on divorce à tour de bras. Nous le vivons curieusement. A mon travail, je note pas moins de trois divorces en moins de trois ans. En quelques semaines, pas moins de 3 divorces ou séparations parmi les collègues de S. Et surtout depuis peu, nous apprenons la séparation d’une ancienne collègue et amie de S. Une séparation qui ne se fait pas sans problèmes. Cela n’a pas été sans m’émouvoir tant il apparaît que le compagnon de ladite amie semblait jouer un double jeu et a révélé un visage que je n’aurai pas soupçonné, même s’il est vrai que nous (surtout en ce qui me concerne) le connaissions peu.
L'habit et le moine
Cette note ne prétend rien démontrer. Il s’agit juste d’une humeur qui ne possède aucune portée générale.
L’habit fait-il le moine ? Assurément non, du moins chez les gens qui possèdent une culture, un recul ou une intelligence suffisants. Sans doute très simpliste comme formule. Elle mériterait d’être affinée. D’abord qu’est-ce que j’entends par habit et par moine ? Eh bien, rien de très intellectuel, rien de très pertinent. C’était juste, pour rapporter quelques observations à caractère professionnel.
Comme il m’est arrivé d’y faire allusion, je participe à des réunions dans lesquelles je m’efforce de défendre des points de vue scientifiques dans le cadre de la préservation des espaces naturels, de la biodiversité (bien que sur ce dernier terme, il y aurait beaucoup de choses à dire tant il est mal interprété, y compris de la part de personnalités prétendues scientifiques). Dans certaines de ces réunions, je vois parfois débarquer des « barbus », des « déguenillés », des « ayatollahs » (trois qualificatifs à prendre chacun à la fois sur le plan physique que sur le plan des idées) de l’écologie, et même parfois, des individus qui appartiennent à 2 ou 3 de ces catégories en même temps. Certains sont tellement excessifs qu’ils se ridiculisent et se décrédibilisent d’emblée. On ne peut pas faire avancer sa cause en ne respectant pas, voire en insultant les autres. On ne peut pas défendre des choses justes en utilisant des arguments scientifiques fallacieux ou fantaisistes. On ne peut pas faire progresser les idées lorsque l’on apparaît comme « négligé », d’apparence ou de langage. C’est un petit peu là où je voulais en venir. Car qui trouve-t-on en face ? La plupart du temps, des élus, des représentants de corps constitués dont certains n’ont que faire des préoccupations de la préservation de la nature ou alors en ont une vision extrêmement étroite, réductrice, faussée, trompeuse, intéressée, hypocrite, etc. Par conséquent, et c’est malheureux à dire, mais je l’ai constaté à plusieurs reprises, quand une personne « mal dégrossie » s’exprime dans une tel cadre, il n’est pas entendu, même s’il avance des arguments justes. Dans de telles conditions, et si l’on veut vraiment être utile, il n’est pas facile de naviguer dans de tels sacs de nœuds. Parfois, je suis accompagné de scientifiques de premier plan, mais ceux-ci ne s’expriment pas, préfèrent se réfugier dans le silence au lieu d’affronter la salle pour dénoncer les caricatures, les idioties proférées par les uns ou les autres. Il m’arrive de me sentir bien seul. Parfois, c’est l’administration d’État qui se tait, soit parce qu’elle est absente, soit parce qu’elle n’ose pas taper du poing sur la table. Heureusement, il y a parfois des personnalités d’exception, une en particulier à laquelle je pense. Une personne, assise sur des bases scientifiques solides, correctement habillée (c’est malheureux à dire, mais je suis persuadé que ça compte, même si c’est loin d’être un dandy), et qui va au charbon. Une personne qui défend non seulement ces idées avec conviction, mais rappelle le droit de façon extrêmement précise. Et surtout une personne qui a cette faculté extraordinaire de trouver des métaphores, des exemples extrêmement précis, ciblés, forts pour appuyer ses démonstrations. En général, quand il s’est exprimé, il n’y a plus grand chose à ajouter et les « adversaires » se voient souvent privés d’arguments. Évidemment, je suis très loin d’avoir ce talent, d’avoir ces qualités oratoires et d’avoir cette expérience…
Alors, quand je vois le « look » de certains de mes récents collègues (« barbus » et « dépenaillés »), ça me fait peur. Évidemment, ils sont jeunes, évidemment ils ne défendent pas encore des dossiers en réunion. Je suis peut-être rétrograde, dépassé, traditionaliste ou tout ce que l’on voudra. Le problème, c’est que certains adversaires sont beaucoup plus attardés et méchants que moi.